Zabou the terrible

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - Douceur

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi, novembre 24 2020

Simples étincelles de gratuité

https://medias.podcastics.com/podcastics/episodes/1505/artwork/simples-etincelles-de-gratuite-inspi.jpg.ccde7025a188ac9ff773794234e576f8.jpg

Disponible en version podcast audio à partir de 7h15 :  https://www.podcastics.com/podcast/episode/simples-étincelles-de-gratuité-44492/

 

            La situation de confinement fait disparaître les espaces les plus ordinaires de gratuité, notamment dans le temps passé ensemble, les uns avec les autres, en dehors des seules relations de travail. Si on le respecte strictement, les moments les plus gratuits de notre vie, que cela soit un temps d’amitié partagé ou le fait même d’humer l’air d’automne dans une promenade un peu longue n’existent plus vraiment : quoique ces moments ne se monnaient justement pas, nous nous apercevons d’autant plus combien ces moments sont précieux et finalement très chers. 

 

Lire la suite...

mardi, novembre 17 2020

Souffler n'est pas jouer

https://medias.podcastics.com/podcastics/episodes/1505/artwork/souffler-nest-pas-jouer-inspi.jpg.8293e5a8434123527774229512ec54e4.jpg

Ce billet est disponible mercredi 18 novembre à partir de 07h15 en version audio sur le podcast In'Spi https://www.podcastics.com/episode/41140/link/ >>  

 

            « Souffler n’est pas jouer » est une expression traditionnelle du jeu de dames – après avoir compulsé un site, il paraîtrait que cette règle n’est plus d’actualité mais je n’en ai pas confirmation – quand un joueur oublie de prendre un pion alors qu’il le pourrait. Le jeu de dames est une chose, la vie en est une autre et nous ne passons notre vie à nous attraper les uns les autres, du moins je l’espère ! Pourtant, je crois que cette expression nous rappelle aussi l’importance du souffle et celle du jeu. 

 

Lire la suite...

Inspire-nous pour être Tes icônes

https://abbayedubec.org/wp-content/uploads/2020/05/CCF_000184.jpg

Le billet déconfiné du jour est avant tout une prière... pour demander au Seigneur de faire de nous Ses icônes... malgré le masque ! Autant vous dire qu'on a besoin de Son inspiration ! 

Alors autant j'aime bien mettre texte et voix ensemble (je râle moi-même quand je n'ai pas d'écouteurs pour écouter un podcast ou une vidéo et qu'il n'y a pas de texte) mais je crois que là, je vous laisse simplement le podcast pour prier ensemble  : https://www.podcastics.com/episode/41073/link/ 

N.B. : Celui-ci est disponible à partir de 07h15

 

vendredi, novembre 13 2020

In'spi ?

En ces temps troublés, il m'est venu une petite idée... à découvrir par ici https://www.podcastics.com/episode/40962/link/ 

Ou à lire ci-dessous mais ce serait dommage ! 

https://medias.podcastics.com/podcastics/episodes/1505/artwork/inspi-inspire-inspire-inspi.jpg.ccf0b00f6a46cc7ca0b411c0fb58860c.jpg

In’spi / inspiré / inspire ? 

            Je ne sais pas vous, amis confinés, mais ce qui est dur, en temps de confinement, c’est souvent lié à notre incarnation : réduction drastique des contacts personnels en dehors du travail, plus d’amicales tapes encourageantes, plus de bises depuis mars seulement des coudes vaguement effleurés, peu de rires échangés autour de verres qui trinquent à l’amitié l’amour la joie, et simplement quelques Zoomapéro qui ne nous permettent plus d’éprouver pleinement notre présence les uns les autres même si nous nous devinons dans une silhouette pixélisée où même le son de notre voix apparaît souvent quelque peu cassé, métallique. 

Lire la suite...

lundi, novembre 11 2019

Hors-normes

http://fr.web.img2.acsta.net/c_215_290/o_club300-overlay-ok.png_0_se/pictures/19/08/20/16/22/2633779.jpg

L'on m'avait dépeint ce film comme un "Intouchables"-bis. A part la thématique du handicap, prégnante dans les deux, je ne vois vraiment pas d'autre lien et encore s'agit-il ici de l'autisme et non du handicap physique. Certes, les réalisateurs des deux films sont les mêmes mais ce n'est pas cela qui est marquant. 

En revanche, ce qui est certain, c'est que l'un et l'autre font du bien parce qu'ils montrent des réalités qu'on a tendance à cacher - dans une société aimant les corps beaux et bien portants, où les rêves technologiques s'écrivent en allongements espérés de vie - ou à ne pas voir parce que notre regard accroche sur ceux qui sont différents. 

Alors, oui, il est bon de passer du temps en compagnie de ceux qui souffrent de l'autisme et de ceux qui s'efforcent, parfois difficilement, de les aider. Ici, deux éducateurs s'entourent de jeunes des cités pour aider et ce sont vraiment deux mondes problématiques qui se rencontrent et qui, l'un et l'autre, d'un pas mal assuré, vont de l'avant ensemble. Cela est beau d'entraide, d'humanité et d'espérance malgré tout ce que le film montre de violence et c'est à voir, vraiment. 

Pourtant, ce qui a le plus marqué mon regard de professeur en zone sensible, ce n'est pas tant le handicap mais bien la question de l'inspection d'une des associations qui traverse le film : pas d'agrément, alors, sont-ils aptes à aider ? C'est le cas dans la plupart des pauvretés aujourd'hui. On plonge dans le drame d'une administration française parfois trop absurde, avide de papiers, tandis que la société est malade d'argent. C'est la lutte trop souvent aveugle entre le désir du profit et l'humain délaissé, et l'individu laissé pour compte. Où l'on manque de moyens et où il ne reste que l'humain, on vient demander des normes, des objectifs, des choses bien carrées alors que le quotidien s'écrit en lettres vraiment minuscules mais il s'écrit et c'est cela l'important, non par des normes mais par des hommes et des femmes qui s'engagent pour la vie des autres, parfois portés par leur foi comme le montre en filigrane ce film. 

lundi, juillet 15 2019

Vu de l’homme sur le bord du chemin

https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L300xH429/buon_pastore_rupnik-43cb6.jpg?1539541573

 

            Depuis ma plus tendre jeunesse, j’avais cherché à être un bon juif, selon la Loi donnée à Moïse et à nos Pères. Je respectais au mieux les commandements et je venais régulièrement à Jérusalem, la ville où adorer le Seigneur qui avait fait alliance avec nous et nous avait donné la Torah. J’étudiais la Loi et les Prophètes et cela rendait mon cœur heureux que m’ajuster à cette Loi de Dieu. Mais c’est justement alors que j’étais allé prier au Temple et que je redescendais vers ma ville de Jéricho par le Wadi Qelt que des bandits me tombèrent dessus. Littéralement : je n’eus même pas le temps de dire « ouf » ! Mais pourquoi Seigneur ce malheur ? N’étaient-ce pas encore des vils Samaritains qui venaient se mettre là en embuscade ? Ceux-là ne supportaient pas qu’on adore le Seigneur à Jérusalem et pas chez eux alors, attaquer les Juifs pieux, c’était probablement un de leurs plus grands délices.

 

            Et voilà un temps qui me semblait infini que je gisais là, prostré, sur le bord de la route. Je voyais à peine ce qui se passait tant je n’avais pas la force d’appeler et encore moins de me relever. A deux reprises, j’entendis passer du monde : il me sembla même entrapercevoir la frange d’un vêtement sacerdotal… mais ni l’un ni l’autre ne s’arrêtèrent. Peut-être me croyaient-ils morts et avaient-ils peur de se souiller ? J’avais pourtant essayé d’appeler mais seul un son rauque sortait de ma bouche : j’avais mal, j’étais sans force et, plus le temps passait, plus j’avais terriblement soif. 

 

            C’est alors que j’entendis encore un bruit approchant… Celui-ci allait-il s’arrêter ? J’espérais mais je n’y croyais plus : peut-être est-ce ainsi que je devais mourir et être réuni à mes pères, en revenant de Jérusalem. Mais, cette fois, l’homme qui passait s’arrêta et il s’approcha de moi. J’étais tellement soulagé que je m’évanouis dans ses bras, juste après avoir vu son regard compatissant posé sur moi et qu’il sortait de l’huile et du vin pour panser mes nombreuses plaies. C’est sur sa monture que je me réveillai : il continuait à prendre soin de moi et ne m’avait pas abandonné ! Nous avancions bien et je distinguais une maison : c’était une auberge. Nous nous y arrêtâmes et il vint vers moi : « Comment vas-tu ? ». J’eus du mal à lui répondre alors j’essayais de lui sourire pour le remercier de tout ce qu’il faisait pour moi. 

 

            Il m’emmena jusqu’à une chambre et continua le soin de mes plaies en demandant de l’aide à l’aubergiste. C’est alors que je m’aperçus à son accent qu’il était Samaritain… Quand il gardait mon chevet, me donnant régulièrement à boire, je parvins à articuler : « Mais pourquoi fais-tu cela ? A moins que tu ne sois un ange déguisé, tu es Samaritain, je suis Juif ! Nos deux peuples se haïssent et en plus, moi, je reviens de Jérusalem ». Le Samaritain me sourit avec tendresse : « ne crois-tu pas que, depuis Caïn et Abel, nous avons tout spécialement à nous montrer le gardien de notre frère ? De tous nos frères ? Même quand le plus proche croisé sur la route, est aussi un presque étranger ! ». Je fus frappé par sa sagesse et la sérénité qu’il dégageait. Je m’endormis, confiant et remerciant Dieu d’avoir mis cet homme sur ma route. 

 

            Au petit matin, il avait disparu. Mais l’aubergiste vint à sa place prendre soin de moi : « Quel drôle d’homme ce Samaritain ! Il m’a donné deux pièces d’argent pour prendre soin de toi et m’a dit qu’il me donnerait davantage en repassant si tu en avais besoin pour être à nouveau sur pied ! ». J’allais déjà mieux et je me disais sincèrement que cet homme-là avait beau être Samaritain, c’était un juste : moi je respectais les commandements et j’adorais le Seigneur à Jérusalem. Mais lui, il adorait vraiment Dieu aussi et en esprit et en vérité en aidant, en aimant, l’homme. Et moi, il ne me connaissait pas et m'aimait : j’en étais bouleversé jusqu’au plus profond de moi-même. 

 

samedi, juin 22 2019

Comme une douce ondée de vie

 

 

            Ils sont jeunes, ils chantent en chœur pour la fête de la musique dans ce lieu de croisements de vies qu’est le hall d’un hôpital. 

 

            Il y a là quelques blouses blanches, peut-être venues égayer la pause trop courte de leur emploi du temps surchargé. 

            Il y a là des officiels venus moitié par devoir pour certains, moitié par plaisir pour d’autres. Ils sont venus aussi serrer quelques mains, prendre des photos, alimenter leur compte officiel certifié. 

            Il y a là des passants de tous les âges, il y a là des patients de tous les âges. 

 

            Les élèves chantent, la magie opère et l’ambiance naît dans ce lieu souvent plus triste qu’à son tour. Des sourires naissent sur les visages auparavant fermés, certains s’animent et tapent des mains : comme une joie, une allégresse qui se communique grâce à la musique chantée et surtout partagée à plusieurs. Il est l’heure de la fête. 

 

            Une petite enfant s’échappe des bras de sa maman dans le public pour rejoindre les chanteurs, tout sourire, toute chorégraphie : les sourires grandissent encore de cette vie toute pétillante. Oui, il est l’heure de la fête. 

 

            Certains brancards passent. Si certains sont indifférents, la plupart des alités regardent avec attention nos élèves et leurs regards sont touchants : comme s’ils attrapaient au passage une dose de cette vie qui défaille en eux présentement et la respiraient, et s’en emplissaient. D’autres sont encore plus touchants quand ils agitent une main en cadence ou saluent d’un signe faible mais volontaire nos élèves qui leur répondent. Instants furtifs sur la totalité du spectacle, instants précieux, d’une immense qualité humaine : il est l’heure de l’humanité. 

 

            Parmi nos élèves, certains vivent aussi des drames, même s’ils sont moins visibles en apparence : l’une enterre sa maman un peu plus tard dans la journée et, si je fais partie de ceux qui frappent dans leurs mains pour l’ambiance, j’ai le cœur serré et un peu envie de pleurer quand je la regarde. En attendant, elle chante, elle aussi pleine d’un espoir, d’une vie plus grande encore que ce qui est limité et vient de se terminer. Il est l’heure de l’espérance. 

 

Un spectacle sans rien de très spirituel en apparence et pourtant empli de nombreuses gouttelettes de vie à guetter, à savourer, à chanter : parce que, simplement, il y était question de la vie à célébrer malgré tout, de la Vie à espérer, malgré tout. 

 

 

mercredi, décembre 26 2018

Nuits inouïes

 

http://petitemimine.p.e.pic.centerblog.net/2097bb75.png

 

            J’y pensais en rentrant de la célébration de la messe de la Nuit suivie d’un thé – gâteaux chez ma mère : les deux grandes fêtes que sont Noël et Pâques font dans notre liturgie l’objet de célébrations nocturnes. Fêtes des fêtes, fêtes qui se tiennent l’une l’autre par la manche – oui, je sais qu’elles n’ont pas de bras mais les deux ont du chocolat ! – puisque l’une ne peut être conçue sans l’autre, fêtes qui ont tant à voir avec la lumière qu’elles sont d’autant plus éclatantes de nuit ! 

 

            Pourtant, je n’ai absolument pas le même comportement en rentrant de l’une ou de l’autre. 

 

              Après la Vigile Pascale, je suis surexcitée comme une puce, j’ai envie de sauter partout en chantant des Alléluia (oui, bon, ça m’arrangerait que vous ne caftiez pas trop à mes voisins) : une partie de moi murmure toujours que c’est une nuit d’ivresse, de folie, lors de laquelle il ne faudrait pas dormir mais juste clamer les merveilles de Dieu. 

 

            Après la messe de la Nuit, c’est presque l’inverse : une immense sensation de douceur m’emplit l’âme et j’ai envie de dormir comme un bébé, pleine de confiance et d’espérance en un monde meilleur. L’effet ou l’esprit de Noël dont on aime parler ? Peut-être bien… Mais chez nous, chrétiens, cet "effet" a les traits d’un nouveau-né : les traits de la nouveauté dont on ne se lasse jamais, les traits qui annoncent, même quand la désespérance s’accroît, une vie possible dans toute sa vulnérabilité mais, en même temps, dans son irréductible grandeur. Et c’est tellement simple et tellement beau qu’on se prend nous aussi à retrouver une intrépide confiance ! 

 

Quand l’une et l’autre fêtes célèbrent l’inouï du Dieu, elles nous invitent à emplir, de manière différente, notre cœur de Sa Lumière et à en rayonner dans les nuits de notre temps : 

 

Lumineux Noël à vous tous qui passez ici ! J

 

lundi, décembre 10 2018

2 ans de joie !

https://i.pinimg.com/236x/07/20/22/072022669e4afcdab6ee673ab07bcf5e--happy-smiley-face-happy-faces.jpg

 

Aujourd’hui, 10 décembre 2018, je fête mes 2 ans de consécration, le cœur en immense action de grâce, évidemment. …. J’aimerais remercier le Seigneur sans qui rien n’aurait été possible (c’est vrai en plus !) et, pour Le remercier très concrètement, j’ai aussi eu la joie de participer à la messe célébrée par mon cher confesseur pour rendre grâce au cœur de l’immense action de grâce qu’est l’eucharistie ! 

 

Le célébrant m’avait demandé de dire quelques mots sur ce qui faisait ma joie de consacrée et qui pouvait concerner tout le monde. J’ai parlé sans le papier que j’avais préparé, il peut donc y avoir quelques différences mais voici mes notes : 

 

  • Joie de la certitude profonde d’être à ma place, d’être là où le Seigneur le et me veut… Joie de répondre à notre vocation, quelle qu’elle soit ! Et c’est juste incroyable la profondeur de cette joie, malgré les épreuves et les difficultés du jour. Je n’ai jamais été aussi profondément heureuse que depuis que je suis consacrée : une joie liée à un amour d’une incroyable profondeur. 

 

  • Joie qu’une de mes missions soit de porter la prière de l’Église pour le monde. Pas seulement d’avoir les mains dans le cambouis du monde de par mon travail de professeur mais aussi de le porter dans la prière des heures et dans ma prière personnelle. J’en suis honorée et c’est très beau ! 

 

  • Joie d’être appelée à une conversion permanente pour chercher à être comme un panneau indicateur vers le ciel… De plus en plus, des personnes viennent me parler non pour voir « Zabou » mais parce que je suis consacrée, que j’ai un peu ce double ancrage de mes pieds dans le sol de notre monde et mon cœur ancré dans le Seigneur, pleinement donné à Dieu. En cela, il y a la découverte de mon immense petitesse, de ce que je ne maîtrise pas vraiment, c’est-à-dire de ce que le Seigneur fait et veut faire à travers moi pour témoigner de Lui. Et cela, c’est très grand ! 

 

.... J’ai fini en partageant la prière suivante, écrite en août (et que j’ai dite en « nous » pour l’occasion, en précisant que chacun pouvait en prendre ce qu’il voulait de par sa consécration baptismale mais j’en donne ici la version originale). Prions les uns pour les autres, afin de témoigner de Lui et de Sa joie, quel que soit notre état de vie !  

 

Seigneur, Toi, Tu brûles d’amour pour moi en tout lieu et, si souvent, je passe avec l’indifférence de mes préoccupations à côté de Ton buisson ardent qui ne s’éteint jamais. 

 

            Pourtant, je crois que ma vie de consacrée (et cette joie incroyable dont je ne me suis toujours pas remise d’être à Toi) est d’apprendre à T’aimer en tout. A me libérer de tout ce qui me préoccupe pour que Tu aies pleine place et que Tu aimes à travers moi. Apprentissage d’une vie : accueillir l’Amour, Le laisser emplir chaque recoin de notre être. Mystère d’alliance… Donne-moi, sur terre, de vivre comme Ta bien-aimée, dans la fidélité, témoin de Ta joie et de Ton Amour fou qui Te consume pour l’humanité entière. Cette humanité que Tu as aimée à jusqu’à te livrer pour elle. 

Amen. 

jeudi, septembre 27 2018

Aux arrêts de la grâce

https://files1.structurae.de/files/350high/64/metro_station_saint_lazare_nouvelle_entree_de_la_station_1.jpg

 

Je m’élançais vers mon rendez-vous parisien de 17h et, là, à la sortie de la gare, une drôle de petite bonne femme m’accoste : « S’il vous plaît, pourriez-vous m’accorder quelques instants ? Vous connaissez Jésus ? » 

 

Devant le caractère improbable et plutôt incongru de cette demande, j’arrête net mes grandes enjambées et lui fais un large sourire : « Oh oui, je Le connais mais surtout Il me connait…  à tel point que je Lui ai consacré ma vie ! » 

            Elle sourit et lève les yeux vers la croix qui est autour de mon cou : 

- Ah vous êtes religieuse ! 

- En quelque sorte ! 

- Et vous savez tout ce qu’Il a fait de grand ? 

- Oh, tout, je ne sais pas. Je ne crois pas non mais j’aime à le découvrir jour après jour. 

 

            Et la drôle de petite bonne femme de me raconter, après avoir évoqué le mystère de la croix, les grandes llignes de son histoire : une guérison, une conversion… Je ne sais pas si elle était catholique ou d’une autre confession chrétienne mais, à travers son récit un peu embrouillé dans certains détails se manifestait beaucoup d’amour et beaucoup de foi. Et elle de terminer : « et vous savez, je vous raconte cela car, moi qui étais timide, j’ai changé, je L’ai rencontré ! J’ai besoin désormais de raconter cela, de parler de Jésus et de tout ce qu’Il a fait pour moi aux gens ! » 

 

Et bim… Et moi, est-ce que je ressens si souvent ce besoin irrépressible de partager ce que le Seigneur a fait dans ma vie ? 

 

Post scriptum : Comme le disait la personne que je retrouvais ensuite et à qui je partageais cette rencontre improbable : « il n’y a qu’à toi que ça arrive des trucs comme ça ». Je n’en suis pas certaine pas mais je crois que Dieu avait envie de partager les merveilles qu’Il semait !

 

lundi, juillet 2 2018

Voguons sur la vie et les bénitiers - lecture estivale 2018 #1

Même si les vacances n'ont pas encore sonné, voici la première des lectures estivales de l'année. 

https://decitre.di-static.com/img/200x303/raphael-buyse-croisiere-dans-un-benitier/9782227494527FS.gif

Il est des livres avec lesquels on se sent consonner d'une manière profonde dans l'abord de la vie, dans le sourire qui point au pas de côté résolu sur les reliefs de celle-ci, des livres avec lesquels on est sur la même vibration de fréquence comme le dit l'auteur dans un de ses courts récits à propos des homélies. Et puis, en avançant et en constatant le nombre de références à Madeleine Delbrêl, on comprend mieux pourquoi on sent un peu en famille. 

Croisière dans un bénitier et autres petits récits à partir de la vie, ce sont 48 histoires nées d'un fait divers, toujours spirituelles, parfois dans les deux sens du terme. Alors, c'est bon, tout simplement, et le mieux, ce n'est pas d'en parler, c'est plutôt de le lire : en voici donc un extrait. 

Ma vie est simple. Je suis dans ce petit monastère caché au fond des bois. Et j'y prépare tranquillement une nouvelle étape, j'ai envie de me poser : je crois que je serai metteur en Cène. Oui, c'est ça : metteur en Cène. Alors, ici, je lis le Texte. Je l'écoute. Je l'apprends. Je le relis et je le scrute. Je le traduis. J'essaie de lire entre les lignes. Je contemple avec grande affection tous ceux qui le jouent d'une façon ou d'une autre autour de moi, et ceux qui sont plus loin, aussi. Je vais souvent les visiter, ne serait-ce qu'en pensée. Je me réjouis de leurs talents d'acteurs : ils transforment - chacun à sa manière - leur entourage et ce vieux monde. Ils transfusent leur vie qui se mêle à la sève du Texte. Je les vois impliqués dans certaines tragédies, car la vie n'est pas simple pour tous. J'en vois d'autres jouer des comédies légères : cela fait du bien. J'en connais quelques-uns qui vivent des drames, et d'autres qui semblent s'amuser dans des opéra-bouffes. Mais j'en connais aussi qui ne sont que figurants, plus à l'écart des projecteurs, presque dans l'ombre. Quand je dis "figurant", je pense au mot "visage". C'est un beau mot. Et c'est un beau métier. Sur le théâtre de la vie, ce sont les plus nombreux : il n'y a pas de vie possible sans chacun d'eux. J'ai un faible pour ceux-là, et j'aime être avec eux. Je les regarde envisager leur vie et, moi, je relis le Texte. Je croise leurs existences, ma vie et la Parole et, avec eux, je mets tout cela en Cène - il y en a qui disent "eucharisite". Quand la Cène s'allume, le soir ou à midi, chacun peut reconnaître que son histoire rejoint le grand poème de Dieu. 

In p. Raphaël Buyse, Croisière dans un bénitier, Bayard, 2018, p. 49-50

dimanche, juin 24 2018

Comme lui pour avancer et être comme Lui

https://pbs.twimg.com/media/DgaR9w9X0AE3xvw.jpg:large

 

Comme Jean le Baptiste, savoir reconnaître le Seigneur qui s’approche, même caché… et en tressaillir d’une joie communicative ; 

Comme Jean le Baptiste, savoir si bien Le reconnaître qu’on est capable de Le désigner, clairement, nettement, à ceux qui nous entourent ; 

Comme la première lecture de sa solennité, savoir que nous ne sommes pas le fruit du hasard mais que nous sommes choisis, aimés, désirés de toute éternité ; 

Comme Jean le Baptiste, être prophète, parler de la part de Dieu… mais savoir que cela ne peut pas se faire sans lourde et permanente conversion de notre part ; 

Alors, comme Jean-Baptiste, sempiternellement savoir qu’on ne saurait même pas enlever les godasses du Seigneur mais qu’on peut parler de Lui, quand même ; 

Comme saint Jean-Baptiste, Lui laisser toute la place ; 

Comme saint Jean-Baptiste, savoir que le Seigneur peut nous faire perdre la tête, d’amour et par amour. 

 

Se servir de l’exemple de saint Jean-Baptiste pour mieux nous convertir, pour devenir un signe vivant tourné vers Son cousin, vers Lui et vivre, et aimer, et se donner, comme Lui ! 

 

 

mardi, juin 12 2018

La conception virginale expliquée non pas à mais par mes 3èmes

Ce soir, en réunion CdEP, à la fin du repas, grosse discussion sur la laïcité, sur ce qui se dit ou pas en classe. En guise de clin-Dieu, voici une scène vécue la semaine dernière en 3ème alors que j'expliquais l'origine de Monseigneur, puis de Monsieur et enfin de Madame... 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c0/Notre_Dame_de_Paris_DSC_0846w.jpg/280px-Notre_Dame_de_Paris_DSC_0846w.jpg

Elève 1 :  Madame, et Notre-Dame ? 

Moi - Prof : Tu parles de la cathédrale de Paris ? Eh bien, c'est une appellation chrétienne pour désigner la Vierge Marie, mais tu vois c'est le même principe, c'est pour honorer quelqu'un... 

Elève 1 : Nan, mais Marie, c'était la meuf de Jésus nan ? 

Elève 2 : T'as rien compris, c'était sa reum ! 

Elève 3 : Même dans le Coran, ils en parlent ! 

Elève 1 : Attends, mais comment ça peut être sa mère si elle est vierge ? C'est juste impossible ! 

(Prof, silencieusement dans sa tête en s'amusant terriblement de la scène : Rien n'est impossible à Dieu) 

Elève 4 : Ben, tu vois, là, au lieu du papa, c'est le Saint Esprit qui lui a mis un enfant dans le ventre ! 

Elève 1 : Ah oui.... (gros silence)

Prof : On vient de perdre ***élève 1*** je crois... 

 

mercredi, janvier 17 2018

L'Ave en mélopée

 

https://pbs.twimg.com/media/DOHkxUgW0AAkuHO.jpg

 

Pousser la porte, se signer : tiens, j’avais oublié que le chapelet précédait cette messe.

Mélopée de voix féminines : de tous les âges, de toutes les origines, de toutes les tonalités, de tous les accents.

Se poser quelque part, fermer les yeux doucement et se laisser porter.

Je vous salue Marie

Ne rien dire à voix haute, laisser son cœur prier silencieusement à l’unisson de ceux des autres, connus et inconnus.

Je vous salue Marie

J’aime imaginer tout ce que portent ces voix : de la joie, des combats, des intentions… qui d’un souffrant, qui d’un deuil, qui d’un pauvre. L’imagination porte alors à la communion.

La prière est répétitive, celui qui la porte différent, vers une même direction :

Dans le cœur de celle qui est notre grande sœur, première en chemin,

Dans le cœur d’une mère les confiant avec certitude à son Fils.

Je vous salue Marie

Quand mon propre temps récent s’écrivit en rudesse, laisser l’amour simple de cette prière irriguer mon existence comme autant de mots doux jetés vers le ciel.

Je vous salue Marie…

Les mots glissent autour de moi comme les grains dans les mains,

Les intentions s’égrènent aussi, à la même cadence, j’en suis certaine, dans le secret des cœurs.

Je vous salue Marie

Mélopée bien rythmée, mélopée d’humilité qui prend le temps de dire chaque mot : pas de course au chapelet fini ici.

Et peu à peu, au fil de la prière, il semble que les voix, pourtant si différentes, soient moins dissonantes : comme un accord secret, harmonique, né de la prière…

L’Ave, une mélopée d’unité.

 

Je vous salue Marie, comblée de grâce

Peut-être que c’est cette grâce dont Marie est comblée qui est toujours la clef de ce genre de prière : elle est donnée gratuitement, avec, pour et souvent malgré nous ;

Elle peut être désir de nos âmes mais elle est toujours don de Dieu : à recevoir à demander.

Je vous salue Marie, comblée de grâce

Pour que la grâce vienne toujours plus habiter chacune de nos opacités et de celles de nos frères,

Pour nous rendre transparents à Lui,

Pour nous rendre transparents de Lui.

 

mercredi, mai 10 2017

Ne laisse pas un seul jour filer sans aimer

 

"Pierre poursuit :
'Le cérébral est l'ennemi du coeur. Tu ne viendras pas à la foi par l'intelligence. Par les livres, la philosophie, la théologie. Je crois que l'intellectuel ne voit que la pointe émergée de l'iceberg. Alors qu'avec le coeur, je dépasse mes schémas. Les murs tombent, un à un, par pans entiers.
- Cela peut etre si dur à entendre. On a parfois l'impression que ceux qui croient sont déconnectés, ou bien qu'ils se rassurent.' 

Pierre sourit doucement.
'Croire, c'est faire le passage de l'intellect à la réalité, à l'expérience. Ce n'est pas une échappatoire ou une fuite. Au contraire. La foi est une épreuve de la réalité. Il faut éprouver pour aimer. Regarde, Dieu s'est fait homme, Il a épousé la condition de l'homme poru éprouver sa réalité. Et l'aimer jusqu'au bout.' 

Le regard de Pierre verse dans le vide. Comme s'il fouillait à l'intérieur. Après un léger silence, il reprend : 'L'intelligence du coeur, voilà le grand réalisme. Ne pas laisser un seul jour filer sans aimer. Lorsqu'on lui demandait : Que faut-il à un prêtre pour qu'il garde toute sa ferveur ? Le curé d'Ars répondait : Il devrait rester au séminaire toute sa vie. Le désir de Dieu dépasse l'intelligence.'" 

In Pierre Adrian, Des âmes simples, p.65-66

 

https://lh4.googleusercontent.com/_AHBH87Dm6karixX1rydBCOlr41VDgQ8vtLavGo8_cUyldKOZ-s3TL_RyrNtpmf_MxRwc-_a1qREiLw=w1198-h754

 

jeudi, décembre 22 2016

Du texte et de l'image

http://musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/chagall/sites/musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/files/styles/object_slider/public/img_6.jpeg?itok=5E0hGCtb

En lien avec les deux précédents post, pour ceux qui ont demandé en commentaire ou en privé : 

- Le lien vers l'homélie de mon évêque à l'occasion de ma consécration (l'Evangile était celui des Béatitudes). 

- L'album photos mis sur Facebook par le diocèse

 

Mais l'essentiel est surtout la profonde joie que donne le Seigneur ! :-D 

 

mercredi, novembre 30 2016

Et si d'Avent(ure) priant(e)

Avent. 

Silence d’attente

Qui affute et apaise le cœur encombré,

Pour qu’il soit vif, aux aguets, tourné vers Toi.

 

Chaleur réconfortante,

De ce temps juste avec Toi :

A prendre pour moi

Comme à prendre pour tous ceux qui, dans le froid, ne le peuvent pas. 

Oraison et intercession. 

 

Silence d’écoute de Ta parole,

Silence qui s’allonge de la lectio,

Pour aimer et pour agir,

Un peu, ou moins mal,

Ici et dehors.

 

Silence de la prière,

A écouter ce silence intérieur et ce qui s’y murmure,

Silence de préparation,

Silence pour être agi(s) par Toi,

Silence de veille : 

Prière simple de l’Avent.

 

Et si les frimas n'étaient qu'une invitation à aller au plus intime de nous-mêmes ? 

Et si le froit de l'hiver s'installant n'était nullement une invitation à un repli mais plutôt à retrouver , après avoir servi nos frères, l'interior intimo meo, bref, Celui qui est plus intime à moi-même que moi-même ? 

Et si l'Avent était bien un moment privilégié où Tu nous glissais au coeur ces "je t'aime, tu sais" dont Tu as le secret ? 

 

mardi, septembre 6 2016

Mon petit Arabe du coin

http://assets.streetpress.com/system/files/18466/original/epicerie-arabe-paris.png?1348675865

Tête-en-l'air comme je suis, il est fréquent que je recoure aux services du petit magasin en bas de chez moi, mon voisin du dessous, un "Arabe du coin". Qui me connaît mal tique à cette appellation, qui me connaît bien en sourit tant il s'agit d'une appellation générique, presque d'une "marque", que d'un clin d'oeil à Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. 

En fait, mon petit "Arabe du coin", bien plus qu'une marque ou une appellation, c'est surtout pour moi une personne, en chair et en os, ou plutôt une famille qui se relaie pour le tenir, même. Je les aime bien. 

Avant-hier, j'ai particulièrement souri : il y avait une affiche d'inscription au catéchisme sur la porte ! 

Avec mon Arabe du coin, que cela soit clair, on ne se parle pas directement religion : il est évident qu'on ne serait pas d'accord et que ce ne serait pas très intéressant de se bombarder à coups de dogmes ! Il est musulman, je suis catholique. Et c'est clair pour l'un comme pour l'autre. 

Mais nous avons appris depuis 2 ans 1/2 à faire connaissance, un peu, à chaque fois... Touche après touche, avec délicatesse. 

On ne se connaît pas très bien, non, mais nous connaissons bien nos sourires respectifs, qui existent même quand on se salue de loin de la main. Et dans ces quelques mots que nous échangeons à chaque fois affleure toujours beaucoup d'humanité. 

 Je savais quand ils faisaient le Ramadan ; 
Eux, ils savaient que j'allais aux JMJ et m'ont demandé des explications sur ce que c'était. 

Avec eux, que je vienne en mode "fonctionnaire laïc" ou en mode "catho à la croix ostensible au tee-shirt portant un message biblique", peu importe... même si je les suspecte d'ailleurs de préférer quand je porte une croix visible. 

Chez mon Arabe du coin, quand j'achète ma boîte d'oeufs que zut, j'ai oubliée en faisant mes grosses courses, on partage surtout quelques mots simples sur les petites beautés de la vie ;
Je ne voudrais pas m'avancer mais je soupçonne sérieusement le Bon Dieu d'aimer se glisser dans les sourires que nous échangeons. 

 

dimanche, avril 24 2016

Le syndicat de la contemplation ou la marche comme une manière d'habiter le temps autrement

https://scontent-fra3-1.xx.fbcdn.net/hphotos-xfp1/v/t1.0-9/13006600_10154137105311133_4669850494553460265_n.jpg?oh=aa93c631acc7ac4357ddf24e7d7676e0&oe=57B286AE

Cette première semaine de vacances, je suis partie poursuivre la via Francigena durant trois jours. Voici un écrit "à chaud" lors de mon retour dans le métro :  

 

Dans le métro, être saisie face au spectacle des gens, tristes pour la plupart, qui courent au rythme effréné du « métro-boulot-dodo »… Dieu est là aussi, j'en suis sûre et certaine. Dieu est là avec chacun d'entre eux. 

Mais qu’il est bon aussi d’apprendre à faire un détour pour regarder une fleur qui naît et grandit en ce beau printemps !

La marche, c’est le contretemps de la cadence infernale, c’est se donner du temps, c’est s’offrir du temps pour être mieux présente. C’est prendre le temps de se sentir pleinement humaine : petite et grande dans la Création, pas un simple rouage d’une entreprise mais bien enfant bien-aimée du père, Le louant dans la splendeur de Son œuvre qui est donnée.

Marcher, c’est se rappeler plus intensément que tout est grâce. Marcher, c’est un temps de gratuité… j’aimerais que chacun puisse avoir la joie de bénéficier de moments comme ceux-là pour être plus humains dans une société qui a tendance à broyer les êtres dans un utilitarisme forcené. C’est peut-être mon seul côté « syndicaliste » de prof : je suis foncièrement une syndicaliste de la contemplation… Réapprendre le cadeau de la gratuité de la vie, et respirer, et souffler, et vivre à pleins poumons. Et rendre grâce. 

vendredi, mars 11 2016

En écho de poursuite sur le baptême

Pour poursuivre sur le baptême... 

A destination toute particulière de mes amis qui ont récemment fait baptiser ou feront baptiser dans les prochains mois leur enfant. Et @ tous aussi, bien sûr ! ;) 

 

"Nous pouvons déjà dire à propos de cette vie que ce n'est pas elle qui vit, mais le Christ en elle. Nous trouvons ici déjà ce qui deviendra manifeste tout au long d'une vie tant bienheureuse qu'amère : le mystère de DIeu, qui est l'amour. <...> Nous sommes là comme face à un précipice : dépourvus de sonde pour mesurer sa profondeur, pas le moindre petit son n'en sort, et rien pour la combler : l'être humain, iménétrable. Mais déjà, petit à petit, sans bruit, sans violence, sans refouler la moindre chose, l'immensité de l'amour de Dieu le comble doucement et silencieusement. Un mystère en appelle un autre : le mystère de l'homme, celui de Dieu ; le mystère de Dieu, celui de l'homme. <...> Par le baptême, l'immensité de Dieu pénètre, en accordant grâce et accomplissement, le mystère de l'homme qui s'engage dans les étendues de sa propre existence." 

Karl Rahner, Les sacrements de l'Eglise, 1987

 

- page 1 de 5