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lundi, juin 21 2010
Il demande une place pour naître
Par Zabou le lundi, juin 21 2010, 19:53

« Placé entre le feu de ceux qui aiment et le feu de ceux qui haïssent, il faut prêter main forte aux uns ou aux autres. Sachez-le donc ! Ce n’est pas à l’homme en général, c’est à vous en particulier que l’appel est fait ; car toutes les forces morales, intellectuelles, matérielles, qui se trouvent à votre disposition, sont autant d’armes que Dieu vous a mises dans les mains, avec la liberté de vous en servir pour lui ou contre lui. Il faut vous battre ; vous vous battez nécessairement. Il ne vous est laissé que le choix du camp.
Jésus Christ, quand il est venu au monde, a demandé tout aux hommes, s’étant fait pauvre plus que les plus pauvres. Il a demandé une place pour naître : on la lui a refusée. Les hôtelleries étaient remplies : c’est une étable qui s’est ouverte. Il a demandé une place pour vivre : on la lui a refusée. Le Fils de l’Homme n’a pas eu où reposer sa tête ; et quand il s’est agi de sa mort, il n’a pas eu cinq pied de terre pour s’étendre : la terre l’a rejeté entre le ciel et elle, sur une croix.
Or, celui qui a demandé demande encore. Il demande une place pour naître. »
Ernest Hello, L’Homme
mardi, mars 16 2010
Lueur de calme
Par Zabou le mardi, mars 16 2010, 23:36

Plusieurs Saints sont plusieurs hommes, et il n’y a qu’un seul Évangile. J’ai pris, pour dire ces choses immortelles et tranquilles, l’heure où le monde passe, faisant son fracas.
Un des caractères de l’Église catholique, c’est son invincible calme. Ce calme n’est pas la froideur. Elle aime les hommes, mais elle ne se laisse pas séduire par leurs faiblesses. Au milieu des tonnerres et des canons, elle célèbre l’invincible gloire des Pacifiques, et elle la célèbre en chantant. Les montagnes du monde peuvent s’écrouler les unes sur les autres. Si c’est ce jour-là la fête d’une petite bergère […] elle célèbrera la petite bergère avec le calme immuable qui lui vient de l’Éternité. Quelque bruit que fassent autour d’elle les peuples et les rois, elle n’oubliera pas un de ses pauvres, un de ses mendiants, un de ses martyrs. Les siècles n’y font rien, pas plus que les tonnerres. Pendant que les tonnerres grondent, elle remontera le cours des siècles pour célébrer la gloire immortelle de quelque jeune fille inconnue pendant sa vie, et morte il y a plus de mille ans.
C’est en vain que le monde s’écroule. L’Église compte ses jours par ses fêtes. Elle n’oubliera pas un de ses vieillards, pas un de ses enfants, pas une de ses vierges, pas un de ses solitaires. Vous la maudissez. Elle chante. Rien n’endormira et rien n’épouvantera son invincible mémoire.
Ernest Hello, « Préface », Physionomie des saints
dimanche, février 28 2010
Hello ! Une page, « Deux étrangers »
Par Zabou le dimanche, février 28 2010, 14:27

L’homme ignore ce qui peut se passer en lui, à l’instant où certaines choses qu’il a en puissance viennent en acte. Plongeant au fond de lui-même, le Prêtre y saisit subitement d’une main sûre toutes les forces qu’il avait ramassées et préparées depuis longtemps, et les présentant ensemble à Celui qui voit tout, il restant sans parole, comme s’il eût été vide, et dit enfin :
- Seigneur, je ne vois, ni ne sais,
ni ne puis. Mais ayez pitié de ces deux hommes entre qui vous m’avez placé :
car vous êtes leur Dieu et ils sont vos créatures. La terre est trop petite
pour eux : ne les repoussez pas de vous ; ne les éloignez pas de la
fête éternelle, car vraiment ils ont besoin de joie, et la joie est un de vos
dons. Ils ont épuisé les choses de ce monde ; ils étouffent ; ils ont
besoin de franchir les bornes de notre atmosphère. Ô Dieu de délivrance, qu’ils
saisissent enfin de leurs mains vivifiées la jeunesse et la résurrection.
J’attends, Seigneur, j’attends :
faites, faites. Amen aux explosions de la lumière qui va venir. Ne la ménagez
pas, Seigneur ; faites-la couler sur nos fronts, sous nos pas ; car
on ne sait où poser le pied, nous sommes encombrés de ténèbres. Amen aux
splendeurs matinales de l’horizon qui s’allume, et que ces deux âmes soient
délivrées !
Faites éclater votre voix qui soulage en parlant ! Esprit de paix, Esprit de joie, ô langues de feu, douces et dévorantes, souffle qui enflammes et qui rafraîchis, sérénité translumineuse, vivifiante, embrasante, devant laquelle meurt ma parole, j’ai prié, et j’attends. Du fond de l’abîme, Dieu de gloire, je vous parle pour eux dans toute la faiblesse, dans toute la terreur, dans toute l’impuissance, dans toute la solennité dont mon âme est capable. Ô lumière adorée, pour leur apprendre à dire : Amen ! ravissez-les jusqu’aux régions de la joie et de la foudre. Qu’ils disent Amen de plus près, Amen sur la montagne, Amen dans leur langue, dans la langue de leur patrie, dans la langue dont l’harmonie fait oublier, se souvenir, se reconnaître et pleurer ! Que leur Amen éclate enfin dans les cieux.
Ernest Hello, « Deux étrangers », Contes extraordinaires
lundi, février 15 2010
Incipit herbacé
Par Zabou le lundi, février 15 2010, 23:51

Je gravissais un sentier de montagne en me disant : à user de son intelligence, on ne risque guère d'arrondir les angles. A naviguer sur les eaux de la sensibilité, on s'expose à se laisser emporter. A imposer sa volonté, on finit par se sentir à l'étroit. Bref, il n'est pas commode de vivre sur la terre des hommes.
Lorsque le mal de vivre s'accroît, l'envie vous prend de vous installer dans un endroit paisible. Dès que vous avez compris qu'il est partout difficile de vivre, alors naît la poésie et advient la peinture.
samedi, janvier 30 2010
Une page pas tout à fait comme les autres.
Par Zabou le samedi, janvier 30 2010, 21:19
Le 20 octobre 1917 se termine le Journal de Léon Bloy et le dernier tome de celui-ci, intitulé La Porte des humbles. Sa femme Jeanne le clôt en narrant en une page la mort de cet écrivain si peu ordinaire. Page que je retranscris ici, en forme d’hommage à un écrivain qui m’est cher, en guise de remerciement pour ce journal dont la lecture de longue haleine – que je viens d’achever – est si fécondante pour la pensée, sous son apparente violence, ce qui est, je crois, le propre des Grands. Merci.
samedi, janvier 23 2010
Décapant Décapage
Par Zabou le samedi, janvier 23 2010, 01:44
Connaissez-vous l’excellent blogue du non moins excellentissime Pierre Jourde ? Outre le fait qu’il soit un grand écrivain, un critique littéraire féroce (Ah La Littérature sans estomac !) et un universitaire aux centres d’intérêt plaisants – dont les travaux huysmansiens ont d’ailleurs grandement inspiré une partie de mon mémoire de l’an passé – ce monsieur [de la] littérature a la charmante idée d’être le tenancier d’un blogue intitulé « Confitures de culture ». Comme la confiture, l’on s’en délecte volontiers malgré des saveurs parfois originales qui peuvent surprendre nos papilles habituées au soporifique ronronnement des médias classiques : c’est avec grand plaisir que j’y fais régulièrement un tour.

lundi, décembre 28 2009
Un roman français - Beigbeder
Par Zabou le lundi, décembre 28 2009, 17:06

Ce qui est bien, avec Noël, c’est qu’on a reçoit parfois des trucs qu’on n’aurait pas achetés soi-même. I. e., en l’occurrence, Un roman français, le dernier Frédéric Beigbeder, et accessoirement prix Renaudot de l’année. On me cultive en contemporain, soit, bonne idée, d’autant plus que j’ai déjà lu trois autres livres de cet auteur.
Lisons donc…Achever cette lecture un dimanche de la Sainte Famille… triste ironie. J’hésite entre le conchier et l’encenser, est-ce normal ?
Frédéric Beigbeder, drogué malmené, hédoniste sans pitié, passe à confesse. Il ne le fait pas sans son lustre habituel mais la vox populi le dit bien « tout ce qui brille n’est pas d’or »
Mais enfin, voilà, j’ai envie de le conchier parce qu’il y a écrit sur la première page « roman », parce que ce livre au reçu un prix littéraire, parce que ce livre veut être de la littérature. Et que ce livre ne correspond pas à l’idée que je me fais de la littérature, à l’idée que je me fais d’un roman. Je suis sans doute (certainement) snob, mes études me donnent des habitudes d’exigence et j’aime de surcroît, personnellement, les livres qui me résistent, au moins un peu, et non pas ceux qui s’offrent déjà dénudés, impudiques, à un premier regard.
Et le dernier Beigbeder est ainsi. Il tente d’enrober d’une surface littéraire – creuse – un fond, un témoignage, une douleur, un vécu… qui, lui, est intéressant. Les fissures profondes et ordinaires d’un gosse de divorcés. Il est des pages qui ne pourraient être écrites par quelqu’un qui n’aurait pas connu certains événements et qui ne résonnent sans doute que dans le cœur d’autres gosses de divorcés de milieu assez aisé. Il est des phrases intelligentes qui sonnent comme des sentences, sans illusions sur un présent douteux. Et c'est réussi, et c'est juste.
Mais il n’est pas nécessaire d’enrober tout cela de cette amère ironie qui ne trompe personne, de ces phrases si peu élégantes pour faire le gars cool. Beigbeder sait analyser une facette du mal-être de notre civilisation souvent individualiste, il sait le dire ce malaise, mais à la façon d’un témoignage, pas d’un roman… Et peut-être est-ce finalement l’élément le plus symptomatique de tout cela que ce livre ait reçu un prix "littéraire" alors... qu'il ne l'était pas ?
mardi, décembre 15 2009
Comment lire ?
Par Zabou le mardi, décembre 15 2009, 22:51
« C’est toujours ainsi qu'il faut lire ses auteurs ; il faut toujours prendre qu'un texte nous tombe directement sur la tête du haut du sommet du Puy de Dôme.
Alors on peut dire qu'on le lit. Autrement il est vulgarisé, défait, habitué, sans fraîcheur. Et c'est comme s'il avait couché avec tout le monde. »
Charles Péguy, dans « Un poète l'a dit », Œuvres en prose t. II, Gallimard, bibliothèque de la Pléiade, p. 806, à propos de Pascal.
mercredi, septembre 9 2009
La sainteté selon Bloy
Par Zabou le mercredi, septembre 9 2009, 17:55
« J’affirme que la Sainteté n’est pas autre chose que l’épanouissement heureux et complet de l’individualité et que l’étouffement de celle-ci est une œuvre démoniaque. Plus on est saint, plus on est singulier, à commencer par Saint Ignace de Loyola, qui fut le plus grand original de son temps. »
6 juillet 1908
In Journal, Léon Bloy
samedi, août 15 2009
La fin du "Hussard bleu" (Nimier)
Par Zabou le samedi, août 15 2009, 00:50
Un extrait d'un livre emporté avec moi en Allemagne : un livre extraordinaire dont voici la fin. Je ne peux cautionner ces propos... mais, qu'est-ce qu'ils sont beaux !
Je revenais en France. J’allais beaucoup lui demander. Une civilisation, une patrie, une religion, ces mots ont un sens. Imbécile qui attribuera ces aventures à l’humanité tout entière. Cette écœurante maladie des hommes, ce goût pâteux de soi-même, jamais, non, jamais… Je me rappelais soudain cette petite phrase insolente qui avait hanté ma jeunesse, bouleversant dans mon cœur les prestiges et les lois, régnant et déchirant : « Tout est possible. »
Il me restait donc un avenir. D’un cœur impatient, je venais l’offrir à tout ce qui dure, à tout ce qui exige, à tout ce qui ordonne l’existence. Ce n’est pas compliqué. Nous devons beaucoup à nos amis morts, nous leur devons tant d’années volées. Alors ce qu’ils nous demandent à voix basse, il faut le faire tout de suite. Que voulaient-ils ceux-ci ? Rita me commandait de ne plus aimer personne, Besse me priait de retrouver une patrie, Saint-Anne me conseillait d’être heureux. En les écoutant, je revenais à ma nature véritable qui était de servir à quelque chose, sans amour, mais avec passion, et puisqu’il est assuré que les hommes ne se passent point de récompense, tel serait mon sauvage bonheur.
Paris, voici ton fleuve et les larmes que tu versas, voilà ton visage au front penché. Paris, voici tes rues et la plaque d’identité au bras de chacune. Les hautes maisons subissent l’amertume du soir. Mes pas sonnent sur le boulevard. Désormais, je connais mon rôle sur la terre, mais je ne sais qui je suis. Voyageur, pose des yeux tristes sur les choses, elles te le rendront au centuple. Le visage barré du ciel te menace et te guide à la fois. Vivre, il me faudra vivre encore, quelque temps parmi ceux-là. Tout ce qui est humain m’est étranger.
In R. Nimier, Le Hussard bleu.
dimanche, août 2 2009
Au fil des pages : mystère, mystère
Par Zabou le dimanche, août 2 2009, 18:25
Il n’est rien de beau, de doux, de grand dans la vie, que les choses mystérieuses. Les sentiments les plus merveilleux qui nous agitent un peu confusément : la pudeur, l’amour chaste, l’amitié vertueuse sont pleins de secrets. On dirait que les cœurs qui s’aiment s’entendent à demi-mot, et qu’ils ne que comme entrouverts. L’innocence, à son tour, qui n’est qu’une sainte ignorance, n’est-elle pas le plus ineffable des mystères ? L’enfance n’est si heureuse que parce qu’elle ne sait rien, la vieillesse si misérable que parce qu’elle sait tout ; heureusement pour elle, quand les mystères de la vie finissent, ceux de la mort commencent.
In Chateaubriand, Le Génie du Christianisme, Première partie, Livre i, chapitre ii
lundi, juillet 13 2009
Sur les routes des vacances ? Hum...
Par Zabou le lundi, juillet 13 2009, 16:38
dimanche, juin 28 2009
Education
Par Zabou le dimanche, juin 28 2009, 22:45

mardi, juin 23 2009
Sans transition, bonsoir
Par Zabou le mardi, juin 23 2009, 23:38

lundi, mai 25 2009
Invitation... ?
Par Zabou le lundi, mai 25 2009, 23:15
mercredi, avril 22 2009
Violence d'une plume aimée
Par Zabou le mercredi, avril 22 2009, 21:20
Léon Bloy, Introduction du Pal.
4 mars 1885
J’ai longtemps cherché le moyen de me rendre insupportable à mes contemporains.
Il serait tout à fait puéril de raconter les absurdes et impraticables desseins que ce désir m’a successivement inspirés.
Notre époque de faiseurs d’affaires et de cabots dans tous les genres est tellement abjecte, que rien, je crois, - sinon la fuite ailée de Mercure ou l’indifférence du spectateur, - n’est presque plus capable de toucher personne.
L’âme humaine oxydée d’argent, intoxiquée de littérature et de politique, avachie, défoncée par tous les chiens errants de l’histrionisme, est en chemin de trépasser dans une sorte de paix ignoble et épouvantable.
On ne s’indigne plus et on ne proteste plus. Le ferment d’aucune grande idée ne soulève plus le fumier moderne. On est fixé dans l’inscrutable sérénité de l’ignominie absolue, et le derrière humain, désormais impassible, est devenu semblable à un immense Maelström pour coups de bottes.
lundi, avril 20 2009
Huysmans et l'humour noir
Par Zabou le lundi, avril 20 2009, 20:42
« Par l’excès des couleurs sombres de sa peinture, par l’atteinte et le dépassement d’un certain point critique dans les situations désolantes, par la préfiguration minutieuse, aigüe, des déboires qu’entraîne à ses yeux, dans l’alternative la plus banale, toute espèce d’opinion, [Huysmans] parvient à ce résultat paradoxal de libérer en nous le principe de plaisir.
Les réalités extérieures présentées systématiquement sous leur angle le plus mesquin, le plus agressif, le plus blessant exigent du lecteur […] une réparation constante de l’énergie vitale, minée par l’accumulation des tracas quotidiens qu’on lui rend tout à coup sensibles. […] Il paraît renoncer pour lui-même au bénéfice du plaisir humoristique et […] nous pouvons croire que ce bénéfice nous est exclusivement réservé, l’auteur ne se départant pas d’une attitude accablée qui nous donne à chaque instant l’illusion de prendre sur lui l’avantage. Il y a ici d’une intention délibérée, d’une méthode thérapeutique réfléchie, d’une ruse destinée à nous faire surmonter sa propre misère. »
André Breton, Anthologie de l'humour noir
jeudi, avril 16 2009
Par tous les sens !
Par Zabou le jeudi, avril 16 2009, 16:18
« Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant.
Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie, il cherche en lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, - et le suprême Savant ! – Car il arrive à l’inconnue ! »
In « Lettre du voyant », c-à-d Lettre d’Arthur Rimbaud à Paul Demeny du 15 mai 1871.
lundi, mars 30 2009
Lire, relire, parler, annoncer : sacrée responsabilité !
Par Zabou le lundi, mars 30 2009, 19:30
Le lecteur avait pour tâche de mettre le texte sacré, au cours des célébrations liturgiques, à la portée du public des fidèles, dans les églises, les basiliques et autres lieux du culte. Il était le traducteur et l'introducteur auprès du peuple de la parole de Dieu qu'il exprimait en langue vulgaire et dans laquelle il pouvait, sans même s'en rendre compte, glisser ses interprétations subjectives. Il faut entendre que le lecteur, en ces temps où les masses populaires étaient illettrées, se trouvait détenteur d'un privilège éminent : celui d'être un familier du livre. Le prêtre, au-dessus de lui, était le familier des saintes espèces, corps et sang du Christ, et par là, plus que tout autre, initié aux mystères. Le lecteur, à son rang plus modeste, était initié au secret fascinant de l'écriture, à l'ordre des mots, au mouvement de la phrase, à sa respiration profonde, aux constructions subtiles de la synataxe. Il avait le pouvoir non pas d'ouvrir le tabernacle, ce qui était le privilège du prêtre, mais d'ouvrir le livre et d'accéder au sens des mots. Il avait reçu auprès d'un grammairien et d'un rhéteur une formation qui lui avait ouvert l'esprit à cet autre monde, celui de la beauté poétique et philosophique, aussi insondable et inépuisable que l'infini cosmos donné au regard contemplatif.
In Claude Louis-Combet, Transfigurations, "Passion de Maure et Timothée"
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