Zabou the terrible

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Mot-clé - Douceur

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jeudi, décembre 22 2016

Du texte et de l'image

http://musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/chagall/sites/musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/files/styles/object_slider/public/img_6.jpeg?itok=5E0hGCtb

En lien avec les deux précédents post, pour ceux qui ont demandé en commentaire ou en privé : 

- Le lien vers l'homélie de mon évêque à l'occasion de ma consécration (l'Evangile était celui des Béatitudes). 

- L'album photos mis sur Facebook par le diocèse

 

Mais l'essentiel est surtout la profonde joie que donne le Seigneur ! :-D 

 

mercredi, novembre 30 2016

Et si d'Avent(ure) priant(e)

Avent. 

Silence d’attente

Qui affute et apaise le cœur encombré,

Pour qu’il soit vif, aux aguets, tourné vers Toi.

 

Chaleur réconfortante,

De ce temps juste avec Toi :

A prendre pour moi

Comme à prendre pour tous ceux qui, dans le froid, ne le peuvent pas. 

Oraison et intercession. 

 

Silence d’écoute de Ta parole,

Silence qui s’allonge de la lectio,

Pour aimer et pour agir,

Un peu, ou moins mal,

Ici et dehors.

 

Silence de la prière,

A écouter ce silence intérieur et ce qui s’y murmure,

Silence de préparation,

Silence pour être agi(s) par Toi,

Silence de veille : 

Prière simple de l’Avent.

 

Et si les frimas n'étaient qu'une invitation à aller au plus intime de nous-mêmes ? 

Et si le froit de l'hiver s'installant n'était nullement une invitation à un repli mais plutôt à retrouver , après avoir servi nos frères, l'interior intimo meo, bref, Celui qui est plus intime à moi-même que moi-même ? 

Et si l'Avent était bien un moment privilégié où Tu nous glissais au coeur ces "je t'aime, tu sais" dont Tu as le secret ? 

 

mardi, septembre 6 2016

Mon petit Arabe du coin

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Tête-en-l'air comme je suis, il est fréquent que je recoure aux services du petit magasin en bas de chez moi, mon voisin du dessous, un "Arabe du coin". Qui me connaît mal tique à cette appellation, qui me connaît bien en sourit tant il s'agit d'une appellation générique, presque d'une "marque", que d'un clin d'oeil à Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. 

En fait, mon petit "Arabe du coin", bien plus qu'une marque ou une appellation, c'est surtout pour moi une personne, en chair et en os, ou plutôt une famille qui se relaie pour le tenir, même. Je les aime bien. 

Avant-hier, j'ai particulièrement souri : il y avait une affiche d'inscription au catéchisme sur la porte ! 

Avec mon Arabe du coin, que cela soit clair, on ne se parle pas directement religion : il est évident qu'on ne serait pas d'accord et que ce ne serait pas très intéressant de se bombarder à coups de dogmes ! Il est musulman, je suis catholique. Et c'est clair pour l'un comme pour l'autre. 

Mais nous avons appris depuis 2 ans 1/2 à faire connaissance, un peu, à chaque fois... Touche après touche, avec délicatesse. 

On ne se connaît pas très bien, non, mais nous connaissons bien nos sourires respectifs, qui existent même quand on se salue de loin de la main. Et dans ces quelques mots que nous échangeons à chaque fois affleure toujours beaucoup d'humanité. 

 Je savais quand ils faisaient le Ramadan ; 
Eux, ils savaient que j'allais aux JMJ et m'ont demandé des explications sur ce que c'était. 

Avec eux, que je vienne en mode "fonctionnaire laïc" ou en mode "catho à la croix ostensible au tee-shirt portant un message biblique", peu importe... même si je les suspecte d'ailleurs de préférer quand je porte une croix visible. 

Chez mon Arabe du coin, quand j'achète ma boîte d'oeufs que zut, j'ai oubliée en faisant mes grosses courses, on partage surtout quelques mots simples sur les petites beautés de la vie ;
Je ne voudrais pas m'avancer mais je soupçonne sérieusement le Bon Dieu d'aimer se glisser dans les sourires que nous échangeons. 

 

dimanche, avril 24 2016

Le syndicat de la contemplation ou la marche comme une manière d'habiter le temps autrement

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Cette première semaine de vacances, je suis partie poursuivre la via Francigena durant trois jours. Voici un écrit "à chaud" lors de mon retour dans le métro :  

 

Dans le métro, être saisie face au spectacle des gens, tristes pour la plupart, qui courent au rythme effréné du « métro-boulot-dodo »… Dieu est là aussi, j'en suis sûre et certaine. Dieu est là avec chacun d'entre eux. 

Mais qu’il est bon aussi d’apprendre à faire un détour pour regarder une fleur qui naît et grandit en ce beau printemps !

La marche, c’est le contretemps de la cadence infernale, c’est se donner du temps, c’est s’offrir du temps pour être mieux présente. C’est prendre le temps de se sentir pleinement humaine : petite et grande dans la Création, pas un simple rouage d’une entreprise mais bien enfant bien-aimée du père, Le louant dans la splendeur de Son œuvre qui est donnée.

Marcher, c’est se rappeler plus intensément que tout est grâce. Marcher, c’est un temps de gratuité… j’aimerais que chacun puisse avoir la joie de bénéficier de moments comme ceux-là pour être plus humains dans une société qui a tendance à broyer les êtres dans un utilitarisme forcené. C’est peut-être mon seul côté « syndicaliste » de prof : je suis foncièrement une syndicaliste de la contemplation… Réapprendre le cadeau de la gratuité de la vie, et respirer, et souffler, et vivre à pleins poumons. Et rendre grâce. 

vendredi, mars 11 2016

En écho de poursuite sur le baptême

Pour poursuivre sur le baptême... 

A destination toute particulière de mes amis qui ont récemment fait baptiser ou feront baptiser dans les prochains mois leur enfant. Et @ tous aussi, bien sûr ! ;) 

 

"Nous pouvons déjà dire à propos de cette vie que ce n'est pas elle qui vit, mais le Christ en elle. Nous trouvons ici déjà ce qui deviendra manifeste tout au long d'une vie tant bienheureuse qu'amère : le mystère de DIeu, qui est l'amour. <...> Nous sommes là comme face à un précipice : dépourvus de sonde pour mesurer sa profondeur, pas le moindre petit son n'en sort, et rien pour la combler : l'être humain, iménétrable. Mais déjà, petit à petit, sans bruit, sans violence, sans refouler la moindre chose, l'immensité de l'amour de Dieu le comble doucement et silencieusement. Un mystère en appelle un autre : le mystère de l'homme, celui de Dieu ; le mystère de Dieu, celui de l'homme. <...> Par le baptême, l'immensité de Dieu pénètre, en accordant grâce et accomplissement, le mystère de l'homme qui s'engage dans les étendues de sa propre existence." 

Karl Rahner, Les sacrements de l'Eglise, 1987

 

mercredi, janvier 27 2016

Cesse ton bavardage !

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Tu sais, je râle souvent après eux de leurs bavardages incessants ;
Surtout eux, là, ces petits 6èmes qui commencent à prendre leurs aises :
Sans me lasser, je leur demande le silence et leur en rappelle l'intérêt,
Et ce matin encore lors d'un travail en petits groupes, en ajoutant : "C'est pour apprendre à vous écouter !"

Apprendre à écouter... j'en ai pris soudain moi-même pour mon matricule en pensant à ma prière :
 Tu sais bien, Seigneur, quand il y a des périodes où tout se superpose,
Comme je peine à prendre ces temps pour Toi : oh, je prie, je les prends ces moments, oui...
Mais, dans le fond, n'est-ce pas simple babillage intérieur dans tout les sens ? 

N'ai-je pas le coeur trop plein de préoccupations pour T'écouter ? 

Je sais bien que ce n'est pas le résultat qui fait la qualité d'une prière,
Mais je crois que le silence attentif, tendu d'attention aimante est nécessaire pour écouter,
Pour garder la saveur d'une rencontre unique
Et moi, où en suis-je ? 

Le silence dans la prière, il ressemble au blanc du fond d'une page qui rend possible de voir les mots ; 
Le silence dans la prière, il est semblablement ce qui permet aussi à ce qui est lumière de se détacher de ce qui est grisâtre, de ce qui est brouhaha du jour, de nos bavardages intérieurs qui, parfois, ne valent pas mieux que ceux de nos élèves ; 
Le silence dans la prière, on ne le voit pas mais on l'écoute, ou tout au moins on apprend à l'écouter, parce que Dieu s'y révèle souvent doucement,
Avec la délicatesse aimante de Celui qui préfère chacun. 

samedi, janvier 16 2016

Conter Cana

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Raconter, conter Cana ?

Je l’ai fait assez récemment, à l’école de prière… Je n’aurais pas très envie de le refaire de suite, sinon ce serait un peu une redite. Ou il faudrait que, au lieu de me mettre dans la peau de la très jeune cousine des mariés de la noce qui observe tout à moitié planquée comme je l’avais fait (avec force nattes sur la tête… !), je me trouve un autre personnage. Je n’ai pas très envie de le réimaginer tout de suite et pourtant, je dois avouer que c’est un exercice spirituel extrêmement enrichissant que s’entraîner à « vivre » pour « dire » une scène de l’Évangile.

 

Ce qui serait vraiment fabuleux, ce serait d’avoir un récit polyphonique d’une de ces scènes, Cana ou autre. Un peu comme un exercice de style, où toutes les voix viennent se superposer pour raconter une même histoire d’un point de vue différent. Là, ce ne serait pas un exercice de style, ce serait une actualisation de la scène : la laisser se jouer devant nous, dans toute son épaisseur.

Ce qui serait intéressant, ce serait de se glisser tour à tour dans la posture de tous les personnages, sans en oublier un seul. De nous laisser surprendre, interroger par ce qui se passe…

 

Le seul dont nous n’aurions pas le point de vue, ce serait le Christ.

Qui oserait prétendre connaître Ses pensées ?

Il y aurait presque quelque chose de blasphématoire à oser Lui prêter une pensée qui ne serait que partielle, incomplète, trop humaine.

 

Mais, à avoir les pensées des autres personnes, Il n’en ressortirait alors que plus fortement : dans Son attitude, dans Ses gestes, dans Son attention, dans Ses Paroles…

Chacun des convives de la noce nous dévoilerait un peu plus Son mystère : ce serait beau. Nous serions éveillés à Sa dimension par les regards qui se croisent, tous convergents autour de Lui.

 

Une manière comme une autre de mieux Le regarder.

Et peut-être surtout à la fin, en n’oubliant pas le regard que le Christ aura forcément posé sur nous lors de ce repas. Ce regard premier.

Car Il a fait un miracle, mais un geste somme toute dérisoire : si le vin, et encore plus le bon vin, est un élément d’un bon repas, est-il vraiment si central ?

Mais le Christ veut participer à nos soucis même les plus triviaux pour y faire résider Sa joie, une ivresse bien plus vivifiante que celle de l’alcool.

Et je crois ainsi que, quel que soit le personnage dont j’aurais cette fois choisi d’adopter le point de vue, je n’aurais vraiment pas quitté le conte sans m’être laissée regarder par Lui.

La robe de rubis du vin, c’est le prétexte de Sa tendresse dont Il nous enveloppe ;

Je ne peux que L’imaginer regardant avec un infini amour chacun des convives de ce repas où Il aura voulu rendre la joie, et nous dire que notre joie n’est jamais étrangère à la Sienne.

 

samedi, décembre 12 2015

Les chiens aboient La Caravage passe

Période chargée où le temps glisse ; Période troublée où les mots peinent parfois à trouver leur chemin... Et puis cette anecote qui va bon son chemin et qu'on a envie de narrer. Brute, sans syncrétisme ni morale.  

C'est le projet d'une année avec cette classe de 6ème : croiser l'art et la religion, en mélangeant trois matières et les quelques connaissances de trois professeurs. 

Une piste d'entrée pour commencer aujourd'hui : quelques oeuvres d'art à préparer aidés par les professeur puis à présenter par groupes. Et notamment, celle-ci : 

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Le Sacrifice d'Isaac du Caravage. 

Ce n'était pas tout à fait innocent comme choix : une scène qui se retrouve dans les trois grands monothéismes.  

Le groupe commence sa présentation : l'oeuvre, les couleurs, les lignes, la spirale du regard... et puis les personnages, la scène et un essai d'interprétation. Puis vient enfin le temps des questions des autres élèves au groupe qui présente : 

- J'ai pas compris, c'est quelle scène ? 

- Bah, c'est simple en fait, c'est la naissance de l'Aïd ! 

- C'est l'islam alors ? 

Un autre élève : "Nan, c'est chrétien Isaac !".

Avec ma collègue présente, nous intervenons en nous répondant naturellement : oui la scène est commune aux trois monothéismes. Non, ce n'est ni musulman, ni chrétien, ni juif. 

Et, surtout : "oui, ce qui est beau, c'est que vous connaissez tous l'histoire selon votre foi, avec des noms de personnages différents... et que, pourtant, vous y voyez tous la même chose !"

Un beau silence régnait à ce moment-là : un peu de savoir, beaucoup de paix. 

Et je crois que cela fait partie des moments qui font du bien...
Où je ne peux qu'imaginer Dieu, devant nos efforts balbutiants de paix, en train de nous sourire avec une infinie tendresse. 

mercredi, décembre 2 2015

Au-delà des "pourquoi" ? L'Autre Dieu

http://www.laprocurelyon.com/wp-content/uploads/2014/12/lautre-Dieu.jpg

- Pourquoi ? 

- .... " 

Face à la souffrance, nos mots achoppent mais ils ne sont pas les seuls : souvent, c'est notre raison qui défaille. 

Pourquoi ?

Quel intellect normalement constitué pourrait donner une réponse qui soit et sonne juste à tous ces malheurs, à toutes ces souffrances ? Qui sait réellement parler au chevet d'un enfant entre la vie et la mort ? 

Certains prient, certains se taisent, certains lèvent un poing rageur vers le ciel : d'autres  encore font les trois. 

Cette détresse de l'homme qui souffre, Marion Muller-Colard en a fait l'expérience devant son enfant entre la vie et la mort d'une manière encore plus aigüe que celle qu'elle avait déjà côtoyée en tant qu'aumônier d'hôpital. 

Dans cette catabase jusqu'aux tripes d'elle-même, jusqu'au plus profond de son amour, elle s'est perdue...

Elle a pourtant écouté, elle a prié, elle a relu son expérience et, avec ses connaissances de théologienne protestante, elle a aussi relu le livre de Job. Alors, des échos dans sa vie se sont faits entendre et elle a pris la plume pour nous les écrire avec une légèreté qui ne perd jamais sa profondeur. 

Dans une méditation avec Job, elle-même et le Seigneur, elle nous fait passer de la plainte, à la menace jusqu'à la grâce. Oh, pas avec des simplifications, non, mais avec la simplicité de la vie et de la foi, tournée vers le don de la vie. Elle ne répond pas aux "pourquoi", elle les dépasse, faisant s'écrouler notre paradigme si bien ancré qu'on n'ose se l'avouer d'un système rétributif entre nos actes et ce qui nous arrive et nous ouvrant en douceur à la grâce et à l'accueil vivant que nous pouvons en faire. 

 

Je cite son épilogue - comme je pourrais citer tant de passages de son beau livre : 

 

"J'aimerais être cette femme de foi, enracinée dans la Parole première d'un Dieu qui me préfère à rien et m'invite avec lui à poser des limites au chaos. J'aimerais prendre le relais du Shaddaï dans mes errances intérieures, et savoir dire à mon amertume : ça suffit ! Rien n'est dû, tout est donné. Quoi qu'il arrive, réjouis-toi que le soleil, chaque matin, se lève sur le monde et nvite tous les désespérés à brandir avec lui une opposition inconditionnelle à la nuit." 

 

Voilà, cela s'appelle L'Autre Dieu, c'est écrit par Marion Muller-Colard aux éditions Labor et Fides, cela fait tout juste 112 pages et si vous voulez vous prendre un bon coup de foi qui vient ouvrir un coin de plus chez vous à la grâce, eh bien, lisez-le. Vraiment. 

 

jeudi, novembre 26 2015

Mieux que la langue de buis

 

Parce qu’il est besoin de douceur en ce monde, particulièrement en ce temps,

Comme une grande envie de vous recommander l’ouvrage de l’ami Edmond : le Jargonnier catholique !

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Des signes par milliers pour des mots cathos à foison,

Des entrées sympatoches aux mots si habilement choisis pour porter juste,

Une manière de dire que Dieu nous accueille en sa maison pour former un peuple de frères.

On sait que Lui, le Seigneur, veut notre bonheur mais aussi Edmond, j’en veux pour exemple la si délicate définition de bilocation qui est, je crois, celle que je préfère :

 

Bilocation (n.f.) : Capacité très amusante à se trouver à deux endroits au même moment. L’histoire chrétienne comporte deux exemples particulièrement fameux de cette propriété : saint Padre Pio et la quasi-totalité des fidèles durant l’homélie.

 

Au-delà des remarques souvent caustiques, la foi filtre toujours… d’un clin-Dieu bien appuyé ou d’une finesse qui nous tourne d’un coup vers Lui.

Certes, c'est peut-être plus adaptés aux "prochains" qu'aux - en apparence - lointains... mais que c’est doux et bon ! 

 

A l’aube nouvelle de l’Avent,

Comme un grand champ à moissonner de sourires.

N’hésitez plus !

 

P.S. : pardon, je n’ai pas pu m’en empêcher…

 

samedi, octobre 31 2015

Quelques béatitudes de simplicité

 

  Heureux es-tu toi qui sais ouvrir la journée d’un signe de croix et d’un sourire – ce n’est pas antinomique – comme l’axe sur lequel tu souhaites déployer ta journée : ta journée s’en embellira en profondeur ;

 

Heureux es-tu toi qui sais prendre le temps pour faire chaque chose, simplement mais bellement, sans courir ni faire à moitié : tes petits actes prendront le reflet d’un amour bien plus grand ;

 

Heureux es-tu qui fais le travail qui t’est confié sans trompette ni tambour et, dans le même temps, sans jamais le bâcler : en fidèle serviteur, tu entreras dans la joie de ton maître ;

 

Heureux es-tu toi qui sais adopter sur le monde et sur tes frères un regard inhabitué, sans les enfermer dans ce que tu as déjà vu d’eux : ton cœur saura s’ouvrir aux pauvretés de l’existence tandis que tu n’auras certainement jamais fini de t’émerveiller ;

 

Heureux es-tu toi qui sais admirer : ta vie tout entière apprendra à être action de grâce !

 

Heureux es-tu toi qui sais écouter l’autre en profondeur et non pas seulement ce que tu as envie d’entendre : tu croîtras chaque jour plus en sagesse ;

 

Heureux es-tu toi qui réussis à ne jamais maudire mais à voir le beau en chacun : ces « lunettes de Dieu » s’imprimeront chaque fois plus en ton être jusqu’au plus profond de ton cœur ;

 

Heureux es-tu toi qui te lances chaque jour un peu hasardeusement dans la prière : le Seigneur te recevra et te guidera avec douceur dans l’intimité avec Lui ;

 

Heureux es-tu toi qui choisis le Christ comme maître de ton existence : l’aventure au large de ton histoire d’amour n’aura jamais de fin.

 http://www.blogforiowa.com/wordpress/wp-content/uploads/beatitudes.jpg

lundi, août 3 2015

Vacance(s) et présence

 

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C’est drôle, ce besoin de s’éloigner pour se recentrer,

Ce besoin de marcher pour mieux s’arrêter sur le quotidien,

Ce besoin de s’élever pour mieux contempler,

Ce besoin de changer de rythme pour reprendre une juste cadence,

Ce besoin d’être seul(e) pour mieux rencontrer,

Ce besoin de rencontrer, pour savoir être seul(e),

Ce besoin de se taire pour mieux écouter et mieux parler.

 

C’est drôle, toutes ces recherches et tous ces constats presque contradictoires tendus vers Toi, Seigneur,

Alors même que Toi, Lumière, où qu’on soit, Tu es toujours là.

 

mardi, juin 16 2015

Il est toujours l'Heure de l'alphabet

 

http://www.abbaye-saint-hilaire-vaucluse.com/images_liturgie_des_heures/HORA.jpg

 

En entrant au fil des mois et des années dans une régularité plus grande de prière de la Liturgie des Heures, je m’aperçois combien les psaumes se mettent à s’ancrer en ma tête et, de là, à irriguer tout mon quotidien sans que je l’aie recherché.  

 

Dans la prière elle-même, bien sûr ; mais aussi dans diverses situations de la vie. Je me suis surprise à penser avec joie lors d’une nouvelle inattendue il y a une dizaine de jours :

 

« Devant l’ouvrage de Tes mains, je m’écrie :

Que tes œuvres sont grandes Seigneur,

Combien sont profondes tes pensées ! » (ps. 91)

 

Et ainsi de suite… Il n’est pas rare qu’un verset me vienne facilement en tête, au détour d’une situation, comme pour m’aider à l’habiter de Dieu.

 

C’est peut-être pour cela que la Liturgie des Heures est parfois exaltante, parfois lourdement ânonnante : elle est comme la récitation d’un alphabet particulier, celui des psaumes, qui nous offre les mots pour dire et vivre mieux Dieu en nos vies.

 

jeudi, avril 30 2015

Miroir déformant ?

 

Y a pas que les copies dans la vie... Y a l'aide à la sacristie ! #nettoyageprintemps

 

Essuyer délicatement et avec soin des taches de cire venues on ne sait comment sur ces deux vases sacrés ;

Les laisser à côté de l'amas des copies corrigées... comme un fruit du travail de l'homme (!) ; 

Contempler, amusée, sur leur surface mon visage quelque peu déformé, flou, pas net... mais où l'on me reconnaissait quand même ;

Et s’il en était un peu de même de l’image de Dieu en moi ?

Et mon "moi" d'être peut-être comme un miroir à polir et à laisser se colorer de manière personnelle pour qu’il se fasse vitrail.

 

samedi, avril 18 2015

Hyacinthe et Rose

Les données initiales sont simples : elle est dévote, il est coco et athée. Une passion commune, unique : les fleurs. Elle et il ? Les grands-parents de François Morel, qu'il "raconte". 

Un livre sur le pouvoir des fleurs (jaaaaaasmin, lilaaaaaa), façon baba cool ? Que nenni ! Des clefs des champs se trouvent comme semées chez les personnages qui traversent le livre : 

Il y a le curé, leur curé, qui parle des fleurs avec cette abondance qu'on adopte parfois maladroitement quand on aborde un sujet qui nous tient tellement à coeur qu'il nous étreint et qu'on préfère cacher notre émoi, en le noyant sous les informations ou sous une réaction trop brusque ; 

Il y a le jeune narrateur recevant une leçon de vie, de langage amoureux par les fleurs qu'il lui est impossible de retenir... Parce que, sans le coeur, rien n'est juste. 

Les fleurs dégagent leur fragrance au fil des pages et parlent de l'amour qu'il n'est jamais possible de dire pleinement, quel que soit celui qui (é)meut notre vie. 

Un livre plein de tendresse... Merci pour cette douce promenade champêtre à saveur cachée d'Essentiel, David

 

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mardi, mars 24 2015

Le Carême, c'est comme (2015#2)

 

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Le Carême, c'est comme apprendre à mieux distinguer le ciel, à travers tous les contrastes de nos existences. 

 

dimanche, mars 8 2015

Je(u) de regard sous Son regard

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L'onction de Béthanie / Le lavement des pieds  (Rupnik)

 

Regard baissé de celui qui a honte,

Regard dans le vague de l’élève qui rêvasse loin du cours,

Regard étincelant de celui qui a la réponse et qui veut la dire,

Regard pétillant de celui qui a une bonne réplique en stock ou un amour au cœur…

 

Tous ces regards divers, ceux que nous croisons ou offrons chaque jour ; 

Jeux de regards qui nous mettent en relation, avec celui qui est connu, comme celui qui est inconnu,

Regard sensible, regard invisible, regard du cœur…

Ou absence de regard : indifférence ou honte ?

 

Regard, premier rapport au monde :

Qu’est-ce que ou qui est-ce que je regarde ?

Comment est-ce que je regarde ?

 

La semaine dernière, ce fabuleux récit de la transfiguration : « ils ne virent plus que Jésus seul » : regard lumineux sur le Christ ;

Et, cette semaine, voir le Christ chasser les marchands du temple : notre regard… attristé, choqué ?

Et si ce n’était encore qu’une invitation à ne voir plus que Jésus seul plutôt que nos petits intérêts personnels ?

Une invitation à Le regarder Lui, avant tout ?

Lui qui pose sans cesse Son regard sur nous ?

 

Regard du Christ, regard d’amour posé sur nous ;

Regard du priant, levé vers le Christ ;

 

Regard du chrétien : dans le regard d’amour du Christ, longuement contemplé et vécu dans la prière,

Puiser un regard vrai, juste, qui ne se détourne pas, qui ne juge pas, qui n’exclut pas ;

Puiser notre regard dans le Sien, pour regarder le monde, tout le monde ; 

Regarder le monde selon Lui, pour le transfigurer.  

 

mercredi, février 18 2015

Comme un trésor inconnu

 

- Bonjour mes sœurs !

Elles sont quatre, chacune portant le poids de l’âge inscrit sur leur visage mais avec de beaux regards clairs, francs et pétillants.

Il faut passer par la buanderie où traîne une table à repasser pour découvrir le trésor pour qui elles ont tout quitté, leur trésor : un petit oratoire soigneusement entretenu, une lampe brillant devant un tabernacle.

Rien d’ostensible, tout d’essentiel.

 

Elles, ce sont les sœurs qui nous ont accueillis pour un soir lors d’une journée de marche impromptue sur la via Francigena entre Clairvaux et Châteauvillain.

Des religieuses ayant un apostolat bien particulier : l’accueil des familles des prisonniers de la centrale d’en face. Car elles ont la particularité d’avoir un curieux voisinage : la magnifique abbaye fondée par saint Bernard, la terrible prison qui y existe depuis plus de deux siècles.

En face, il y a des murs et des hommes ayant commis des actes atroces.

Chez elles, il y a des familles, les familles de ces hommes, rudement touchées… alors qu’on y pense si peu.

 

Elles, ce sont les sœurs qui ont raconté à deux petits pèlerins chrétiens des anecdotes de vie pleines d’humanité.

Elles, ce sont les sœurs qui ont partagé avec simplicité ce qu’elles côtoient, chaque jour : horreur, détresse et espérance.

Elles, ce sont des sœurs qui nous ont touchés par ce que leurs actes et leurs vies disent de la grâce de Dieu :

Rien d’ostensible, tout d’essentiel.

 

C’est en partageant avec elles le repas, le pain et puis la prière, surtout la prière, en frère et sœur du jour, bréviaires en main et croix autour du cou, aux Complies puis aux Laudes, que nous pouvions reconnaître leur trésor, ce – ou plutôt Celui - qui fait la force et l’unité de leur vie.

 

Sur leur tabernacle, il y avait écrit : Ecce agnus Dei.  

Dans leur tabernacle, Lui. 

Comme pour Le reconnaître, en tous ;

Comme pour Le désigner, à tous.

 

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Icône de leur salle à manger

 

samedi, février 14 2015

Les Ignorants, récit d’une initiation croisée

 

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En ce début de vacances, quelques mots sur une autre B.D. lue récemment : Les Ignorants, récit d’une initiation croisée par Étienne Davodeau.

 

Là encore, l’histoire est simple : d’un côté, le monde de l'auteur, celui de la bande dessinée ; de l’autre celui du vin… « artisanal », d’un amoureux de la vigne. Étienne et Richard se rencontrent, rencontrent leurs vies, leurs univers dans une vraie plongée réciproque et croisée : l’histoire est efficace, tout autant que le dessin, très sobre, qui la double.

 

Ce sont deux univers qui m’attirent sans que je m’y connaisse vraiment et, de manière plus générale, j’aime les passionnés, ceux qui sont capables de se donner à fond : c’est le cas de ces deux-là et c’est vraiment appréciable. Le rythme est lent, comme pour nous faire sentir la nécessité des saisons et de leur succession pour les plus belles maturations. On a presque envie de le lire en dégustant un bon vin ! 

 

C’est un bel album, réussi, vraiment, sur une magnifique idée ! Seulement… je reste tout de même un peu sur ma faim – ou peut-être devrais-je dire sur ma soif ? –. Dès le début, on se doute des chemins empruntés par cette « initiation croisée » : pas de chemins de traverse, des parallèles prévisibles et, moi, j’aime qu’on me surprenne… Peut-être Étienne Davodeau pèche-t-il donc par excès dans sa volonté de nous faire comprendre toute la force de sa découverte : quelques petits éléments auraient pu gagner à n’être qu’esquissés… Mais cela reste un ouvrage charpenté et gouleyant !

 

lundi, février 2 2015

Fête de la Présentation de Jésus au Temple

Laudes en solitaire, un café brûlant sur le bureau, en contemplant le jour doucement se lever ; 

Sortie éreintante mais si belle au Louvre avec mes piou-piou de 6èmes si "inhabitués", si émerveillés ; 

Vêpres de la fête, priées dans la simplicité avec un grand ami prêtre ; 

Messe lumineuse, dans tous les sens du terme ; 

Soirée crêpes à dimension inhabituelle avec des amis. 

 

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Est-il besoin d'autre chose pour chanter avec Syméon : 

"Car mes yeux ont vu le Salut

Que tu préparais à la face des peuples ; 

Lumière qui se révèle aux nations...

Aux nations, à chacun de nous, en fait, 

Y compris dans l'ordinaire des jours mais où, l'esprit peut-être rendu plus aux aguets par la fête liturgique, nous chercons à mieux capter la Lumière... 

Lumière que Tu nous offres, 

Pour que nous l'offrions  à notre tour ; 

Merci Seigneur. 

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