Zabou the terrible

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Tag - Cum Sancto Spiritu !

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jeudi, janvier 26 2012

Lire, relire Claudel

Paul Claudel, ce fut d’abord l’éblouissement d’un poème-prière à l’issue d’une messe familiale, alors que j’avais 14-15 ans.

 

L’éblouissement d’une parole tellement belle, sonnant si juste, qui me disait l’importance du regard, qui me disait Marie, qui me disait l’importance de se tenir là, même à n’en savoir bafouiller qu’un merci :

 

« Je n’ai rien à offrir et rien à demander.

Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

 

Ne rien dire, regarder votre visage,

Laisser le cœur chanter dans son propre langage ! »

 

Après quelques extraits poétiques lus de-ci de-là, ce fut ensuite le dramaturge que je découvris au fil des ans : cette Annonce faite à Marie tout d’abord, qui me marqua sans me rester impérissable et surtout ces œuvres qui me bouleversèrent que sont Tête d’or et Le Soulier de satin. Je ne pense d’ailleurs toujours pas maîtriser la dernière, après l’avoir lue, après l’avoir étudiée, après l’avoir relue, encore et encore… C’est un peu, selon moi, l’un des mystères de Claudel.

 

Œuvres dont le désir ardent qui les habite venait si souvent rejoindre les questions brûlantes de mon âme encore adolescente.

Œuvres qui m’ouvraient si curieusement à l’autre, à Dieu, par des chemins de traverse. Je ne suis jamais sortie tout à fait indemne de leur lecture. Et, bien souvent, aujourd’hui encore, ces « vers » si particuliers me montent à la bouche et au cœur.

 

Pourtant, Claudel sort souvent les machines bien lourdes, bien pesantes : on sait ce qui va se passer. Et je craignais en rouvrant l’autre soir L’Annonce faite à Marie de n’y voir plus qu’un mystère sordide, une première pièce jouée d’un auteur, vidée de toute sa grâce adolescente.

 

En relisant L’Annonce faite à Marie, j’ai redécouvert cette pesanteur terrestre, oui, ces ressorts bien visibles, a fortiori pour un lecteur familier de la Bible… Mais j’y ai aussi lu la grâce ; Et je me suis laissée portée par ces « versets », ces mots libres courant au fil de la plume… Et je me suis laissée touchée par ces phrases qui m’accrochaient parfois au détour d’une motte de terre ; joyeusement ou inconfortablement. Tiens, comme celles-ci :

 

Pierre de Craon : « La sainteté n’est pas d’aller se faire lapider chez les Turcs ou de baiser un lépreux sur la bouche,

Mais de faire le commandement de Dieu aussitôt,

Qu’il soit,

De rester à notre place ou de monter plus haut. »

 

Anne Vercors : « […] Et non point de charpenter la croix, mais d’y monter et de donner ce que nous avons en riant !

Là est la joie, là est la liberté, là la grâce, là la jeunesse éternelle ! »

 

 

Ou d’autres, de nombreuses autres encore, que ma pudeur de lectrice m’interdit de recopier car elles me parlent à moi comme elles vous parleraient autrement.

 

Et je me suis rappelée à cet instant que l’écriture poétique de Claudel était tout entière fondée sur une musicalité particulière : celle de la respiration, celle du souffle.

 

Et je me suis dit qu’il était bon de lire, mais peut-être surtout de relire Claudel, à différents moments de nos vies : pour confronter son souffle à celui qui nous habite à ce moment-là, notre respiration pesamment humaine, et, écouter aussi, dans l’interstice des mots, au gré de ceux-ci, résonner cet autre Souffle, virevoltant, allant et nous menant là où on ne l’attendait pas.

 

vendredi, septembre 23 2011

Quand filialiser, ça veut dire Unifier...

 

 

 

« Il est clair que [le Christ] veut que nous soyons un avec Lui comme il est un avec son Père. Il nous demande d’accepter de nous perdre en Lui pour nous perdre en Dieu. Par ailleurs, nous savons qu’en nous "perdant" en Lui, nous devenons fils, en Lui et par Lui.

 

A mesure que nous nous "perdons" en Dieu, nous nous personnalisons à la manière des personnes divines. Bien plus, nous nous personnalisons dans la mesure où nous nous divinisons. Et entre nous, qui devenons de plus en plus participants de la nature divine, et Dieu, l’amour grandit jusqu’à nous transformer en Lui, en nous faisant de plus en plus personnes.

 

C’est précisément cette relation d’Amour qui est la marque propre du christianisme. »

 

In Yves Raguin, Chemins de la contemplation – éléments de vie spirituelle, coll. « Christus », p. 14

 

vendredi, février 11 2011

Re :

D’un Retour ;  D’une Retraite ;

D’un Repos ;  D’une Recréation ;

             D’un Regard ;



 

"Avant que les étoiles ne parlent de Ta gloire,

Quand il n’était point d’homme pour scruter les cieux,

Ta Parole, Seigneur Dieu,

S’élança vers les abîmes

Vers l’océan sans rives

Où la nuit n’aborde qu’à la nuit.

 

Avant que tu n’habites la brise ou la tempête,

Quand ton souffle en silence tournoyait sur l’eau,

Par ton Verbe, Dieu très haut,

Tu bénis les jours du monde,

Jours de lumière et d’ombre

Dont l’Esprit veut faire sa maison.

 

Quand fut couvert d’un voile l’éclat de Ta présence

Vers le couchant des âges, couronnant Tes dons,

Ta Sagesse, Dieu très bon,

Fit paraître son aurore,

Parmi les fils des hommes,

En donnant visage à Ta beauté."

 

Texte : abbaye d’En-Calcat

(pioché avec bonheur dans l'hymnaire de l’abbaye de Fleury)

samedi, septembre 25 2010

De/Hors saison

Passent les saisons.


 


De l’étendue glaciale de nos consciences,

Aux pluies des jours ternes,


 


Dans la germination lente d’un regard qui s’ouvre un peu, un peu plus, à la lumière et s’achemine d’un côté pour mieux contempler,



Avancer, dans cette confiance avec, pour ou contre tous, que Dieu saura en faire surgir des fleurs à temps. Et surtout à contretemps.


jeudi, juin 24 2010

Et passer par la porte





"Où est cette porte ? Elle est tout près de toi, elle est dans ton cœur. Cette petite voie a un nom : humilité, confiance."

Un moine bénédictin

vendredi, juin 18 2010

Un bon coup d'éponge ?

“Prenez dans une main une éponge imbibée d’eau et dans l’autre un petit caillou, pressez-les également. Il ne sortira rien du caillou, et de l’éponge vous ferez sortir l’eau en abondance.

L’éponge, c’est l’âme remplie du Saint Esprit et le caillou, c’est le cœur froid et dur où le Saint Esprit n’habite pas.”

Saint Jean-Marie Vianney

lundi, mai 24 2010

Evangile selon nous

 

 Pentecôte.

 

Cette confirmation de mon cousin hier soir, avec 125 autres adultes du diocèse… Vigile, veiller ensemble et prier ; et recevoir, et être marqué, pour toute la vie, de l’Esprit Saint, le don de Dieu. Démarche de cet aîné tant apprécié qui s’engage : émotion, joie profonde, bonne nouvelle !

 

Et constater la veille que cela fait dix ans que l’on est soi-même confirmée. Et ces questions qui se posent à l’esprit comme autant d’aiguillons bienfaisants pour le cœur : « qu’as-tu fait de ta confirmation ? Qu’en fais-tu ? Qu’en feras-tu ? » Envoyée...

 

Questions qui résonnent dans un contexte qui les amplifie. Répondre – comment ? – à certaine discussion impromptue, renversant les données et posant de nouvelles questions : ne pas…. ? Et alors…. ? Avoir de…  ? Mais… mais enfin « l’homme est créé pour louer et servir Dieu » ! Et puis-je ? Et saurais-je ?

 

Souffle imprévisible… pour de vrai ! Doutes, questions, réflexions longues et solitaires – et sans doute faut-il en sourire.

 

Accepter au mieux ce qui m’est donné, non dans « le regard fier et le regard ambitieux » mais dans l’humilité et la douceur du cœur : peut-être est-ce cela qui m’est demandé, à moi ? Peut-être.

 

Mais toujours, toujours, accepter de se laisser déranger dans nos prévisions pour mieux aimer, comme tous ces nouveaux confirmés aux histoires uniques, comme autant d’Évangiles vivants.

 

Envoyés pour témoigner…

À la Pentecôte commence le règne du témoignage, de la Foi : y croire, le cœur brûlant, quitte à tout laisser se consumer !

Brûler à jamais pour porter une vive flamme à ce monde vers lequel le Seigneur nous envoie.

 

Esprit Saint, esprit de démesure, viens nous donner ta juste mesure.

 

jeudi, mai 13 2010

A travers les mers de si...

            Voilà trois fois que je recommence ce billet, sans parvenir à un résultat satisfaisant. Comment dire simplement ces derniers jours si marquants ? Et particulièrement trois moments, à la saveur unique ? Je ne puis les dire sans tomber dans un récit creux, bavardage futile qui manquerait l’essentiel.

 

            De cet enterrement de mardi matin où, alors que son petit-fils – que je n’avais jamais rencontré mais dont j’avais tellement entendu parler – venait de m’émouvoir jusqu’aux larmes « vous savez, elle vous aimait beaucoup, beaucoup », j’étais chargée exceptionnellement de dire avec toute ma foi et toute mon humanité l’espérance chrétienne. « Réconfortez-vous »… Prendre ma place de croyante, de chrétienne, pour elle, pour eux. Délicatesse, beauté, prière et, je dois l’avouer, émotion.  À Dieu, si douce madame S.

 

            De ce dialogue impromptu de mardi en fin d’après-midi, venu de nulle part et pourtant de si loin. Paroles échangées en se voussoyant, d’une jeune étudiante newbie athée à son aînée… la foi, pourquoi ? Impertinence de la question, incongruité du lieu mais véracité d’une recherche tâtonnante qui peinait à se dire : tout y était. Sourire du cœur en filigrane.

 

            De cette veillée d’action de grâce de mercredi, avec mes petits (et mes grands). Dire merci, tous tournés vers le Seigneur, prier ensemble, se retremper dans ce fabuleux pèlerinage vécu ensemble pour en vivre encore, et toujours. Et la vivre un 12 mai, date si particulière pour moi, et certaine personne qui était à ma gauche. Avec le cœur toujours plus en liesse pour cette expérience de marche ensemble si particulière qu’est le parrainage, surtout d’un ami, d’un frère ; et de tout ce qui a pu en découler depuis trois ans, pour lui, pour moi. Quelques jours après l’anniversaire de confirmation d’un autre filleul, et pas loin géographiquement d’un autre…. Le Vent soufflait bien fort, prenant des allures de Pentecôte à la veille de l’Ascension : c’était simplement fort beau.

 

 

            Tout cela, vous comprenez bien que je ne saurais le raconter avec justesse…. j’ai simplement un cœur qui chante des actions de grâce à travers la surcharge de travail, à travers les mille sollicitations surnuméraires auxquelles je sais si mal dire non et à travers ces impondérables auxquels nul n’échappe.

 

Mais dire, et redire, merci à Toi, là-haut, malgré mes yeux cernés, malgré ma lassitude, Te redire ma joie, ma confiance, Te chanter mon Alléluia, cela valait bien un billet…. « pour le porter jusqu’aux extrémités de la terre » !

 

mardi, mai 11 2010

Ô toi qui crois, prie pour moi



Il en faut souvent peu pour être heureux[1] recevoir l’étiquette catho… surtout quand on ne s’en cache pas, parce qu’on est joyeux de l’être ou, plus exactement, de chercher à le devenir un peu plus chaque jour.

 

Cette étiquette, elle a, comme tout classement, ses avantages et ses inconvénients : elle peut limiter et classer d’une manière terriblement réductrice aussi bien qu’elle peut grandir et encourager. Elle devient alors bel ornement d’une personnalité, parure bien loin d’être accessoire et dont on ne peut se glorifier tant elle ne vient pas de nous mais qui fait naître au cœur un désir, un mot, un chant de « merci ».

 

Cette étiquette particulière a parfois des conséquences inattendues dans les petites demandes que nous font ces personnes croisées dans l’inattendu quotidien, ni tout à fait proches, ni tout à fait lointaines.

 

Ces demandes de prière, notamment au moment du départ d’un proche. Ces demandes formulées, souvent dans la discrétion, « parce que toi, tu as la foi… », « peux-tu prier… », « toi qui crois… » Moi ?

 

Je suis toujours émue face à ces demandes inattendues… et gênée tant je ne suis pas à la hauteur de leur confiance, moi qui sais si mal prier.

 

Oh, je sais bien que le Seigneur là-haut et plus intime à moi-même que moi-même, il se débrouille bien comme il veut avec nos petites (in)capacités humaines, si incapables de se faire capacité à la mesure de son amour à Lui. Mais il n’empêche, je me sens morveuse… moi qui sais si mal prier, moi qui ne sais pas prier.

 

Et je me prends souvent à penser que ce sont eux les vrais croyants. Eux, qui, pleins de confiance, partagent de leur être, de leur trésor, de ce qui compte pour eux, en ces vases d’argile que nous sommes. Ad Te Domine.

 



[1] C’est vrai aussi ça d’ailleurs.


mardi, mai 4 2010

Même si rentrer est difficile

Il est difficile de poser une parole en rentrant d’un pèlerinage tant l’on craint – et d’ailleurs l’on sait – être en-deçà de la vérité et manquer de justesse dans un récit forcément lacunaire de ce qui fut, pourtant, instant présent. 

Mots qui échappent et achoppent devant le jaillissement de la vie.

Assise et trente servants : partir fut ardu, prenant, stressant…
Mais rentrer est difficile.

Que dire de la joie qui fut, qui est encore, vôtre ?
Comment pointer ces moments de légèreté où l’univers entier semble chanter à l’unisson de cœurs aussi jeunes que joyeux de la fraîcheur de l’Evangile ?
Comment choisir un moment parmi tous ceux, grands comme petits, partagés ?

Je ne peux qu’en sourire, je ne peux que me souvenir, je ne peux que fredonner. Et puis….

Que narrer quand certains qui vous sont proches ne voient dans vos engagements ecclésiaux qu’un joujou, qu’un hochet divertissant ? Et qu’un sourire devient provocateur dans un entourage où règne le mal-être ? Oui, rentrer devient bien difficile…

Mais saint François est le saint de la joie, celui de l’apesanteur qui prend toutes les libertés, qui abolit les distances et nos limites trop humaines, osant l’audace qui, à son tour, libère en nos cœurs le principe de la louange.

Alors, sur ses traces, rentrer peut devenir sourire.
Alors, sur ses traces, rentrer peut nous apprendre à offrir notre regard, à le laisser se transformer pour qu’il devienne Celui du Christ,

Alors, sur ses traces, chanter Alléluia
Dans la pauvreté et la simplicité de la joie.

vendredi, mars 19 2010

A A.

Il s’appelle A.

Il est un peu plus âgé que moi, il a grave la classe et lui et moi nous connaissons depuis oh… bien longtemps !

 

C’est bien simple, A. est mon cousin[1].

 

À voir nos sourires, l’on comprend qu’ils sont ancrés dans le temps, dans ces étés d’enfance passés si souvent ensemble, dans la complicité des jeux ; puis, en grandissant, dans celle des lectures estivales, qui forgeaient nos esprits et dont nous aimions tant à débattre autour du si aristocratique thé qui nous réunissait tous les jours autour de notre grand-père. Époque passée, mais époque fondatrice que je ne puis évoquer sans tendresse.

 

Sans être toujours l’un près de l’autre, sans proximité particulière, nous ne nous sommes jamais vraiment quittés non plus, nous voyant avec plaisir sans qu’une quelconque contrainte de régularité soit de mise : simple plaisir d’être ensemble.

 

Avec le temps, les discussions gagnaient en profondeur et atteignaient des zones dont la pudeur empêchait souvent de parler en groupe, dans une famille où ce n’était souvent guère in… Et il y a maintenant quelques mois qu’il m’a parlé d’une envie, d’un projet, pour lequel je pouvais faire quelque chose. Je lui ai donné quelques mots, quelques numéros…

 

Et A. s’est mis en route.

Avec courage, avec envie, avec désir.

 

Chemin qui n’est pas tracé tout droit, peu prévu, peu prévisible, mais chemin où la liberté grandit : et c’est beau, simplement très beau.

 

Lors de la Vigile Pascale, A. fera sa 1ère communion : je crois que, pour qui nous verra, nos sourires en diront alors encore un peu plus long que d’ordinaire. Comme une histoire d'action de grâce.

 


[1] Roh, vous pensiez à quoi ?

samedi, mars 13 2010

Fais le prophète !

Et toujours cette douleur lancinante

De ne pouvoir partager ce – ou plutôt Celui – qui nous fait vivre.

 

N’avoir que cette opacité de notre vie pour Le laisser apparaître,

Transparaître, parfois, au détour de nos regards et de nos gestes,

Quand ils osent se charger d’une Lumière, d’une portée qui les dépassent. 

 

Mais nul n’est prophète en son pays.

 

Insuffisance, misère, folie…

Amour, tristesse, dédain... mais Amour, Amour qui précède.

Ne savoir partager cette joie qui irrigue et inonde le cœur.

Ne pouvoir poser les mots sur Celui qui les rend insuffisants.  

Se contenter de vivre, d’apprendre à vivre, un peu, un peu plus chaque jour.

 

dimanche, février 7 2010

Chanson de geste

Je n’ai jamais été une grande « tactile »[1].

 

Quand certains aiment se promener sans cesse aux bras les uns des autres, se prendre dans les bras à tout va, pleurer dans le giron d’un tiers, peu expressive, je marque généralement une certaine distance. Pudeur du geste… peut-être trop grande ?



[1] Et le premier qui me répond « iphone » sort immédiatement.

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mercredi, janvier 27 2010

Et c'est ainsi qu'il est grand...

 

Instants rares où tout se fait silence :

Prosternation, adoration,

Hommes et anges à genoux.

 

Tout respire l’humilité,

Tout semble vraie liberté,

Genoux pliés, tête inclinée.

 

Il n’y a rien ici sinon la nudité d’une croix.

Mais peut-être y a-t-il finalement tout,

Dans un silence d’en bas qui est concert d’en-haut,

Dans la discrétion d’un silence, si plein qu'il révèle la profondeur d’un amour.

 

dimanche, novembre 15 2009

Confirmé !


Après la confirmation de mon frère Thibault

Confirmé neuf de l’an zéro-neuf


mercredi, octobre 7 2009

Si le Seigneur ne bâtit la maison...


Tous, je les connais.

 

Un an déjà de passé ensemble… Mais notre compagnie mutuelle nous plaisait bien : on a donc ressigné de part et d’autre pour un an. Alors, ce soir, il était temps de les retrouver.

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mardi, septembre 29 2009

Comme un instrument de musique



 

                De l’extérieur, l’instrument de musique fonctionne : il sonne, résonne, et joue, tintinnabulant aux oreilles de son entourage avec force. Mais, de manière quasi-imperceptible, le temps passe sur lui, les jeux innombrables aussi et il perd peu à peu son harmonie et sa justesse : ce qui faisait sa beauté profonde. Le constant est alors simple même s’il surprend ceux qui n’y sont pas habitués et qui n’y entendent rien : il a besoin d’être réaccordé.

 

                L’être humain est un peu pareil… Il court, elle court (toute la journée et parfois plus !), animant, bossant, causant, lisant, priant (mais pas assez). Il croit aller bien, il a le smile aux lèvres mais, petit à petit, celui-ci diminue, les yeux s’emplissent de cernes et il peine à retrouver sa tonalité, la justesse et la paix. Une retraite, c’est le raccord du cœur profond à Celui qui lui donne son harmonie, divine.

 

                Alors, je pars me réaccorder et me faire réaccorder, à l’aide du diapason purifiant du silence et d’offices monastiques portant l’âme à l’élévation. À vendredi.

 


vendredi, septembre 25 2009

Qui jettera la pierre ?

croix soleil levant

                J’en ai marre de ces pseudo-débats sur le rôle de la femme… surtout en liturgie. Où les tensions théoriques sont plus présentes que l’expérience, que le vécu. Alors, puisque quelqu’un en plaisantant sur le questionnant billet « où sont les femmes ? » des sacristains en faisait la remarque : « pourquoi pas un prochain billet sur la liturgie écrit par une femme ? », je le fais, de façon un peu lointaine, et chez moi encore.  Parce que c’est brûlant comme le montrent les commentaires du pourtant beau billet du P. Emmanuel Pic, je parle, et pas dans une optique de combat mais dans celle d’un témoignage : celui d’une « fille servante d’autel ».


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lundi, août 10 2009

Un pèlerinage peut en cacher un autre

 

Cologne.

 

 

Ce soir, en levant mon regard vers le Dom illuminé, les souvenirs ont afflué.

 

Il y a quatre ans, 2005, les JMJ, la jeunesse du monde entier, la foule en délire au pied de cet édifice, les chants, les danses, le silence impressionnant de la veillée à Marienfeld...

Venimus adorare eum…

 

Il y a quatre ans… Je ne peux m’empêcher de sourire et de revoir tant de scènes.

D’un dimanche quelques mois auparavant où, agressée sur le parvis de la cathédrale de mon diocèse par un complot, j’avais dû faire face à un inopiné « veux-tu ? »… Et Zabou dit oui, et Zabou toute jeune devint responsable de doyenné et responsable de car pour ses premières JMJ : sacrée expérience.

 

Je me souviens…

De ce formidable accueil des Allemands. À Lippstadt tout d’abord, puis à Cologne… Ah cette formidable mamie-boulangère qui continuait, âgée, à servir en boutique pour aider son fils ! Quel modèle d’accueil pour trois jeunes Françaises qu’elle ne connaissait pas !

De ces moments de rencontre, de joie, de fous rires, de Laudes « quand même » à l’église paroissiale après 2h de sommeil, de cet enthousiasme le long du Rhin, de ce service au pied de la colline pour la messe finale, de cette extraordinaire sensation de partager sa Foi en ce Dieu qui nous aime follement à un million d’âmes : tant de joie !

 

Il y a quatre ans, je portais en moi l’annonce d’une décision pesée dans le silence d’une abbaye qui, je le savais, provoquerait quelques remous. Durant ces JMJ, je l’ai confiée à ce Dieu fait homme que j’étais venue, avec des milliers d’autres et le cœur en allégresse, adorer. Alors, dans cette cathédrale vertigineuse, j’ai pérégriné en quête de quelque chose - ou plutôt de Quelqu'un - et j’ai prié d’avoir ce courage qui me faisait défaut.

 

 

Ce soir, la cathédrale était ouverte. J’ai poussé la porte et suis rentrée au son du grand orgue, un peu émue, pour remercier. Mon regard a caressé les flammes des quelques âmes venues achever leur journée dans une dernière prière à la lueur des bougies. J’ai souri.

Venio adorare eum…

 

Aujourd’hui, je regarde le chemin. Des décisions, je sais bien qu’il y en aura d’autres qui, peu à peu, prennent ou prendront le temps de germer : je ne sais ni le jour, ni l’heure où, elles, à leur tour, il faudra les annoncer puis, surtout, les accomplir. Mais, par ces choix qui nous rendent pleinement humain, si Dieu veut, elles seront belles.

 

À toi, ô mon Dieu, de guider mon pas !

 

 

dimanche, août 2 2009

Jesuitenkirche

 

Heidelberg, ville de Luther.

Heidelberg, ville où le protestantisme gagna vite les cœurs.

Heidelberg : il fallait que la Contre Réforme vînt.

Elle vint : les Jésuites arrivèrent. Mais que faire quand les églises sont déjà temples ?

 

En construire une neuve, bien sûr ! Mais comment ?

 

Vous prenez deux églises protestantes (en bleu), vous trouvez le milieu et vous construisez une monumentale église au milieu sur le modèle de celle du Gesu à Rome avec le collège qui va avec : vous obtenez la Jesuitenkirche. (en rouge) /Je pense qu'on voit mal sur d'aussi petites photos mais j'ai fait ce que j'ai pu/.

 

Une église baroque jamais terminée, ça dépote sec à l’intérieur !

 

 

Monumentale église qui a oublié d’être surchargée. Belle église où le blanc est rehaussé de quelques touches dorées, de sculptures conçues assez logiquement (Pierre correspond à Paul, Augustin à Ambroise usw.)

 

 

Ce matin encore, j’y suis allée à la messe et, non simplement vêtue de blanc, je dus… lire la prière pénitentielle ! Au-delà du côté surprenant de la chose (« Aber… aber… Ich bin Franzose ! Ich spreche nicht gut ! »), je dois raconter que j’ai été accueillie d’une façon formidable depuis que je suis ici aussi bien par le clergé que par les diverses personnes engagées : sacristain, organiste, lecteurs et servants. Et même par le clergé international puisqu’un prêtre tchèque et un prêtre slovaque se trouvaient là également. D’une façon fraternelle, pas comme une étrangère, juste une sœur en Christ qu’ils se réjouissaient d’accueillir. Et pourtant, qui suis-je sinon une simple petite laïque française sans importance ?

 

Je n’aime pas trop les expressions toute faite comme « citoyen du monde » ou encore tout ce que l’on peut raconter sur l’Europe, sur le fait de se sentir européen : cela sonne à mon oreille comme autant de mots ronflants qui ne recouvrent trop souvent que du vide ou, pire, une négation de notre propre patrie.

 

Mais, ce matin encore, dans cette belle église, j’ai cru ressentir à nouveau et vivre un peu plus ce que c’était, ce que c’est qu’être catholique.

 

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