Zabou the terrible

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mercredi, septembre 1 2010

Flûte alors !

 

"Lorsque Dieu joue de la flûte, il n’y a point de bercail qui soit capable de retenir le troupeau.

Lorsque Dieu joue de la flûte, il n’y a point de barrière qui soit capable de retenir ce cœur de chair !

Lorsque Dieu joue de la flûte, les montagnes se mettent à danser !"

 

Paul Claudel

dimanche, août 22 2010

Phrase du jour


"J'enverrai des rescapés de mon peuple vers les nations les plus éloignées, vers les îles lointaines qui n'ont pas entendu parler de moi et qui n'ont pas vu ma gloire : ces messagers de mon peuple annonceront ma gloire parmi les nations. " (Isaïe)

1ère lecture du 21ème dimanche du T.O.

Bon dimanche à chacun !

dimanche, août 15 2010

Assomption - avec Marie




Donne la paix à notre terre,
Ô mère de miséricorde,
Nous confions à ton cœur et à ton amour
Le peuple entier et l'Église de cette terre.

Garde-nous de toute injustice,
De toute division,
De toute violence et de toute guerre.
Garde-nous de la tentation
Et de l'esclavage du péché et du mal.
Sois avec nous !

Aide-nous à vaincre le doute par la foi,
L'égoïsme par le service,
L'orgueil par la mansuétude,
La haine par l'amour.

Ô mère du Christ,
Sois notre réconfort
Et donne force à tous ceux qui souffrent :
Aux pauvres,
A ceux qui sont seuls,
Aux malades,
Aux non-aimés, aux abandonnés.

Donne la paix à notre terre divisée :
Et, à tous, la lumière de l'espérance.

Jean-Paul II

mardi, août 10 2010

Au coeur des activités

 

« La volonté du Christ est qu’enrichis des trésors et des magnificences célestes, nous demeurions avec lui, dans la plénitude de l’activité.

 

La volonté du Christ est que, parmi les actes les plus pratiques et les plus multipliés de notre vie, nous rendions visite continuellement au fond de notre esprit, à notre unité et à notre image divine.

 

Car à chaque moment de sa durée, dans tous les points qu’embrasse le mot maintenant, Dieu naît en nous, le Saint Esprit procède, armé de tous ses trésors. Offrons aux dons du Seigneur la ressemblance qu’il veut en nous, mais offrons à sa génération sublime l’unité sacrée de notre essence. »

 

Rusbrock l’admirable, traduction d’Ernest Hello

 

vendredi, août 6 2010

Au fil des lectures

 Voici venir l’arbre, c’est l’arbre

de l’orage, l’arbre du peuple.

Ses héros montent de la terre

comme les feuilles par la sève,

et le vent casse les feuillages

de la multitude grondante,

alors la semence du pain

retombe enfin dans le sillon.

 

Voici venir l’arbre, c’est l’arbre

nourri par des cadavres nus,

des morts fouettés et estropiés,

des morts aux visages troublants,

empalés au bout d’une lance,

recroquevillés dans les flammes,

décapités à coups de hache,

écartelés par les chevaux

ou crucifiés dans les églises.

 

Voici venir l’arbre, c’est l’arbre

dont les racines sont vivantes,

il a pris l’engrais du martyre,

ses racines ont bu du sang,

au sol il a puisé des larmes

qui par ses branches sont montées

parsemant son architecture.

Elles furent fleurs, quelquefois

invisibles, fleurs enterrées,

d’autres fois elles allumèrent

leurs pétales, comme des planètes.

 

Et l’homme cueillit sur les branches

les corolles aux parois durcies,

il les tendit de main en main

tels des magnolias, des grenades,

et brusquement, ouvrant la terre,

elles grandirent jusqu’au ciel.

 

Pablo Neruda, Chant général

 

vendredi, juin 25 2010

D'une parole donnée

« Je promets. Je promets quelque chose à quelqu’un. Et dans la parole de promesse, c’est moi que je porte au-devant de ce qui est à venir. Entre aujourd’hui et demain, est à venir un temps indéterminé dont je ne sais rien, et qui pourtant est le mien.

 

                Voilà le paradoxe de la promesse : moi, ici et maintenant, qui suis gai ou triste, je m’engage à ce que quelque chose de moi tienne dans l’avenir. Dans la parole donnée, c’est moi qui me donne. Moi qui me connais si mal maintenant, moi qui ne cesse de me transformer au gré des rencontres, des circonstances dont beaucoup changent comme le ciel à l’automne, j’affirme donc que quelque chose de moi « tiendra » et ne changera pas à l’égard de quelqu’un d’autre. Moi qui « ne peux garantir aujourd’hui qui je serai demain », j’affirme fermement quelque chose à propos d’un avenir pourtant incertain : « l’océan d’incertitudes » sur lequel nous voguons nous apparaît bien vaste au regard de « l’îlot de certitude » que la promesse est censée instaurer. Car je donne ce que je n’ai pas encore, j’engage ce que je ne suis pas encore.

 

                Quelle audace alors que de promettre ! Quelle étrange audace qui caractérise l’être humain, qui est comme sa grandeur au sein même de sa fragilité ! »

 

 

Agata Zielinski, « Parier sur la vie », Christus HS n°226, mai 2010, p. 26

lundi, juin 21 2010

Il demande une place pour naître




            « Placé entre le feu de ceux qui aiment et le feu de ceux qui haïssent, il faut prêter main forte aux uns ou aux autres. Sachez-le donc ! Ce n’est pas à l’homme en général, c’est à vous en particulier que l’appel est fait ; car toutes les forces morales, intellectuelles, matérielles, qui se trouvent à votre disposition, sont autant d’armes que Dieu vous a mises dans les mains, avec la liberté de vous en servir pour lui ou contre lui. Il faut vous battre ; vous vous battez nécessairement. Il ne vous est laissé que le choix du camp.

            Jésus Christ, quand il est venu au monde, a demandé tout aux hommes, s’étant fait pauvre plus que les plus pauvres. Il a demandé une place pour naître : on la lui a refusée. Les hôtelleries étaient remplies : c’est une étable qui s’est ouverte. Il a demandé une place pour vivre : on la lui a refusée. Le Fils de l’Homme n’a pas eu où reposer sa tête ; et quand il s’est agi de sa mort, il n’a pas eu cinq pied de terre pour s’étendre : la terre l’a rejeté entre le ciel et elle, sur une croix.

            Or, celui qui a demandé demande encore. Il demande une place pour naître. »

 

Ernest Hello, L’Homme

vendredi, juin 18 2010

Un bon coup d'éponge ?

“Prenez dans une main une éponge imbibée d’eau et dans l’autre un petit caillou, pressez-les également. Il ne sortira rien du caillou, et de l’éponge vous ferez sortir l’eau en abondance.

L’éponge, c’est l’âme remplie du Saint Esprit et le caillou, c’est le cœur froid et dur où le Saint Esprit n’habite pas.”

Saint Jean-Marie Vianney

jeudi, juin 10 2010

C'est pas que... mais un peu quand même



“La prière, c’est du temps pris sur l’utile pour plus utile.”

Madeleine Delbrêl

vendredi, mai 28 2010

Parce que j'ai aimé...

 

Parce que ce petit texte – oh simple, tout simple, redisant juste l’essentiel – est venu poindre dans les méandres de ma journée et les illuminer.

 

« Comment doit-on entendre ici la loi de Dieu, sinon comme étant la charité ? Car c’est toujours elle qui nous fait comprendre comment nous devons observer dans notre conduite les préceptes de vie. De cette loi, la parole de Vérité nous dit : Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. Saint Paul dit à ce sujet : L’accomplissement parfait de la loi, c’est l’amour. Et il dit encore : Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ. En effet, rien ne traduire plus exactement la loi du Christ, sinon la charité que nous accomplissons vraiment lorsque nous portons par amour les fardeaux de nos frères. »

 

« Commentaire de Saint Grégoire le Grand sur le livre de Job »

(Proposé pour l'office des lectures du jeudi de la 8e semaine)

 

mardi, mai 25 2010

Au-delà ma fenêtre




Le ciel est, par-dessus le toit,
Si beau, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte,
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit,
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

- Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

in Paul Verlaine, Sagesse

samedi, mai 15 2010

Tu te souviendras de la multitude infinie...

En 1909, Léon Bloy dédie son ouvrage Le Sang du pauvre à sa fille aînée Véronique, en quelques lignes si belles que m’est venue l’envie de les retranscrire ici.

 

            Que ce livre te soit dédié, mon enfant bien-aimée. Il convient mieux qu’un autre à ton esprit grave, à ton âme inclinée vers la Douleur.

 

            En le lisant, tu te souviendras de la multitude infinie des cœurs qui souffrent, des enfants de Dieu qu’on afflige, des tout petits qu’on écrase et qui n’ont pas de voix pour se plaindre.

 

            Ton père a essayé de crier à leur place, de ramasser en une sorte de Miserere toutes les souffrances de ces lamentables. Tu sais de quel prix il en a payé le droit et à quelle école redoutable il s’est instruit.

 

            Alors, ma Véronique, vraie image du Sauveur des pauvres, demande à ce Crucifié qu’il ne m’oublie pas – vivant ou mort – dans son Royaume éternel.

 

Léon Bloy

 

jeudi, mai 13 2010

Pensée inactuelle 6

Savoir reconnaître ses maîtres ?

 

« Que la terre vous soit légère !

Que vos urnes recèlent un éternel printemps, ô vous qui voulûtes que vos enfants respectassent dans un maître la sainte autorité du père, ou regardassent un maître comme un père dont ils tiennent non la vie du corps, mais celle de l’esprit »

 

Mgr Huet, citant Juvénal et Quintilien

 

mercredi, mai 5 2010

D'un petit geste l'Autre

 

« Jésus n’a pas ouvert les yeux de tous les aveugles d’Israël, et on peut se demander si la guérison d’un aveugle a fait la moindre différence. Il n’a pas arrangé les affaires de toutes les noces où le vin venait à manquer. Mais ces petits signes appartenaient à la Parole de Dieu qui crée et recrée. C’est la fragilité et la petitesse même de tels gestes qui font qu’ils parlent si forts. Le Seigneur n’a pas laissé Gédéon écraser les Madianites avant d’avoir réduit son armée de trente-deux mille à deux mille puis trois cents hommes. Dans la Bible, on aime ce qui est petit. Jésus dit que ce qu’on fait au plus petit d’entre les siens, c’est à lui qu’on le fait. Les petits gestes sont à la fois une prière demandant que vienne le Royaume et la Parole de Dieu, qui le fait s’approcher. »

 

Timothy Radcliffe, o.p., Pourquoi donc être chrétien ?, p. 32-33

 

lundi, avril 19 2010

Pensée inactuelle 5

 

« Pouvoir perdre (amittere posse) est ainsi le point de départ de la détermination de l’aimer (amandum) parce que la vie ne cesse de se perdre en approchant de la mort »

 

Hannah Arendt, Le Concept d’amour chez Augustin

 

Et c'est ainsi que "perdre" peut vouloir dire "gagner", dans une logique où tout semble renversé.

 

vendredi, avril 16 2010

Bien s'aimer


            Ce soir, je ne sais trop pourquoi, j’ai eu envie d’ouvrir un vieux bouquin ; un vieux livre qui ne se trouve jamais bien loin de ma table de nuit parce qu’il accompagna un moment de ma vie, et d’y relire ce que le p. Varillon racontait sur l’Église. Envie incongrue s’il en est, non ?

 

L’Église n’est pas une institution qui va régir de l’extérieur la vie des chrétiens, comme une organisation qui a ses règles, ses lois, son programme auxquels il s’agirait de souscrire avant d’entrer. L’Église est ce qui nous transmet la vie divine, ce qui nous la communique aussi bien que ce qui la règle. Notre vie a besoin d’être à la fois animée, dynamisée et réglée. S’il n’y a pas de règles, le dynamisme pur risque de conduire aux pires aberrations. À l’inverse, là où il n’y a que règles, lois, disciplines, sans aucune vie, aucun élan, c’est du pur juridisme qui ne répond à aucun de nos besoins profonds. L’essentiel, c’est la vie, c’est la source. Or la source est le Christ. […]

 

            L’amour seul unit et unifie. Il faut toujours commencer par la justice, car l’amour est chimérique s’il ne s’épanouit pas sur le fondement de la justice. Mais la justice peut maintenir séparés ; il y aura respect mutuel mais il n’y aura pas communication ou communion réciproque. Il n’y a pas de communauté authentique si le ciment n’en est pas l’amour.

 

François Varillon, s.j. Joie de croire, joie de vivre

 

jeudi, mars 25 2010

Selon st Jean

 

« L’homme sans amitié, dit-il, reproche les bienfaits, exagère les moindres faveurs. L’ami cache les services rendus, en dissimule l’importance, et semble tout devoir, quand tout lui est dû.

 

Vous ne me comprenez pas ; hélas ! je parle d’une chose qui ne se trouve maintenant qu’au ciel, et de même si je vous entretenais d’une plante des Indes que personne n’aurait vue, il me serait difficile, avec beaucoup de paroles, de vous en donner une idée exacte ; ainsi mes discours sur l’amitié demeurent inintelligibles pour vous, car c’est une plante du ciel… Dans un ami, on possède un autre soi-même. »

 

St Jean Damascène, cité par E. Hello


jeudi, février 25 2010

Bless !

 

            Nos blessures, et les cicatrices ou les infirmités qu’elles nous laissent, sont proprement nôtres, et permettent de nous identifier et de nous reconnaître. C’est à sa blessure ancienne que sa vieille nourrice reconnaît Ulysse à Ithaque, alors qu’il a été, magiquement, rendu méconnaissable par la déesse Athéna, et que, l’esprit tout à la fois empli de joie et de douleur, elle renverse le chaudron où elle s’apprêtait à laver ses pieds. C’est aux plaies de sa Passion que l’apôtre Thomas reconnaît Jésus ressuscité, malgré la condition nouvelle de son corps (Jn. xx, 25-28). Mais, même dans les paroles que nous entendons, l’inflexion de la voix qui se brise à certains mots ou noms nous serait, jusque dans la nuit, signe aussi sûr de reconnaissance, et l’âme a ses blessures tout autant que le corps.

 

Jean-Louis Chrétien, « Blessure », Pour reprendre et perdre haleine – dix brèves méditations, p. 192-193.

 

 

            C’est par ce chapitre, « Blessure » que se termine ce bel ouvrage : difficile d’en parler tant il s’agit effectivement de petites méditations dont certaines phrases savent trouver le fond de notre cœur, et d’autres moins. Mais j’aime ce petit livre parce qu’il ne s’arrête pas à une discipline, n’enferme pas la foi dans un cocon, dans un genre, dans un style. Dix petits mots comme autant de petites sources auxquelles puiser ouvertement, comme autant de stimulants et de fortifiants : Souffle, chemin, tentation, attention, recueillement, bénédiction, paix, douceur, abandon, blessure.

 

Et maintenant… Étincelles III du fr. François Cassingena-Tréverdy. (Enfin, je ne lis pas que ça non plus comme bouquins, hein, je vous rassure)

 

lundi, février 15 2010

Incipit herbacé

         Je gravissais un sentier de montagne en me disant : à user de son intelligence, on ne risque guère d'arrondir les angles. A naviguer sur les eaux de la sensibilité, on s'expose à se laisser emporter. A imposer sa volonté, on finit par se sentir à l'étroit. Bref, il n'est pas commode de vivre sur la terre des hommes.

         Lorsque le mal de vivre s'accroît, l'envie vous prend de vous installer dans un endroit paisible. Dès que vous avez compris qu'il est partout difficile de vivre, alors naît la poésie et advient la peinture.


in Sôseki, Oreiller d'herbes (incipit)

jeudi, février 4 2010

Au milieu de la grisaille, comme une lumineuse douceur


           « La douceur laisse être ce devant quoi (ou celui devant qui) elle se trouve, et pour cela prend du temps. Ce temps, elle ne le prend pas à autrui, mais à soi et sur soi, et par là le donne à autrui. Pourrait-il y avoir une douceur de la parole qui ne fût précédée de la patience de l’écoute ? Et pourrait-on être doux si l’on n’était d’abord attentif ?


             La douceur d’un regard, par exemple, ne consiste pas à faire les « yeux doux » […], mais à faire de notre présence un lieu d’accueil et d’hospitalité – laisser, sans hâte ni prévention, quelqu’un se manifester. […] « Doucement » veut dire « lentement », attention et précaution. C’est la force de la douceur que d’avoir comme une amoureuse divination de la fragilité des gens, des choses et des questions. »


J.-L. Chrétien, « Douceur », Pour reprendre et perdre haleine – Dix brèves méditations.

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