Zabou the terrible

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dimanche, décembre 18 2011

Où demeures-Tu ?

 

Jeudi matin dernier, le trimestre touchant à sa fin ;  

L’inattendu de trains supprimés

Me fit avec colère un cours rater,

Avec joie une messe gagner ; 

A quelques jours de Noël. 

 

A quelques jours de Noël…

L’Avent fut pour moi cette année non difficile mais tout rugueux :

Simplement, l’Avent fut pour moi expérience de fatigue et de faiblesse.

Temps de l’Avent, temps du dépouillement : rime moins évidente qu’en apparence car rime de vie.

 

Mais mon Avent, mais l’Avent – comme toujours en fait, chaque année différemment – fut en réalité grandissement dans l’Espérance :

A 10 jours de Noël, j’en distinguais déjà dans les nuits les lueurs grandissantes, envisagées avec une confiance renouvelée : simples joyaux de mes simples journées, vécues en Présence, confiées, données.

 

Une messe donc, une simple messe ;

La chaleur humaine d’une froide église bien remplie ;

Dieu présent dans le pain de la Parole et dans Celui de la Vie ;

Et un chant de communion qui venait comme, déjà, parapher une fin d’Avent :

 

Tu es là présent livré pour nous

Toi le tout petit le Serviteur

Toi le Tout-Puissant, humblement Tu T’abaisses

Tu fais Ta demeure en nous Seigneur

 

Parapher une fin ?

Pas tout à fait…

Parapher plutôt, d’un même élan,

une Foi et une faim,

Un « déjà là », un « encore plus » et un « pas encore » :

Ô viens Seigneur Jésus.

 

mardi, décembre 13 2011

E(s)pris de sainteté, viens combler nos cœurs

 

Il y a quelques jours, à la suite d’une bête remarque de ma part sur internet[1], je me suis fait traiter d’ « esprit empreint de sainteté ».

 

Parce que je ne me pense pas « empreinte » d’une sainteté bien trop haute pour moi (ou alors je me sens pied, si vous préférez, ça oui, en marche), pécheresse comme chacun, je préfère marquer « éprise » de sainteté.

 

Cela était certes dit pour me renvoyer au modèle d’une sainteté mièvre et pudibonde que les images sulpiciennes rose bonbon et autres histoires niaiseuses pour enfants ont contribué à forger dans l’imaginaire collectif[2].

 

Mais la sainteté, ce n’est pas ça.

 

La sainteté, ce n’est pas un refus généralisé de tout ce qui touche à la vie humaine. « Au contraire, tes disciples mangent et boivent ! »[3] s’exclamaient les pharisiens et les scribes, outrés[4], à Jésus. Et ce n’est pas inversement réservé – ce que pensent d’autres personnes – à des surhommes et à des surfemmes, embrassant seuls des chemins aussi périlleux que glorieux : une perfection inaccessible ? La sainteté, c’est notre appel commun, à tous.

Quelle que soit notre voie pour y répondre, nous y sommes tous attendus.

 

La sainteté, c’est un accueil jour après jour de Dieu et de ce qu’Il nous donne de vivre.

La sainteté, c’est l’apprentissage de l’Amour, dans une grâce et une liberté qui se répondent harmonieusement.

La sainteté, c’est choisir cet Amour, inconditionnellement ; et désirer en vivre, profondément.

La sainteté, c’est un chemin abrupt aussi, oui, parce qu’il est chemin de toute notre humanité dans la suite du Christ et qu’il est donc aussi travail au plus profond de soi, dans les rugosités de nos êtres.

 

Mais la sainteté, c’est un chemin sur lequel il est beau de s’engager ;

Sur lequel, en fait, il est juste chrétien de s’avancer et qu’on ou tout au moins que, moi, j’ai trop tendance à oublier dans mes dizaines de préoccupations quotidiennes.

 

Je remercie la personne qui m’a fait cette remarque parce qu’en ce temps de l’Avent, cela m’appelle particulièrement à vivifier mon désir de sainteté,

A être pour de vrai « éprise de sainteté » dans l’accueil jour après jour, du don de Dieu, désiré ;

Don vivant à accueillir, à laisser vivre en moi, pour être un jour, non pas canonisée, mais bien, pour de vrai et pour mes frères, être « empreinte de sainteté ».

 



[1] peut-être un peu idiote d’ailleurs. En tout cas, certainement inutile.

[2] Façon Ste Thérèse et les roses autour vous voyez…

[3] Luc v, 33.

[4] Comme de vieilles outres… mais vous n’étiez vraiment pas obligés de lire cette note ! 

jeudi, décembre 8 2011

Un mec crade

Un mec crade

 

 

Sortir des cours, fatiguée, comme toujours en ce moment ;

Courir pour rentrer travailler, encore, un peu plus, claquée ;

Décembre, juste avant les vacances : c’est la mauvaise période pour l’agrégatif.

Il est tout pâle ; il n’a pas le temps ; il a du mal avec son réveille-matin : la loose intégrale.

 

Gare St Lazare : ouf, la moitié du trajet est faite. A quelle heure mon train ?

 

C’est là qu’un mec tout sale s’approcha de moi, le type qui donne envie de le repousser direct : aviné, les cheveux crasseux, le reste pas moins, brinquebalant, la gueule en biais.

 

Et le raisonnement peu glorieux se met en place, tout naturellement, trop facilement : la lâcheté ordinaire quoi. Non, non, non, qu’il ne m’adresse pas la parole, pas envie, là, autre chose à faire ! Puis, il y a plein de monde dans cette gare pour s’occuper de lui, quoi ! Zut, il s’approche de moi, faisons mine de ne l’avoir pas vu… raté.

 

- Bonjou’ Gniéniorqmherimhqr ?

- Euh, bonjour, oui, pardon ? Excusez-moi, je n’ai pas compris ?

- Madm’selle, tu peux changer mon médaillon autour du cou ?

 

Là, je n’ai vraiment rien compris à cette demande étrange… Il avait un médaillon autour du cou, oui : un cœur tenu par une chainette. Mais pourquoi le « changer » ? Le quiproquo dura quelques secondes car je ne comprenais vraiment pas ce qu’il souhaitait. Au bout d’un moment, je compris : il fallait l’aider à enlever la chaine autour de son cou pour remettre le pendentif dans l’autre sens.

 

Je ne voyais pas l’intérêt…

Jusqu’à ce que je découvre que le pendentif avait deux faces :

Et le cœur tout emmêlé devient le cœur côté brillant de faux diamants.

 

- T’sais pourquoi je porte ça autour du cou ?

- Parce que le cœur, c’est l’amour ?

- P’tite m’selle, moi, j’porte un cœur parce que je veux aimer tout le monde. ».

 

Sciée j’étais.

 

Il m’a ensuite parlé de sa misère, de sa famille qui le rejetait : la bouche toute empâtée, je n’ai pas tout compris, mais je tâchais de l’écouter. Et puis, en guise de finale :

« Tu vois ce cœur là que je porte parce que je veux aimer tout le monde. Toi, merci. Tiens, je l’embrasse, j’embrasse ma main et je la mets sur ton épaule. Pour que toi aussi, tu sois forte et que tu aimes tout le monde. »

 

J’ai encore une fois failli rater mon train mais je n’ai pas regretté…

 

Dans le train, j’ai regardé la discrète croix que je porte toujours autour de mon cou :

Tu sais vraiment comment T’y prendre, Toi, pour qu’on ne T’oublie pas, hein ?

J’ai souri, puis en mon cœur s’est élevée une prière en guise de merci.

 

mardi, novembre 29 2011

Faibles forts


Je m’attendais ce matin à écouter la si belle 1ère lecture du jour (Is XI, 1-10) que j’apprécie tant. Raté : le prêtre choisit de célébrer la messe votive pour les malades et les handicapés.

 

Au lieu de prier avec les textes attendus, j’ai dû en écouter d’autres qui se répondaient et me laisser surprendre par eux. Et, parce que les circonstances le voulaient, me laisser toucher et porter par eux : clin-Dieu…

 

« Mais il m'a déclaré :

« Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. »

Je n'hésiterai donc pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi. C'est pourquoi j'accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. »

 

Paroles de folie ; paroles de Foi ! 

 

Nous faisons tous, un jour ou l’autre, l’expérience de la faiblesse,

Chez l’autre, mais aussi en nous ;

Expérience de l’inquiétude, expérience de l’angoisse,

De se sentir dépassé, sans pouvoir faire ce que l’on avait prévu ; 

C’est la maladie ; c’est la blessure ;

C’est la faiblesse insupportable.

 

Et c’est le moment favorable pour se confier et se reconfier à Dieu

C’est le moment non de la résignation mais de l’accueil en une confiance renouvelée :

Le moment, souvent craintif, souvent dans le noir, du « que vivrai-je ? Je ne sais… mais avec Toi, mon Dieu ; avec Toi ».

 

Ce matin, cette messe si priante,

C’était le moment de prier pour tous les malades de ma paroisse, puis pour tous ceux que je connais, mais aussi pour chaque être humain, si vulnérable…  

Et donc pour moi, aussi :

Que Sa Force donne chaque jour sa mesure dans ma faiblesse !

 

C’est cette présence du Christ que nous nous préparons à accueillir par cet Avent,

De ce Christ si petit, si vulnérable, qui n’aura d’autre force que celle de l’Amour

Qui nous dira qu’il n’y en a pas de plus forte que celle-ci, si admirablement faible,

Dans l’humilité de la crèche à laquelle répondra la souffrance de la croix.

 

Dans ce temps de l’Attente, dans ce temps de l’Avènement,

Que Sa Force résonne dans notre faible humanité

Dans notre faible mais belle humanité,

Qu’il n’a pas dédaigné de prendre pour nous illuminer,

Et, surtout, pour nous sauver.

 

dimanche, novembre 13 2011

Notre Père des examens

 

 -  Un café et un croissant s’il vous plaît ! 

Plaquer mes mains frigorifiées contre la revigorante chaleur de la tasse et en abreuver mon réveil brumeux d’une gorgée ;

 

Lentement, doucement, sortir mon téléphone de ma poche et, dans ce café si étrangement peuplé d’un mélange d’habitués et de gens stressés, prier silencieusement l’office du matin.

 

- Seigneur, ouvre mes lèvres…

Lentement, doucement, laisser descendre et résonner les mots en moi… Et pourtant sourire en lisant le début de l’hymne « Père du premier mot » ; et y revenir ensuite.

 

Prier dans cette morne ambiance sans teint ; prier au cœur du monde qui s’éveille ;

Lentement, doucement, dans la discrétion : faire monter en moi les mots que l’Eglise donne à prier ce jour-là.

 

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samedi, octobre 8 2011

Ave

 

Mystère de nos vies, mystère de nos morts…

Que Te confier Seigneur ce soir étrange sinon, un peu de l’un, un peu de l’autre ?

 

Eclats rayonnants de ces vies-ci ;

Tellement joyeuses, bruyantes, éclatantes !

 

Extinction de cette vie-là, d’un de mon sang :

De ces traits si marqués par la maladie ;

De ces mains si belles et virtuoses courant sur le clavier de l’orgue…

 

Souvenir particulier d’un soir dans une vieille église romane à écouter l’orgue où il jouait accompagnant une chorale quasi-entièrement familale chantant l’Ave verum corpus : frisson d’une rare sensation d’unisson, d’unité.

Et voir, ce soir, ces mails se succéder dans notre mailing-list familiale pour aussi dire « unité » au sein d’une famille beaucoup trop souvent éclatée.

 

Et chez moi, ce soir, à genoux, tendre les mains,

Mes pauvres mains nues, comme toujours ;

Pour mettre tous ceux-là, ces vies, cette mort, dans ma prière devant Toi ;

Parce qu’en Toi, tout est unifié ;

Parce qu’en Toi tout est Vie.

Ave verum Corpus

mercredi, octobre 5 2011

Une vieille

 

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai un amour marqué pour ceux que l’on appelle parfois pudiquement les Anciens – pas seulement de l’Antiquité. J’estime leur âge, leur expérience et cette forme de sagesse qui est souvent la leur, portant un regard devenu affiné par les années sur le monde et sur la vie. J’aime ces rides et ces regards qui disent une histoire, qui révèlent un être… J’aime vraiment les regarder, emplie de respect pour ces années qu’ils ont traversées, comme ils ont pu, le mieux qu’ils ont pu.

 

J’aime les retrouver à une messe, dominicale ou de semaine, souriant à ma jeunesse leur répondant parfois avec trop d’exaltation ; ou au détour d’une rue, faisant leur marché autant que leur provisions des derniers potins du quartier. Avec amusement, avec tendresse.

 

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jeudi, septembre 22 2011

Amen-rissage en douceur

 


Je n’étais pas bien loin,

Mais cela ne voulait pas dire que je n’avais aucun chemin à faire.

J’étais toute proche, proche de chacun,  

Mais cela ne voulait pas dire que je n’étais pas ailleurs.

 

Retraite, Re-traire, se retirer

Temps de pause…

Difficile de faire comprendre ce drôle de temps à qui ne connaît pas,  

Ce temps où l’on ne fait rien - enfin, pas grand chose,

Mais où l’on est incroyablement occupé.

 

Difficile à dire et à décrire tant il ne s’y passe rien en apparence, et tant dans les profondeurs :

C’est que, ce temps qui se prend à la foi(s) hors et dans le temps, il touche au plus intime de nous.

 

Une retraite, c’est un temps de re-création pour le sale gamin que nous sommes trop souvent, portant nos égratignures et les blessures infligées à l’autre comme autant de piteux trophées.

Mais une retraite, ce n’est pas une fuite face à celles-ci, c’est plutôt chercher la paix en les regardant toutes avec le regard du Seigneur, et, surtout, Le laisser nous regarder... Avec Amour. 

 

Une retraite, c’est jouer le jeu de la transparence de l’amour dans les opacités de nos vies

Une retraite, c’est accepter ces règles du jeu un peu folles où se perdre, c’est (tout) gagner, dans le jeu ineffable et fabuleux qui s’appelle la Vie.  

 

Ce sont simplement quelques heures privilégiées de disponibilité pour laisser le Seigneur nous modeler, nous travailler, dans un cœur à cœur désiré, un peu plus soutenu, un peu plus voulu.

C’est Le laisser dénouer peu à peu tous les nœuds bloqués de nos vies, pour que la corde file et ose aller au large, un peu plus, chaque fois plus, toujours plus.

 

Une retraite, en fait, c’est hyperactif à l’intérieur…

… Pour que cela se vive à l’extérieur !

 

vendredi, septembre 16 2011

Bloguilles et fioretti du Camino 2011 – Retour à Dax !

 

Notules à partir mon carnet de notes perso du 4 septembre

 

Arrivée à Dax, après la messe paroissiale de ce matin qui fut suivie de la bénédiction des pèlerins reçue entourée de quelques amis : cela était bien doux. 

Pour la 1ère fois depuis que j’ai commencé le Camino, je marcherai seule… mais pas vraiment, en réalité. 

Je sais que nombreux sont les pèlerins dans le sud de la France, que j’en rencontrerai plusieurs et, surtout, je sais que ce chemin est vraiment un chemin où l’on ne se sent pas, où l’on n’est pas, seule mais où l’on a au contraire la fabuleuse sensation d’être partie prenante de la foule de pèlerins à l’avoir parcouru depuis des siècles et de celle qui le parcourra encore ensuite. 

Nous sommes membres d’une histoire de foi où chacun effectue pourtant son propre chemin, dans celui façonné par les autres et par Dieu.

 

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Installée, je ressors chercher de quoi dîner dans un kebab repéré en arrivant. Je ne vous dis pas le kebab : dans une galette pas industrielle, avec de la viande qui n’était pas l’ordinaire toute grasse non plus et, outre le classique « salade-tomate-oignon »[1], avec des olives et du piment ! Un kebab méridional quoi… Mais ce qui était encore plus remarquable, ce fut cet échange inattendu avec le tenancier, pourtant aussi clairement musulman que j'étais visiblement catholique :

- Je vous ai vue tout à l’heure avec votre sac : vous êtes pèlerine. Vous êtes la bienvenue, venez prendre le thé avec nous.

Hospitalité offerte, fraternité toute simple du pèlerin.

 

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Chapelle de la maison dio. Tabernacle illuminé d’une bien curieuse façon mais, dans le silence de la nuit qui tombe doucement, c’est très beau…

Comme une lueur brûlante d’amour, comme un cœur, seul éclairé, seul battant dans cette vaste maison qui s’endort.

 

 

 

Te rendre grâce et Te confier ce pèlerinage,

Tous ceux que je porte dans ma prière,

Ainsi que moi-même, humble pèlerine sur le Chemin.

 

Paix du cœur profond, Joie du Christ :

Que je sache Le vivre pour Le transmettre,

Amen, e ultreïa !

 

 


[1] Que celui qui pense qu’un autre ordre est possible soit déclaré anathème !

mercredi, août 24 2011

JMJ – Et si je devais rapporter un souvenir…

 

Si je devais rapporter un souvenir des JMJ… ? Question impossible : ma malle est pleine et je rentre tout juste, sans avoir eu le temps de trier le superflu de l’essentiel, et réciproquement.

 

Je peux vous narrer de folles journées, rire de moments épiques, m’émerveiller de l’amitié en toute vérité, ou de la joie partagée à des milliers et milliers de personnes… Je peux sourire si fort encore en repensant à la richesse des moments vécus et aux germes qu’ils constituent pour la suite. Je peux réfléchir aux paroles reçues, si marquantes, et au « comment » les incarner dans ma propre vie.

 

Tout cela est juste, tout cela est beau et vrai.  Mais il y a, avant tout pour moi, ce silence goûté et regoûté qui fut l’assaisonnement des ces JMJ.

 

Vivre les Journées Mondiales de la Jeunesse en tant que responsable de groupe, c’est inévitablement s’exposer à les vivre mal, ou à moitié, tête baissée sur son groupe, ses soucis (ses maladies, ses engueulades), sa course contre le temps… Bref, encore plus mal que n’importe quel autre jeune, déjà pris et surpris devant la multitude des propositions.

 

Difficile de se poser, on court, on est fatigué… Et c’est peut-être pour cela que, de ces JMJ, je retiens avant tout (mais pas seulement, hein…) un silence essentiel, parlant.

Petits silences pendant les messes, après des paroles fortes ou après l’Eucharistie.

Silence de l’adoration eucharistique dans une église du centre ville de Madrid le vendredi, en plein cœur de la journée.

Silence d’une autre adoration samedi soir, entre deux rafales de tempête à Cuatro vientos. Avec un Ave verum corpus qui me donna le frisson par sa beauté et ce silence qui suivit, si dense, à plus d’un million de personnes.

 

Ce qui se vivait dans ces silences, c’était le contrepoint nécessaire pour goûter à tout le reste ; les « blancs » qui permettaient d’écouter la partition puis de la jouer ; les « espaces » qui permettaient aux mots de se distinguer, de se vivre.

 

Ce qui se disait dans ces silences, c’était le Christ : ce qui me donnait de Le voir ensuite dans mon frère, quel qu’il soit, et dans ce moment joyeux plein de cris où Il était aussi présent.

C’était l’Essentiel, Celui qui nous réunissait tous ici…

 

Mardi matin, je suis allée à la messe de semaine dans ma paroisse. Passer d’une messe à 1.5 millions de personnes à une messe à 10 personnes fait un drôle d’effet…

 

Mais j’avais un immense sourire aux lèvres qui n’était pas seulement du aux questions enthousiastes des Anciens de ma paroisse sur les JMJ : c’était simplement qu’il y avait le même Essentiel qui se donnait, qui se vivait…

Le Christ, présent, toujours agissant, au cœur le plus profond de nos vies, pour vivre de Lui. 

Alegria !  

mercredi, août 3 2011

« La France, pays de mission » : pour nous tous, ici comme là !

croisement inattendu de vies à la rencontre du Christ

 

Je n’aime pas le jeunisme, particulièrement dans l’Eglise catholique. Si je trouve bon que chaque tranche d’âge puisse se retrouver périodiquement pour grandir et vivre leur Foi avec les problématiques propres au moment de leur vie, je trouve important que tout le monde soit réuni pour prier ensemble, surtout pour la messe. Par définition, je ne vais donc pas là où « c’est cool parce qu’il y a des jeunes », je vais simplement à la messe paroissiale tant je trouve belle et tellement importante cette diversité du peuple de Dieu. Richesse infinie que nos pauvretés et nos dons partagés !


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dimanche, juillet 10 2011

Bon, bah, voilà... - brève résultats.

Comme certains d'entre vous le savent déjà, l'agrégation de Lettres modernes ne sera pas cette année 2011 pour moi... 
... ce qui n'enlève rien à mes remerciements du précédent billet ! 

jeudi, juillet 7 2011

J’ai fini ; c’est fini ; elles sont finies mes épreuves ! ; je suis finie.

 

 

 

Chers lecteurs,


Je suis en vacances ! C’est-à-dire que je viens de terminer de passer mes oraux d’agrégation ce jeudi.

 

Je n’ai bien sûr pas encore mes résultats mais, justement, avant ceux-ci (qui arriveront trrrrès vite), je voulais vous remercier. 

 

Le concours de l’agrégation, je pense que c’est un peu difficile à imaginer quand on ne le passe pas soi-même mais c’est un véritable marathon… Un marathon qui s’étend sur une année, même un peu plus, entre parution du programme au B.O. et fin des oraux. Et plusieurs années si on a à le repasser…

 

Le programme est lourd, les épreuves le sont aussi : 6 à l’écrit, dont 2 longues de 7 heures ; 4 à l’oral dont la célèbre « leçon d’agrégation » avec 6h de préparation pour 40 minutes de passage et un entretien. Toutes différentes, toutes exigeantes, toutes éprouvantes.

 

Et il y a peu de postes : impossible de savoir qui l’aura ou non. Des gens méritants ne sont pas admissibles ; des gens méritants ne seront pas admis non plus… c’est ainsi, hélas, règle du jeu.

 

Ce que je sais, au-delà de toutes mes incertitudes, c’est que j’ai tenu jusqu’au bout et que j’en suis heureuse.

 

Et que cela, c’est grâce à vous tous. Au-delà des soutiens matériels et des encouragements prodigués tout au long de l’année par les uns et par les autres, je sais aussi que nombreux sont ceux qui ont prié pour moi. A vous tous qui vous reconnaîtrez, de tout cœur, merci.

 

Hier, j’ai tiré un sujet de leçon vraiment difficile : c’est de me savoir si soutenue par toutes vos prières qui m’a donné envie et la force de me battre pour tirer quelque chose d’un thème problématique. Je me suis sentie portée par cet Amour, cette force que donne la prière. Alors quel que soit le résultat - et c’est pour cela que je vous le dis maintenant - merci pour votre prière, votre soutien, votre amitié.  

 

En sortant de mon dernier oral tout à l’heure, je suis passée rapidement à l’oratoire de St Louis d’Antin, devant le St Sacrement : j’y ai simplement dit merci. Pour moi, certes, mais aussi, vraiment, pour vous tous.

 

Zabou, agrégative en vacances.

 

P.S. : pour finir, vous étudierez l’emploi de « finir » dans le titre de ce billet.

 

lundi, juin 20 2011

Quand un week-end s'écrit en actions de grâce

  

Samedi matin, 10h. Dans une cathédrale bien petite mais dans une cathédrale toute remplie, deux hommes s’avancent pour recevoir le sacrement de l’Ordre, l’un comme diacre, l’autre comme prêtre. Grandeur du sacrement qui les « configure » au Christ serviteur et au Christ pasteur, dans toute leur humanité. Et c’est l’Eglise entière qui est en liesse !  

 

 

Samedi soir, 18h. Mon église paroissiale est plus dépeuplée en ce mois de juin riche en fêtes familiales mais, à 18h, c’est toujours fête car Dieu se rend présent pour nous dans l’Eucharistie. Puis, pendant celle-ci, deux jeunes que je connais bien, deux jeunes partant aux JMJ dans mon groupe vont recevoir un autre sacrement, souvent méconnu : le Sacrement des Malades. L’un d’eux est mon frère. Force du Christ qui rejoint dans les faiblesses !

 

 

Dimanche matin, 10h30 : c’est à nouveau la messe, c’est à nouveau Dieu qui est sacramentellement présent. Mais cette fois, ce sont 40 jeunes de la paroisse qui vont Le recevoir pour la toute 1ère fois. Petites mains tendues pour recevoir Celui qui est la vie ; petites personnes chahutant devenues subitement calmes… En les embrassant d’un regard, on voit des yeux pétillants, des sourires, une paix qui ne vient pas d’eux-mêmes. Et c’est beau !

 

 

Dimanche, 17h00 : Il ne s’agit pas cette fois de sacrement. Il s’agit des engagements des « novices » du groupe des servants d’autel, des plus petits, après une année de service, face au groupe, face à Dieu. Dire « je », dire « je m’engage », et en même temps proclamer que, sans Lui, on ne peut rien faire… « Donne-moi d’être un bon serviteur » : alors être béni par l’aumônier pour qu’Il donne de Le servir longtemps et avec joie dans l’Eucharistie.

 

 

Quatre occasions où Dieu se donne à des humains, malgré toutes leurs limites, gratuitement, par Amour.

Quatre actes de Foi, quatre occasions où des humains s’avancent librement pour recevoir le don divin, s’avançant sans connaître l’avenir mais marchant quand même, sûrs d’un Amour qui les dépasse.

Quatre occasions de rendre grâce, de tout cœur.

·     

mercredi, juin 8 2011

Petite info perso

Mon blogue n'est certes guère la place de vous narrer ma vie privée... 

Mais puisque cela constitue une bonne partie de ma vie actuelle, je tiens à partager à mes lecteurs une bonne nouvelle ! 


Il reste encore un gros morceau, l'oral, et il est probable que ce blogue tourne un peu au ralenti (... ou pas !) ces prochaines semaines. 

A suivre mais, tout de même, Deo gratias ! 

dimanche, mai 29 2011

Choisis, si tu peux !

- Je vais prendre mes clefs et aller prier à l’église. 

- Comment ???? Mais #@!!#

[Jetons un voile pudique sur la suite de cette scène]

 

Aïe, j’ai pensé trop haut.

 

Décisions à prendre rapidement, pesantes pour l’avenir et qui doivent être posées en les entrechoquant avec celles déjà prises : histoire de cohérence… Dans ce cas-là, j’ai une logique toute bête, toute simple : aller m’asseoir devant le Patron, seule. L’écouter et causer avec Lui.


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samedi, mai 7 2011

Contemplatio in praesentia

 

« C’est moi, soyez sans crainte » (Jn 6, 20)

Evangile pour commencer sa drôle de journée,

Parole de Dieu, Parole de Vie !

 

Dans la foule passante d’un marché, ces êtres humains pressés, oppressés par le stress… serait-ce Toi ?

Ces visages douloureusement ravinés par les malheurs accumulés, c’est Toi ?

Ces regards fuyants, peureux, incertains… c’est Toi ?

 

Mais ces gens qui sourient, ces gens qui se saluent joyeusement, ces gens qui incarnent le bonheur d’être avec une telle légèreté, c’est aussi Toi ?

Ceux-là même qui se proclament mécréants ou encore ceux-ci qui s’interloquent devant des jeunes catholiques « ça existe encore ? »…

Oui, je le crois : c’est bien Toi !

 

Tous ces gens qui (se) donnent, tous ces gens qui refusent, tous ces gens qui s’interrogent : toute cette humanité rencontrée, Tu n’en es pas absent, quand bien même je ne sais pas toujours T’y reconnaître.

 

Puisque, même quand mes yeux sont aveuglés, Tu marches avec moi,

Puisqu’en chacun, c’est Toi qui es là,

Donne-moi cette confiance nécessaire

Pour T’annoncer d’un sourire,

Te dire d’un geste,

Te proclamer surtout d’un regard.

 

Rends mon cœur si brûlant

Qu’il apprenne à Te voir pour de vrai, pour de bon,

A te voir dans chacun de ces gens-là qui sont Tes et donc mes frères.

 

jeudi, avril 14 2011

Je m'absente pour quelques jours...

... pas vraiment en vacances, 
... pas vraiment loin non plus, 
... pas très loin du tout même, puisque vous pouvez suivre les aventures de quelques servants d'autel que j'ai la joie d'encadrer à cette adresse jusqu'à samedi, en pèlerinage à Vézelay :
Quelques jours donnés pour mieux rencontrer le Christ, 
Avec vous tous ! 

vendredi, avril 8 2011

Agrégation externe 2011 - psaume


"Dieu comble son bien-aimé quand il dort."

Psaume 126


mercredi, avril 6 2011

Agrégation externe 2011 - littérature comparée

Parce que j'ai besoin de continuer mon processus de métamorphose cathartique vers la délivrance... 

"Ce qui caractérise ce théâtre, ce n'est pas simplement la "monstration de monstres", mais bien le processus de métamorphose par lequel le héros sort de l'humanité." (Marie-Christine Lesage, "De Sénèque à Kane : monstres et cruauté symbolique", dans Le Théâtre et le Mal, Registres 9/10, hiver 2004-2005). 

Dans quelle mesure cette réflexion d'un critique contemporain éclaire-t-elle les oeuvres du programme : Titus Andronicus, Médée, Viol et Anéantis ? 

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