Comme vous le savez – ou pas – , j’ai
commencé mes vacances en étant animatrice à l’école de prière du diocèse de
Nanterre… Qu’est-ce encore que ce truc bizarre vous demandez-vous ?
Oh, rien qu’une petite école dont je dis quelques mots sur sacristains.fr !
Il est difficile de poser une parole en rentrant d’un pèlerinage tant l’on craint – et d’ailleurs l’on sait – être en-deçà de la vérité et manquer de justesse dans un récit forcément lacunaire de ce qui fut, pourtant, instant présent.
Mots qui échappent et achoppent devant le jaillissement de la vie.
Assise et trente servants : partir fut ardu, prenant, stressant… Mais rentrer est difficile.
Que dire de la joie qui fut, qui est encore, vôtre ? Comment pointer ces moments de légèreté où l’univers entier semble chanter à l’unisson de cœurs aussi jeunes que joyeux de la fraîcheur de l’Evangile ? Comment choisir un moment parmi tous ceux, grands comme petits, partagés ?
Je ne peux qu’en sourire, je ne peux que me souvenir, je ne peux que fredonner. Et puis….
Que narrer quand certains qui vous sont proches ne voient dans vos engagements ecclésiaux qu’un joujou, qu’un hochet divertissant ? Et qu’un sourire devient provocateur dans un entourage où règne le mal-être ? Oui, rentrer devient bien difficile…
Mais saint François est le saint de la joie, celui de l’apesanteur qui prend toutes les libertés, qui abolit les distances et nos limites trop humaines, osant l’audace qui, à son tour, libère en nos cœurs le principe de la louange.
Alors, sur ses traces, rentrer peut devenir sourire. Alors, sur ses traces, rentrer peut nous apprendre à offrir notre regard, à le laisser se transformer pour qu’il devienne Celui du Christ,
Alors, sur ses traces, chanter Alléluia Dans la pauvreté et la simplicité de la joie.
Mais un vide qui crée l'espace d'un appel, d'un désir.
Un vide confiant, car espérant,
Entrevoyant comme une lueur dans
la Nuit,
Comme un à-venir, qui serait plénier et rayonnant.
Un samedi dont vous pouvez aussi
profiter du « vide » qu'il offre, non pour dormir mais bien pour signer cet
important appel à la vérité : http://www.appelaverite.fr/
« Il y a tant de choses à dire sur la fin de mars,
que nous nous trouvons dans la nécessité de choisir. C’est la fête de l’Annonciation ;
mais c’est aussi la fête de l’Incarnation. Car l’Incarnation, après l’Annonciation,
ne s’est pas fait attendre. »[1]
« Le mois de mars, disent les Bollandistes, est le
premier des mois. C’est en mars, disent-ils, que le monde a été créé, en mars
que le Rédempteur a été conçu. Le mois de mars est le premier mois que la
lumière ait éclairé. Le Fiat de Dieu qui a ordonné à la lumière de naître, et
le Fiat de la Vierge qui a accepté la maternité divine ont été prononcés tous
deux en mars. […]
Ces anniversaires ne sont pas des coïncidences. Ils se
répondent les uns aux autres comme les échos se répondent de montagnes en
montagnes.
Ils marquent les heures sur l’horloge du temps. La nuit
qui guidait les Hébreux dans le désert était faite de lumière et d’ombre. Le
plan gigantesque qui embrasse la création, la Rédemption, la consommation, est
tantôt obscur et tantôt lumineux. La main qui guide l’humanité tantôt baisse et
tantôt soulève le voile derrière apparaissent les mystérieuses et solennelles
harmonies. »[2]
Mystérieuses
et solennelles harmonies, symphonies printanières, taquinerie gracieuse du jeu
d’écho.
Demain
commencera un autre mois, demain s’ouvrira le Triduum Pascal : ouverture en service majeur d’une apothéose.
Demain
s’éveille ce qui mène à l’aurore d’une autre Vie,
D’un
moi(s) qui répond à l’a/Autre,
Dans
la vigoureuse fraîcheur d’un éternel commencement.
[1] Ernest Hello, Physionomie des saints, « La fin de
mars ».
À
voir nos sourires, l’on comprend qu’ils sont ancrés dans le temps, dans ces
étés d’enfance passés si souvent ensemble, dans la complicité des jeux ;
puis, en grandissant, dans celle des lectures estivales, qui forgeaient nos
esprits et dont nous aimions tant à débattre autour du si aristocratique thé
qui nous réunissait tous les jours autour de notre grand-père. Époque passée,
mais époque fondatrice que je ne puis évoquer sans tendresse.
Sans
être toujours l’un près de l’autre, sans proximité particulière, nous ne nous
sommes jamais vraiment quittés non plus, nous voyant avec plaisir sans qu’une quelconque
contrainte de régularité soit de mise : simple plaisir d’être ensemble.
Avec
le temps, les discussions gagnaient en profondeur et atteignaient des zones
dont la pudeur empêchait souvent de parler en groupe, dans une famille où ce n’était
souvent guère in… Et il y a maintenant
quelques mois qu’il m’a parlé d’une envie, d’un projet, pour lequel je pouvais
faire quelque chose. Je lui ai donné quelques mots, quelques numéros…
Et
A. s’est mis en route.
Avec
courage, avec envie, avec désir.
Chemin
qui n’est pas tracé tout droit, peu prévu, peu prévisible, mais chemin où la
liberté grandit : et c’est beau, simplement très beau.
Lors
de la Vigile Pascale, A. fera sa 1ère communion : je crois que,
pour qui nous verra, nos sourires en diront alors encore un peu plus long que d’ordinaire. Comme une histoire d'action de grâce.
Hier
et ces jours-ci, je me promène dans la sacristie. La neige, les arbres (ah,
photo de retraite !), le Carême, tout ça et le reste. D’ailleurs, si vous,
vous savez comment vivre votre Carême, je suis toujours preneuse, hein.
Assurément pour devenir « ambassadeurs
du Christ. […] Et puisque nous travaillons avec lui, nous vous invitons à ne
pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu .»
(2ème lecture
du mercredi des Cendres)
Au travail, donc !
Avec la grâce, tout
paraît plus léger, plus transparent... même ces pierres qui roulent sans cesse au fond de notre cœur, nous faisant trébucher, par leur lourdeur, leur rigidité et leur opacité : qu'elles deviennent autant d'occasions de transfigurations.
Le 2 février, c’est la fête de la Présentation de Jésus
au temple : grande, belle fête où l’on ne fait pas que manger des crêpes
(malgré les apparences, je sais) mais où Syméon et Anne nous sont donnés comme
modèles de l’attente pleine d’espoir du Christ, vraie lumière du monde. À notre
tour, nous allumons des cierges qui sont bénis : invitation à l’espérance,
invitation à la joie, invitation à être à notre tour lumières du monde. Car,
comme le dit l’Évangile, l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le
boisseau ! Invitation à laisser transparaître la lumière du Christ dans nos vies pour en
rayonner plus loin, toujours plus loin. Je la trouve vraiment belle cette fête…
et bien au-delà des crêpes.
Le 2 février, c’est aussi la fête de la vie consacrée,
notre fête à chacun puisque Dieu nous a tous choisis, individuellement, et
consacrés lors de notre baptême. Mais aussi et surtout la fête de tous ceux qui
ont consacré toute leur vie au Seigneur d’une manière toute particulière, le
choisissant comme leur Tout.
Souvent peu visibles, souvent peu audibles, fondus dans
la masse, dans un recoin d’une paroisse ou cachés dans la profondeur d’un
monastère, les oublier serait facile, trop facile... Mais mon billet de ce jour
est aussi pour eux, pour rendre grâce de ce qu’ils sont, eux tous, multitude de
visages connus et inconnus, multitude de priants, les pieds sur terre, le
visage au ciel dans leur incroyable et admirable diversité. Et pour rendre
grâce plus particulièrement pour tous ceux que je connais, de ce qu’ils ont
éclairé pour moi, par leur vie, un aspect de la vie du Christ et, si souvent, un
aspect de la mienne. Rayonnement d’un regard, fulgurance d’une parole,
témoignage d’une vie…
L’Epiphanie, c’est le surgissement d’une présence
dans nos vies, c’est une manifestation soudaine qui vient illuminer notre
existence. J’aime cette fête qui me dit à moi, jeune chercheuse, que je me dois
d’être toujours disponible, tendue vers les signes, petits et grands, qui
viennent manifester au creux de ma vie une présence divine.
C’est aussi ce jour que se développe cette année
une polémique dans l’un de mes diocèses de villégiature, un petit diocèse
sympathique de l’ouest. Une histoire somme toute assez banale, assez humaine,
de bras de fer entre un curé et son évêque. Le problème est que le tout-internet-catholique
s’en empare, pour l’ériger en fer de lance d’une n-ième bataille entre tradis
et progressistes, entre esprit de conquête et de reconquête de part et d’autre.
Les uns râlent sans fin contre leur évêque, les autres veulent mettre à pied un
curé désobéissant : cool.
La joie, la paix, la douceur : trois caractéristiques de cette fête
de la Nativité.
Fête en trois temps aussi pour moi cette année car fête qui se déguste en
trois moments, déclinaison d’un seul et unique événement.
Dans la Nuit, le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une
grande lumière. En plein cœur de la nuit, commémorer et célébrer la venue d’un
tout petit enfant, qui ne nous fait que le cadeau de sa pauvreté et de sa
fragilité. Et, devant la pauvreté d’un Dieu fait homme, s’agenouiller…
À l’aurore, alors que les ténèbres règnent, que les rues sont vides, que
les yeux s’ouvrent difficilement, que le froid nous saisit, se lever pour
accueillir Celui qui est la Lumière du monde. Venir les mains vides, offrant
simplement notre présence, notre vie, comme cadeau. Il est né ! Il est né…
Avoir envie de le clamer sur un parvis où le jour, enfin, s’est levé !
En plein milieu du jour, enfin, explosion de la joie de la Nativité !
Dieu s’est fait homme….
Cela valait bien le coup de le dire trois fois différemment, pour donner
ses trois dimensions à un événement qui dépasse les nôtres :
Longueur : durée infinie
Largeur : le monde entier.
Epaisseur : au plus profond du cœur de l’homme.
Et le Verbe s’est fait chair, et Il a habité parmi nous.
Pour donner à notre temps humain toute sa direction, par un petit enfant,
dans la simplicité d’une crèche.
C’est honteux ! Une semaine que je suis rentrée de Taizé et je n’en
ai pas encore causé ? Bon, j’ai des excuses mais tout de même ! En un
mot, comme toujours, Taizé, ce fut… bien. Comme toujours.
Et il n’est rien à en dire de particulier, comme toujours.
Sinon, comme jamais et comme toujours ce plaisir de la communion, cette joie
fraternelle à se retrouver. À la dimension du monde, à la dimension d’un pays, à la dimension d'une communauté, à
la dimension des connaissances (Alto séquanais, Manchots, et même un Dijonnais
égaré par là),à la dimension de soi.
Parce
que vous êtes sûr de l’avoir vraiment bien lu ?
Et
parce que, oui, d’accord, j’ai besoin d’un peu de temps pour écrire un billet consistant…
2ème lecture
de la fête de la Toussaint (1 Jn 3, 1-3)
Mes bien-aimés, voyez comme
il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons
appelés enfants de Dieu - et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut
pas nous connaître : puisqu'il n'a pas découvert Dieu.
Bien-aimés, dès maintenant,
nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore
clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons
semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est.
Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même
est pur.