Zabou the terrible

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mercredi, octobre 18 2017

Au Souffle de Sa Parole

 

Dans les projets Zabouiens 2017-2018, il y a cette idée un peu folle de passer un w-e en abbaye entre chaque période de vacances scolaires. Tout simplement pour que, dans un début d'année que je savais d’avance être (sur)chargé, l'Essentiel garde primauté. A fortiori dans une vie de jeune consacrée : joie de donner et de passer du temps avec le Bien-Aimé ! Dont acte : premier week-end il y eut il y a quelques jours. Mais, afin d’orienter encore mieux ces week-ends au désert, j’y ai adjoint un programme de lecture de la Parole de Dieu.

 

Ainsi, ce week-end, ô folie, j’ai lu la Genèse et ses 50 chapitres à voix haute en une journée. Ne croyez pas qu’il s’agissait d’une expérience façon exploit sportif « I did it », malgré la satisfaction certaine d’arriver au bout : non, il s’agissait d’un moyen suggéré et préparé par un moine pour laisser la parole de Dieu entrer plus profondément en moi, cette fois-ci à travers les textes des origines.

 

Je me suis laissée surprendre par cette expérience incroyable avec un bonheur certain !

 

Lire la Parole à haute voix,

Prêter mon souffle, parfois hésitant, à Son Souffle, toujours sûr,

Laisser en retour le Souffle marquer mon propre souffle,

Lui laisser donner Sa cadence, Son rythme, Sa folie…

 

Laisser les mots passer à travers mon corps, ma chair, ma vie,

Pour que le Verbe incarné y fasse chaque jour plus Sa demeure.

 

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lundi, octobre 9 2017

Une feuille de vigne

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Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : ‘Ils respecteront mon fils.’ Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : ‘Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !’ Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.

 

Violence terrible, choquante !

Inconcevable ? Tuons-nous, nous ?

Aurions-nous tué le fils du vigneron, sans doute un jeune homme sympathique mais seul et sans défense ?

Sommes-nous de vulgaires homicides sans discernement, incapables de contenir l'appât du gain et, plus largement, toutes nos passions ?

 

Et pourtant cette violence, n’est-elle pas aussi la nôtre ?

Quand nous mettons de côté le petit sans en tenir compte ?

Quand nous écrasons celui qui est plus faible que nous comme un misérable insecte ?

Il est des mises à mort qui n’en portent pas le nom et qui n’en sont pas moins terribles.

 

… Et pourtant, cet autre est aussi un fils de Dieu tout comme moi, tout comme toi…

 

Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. »

 

Et Dieu n’a pourtant jamais tué les vignerons homicides !

 

Et, quant à nous, Il ose toujours nous espérer plus loin, meilleurs que nos actes de violence.

Là où l’homme condamne, Dieu invite…

Il invite toujours à un renversement, à une conversion du regard.

 

N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !

 

Est-ce que je sais changer mon regard ?

C’est-à-dire notamment, est-ce que je sais ne pas hurler avec les loups sur celui qui est à terre ? Est-ce que je sais penser à tous ceux qui semblent morts socialement ?

 

Est-ce que je sais faire devenir pierre d’angle de mes projets celui qui était rejeté par tous ?

Est-ce que je sais mettre le pauvre, le petit, celui qui semble avoir le moins d’attraits et d’intérêts, au cœur de mes actions et de la communauté qui est la mienne ?

Et si le baromètre de nos succès était celui de la place que nous accordons à ceux contre lesquels la vie, la société et le malheur semblent s’acharner ?

 

Le Christ semble le promettre à la fin en parlant d’une autre nation, celle qui a nom conversion : c’est la clef pour obtenir le fruit de la vigne qui est le seul véritable gain, c’est la clef du royaume des Cieux.

 

dimanche, septembre 24 2017

Arpentons Ses chemins

 

« Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
et vos chemins ne sont pas mes chemins » (Is. 55)

 

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L’antidote suprême à tous nos « Dieu veut » restrictifs,

A toutes nos idées rétributives sur la grâce,

A toutes les fois où nous excluons le don de notre champ de pensée,

A tous nos conscients ou insconscients deals avec le Seigneur façon « je Te donne ça, mais Tu me donnes…. »,

A tous nos « non mais Seigneur, lui, Tu ne peux pas l’aimer vu les grosses crasses qu’il fait ! ».

 

Parce que Dieu n’a nom qu’Amour

Et que Lui seul en connaît tout le prix,

Et que Lui seul en connaît toute la gratuité…

 

Parce que Lui seul,

Tandis que nous passons notre vie à arpenter ce sentier du verbe « aimer »,

En connaît tout le sens,  

Et toute la beauté.

 

dimanche, septembre 3 2017

Comme une invitation d’invitatoire

 

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Normalement, le premier office de la journée commence par le psaume invitatoire, le ps. 94. Je dis bien « normalement » : dans les faits, c’est quelque chose que j’ai toujours eu du mal à mettre en place.

 

Lors de mon pèlerinage biblique en Terre Sainte, tous les jours s’ouvraient par ce psaume lors de notre prière matinale juste avant le petit-déjeuner. Et pourtant, il ne s’agissait pas d’un office liturgique… alors pourquoi ce psaume repris sempiternellement et sans variation ?

 

J’ai mis quelques matinées à en comprendre la pédagogie. Pour nous qui faisions une session de « Bible sur le Terrain », quoi de plus naturel que de prier notamment avec ces versets : « Aujourd’hui, écouterez-vous sa Parole ? ‘Ne fermez pas votre cœur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi’ ». C’était là l’enjeu de notre pèlerinage.

 

Mais finalement, n’est-ce pas plus largement l’enjeu de notre vie chrétienne, chaque jour, chaque matin : aujourd’hui, écouterons-nous Sa Parole ?

 

Aujourd’hui, écouterons-nous le texte biblique dans la prière mais aussi ce qu’Il nous dit à travers nos frères et à travers les événements ? Aujourd’hui, écouterons-nous à fond, et non en surface, jusqu’à nous laisser changer et convertir ?

 

Alors j’ai découvert combien ils étaient beaux ces mots et combien il était bon de prier ce psaume dès le matin ! L’invitatoire ou une invitation à l’orientation entière de notre journée vers l’écoute profonde, nous ouvrant aussi dès les premiers versets à l’action de grâce qui en résulte.

 

« Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons notre Rocher, notre Salut !

Allons jusqu’à Lui en rendant grâce, par nos hymnes de fête, acclamons-Le ! »

 

dimanche, août 27 2017

A minima, Tu es le Trésor d'un coeur d'ancienne !

 

            L’ancienne région de Césarée-de-Philippe où Jésus se trouve dans l’épisode évangile de ce dimanche, j’ai eu l’occasion d’y passer récemment avec de belles balades à Dan et, surtout, à Baniyas. C’est magnifique mais ce fut une région marquée par l’idolâtrie. Est-ce un hasard si c’est le lieu que Jésus choisit pour demander « au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » puis le fameux « et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». Les uns et les autres ont des réponses qui divergent… Et ne serait-ce pas encore le cas aujourd’hui ?

 

          Césarée de Philippe, c’est un peu notre monde. Non pas seulement « eux », au loin, mais aussi « nous » avec toutes les idoles que nous nous construisons, toutes ces choses qui nous encombrent et nous détournent de « l’unique nécessaire ». Et les réponses divergent aujourd’hui encore, on pourrait les actualiser, elles seraient probablement un peu moins sympa que dans la Bible : « pour machin, tu n’es qu’une illusion ! », « Pour certains, tu n’es qu’un personnage de l’histoire », « pour d’autres, tu es un bon maître de sagesse ». « Quelques-uns enfin envient ton succès et demandent ta recette pour être un gourou autant suivi ».

 

        Certes, il y a nos croyances qui divergent, nos philosophies et nos histoires personnelles mais il y a aussi, dans nos propres vies de croyants chrétiens appelés à répondre au « pour vous, qui suis-je ? » des obstacles, des « idolâtries » faisant suffisamment écran pour nous empêcher de répondre non pas du bout des lèvres comme une ritournelle apprise mais bien avec tout notre être : « Tu es le Christ ! Le Fils du Dieu vivant ! ». Ou toute autre exclamation prononcée avec amour, avec tout le cœur et tout le corps. J’ai du mal à imaginer Pierre prononçant cette réponse autrement que se levant et s’élançant amoureusement vers Jésus. L’idolâtrie, ce sont tous nos « j’aime » possessifs, mal ajustés au « je T’aime » que nous pouvons dire au Christ.

 

            Ce midi, profitant de quelques derniers jours de vadrouille vacancières, j’ai eu l’occasion d’aller avec un ami récemment ordonné à une messe (très) anticipée du dimanche qu’il célébrait dans un EHPAD. Je suis toujours foncièrement marquée par les messes dans ce genre d’endroits où quelque chose de l’incroyable force de Dieu dans la faiblesse se dit ou, plutôt, se balbutie et s’écrit à travers les rides. J’y vis toujours l’eucharistie très différemment. Là, cela n’a pas raté et j’y ai vu comme un écho de l’Évangile : j’ai contemplé ces anciens après la communion, quelques-uns rudement éprouvés par l’âge. Certains arboraient un beau sourire, d’autres marmonnaient les yeux fermés une prière, celui-là levait les yeux au ciel et puis celle-ci, en fauteuil roulant, bouleversante, avait replié ses bras doucement sur son cœur comme si elle voulait conserver à jamais le trésor qu’elle venait de recevoir.

 

       A les regarder ainsi, j’ai souri, les considérant comme donnant la meilleure réponse qu’on puisse jamais faire à la question du Christ, Bien-Aimé de nos âmes, venu se faire pauvre avec ces plus pauvres afin de leur donner la Vie.

 

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Domaine public, Lien

 

 

 

mercredi, août 23 2017

Mieux qu'une histoire de piécettes

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Aujourd'hui, la liturgie nous proposait l'évangile des ouvriers de la dernière heure (Mt 20, 1-16) comme on aime souvent l'appeler. Moi je l'aime bien cette parabole parce que je suis sûre que j'aurais été un peu du style à murmurer intérieurement alors cela me fait toujours du bien de l'entendre. 

Le pitch ? Des ouvriers viticoles ayant trimé toute la journée se trouvèrent fort dépourvus lorsque le soir fut venu... Euh, enfin presque : ces bosseurs et des ouvriers ayant seulement à peine mouillé le maillot en fin de journée (ils s'y sont mis à 17h uniquement pour une fin de travail à 18h... Tranquilles ! Pires que des profs !) reçoivent à la fin le même salaire, celui qui avait été convenu avec les plus matinaux qui avaient commencé dès l'aube. Cris de ceux-ci de voir les autres recevoir le même salaire ! Injustice ! Mais que font les syndicats de vignerons ? 

Alors on explique souvent que la justice de Dieu n'est pas la nôtre, que Son coeur est plus grand que le nôtre : c'est bien vrai. On en profite aussi pour se rappeler que la jalousie spirituelle, c'est tout de même très malheureux : et si mon frère converti récemment a une vie spirituelle plus dense que la mienne, qui suis-je pour en être aigri ? Et surtout, quel besoin ai-je de comparer ce qui n'est pas comparable ? ... si tant est d'ailleurs qu'on sache vraiment "où" nous en sommes dans notre vie spirituelle. 

Mais si ce denier que chacun reçoit en fin de journée, c'était surtout l'Amour du Bon Dieu ? Le Christ utilise cette parabole pour parler du Royaume des Cieux dont le maître mot est l'amour. Alors, que Dieu pourrait-il donner d'autre - et d'ailleurs, que Dieu peut-il faire d'autre que de donner ? - qu'un Amour plein, entier et vraiment indivisible ? 

Un 1/2 amour, un amour sous conditions, un amour qui dose et hiérarchise est-il amour ? 

Aux croyants de toujours comme aux imprévus de Dieu arrivés à la dernière minute, Dieu se propose de donner le même salaire : Son Amour. Parce qu'il ne peut pas donner plus, tout comme Il ne peut donner moins. Alors, Il traite chacun en égal non pas spécialement parce qu'Il est juste dans Son apparente injustice mais surtout parce qu'Il nous veut non seulement ouvriers à Sa vigne mais surtout commensaux à la table de Sa vie. 

 

samedi, juin 3 2017

Pourquoi lire et relire la Bible

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"L'Ecriture n'appartient à personne : ni à l'exégète, ni à un magistère quel qu'il soit, ni même à la communauté chrétienne. Elle se donne à chacun de ses lecteurs, à chacune de ses lectrices, comme une parole de liberté, le témoignage d'un peuple de croyants, la proposition d'un chemin de vie. En tout cas, c'est une parole prononcée ou écrite par d'autres que les lecteurs actuels ; d'aucuns ajouteront : à travers elle, nous pouvons entendre la Parole de l'Autre par excellence, de Dieu lui-même.

Pourquoi lire la Bible, pourquoi apprendre à d'autres à faire de même ? Il n'y a qu'une seule réponse possible, si nous voulons respecter le texte que nous lisons : pour nous mettre à son écoute, avec la conviction que cette Parole peut faire vivre." 

 Wermeylen, Jacques, « À quoi servent les exégètes ? La lecture de la Bible, entre servitude et service », Revue des sciences religieuses, 80/3 | 2006, p. 314. 

lundi, octobre 31 2016

Zachette ?

Pour les besoins de l'école de prière jeunes du diocèse de Nanterre dont je reviens, j'ai incarné le premier jour Zachette, lointaine descendante de Zachée narrant l'histoire de son aïeul alors qu'elle se refusait à plonger dans l'océan de la Miséricorde ! Puisque j'ai mis ce petit conte d'évangile par écrit et que c'était l'évangile d'hier dimanche, je vous le partage. Il ne s'agit que du récit lui-même... d'un autre point de vue ! 

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Ils sont gentils là, ces deux copains qui m'invitent à plonger dans l'océan de la Miséricorde mais ils ne me connaissent pas ! Ca a toujours été comme ça dans ma famille d'ailleurs : une sorte de mélange entre l'envie de se bouger et de faire le bien et... un terrible manque de confiance. 

Je m'appelle Zachette. On s'est toujours moqué de moi à cause de drôle de prénom... Vous imaginez ? Là, disons que je me décide à y aller dans cet océan de la miséricorde et que je n'arrive pas à plonger, que je reste à flotter ? Vous ferez un mauvais jeu de mots et vous direz encore une fois que je suis une Zachette de thé, je suis sûre ! 

En vrai, je m'appelle comme ça à cause d'un de mes ancêtres. Lui et moi, on se ressemble beaucoup. Il s'appelait Zachée. Il était tout petit et lui, les gens ne se moquaient pas de lui à cause de son prénom mais bien parce qu'il était collecteur d'impôts. A l'époque des Juifs, les collecteurs d'impôts, c'étaient des vrais voleurs ! Oh, je ne crois pas que mon ancêtre faisait vraiment le mal pour le mal mais il avait peur. Peur de manquer. Alors, il volait dans les caisses et, de vol en vol, il était devenu riche. Très riche. Mais personne ne prenait au sérieux un type pareil ! 

Il habitait à Jéricho, une ville célèbre pour ses murailles, ses trompes et trompettes. Et on raconte qu'un jour c'est en grande pompe que Jésus, le célèbre Jésus a traversé cette ville ! Ca a été de la folie ! Tout le monde voulait le voir ! Ce n'est pas que c'était une star, c'était bien plus fort... C'était qu'il disait des paroles qui touchaient les coeurs au plus profond. Et qu'il guérissait des malades. C'est simple : certains allaient jusqu'à dire qu'il était le Messie, l'Envoyé de Dieu ! Alors tout le monde voulait le voir, l'entendre, le toucher, lui présenter des malades... Personne n'avait jamais vu une telle cohue à Jéricho ! 

Et mon ancêtre Zachée, il était bien embêté. Il avait tellement envie de voir Jésus ! Mais il était si petit... Et il était tellement considéré comme un sale type que personne ne le laisserait passer ! 

Alors, vous savez ce qu'il a fait ? Moi, j'hésite à plonger là, eh bien, lui, son "plongeon de confiance", ça a été l'inverse : de grimper dans un arbre ! Je l'imagine en train de monter sur cet arbre si touffu qu'est le sycomore... Mais le plus incroyable, c'est ce qui est arrivé quand Jésus est passé : non seulement il l'a vu mais surtout, il l'a appelé par son nom ! "Zachée, descends vite : aujourd'hui, il faut que j'aille demeurer chez toi !". 

Ce Jésus, c'était bien Dieu : il connaît le nom de chacun. Il connaît ton nom, il connaît mon nom. Alors comment ne pas ouvrir son coeur à la confiance après cela ? Quand on est connu, aimé, appelé, désiré ? 

Oh, les autres ont râlé, c'est clair... Mais mon ancêtre, il a été changé. A jamais. Il a tout de suite dit qu'il allait donner la moitié de sa fortune et rétablir dans leur bon droit tous ceux à qui il avait fait du mal... C'était se mettre en danger : ça a été son deuxième plongeon de confiance mais un plongeon à vie. Le seigneur Jésus lui a bien dit qu'Il lui offrait le Salut, Sa miséricorde... Alors, comment ne pas plonger ? Comment ne pas faire confiance ? 

dimanche, juin 12 2016

Si ton coeur te condamne

 

Le pharisien de l'évangile qui se dit en lui-même face à la pécheresse qui baigne de larmes, de parfums et de baisers les pieds du Christ : "non mais franchement Jésus, si tu étais vraiment Dieu, tu saurais quelle est cette pécheresse qui t'approche ! Ne la laisse pas faire, Tu vaux mieux que ça Seigneur !", c'est bien souvent moi. 

Moi vis-à-vis des autres ?
Peut-être. 
Moi vis-à-vis de moi-même ?
Sûrement. 

Le regarder et se trouver pécheresse. 
S'approcher et se trouver indigne
Pleurer à Ses pieds, parfois, sans oser Le regarder yeux dans D'yeux.

C'est, qu'à la brûlure de Son amour,  
Parfois, le coeur-à-coeur fait peur tant on sait que notre petit coeur ne sera pas à la hauteur du Sien...

L'Evangile du jour, c'est justement nous rappeler que cette pensée, c'est bip-bip-wrong-way !
C'est justement nous rappeler non notre coeur mais Son coeur à Lui, tendre, miséricordieux, infiniment ouvert,
C'est justement nous rappeler cette si belle et juste phrase de saint Jean "si ton coeur te condamne, Dieu est plus grand que ton coeur". 

Parce qu'Il sait bien tout ce qui habite notre coeur : ce qui l'habite de grand et de beau, et ce qui l'habite de petit et de misérable, 
Parce qu'Il n'attend qu'un plongeon de notre part dans l'océan infini de Sa miséricorde : qui sait si nos larmes ne sont pas déjà comme les premières gouttes de celle-ci qui veut simplement déborder et habiter entièrement nos coeurs  ? 

 

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samedi, avril 2 2016

Thomas selon Jean selon Pierre

 

Parce que je me suis prêtée à un petit exercice priant… L’Évangile de demain imaginé d’un autre point de vue !

 

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                 C’était le premier jour de la semaine. J’étais troublé. Il y avait eu la mort de Jésus, cet homme exceptionnel que je suivais et que j’aimais de tout mon cœur, cet homme qui était mon ami, mon frère et mon maître : j’en ai été bouleversé de tristesse. Mais depuis peu, j’étais encore plus troublé car, moi, Pierre, j’étais entré dans le tombeau du Seigneur et je n’avais vu que des bandelettes et des linges… Alors, bien sûr, Jean, lui s’est mis tout de suite à croire parce que c’était écrit quelque part dans la Bible selon lui, et puis Marie de Magdala a dit L’avoir vu mais que croire ? Ce n’est qu’une pauvre femme, en plus complètement amoureuse du Seigneur : elle serait capable d’en avoir des hallucinations liées à sa tristesse ! Je suis troublé… j’aimerais tellement croire qu’il est ressuscité, qu’Il n’est plus mort… Mais enfin, cela ne semble pas très possible. Et puis, les Juifs nous recherchent, nous ses disciples les plus proches. On se réunit entre nous mais nous avons peur d’eux, nous sommes tristes de sa mort. A quoi bon tout cela ? Ne faudrait-il pas mieux nous disperser, reprendre nos métiers et garder de Lui le souvenir d’un homme bon et doux, d’un ami et d’un vrai prophète du Seigneur ? Nous doutions ensemble, nous pleurions ensemble. 

 

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dimanche, mars 6 2016

Malgré tout, malgré nous... laetare ! :-)

 

Le père qui ouvre les bras, toujours, qui n’écoute même pas nos pseudo-excuses embarrassées dans lesquelles nous ne ferions que nous embourber…

Le père qui nous accueille, malgré toutes nos bêtises, malgré tous nos éloignements, malgré nos pires fautes, malgré nos manières de lui dire parfois brutalement « je n’ai pas besoin de Toi ! » - c’est bien là le péché dans le fond - ;

Le père qui nous attend toujours, toujours, toujours,

Le père qui nous montre qu’Il nous aime : toujours, toujours, toujours.

 

On peut avoir l’impression d’avoir entendu cette parabole des centaines de fois, et ce n’est pas faux ;

Mais on n’a jamais assez eu l’impression, on n’a et on n’aura jamais assez la certitude profonde de nous savoir attendus par Dieu à la maison, chez Lui et c’est donc aussi chez nous, c’est notre vraie maison familiale, tout le temps.

 

C’est, pour reprendre une expression historique, l’amour qui nous aime malgré tout, mais aussi malgré nous. Mais nous, nous ne sommes jamais incorporés de force : non, nous sommes patiemment attendus, nous sommes patiemment espérés…

C’est à nous de décider quand nous revenons au bercail où Il est là, déjà au seuil, sans doute déjà à nous guetter depuis bien longtemps, en fait, depuis toujours :

Malgré tout, malgré nous.

 

Bien sûr, ce « malgré tout », on pourrait se l’appliquer à nous vis-à-vis de Dieu, quand notre foi défaille devant l’énigme de la souffrance ou du mal : pour nous, humains, c’est parfois ainsi que s’appelle notre foi, un « malgré tout » poussif… mais là encore, elle est pourtant donnée.

 

Il n’empêche que, le « malgré tout », c’est le saut de la foi, dans les deux cas.

Pour nous, c’est donc croire en Dieu malgré les apparences météorologiques parfois bien sombres de nos vies ; croire en Lui, malgré tout.

Pour Lui, c’est sa foi indéfectible en l’homme : celle qui s’appelle amour.

C’est aussi pour la foi de Dieu en l’homme ce saut de la foi qui donne la vie et ne se lasse jamais de la redonner par amour quand venons à nous en éloigner.

C’est l’Amour qui nous espère toujours sur le chemin de retour, sur le chemin de la conversion et qui ne peut cesser de nous attendre parce qu’Il nous veut heureux avec Lui : on ne pourra jamais se lasser de la prévenance incroyable de cet Amour… malgré tout, malgré nous.

 

Et l’on peut louer et prier encore avec les beaux mots du p. Paul Baudiquey : « Bénis soient les regards assez tendres, assez fous, assez vrais, pour me donner le cœur de m'espérer encore, de m'attendre à quelqu'un d'autre en moi. Les vrais, les seuls regards d'amour sont ceux qui nous espèrent ».

Tels sont ceux du Seigneur qui ne cesse de nous regarder, même quand nous semblons déjà perdus à l’horizon où la lumière s’efface,

Tels sont ceux du Seigneur qui ne cesse de nous espérer et de nous aimer, malgré tout, malgré nous.

 

vendredi, octobre 30 2015

Lumière de la loi

Il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer, même le jour du sabbat ? ». Et ils furent incapables de trouver une réponse. (Luc 14, évangile du jour)

 

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Dans les bons scuds même pas visibles en apparence de Jésus, celui-ci a toute sa place : il rend muet. Et bim dans leurs faces ou surtout et bim dans ta propre face quand tu l'entends ! Parce qu'on a beau dire, on est toujours un peu le pharisien de quelqu'un. 

Ce matin à la messe, le prêtre citait le (très bon) mot d’un enfant du caté sur la question de la Loi : « Jésus est venu apporter la lumière à la loi. »

C’est vrai que, dans l’Évangile, on n’est plus tout à fait dans le « tu dois » du Décalogue. C’est le « je suis venu non pas abolir la loi mais l’accomplir. » Même dans les impératifs visibles, un « si tu veux » se cache. Un « si tu veux » déjà orienté vers les béatitudes, vers le bonheur.

C’est comme la clé de ce mot d’enfant : la lumière que Jésus est venu apporter à la loi, c’est cette liberté où Il vient l’inscrire ; 

Cette liberté aimante où tout notre bonheur se cache déjà en germe.

 

samedi, septembre 12 2015

Et pour vous ? Cri de foi, cri du cœur

Pour vous qui suis-je ? 

"Tu es le messie le fils du Dieu vivant !" 
Tu es le cri de foi de Pierre... 
Je pourrais le prendre comme mon cri à moi aussi, c'est celui de ma foi ; mais cela ne viendrait pas de mon cœur. 
 
Pour vous qui suis-je ? 
Tu es le bien-aimé, 
Tu es Celui qui m'aime toujours,
Tu es Celui avec qui je cherche à bâtir ma vie, 
Tu es l'amour, Tu es la vie. 
Tu es Celui qui es toujours avec moi dans la joie, 
Tu es toujours avec moi dans les peines.
Tu es le compagnon et le témoin 
Tu es le réconfort et l'allégresse 
Tu es Celui qui me fais vivre 
Tu es Celui qui m'apprends à vivre peu à peu à ton pas 
Tu me donnes Ton souffle 
Tu es l'inspiration de mes actes quand j'ose T'écouter et vivre selon Toi. 
 
Pour vous qui suis-je ? 
Je pourrais répondre des litanies, je pourrais dire combien Tu es incommensurable... : cela ne suffirait pas ; 
Car tu es Celui que je n'ai jamais fini de découvrir, 
Tu es, ô mon Dieu, le mystère qui me réjouis. 

jeudi, septembre 3 2015

La rentrée : des filets, des poissons, une vocation et des élèves

 

Attention, malgré son titre et mon envie toujours pressante d’écrire à ce sujet à la veille de ce jour horrible, ce billet ne portera absolument pas sur la qualité du poisson servi à la cantine le vendredi : vous m’en voyez navrée.

 

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Réussir à aller à la messe en semaine la semaine de la rentrée, ça tient un peu de la cerise incertaine sur le gâteau, voire peut-être de surcroît accompagnée de chantilly maison (oui, parce que celle en bombe, elle ne vaut pas dans le comparatif) tant, même si cela se passe bien, la reprise du rythme est physiquement difficile. Heure des levers, des couchers, énergie dépensée pour faire une véritable belle heure de cours et bruit environnant permanent. Il y a beaucoup de joie à retrouver des élèves connus, à faire la connaissance de nouveaux mais il y a aussi des peines, des inquiétudes à entrapercevoir les difficultés de celui-ci ou de celui-là. Pourrai-je faire quelque chose ? C’est l’aube encore pleine de promesses d’une année qui s’ouvre.

 

Alors, se poser ce soir à la messe en rentrant des cours, c’était particulièrement bienvenu. Tout Lui remettre en offrande, bien sûr et Le recevoir. Mais pas seulement. Se laisser toucher par Sa Parole et par l’exemple de Pierre : « mais sur ton ordre, je vais jeter les filets ».

 

La prendre pour soi, pour ses propres questions… Il s’agit d’obéir au sein plein du terme, c’est-à-dire d’écouter pleinement ce que le Seigneur a à me dire. – D’ailleurs, la nouvelle traduction liturgique de ce passage précise « sur Ta parole ».

 

Comme un appel à redécouvrir notre mission – notre vocation ? – de professeur chrétien en ce début d’année, à nous redécouvrir envoyés, ici et pas ailleurs, à ces élèves-là qui nous sont confiés. Alors, dans l’écoute, s’Il m’envoie là, si je fais confiance et agis sur Son ordre, la pêche pourra se découvrir, se révéler, miraculeuse.

 

samedi, mai 30 2015

Parce qu'elle est toujours plus au programme

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Des circonstances inattendues font que la presse de la fin d’année, semi éreintée de l’année passée, semi rêveuse et tendue vers l’été, prend cette année la couleur d’une grosse pile de livres à relire sur la table de nuit et de quelques dolipranes parfois très nécessaires.

Il faut dire qu’un certain mot impromptu encourage à se frotter prochainement à quatre lourdes épreuves orales : quand on affiche ce mot à côté de votre nom, vous relevez le challenge et vous foncez…

16 gros livres, des notions à revoir, des entrainements à imaginer, le tout en un peu plus de deux semaines : ça fait un peu mal par où ça passe mais il paraît que le jeu en vaut la chandelle.

 

Évidemment, mon esprit rétif et parfois même quelque peu retors, rechigne à la tâche : que voulez-vous, il y a les cours, les élèves, les bilans de fin d’année, les amis avec qui l’on aime se réjouir, deviser et festoyer et puis deux chouettes projets d’été à préparer, en sus de mes (plutôt très chouettes aussi) projets personnels.

A côté, il y a tout ce travail en plus… cela ne donne pas très envie.

Il faut essayer d’émonder : d’enlever, doucement, quelques réunions ou réjouissances à l’emploi du temps, être fidèle aux engagements déjà pris, et jouer le jeu, quand même, malgré tout.

Relever le gant,

Et essayer de ne pas se laisser déborder, ni d’être achevée par K.O.

 

Et puis, par-dessus tout cela ou au cœur de tout cela, il y a Dieu.

Il est toujours là mais je n’envisage pas de vivre sans Lui laisser du temps, sans Lui laisser de la place : à Lui, à Lui seul.

Parce qu’Il est le temps et l’espace qui permettent à tout le reste de se déployer en Lui.

 

Comme toujours, dans les périodes de presse, d’occupation intense, où corps et esprit travaillent dur, les moments d’oraison sont précieux et j’ai surtout l’impression de mieux savourer ce que dit la Bible.

 

A force de lire, je pourrais en avoir assez de voir toutes ces phrases courant sur le papier : Avec la Bible, c’est tout l’inverse, bien qu'elle ne soit pas au programme officiel. 

Pas de prise de tête,

Juste comme une saveur vitale,

Dans l’oraison, dans tel ou tel office de la liturgie des heures,

Dans une phrase (re)cueillie lors d’une messe,

Redécouvrir que le Seigneur est bien pain de la route,

Que Sa parole est la lumière de la route, « lumière de mon pas »,

« Qu’elle est douce à mon palais ta promesse : le miel a moins de saveur dans ma bouche ! »

Se laisser nourrir, avec ces mots, avec Ses mots qui reviennent sans cesse aux lèvres,

Qui nous nourrissent donc, qui nous sculptent à l’intérieur et nous donnent d’habiter le monde, dans le calme ou dans les (pré)occupations, un peu plus selon Lui.

 

jeudi, mai 7 2015

Enseigner en ZEP ? « Va dans le pays que je te montrerai »

 

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J’apprécie vraiment de faire la séquence sur la Bible en 6ème : non pas parce que, comme chrétienne, cela me donnerait moins de travail et que comme tout prof qui se respecte, je serais un peu feignasse mais parce que, outre parler d’un thème que j’aime et que je connais bien, cela confronte toujours à de vraies bonnes questions bien pertinentes dans le « choc » que cela peut représenter pour nos élèves.

 

Pour la deuxième année consécutive, j’avais prévu un petit tour par l’étude de l’appel d’Abraham.

 

Cela permet assez facilement de parler des patriarches, des grandes religions monothéistes et de leur vocabulaire respectif, de faire un rappel de conjugaison sur l’impératif et… de parler de circoncision comme point commun souvent inattendu par les élèves entre Juifs et Musulmans !

 

Ce cours-là, c’était ce matin. Et là… 

- Madame, moi j’pense que vous êtes chrétienne alors comment vous savez pour la circoncision pour les Musulmans et pour les Juifs ?

- Eh bien, simplement parce que c’est de la culture ?

 

Au-delà de la question et de la réponse souriantes, quelque chose d’essentiel s’était joué là : la découverte de la culture comme possible pont de rencontre ;

Quelque chose de laïc, profondément,

Quelque chose d’humain, assurément,

Quelque chose d’un mini-pas de lutte contre l’ignorance « mère de tous les maux »,

Quelque chose d’un grand sourire à saveur de promesse dans mon cœur, amoureusement chrétien.

 

samedi, décembre 20 2014

Prier les psaumes avec, dans les jours comme dans les nuits

"Un des effets de la priere des psaumes, c'est que même le cri de la solitude n'est plus solitaire, puisqu'il fond beaucoup de cris en un seul qui se répète. Pousser ce cri avec notre souffle, dans notre isolement, ou le pousser avec notre compagnon le psalmiste, ce n'est pas la même chose !" 

in Paul Beauchamp, Psaumes nuit et jour, éd. Seuil, p. 16 

mardi, décembre 16 2014

Abyssus Deum invocat

 

Il est des jours où, soudain, nous percevons combien l’Évangile est fait pour être pris au sérieux,

Où nous distinguons la profondeur de ces mots qui engagent,

Où nous savons qu’il est impossible de le lire plus longtemps en restant en surface.

 

Il est des jours où, soudain, nous sommes pris de vertige face à l’exigence de l’Évangile, face à sa loi implacable : l’Amour ;

Où nous saisissons l’abime qui existe entre l’Évangile et nos actes,

Où nous nous sentons petits, moches, pécheurs.

 

Il est des jours où, soudain, sans que nous sachions pourquoi, l’Évangile fait entendre la puissance de Sa Parole et nous fait ressentir tout cela :

Clarté dans et sur nos ténèbres,

Inconfort de la vérité sur notre vie,

Taille de ce qui ne va pas : mauvaises herbes et surgeons inutiles.

 

Mais, alors même que la Parole burine le côté disgracieux,

Elle révèle, ranime et ravive à l’intérieur tout le gracieux :

D’une main tendue qui est là, du cœur patient qui toujours nous attend ;

Présence intime venant combler l’abime étendu de notre misère,

Appel à oser y avancer d’un pas ferme pour le combler,

Car tu n’y tomberas pas.

  

jeudi, août 28 2014

S’Il te donne la grâce de Le rencontrer, sois son prophète par ta vie, sans crainte !

 

Regarder dès à présent sur la suggestion du futur prédicateur la 1ère lecture de dimanche prochain sur aelf.org ;

Et voir ce sous-titre donné à la lecture : « Le prophète doit souffrir pour son Dieu » peu engageant au prime abord ;

Et lire, et finalement sourire : c’est d’un texte particulièrement aimé qu’il s’agit là !

 

Un texte qui ne présente pas la vie en rose, certes, qui parle de « raillerie », d’« injure » même et de la violence dont le prophète doit faire preuve pour parler en Son nom.

Mais ce texte, il dit l’essentiel, il dit la vérité d’un feu brûlant, d’une séduction qui n’est pas captatrice : alors, en réalité, ce n’est pas de « séduction » dont il s’agit mais d’amour.

La séduction, ça rime avec tentation : avec Sa grâce, on peut y résister ;

La seule « séduction » que puisse faire le Seigneur, elle a nom Amour : et on ne peut que s’y sentir enflammé, brûlé sans que cela s’éteigne, à tel point de ne pouvoir résister.

Oh, on pourrait, bien sûr, c’est la liberté… mais qui a envie de dire non à l’amour ?

 

J’entends en écho St Augustin que nous fêtons ce jour :

Je t'ai aimée bien tard, Beauté si ancienne et si nouvelle, je t'ai aimée bien tard ! Mais voilà : tu étais au-dedans de moi quand j'étais au-dehors, et c'est dehors que je te cherchais ; dans ma laideur, je me précipitais sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi, et je n'étais pas avec toi. Elles me retenaient loin de toi, ces choses qui n'existeraient pas si elles n'existaient en toi. Tu m'as appelé, tu as crié, tu as vaincu ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi, et tu as dissipé mon aveuglement ; tu as répandu ton parfum, je l'ai respiré et je soupire maintenant pour toi ; je t'ai goûtée, et j'ai faim et soif de toi ; tu m'as touché et je me suis enflammé pour obtenir la paix qui est en toi.

 

Et ces paroles de Jérémie, donc, si souvent lues, entendues, écoutées, méditées :

« Je me disais : « Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom. » Mais il y avait en moi comme un feu dévorant, au plus profond de mon être. Je m'épuisais à le maîtriser, sans y réussir. »

 

Je les aime ces paroles, parce que, souvent, ces paroles, comme Jérémie, je me les suis dites : il y a des jours où, sachant l’antagonisme rencontré ici ou encore là, je n’ai pas envie de parler de Lui, je n’ai pas envie de vivre de Lui…

Il y a des jours, oui, trop nombreux ces jours, où j’ai peur…

Mais qui ne saurait vivre quand l’amour l’anime ? L’anime au sens étymologique du terme : quand l’amour fait vivre son âme et, donc, alimente sa vie ? 

 

J’entends encore en écho Isaïe dans le chant du Serviteur souffrant « j’ai rendu mon visage dur comme pierre » mais… mais la raillerie le transperce, même si nous sommes sûrs de ne « pas être confondus ». 

Parce que Le rencontrer, c’est apprendre à aimer ;

Parce que Le rencontrer, c’est devenir plus vulnérable : comment aimer si l’on n’a pas abaissé ses barrières, si l’on ne choisit pas de devenir chaque jour plus « désarmé » ?

On ne peut aimer, barricadé derrière des protections : pas d’amour vrai sans risque.

Un disciple n’est pas plus grand que son maître : et Lui, Il est mort sur la croix ;

Oui, le prophète – c’est-à-dire nous aussi par notre baptême – devra souffrir pour son Dieu, le sous-titre donné par le site a raison…

Mais est-ce vraiment l’essentiel à titrer ?

 

En nous laissant rencontrer par Lui, il y aura toujours ce feu brûlant

Ce feu d’un « je t’aime » qui parle au plus profond de ton cœur ;

Ce feu d’un Dieu qui change ta vie, en profondeur,  

Ce feu qui déborde car tu ne saurais le maîtriser,

Ce feu qui te donne l’envie, que dis-je, le désir d’en faire un titre de ta vie, un « Il t’aime, tu sais ? » à la face du monde,

Qui que tu sois, quoi que tu fasses, où que tu sois,

Car, ô enflammé par Lui, tu sais qu’Il est avec toi.

 

 

 

mercredi, avril 30 2014

Pas le droit de toucher son Père ?


La résurrection ? Comment la palper ?

 

Tom’ le voudrait : condition sine qua non pour lui, et pourtant… Et pourtant sans ?

Il voit, il croit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Et il ne touche pas.

 

Marie-Mad’ est bouleversée. Mais elle entend son nom, le sien propre, prononcé comme jamais personne d’autre ne le lui a dit.

Elle voit, elle croit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Elle voudrait bien, elle, non pas mettre sa main dans la marque de Ses clous mais Le prendre dans ses bras. Une réponse « ne me touche pas ! ».

Et elle ne touche pas.

 

Christ fait tout pour montrer qu’Il est bien vivant : Il mange, Il boit, Il parle, Il écoute…

Et, pourtant, jamais, Il ne se laisse toucher ;

Jamais, même par Ses amis.

Cela me laisse perplexe : pourquoi Seigneur ?

Tu te sers de tes cinq sens et tu bloques l’accès dans ta résurrection à l’un d’entre eux ?

 

Peut-être est-ce parce que, quand nous touchons, nous avons tendance à agripper ou, tout au moins, à fermer la main, même légèrement, même pour une caresse… Ce n’est jamais la main tendue, ouverte, que nous avançons pour toucher mais c’est toujours l’inverse.

Comme si, toucher, c’était pour nous aussi et que cela ne pouvait jamais être uniquement de l’ouverture à l’autre pleine.

Et qu’est-ce que la Résurrection sinon la vie entière dans le Tout Autre parce que passée par le Don total ?

Et puis même simplement, qu’est-ce qu’une résurrection que l’on serait capable de saisir, d’agripper ne serait-ce qu’un peu ?

 

J’aime la force du désir de saint Thomas et de sainte Marie-Madeleine : moi aussi, j’aimerais qu’un pareil amour du Seigneur m’habite !

Mais c’est chouette aussi de savoir qu’on aura beau se prendre la tête, qu’on aura beau continuer à se poser des tonnes de questions, il y a aussi des moments où il n’y a plus qu’à se poser et à contempler pour apprendre à étendre notre main dans le bon sens : vers Lui, vers les autres.

Béni sois-Tu Seigneur pour Tes énigmes,

Béni sois-Tu Seigneur de nous donner de Te contempler, parfois, ainsi, dans la simplicité aimante d’un « mon Seigneur et mon Dieu ».

 

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