Zabou the terrible

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samedi, novembre 26 2016

Entrée en Avent 2016

 

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On entend souvent que l’Avent, ce temps de préparation à Noël, est le temps de l’Espérance par excellence. On a envie d’y croire, de se rappeler encore et toujours de la petite fille Espérance de Péguy ou de cette bougie d’Espérance capable de rallumer toutes les autres… Surtout en ces jours où les nuits augmentent tant qu'elles semblent triompher sur le jour.  

 

Quand la nuit pèse encore sur la ville et qu’il est temps de partir travailler, j’ose, justement, espérer la lumière diurne que je vois poindre à l'horizon, comme un encouragement ! 

A toi que je ne connais qu'à peine et que j’ai croisée si triste hier, j’espère ta joie ;

A toi qui trembles de douleur dans ton lit d’hôpital, alité depuis des mois, j’espère ta santé, j’espère ta joie ;  

A toi qui multiplies les c****ries à l’école de plus en plus et qui refuses de les admettre, j’espère la révélation de ce « meilleur » en toi ;

A toi qui trembles devant la participation à un événement que tu ne veux pas voir, j’espère ta venue, j’espère ta joie ;

A toi qui sembles recevoir si durement les coups bas de la vie en ce moment, j'espère des jours meilleurs, j'espère ta joie ; 

A toi qui viens de perdre un proche, j’espère pour lui, j’espère pour toi... 

 

Quand nos nuits et toutes les nuits humaines de la souffrance, malheureusement si innombrables que cette litanie ne saurait les contenir, semblent si présentes, je T’espère Seigneur ! 

J’espère Ta venue comme une audace non triomphale mais fragile,

J’espère..

J'espère comme une simple prière, tendue vers Toi.

 

Dans quelques jours aussi, je m’engagerai pour toujours à la suite du Seigneur et, évidemment, cela marque mon Avent d’une tonalité spécifique.

Est-ce que j’espère ? Qu’est-ce que j’espère ?

Finalement, je ne le sais pas : ou plutôt si, je pressens un bonheur promis, dans l’audace libre d’un « oui » obtenu à l’aune d’un « je t’aime » susurré en mon cœur. Ce bonheur, je le désire, je l’espère !

Je ne sais pas non plus si ma vocation, si méconnue chez la plupart des chrétiens, est réellement « espérée », en dehors de mes amis et connaissances. Mais elle est le fruit, par la prière très certainement, de l’inattendu de Dieu qui, j’ose le croire, espérait mon oui, l’espère et l’attend. Il espère ma joie, mais surtout Il m’espère !  

 

C’est le plus beau tout ceci : non pas notre espérance humaine, mais celle de Dieu.

Dieu qui nous espère toujours, même dans et même après nos pires merdouilles, même dans nos pires nuits ;

Dieu qui nous espère toujours comme Il nous voit, comme Il nous aime.

Peut-être que l’Avent, c’est autant le temps d’apprentissage de l’Espérance que le temps d’apprentissage à être espéré :

Parce que, sous ce regard d’espérance, on a envie de grandir,

On a envie d’accueillir le Christ comme notre sauveur ! 

 

Fais paraître Ton jour et le temps de Ta grâce !

 

 

mercredi, septembre 14 2016

La grâce, cette poésie de Dieu dans la vie

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"Avant d'agir politiquement, la foi agit poétiquement, crée le regard neuf, chante le Magnificat, c'est-à-dire abat la puissance, relève ce qui est à terre, non par envie, à cause d'une perception spontanée des choses, hors de l'aveuglement. Elle voit la force dans la faiblesse, la gloire dans la dérision. L'énorme absurdité de la Croix brise ce qu'on nomme réalité." 

 

In Jean Sulivan, Matinales

lundi, août 3 2015

Vacance(s) et présence

 

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C’est drôle, ce besoin de s’éloigner pour se recentrer,

Ce besoin de marcher pour mieux s’arrêter sur le quotidien,

Ce besoin de s’élever pour mieux contempler,

Ce besoin de changer de rythme pour reprendre une juste cadence,

Ce besoin d’être seul(e) pour mieux rencontrer,

Ce besoin de rencontrer, pour savoir être seul(e),

Ce besoin de se taire pour mieux écouter et mieux parler.

 

C’est drôle, toutes ces recherches et tous ces constats presque contradictoires tendus vers Toi, Seigneur,

Alors même que Toi, Lumière, où qu’on soit, Tu es toujours là.

 

jeudi, avril 30 2015

Miroir déformant ?

 

Y a pas que les copies dans la vie... Y a l'aide à la sacristie ! #nettoyageprintemps

 

Essuyer délicatement et avec soin des taches de cire venues on ne sait comment sur ces deux vases sacrés ;

Les laisser à côté de l'amas des copies corrigées... comme un fruit du travail de l'homme (!) ; 

Contempler, amusée, sur leur surface mon visage quelque peu déformé, flou, pas net... mais où l'on me reconnaissait quand même ;

Et s’il en était un peu de même de l’image de Dieu en moi ?

Et mon "moi" d'être peut-être comme un miroir à polir et à laisser se colorer de manière personnelle pour qu’il se fasse vitrail.

 

lundi, avril 13 2015

De qu(o)i silence est-il le nom ?

 

Chez moi, c’est souvent calme, c’est souvent silencieux…

Et comme par un fait exprès, j’aime le calme, j’aime le silence.

Repos des oreilles et du cerveau, le soir, après les journées collégiennes bruyantes, certes, mais pas uniquement :

Goût, saveur, choix de ce silence.

 

Silence du travail, de la concentration ;

Silence habité de la méditation,

Silence pensif de la réflexion,

Silence étonné ou admiratif d’un regard posé,  

Silence dense de la prière,

Silence chantonnant, habité d’une ritournelle…

 

Tous les silences ne sont pas les mêmes.

 

Il est des silences bruyants, que je ne sais emplir que du bruit de moi-même.

Il est des silences pleins d’internet, de réseaux sociaux, importants parce que divertissants et communicants, certes, mais qui ne savent trop souvent que rester qu’à la surface de nos vies, même s'ils peuvent aussi être des germes. 

A côté de ceux-là, le silence de la prière pourrait sembler plénier s’il n’était pas également d’une qualité chancelante : heureusement que la qualité de la prière ne se jauge pas à l’aune de celle de son silence mais à l’habitation laissée à l’hôte intérieur !

 

En réalité, à côté de ceux-là, il y a le silence attentif…

Ce silence-là, justement, peu resplendissant, qui n’est qu’attention petite, pleine, à la vie et à l’instant présent.

Ce silence-là se détecte à la qualité du geste, même petit, posé, du geste même insignifiant, simplement vécu et voulu comme habité et qui devient alors d'une justesse presque transfigurée.

Ce silence-là sonne comme un instant volé à la plurivocité de nos jours pour les orienter,

Ce silence-là n’est que présence, révélateur d’une Présence.

 

mardi, mars 3 2015

L'offrande du mendiant : à l'école de Sa pauvreté

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Ai lu durant les vacances L'Offrande du mendiant : quelques pages, fioretti d'une "communauté nouvelle", la communauté de l'Agneau, rameau descendant du solide tronc des nombreuses fondations de saint Dominique. 

 

Un charisme, une intuition : retrouver et s'enraciner dans la pauvreté et la mendicité des origines. S'ensuivent de beaux récits, tous pleins de la grâce de Dieu qui aime tant à s'écrire en clins-Dieu, à l'aune de Sa Parole, souvent rappelée en épigraphe ou au gré des récits : car la Parole n'est pas ici simple illustration, elle est au contraire vécue, incarnée, dans ces différents récits. 

 

Et pour nous dans le monde "ordinaire", quel intérêt allez-vous me dire ? 

 

Je vous répondrais déjà que se souvenir de la grâce de DIeu agissant dans notre monde, c'est déjà une belle joie et un motif suffisant pour le lire. 

 

Mais sans doute pouvons-nous le lire à plus large vue. Ainsi, pour moi, aimant la marche au long cours, j'y ai redécouvert quelques belles réalités que j'ai pu vivre le long du chemin : notamment cette réalité si grandiose que Dieu pourvoit, que l'inquiétude est de trop, que la confiance seule est essentielle... 

Il ne s'agit pas de jouer au pauvre : il s'agit de savoir ne pas, ne plus être repus, d'apprendre à laisser de la place pour accueillir le don de Dieu chaque jour, "notre pain de ce jour"... En ce sens, c'est aussi un chemin de Carême, c'est aussi un chemin de vie pour chacun. 

 

mercredi, février 18 2015

Comme un trésor inconnu

 

- Bonjour mes sœurs !

Elles sont quatre, chacune portant le poids de l’âge inscrit sur leur visage mais avec de beaux regards clairs, francs et pétillants.

Il faut passer par la buanderie où traîne une table à repasser pour découvrir le trésor pour qui elles ont tout quitté, leur trésor : un petit oratoire soigneusement entretenu, une lampe brillant devant un tabernacle.

Rien d’ostensible, tout d’essentiel.

 

Elles, ce sont les sœurs qui nous ont accueillis pour un soir lors d’une journée de marche impromptue sur la via Francigena entre Clairvaux et Châteauvillain.

Des religieuses ayant un apostolat bien particulier : l’accueil des familles des prisonniers de la centrale d’en face. Car elles ont la particularité d’avoir un curieux voisinage : la magnifique abbaye fondée par saint Bernard, la terrible prison qui y existe depuis plus de deux siècles.

En face, il y a des murs et des hommes ayant commis des actes atroces.

Chez elles, il y a des familles, les familles de ces hommes, rudement touchées… alors qu’on y pense si peu.

 

Elles, ce sont les sœurs qui ont raconté à deux petits pèlerins chrétiens des anecdotes de vie pleines d’humanité.

Elles, ce sont les sœurs qui ont partagé avec simplicité ce qu’elles côtoient, chaque jour : horreur, détresse et espérance.

Elles, ce sont des sœurs qui nous ont touchés par ce que leurs actes et leurs vies disent de la grâce de Dieu :

Rien d’ostensible, tout d’essentiel.

 

C’est en partageant avec elles le repas, le pain et puis la prière, surtout la prière, en frère et sœur du jour, bréviaires en main et croix autour du cou, aux Complies puis aux Laudes, que nous pouvions reconnaître leur trésor, ce – ou plutôt Celui - qui fait la force et l’unité de leur vie.

 

Sur leur tabernacle, il y avait écrit : Ecce agnus Dei.  

Dans leur tabernacle, Lui. 

Comme pour Le reconnaître, en tous ;

Comme pour Le désigner, à tous.

 

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Icône de leur salle à manger

 

lundi, janvier 26 2015

Ciels hivernaux contemplatifs

 

J’éprouve une fascination sans réserve pour les couchers de soleil hivernaux :

Lumineux et pleins de contraste, ils sont toujours porte ouverte à la contemplation.

 

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De ces branches dénudées par le froid,

Ce même froid qui transit notre être,

Qui donne l’impression de mordre…

Et qui pourrait bien ne laisser plus que l’essentiel ?

 

Quand l’hiver casse et dépouille,

La tentation est grande de se racornir,

De se replier sur soi pour protéger ce qui reste.

 

Les grands arbres tendus vers le ciel restent invitation à l'inverse :

Rester debout dans l’hiver, pour affronter la nuit qui vient ;

Tendre, mêmes nues, nos mains vers le ciel pour la louange ;

S’étendre au maximum de ce qui nous est donné, sève des jours ;

Être heureux d’être planté en cette terre, puisque c’est Dieu Lui-même qui nous y invite !

 

Et, comme la lanterne du réverbère,

Apprendre à briller,

Apprendre à rayonner d’une lueur qui ne nous appartient pas et nous traverse avec une permanente douceur. 

 

mardi, janvier 6 2015

De bon matin, j’ai rencontré le train ?

 

 

Mosaïque de Rupnik, sanctuaire St Jean-Paul II, Cracovie

 

Au lendemain « des » fêtes, j’ai toujours l’impression d’une gueule de bois généralisée. Non pas que tout le monde ait commis des excès alcoolisés, non pas que Noël soit sur le même plan que le 1er janvier mais il semble que tout le côté magiquement doux qui point à l’approche de Noël se soit estompé. Les gens paraissent fatigués, sans envie et avec si peu de joie. Bonne année ? Vraiment ? Et dire qu’il va falloir s’empiffrer ces galettes dont la première réjouit et qui, passée la quatrième, étouffent leur chrétien…

 

Pourtant, chrétiens, nous sommes dans le temps de Noël jusqu’à la fête liturgique du Baptême du Seigneur.

Pourtant, chrétiens, nous devrions vivre de Noël l’ensemble de notre temps afin de toujours chercher à accueillir et à mettre Dieu au centre pour qu’Il soit notre vie.

 

J’y songeais en ce jour qui rappelle l’Épiphanie, cette manifestation de Dieu à tous les hommes, quoique nous l’ayons fêtée en France le week-end dernier.

J’y songeais dans le métro, en fait. Le métro, ce grand lieu de passage où l’humain semble si peu important pourtant.

 

J’ai regardé.

J’ai vu ce doux et tendre abandon d’une jeune femme sur l’épaule de son bien-aimé.

J’ai vu cette étudiante qui lisait, concentrée, un ouvrage à l’aspect abscons.

J’ai vu cet asiatique en train de manger des abricots secs, le nez en l’air, la musique dans les oreilles.

J’ai vu cet homme déjà âgé en train d’expliquer à une femme plus jeune des bribes sur le Paris historique.

J’ai vu ces jeunes gens en train de rire ensemble.

J’ai vu cette femme à l’air si triste, regardant un texto qui la rendait encore plus mélancolique.

J’ai humé la poésie ordinaire de la vie…

J’ai pris le temps de regarder et j’ai vu de l’humanité.

Des hommes et des femmes pour qui le Seigneur est venu,

Des hommes et des femmes infiniment aimés…

Regard qui réchauffe le cœur à la lueur de la Foi !

 

L’Épiphanie, finalement, elle passe peut-être avant tout par la vue, par le regard, le nôtre.

Après tout, les mages « ont vu se lever Son étoile » pour « venir L’adorer » ;

L’Épiphanie, comme un appel à ne pas rester de bois,

L’Epiphanie, comme un appel à lever la tête,

L’Épiphanie, comme un appel à voir ces étincelles de vie où Dieu se dit.

 

mardi, novembre 4 2014

Table poétique de conjugaison

Sur mon bureau, un délicieux mélange de genres qui se mêlent et s'additionnent... 

Mais peut-être cela revient-il, finalement, à conjuguer de concert les verbes vivre et aimer ? 

... ut in omnibus glorificetur Deus ! :) ... 

samedi, octobre 4 2014

Comme une fête de feu, comme un feu de fête

 

Certains soirs, certaines dates, certains jours sonnent curieusement dans notre cœur ;

Ou plutôt, non, ils résonnent comme une analepse[1] pas du tout insidieuse :

Ils n’ont pas non plus la saveur d’une madeleine de Proust car ils sont bien plus forts que tout cela ;

Ils conservent au fil des ans le caractère indélébile d’une brûlure.

 

C’était un jour de pluie cette année-là ;

Il y avait eu une confession et une absolution,

Il y avait eu une parole posée,  

Il y avait eu des larmes,

Il y avait eu une joie sans pareille.

 

Quand des paroles font entendre la Parole ;

Puis quand la Parole prend feu ;

Tu te trouves soudain un peu comme Moïse face au buisson ardent : imbécile ne sachant que faire, surpris et tellement pas à la hauteur que tu as envie d’enlever tes sandales avant même qu’on ne te le demande ;

Tu te trouves soudain follement aimé : et les mots que tu avais entendus pourtant depuis des années, que tu connais par cœur, ne sont plus les mêmes ;

Tu es aimé et c’est Sa voix que Tu entends dans s/c/Ses mots ;

Ce ne sont plus des paroles vagues et impersonnelles :

Tu sais que ta vie de foi est devenue infiniment personnelle et, surtout, infiniment relation.

Il y a des jours où, plus que d’autres où Il t’échappe (en apparence !), eh bien, même si cela fait pompeux de dire cela, tu sais que Tu as rencontré Dieu.

 

Ce jour sonne un peu différemment pour moi cette année maintenant que celui qui m’avait alors donné le pardon du Seigneur est reparti vers Lui, justement ;   

Mais ce qu’il m’avait transmis ce jours-là, c’étaient en quelque sorte les lettres de Son Nom, lettre(s) d’Amour entre toutes, qui sont restées gravées sur mon cœur et dans ma mémoire depuis ;  

Mais la route continue, et tout spécialement demain,

Car « un jour de plus se lève, Jésus en moi veut le vivre ». (Madeleine Delbrêl)

 

 



[1] Un flash-back si vous préférez mais le terme est moins élégant. 

mardi, septembre 9 2014

Si, parfois, tu crois ne voir que de la fumée, n’oublie pas

 

 

« Dieu se dit à Moïse par le buisson en feu. Et Jésus : ‘Je suis venu mettre le feu et ce que je veux c’est qu’il flambe’.

 

A part la terre et les astres éteints, l’univers n’est que feu, dit-on. Dieu travaille comme le feu jusqu’à ce qu’il soit tout en tous. A la Pentecôte la foi commence par une mise à feu.

 

Certes, au long de l’histoire, il arrive qu’on ne voie que de la fumée. Mais il n’y a pas de fumée sans feu. »

 

 

Jean Sulivan, L’Exode, p. 206

 

samedi, août 30 2014

Août Secours Alimentaire : un témoignage parmi d’autres

A la demande d'une des responsables de l'antenne de Colombes, j'ai rédigé un (tout) petit témoignage sur Août Secours Alimentaire, cette formidable association que j'aide quelques heures (trop peu, hélas) chaque année. Je le partage ici : puisse-t-il susciter des vocations de bénévoles et des initiatives du même acabit "parce que la faim ne prend pas de vacances" ! :) 

 

 

 

Il est 16h : des tas de nourriture ont été placés sur les tables et, autour, les uns et les autres commencent à s’affairer mais, dans cette fourmilière-là, on n’oublie jamais de se saluer, avec un grand sourire : car c’est d’humain et d’humanité qu’il s’agit ici. Certains sont derrière les tables et distribuent les produits pour constituer les sacs, tandis que d’autres les portent : il s’agit des colis repas qui seront distribués à partir de 18h à ces familles, à ces personnes seules, démunies, dont Août Secours Alimentaire est la seule ressource au mois d’août.

 

Voilà quelques années que, lors de mes passages en région parisienne au cours des vacances, je viens ici comme bénévole. J’ai toujours été marquée par le fait qu’ici rien n’était hiérarchique tout le monde sert à sa mesure, selon qui il est, selon ses possibilités et ses impossibilités : chacun est important dans la construction de l’édifice et c’est dans cette cohésion que naît un ciment qui tient bon.

 

Un édifice pour moi bâti sur le roc du Christ, dans la diversité des croyances des accueillants comme des accueillis mais j’aime ce petit moment où, avant d’ouvrir la distribution de ces repas, on nous lit une pensée de Sr Rosalie Rendu à qui est confié le projet. Il s’agit d’humains, il s’agit du Christ qui vient à notre rencontre en eux.

 

Souvent, pour ma part, je porte les colis, tâche assez mécanique, mais, toujours, il y a un bonjour avec ces personnes ou, en cas d’incompréhension de nos langues, il y a un échange de sourires. Et ça, ça me semble tout aussi important que la nourriture qui est donnée. Je ne connais pas l’histoire de ces personnes en face de moi mais je sais que, pour la plupart, elles vivent des histoires compliquées, lourdes. Leur tendre juste de la nourriture n’aurait pas de sens si nous ne pouvions, avec elles, partager quelque chose de nos vies. J’aime penser qu’Août Secours Alimentaire, c’est un peu comme une pastorale du sourire parce qu’on y parle, parce qu’on y vit une expérience d’humanité, de vie, profonde, simple et vraie.

 

jeudi, août 28 2014

S’Il te donne la grâce de Le rencontrer, sois son prophète par ta vie, sans crainte !

 

Regarder dès à présent sur la suggestion du futur prédicateur la 1ère lecture de dimanche prochain sur aelf.org ;

Et voir ce sous-titre donné à la lecture : « Le prophète doit souffrir pour son Dieu » peu engageant au prime abord ;

Et lire, et finalement sourire : c’est d’un texte particulièrement aimé qu’il s’agit là !

 

Un texte qui ne présente pas la vie en rose, certes, qui parle de « raillerie », d’« injure » même et de la violence dont le prophète doit faire preuve pour parler en Son nom.

Mais ce texte, il dit l’essentiel, il dit la vérité d’un feu brûlant, d’une séduction qui n’est pas captatrice : alors, en réalité, ce n’est pas de « séduction » dont il s’agit mais d’amour.

La séduction, ça rime avec tentation : avec Sa grâce, on peut y résister ;

La seule « séduction » que puisse faire le Seigneur, elle a nom Amour : et on ne peut que s’y sentir enflammé, brûlé sans que cela s’éteigne, à tel point de ne pouvoir résister.

Oh, on pourrait, bien sûr, c’est la liberté… mais qui a envie de dire non à l’amour ?

 

J’entends en écho St Augustin que nous fêtons ce jour :

Je t'ai aimée bien tard, Beauté si ancienne et si nouvelle, je t'ai aimée bien tard ! Mais voilà : tu étais au-dedans de moi quand j'étais au-dehors, et c'est dehors que je te cherchais ; dans ma laideur, je me précipitais sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi, et je n'étais pas avec toi. Elles me retenaient loin de toi, ces choses qui n'existeraient pas si elles n'existaient en toi. Tu m'as appelé, tu as crié, tu as vaincu ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi, et tu as dissipé mon aveuglement ; tu as répandu ton parfum, je l'ai respiré et je soupire maintenant pour toi ; je t'ai goûtée, et j'ai faim et soif de toi ; tu m'as touché et je me suis enflammé pour obtenir la paix qui est en toi.

 

Et ces paroles de Jérémie, donc, si souvent lues, entendues, écoutées, méditées :

« Je me disais : « Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom. » Mais il y avait en moi comme un feu dévorant, au plus profond de mon être. Je m'épuisais à le maîtriser, sans y réussir. »

 

Je les aime ces paroles, parce que, souvent, ces paroles, comme Jérémie, je me les suis dites : il y a des jours où, sachant l’antagonisme rencontré ici ou encore là, je n’ai pas envie de parler de Lui, je n’ai pas envie de vivre de Lui…

Il y a des jours, oui, trop nombreux ces jours, où j’ai peur…

Mais qui ne saurait vivre quand l’amour l’anime ? L’anime au sens étymologique du terme : quand l’amour fait vivre son âme et, donc, alimente sa vie ? 

 

J’entends encore en écho Isaïe dans le chant du Serviteur souffrant « j’ai rendu mon visage dur comme pierre » mais… mais la raillerie le transperce, même si nous sommes sûrs de ne « pas être confondus ». 

Parce que Le rencontrer, c’est apprendre à aimer ;

Parce que Le rencontrer, c’est devenir plus vulnérable : comment aimer si l’on n’a pas abaissé ses barrières, si l’on ne choisit pas de devenir chaque jour plus « désarmé » ?

On ne peut aimer, barricadé derrière des protections : pas d’amour vrai sans risque.

Un disciple n’est pas plus grand que son maître : et Lui, Il est mort sur la croix ;

Oui, le prophète – c’est-à-dire nous aussi par notre baptême – devra souffrir pour son Dieu, le sous-titre donné par le site a raison…

Mais est-ce vraiment l’essentiel à titrer ?

 

En nous laissant rencontrer par Lui, il y aura toujours ce feu brûlant

Ce feu d’un « je t’aime » qui parle au plus profond de ton cœur ;

Ce feu d’un Dieu qui change ta vie, en profondeur,  

Ce feu qui déborde car tu ne saurais le maîtriser,

Ce feu qui te donne l’envie, que dis-je, le désir d’en faire un titre de ta vie, un « Il t’aime, tu sais ? » à la face du monde,

Qui que tu sois, quoi que tu fasses, où que tu sois,

Car, ô enflammé par Lui, tu sais qu’Il est avec toi.

 

 

 

jeudi, avril 10 2014

D’émois de Toi

 

A chaque fois, quand je prends une douche là-bas, je me rappelle des copains, d’une retraite ensemble et de ce délire-là d’imaginer, à chaque fois, les moines en train de suer à la tâche et de nous maudire quand nous avions besoin d’eau chaude ;

A chaque fois que je prends une douche là-bas, je pense à cela et j’explose de rire toute seule sous la douche.

 

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vendredi, mars 28 2014

Le Carême, c’est comme…. #6


Le Carême, c’est comme…

 

…. le genre fantastique !

 

Le genre fantastique, vous connaissez ? Non, je ne vous parle pas de suite d’un truc bizarre avec des vampires et des fantômes mais je pense plutôt à la définition littéraire de la chose. Celle de cette hésitation entre le réel et le surnaturel, cette définition de Todorov par exemple :

 

« Le fantastique, c’est l’hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles face à un événement en apparence surnaturel. »

 

Parce que, dans nos vies, Dieu est là et que, parfois, souvent, nous ne le voyons pas, nous hésitons, nous renâclons. En un certain sens, il faudrait sortir de cette hésitation mais, avoir la Foi, ce n’est pas non plus oublier le « naturel ». Selon la belle formule de mon évêque administrateur apostolique Mgr Daucourt lors de la messe chrismale 2012, les « chrétiens sont des réalistes qui donnent le primat à la grâce ».

 

Du coup, il s’agit d’apprendre à mieux distinguer le Seigneur à l’œuvre dans notre monde. Et pour cela, 40 jours pour mieux distinguer le surnaturel gracieux des nos jours : bref, le carême, c’est fantastique ! ;-)

 

 

 

P.S. 1 : En plus, t’as même le droit de t’exposer à la lumière alors enlève ces machins qui te barricadent ! 

P.S. 2 : et puis, Dieu, il ne te demande pas ton sang, il aimerait juste tellement ton amour !

 

mardi, décembre 31 2013

J'aime assez qu'Il nous aime comme ça


à tel point qu'Il nous a même donné son Fils ! 


P.S. : et vu qu'Il n'élargit pas encore les journées pour nous laisser pleine liberté, je sais que j'ai des messages de certains d'entre vous qui attendent réponse : les journées furent bien chargées mais... ça vient ! ;-) 


lundi, novembre 11 2013

Parce qu'Il est toujours là


C'est un oratoire, un tout petit oratoire perdu dans la campagne. 

Il y a un calvaire, quelques statues, au détour d'un virage et un tout petit toit pour les protéger. 

J'aime bien y passer quand je me balade dans le coin. 

J'ai souri cette fois-ci en constatant que des fleurs y avaient été placées, qu'une veilleuse y avait été allumée : 

Signe qu'on s'occupait, qu'on aimait l'endroit certes, 

Mais surtout petite flamme de rappel que Dieu est là, tout le temps ; 

Qu'Il nous attend, qu'Il nous appelle. 


Il ne faut parfois pas grand chose pour nous en souvenir : 

Une bougie allumée, 

Un sourire, 

Un beau lieu, 

Une musique qui nous Le rappelle, 

Une main posée sur notre épaule, sur notre tête, 

Un simple et doux moment de prière. 


Tout cela comme autant de flammèches d'un Amour toujours brûlant, toujours pressant… 

Il est là, Il t'attend : et toi, là, passant ? 

Et toi, là, vivant, prendras-tu, perdras-tu, ce moment gratuit avec Lui dans le silence de ton coeur ? 



P.S. En m'approchant, j'ai encore plus souri de voir en dessous de la bougie la petite pub pour un site internet chrétien. Et ça tombait bien, c'était le même jour de lancement d'un autre site lancé par l'Eglise catholique en France : http://jesus.catholique.fr/ 

Parce qu'Il nous attend toujours, même quand on ne L'attend pas et même au détour d'un clic ! 


vendredi, novembre 8 2013

Coeur aux aguets


"Dans la solitude, notre coeur de pierre peut se changer en un coeur de chair, notre coeur révolté en un coeur contrit, et notre coeur fermé en un coeur capable de s'ouvrir à tous ceux qui souffrent." 



H. NOUWEN

samedi, novembre 2 2013

Mission - voici l'Agneau de Dieu


             C'est une mission qu'il m'aura fallu un peu de temps pour accepter… "Berger" d'une nouvelle session de l'Ecole de Prière Jeunes de mon diocèse. Le truc enthousiasmant, certes, surtout quand on trouve la proposition de l'EPJ absolument géniale et qu'on y a goûté plusieurs fois comme animatrice, mais qui fiche un poil la pétoche et la pression : tout à créer malgré la base commune très bien conçue mais surtout une question terrible "est-ce que j'en serai capable ?". Il y avait plein de raisons qui me faisaient hésiter, dont mon âge pour une mission qui est autant concrète que spirituelle. J'ai beaucoup prié, beaucoup discuté et beaucoup écouté. Et il aura fallu un "fais confiance à l'Esprit Saint" épiscopal pour que je me décide finalement à dire oui. 


            J'ai dit oui en me disant que je devais vivre cette mission dans cet élan spirituel. Ainsi, en même temps qu'avec ma super équipe on préparait cette belle semaine, je me suis donc cherché puis trouvé mon signe de bergère à moi : ce fut un sweat avec, au dos, un mouton une Bible à la main et la citation du psaume "le Seigneur est mon berger" afin de toujours replacer mes actes dans le seul vrai Berger qu'est le Christ. Appel et rappel pour moi à ne chercher à placer mes actes que dans cette unique dynamique : à être ferment d'unité du "troupeau" des jeunes et des animateurs, à transmettre Sa Parole pas la mienne, à ne les rassembler qu'en Lui. Chemin de conversion… 



               La semaine a commencé : j'ai découvert de nombreuses choses. Il y a eu des moments pas faciles et d'autres - la majorité ! - merveilleux. Instants de vie et de mission à prendre le temps de relire. 


                Et puis, il y a aussi un moment particulier qui m'a comme donné la clef de la mission qui m'était confiée. Voyez-vous, la petite P., sept ans et quelques, a passé sa semaine à venir chercher ma main et à me bombarder de questions diverses (quand, avec ses copains, ils ne m'infligeaient pas une séance d'attaque par les chatouilles : dure est la vie d'une bergère !). Jeudi soir, lors de la procession du St Sacrement, c'est donc tout naturellement qu'elle vint à côté de moi pour chanter, pour prier… Soudain, j'eus droit à une question : "Pourquoi on marche comme ça derrière l'hostie ?". En commençant à répondre et en lui désignant d'un geste l'ostensoir, je me suis rappelée de saint Jean-Baptiste, désignant et disant "voici l'Agneau de Dieu"… Mon saint préféré pour une multitude de raisons mais la première et la plus grande c'est qu'il ouvre toujours davantage au chemin du Christ. Toujours plus s'effacer pour Le laisser grandir : j'ai été profondément touchée de cet accord que je percevais soudain comme sens premier de la mission, un simple mais puissant appel à ma propre conversion. 


                C'était même une découverte lexicale vivifiante : car c'est vraiment très beau que l'autre nom de "mission", dans l'Eglise, soit "conversion". 


 

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