Zabou the terrible

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dimanche, mars 5 2017

Que ma prière devant Toi s'élève comme l'encens

 

« Chacun de nous a en lui son holocauste, et il embrase l’autel de son holocauste pour qu’il brûle toujours. Pour moi, si je renonce à tout ce que je possède, prends ma croix et suis le Christ, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu ; ou si je livre mon corps aux flammes en ayant la charité et obtiens la gloire du martyre, je m’offre en holocauste à l’autel de Dieu. Si j’aime mes frères jusqu’à donner ma vie pour mes frères, si pour la justice et la vérité, je lutte jusqu’à la mort, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu. Si je fais mourir mes membres à toute convoitise de la chair, si le monde est crucifié pour moi et moi pour le monde, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu et je deviens moi-même le prêtre de ma victime. »

 

Origène, Homélie sur le Lévitique, IX, 9, SC 287.

 

mardi, février 28 2017

Parce que demain n'est pas la veille mais quand même

Pour agrémenter le petit-déjeuner crêpier de Chantal ;-) 

 

Nous ne sommes encore que mardi gras mais je vous propose ce beau billet du président du Centre Sèvres qui donne plusieurs pistes pour nous préparer à ces 40 jours : pour que le feu soit vif sous la cendre ! 

http://www.femininbio.com/sites/femininbio.com/files/styles/panoramique/public/images/2012/11/feu_braise_cendre.jpg?itok=6jzU4YaT

 

Bientôt va commencer le temps du Carême. Que faire pour que ces semaines ne soient pas comme les autres, (pour nous qui fréquentons le Centre Sèvres) ? Nous savons bien que le Carême n’est pas ce temps où il faudrait s’acquitter d’un certain nombre de privations et se tenir dans l’austérité pour être en règle avec la loi. Il est le moment où nous nous pouvons prendre conscience de notre finitude, de notre incapacité à aimer par nous mêmes, et de la nécessité vitale de nous tourner vers un autre que nous. Et cela peut être vrai aussi dans le travail de l’intelligence… Nous avons besoin de tels moments pour donner sens aux temps qu’on appelle ordinaires.
Qu’allons-nous vivre durant ces jours ? Quels moyens simples pour réveiller ce qui dort en nous ? A chacun de repérer ce dont il a le plus besoin pour aller vers l’essentiel. Peut-être s’agit-il de retrouver un peu de liberté face à ce qui, dans le quotidien de nos jours, nous tient captifs, nous inquiète et nous referme sur nous-mêmes. Il n’est pas difficile de trouver là où nous avons besoin de gagner en respiration intérieure, nous rendre disponible pour autre chose, pour un Autre, pour les autres. Pas besoin de chercher très loin quel ascétisme pratiquer ; il suffit, pour être décentré, d’être attentif aux appels du quotidien.


Mettons encore une fois notre cœur, notre intelligence et notre corps en éveil, pour entendre tout ce que Dieu veut nous dire. A chacun selon son histoire, il murmurera que nous préparons Pâques dans nos vies et dans ce monde chaque fois que le partage est plus fort que la possession, le désir de fidélité plus grand que celui de tout essayer ou de tout vouloir, la liberté de conscience plus importante que l’embrigadement idéologique, l’écoute intérieure plus insistante que la cacophonie ambiante, la solidarité plus contagieuse que la solitude, la parole plus influente que l’indifférence, le pardon et le respect de la vie plus forts que la haine et la mort.


Seul, nous n’y parviendrons pas. Mais le Christ nous redit en ce début de Carême qu’il s’embarque avec nous pour nous conduire sur les rives pascales.

 

François Boëdec, président du Centre Sèvres

Original par ici >>

dimanche, février 12 2017

En guise de non-transition

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"Qu'importe l'occupation en laquelle Il me veut ? Puisqu'Il est toujours avec moi, l'oraison, le coeur à coeur, ne doit jamais finir." 

Ste Elisabeth de la Trinité

mercredi, décembre 28 2016

Et je m'entête à louer ta création

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Comme une pensée d'Etty Hillesum pour temps troublés, ou pour les Saints Innocents... bref, qui semble consonner tout à fait aujourd'hui : 

 

"On a parfois le plus grand mal à concevoir et à admettre, mon Dieu, tout ce que tes créatures terrestres s'infligent les unes aux autres en ces temps déchaînés. Mais je ne m'enferme pas pour autant dans ma chambre, mon Dieu, je continue à tout regarder en face, je ne me sauve devant rien, je cherche à comprendre et à disséquer les pires exactions, j'essaie toujours de retrouver la trace de l'homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introubable. Enseveli parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes.

Je ne reste pas ici, dans une chambre paisible et fleurie, à me gaver de poètes et de penseurs à louer Dieu, je n'y aurais pas grand mérite, et je ne crois pas non plus être aussi étrangère au monde que mes bons amis se plaisent à le répéter d'un air attendri. Tout être humain a sa réalité propre, je le sais, mais je ne suis ni une illuminée, ni une rêveuse, mon Dieu, ni une "belle âme" attardée dans une interminable puberté. Je regarde ton monde au fond des yeux, mon Dieu, je ne fuis pas la réalité pour me réfugier dans de beaux rêves - je veux dire qu'il y a place pour de beaux rêves à côté de la plus cruelle réalité - et je m'entête à louer ta création, mon Dieu, en dépit de tout !" 

Etty Hillesum, Une vie bouleversée (extrait de son journal du 26 mai 1942) 

mardi, novembre 22 2016

Cette carte du ciel en nous - A. Gesché

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"En nous se trouve donc une dimension cachée, que j'aimerais appeler une "carte du ciel" comme on dit qu'en ont les oiseaux migrateurs en quête de leur route. L'homme a besoin d'un ciel, il lui faut "la voûte d'une longue phrase au-dessus de l'existence".

Sans doute alors est-il important que nous réapprenions à déchffrer cette carte ou cette phrase, comme notre secret peut-être le plus précieux. Et qui, à notre insu sans doute, nous fait vivre, déposée en nous, telle la tremblante mais indubitable lampe du sanctuaire. Lampe vacillante, mais dont le tramblement dit peut-être justement l'importance ; lampe soumise à tous les risques, mais que nous devons entourer et protéger de nos mains, car elle a été déposée en nous par celui qui a fait de nous une merveille presque insoupçonnable à nos yeux, mais que nous avons le droit de croire et le devoir d'aimer." 

Adolphe Gesché, La Destinée (Dieu pour penser, t.V, chap. I "Topiques de la question du Salut") 

mercredi, novembre 9 2016

Aux intranquilles

Toi là, tu n'es pas tranquille ?

Enfin, ta conscience peut-être, je ne prétends pas la connaître, mais peut-être ne tiens-tu pas en place, ou peut-être que tu es du genre à te poser 30000 questions/seconde dont toutes ne sont vraiment pas utiles (cas pas tout à fait étranger à la tenancière de ce blogue), à te prendre la tête d'une manière générale, à ne pas aimer les certitudes figées et automatiques, à douter de tout ou de rien.... Lis ça, tu ne te tiendras toujours pas tranquille mais tu goûteras peut-être et même certainement d'une manière renouvelée au charme de ton intranquilité foncière. Parce qu'elle est liée au flot de la vie elle-même. 

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"La vie, puissante, majestueuse, tranchante. La vie sans concession et sans demi-mesure. Aucun de nous n'aura fait l'expérience de naître à moitié. Aucun de nous ne fera l'expérience de mourir à moitié. De bout en bout, la vie, entière et exclusive. On apprendra à mettre de l'eau dans son vie, mais la vie, elle, restera tout ou rien. On en prendra plein la vue, plein les poumons, plein le coeur. Car quelque chose nous saisit qui s'appelle exister - sortir de soi, être expulsé, séparé. 

On nous regarde, on nous dit tu, et il nous faudra une vie pour répondre je. Une vie pour admettre qu'on avance à découvert, qu'il n'y a pas d'autre peau que la sienne entre soi et le monde." 

Marion Muller-Colard, L'Intranquillité

 

mercredi, septembre 14 2016

La grâce, cette poésie de Dieu dans la vie

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"Avant d'agir politiquement, la foi agit poétiquement, crée le regard neuf, chante le Magnificat, c'est-à-dire abat la puissance, relève ce qui est à terre, non par envie, à cause d'une perception spontanée des choses, hors de l'aveuglement. Elle voit la force dans la faiblesse, la gloire dans la dérision. L'énorme absurdité de la Croix brise ce qu'on nomme réalité." 

 

In Jean Sulivan, Matinales

lundi, septembre 5 2016

Parce que Victor Hugo a dû être prof en collège

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Dieu fait les questions pour que l'enfant réponde.

"Les deux bêtes les plus gracieuses du monde,
Le chat et la souris, se haïssent. Pourquoi ?
Explique-moi cela, Jeanne." Non sans effroi
Devant l'énormité de l'ombre et du mystère,
Jeanne se mit à rire. "Eh bien ? - Petit grand-père,
je ne sais pas. jouons." Et Jeanne repartit :
"Vois-tu, le chat c'est gros, la souris c'est petit.
- Eh bien ?" Et Jeanne alors, en se grattant la tête,
Reprit : "Si la souris était la grosse bête,
À moins que le bon Dieu là-haut ne se fâchât,
Ce serait la souris qui mangerait le chat."

V. Hugo, textes complémentaires de La Légende des siècles

lundi, juin 13 2016

Les personnes ennuyeuses et la charité assise

Dans les oeuvres de miséricorde que cette année de la miséricorde nous invite tout spécialement à découvrir ou à redécouvrir, il y en a une qui prête souvent à sourire : "supporter patiemment les personnes ennnuyeuses". A ce sujet, j'ai trouvé très beau l'éditorial de la revue Christus d'avril 2016 que je me permets de reproduire ici, qui en donne, me semble-t-il, toute la profondeur et le sens. 

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         "Les oeuvres de miséricorde décrivent un mouvement de sortie de soi pour aller au devant de l'autre "abîmé". Or, une curieuse injonction à "supporter patiemment les personnes ennuyeyses" se glisse un peu comme par erreur dans ce paysage de la bonté. On pourrait objecter qu'il n'y a pas de commune mesure entre la noblesse du service aux démunis et l'insignifiance du simple fait de supporter. En outre, quelle idée curieuse de mettre sur un même plan, les pauvres, les pécheurs... et les raseurs ! Le voisin de table qui monopolise la parole, nous abreuve de ses histoires et parle sans jamais rendre la politesse de son écoute, serait-il, à sa façon, un pauvre qui appelle notre charité ? Mais de quelle charité parle-t-on s'il ne s'agit pas de sortir de nous-mêmes pour porter nourritures et consolations ? 

            Non, il ne nous est pas demandé ici de sortir mais de rentrer. Tenir notre poste et voir s'il y a en nous la place pour un autre ; ne pas quitter notre fauteuil mais au contraire nous y installer pour accueillir celui que nous voudrions fuir. Il est temps maintenant de retenir les pensées malveillantes et, après coup, la parole assassine qui, croit-on, panse l'irritation. 

            Cette modeste "charité assise" coûte tant que nous serions tentés de l'ignorer, elle a cependant bien sa place. C'est une visite sans bouger et un don sans cadeau ; une prière dénuée de paroles. L'humble présence que nous devons à l'autre ne nous apporte pas de récompense. Goûtant la joie d'être reçu, le raseur le restera ; il ne sera peut-être pas transformé par notre présence intérieure. Nous le serons à coup sûr." 

In M.-C. Bustarret, édito "La Charité assise", Christus, avril 2016. 

vendredi, mai 13 2016

RIP Eloi Leclerc

F. Eloi Leclerc, l'auteur notamment de Sagesse d'un pauvre, est décédé ce jour. En guise d'hommage, je transcris ce petit texte qui en est issu... Un petit extrait que m'avait transmis il y a presque 10 ans feu mon père spirituel à une question connexe que je lui posais et que je garde encore tel un trésor. 

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- Sais-tu, frère, ce qu'est la pureté du coeur ? 

- C'est ne pas avoir de faute à se reprocher répondit Léon sans hésiter. 

- Alors, je comprends ta tristesse, dit François. Car on a toujours quelque chose à se reprocher. 

- Oui, dit Léon, et cela précisément me fait désespérer d'arriver un jour à la pureté du coeur. 

- Ah ! Frère Léon, crois-moi, repartit François, ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu'il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâces à cause de lui-même. C'est cela même, petit frère, avoir le coeur pur. 

Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur, est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l'immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le coeur pur est celui qui ne cesse d'adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l'éternelle innocence et à L'éternelle joie de Dieu. 

Un tel coeur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve toute sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté. 

- Dieu, cependant, réclame notre effort et notre fidélité, fit observer Léon. 

- Oui sans doute, répondit François. Mais la sainteté n'est pas un accomplissement de soi ni une plénitude que l'on se donne. Elle est d'abord un vide que l'on se découvre et que l'on accepte, et que Dieu vient remplir dans la mesure où l'on s'ouvre à sa plénitude. 

Notre néant, vois-tu, s'il est accepté, devient l'espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne. Il est le Seigneur, l'Unique, le Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu'il voie sa gloire. Dieu devient alors l'azur de son âme. 

Contempler la gloire de Dieu, frère Léon, découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu'il est, s'extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâces à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l'exigence la plus profonde de cet amour que l'esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos coeurs. C'est cela avoir le coeur pur. Mais cette pureté ne s'obtient pas à la force des poignets et en se tendant. 

- Comment faire ? demanda Léon. 

- Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même ce sentiment aigu de notre détresse. Faire place nette. Accepter d'être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s'en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le coeur devient alors léger. Il ne se sent plus lui-même, comme l'alouette enivrée d'espace et d'azur. Il a abandonné tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s'est changé en un simple et pur vouloir de Dieu." 

Léon écoutait gravement, tout en marchant devant son père. Mais, à mesure qu'il avançait, il sentait son coeur devenir léger, et une grande paix l'envahir. 

Eloi Leclerc, Sagesse d'un pauvre

 

dimanche, mars 27 2016

Pâques sans comment

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"Personne n'a vu l'heure de ta victoire. Personne n'est le témoin de la naissance d'un monde. Personne ne sait comment la nuit infernale du samedi s'est transformée en la lumière du matin de Pâques. C'est en dormant que nous avons été transportés sur des ailes par-dessus l'abîme, en dormant que nous avons reçu la grâce de Pâques. Et personne ne sait comment l'événement lui est arrivé. Chacun ignore quelle main a caressé sa joue de telle sorte que soudain le monde blême éclata pour lui en vives couleurs et qu'un sourire involontaire s'épanouit sur son visage à cause du miracle qui s'accomplissait en lui." 

H.-U. von Balthasar, Le Coeur du monde

vendredi, mars 11 2016

En écho de poursuite sur le baptême

Pour poursuivre sur le baptême... 

A destination toute particulière de mes amis qui ont récemment fait baptiser ou feront baptiser dans les prochains mois leur enfant. Et @ tous aussi, bien sûr ! ;) 

 

"Nous pouvons déjà dire à propos de cette vie que ce n'est pas elle qui vit, mais le Christ en elle. Nous trouvons ici déjà ce qui deviendra manifeste tout au long d'une vie tant bienheureuse qu'amère : le mystère de DIeu, qui est l'amour. <...> Nous sommes là comme face à un précipice : dépourvus de sonde pour mesurer sa profondeur, pas le moindre petit son n'en sort, et rien pour la combler : l'être humain, iménétrable. Mais déjà, petit à petit, sans bruit, sans violence, sans refouler la moindre chose, l'immensité de l'amour de Dieu le comble doucement et silencieusement. Un mystère en appelle un autre : le mystère de l'homme, celui de Dieu ; le mystère de Dieu, celui de l'homme. <...> Par le baptême, l'immensité de Dieu pénètre, en accordant grâce et accomplissement, le mystère de l'homme qui s'engage dans les étendues de sa propre existence." 

Karl Rahner, Les sacrements de l'Eglise, 1987

 

samedi, février 13 2016

A l'école de la sainteté avec Péguy

Incroyable diversité du peuple de Dieu, unie dans une même marche : une unique vocation à la sainteté quelle que soit l'origine, quel que soit le passé... Grandir ensemble sous Son regard, même dans l'opacité, vers la lumière, en apprenant Sa miséricorde : un enjeu de la vie, peut-être encore plus spécifique et fort en Carême. 

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"Il y a deux formations, 

Il y a deux extractions, 

Il y a deux races de saints dans le ciel. 

Les saints de Dieu sortent de deux écoles. 

De l'école du juste

et de l'école du pécheur. 

De la vacillante école du péché. 

Heureusement que c'est toujours Dieu qui est le maître d'école. 

Il y a ceux qui viennent des justes et ceux qui viennent des pécheurs. 

Et ça se reconnaît. 

Heureusement qu'il n'y a aucune jalousie dans le ciel. Au contraire. 

Puisqu'il y a la communion des saints." 

Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu

dimanche, janvier 31 2016

Laisse-toi modeler par l'amour

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Avec quelques autres personnes, je travaille à la préparation d'un des livrets qui serviront pour les prochaines JMJ : c'est une expérience qui permet de se plonger d'une manière profondément spirituelle dans le thème "Heureux les miséricordieux", ainsi que dans son "incarnation" dans le peuple polonais. Un des rédacteurs a proposé cet extrait de la pièce de St Jean-Paul II, Frère de notre Dieu qu'il est si bon de savouer... Raison pour laquelle je vous le partage : 

« A : Comprenez-moi, mon Père. Comment puis-je aimer l’un et l’autre (l’art et la pauvreté), alors que je ne sais pas aimer à moitié ? C’est comme si je me trouvais entre deux abîmes qui m’attireraient également. Rester toujours à mi-chemin entre l’un et l’autre, c’est impossible.

C : Pourquoi le voir ainsi ? Tout peut devenir moyen d’aimer Dieu.

A : Tout le monde dit cela, en effet. Pourquoi donc cette vérité généralement admise n’arrive pas à être vérité pour moi ?

C : Je ne sais pas. L’âme connaît tant de chemins qui mènent à la pureté.

A : Et moi, j’ai commencé à trouver impur ce qui avant m’était idéal.

C : C’est possible. La purification est aussi vocation.

A : Que me conseillez-vous, mon Père ?

C : Fais confiance à l’amour. Il saura te former.

A : Comment ?

C : Je ne sais pas. Ton amour t’appartient. Il est le bien qui t’a été donné. Je ne peux pas juger ton amour jusque dans ses moindres frémissements.

A : Si pourtant vous vouliez me guider, m’ordonner ou m’interdire, rejeter ou approuver.

C : Ce sont là des choses trop graves et trop grandes. On ne peut rien ordonner à l’amour. Pense un peu. Notre Seigneur s’en sert pour faire tant de bien. Plus qu’aucune autre chose, l’amour nous unit à lui. Car tout se transforme dans l’amour… laisse-toi modeler par l’amour. » 

 Acte II, sc. 4 

dimanche, janvier 10 2016

Chemin de Lumière

De la fête de l'Epiphanie, célébrée en France dimanche dernier, à la fête du Baptême du Christ célébrée ce dimanche qui clôt ce qu'on appelle le "temps de Noël", les oraisons liturgiques quotidiennes tracent un bel itinéraire : un véritable chemin de Lumière. 

A entendre et à écouter : comme un appel à laisser la lumière de nos "théophanies" entrer dans nos vies pour que celles-ci deviennent à leur tour théophanies pour d'autres, en fils dans la lignée du Fils. 

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"Seigneur, nous t'en prions, éclaire nos coeurs de Ta lumière souveraine : nous trouverons alors la force d'avancer dans un monde obscur pour atteindre le pays du jour sans déclin." 

"Dieu éternel, c'est dans la réalité de notre chair que Ton fils unique est apparu ; puisque nous reconnaissons que Son humanité fut semblable à la nôtre, donne-nous d'être transformé par Lui au plus intime de notre coeur". 

"Seigneur notre Dieu, soleil qui brille pour toutes les nations, accorde aux peuples de la terre de vivre en paix, et fais lever en nos coeurs l'admirable lumière qui a guidé les mages vers tin Fils." 

"Seigneur, avec ton Fils bien-aimé, l'aurore de Ton jour éternel s'est levée sur toutes les nations : accorde à Ton peuple de reconnaître la gloire de Son Rédempteur et de parvenir à la lumière qui ne s'éteint pas." 

"Dieu tout puissant, Tu as signifié par une étoile qu'un Sauveur était né pour le monde : maintiens Ta lumière en nos coeurs pour que nous entrions plus avant dans ce mystère." 

"Dieu éternel et tout-puissant, Tu as voulu que, dans Ton Fils unique, nous devenions pour Toi de nouvelles créatures ; que Ta grâce nous modèle à l'image du Christ en qui notre nature est unie à la Tienne." 

 

jeudi, novembre 5 2015

En tant qu'amour, Il est le mystère du monde

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« Si nous pensons réellement Dieu comme unité originaire de vie et de mort au profit de la vie, nous pouvons dire de quoi nous parlons quand nous parlons de Dieu. Car alors nous pouvons dire que Dieu est l’amour.

En tant qu’amour, il est le mystère du monde. Et c’est par ce mystère de l’amour que l’homme, fixé sur le vouloir-avoir, passe à la liberté du pouvoir-être. Dans l’amour qui mérite d’être appelé Dieu, nous passons de l’état de possédants à celui d’existants. »

 

Eberhard Jüngel, Dieu mystère du monde

 

mercredi, octobre 28 2015

Cette lumière qui irradie l'existence

"Ce sont ceux qui aiment qui en savent le plus long sur Dieu, 

c'est eux que le théologien doit écouter". 

H.-U. von Balthasar, avant propos de L'Amour seul est digne de foi

 

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Y entendre comme une invitation à écouter le plus petit,

Celui qu'on repère souvent le moins,

Et qui, pourtant, aime tellement bien... 

 

Choisir, chaque jour plus, humblement, l'abandon et la confiance, 

Et, comme le plus important de tous les "discours" sur Dieu, la prière simple et tendre d'un coeur aimant. 

 

mardi, octobre 13 2015

De l'amour, de la persévérance

J'ai beaucoup apprécié l'une des lectures de l'office des lectures de ce jour qui forme comme une belle prière. Alors, en voici un extrait :  

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(Ca ne se voit pas mais c'est bien une statue représentant l'auteur du texte ci-dessous - devant la basilique de Luxeuil-les-Bains - et non Gandalf le magicien du Seigneur des Anneaux)

"Seigneur, accorde-moi cet amour qui se garde de tout relâchement, que je sache tenir toujours ma lampe allumée, sans jamais la laisser s'éteindre ; qu'en moi elle soit feu, et lumière pour mon prochain. 

Ô Christ, daigne allumer toi-même nos lampes, toi notre Sauveur plein de douceur, fais-les brûler sans fin dans ta demeure, et recevoir de toi, lumière éternelle, une lumière indéfectible. Que ta lumière dissipe nos propres ténèbres, et que par nous elle fasse reculer les ténèbres du monde. 

Veuille donc, Jésus, je t'en prie, allumer ma lampe à ta propre lumière, et qu'ainsi, à cette clarté, m'apparaisse le Saint des saints où toi, Prêtre éternel des temps éternels, tu fais ton entrée sous les portiques de ce temple immense. Qu'à ta lumière je ne cesse de te voir, de tendre vers toi mon regard et mon désir. Alors, dans mon coeur, je ne verrai que toi seul, et en ta présence ma lampe sera toujours allumée et ardente. 

Fais-nous la grâce, je t'en prie, puisque nous frappons à ta porte, de te manifester à nous, Sauveur plein d'amour. Te comprenant mieux, puissions-nous n'avoir d'amour que pour toi, toi seul. Sois, nuit et jour, notre seul désir, notre seule méditation, notre continuelle pensée. Daigne répandre en nous assez de ton amour pour que nous aimions Dieu comme il convient. Remplis-nous de ton amour jusqu'au plus intime de nous-mêmes, qu'il nous possède tout enteiers et que ta charité pénètre toutes nos facultés, pour que nous ne sachions plus rien aimer sinon, toi, qui es éternel." 

Instruction spirituelle de saint Colomban

mardi, octobre 6 2015

En pèlerinage permanent d'apprentissage de Lui

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"Le Dieu inconnu. Ce qu'est Dieu, on ne le sait ; Il n'est ni lumière, ni esprit, ni vérité, unité, Un, ni ce qu'on appelle Déité ; ni sagesse, ni raison, ni amour, volonté, bonté ; ni chose, ni non-chose, ni essence, ni coeur :

Il est ce que toi, moi, et toute créature, nous n'apprenons jamais avant d'être devenus ce qu'Il est." 

in Angelus Silesius, Pèlerin chérubinique. 

 

samedi, octobre 3 2015

Fioretti de Laudato si (4/6)

        Le temps passe et je n'ai pas pris le temps de remettre en forme mes quelques notes sur l'encyclique du pape. Voici, à l'instar des autres chapitres, quelques citations de la 4ème partie, intitulée "écologie intégrale". Evidemment, c'est le lieu du martèlement du fameux "tout est lié" mais c'est surtout le lieu de sa réalisation concrète : j'aime particulièrement ainsi, alors qu'on pourrait avoir un simple discours sur la création, que le pape ose balayer de nombreux sujets et aille jusqu'à se préoccuper d'urbanisme et finalement en élargissant de tous nos problèmes si liés à la non-mixité sociale et à l'individualisme.  En remettant Dieu et l'homme à leur juste place... "Tout est lié" : reste à le vivre ! 

"Il est fondamental de chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux. Il n'y a pas deux crises séparées, l'une envirennementale et l'autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-envirennementale. Les possibiltiés de solution requièrent une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature." (§139) 

"D'une manière plus directe, {la préservation des richesses culturelles de l'humanité} exige qu'on fasse attention aux cultures locales, lorsqu'on analyse les questions en rapport avec l'environnement, en faisant dialoguer le langage scientifique et technique avec le langage populaire. C'est la culture, non seulement dnas le sens des monuments du passé mais surtout dans son sens vivant, dynamique et participatif, qui ne peut pas être exclue lorsqu'on repense la relation de l'être humain avec l'environnement." (§143) 

"si les limites de l'environnement sont compensées dans chaque personne qui se sent inclue dans un réseau de communion et d'appartenance. De cette façon, n'importe quel endroit cesse d'être un enfer et devient le cadre d'une vie digne." (§148) 

"L'acceptation de son propre corps comme don de Dieu est nécessaire pour accueillir et pour accepter le monde tout entier comme don du Père et maison commune ; tandis qu'une logique de domination sur son propre corps, à en prendre soin et à en respecter les significations, est essentiel pour une vraie écologie humaine." (§155)

"C'est pourquoi, il ne suffit plus de dire que nous devons nous préoccuper des générations futures. Il est nécessaire de réaliser que ce qui est en jeu, c'est notre propre dignité. Nous sommes, nous-mêmes, les premiers à avoir intérêt à laisser une planète habitable à l'humanité qui nous succédera. C'est un drame pour nous-mêmes, parce que cela met en crise le sens de notre propre passage sur cette terre." (§160) 

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