Zabou the terrible

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vendredi, décembre 9 2016

Une simple invitation

 

Comme une simple invitation à tous mes lecteurs...

... à prier... :-) 

Merci à chacun ! :-) 

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lundi, novembre 7 2016

Regarder pousser...

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Grandis. 

C'est le mot qui m'est venu en tête en les voyant vendredi soir. 

Je l'avoue, je suis venue en traînant un peu les pieds : c'était quoi encore cette invention de cérémonie de remise des diplômes du brevet alors qu'on a une cérémonie en interne fin juin/début juillet pour tous les niveaux, récompensant nos élèves les plus méritants. 

Et puis, je les ai vus, mes pieds se sont allégés et j'ai changé d'avis. 

Les revoir ces anciens 3èmes, quelle joie ! Les revoir grandis, changés et pourtant encore tellement "eux", heureux, joyeux de leurs découvertes en lycée. Certains trouvant cela plus facile, d'autres plus difficile. 

Et tous, anciens bons élèves ou élèves plus difficiles, de nous raconter leurs premières semaines dans un autre monde comme autant de pépiements joyeux... 

Ce n'est pas tous les jours qu'on a la joie de voir des petites pousses de graines semées, parfois par météo capricieuse :
à les voir ainsi, ils ouvrent le coeur à la beauté du professorat et encore plus profondément à l'action de grâce ;
à les voir ainsi, on a envie de continuer à les porter de loin par la prière, pour qu'ils réussissent la vie sous la forme qu'ils auront choisie. 

 

vendredi, septembre 9 2016

Ce qu'il y a de Croissance

Pour la session d'été de l'association CdEP (Chrétiens dans l'Enseignement public : http://www.cdep-asso.org), j'ai été invitée à écrire un témoignage sur l'estime de soi. Il m'a semblé couler de source que ce témoignage devait être la suite d'un précédent billet, intitulé "Ce qu'il y a d'Espérance" car ce que je narre ici en a été la toute simple mais aussi la très belle suite. 

 

Car il y eut une suite, inattendue pour cette élève qui, quelques mois plus tôt, s'était effondrée en larmes à l'issue d'une heure de vie de classe, pleine de doutes... 

 
L'année se déroula, plutôt bien pour cette élève puisqu'elle obtint un de nos diplômes d'élève méritante à la fin de l'année ! J'étais heureuse de la voir si heureuse. 

Le soir de cette remise de diplômes, il est d'usage de poursuivre la soirée par un petit apéritif avec ces élèves et leurs parents. Souvent, les 3èmes accaparent un peu leurs professeurs, partagés entre joie d'aller enfin au lycée et une certaine mélancolie à nous quitter... 

Du coin de l'œil, alors que je plaisantais avec ces grands-là qui allaient nous quitter, je voyais cette élève tourner autour de moi, sans savoir visiblement trop comment m'aborder. Cette élève-là, pourtant alors si joyeuse, hésitait à venir me parler comme elle avait déjà hésité – mais c'est le propre de la plupart des élèves – à me faire la bise lors de la remise du diplôme. Pour l'aider, je me tournai vers elle : "Alors, tu es heureuse ?". 
– Oui ! Mais surtout je voulais vous dire... Merci ! Merci de vos encouragements et puis, surtout... Merci d'avoir cru en moi !" 
Nous y voilà, elle revenait sur ce jour où elle ne croyait plus en elle... 
– Tu sais, l'important, c'est que tu croies en toi ! Tu es une fille super, une battante, continue comme ça !" 

Je n'avais pas besoin de ce merci mais j'étais heureuse qu'il vienne me dire les progrès que cette fille, seule de sa famille pour l'instant à avoir envie de faire des études dans une famille immigrée, avait réalisé dans l'estime d'elle-même. Pas d'orgueil mais comme des petits pas pour avancer dans une meilleure découverte d'elle même, avec plus de justesse : de ses richesses, bien présentes.  
C'était beau et bon, je crois. 

Et, comme chrétienne, je l'ai encore replacée sous le regard de Dieu, dans la prière, cette fois le cœur plein d'action de grâce.

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jeudi, août 11 2016

Don par amour, Amour par(-)don

 

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« Ceci est mon corps,

Ceci est mon sang »

Mystère de la foi !

Que cela soit avec 5 personnes,

Que cela soit avec des millions,

Que cela soit en province, à Paris ou encore aux JMJ,

Même bouleversement du Christ qui se donne,

Même bouleversement du Christ qui se rend présent.

 

Même bouleversement intérieur,

Du Christ qui s’offre à nous par amour,

Simplement par amour.

 

Le Concile de Trente définissait la messe comme un renouvellement non sanglant du sacrifice du Christ… qu’en est-il quand il se termine, quand il s’achève dans le sang ?

Chaque messe me saisit et me renvoie désormais encore plus à cela.

 

Mystère de l’Eucharistie,

Mystère de l’incandescence du don poussé à son degré ultime, qui permet celui de l’homme, porté par cet élan d’Amour, par pure grâce.

 

Désirer le martyre ?

Certainement pas.

Désirer la fidélité, jusqu’au bout,

Désirer être porté(e) dans le don de soi-même dans le seul et unique don du Christ, abandonné, livré, par Amour ?

Certainement.

 

L’assassinat de fin juillet ne fera pas se lever des chrétiens fanatiques,

Mais l’assassinat de fin juillet sera sans doute, selon la formule de Tertullien, « semence de chrétiens » :

Des chrétiens très « radicalisés » car le chrétien, c’est celui qui cherche à aimer comme Christ, qui l’aime et qu’il s’efforce d’aimer.

 

L’assassinat de fin juillet nous fera sans doute entrer toujours plus dans le mystère de l’eucharistie, comme il y a fait entrer d’une manière ultime le p. Jacques Hamel.

Dans le don de l’Amour,

Dans le don par Amour,

Pour y entrer nous-mêmes :

Dans l’Amour par don,

Dans l’Amour sans raison, incompréhensible…

C’est celui-là même qui nous permet de prier et d’entrer 

Dans l’Amour de ceux « qui ne savent pas ce qu’ils font »,

Dans l’Amour pardon.

 

mardi, juillet 12 2016

Rush or not rush ? L'Esprit à haut débit

Presque un mois de silence ici... Le fameux rush de fin d'année ? Certes, pire que jamais en un certain sens du côté de la masse de travail, et n'oublions pas la préparation des JMJ si chronophage, mais il n'y eut pas que cela... il y eut tant et tant !  

https://scontent-fra3-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/13626985_10154339809046133_2864466313191047996_n.jpg?oh=575201b154e19c456bcc68f325cbd02a&oe=57F8E8B8

Quand le Souffle s'amuse à virevolter un peu partout dans ta vie,
A haut débit, de tes élèves à ta propre vie,
Tu regardes, étonnée,
Tu réapprends, au coeur des plus grandes activités,
A contempler, avec une certaine gratuité. 

Ces moments où tu sembles qu'il te faille toujours mieux réapprendre à dire "merci" tant Tu as l'impression de ne le dire jamais assez fort... Alors, écrire ? Il fallait prendre le temps pour le pouvoir à nouveau. 

L'été s'est éveillé en action de grâces... 
Il va être temps de pouvoir à nouveau la partager !
A suivre :-) 

 

P.S. : "Que ceux qui ont des oreilles ou Fb , qu'ils comprennent ! " :-) Pour les autres, eh bien, eh bien... je vous aime quand même ! ;-) 

mercredi, juin 15 2016

Simply the best

http://www.paroissetresses.fr/tous-au-service-de-tous/s.e.malades/le-sacrement-de-la-reconciliation/image_mini 

Se mettre sous le signe de la croix,
Sous le regard de Ta croix,
Et laisser Son ombre illuminer mes ténèbres.

 

Se mettre à l’écoute de Ta Parole, qui va jusque là,
Parole vivante qui se donne jusqu’au bout,
Et laisser Sa lumière irradier les coins les plus obscurs de mon existence.

 

Dans la lumière de Ton Amour,
Repérer les taches qui résistent,
Et discerner ces coins salis qui empêchent Ton amour de rayonner à travers moi. 

 

Venir, tout simplement, confesser Ton amour,
Te confier mes ratages, mes efforts et mes chutes,
Et me laisser, tendrement, réconcilier…

 

T’entendre me dire Ton Amour,
Ton pardon qui est de toujours,
Et laisser ces occasions de faiblesse,
Et laisser ces envers de laideurs,
Devenir chaque fois plus l’occasion d’un rendez-vous, un peu secret parce que complètement amoureux, avec Toi.

 

lundi, mars 2 2015

10 ans ??? 10 ans !!!

 

http://magazine.zankyou.com/fr/wp-content/uploads/2011/07/gateau-geek-patisserie-cupcake-iphone1.jpg

 

2 mars 2005 – 2 mars 2015

10 ans de blogue… qui l’eût cru ?

 

[ton officiel] Je remercie le Seigneur sans qui rien n’aurait été possible…

Et euh, bon, je ne suis pas trop douée pour les discours officiels, je préfère les blagues (pas) drôles et les dialogues amicaux pétillants… [/off]

 

10 ans de blogue,

10 ans de vie,

10 ans à grandir,

10 ans de marche dans tous les sens du terme…

 

Ce fut vraiment bien, dans les hauteurs comme dans les gouffres,

avec vous tous et avec le Seigneur !

 

Comme dix années de vie à regarder, à contempler avec gratitude en priant ce soir… un peu pour vous et avec vous aussi, chers lecteurs, voire, pour certains devenus tels notamment à force de se croiser par ici, chers amis ! :-) 

 

dimanche, novembre 9 2014

Subversif ? Convers-if

 

En semaine, dès que je le peux, je vais à la messe : le matin tôt, en milieu de journée quand un grand trou me le permet, ou encore le soir, fatiguée, après une bonne journée de travail.

 

A chaque fois, je me dis que c’est le moment que je préfère :

Le matin, pour m’éveiller d’une manière particulière avec le Seigneur et offrir par avance la journée qui s’ouvre ;

En milieu de journée comme pour signifier la place centrale qu’a le Seigneur au cœur et au sommet de celle-ci ;

Le soir, comme une offrande finale de tout ce qui s’est vécu en Celui qui a tout porté.

A chaque fois, je préfère ce moment que je vis mais ce n’est jamais une contradiction avec les autres que le dire : c’est juste que ce sont chacun des moments qui me réjouissent, où l’Eucharistie m’émerveille… à chaque fois.

 

Mais aussi, à chaque fois, en semaine, j’ai l’impression d’y aller un peu en clandestinité… Oh pas pendant les vacances mais en période scolaire car c’est un temps aussi fugace que fugitif, que j’ai l’impression de dérober à l’implacable marche du quotidien.

 

Et puis, la messe, et encore plus la messe de semaine, ça sonne un peu à l’oreille comme une vaste subversion du système quand on passe ses journée dans l’enseignement public… D’autant plus que je pense qu’il n’existe pas grand chose de plus subversif qu’une messe : tout y est toujours retourné par rapport à nos habituelles valeurs humaines et avant tout nous-même : l’ordre qui s’y dit est celui du don, de l’amour fou renversant tout.

C’est bon de se le dire, de se le redire quand, parfois, nous laissons l’automatisme s’installer : la messe, c’est subversif. On pourrait dire subversion, on pourrait dire révolution également.

 

Mais tout cela n’est juste que s’il y a conversion avant tous ces mots : la messe, je la reçois avant tout comme l’instrument de ma propre conversion où unissant nos vies à l’offrande de la Sienne, nous Le recevons pour apprendre à nous tourner mieux vers Lui.

Et, c’est peut-être en cela que c’est le plus subversif la messe, par la conversion même infime qu’elle provoque : je crois que ça rejaillit sur tout le reste de la journée… à chaque fois.

 

 

Avec ces chaussures, tu augmentes le degré de potentielle convers-ion au premier pas que tu poses en direction de l'église… ou pas.

(Photo ? Les chaussures de l’aumônier et de la bergère à l’école de prière le jour du Pardon… cela ne s’invente pas !)

 

samedi, octobre 4 2014

Comme une fête de feu, comme un feu de fête

 

Certains soirs, certaines dates, certains jours sonnent curieusement dans notre cœur ;

Ou plutôt, non, ils résonnent comme une analepse[1] pas du tout insidieuse :

Ils n’ont pas non plus la saveur d’une madeleine de Proust car ils sont bien plus forts que tout cela ;

Ils conservent au fil des ans le caractère indélébile d’une brûlure.

 

C’était un jour de pluie cette année-là ;

Il y avait eu une confession et une absolution,

Il y avait eu une parole posée,  

Il y avait eu des larmes,

Il y avait eu une joie sans pareille.

 

Quand des paroles font entendre la Parole ;

Puis quand la Parole prend feu ;

Tu te trouves soudain un peu comme Moïse face au buisson ardent : imbécile ne sachant que faire, surpris et tellement pas à la hauteur que tu as envie d’enlever tes sandales avant même qu’on ne te le demande ;

Tu te trouves soudain follement aimé : et les mots que tu avais entendus pourtant depuis des années, que tu connais par cœur, ne sont plus les mêmes ;

Tu es aimé et c’est Sa voix que Tu entends dans s/c/Ses mots ;

Ce ne sont plus des paroles vagues et impersonnelles :

Tu sais que ta vie de foi est devenue infiniment personnelle et, surtout, infiniment relation.

Il y a des jours où, plus que d’autres où Il t’échappe (en apparence !), eh bien, même si cela fait pompeux de dire cela, tu sais que Tu as rencontré Dieu.

 

Ce jour sonne un peu différemment pour moi cette année maintenant que celui qui m’avait alors donné le pardon du Seigneur est reparti vers Lui, justement ;   

Mais ce qu’il m’avait transmis ce jours-là, c’étaient en quelque sorte les lettres de Son Nom, lettre(s) d’Amour entre toutes, qui sont restées gravées sur mon cœur et dans ma mémoire depuis ;  

Mais la route continue, et tout spécialement demain,

Car « un jour de plus se lève, Jésus en moi veut le vivre ». (Madeleine Delbrêl)

 

 



[1] Un flash-back si vous préférez mais le terme est moins élégant. 

mercredi, septembre 24 2014

Au cénacle, entre-deux

 

C’est avec amusement que je remarquai en arrivant à destination que le vélo du prêtre avec qui je me rendais à cette rencontre et le mien étaient de la même marque : btwin[1].

 

C’était amusant non pas parce que je voue un amour particulier à cette marque mais parce que, cette rencontre, elle était justement particulière : elle était un peu à l’image de ces vélos. Chrétiens dans l’Enseignement public (CdEP)… Des « betweens » ? Des infiltrés ces chrétiens, un peu dans les deux camps, à moins qu’ils n’aient une jambe dans l’Église et une jambe dans l’enseignement et qu’ils ne soient un peu perdus ? C’est vrai qu’ils ne sont pas si nombreux et qu’ils se sentent parfois minoritaires d’un côté comme de l’autre, c’est-à-dire dans leur paroisse comme dans leur établissement scolaire. Pourtant, comme ces vélos b'twins, ils sont en réalité de vrais passe-partout, dans les rues comme dans les chemins de traverse ! Mais bien sûr, un vélo, ça s’entretient.

 

Alors, comme entretien, j’ai découvert une soirée de la vie de cette équipe de CdEP : un temps fraternel, d’échange(s) autour d’une bonne table et de lectio. Importante la lectio 

 

Parole qui doit guider nos paroles, surtout quand il s’agit des Actes des Apôtres, ce vaste temps de l’Esprit Saint qui se donne en réalité, qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui, dans notre « temps ordinaire » liturgique mais pas que.

Parole qui forme nos mots pour prier, pour louer, pour confier…

Parole qui fait finalement de nous non pas des ‘entre-deux’ mais des êtres pleins d’e/Esprit, au choix, avec une option préférentielle pour la version avec majuscule qui n’empêche pas non plus la première… et donc doublement la joie !

 



[1] Poke le fondateur des DiMails ! 

mardi, juin 17 2014

An un mot

 



Lire leurs fiches de bilan personnel d’année et, notamment cette première question : « et si j’avais à résumer mon année en un mot, ce serait… ? »

 

Souvent, c’est difficile et ce n’est pas « un » mot mais plusieurs. Mais, pour ceux qui ont respecté la consigne, les termes oscillent entre « bien », « normale » et, malheureusement « nulle ». Je reste frappée, comme toujours, de leur manque de confiance en eux-mêmes dès qu’il s’agit de parler d’eux et non plus de fanfaronner en classe et entre eux.

 

Cela me rend assez triste et, Tu sais, Seigneur, finalement, c’est peut-être cela qui me ramène le plus à Te prier pour eux.

 

Et puis, à côté, il y a ce beau « merci » qui claironne et tous leurs récits, plus ou moins éloquents, de leurs découvertes, de leurs défaites, de leurs joies, de leurs difficultés.

 

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jeudi, avril 10 2014

D’émois de Toi

 

A chaque fois, quand je prends une douche là-bas, je me rappelle des copains, d’une retraite ensemble et de ce délire-là d’imaginer, à chaque fois, les moines en train de suer à la tâche et de nous maudire quand nous avions besoin d’eau chaude ;

A chaque fois que je prends une douche là-bas, je pense à cela et j’explose de rire toute seule sous la douche.

 

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lundi, mars 3 2014

Début de via


Pourquoi partir marcher ? Pourquoi repartir marcher ? Le Camino est fini depuis l'été dernier et, grâce à Dieu j'y ai trouvé ce que je cherchais ( et sans doute reçu ce qu'on m'y a le plus donné : la grâce de Dieu !)


J'aime marcher. Et il y a sans doute un vrai plaisir de la marche, quelque chose d'une drogue douce peut-être par toutes ces endorphines produites mais je crois que c'est bien plus profond. 


La marche, c'est un temps de liberté et un temps où l'on prend le temps de la rencontre. Là aussi, c'est un temps pris mais c'est surtout un temps donné, offert. Bref, je pourrais en parler des heures… 


J'ai longuement hésité avant ces vacances et puis, je suis repartie. Non pas vers St Jacques de Compostelle comme certains pèlerins qui s'y sentent irrémédiablement attirés : pour ma part, je crois y avoir vécu ce que j'avais pour l'instant à y vivre et j'en rends (immensément) grâce. Mais je me suis dit qu'après avoir découvert tant de choses sur moi-même, partir à la rencontre de la chrétienté, de ceux qui partagent ma Foi, dans leur diversité appelée aussi unité pouvait être un grand moment. 


C'est la raison pour laquelle, durant cette deuxième semaine de vacances scolaires, j'ai commencé, tout doucement, les quatre premiers jours de la via Francigena, c'est-à-dire le chemin reliant Canterbury à Rome. Puisse Dieu m'y faire tant témoin que facteur d'unité ! 


Quatre jours très forts, pleins de pépites dont je dirai peut-être quelques mots ici. Même assez certainement. Tout cela tout de même pour vous dire que, du coup, il y a une nouvelle page "via Francigena" à droite présentant une carte in progress comme le fut celle du Camino



A très vite : je dois encore poursuivre l'activation du mode [rentrée] dans mon cerveau de prof :-)  


vendredi, janvier 3 2014

Je Te demande une foi de grand-mère


J'étais entre collège et lycée quand elle s'était émue que, jeune fille pieuse, je n'aie pas accès aux textes de la Parole de Dieu de chaque jour pour la prier. Elle m'avait alors abonnée à Prions en Eglise, mensuel auquel je suis restée fidèle depuis, pour elle, à cause de ce geste qu'elle avait eu. Dans le fond, cela me donne encore aujourd'hui juste ce dont j'ai besoin, chaque soir, nourriture lors de mon temps d'oraison. Elle, c'était ma grand-mère paternelle retournée vers le Père il y a neuf ans. C'était une personne dont la Foi simple et solide, faite d'accueil de l'autre et de conviction sans prise au sérieux d'elle-même m'a marquée sans doute plus que je ne le pense. Avec elle, j'allais à la messe en vacances même petite et c'était bien. 



Elle, c'était il y a quelques jours : elle m'a tendu une petite boîte dorée avec une croix dessus. Elle, je me demande souvent ce dont elle se souvient exactement, ce qu'elle sait sur moi en plus de mon prénom ou de certains souvenirs partagés qui restent vifs. Elle, sa mémoire flanche, de plus en plus, et cela devient très problématique en sus de tous nous attrister. Alors, j'ai été plus que surprise quand elle m'a tendu cette petite boîte alors que je venais partager un café : "tiens, je veux que ça te revienne. Elle était sur ma table de nuit mais elle est à toi désormais." J'ai refusé avant d'accepter : cela lui tenait à coeur, comme s'il y avait une logique de cohérence. En lui disant au revoir, cette petit custode serrée dans ma main, j'étais émue : comme si, au-delà des mots et des choses oubliées, il y avait une mémoire de la Foi, forte, plus forte que tout. Elle, c'est ma grand-mère maternelle et, si mon rapport à la Foi plutôt très engagé a souvent été houleux dans tout ce bord-là, je ne peux que me souvenir que, toute petite, quand on était seulement toutes les deux, on s'arrêtait parfois ensemble à l'église durant les courses. Je devais avoir quatre-cinq ans quand je me souviens lui avoir demandé ce qu'elle faisait ainsi en silence. Elle m'avait répondu qu'elle demandait plein de choses à Dieu, par exemple que sa petite-fille soit heureuse. 


Avant-hier, j'ai eu l'impression qu'elle continuait en me transmettant ce petit objet. 

Avant-hier, j'ai pu voir et vivre de manière palpable que la Foi était bien plus profonde que tous les troubles de santé ; 

Avant-hier, il m'a semblé voir le Seigneur me sourire dans les rides de l'âge. 



A quelques encablures de la Sainte Famille, je repense à cela, ceux-là, nos plus anciens, parfois diminués aujourd'hui et qui nous ont tant apporté et qui nous apportent encore tant, et j'ai envie de prier spécialement pour eux, a fortiori dans le contexte actuel ; 

Et de rendre grâce pour la Vie si vive qui frémit encore en eux. 


A l'heure où la foi apparaît trop souvent comme un truc de vieux, comme un machin pour vieux décrépis, 

Je me dis que, moi, j'aimerais bien avoir une vraie foi de grand-mère parce qu'il me semble qu'il n'y en a sans doute pas de plus vivante. 


samedi, novembre 2 2013

Mission - voici l'Agneau de Dieu


             C'est une mission qu'il m'aura fallu un peu de temps pour accepter… "Berger" d'une nouvelle session de l'Ecole de Prière Jeunes de mon diocèse. Le truc enthousiasmant, certes, surtout quand on trouve la proposition de l'EPJ absolument géniale et qu'on y a goûté plusieurs fois comme animatrice, mais qui fiche un poil la pétoche et la pression : tout à créer malgré la base commune très bien conçue mais surtout une question terrible "est-ce que j'en serai capable ?". Il y avait plein de raisons qui me faisaient hésiter, dont mon âge pour une mission qui est autant concrète que spirituelle. J'ai beaucoup prié, beaucoup discuté et beaucoup écouté. Et il aura fallu un "fais confiance à l'Esprit Saint" épiscopal pour que je me décide finalement à dire oui. 


            J'ai dit oui en me disant que je devais vivre cette mission dans cet élan spirituel. Ainsi, en même temps qu'avec ma super équipe on préparait cette belle semaine, je me suis donc cherché puis trouvé mon signe de bergère à moi : ce fut un sweat avec, au dos, un mouton une Bible à la main et la citation du psaume "le Seigneur est mon berger" afin de toujours replacer mes actes dans le seul vrai Berger qu'est le Christ. Appel et rappel pour moi à ne chercher à placer mes actes que dans cette unique dynamique : à être ferment d'unité du "troupeau" des jeunes et des animateurs, à transmettre Sa Parole pas la mienne, à ne les rassembler qu'en Lui. Chemin de conversion… 



               La semaine a commencé : j'ai découvert de nombreuses choses. Il y a eu des moments pas faciles et d'autres - la majorité ! - merveilleux. Instants de vie et de mission à prendre le temps de relire. 


                Et puis, il y a aussi un moment particulier qui m'a comme donné la clef de la mission qui m'était confiée. Voyez-vous, la petite P., sept ans et quelques, a passé sa semaine à venir chercher ma main et à me bombarder de questions diverses (quand, avec ses copains, ils ne m'infligeaient pas une séance d'attaque par les chatouilles : dure est la vie d'une bergère !). Jeudi soir, lors de la procession du St Sacrement, c'est donc tout naturellement qu'elle vint à côté de moi pour chanter, pour prier… Soudain, j'eus droit à une question : "Pourquoi on marche comme ça derrière l'hostie ?". En commençant à répondre et en lui désignant d'un geste l'ostensoir, je me suis rappelée de saint Jean-Baptiste, désignant et disant "voici l'Agneau de Dieu"… Mon saint préféré pour une multitude de raisons mais la première et la plus grande c'est qu'il ouvre toujours davantage au chemin du Christ. Toujours plus s'effacer pour Le laisser grandir : j'ai été profondément touchée de cet accord que je percevais soudain comme sens premier de la mission, un simple mais puissant appel à ma propre conversion. 


                C'était même une découverte lexicale vivifiante : car c'est vraiment très beau que l'autre nom de "mission", dans l'Eglise, soit "conversion". 


 

lundi, juin 3 2013

Jeunes et vieux



C’était il y a quinze jours, sept prêtres célébraient une messe de semaine.

Sept prêtres ordonnés la même année, il n’y a pas loin de cinquante ans,

Il y en avait un d’un peu bancal ; d’autres aux allures hésitantes,

Mais, à célébrer ensemble, dans leur âge diversement vécu,

Quand ils levèrent ensemble l’hostie, Vie de leur vie :

Qu’ils étaient beaux à voir !

 

Eux, je les vois souvent arriver à la dérobée, un peu en retard,

Ensemble, cela fait des années qu’ils y sont,

Engagés dans l’Eglise et l’église, ensemble encore,

Souvent, je remarque entre eux de tout petits signes de tendresse,

Et une qualité unique d’attention,

Qui me font sourire aux anges :

Eux aussi ils sont beaux !

 

Elle, de ma propre famille, elle totalise plus de 70 ans donnés à son Seigneur,

Je ne la vois pas souvent et puis, elle parle peu de Lui,

Sauf en quelques phrases qui font mouche…

Comme si sa tâche était de continuer,

Dans l’immense faiblesse du très grand âge,

A transmettre quelques clins-Dieu, égrenés :

Ô Beauté si ancienne et si nouvelle !

 

Bien des fois, je contemple les plus âgés,

Quel que soit leur « état » de vie, choisi ou pas vraiment,

Je cherche à deviner leur vie, leur joie, dans leurs regards,

J’apprends, à discuter avec eux quand je les croise, à lire le sens de leurs rides creusées par le temps,

J’apprends à les regarder autrement,

J’apprends beaucoup et vraiment d’eux, tout simplement.

 

On admire souvent l’élan de la jeunesse, les grands idéaux,

C’est grand et il y faut certainement autant de fougue que de folie consenties ;

Mais, souvent, je m’arrête pour contempler l’allant de l’âge avancé,

Pour ce qu’il vient, malgré les ravins, les gros et petits soucis, 

Me murmurer de poids solide et de fidélité,

Qui se font élans pour aider les plus jeunes à marcher.

 

Bien souvent, je me dis que j’aimerais mieux savoir leur dire merci.

 

samedi, mars 16 2013

Conclave monastique

 

 

 

J’avais fixé les dates de ma retraite bien avant de savoir qu’il y aurait un conclave à cette période.

Mais, après tout, profiter de cinq jours pleins chez les bénédictins pour prier pour l’Église, pourquoi pas : au contraire, c’était finalement peut-être la manière la plus profonde de m’associer à ce conclave.

 

Prière d’intercession pour les cardinaux lors des offices ;

Messe votive au Saint Esprit le mardi midi pour l’entrée en conclave ;

Un peu à l’écart du monde, nous en vivions finalement au plein diapason.

 

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mercredi, février 27 2013

Ultime audience du pontificat de Benoît XVI

 

A jour particulier, billet particulier !

Et auteur particulier !

 

Voici la traduction du texte italien (traduction : VIS) de l’audience papale de ce matin, mercredi 27 février 2013, dernière audience du pape Benoît XVI.

 

Le texte est un peu long, certes, mais il comprend de belles et nombreuses pépites !

 

 

 

« Merci d'être venus si nombreux à ce dernier rendez-vous. Merci de tout coeur. Je suis profondément ému ! En vous je reconnais l'Eglise vivante. Et puis remercions le Créateur pour ce beau soleil d'hiver.

 

Comme l'apôtre Paul dans le texte biblique que nous avons entendu, je sens d'avoir à remercier tout particulièrement Dieu qui guide et édifie l'Eglise, qui sème sa Parole et nourrit ainsi la foi de son peuple. En ce moment, mon cœur s'élargit et embrasse toute l'Eglise à travers le monde, et je remercie Dieu pour les signes que durant mes années de ministère pétrinien j'ai reçu quant à la foi dans le Seigneur, sur l'amour qui circule vraiment dans le corps de l'Eglise et la fait vivre dans l'amour, sur l'espérance qui nous tend vers la plénitude de la vie, vers la patrie céleste. Je vous porte tous dans la prière, dans un présent de Dieu que je trouve à chaque réunion, à chaque voyage, à chaque visite pastorale. Je rassemble tout et tous dans ma prière et vous confie au Seigneur, parce que nous savons sa volonté en toute sagesse et intelligence spirituelle, et parce que nous nous comportons d'une manière digne de lui et de son amour, en apportant du fruit en toute bonne œuvre. Il y a en moi une grande confiance parce que je sais que la parole de vérité de l'Evangile est la force de l'Eglise, sa vie même. L'Evangile purifie et renouvelle, porte des fruits partout où la communauté des croyants l'écoute et reçoit la grâce de Dieu dans la vérité et vit dans la charité. C'est ma conviction, c'est là ma joie.

 

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mardi, février 5 2013

Gouttelettes d’amour


 

J’avais déjà tâté quelque chose de la puissance des larmes,

Quelque chose de l’incroyable densité tant humaine que spirituelle où elles peuvent atteindre.

 

Mais je ne me doutais pas que les yeux rouges pouvaient aussi porter témoignage…

D’une affection, d’une amitié, sans doute

Mais aussi d’une indéfectible et folle Espérance.

 

Hier, j’ai vu des yeux rougis,

Des yeux noyés,

Des petites et grosses larmes perler et s’échapper en longs sanglots.

 

Hier, j’ai vu de l’Amour qui s’écrivait en minuscules comme en majuscules dans des larmes d’enfants ;

Et, ô mon Dieu, s’il y avait de la tristesse, il y avait toutes tes vertus théologales réunies je crois, dans les cœurs de ceux qui pleuraient :

Il y avait la foi, l’espérance et la charité dans ces si charmantes larmes,

Et, Seigneur, c’était curieusement mais intensément beau, et très doux :

A T’en rendre grâce !

 

samedi, février 2 2013

A Dieu, père

 

 

 

Il est parti hier…

Je m’y attendais et même, je crois que je le savais.

Mais ça m’a valu une journée sonnée, à carburer au café serré.

 

Il est parti hier…

Je crois que je ne réalise pas bien encore.

Pour l’heure, à la paroisse, je m’attends encore à le trouver là, dans son fauteuil ;

Je vois presque encore sa démarche, ses gestes là, à poser sa canne contre l’autel, à saisir le pied du micro pour s’aider à marcher…

 

Tout à l’heure, j’ai fermé les yeux quelques instants devant le chœur,

Je pouvais réentendre en moi sa voix assez rauque,

J’y suis toujours sensible aux voix parce qu’elles portent beaucoup de la vie d’une personne en elles :

Chez lui, c’était beaucoup de souffrances.

 

Puis je suis allée discrétos devant le tabernacle, Te le confier.

 

Cela doit faire une dizaine d’années qu’on se connaissait

Et qu’on a beaucoup partagé : juste quelques mots quand on se croisait puis bien plus quand, en septembre 2006 je suis devenue responsable des servants d’autel avec deux autres et lui l’aumônier.

Au fil des ans, il était devenu un ami.

Pourtant, je ne me suis jamais sentie pleinement en « harmonie » sur le plan spirituel avec lui,

Préférant le léger retrait contemplatif à la fougue de la harangue : question de sensibilité.

Et finalement, on n’en a toujours que peu parlé, ou avec beaucoup de pudeur,

Mais on a bossé ensemble, des heures et des heures durant,

Mais on partageait la même passion de la croissance des jeunes,

A plein cœur,

A Ton service, Seigneur…

 

Devant le tabernacle me reviennent tant d’images :

De pèlerinages, de célébrations, de coups de gueule aussi.

Tous ces souvenirs de groupe, ici et ailleurs, tellement heureux ;

Puis aussi tous ces souvenirs plus personnels :

Cette fois-là où il m’avait raconté une partie très douloureuse de sa vie,

Ces divers moments où tout le monde croyait qu’il allait mourir et où il était déjà si faible à l’hôpital, branché de partout ; 

Cette annonce-là que j’ai tant tardé et peiné à faire et qu’il avait devinée ;

Ces communions portées à l’hôpital ou chez lui quand il était très bas – c’est à lui que j’ai porté pour la 1ère fois la communion à un malade et je ne saurais l'oublier – si pleines de Dieu ;

Ces coopérations entre nous quand on repérait qu’un de nos jeunes n’allait pas bien,

Et tant d’autres.

 

Enfin, c’était une vie, et une vie de prêtre.

Aujourd’hui, il y a à prier ;

Aujourd’hui, il y a notamment les larmes d’une cinquantaine de jeunes à essuyer, pour continuer.

Aujourd’hui, il y a désormais à s’appuyer sur son intercession pour que ce qu’il a entrepris puisse croître et se multiplier,

Fécondité de sa vie chez les autres, dans la Paix et l’Amour du Seigneur, 

En attendant de nous y retrouver : à Dieu, père.

 

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