Zabou the terrible

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Lectures estivales 2016 #1 : de la joie d'être au monde

Début de vacances et deux lectures légères... Elles pourraient sembler assez aux antipodes : il est d'une part question d'un roman inspiré d'un saint, d'autre part d'un ouvrage écrit par une dessinatrice à Charlie Hebdo après l'inqualifiable massacre de janvier 2015. Et pourtant, pourtant, mon esprit ne peut les dissocier : chacun, à leur manière, ils parlent du bonheur d'être, de cette incroyable joie d'être au monde. Un personnage la reçoit de Dieu tout en ne cessant jamais de la chercher, l'autre la recherche pour se reconstruire. 

 

  • Julien DELMAIRE, Frère des astres, éd. Grasset, 2016, 234 p. 

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Ceux qui me connaissent et avec qui nous avons déjà eu de drôles de conversations sur les saints, savent qu'un de mes saints préférés est cet étrange vagabond français du XVIIIème s., saint patron des pèlerins, autrement dit saint Benoît-Joseph Labre, ce "vagabond de Dieu". 

Inqualifiable de manière précise, j'ai aimé me rendre sur la Via Francigena dans sa maison natale d'Amettes, un très beau lieu silencieux empli de prière... et sur sa tombe en pèlerinage à Rome. J'aime cet homme si différent et si amoureux de Dieu qu'il ne peut s'empêcher de le chercher partout, quand bien même il se fait rejeter par les hommes. Il est tout pauvre, tout simple... et il est tout saint, tout plein d'adhésion à la volonté divine. Enfin, je pourrais vous en parler longuement mais ce n'est pas là le sujet. 

Frère des astres, c'est surtout une adaptation romancée de son histoire. Non pas comme la BD Quelques écorces d'orange amère une hagiographie qui lui serait consacrée mais bien une adaptation de notre cher Benoît-Joseph dans le monde actuel. Toujours aussi vagabond, toujours aussi inadapté à la société, toujours si amoureux de Dieu... Ce livre n'est peut-être pas immédiatement spirituel - d'ailleurs, je ne sais même pas si Julien Delmaire, son auteur, est croyant - mais il est hymne à la vie. Ce Benoît-là n'est pas celui du XVIIIème s. et pourtant il en a l'étoffe : celle d'un homme de Dieu, naïf, comme enchanté par Dieu dans un monde désenchanté où il aspire et respire pourtant le bonheur... Et l'auteur laisse transparaître ici ou là dans ce curieux récit de voyage quelques fulgurances spirituelles qui étincellent ce beau récit, pourtant sans aucune gloire. 

C'est du tout simple mais c'est du tout bon... Courez-y ! 

 

  • Catherine MEURISSE, La Légèreté, éd. Dargaud.  

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Catherine Meurisse a échappé à la fusillade du journal Charlie Hebdo : c'est une rescapée, grâce à un retard ce jour-là. BD coup de gueule ? BD récit de Douleur ? Ce qui transparaît ici, ce n'est pas le voyeurisme d'un journal intime, c'est la douloureuse reconstruction à l'amour de la vie face à un drame dont personne ne saurait jauger la portée. C'est pudique et très juste de ton. 

Ses clés ? L'art... puis l'amour... puis la vie... En quelque sorte. C'est une B.D. à la saveur rêche, amère, dont on sort un peu tourneboulé par la souffrance qu'on y sent, mais, là aussi, avec un grand désir d'aimer la vie. 

Je cite la 4ème de couverture pour vous en donner une idée : 

- Moi, ce qui m'a soudain paru le plus précieux, après le 7 janvier, c'est l'amitié et la culture. 
- Moi, c'est la beauté. 
- C'est pareil. 

 

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