Zabou the terrible

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dimanche, décembre 18 2011

Où demeures-Tu ?

 

Jeudi matin dernier, le trimestre touchant à sa fin ;  

L’inattendu de trains supprimés

Me fit avec colère un cours rater,

Avec joie une messe gagner ; 

A quelques jours de Noël. 

 

A quelques jours de Noël…

L’Avent fut pour moi cette année non difficile mais tout rugueux :

Simplement, l’Avent fut pour moi expérience de fatigue et de faiblesse.

Temps de l’Avent, temps du dépouillement : rime moins évidente qu’en apparence car rime de vie.

 

Mais mon Avent, mais l’Avent – comme toujours en fait, chaque année différemment – fut en réalité grandissement dans l’Espérance :

A 10 jours de Noël, j’en distinguais déjà dans les nuits les lueurs grandissantes, envisagées avec une confiance renouvelée : simples joyaux de mes simples journées, vécues en Présence, confiées, données.

 

Une messe donc, une simple messe ;

La chaleur humaine d’une froide église bien remplie ;

Dieu présent dans le pain de la Parole et dans Celui de la Vie ;

Et un chant de communion qui venait comme, déjà, parapher une fin d’Avent :

 

Tu es là présent livré pour nous

Toi le tout petit le Serviteur

Toi le Tout-Puissant, humblement Tu T’abaisses

Tu fais Ta demeure en nous Seigneur

 

Parapher une fin ?

Pas tout à fait…

Parapher plutôt, d’un même élan,

une Foi et une faim,

Un « déjà là », un « encore plus » et un « pas encore » :

Ô viens Seigneur Jésus.

 

lundi, juillet 11 2011

Saint Benoît 2011

 

Qui me connaît bien sait que St Benoît est un de mes grands amis du ciel et que j’aime aller perdre et prendre du temps, prier, dans la belle abbaye où se trouvent ses reliques.

 Voici donc l’hymne du bréviaire pour la St Benoît, en union de prières avec tous les monastères bénédictins et l’Europe, dont il est le saint patron.

 

Vivre à Dieu seul

Et se tenir en sa présence,

Tout quitter pour atteindre la paix,

Choisir le silence

Pour saisir la Parole,

Pour être ce disciple aux aguets

D’un mot, d’un ordre.

 

Fuir au désert

Mais rassembler dans la louange,

Consentir à toujours commencer,

Traduire en patience

Le désir du Royaume ;

Pouvoir être trahi sans cesser

De croire aux hommes.

 

Voir l’univers

A sa mesure véritable,

L’univers comme un point lumineux,

Léger grain de sable

Que l’Amour transfigure ;

Savoir que toute chose est en Dieu

Précieuse et pure.

 

Craindre sans peur

Dans l’abandon de tout son être,

N’avoir rien de plus cher que le Christ,

Servir le seul Maître

Dont le joug rende libre ;

Ainsi dans la douceur de l’Esprit,

Benoît se livre.

 CFC


Et la belle oraison du jour :

« Dieu qui as fait de St Benoît un maître spirituel pour ceux qui apprennent à te servir, permets, nous t’en prions, que sans rien préférer à ton amour, nous avancions d’un cœur libre sur les chemins de tes commandements. »

 

vendredi, juin 24 2011

S1jibé – Au fil des jours et des ans…

 

24 juin : Nativité de St Jean-Baptiste ;

une date que j’aime, un saint que j’apprécie beaucoup.

 

J’aime saint Jean-Baptiste parce que, déjà dans le sein de sa mère, il sait reconnaître le Christ qui vient à lui, et en tressaillir de joie ;

J’aime saint Jean-Baptiste parce qu’il annonce le Christ, même quand il semble n’être qu’une voix criant dans un immense désert ;

J’aime saint Jean-Baptiste parce qu’il se sait indigne – même d’enlever la courroie d’une sandale ! – mais qu’il s’avance, malgré tout, pour accomplir ce qui lui est demandé.

 

En fait, j’aime saint Jean-Baptiste en ce qu’il est le modèle de chacune de nos vies chrétiennes…

 

« Il faut que Lui grandisse et que moi, je diminue » : il est celui qui nous apprend à faire signe non pas vers nous-mêmes mais à faire signe vers le Christ.

Non pas d’un simple geste, mais par toute sa vie, par toute notre vie, 

Pour que, toujours, ce soit Lui qui grandisse.

 

mardi, mai 31 2011

Visite à la cousine, visite divine !

Visitation, Arcabas

La Visitation, Arcabas


Savoir reconnaître ces petits instants fugaces comme ces moments plus tangibles où Dieu vient nous rendre visite ;
Savoir si bien les distinguer que chaque heure, que chaque visite, que chaque rencontre devienne, vraiment, possible "visitation". 

S'étonner : "Comment ai-je ce bonheur... ?"
Puis en tressaillir, en rayonner de joie,
En rendre grâce de et par tout notre être ! 

dimanche, avril 24 2011

Matin de Pâques...


... ALLELUIA !!! 

vendredi, avril 22 2011

+ Jeudi Saint 2011

 

L’église est maintenant plongée dans le noir.

A l’exception de cet autel, reposoir rayonnant de lumière.  

 

Après avoir prié, après avoir commémoré, après avoir communié…

Je suis à genoux et Tu es là.

 

Je n’ai rien à Te dire, ou plutôt, si :

Trop de choses dans le cœur pour T’en dire une seule.

 

Je viens seulement m’exposer à Ton Amour :

Ton Amour qui se donne,

Ton Amour qui transforme,

Ton Amour qui libère,

Ton Amour qui fait vivre,

Ton Amour qui me fait vivre.

 

Instants à saveur d’éternité ;

Comme des gouttes d’eau vive répandues cette fois sur l’être tout entier…

 

La nuit est tombée, joyeuse et douloureuse

Et c’est un peuple entier qui vient T’adorer

Veillez et priez.

 

lundi, mars 28 2011

Des petites mains

 

Mains qui disent, presque malgré nous, nos attitudes intérieures.

 

Mains qui bougent, occupées en permanence au service,

Mains plus calmes, (é)levées pour louer,

Mains fermées de nos jours de peurs,

Mains simplement ouvertes et tendues, confiantes, dans l’attente ou le don.

 

Mains tendues pour te saluer toi, l’hôte, l’ami ou l’Inconnu qui arrive

D’un sourire chaleureux, d’un regard franc, d’une poignée de mains cordiale.

 

Mains tendues, encore, l’une sur l’autre, pour recueillir l’eau le moins mal possible

Pour la puiser, quand l’on n’a rien d’autre et que l’on est tenaillé par la soif 

Pauvres mains qui n’en sauraient retenir que quelques gouttelettes 

Mais mains qui s’avancent aussi humblement qu’assurément vers le Puits :

C’est qu’il fait soif aujourd’hui.

 

Mains légèrement tremblantes de ce prêtre malade qui, hier encore, levait la patène depuis son fauteuil roulant en action de grâce : « Par Lui, avec Lui et en Lui » ;

Mains de ce même prêtre qui aujourd’hui se tendent  pour recueillir des miennes ce fragment de pain.

 

Mains qui viennent ainsi chercher leur unique force ;

Mains qui suffisent alors à recueillir cette eau très vive

De ce Puits pour soifs inextinguibles.

 

Mains de la vraie confiance dans la sombre épreuve :

« Au torrent, il s’abreuve en chemin

C’est pourquoi il redresse la tête. »

 

Mains d’humains ; mains par lesquelles passent le Divin.

Mains des hommes ; mains de Dieu.

 

samedi, janvier 1 2011

2011, dans Ta joie et dans Ta lumière

   

Parce qu’il m’est impossible cette année de faire un classique bilan sans toucher à du trop personnel, mais que 2010, sans être exempte de difficultés et d'opacités fut si grandissante, si riche, si lumineuse ! C'est pourquoi tout simplement, en ce premier jour de l’année, je vous propose de prier avec moi par cette hymne, en action de grâce pour l’année écoulée.

 

Bonne année donc ! Avec et pour vous tous, amis lecteurs, habitués ou de passage aujourd’hui au gré des liens, avec une petite dédicace spéciale pour mon lecteur eudiste à qui je sais cette hymne particulièrement chère :

 

A toi, Dieu, notre louange !

Nous t’acclamons : tu es Seigneur !

A toi, Père éternel,

L’hymne de l’univers.

 

Devant toi se prosternent les archanges,

Les anges et les esprits des ceux ;

Ils te rendent grâce ;

Ils adorent et ils chantent :

 

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,

Dieu de l’univers ;

Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.

 

C’est toi que les Apôtres glorifient,

Toi que proclament les prophètes,

Toi dont témoignent les martyrs ;

C’est toi que par le monde entier

L’Eglise annonce et reconnaît.

 

Dieu, nous t’adorons :

Père infiniment saint,

Fils éternel et bien-aimé,

Esprit de puissance et de paix.

 

Christ, le Fils du Dieu vivant,

Le Seigneur de la gloire,

Tu n’as pas craint de prendre chair

Dans le corps d’une vierge

Pour libérer l’humanité captive.

 

Par ta victoire sur la mort,

Tu as ouvert à tout croyant

Les portes du Royaume ;

Tu règnes à la droite du Père ;

Tu viendras pour le jugement.

 

Montre-toi le défenseur et l’ami

Des hommes sauvés par ton sang :

Prends-les avec tous les saints

Dans ta joie et dans ta lumière.

 

samedi, décembre 25 2010

Belle fête de la Nativité à tous !




Nativité par Albrecht Dürer

Ce que j’aime dans cette Nativité au premier regard, c’est sa disproportion : des parents immenses, un Christ tout petit…

 

Ce que j’aime dans cette Nativité, c’est qu’il y a tout un jeu de regards pour nous faire comprendre Qui est l’important : l’Enfant. C’est-à-dire, le petit, le pauvre, le faible.

 

Ce que j’aime dans cette Nativité, c’est qu’il y a toute une humanité autour de la crèche… des proches, des lointains qui n’osent s’approcher, des joyeux et des interloqués ; et que je peux m’y voir, moi aussi, parmi eux.

 

Ce que j’aime dans cette Nativité, c’est que le Christ se met à la taille – ô pas bien grande, encore toute petite – de cette humanité qui l’entoure ; qu’il vienne en fait se mettre à ma hauteur pour me diviniser si je le mets de mon côté tout au centre, au cœur de mon humanité.

 

Alors, à chacun, un JOYEUX NOËL !

Que l’Incarnation du Christ nous donne de grandir chaque jour un peu plus en notre humanité, afin de l’écrire, comme Lui,  pleinement et joyeusement avec un A.

 

mardi, novembre 30 2010

Bon avent-terre

La neige déjà nimbe le sol,

Le froid transit les corps,

Les respirations embuent les vitres :

Tout devient lent et entre à pas de velours dans ce vaste silence de l’hiver.

 

Là où le murmure s’atténue aux contours floconneux,

Les âmes apprennent à laisser sourdre leur désir.

 

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dimanche, novembre 21 2010

Roi très admirable, douceur ineffable...

 


Ils sont arrivés il y a maintenant un mois. Des pas très grands, des qui font petits, minuscules même à côté de leurs aînés devenus tout grands ; des qui ont tendance à se prendre les pieds dans le bas de leur aube et à s’emmêler les bras avec le cordon de leur croix. Ils s’appellent Antoine, Delphine, Rémi, Camille, Maxence ou bien Joséphine et, avec cinq autres, cela fait un mois qu’ils ont rejoint le groupe des servants d’autel.

 

A leur âge, on se perd vite et l’apprentissage de la liturgie n’est pas chose aisée : on se trompe, on ébauche des gestes, on en bafouille d’autres en interrogeant sans cesse des yeux les plus grands. Mais il est des sourires, des lueurs qu’on aimerait conserver ad vitam : et j’aime regarder et leurs premiers pas, et leurs premières bêtises…

 

Ce week-end, c’était fête et ils touchaient pour la première fois à ces torchères un peu particulières qui embellissent chez nous la consécration des jours solennels. Bien sûr, ils se trompèrent magistralement dans leurs déplacements. Puis, pour couronner le tout, rien n’était coordonné et les flammes penchaient dangereusement. Pourtant, qu’ils étaient beaux leurs visages rendus lumineux tant par la danse d’une flamme que par la naissance douce, délicate, d’un sourire de leur cœur !

 

La fête du Christ Roi à côté de cela, elle n’est pas très réjouissante tant elle est située du côté de l’échec et de la douleur. Pourtant, elle vient comme sonner et résonner dans le temps ouvert entre Toussaint et Noël : elle est la fête de la pauvre unique vraie royauté, celle de l’Amour. Celui qui ne domine pas, celui qui perd tout, celui qui se donne jusqu’au bout… Le vrai amour quoi !

 

Le Christ a les mains crucifiées : il n’a plus que les nôtres pour bâtir, maintenant, sur terre, ce royaume à la saveur un peu utopique mais tellement poétique, tonique et vivifiante. 


Oh évidemment, je sais bien que les gestes des servants, surtout des plus jeunes, ne font pas directement grand-chose et peuvent sembler dérisoires. Ils ne changent pas le monde, ils aident simplement quelques-uns, dont eux-mêmes, à prier avec la liturgie. Ce ne sont pas leurs gestes qui viendront sauver des vies, ni même faire de grandes révolutions : mais chacun de leurs gestes et actes, même ratés, posés avec amour, y contribuent comme autant de gouttelettes finement ciselées. J’ose croire que c’est la beauté du service dont ils ont commencé à percevoir, sans le savoir mais en le devinant dans leur cœur, le sens profond.  

 

mardi, novembre 2 2010

Le 1 et le 2, ça fait tout un.



         Il est inutile de le répéter : un catholique, ça a du mal avec les maths, ce n’est pas neuf. Mais il a beau croire en l’Un trine,  il dit et re-dix peut-être pas tout à fait en vain que le 1er et le 2 novembre, ce n’est pas tout à fait pareil. Le 1er fête tous les saints, le 2 tous les fidèles défunts. Voilà des années que j’ai intégré la différence – du moins, je l’espère à défaut du reste – et que je me rends à peu près pieusement, en somme, à la messe et le 1 et le 2. Multiplication d’offices ?

 

       Pourtant, à vouloir trop marquer leur différence, n’en ai-je pas perdu le sens profond qui sous-tend et rassemble les deux fêtes ?

 

C’est la réflexion que je me faisais tout à l’heure, en pleine messe du 2 novembre. J’aidais les personnes, à l’appel du nom de leur proche décédé, à allumer un petit cierge au cierge pascal et à placer celui-ci ensuite dans une vasque. Du sable qui l’emplissait a alors surgi, peu à peu, une lumière, qui devenait de plus en plus forte, de plus en plus rayonnante, de plus en plus lumineuse… c’était vraiment beau de la voir briller cette lumière !

 

          Si certaines de ces personnes venaient décidées, leur pas assuré, d’autres, à l’inverse, étaient encore marquées par le chagrin et le doute ravinait leur visage. Pourtant, pour tous, le visage s’éclairait à la lueur de la chandelle qu’elles tenaient tour à tour en main, allumée au feu symbolisant leur baptême : jeu inédit d’ombre et de lumière, jeu inédit des personnes, des « je » pour autant de « je » passés à la rencontre du « Tu ». Lumière qu’ils recevaient tout autant qu’ils apportaient : mouvement de l’Amour.  

 

Cette lumière, c’était celle de l’Amour, celle dont rayonnent, justement, les saints. C’est pour cela qu’elle devenait toujours plus forte en devenant plurielle : mystère de communion.

 

J’aime vraiment bien l’idée que des tremblotantes lucioles de l’espoir « quand même », allumées à cette petite fille sans prétention qu’est l’Espérance, peut se laisser entrevoir la lumière de la sainteté : lueur reçue pour rayonner, vies données pour ensemencer l’humanité.

 

vendredi, octobre 22 2010

Flambée furtive en mon cœur

  

Que de bruit soudain ! Elle était en retard. Et moi qui tentais de me recueillir ! De prier au milieu d’une journée pleine de cours et de stress en venant vivre cette messe de semaine, cette messe de midi, dans le calme. Elle arriva en boitant un peu, s’assit à côté de moi, juste à côté même, et je dois dire que cela m’agaça: il y avait pourtant de la place ! 

 

La messe avait déjà commencé et nous approchions de l’Evangile, de cette Parole de Dieu qui, quand on y prête attention « de l’intérieur », a toujours une petite chose à nous dire. Surtout quand on ne s’y attend guère. Et, comme toujours, ce fut le cas tandis que ma voisine se mit à renifler assez bruyamment. (Ne pas s’énerver, ne pas s’énerver… méditer la Parole, prier, dans le calme). Intriguée tout de même, je jetai un rapide regard à gauche pour voir de qui il s’agissait et je fus un peu surprise de son âge : les rides marquaient son visage avec une profondeur douce, telle que seul sait donner le grand âge. Je me calmai un peu.

 

Offertoire : s’y associer par son être. Se laisser porter par la prière eucharistique. Sanctus : prier par sa voix, avec ceux ici présents, y compris ceux qui ne sont pas visibles. Epiclèse et consécration : prier avec son corps et se mettre à genoux, devant un si grand Sacrement.

 

Ma voisine restait assise. C’est alors que son téléphone portable sonna. Encore du bruit… Bon, c’est vrai, cela arrive à tout le monde mais elle, elle ne l’arrêtait pas. Je détournai mes yeux de ce qui se passait à l’autel tant le téléphone continuait à sonner : en réalité, c’est tout simplement qu’elle n’entendait pas. Et c’est là que je la vis, elle qui était assise, faire un effort pour se lever. Un effort difficile, qui lui coûtait visiblement mais qu’elle tenait à faire. Elle s’y prit à deux reprises et, une fois levée, inclina la tête pour retomber sur sa chaise. Elle recommença la même manœuvre pour l’élévation du calice alors qu’elle ne devait pas entendre les paroles de la Consécration. De mon côté, je n’entendais plus le portable : j’étais dans l’admiration d’un Amour que je devinais à ses quelques gestes.

 

Son pas incertain pour aller communier n’avait alors plus la même saveur : il était non pas celui quelconque d’une qui suivrait simplement un flot, mais bien la marche d’une aimée, aimante. Elle partit dès la bénédiction finale, effacée, regagnant sans doute un chez-soi pas trop lointain mais qu’elle avait fait l’effort de quitter juste le temps d’une messe.

 

Quand le Christ viendra, trouvera-t-il la Foi sur la terre ? Je ne sais pas… mais chez cette femme, certainement, oui, et malgré tout, je le crois.

 

dimanche, octobre 3 2010

C'est sa tactique !

    En ces temps fleurissent les billets sur la liturgie. Signalons particulièrement celui d’Emmanuel Pic sur son blogue, du Chafouin sur sacristains et ceux de Natalia et d’Edmond Prochain sur leurs blogues respectifs.

J’aimerais aussi prendre le temps d’écrire sur la liturgie : peut-être pas sur le sacré, ni sur les querelles qui nous divisent trop souvent, mais plutôt sur son aspect profondément pédagogique, sur la participation progressive de tout notre être à quelque chose qui le dépasse. Le temps me fait défaut pour mener à bien actuellement ce dessein. A défaut, je vous propose un autre extrait de Tactique du diable (livre que je ne saurais trop vous recommander !!!) de C.S. Lewis sur l’Eglise anglicane. Bizarrement, j’y ai vu comme un lien avec certaines de nos discussions, à nous catholiques, quand elles dérapent. Bonne lecture !

Mon cher Wormwood, […]

Je crois t’avoir déjà dit que, si tu ne peux empêcher ton protégé d’appartenir à une église, tu peux au moins le faire militer avec ardeur pour une tendance particulière. Je ne veux pas dire par là qu’il devrait s’engager sur le terrain doctrinal. 

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vendredi, mai 28 2010

Parce que j'ai aimé...

 

Parce que ce petit texte – oh simple, tout simple, redisant juste l’essentiel – est venu poindre dans les méandres de ma journée et les illuminer.

 

« Comment doit-on entendre ici la loi de Dieu, sinon comme étant la charité ? Car c’est toujours elle qui nous fait comprendre comment nous devons observer dans notre conduite les préceptes de vie. De cette loi, la parole de Vérité nous dit : Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. Saint Paul dit à ce sujet : L’accomplissement parfait de la loi, c’est l’amour. Et il dit encore : Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ. En effet, rien ne traduire plus exactement la loi du Christ, sinon la charité que nous accomplissons vraiment lorsque nous portons par amour les fardeaux de nos frères. »

 

« Commentaire de Saint Grégoire le Grand sur le livre de Job »

(Proposé pour l'office des lectures du jeudi de la 8e semaine)

 

mercredi, mai 19 2010

Il est midi, je vois l'Eglise ouverte...



             J’aime les messes de midi.

 

Je l’ai déjà écrit, je le dis souvent à qui veut l’entendre et le note à nouveau ici.

 

La messe de midi, c’est Dieu qui se rend présent en plein cœur de la journée, milieu, pilier de celle-ci. La messe de midi, c’est celle qui ramène notre existence à ses priorités.

 

                Ce midi, j’ai eu la chance et la joie de vivre une messe un peu exceptionnelle, dans un lieu qui ne l’était pas moins.

 

                Au cœur d’une journée de réunion, une demi-douzaine d’évêques, quelques prêtres, un diacre et même pas une poignée de nous, laïcs, dans l’assemblée. Un sourire joyeux de l’archevêque qui présidait accompagna une invitation à entourer l’autel, nous aussi : nous tous, « serviteurs de la liturgie » pour fermer, pour former un cercle.

 

                Autour de ce cercle, il y avait une multitude de vocations et de missions : il y avait des évêques, il y avait des prêtres, il y avait un diacre, il y avait des laïcs, consacrés ou non. Et, au centre de ce cercle, au milieu de cette symphonie où l’on percevait l’accord secret d’une profonde unité, Dieu se rendait présent.

 

                J’ai bien aimé, j'ai même beaucoup aimé, cette façon que nous avions tous de prier, de nous taire ou de parler, de nous placer, selon notre état de vie mais tous ensemble réunis autour d’une même table. Cette façon de dire en silence et à notre façon propre ces trois mots qui bouleversent une vie à Celui qui nous en fait don à chaque instant, ces trois mots qu’on ne peut dire qu’en balbutiant : je T’aime. 


mercredi, mai 5 2010

D'un petit geste l'Autre

 

« Jésus n’a pas ouvert les yeux de tous les aveugles d’Israël, et on peut se demander si la guérison d’un aveugle a fait la moindre différence. Il n’a pas arrangé les affaires de toutes les noces où le vin venait à manquer. Mais ces petits signes appartenaient à la Parole de Dieu qui crée et recrée. C’est la fragilité et la petitesse même de tels gestes qui font qu’ils parlent si forts. Le Seigneur n’a pas laissé Gédéon écraser les Madianites avant d’avoir réduit son armée de trente-deux mille à deux mille puis trois cents hommes. Dans la Bible, on aime ce qui est petit. Jésus dit que ce qu’on fait au plus petit d’entre les siens, c’est à lui qu’on le fait. Les petits gestes sont à la fois une prière demandant que vienne le Royaume et la Parole de Dieu, qui le fait s’approcher. »

 

Timothy Radcliffe, o.p., Pourquoi donc être chrétien ?, p. 32-33

 

dimanche, février 8 2009

Ite missa est

 

Ite missa est. Enfin, non, là où je vais à la messe, ça se termine pas tout à fait comme ça la messe, on cause en une autre langue plus familière. Puis là, il y avait un chant de sortie en plus.

 

Pour une messe « à l’arrache », comme ils disent, ça a été une réussite.

 

On avait bien pris le temps d’écouter les textes ensemble, ce qu’ils disaient, à nous, aujourd’hui (d’expliquer la figure de Job un peu aussi, le mec qui n’a jamais d’bol dans les ¾ de son livre) mais une réunion est brève et rien ne semblait prêt. L’autre équipe en charge de la messe était passée en mode silence radio, j’étais en Ecosse et recevais mail sur mail de l’aumônerie, appelant à chaque fois une même réponse de ma part (« non, je ne peux RIEN faire, je ne suis PAS en France ! »). Bref, la cata.

 

Bien avant la messe, j’arrive à la paroisse pour une autre réunion et j’apprends la chose suivante : « Ah le chauffage est encore en panne ». Juste avant la messe, tous les musiciens de mon équipe ne sont pas encore là, je cours partout, la prière qui devait être lue après la communion n’est pas là non plus et, quand arrive l’autre animateur d’aumônerie : « Bon, tu as les intentions de PU ? » « Ben, non ». Normal ? Normal. Sans compter un problème de sono.

 

Et puis, la messe commence, doucement, tranquillement. « Que vive mon âme à Te louer ». De suite, une autre ambiance. De belles lectures… préparées par les jeunes, lues vraiment oserais-je dire, en essayant de faire sens, d’en rendre ce qu’ils percevaient. « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile »… je commence à sourire franchement. Pourtant, qu’il fait froid sans manteau !

 

La messe se poursuit, chacun y met du cœur et là quelque chose se passe, se fait comme la certitude d’une Présence. Malgré le froid terrible, qui fait trembler, chacun prie et les mots des chants portent, donnent un « pourquoi » parfois oublié dans la tourmente pré-messe, alors que Ste Thérèse nous susurre à l’oreille qu’il est tout simple :

Je n’ai d’autre raison

Que l’Amour de Ton Nom

Mon bonheur est de vivre

Ô Jésus pour te suivre

Je n’ai d’autre raison

Que l’Amour de Ton Nom.

 

Ite missa est, par un Souffle imprévisible qui fut une flamme qui réchauffe.

D’ailleurs, je file, j’ai gagné le droit d’y retourner !

 

vendredi, janvier 16 2009

Au détour du missel

 
"Dans ton amour inlassable, Seigneur, veille sur ta famille ;
et puisque ta grâce est notre unique espoir, garde-nous sous ta constante protection. "
 
 
On a parfois l'impression que c'est écrit sur mesure pour nous.
Ce qui doit être le cas dans un certain sens.
 
Oui, j'aime bien les oraisons du Missel décidément.
 

mercredi, décembre 24 2008

Ce matin, pour cette nuit, aujourd'hui et en tous temps

 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande Lumière !
 
BENEDICTUS
 
Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël,
qui visite et rachète son peuple.

Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,


comme il l'avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes depuis les temps anciens :


salut qui nous arrache à l'ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,


amour qu'il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,

serment juré à notre père Abraham
de nous rendre sans crainte,

afin que délivrés de la main des ennemis
nous le servions dans la justice et la sainteté,
en sa présence, tout qu long de nos jours.


Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut :
tu marcheras devant, à la face du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins

pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,

grâce à la tendresse, à l'amour de notre Dieu,
quand nous visite l'astre d'en haut,

pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l'ombre de la mort,
pour conduire nos pas au chemin de la paix.

 

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