Zabou the terrible

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lundi, août 19 2013

Les sandales du scandale

 

 

Les sandales version « repos » du soir après l’étape : les tongs !

 

Petite, j’ai été biberonnée aux chansons de Jean-Jacques Goldman, ce qui fait qu’aujourd’hui encore, je connais tout son répertoire jusqu’à être capable d’en fredonner jusqu’aux parties instrumentales. Petite, je faisais aussi rire tout le monde parce que, dans la chanson « Je te donne », je comprenais – et chantais donc – « on s’ra jamais des sandales, des gens bien comme il faut » au lieu de « standards ».

 

Aujourd’hui, c’est encore à une histoire de « sandales » que j’ai été confrontée. Durant tous les tronçons de mon Camino, j’ai dû faire face approximativement 713 fois (+/- 5 %) à la remarque/question/indignation : « Mais tu marches en sandales !!! T’as un problème ? », et ceci dans à peu près toutes les langues européennes avec les variantes de ceux qui me croyaient gravement blessée ou en train d’accomplir une quelconque expiation.

 

Bref, quand je ne faisais que les croiser, je leur disais que j’y cachais un moteur pour me faire survoler le Camino ! Parfois, si la rencontre durait suffisamment longtemps, je leur expliquais que j’avais marché avec mes chaussures de randonnée qui me servent habituellement en montagne la première année et que cela avait été une catastrophe pour mes pieds jusqu’à la suggestion d’un ancien pèlerin qui nous accueillait d’utiliser – comme lui-même l’avait fait lors de son Chemin – des sandales (de randonnée, certes). Bingo, ce fut la solution !

 

Depuis, j’ai parcouru le Chemin de saint Jacques en sandales et, finalement, je dois dire que cela me plaît bien. Parce qu’avec des sandales, on est juste à sa hauteur, celle que le Seigneur nous donne d’avoir pour embrasser le monde entier ; parce qu’avec des sandales, aussi, on est justement proches de la terre, de cet humus qui donna son nom à l’humilité et nous renvoie toujours plus à la simple et à la fois grande mesure de notre humanité.

 

Et, si l’on dit bien souvent sur le Camino que la Foi y rentre par les pieds, j’ai pu goûter pour ma part à la spiritualité de la sandale sur le chemin.

 

Car, comme la grâce de Dieu, elles nous aident à avancer. Mais, même pieds nus, l’accord du pied et de la sandale n’est pas parfait pour glisser sur le sol : cela frotte, cela irrite, cela chauffe parfois fort entre les deux ! Des ampoules et des plaies se forment qui devront prendre le temps de se cicatriser. La comparaison reste certes facile mais il me semble qu’il y a quelque chose de notre manque d’adhérence à la volonté divine qui pourrait se visualiser ainsi : quand les rigidités de notre âme nous font achopper face à ce que l’Amour nous propose. Quand les ampoules se forment comme pour nous faire freiner des « quatre » fers devant l’Inconnu du lendemain alors que seul importe avant tout de vivre ce présent : sur le Camino en particulier, dans la vie en général.

 

J’aime imaginer le pied et la sandale qui seraient ainsi un jour parfaitement accordés, avalant les kilomètres sans usure respective ;

J’aime imaginer la saleté paisible car disant tant de paysages et de vies croisées de pareils pieds le soir ;

J’aime imaginer la beauté de ces pieds sales qui auraient vraiment ainsi été ceux d’un messager de la Bonne Nouvelle parce que celui-ci L’aurait vécue.


vendredi, août 2 2013

Paroles papales


Avant de revenir sur les JMJ de manière plus personnelle (... même si c'est encore bien chaud et que cela sera sans doute après mon retour du Camino !), voici un petit listing des paroles que le pape François nous a plus particulièrement adressées lors des JMJ. 

Il a prononcé énormément de discours, homélies & co donc je ne retiendrai que certains à partir de la cérémonie de bienvenue. 

Bref, un truc pratique et de la lecture spirituelle choc pour les jours à venir tant pour vous que pour mon usage personnel. 

... et tout son voyage disponible sur le site du Vatican, sur la page dédiée aux JMJ 2013

Bonne lecture et bonne mission à chacun d'entre nous ! :-) 

jeudi, juillet 11 2013

De Candy crush et autres considérations sur la confession régulière

 

À cause – ou grâce, je ne sais pas – de mon travail au secrétariat du bac, j’ai découvert le jeu Candy Crush sur mon téléphone : petit jeu sympathique, délicieusement addictif. Le principe ? Rien de bien neuf : faire des lignes de trois éléments pour les faire exploser.

 

 

Pouf, voyez comme c’est joyeusement coloré !

 

La nouveauté réside dans les différentes « missions » proposées qui varient les plaisirs ET les obstacles, toujours liés aux confiseries puisque ce sont des bonbons qu’il s’agit d’exploser.

 

Depuis quelques niveaux, c’est le chocolat qui est apparu. Le chocolat, voyez-vous, c’est sympa en soi, ça fait super envie. D’autant plus qu’au début, c’est super localisé dans le niveau, c’est pile dans les côtés, élément marginal.

 

 

Vous voyez, avec ça, il y a encore de la place pour le reste !

 

Le problème du chocolat dans ce jeu c’est que, dès qu’on n’y touche pas, dès qu’on ne fait rien pour l’enlever[1] eh bien, ce chocolat, il prolifère. Et il prolifère tellement qu’il en devient énorme et central !

 

 

Et voilà le (non-)travail : ça en fait des tablettes de chocolat tout ça !

 

 

Mais le chocolat, c’est exactement l’exemple type du péché : non pas que le chocolat soit mauvais, bien au contraire[2], mais, comme ça, il semble mignon, si peu important, complètement inoffensif… N’est-ce pas ce à quoi ressemblent nos péchés parfois ? Parce que le gros péché, là, même s’il est dur à confesser on le voit bien mais quid de tous nos manques d’amour quotidiens ? « Bof, c’est pas si grave, c’est un truc marginal dans ma vie… puis ça ne m’empêche pas de vivre, ça ne m’empêche pas d’aimer ! » 

 

Cela fera bientôt 4 ans que j’ai fixé pour ma part un rythme régulier pour recevoir le sacrement de réconciliation – sans doute trop peu important, mais là n’est pas l’objet de cet article – et, finalement, sur ce laps de temps, je me rends compte que j’achoppe presque toujours sur les mêmes points, sur les mêmes péchés. Bien sûr, vus comme ça de l’extérieur, certains sembleraient minimes et pourtant… non.

 

Parfois, j’en ai plus qu’assez de les confesser ces points-là parce que j’ai l’impression humaine que cela ne sert à rien. Et là, voyez-vous, le chocolat de Candy crush est pile l’exemple qu’il me faut pour m’encourager, pour me montrer leur importance : parce que, si je ne fais rien – ou plutôt, si je ne demande pas au Seigneur de venir les exploser par la force de Son Amour – ils prolifèrent.

 

Non seulement le péché prend alors de plus en plus de place et on s’habitue à le voir à une place de choix, centrale, mais, plus grave encore à mon sens, il prend surtout toute la place de notre vie qui serait disponible pour aimer. Il ternit tout, il uniformise tout, il englue tout.

 

Décider d’aller demander pardon avec confiance, c’est la pichenette, le petit mouvement qui déclenche l’explosion en chaine du péché : alors la vie redevient un peu plus lumineuse, parce que l’Amour aura redonné à chaque chose et à chacun sa juste place dans notre existence, aimée, pardonnée, libérée.  

 



[1] Notez bien que je n’ai pas parlé de le dévorer, hein…

[2] Foi de chocolatophile ! 

dimanche, avril 21 2013

Route de nuit


Noctambule (et ayant surtout une importante échéance lundi), je suis rentrée en pleine nuit d’un mariage au loin ce week-end. Seule dans la Zaboumobile, j’ai songé à cette route de nuit que je faisais. Je me suis déjà dit que ça me rappelait le titre d’un album de B.D. de Michel Vaillant puis je me disais qu’à force de parler de « nuit » dans la Foi (merci St Jean de la Croix et ses potes), de se rendre compte qu’on en traversait une plus ou moins importante période, on ne faisait peut-être pas aussi attention que cela à la réalité de la nuit comme nuit et à ce qui s’y vivait. Car c’est tout de même plus souvent de nuit que nous avons à vivre notre Foi car c’est là qu’elle grandit, qu’elle s’affirme même réellement comme Foi.

 

La nuit dernière, j’ai alors prêté attention à ce qui se passait durant cette longue « route de nuit » et j’ai cherché à tracer des parallèles.

 

Nuit et ennui : premier effet des longues lignes droites de l’autoroute.

Ces moments de notre vie, de notre Foi où il ne se passe rien. Je me dis qu’on devrait plus considérer les autoroutes comme de vastes déserts, sinon qu’on y avance plus vite, sans forcément nous en rendre compte. Et l’accepter, quand même car, que ce soit dans la mécanique du moteur comme dans le mystère de l’Esprit Saint qui nous pousse, pour la plupart d’entre nous – et moi, surtout – nous n’y connaissons pas grand-chose.

 

Nuit et somnolence : de pleine nuit, quand l’ennui prédomine justement, les paupières se font lourdes.

C’est le gros risque de ceux qui roulent ; c’est le grand risque de nos chemins spirituels : se laisser endormir parce que tout ronronne. Le remède ? Une pause (en Lui) s’im-pause ! Slogan vital pour se poser, se reposer et repartir, vivifiés !

 

Nuit et beauté : lever les yeux, voir les étoiles, la lune et cet hérisson évité de justesse.

Trouver, au cœur de la nuit, les étincelles de Dieu qui illuminent faiblement notre vie :  mais des étincelles si brillantes qu’elles Le murmurent dans le fin silence seulement troublé par le bruit de nos roues sur les gravillons.

 

Nuit et louange : parce que c’est beau, parce que Tu es là, parce que Tu nous aimes, parce que… lancer quelques chants de louange.

Ces élans du cœur qu’on ne s’explique pas bien, qui sont prières nées en nous de ces gémissements ineffables de l’Esprit, alors même qu’il ne se passe rien et que les alentours sont plutôt sombres. Joie de Toi que Tu nous donnes de connaître, quand même.

 

Nuit et attention : parce que c’est à cela que nous sommes appelés.

Être toujours plus attentifs pour Te reconnaître et Te servir : dans l’homme croisé à la station service, dans ce chauffard me doublant à une vitesse plus qu’excessive par la bande d’arrêt d’urgence. Être attentifs, même de nuit, pour que Tu nous travailles.

 

La nuit comme exercice comme « bon combat »,

La nuit comme route de la Foi,

Pour arriver, enfin, un jour, à bon port,

à Toi, jour éternel.

 

lundi, avril 15 2013

Le Seigneur, quel kiff ?


Collusion de discussions en mon esprit : une discussion avec un collègue de maths qui aboutit à la décision suivante « c’est décidé, on va traduire la Bible en langage SMS ! » ; une discussion avec un prêtre de ma paroisse sur son sermon de ce dimanche (qu’il ne prêchait pas dans mon église) sur la pauvreté bien connue du français à propos du verbe « aimer » par rapport à d’autres langues… dont le grec biblique, si riche pour lire et comprendre l’évangile de dimanche dernier.

 

1ère question du Christ : « γαπς με πλεον ; » (agapas) à réponse : « Να κύριε: σ οδας τι φιλ σε » (philô)  

2ème question : « γαπς με; » (agapas) à réponse : « σ οδας τι φιλ σε » (philô)

3ème question : « φιλες με; » (phileis) à réponse : « φιλ σε » (philô)

 

Pour comprendre cet abaissement du Christ qui vient chercher Pierre là où il en est : dans son triple reniement ayant comme besoin d’une triple affirmation pour se relever, dans son incapacité foncière à aimer d’agapê mais dans son amour déjà tout de même vraie amitié, affirmée.

 

En français donc, nous n’avons pas cette chance et le dialogue de la traduction liturgique dit simplement « aimer ».

 

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samedi, mars 9 2013

Parlez-moi d’amour

 

 

 

« Parlez-moi d’amour » dit la chanson. Cela peut sembler simple…

Parler d’amour, tout le monde le fait ou presque : en chansons, en poèmes, en phrases lyriquement grandiloquentes comme en SMS de trois lettres.

Et même quand on commente les beaux passages où le Christ nous parle d’amour : commandement ultime, commandement nouveau !

Et le problème, quand on n’a plus que ce mot-là à la bouche, quand on le met à toutes les sauces parce que nous n’avons que celui-là en français, c’est qu’il s’affadit.

 

Car il n’est pas si simple de parler d’amour.

Montrez-moi, donnez-moi à écouter une seule personne disant le mot « Amour » avec tout ce qu’il recouvre ?

Il est beau de dire de nous aimer, qu’il faut nous aimer, mais n’est-ce pas toujours en deçà de la réalité ?

 

Dire le mot, le répéter sans cesse, gomme tout ce qu’il a d’absolu.

 

Il me semble toujours le percevoir non pas dans les multiples conjugaisons du verbe mais bien plutôt aux silences qu’il provoque, à l’envers des mots qu’il implique s’il est vécu :

Regards silencieux de plénitude aimante entre amoureux, homme et femme ou homme et Dieu ;

Regards silencieux d’amitié pétillante et complice ; 

Babils des enfants aux parents, et réciproquement ;

Actes simples du quotidien posés avec ce je ne sais quoi de surcroît ;

Mots qui s’arrêtent dans une conversation parce que, là, juste là, on touche au sanctuaire du cœur et que seul le silence est de rigueur : la voix devient rauque avant de s’éteindre, comme si on arrivait aux portes du plus intime de la vie.

 

Si Dieu est Amour, c’est qu’il ne l’a pas dit,

Ou tout au moins pas seulement,

C’est qu’Il l’a vécu : à fond, jusqu’au bout ;

L’Amour, c’est Sa vie ;

C’est Sa vie qui aboutit au silence étourdissant de la croix :

Parce que l’Amour n’a plus de mots alors pour se dire,

Il est vécu.

 

C’est peut-être pour cela que le silence joue un rôle si important dans la prière,

Parce qu’il n’y a que là, que dans ce silence, que nous pouvons apprendre un peu mieux ce qu’amour veut dire,

De quoi, ou plutôt de Qui,

Amour est le Nom,

Amour est la Vie,

Pour qu’il devienne la nôtre.

 

mardi, février 12 2013

Le pape ? Le pape où ? #2

 

Des nombre(ux) cardinaux et de l’ordinaire de la prière

 

 

Ok, là, ce n’était pas une occasion ordinaire !

 

Forcément aussi, dans les prochaines semaines, les pronostics pour le futur conclave iront bon train

 

On cherchera le meilleur papabile puis l’on se rappellera posément, à intervalles réguliers et pour paraître sérieux et mesurés, l’adage « qui entre pape au conclave en sort cardinal ».

 

On tâchera d’évaluer les « forces » en présence ;

On mesurera l’impact des discours comme autant de « programmes » politiques : les amitiés, les inimités, les influences…

Bref, on parlera de l’Église comme d’une institution politique.

C’est vrai mais en partie car l’on passe comme souvent à côté de l’essentiel.

 

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mardi, janvier 29 2013

Fiat voluntas tua : matin, midi, soir a minima


 

Il y a les jours comme aujourd’hui, si bien remplis.

Bien remplis non parce que débordants,

Bien remplis parce que remplis « bien », ou en tout cas, au mieux que l’on puisse imaginer ;

De ces jours où l’on soigne son âme par des temps de prière conséquents,

De ces jours où l’on soigne son esprit par un travail intellectuel permettant de faire carburer un peu le cerveau,

De ces jours où l’on soigne son corps en l’exerçant quelque peu physiquement.

Et quand, en plus comme aujourd’hui, l’inattendu vient y semer sa joyeuse présence au gré d’un café partagé avec un ami, de connaissances croisées inopinément pour un bout de chemin et de papotages au bord d’une piscine, on a l’impression d’un accord simplement… parfait.

 

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jeudi, janvier 17 2013

États généraux de silence pour chacun

 

Ca chauffe…

Un lien posté sur Facebook, un mot trop haut, un mot plus ou moins rigolo et, hop, ce n’est plus la critique constructive, le débat d’idées, ça dérive en quelques instants.

 

Ca chauffe… et ça clashe parfois.

Et j’en suis triste.

 

J’en suis triste parce c’est déjà signe que, même si j’ai veillé à ce que rien de ce j’ai pu partager ici ou là ne porte de critiques contre les êtres, eh bien, je n’ai pas veillé assez pour que cela soit perçu comme tel.

C’est donc un échec, un échec personnel même.

Et si ces personnes me lisent, qu’elles sachent que je leur demande pardon pour les avoir blessées sans le vouloir.

 

Maintenant, je suis choquée également par un autre échec : celui de l’art du débat, celui de la disputatio intelligente dont je vantais les mérites il y a quelques mois ici même.

 

Sur les réseaux sociaux, il y a de moins en moins de débats : chacun est catalogué et sommé de se taire si la pensée diffère.

Est-ce réseaux-nner plutôt que raisonner ?

Est-ce débattre ?

Est-ce aimer ?

 

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samedi, octobre 20 2012

Méfiance ? Il t’a dit « confiance » !

 

Discussions de fil en aiguille en salle des profs :

Diversité des sujets – même si nombreux sont ceux plus ou moins tabous ; diversité des personnes que l’on y rencontre…

 

Quand on est jeune stagiaire, le principal sujet de discussion, ce sont surtout beaucoup de collègues qui viennent spontanément nous éclairer de leur expérience d’ancien dans le métier.

 

Je reçois toujours avec joie ces conseils, quand bien même je sens qu’ils ne « colleraient » pas avec ma façon d’être, de faire, d’enseigner tant les trois sont liés. On ne peut en effet enseigner qu’avec ce qu’on est, qu’avec qui on est. Mais cela procède d’un vrai bon sentiment, celui d’éviter au jeune impétrant de tomber dans les terribles pièges du métier, si nombreux qu’on a parfois l’impression que le chemin vers le niveau « enseignant à peu près correct » est semé d’embûches ! Alors, j’écoute chacun…

 

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mercredi, septembre 19 2012

Pax nobiscum, pax vobiscum

 

Homme des longs couloirs, le banlieusard parisien comme tout habitant des villes est habitué à ces mots jetés un peu n’importe où, un peu partout qu’on appelle tags, graffitis…

 

Parmi ceux-là, il y a parfois de l’art, parfois de quoi sourire mais, le plus souvent, des insultes ou sans doute pire, des mots de désespoir fusant un peu partout sur les vitres du métro parisien, sur les immeubles et dans les passages publics. On les efface rarement – coût élevé oblige – et ils prolifèrent : il faut chercher alors avec les yeux de la Foi les éclats vivifiants parmi eux, cachés.

 

Image permanente, image proche de ce qui se passe aujourd’hui dans notre Église et, plus largement encore, dans la société : les polémiques enflent à un tel point que l’abcès ne peut plus crever tellement il s’envenime. Les mots d’oiseaux (et parfois pire ! Parlerait-on alors de mots de pachydermes ?) volent… et restent. Peut-être cela coûte-t-il trop cher au cœur de chacun de les enlever ?

 

Quand je vois ça, quand je lis ça, le cœur attristé, je n’ai pas très envie de parler. J’ai plus suivi le voyage du pape au Liban où un détail a attiré mon attention dans les affiches éditées pour l’occasion :

 

 

« La paix soit avec vous »,

Ces mots du Christ ressuscité…

Benoît XVI venait les porter, au cœur d’une région bien particulière.

Urgence de la paix.

 

Ca m’a rappelé mon récent pèlerinage à Rome, ville où il y aussi des tags partout mais où l’on trouve également, juste à côté, ces belles phrases au fronton des églises, de façades incongrues ou encore de fenêtres de petites rues.

 

 Paix à toi qui entreras

  Gloire à Dieu au plus haut des cieux 

 

 

 Dans ce lieu, je te donnerai la paix          


« Prie et travaille » 

 

 

Mots simples, mots rappelant des évidences, mots rappelant l'urgence de la paix et son mode de diffusion :

Paix de Dieu à accueillir…

La paix en moi, d’abord ;

La paix en toi, pareillement ;

La paix entre nous, essentielle ;

La paix entre tous, l’objectif.

 

L’utopie pourrait alors arriver, rose, sucrée et doucereuse… et l’on s’exclamerait, devant tous les problèmes, facilement : « ce n’est pas grave ! Tout se vaut ! Ne nous parlons pas, acceptons tout puisque l’autre le pense juste ! ».

Et je ne cherche pas seulement à rappeler ici le débat sur le mariage homosexuel ou sur la question de l’adoption par ces couples mais aussi ces massacres au Moyen Orient, mais encore ces caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo ce jour en guise d’huile sur le feu... 

Urgence de la paix.

 

Mais tout accepter, ce n’est pas accéder à la vraie paix : c’est accéder à cette fausse paix qui se nomme lâcheté.

 

Car la paix, c’est tout sauf cela ;

La paix, ce n’est pas un oui-oui : c’est un « oui » à notre propre conversion à ce que Dieu veut pour nous – le meilleur ! – et c’est un appel à mieux le chercher et à mieux le comprendre ;

La paix, c’est un don du Seigneur parfois difficile à accueillir dans nos rigidités et nos crispations respectives ;

La paix, elle s’avance accompagnée de la Charité et de la Vérité, souvent – toujours ? – très exigeantes.  

 

Chercher la paix, promouvoir la paix, vivre la paix…

C’est d’abord pour un croyant vivre de Sa paix, c’est-à-dire chercher à acquérir cette paix intérieure qui, selon St Seraphim de Sarov permet aux « âmes, par milliers, de trouver auprès de soi le Salut » ;

C’est ensuite un appel urgent à convertir le regard que l’on porte sur notre frère, quelles que soient nos convictions et les siennes ;

Ce regard-là qui aime et qui, justement parce qu’il aime et qu’il veut aimer mieux, est prêt à parler, à discuter, à s’engager dans une disputatio contradictoire au risque simple de l’Ecoute et d’une recherche mutuelle de Sa volonté ;

Parce qu’aimer, dans tous les cas, c’est avant tout et toujours s’ouvrir à un Autre.

 

samedi, août 11 2012

Du canoë kayak, de la profondeur de l’eau et d’autres considérations estivales au gré du courant


 

Il y a quelques jours, j’ai fait pour la première fois de ma vie du canoë-kayak : l’occasion de s’amuser avec des amis, de rire aux éclats dans la splendeur de la nature tout en se musclant défoulant un peu dans l’eau…

 

Il faut dire que la Drôme, en ces temps estivaux, est quelque peu asséchée : par endroits, la profondeur n’est que de quelques centimètres et les kayakistes amateurs doivent pousser leur embarcation orteils dans l’eau pour qu’elle daigne avancer ; et, le plus souvent, continuer à le faire sur plusieurs mètres.

 

Fait marquant qui inspira cette phrase de philosophie profonde à un mien ami quand la situation devint meilleure : « ça avance quand même mieux quand on est en eaux profondes ».

 

Sur le moment, cette phrase était d’une évidence crasse (et c’est peu de le dire !) Mais en moi, indécrottable catholique, elle fit aussi écho au fameux « avance au large / en eaux profondes » du Christ en saint Luc.

 

A cet âge où tous dans notre bande d’amis, nous posons des choix et des actes décisifs pour notre existence entière, chacun à sa manière et dans des domaines très différents, la phrase résonne profondément.

 

Et il serait alors facile de faire du canoë l’image (trop) simpliste de notre vie (avec le Christ) : du lancement indécis dans l’eau ; des rapides comme autant d’accélérations dangereuses ; des rochers comme toutes ces galères le long de notre chemin ; des ennuis profonds quand il ne se passe rien, qu’on a l’impression de faire du sur place alors qu’on rame comme un malade… Ca marche, c’est même plutôt vrai mais c’est caricatural.

 

Car, en fait, dans tout cela, ce qui importe c’est que ça avance mieux quand on ose aller en eaux profondes, là où tu n’as plus vraiment pieds, là où c’est instable mais où tu es vraiment dans ton élément, ce pour quoi tu as été créé… c’est-à-dire, pour l’homme et non plus pour le canoë, quand on pose des choix pleinement, qui nous engagent à fond dans ce courant rapide : les chocs pris sur les rochers font alors plus mal, on peut même craindre de se trouver complètement retourné mais que de sensations ! Là aussi l’ennui au milieu de la rivière peut certes guetter mais il n’y a plus la solution facile de rejoindre le rivage : il faut oser continuer, jusqu’au bout du parcours. Quelle vie que celui qui ne craint pas l’eau profonde et y découvre à chaque embranchement, à chaque choix, un peu plus une eau vive !

 

Le canoë se fait donc plutôt invitation à l’aventure, à la vie, la vraie – qui va bien au-delà d’un slogan.

 

J’aime croire que l’Esprit est Celui qui nous pousse vers ces profondeurs insoupçonnées, où l’on avance pour de vrai : dans les risques ou le calme trompeur mais toujours à plein vent, qu’il se fasse violente bourrasque ou presque imperceptible brise légère.

 

Voilà. C’est beau l’été quand même.

 

vendredi, août 3 2012

Rencontres au gré du Camino… et Dieu ?

 

 


 

Hein ? Quoi ? Comment ? 

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vendredi, juillet 6 2012

Chrétiens, n'hésitons pas à demander plus de transparence !


 

Il a les yeux brillants de joie.

Il n’arrive pas à la contenir cette joie, tant cette réussite lui tenait à cœur.

Il a besoin d’en parler, il ne peut pas en rester là : il en parle, longuement…

Il en parle avec emphase, il a les yeux un peu perdus au loin et l’on sent à chacun de ses mots combien cela lui a coûté, tout ce qu’il a pu mettre de lui dans cette épreuve.

La joie se transforme en confidence, en émotion.

Emerveillée et désemparée, entre balbutiement et mutisme : je me contente de prier.

 

 

On se connaît depuis peu et l’on se parle à l’occasion d’un trajet en train.

Et soudain, à la grande vitesse de l’imprévu, elle me confie la grande douleur, le grand malheur de sa vie. Elle a les yeux rouges… Et en même temps, elle témoigne d’une folle et d’une formidable Espérance.

Je suis à côté d’elle, on ne se regarde pas : je ne sais qu’oser dire.

Je me sens maladroite et, là encore, je ne peux que prier.

 

 

Des moments intenses et inattendus comme ceux-là, nous en connaissons tous.

 

Y être témoin alors, ce n’est sans doute pas simplement dire, ce n’est même peut-être pas simplement être.

 C’est sans doute aussi simplement écouter ce que la vie nous présente, moments souvent cachés dans le plus prévisible de nos vies : être attentifs et prendre ce temps-là où Dieu nous appelle, où Il nous attend, très précisément.

A chaque fois, prier, et, peu à peu, demander à Dieu la transparence pour Le révéler quand nos pauvres moyens humains se trouvent tout débordés.

 

jeudi, mai 3 2012

C'pas un point, mais c'pas négociable

 

 

 

Dimanche prochain, les catholiques français, comme tous les Français, feront des choix différents : voter pour l’un, voter pour l’autre, voter blanc ou s’abstenir.

 

Quel que soit le choix qui sera le nôtre à ce moment-là, les élections présidentielles sont le moment de nous rappeler ce qui importe avant tout, à chaque instant : ce monde qui nous est confié, pour participer à sa construction. Et il y a même un texte qui n’a pas pris une ride depuis presque 50 ans qui en parle ! Attention, ça semble tout facile comme ça, mais ça ne l’est pas tant ! Et c’est valable même avant dimanche !

 

 

Extrait de Gaudium et spes, § 92-93.

 

Puisque Dieu le Père est le principe et la fin de tous les hommes, nous sommes tous appelés à être frères. Et puisque nous sommes destinés à une seule et même vocation divine, nous pouvons aussi et nous devons coopérer, sans violence et sans arrière-pensée, à la construction du monde dans une paix véritable.

 

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mardi, mai 1 2012

A petits gestes, à petits pas

 

C’est une famille que je connais bien.

Dans le langage courant, on parlerait de cette famille comme une famille recomposée. Je n’aime pas ce terme : il sous-entend qu’il y a quelque chose de cassé définitivement, de rompu dont on essaierait laborieusement de recoller les morceaux. Alors qu’une famille, même s’il y a des ruptures, des éloignements, des séparations, elle est composée de ses membres, et elle le reste. Une famille, elle n’est jamais re-composée, quand bien même le jeu des affinités électives se fait, se défait, se refait…

 

Cette famille que je connais bien, elle était installée à la cafétéria d’un hôpital spécialisé dans le soin des enfants.

 

Cette famille, elle est un peu bizarre : il y a là la petite malade et, autour d’elle, ses parents et quelques autres. C’est qu’il y a eu des mariages, des enfants, des divorces, des remariages… De l’extérieur, il n’y a pas grand monde qui comprendrait comment est organisée cette table curieuse, un peu bruyante, et, d’ailleurs, il importe peu de savoir qui est qui : c’est leur histoire à eux.

 

Tout ce petit monde se tutoie et c’est assez amusant : c’est sûr, avec chacun, l’on partage des tranches de vie en commun, même si l’on ne s’est pas vu depuis longtemps et c’est une drôle d’impression que de se trouver tous autour de cette table. Car chacun appartient aussi à la vie des autres, et réciproquement ; et indélébilement.

 

Mais chacun a aussi des histoires délicates en commun. Des engueulades, des déchirures, des trucs lourds… Comment ne pas s’en souvenir en se voyant ? 

 

Mais ce jour-là était si particulier ! Chacun faisait des efforts. Non pas pour faire semblant de bien s’entendre, encore moins pour tirer un trait sur le passé mais parce qu’il y avait elle, cette jeune-là.

Cette petite qui souffrait et dont chacun autour de cette table était proche.

 

Alors, on se parlait, de choses et d’autres ;

Alors, on se souriait ;

Alors, on riait ensemble, comme pour conjurer le malheur et ouvrir la porte à autre chose, que l'on espère meilleur ;

Alors, on trinquait d'un café à l'à-venir. 

 

Vous savez, on voit souvent Dieu à l’hôpital ou l’on croit a contrario percevoir son absence, mais l’on parle rarement de Lui chez les visiteurs et les familles, simples êtres de passage dans ce grand lieu grouillant de vie et de souffrance.

 

A ce moment, je suis sûre que Dieu était là, dans ces petits efforts de rien pour s’aimer pour de vrai, sans faux-semblant.

Pour elle, et pour les autres, ses voisins ;

Pour être ensemble et entourer ;

Pour aimer, à petits pas de tendresse.

 

Dans cette famille que je connais bien, il y en avait une qui avait dans la tête, allez savoir pourquoi, comme une petite ritournelle de rien :

 « Ubi caritas et amor, Deus ibi est »

Et qui la laissait résonner et grandir dans la pauvreté de son cœur ;

Comme une prière de vie.

 

vendredi, mars 16 2012

« Je vous appelle mes amis »


 Encore une fois, pousser cette porte tout discrètement.

Encore une fois, me glisser devant en cet endroit respirant le calme

Devant cette autre petite porte, devant cette lumière rouge,

Bref, devant Toi.

 

Et là, Te parler, à Toi, le grand Ami.

 

Vider mon sac,

Te dire tout mais vraiment tout ce que j’ai sur le cœur ;

Te dire merci, ou Te demander, ou bien encore râler.

 

Ce qu’il y a de bien avec Toi, c’est qu’on sait qu’on peut vraiment tout Te dire, comme aux vrais amis : y a pas besoin de prendre des gants, on peut y aller sans aucune précaution rhétorique.

Et puis, dans le fond, Toi qui sondes les reins et les cœurs, le fond de mon cœur, Tu le connais déjà.

Mais je sais bien que Tu préfères que je Te le dise : que serait une amitié si l’on ne se voyait pas, si l’on ne se parlait pas, même pour se dire des banalités ?

 

J’aime Te rendre grâce, même aux jours les plus sombres de ma petite vie… Et puis, Tu m’as toujours donné de le faire, et de préférer regarder la lumière pour mieux y voir clair en cette vie.

 

Mais, Tu le sais, je suis bien souvent harassée et énervée en ce moment et mes prières se remplissent fréquemment de ces coups de gueule, de ces gros mots qui feraient rougir les mamans de mes p’tits servants si elles m’entendaient les dire à voix haute ;

Je ne pense pas que Tu T’en offusques : comment pourrais-Tu être sourd à la souffrance humaine, Toi, le Verbe incarné ?

 

Mais je me disais en poussant cette porte que c’était bien de Te parler en toute confiance mais que, une amitié, sans dialogue, sans conversation ça ne le faisait franchement pas.

Et que le cœur préoccupé, il avait un peu trop tendance à se recentrer sur lui au lieu de l’être sur Toi et qu’il y avait un risque de vite tourner en rond.

 

L’amitié, elle se bâtit toujours à deux ; dans une réciprocité… où en suis-je de mon écoute ?

Et puis, c’est d’ailleurs ce que Tu disais, selon saint Jean :

 

« Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.

Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ;

Maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître. » (Jn XV, 14-15)

 

Donne-moi aussi de me taire dans la même confiance que celle où je Te parle ;

De T’écouter, de Te connaître,

Pour grandir vraiment dans Ton amitié.

 

mercredi, février 15 2012

Ma charte à moi, c’est le Christ ! *


 

Avant que je ne m’échappe quelques jours, une question secondaire avait pris naissance ici ou là dans le farouche débat sur l’anonymat-pseudonymat des blogueurs : celle d’une éventuelle charte des blogueurs catholiques.  

 

Il ne s’agit bien évidemment pas d’une question essentielle pourtant celle-ci m’a fait lever le sourcil (un peu plus qu’il n’a de coutume de le faire quand je navigue sur les blogues des uns et des autres) car je dois admettre être contre. Et vraiment contre.

 

Tout simplement, une question en guise de raison :  

Quel besoin d’une charte des blogueurs catholiques lorsque nous avons l’Evangile ?

Quel besoin de prôner telle ou telle valeur lorsque nous avons la charité comme idéal de vie ?  Comme commandement laissé par Celui en qui nous croyons ?

 

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samedi, décembre 31 2011

Comme un cerf altéré cherche l’eau vive…

 

Il s’agit là, cette fois encore, d’une marche. Non d’un pèlerinage, hein. Enfin pourtant, ... Bref. En ce dernier jour de l’année, j’aimerais vous partager quelques mots lus qui nous ramènent tout simplement à la faiblesse ainsi qu’à la beauté de notre humanité.

 

« Il n’est pas difficile de se rendre compte à quel point l’homme est hydrodépendant, drogué, prêt à tuer père et mère pour sa dose vitale ! Ici, quelques heures suffisent pour être en manque. Quelques heures pour réapprendre le sens de la vie. Sa fragilité. Notre permanente vanité.

 

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mercredi, décembre 21 2011

Santons mais pas sans teint


La crèche, c’est toujours un joyeux bazar, surtout quand c'est moi qui l'organise ! 

 

 

 

Elle est grande, bizarrement installée pour éviter les atteintes d’un roux félidé mais, surtout, constituée de toute une humanité « santonnée ».

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