Zabou the terrible

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - Littérature(s)

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, septembre 5 2016

Parce que Victor Hugo a dû être prof en collège

http://www.ouest-france.fr/sites/default/files/styles/image-640x360/public/2014/06/18/victor-hugo-menace-de-mort-sur-twitter.jpg?itok=ZAPSk4lD

Dieu fait les questions pour que l'enfant réponde.

"Les deux bêtes les plus gracieuses du monde,
Le chat et la souris, se haïssent. Pourquoi ?
Explique-moi cela, Jeanne." Non sans effroi
Devant l'énormité de l'ombre et du mystère,
Jeanne se mit à rire. "Eh bien ? - Petit grand-père,
je ne sais pas. jouons." Et Jeanne repartit :
"Vois-tu, le chat c'est gros, la souris c'est petit.
- Eh bien ?" Et Jeanne alors, en se grattant la tête,
Reprit : "Si la souris était la grosse bête,
À moins que le bon Dieu là-haut ne se fâchât,
Ce serait la souris qui mangerait le chat."

V. Hugo, textes complémentaires de La Légende des siècles

lundi, juillet 13 2015

Lectures estivales 2015 #1 (Ph. Claudel & Erri De Luca)

Comme quasiment tous les ans, je proposerai à l’occasion sur mon blogue quelques partages de mes lectures estivales. Et, comme toujours, pas d’autre ligne conductrice que la la joie de la découverte et la sapidité de la lecture : ici, deux livres savourés dans l’avion, l’un à l’aller d’un voyage en Andalousie, l’autre au retour.

 

 

Philippe Claudel, La Petite fille de M. Linh

 

http://media4.paperblog.fr/i/361/3615505/petite-fille-monsieur-linh-philippe-claudel-L-1-175x130.jpeg

 

Il est des livres mystérieux, qui s’ouvrent dans le brouillard et la lenteur et dont on ressort avec l’impression d’avoir vu se façonner un beau travail d’orfèvrerie. C’est le cas de ce roman extrêmement bref publié en 2005 : à voir arriver ce vieil homme en bateau, on pourrait croire qu’il ne s’agit que d’un livre sur le malheur des immigrations forcées en temps de guerre, un livre bien-pensant en quelque sorte, alors que nous en sommes bien loin. Il serait même trop facile de n’en faire qu’un simple livre sur l’exil et la nostalgie des racines : il en est question mais le romancier nous perd et nous entraine bien plus loin. Seule demeure la vraie question : qu’est-ce qui, finalement, nous fait vivre, même au plus sombre de nos pertes ?

 

Erri De Luca, Un nuage comme tapis

http://www.gallimard.fr/var/storage/images/product/ef8/product_9782070462926_195x320.jpg

 

Ce que j’aime le plus chez De Luca, c’est cette approche double des textes bibliques : hébraïsante et littéraire. Elle se décline ici en seize courts textes, cherchant à offrir un regard différent sur des épisodes précis de l’Ancien Testament. C’est simple, priant, beau et tout bon !

« Illustrer la Bible d’une note nouvelle : non pas pour apposer en bas de page, à l’infini, une autre signature, mais pour refléter une part de la lumière qu’elle offre, même au dernier de ses lecteurs. » (préface)

 

mardi, mai 26 2015

Parce qu'un puits porte loin

"Et cependant, nous avons aimé le désert. S'il n'est d'abord que vide et silence, c'est qu'il ne s'offre point aux amants d'un jour. [...] 

Si nous ne renonçons pas, pour lui, au reste du monde, si nous ne rentrons pas dans ses traditions, dans ses coutumes, dans ses rivalités, nous ignorons tout de la patrie qu'il compose pour quelques-uns. Mieux encore, à deux pas de nous, l'homme qui s'est muré dans son cloître, et vit selon des règles qui nous sont inconnues, celui-là émerge véritablement dans des solitudes tibétaines, dans un éloignement où nul avion ne nous déposera jamais. Qu'allons-nous visiter sa cellule ? Elle est vide. L'empire de l'homme est intérieur. [...] 

Mais voici qu'aujoud'hui nous avons éprouvé la soif. Et ce puits que nous connaissons, nous découvrons, aujourd'hui seulement, qu'il rayonne sur l'étendue. Une femme invisible peut enchanter ainsi toute une maison. Un puits porte loin, comme l'amour. [...] 

Nous avons accepté la règle du jeu, le jeu nous forme à son image. Le Sahara, c'est en nous qu'il se montre. L'aborder, ce n'est point visiter l'oasis, c'est faire notre religion d'une fontaine." 

in Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes 

https://lh5.googleusercontent.com/-qeWAdQB6kTY/SJHSmlQH5VI/AAAAAAAAKsU/vkPXtc-IC6s/w609-h457-no/DSCN4527.JPG

dimanche, novembre 30 2014

Joseph Roth, sainte Thérèse et la grâce

 

C’est un tout petit opuscule, une nouvelle d’une grosse cinquantaine de pages : rien à voir avec le grand chef d’œuvre de l’auteur qu’est La Marche de Radetzky que j’ai découvert avec tant de délectation cet été.

 

La Légende du saint buveur : d’abord un beau titre, ensuite, l’histoire d’un sans-domicile fixe, d’un buveur qui fait l’expérience de la grâce. Enfin, je positionne tout de suite cela en termes très chrétiens : la réalité est moins claire, moins éclatante que cela car elle est avant tout pleine d’humanité. Disons plutôt que le personnage principal fait l’expérience d’une grâce soudaine : de l’argent, donné par un homme converti grâce à sainte Thérèse.

 

Notre buveur se veut homme d’honneur : il veut rendre cet argent à la petite Thérèse. S’en suit tout un récit, chemin de rencontres, chemin d’un homme entre pauvretés et richesses, entre addictions et grâces immérités pourtant reçues et accueillies, entre zones sombres et coins rayonnants de sa vie. Le regard de l’auteur sur son personnage est aussi tendre que moqueur : c’est celui d’un homme sachant ce qu’il y a dans le cœur de l’homme.

 

L’homme sera sans cesse empêché de rendre l’argent… pourtant, il y a en lui ce désir profond d’être un homme d’honneur qui demeure malgré tout. On dit souvent que l’enfer est pavé de bonnes intentions : est-ce le cas de cet homme, voulant et ne réalisant jamais ? Ou cet homme, ce buveur, aime-t-il à sa mesure, malgré le drame de son existence ? On aimerait le croire tant son ouverture à l’inattendu du jour, aux cadeaux que ce dernier peut faire est forte. Si la fin laisse planer le doute, on aimerait croire à sa rédemption, on oserait même croire à une intervention pas vraiment anonyme qui a nom intercession de sainte Thérèse.

 

Un petit joyau que cette nouvelle dans tous les cas qui sonne comme une invitation à laisser plus chaque jour être don de Dieu qui que nous soyons, quoi que nous fassions.

 

 

 

P.S. : Ah et puis, si vous êtes dans mon coin, il y a actuellement pour lancer l’Avent un grand temps fort paroissial autour des reliques de Ste Thérèse : n’hésitez pas à faire un saut, même si vous ne lui devez rien à la petite Thérèse ! Le programme est par ici >>

 

jeudi, août 21 2014

Lire l’été ? Quelle drôle d’idée ?

 

Dans le silence profond de la campagne où même le chant des oiseaux se fait murmure atténué,

Il y ce livre, et puis moi qui le tiens,

Des heures durant, solitude de la lecture.

Il y a la lecture sur papier, profonde, d’un ouvrage, généralement d’un bout à l’autre, parfois de tel ou tel papier transmis ou d’Écriture ; 

Il y a la lecture numérique, souvent plus légère, parfois plus profonde, de tel ou tel article que l’on n’a pas le temps de lire en temps ordinaire.

 

Temps de l’été, propice à cette activité de l’esprit,

Lecture qui nécessite le silence, ce silence profond,

Comme celui d’une bulle où se place le lecteur :

Non pour buller mais pour écouter, pour regarder, pour sentir,

Pour vibrer, pour goûter, pour s’instruire, pour ruminer ;

Pour savourer.

 

Lire, cueillir, se recueillir :

Il y a comme des racines communes,

Car il est question de butiner, de glaner,

De sélectionner pour prendre ce qui est bon,

Il est question de concentration pour recueillir le suc ;

Celui-là même qui nourrit en chemin.

 

Lire, cueillir, se recueillir,

Les trois activités s’exercent dans le silence,

Comme le silence des germinations même en dehors de la saison,

Quand le soleil commence à prendre sa teinte de rentrée,

Il y est question de reprendre souffle,

Il y est question de mieux capter Son Souffle,

Pour, substantiellement nourri, être mieux envoyé(e), vivant de Lui.

 

 

 

 

(Un peu comme ce panda la bulle du lecteur… mais pas avec les mêmes effets dans la vie !)

  

mercredi, août 20 2014

Lectures estivales #4 : sur les fins ?

 

Au gré de l’été, deux autres romans que j’ai littéralement dévorés.

 

Émile Ajar / Romain Gary, L’Angoisse du roi Salomon

 

C’est la même grossièreté apparente, c’est la même tendresse omniprésente que dans La Vie devant soi : le même altruisme, la même sensibilité à fleur de peau, le même amour de l’humanité qui  n’ose se dire que caché sous des mots dépravés. Cette fois, ce n’est pas dans le monde de la prostitution : c’est sur la vieillesse et, par là même, tout simplement sur la vie.

 

            C’est trop peu de dire que j’aime car on sourit plus qu’un peu, ne serait-ce que sur le grandiose passage sur la Connerie : 

 

« Moi, quand je suis en présence d'un con, d'un vrai, c'est l'émotion et le respect parce qu'enfin on tient l'explication et on sait pourquoi. Chuck dit que si je suis tellement ému devant la Connerie, c'est parce que je suis saisi par le sentiment révérenciel de sacré et d'infini. Il dit que je suis étreint par le sentiment d'éternité et il m'a même cité un vers de Victor Hugo, oui, je viens dans ce temple adorer l'Eternel. Chuck dit qu'il n'y a pas une seule thèse sur la Connerie à la Sorbonne et que cela explique le déclin de la pensée en Occident. »

qui pourrait paraître si grossier, si contre l’humanité. Mais, en réalité, souvent, le cœur nous étreint tant l’Amour paraît souvent sous l’amour dont on découvre les fils au long du livre. De la découverte de SOS bénévoles aux histoires sordides se cache ce regard si spécial signé « Ajar » qui nous donne envie de le porter à notre tour sur l’humanité… peut-être tout de même en moins désabusé.

 

 

Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Le Guépard

 

 

 

Mis au programme de l’agrégation 2015 dans la question de littérature comparée intitulée « romans de la fin d’un monde », c’en serait un excellent résumé.

 

Le pitch en quelques mots : la Sicile, la chaleur, la révolution, la noblesse dégradée, la bourgeoisie gagnant en puissance, l’impuissance d’un « guépard » pourtant lucide. C’est du tout bon, malgré une première partie moins originale : à lire !

 

 

vendredi, août 8 2014

Lectures estivales #3 – un poil de Malraux et un brin de Yourcenar


Mais pourquoi donc associer ces deux livres dans ma suite de lectures estivales ?

 

Réponse 1 : Ce sont deux romans très célèbres du xxe siècle : vrai. Néanmoins, entre l’un publié en 1930 et l’autre en 1951, il semble délicat d’y voir un lien direct.

Réponse 2 : les noms des deux auteurs contiennent des lettres qui valent cher au Scrabble… si toutefois les noms propres y étaient admis !

Réponse 3 : Je les ai depuis longtemps (l’un me fut offert !), je les ai commencés tous les deux et, interrompue dans ma lecture, je ne m’y suis jamais remise. Il était donc temps de s’y mettre pour de bon et l’un se trouvant au-dessus de l’autre, l’occasion a fait le reste. Vrai aussi. 

 

… mais en réalité, la lecture successive des deux m’a fait apparaître un lien sans doute plus profond. Enfin, commençons ces quelques mots.

 

Lire la suite...

dimanche, avril 27 2014

L’Espérance au-delà de la fin

 

A l’occasion de sa canonisation, voici un poème de Karol Wojtyla qui parle de mort et de vie, de Pâques.

 

1

Toujours à temps, l’Espérance s’élève

En tout lieu soumis à la mort.

L’espérance est le contrepoids de la mort,

En elle le monde mortel révèle à nouveau sa vie.

Dans les rues, les passants en blousons,

Les cheveux leur tombant sur la nuque,

Coupent au couteau de leur pas

L’espace du grand mystère,

Qui s’étend en chacun entre sa mort et l’espérance :

Espace élancé vers le haut

Comme la pierre de la tache solaire

Roulée du seuil du tombeau.

 

2

En cet espace aux dimensions plénières du monde

TU ES

Dès lors j’ai un sens, moi qui croule au sépulcre,

Qui coule vers la mort,

Ma poussière où retourne cet unique assemblage d’atomes

Est une parcelle de ta Pâque.

 

3

Je vais sur le trottoir étroit de cette terre,

Les autos roulent, les fusées cosmiques s’élancent…

Partout le même mouvement centrifuge

(l’homme… fragment du monde, est mû autrement…)

ce mouvement n’atteint pas au noyau d’immortalité,

ne libère pas la mort –

(l’homme… fragment du monde, est mû autrement…)

Je vais sur le trottoir étroit de cette terre,

Sans jamais me détourner de ta Face,

Que le monde ne me dévoile jamais.

 

4

La mort est pourtant l’expérience du terme

Elle a quelque chose de l’anéantissement.

Par l’espérance, j’arrache mon « moi », je dois l’arracher

Pour surmonter l’anéantissement.

 

Tous, ils crient alors de partout et crieront sans cesse :

« Tu déraisonnes, tu déraisonnes, Paul ! »

- Et je lutte contre moi-même

je lutte contre tant d’hommes poru l’espérance,

mon espérance qui ne m’est confirmée

par nulle couche d’une mémoire qui ne serait que mienne,

mon espérance que rien dans le miroir du fugace ne recrée :

seul la confirme ton Passage pascal

uni à la plus profonde inscription de mon être.

 

5

Ainsi par l’espérance suis-je inscrit en Toi,

Hors de Toi je ne puis être –

Si je place mon « moi » au-dessus de la mort

Si je l’arrache du champ de la destruction,

C’est parce que ce « moi » est inscrit en Toi,

Comme dans le Corps

Qui exerce sur moi sa puissance

Et sur chaque corps d’homme,

Pour édifier à nouveau mon « moi » de ses restes

Sur le champ de la mort,

Avec un contour tout entier différent,

Entre tous fidèle,

Où le corps de mon âme se ressoude à l’âme du corps,

Afin que mon être – qui reposait sur la terre –

Repose à jamais sur le Verbe,

Que toute fouleur soit oubliée,

Le cœur fouetté d’un Vent soudain,

Fracassant les forêts des frondaisons aux racines.

Voici : ce vent, lancé par ta main, devient silence.

 

6

Ces atomes du vieil homme qui lient

Le sol très ancien du monde,

Je les touche de ma mort,

Je les greffe en moi à jamais

Pour que tous ils deviennent ta Pâque

- ta Pâque, le PASSAGE.

 

 

vendredi, mars 28 2014

Le Carême, c’est comme…. #6


Le Carême, c’est comme…

 

…. le genre fantastique !

 

Le genre fantastique, vous connaissez ? Non, je ne vous parle pas de suite d’un truc bizarre avec des vampires et des fantômes mais je pense plutôt à la définition littéraire de la chose. Celle de cette hésitation entre le réel et le surnaturel, cette définition de Todorov par exemple :

 

« Le fantastique, c’est l’hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles face à un événement en apparence surnaturel. »

 

Parce que, dans nos vies, Dieu est là et que, parfois, souvent, nous ne le voyons pas, nous hésitons, nous renâclons. En un certain sens, il faudrait sortir de cette hésitation mais, avoir la Foi, ce n’est pas non plus oublier le « naturel ». Selon la belle formule de mon évêque administrateur apostolique Mgr Daucourt lors de la messe chrismale 2012, les « chrétiens sont des réalistes qui donnent le primat à la grâce ».

 

Du coup, il s’agit d’apprendre à mieux distinguer le Seigneur à l’œuvre dans notre monde. Et pour cela, 40 jours pour mieux distinguer le surnaturel gracieux des nos jours : bref, le carême, c’est fantastique ! ;-)

 

 

 

P.S. 1 : En plus, t’as même le droit de t’exposer à la lumière alors enlève ces machins qui te barricadent ! 

P.S. 2 : et puis, Dieu, il ne te demande pas ton sang, il aimerait juste tellement ton amour !

 

jeudi, février 13 2014

Hey ! Comment ça va bien ???

 

 

 

Dans Comment voyager avec un saumon – nouveaux pastiches et postiches, Umberto Éco nous donne de multiples « modes d’emploi » pleins de finesse pour survivre dans la jungle intellectuelle avec le sourire.

 

Parmi ceux-ci, un fameux « comment répondre à la question "comment ça va ?" » qui, je l’avoue, fait m’amuse énormément. Alors qu’aujourd’hui, certains récusent cette question comme étant purement rhétorique, voici quelques extraits de ce fameux chapitre un peu long pour être copié en son entier ici, dont certains sont très (ou pas) bibliques. 

 

Comment ça va ?

 

Icare : « Je me suis planté. » Proserpine : « Je suis au trente-sixième dessous. » Thésée : « J’ai un fil à la patte. » Œdipe : « La question est complexe. » Damoclès : « ça pourrait être pire ». Ulysse : « Je reviens de suite. » […] Pythagore : « Tout est d’équerre ». Hippocrate : « Tant qu’on a la santé. » Socrate : « Je ne sais pas ». Diogène : « Une vie de chien ». Platon : « Idéalement ». Aristote : « En forme ». Plotin : « Divinement ». Catilina : « Tant que ça dure… » […] Jules César : « Voyez mon teint rubicond ».

Lucifer : « Ca va Dieu sait comment ». Job : « Je n’ai pas à me plaindre ». Jérémie : « Lamentablement ». Noé : « Vous connaissez une bonne assurance ? ». Onan : « Je me contente de peu. » Moïse : « Oh ! La barbe ! ». Saint Antoine le Grand : « Selon ma vision des choses… ». […]

Jeanne d’Arc : « Quelle fournaise ! ». Saint Thomas d’Aquin : « Somme toute, bien. » Guillaume d’Occam : « Bien, je suppose. » Nostradamus : « Quand ? ». Érasme : « Follement bien ». Christophe Colombe : « Je ne touche plus terre ». […] Descartes : « Bien, je pense. » […] Pascal : « Et vous ? Bien, je parie ». Henri VIII : « Moi bien. C’est ma femme qui… » Galilée : « Ca tourne rond ». Torricelli : « J’ai des hauts et des bas. » […] Newton : « Votre question tombe à pic ! ». Leibniz : « Ca ne pourrait pas aller mieux ». Spinoza : « Bien en substance. » Shakespeare : « Comme il vous plaira ». Hobbes : « J’ai une faim de loup ! » […] Papin : « A toute vapeur ! ». Montgolfier : « Je mets la pression ! » Franklin : « Du tonnerre ! ». Robespierre : « Vous perdez la tête ! » Marat : « Ca baigne ! » Casanova : « Tout le plaisir est pour moi ! » […]

Beethoven : « En sourdine ». Schubert : « Aimez-vous la truite ? » […] Sacher-Masoch : « Grâce à Dieu, mal ». […] Cambronne : « Je vous réponds en cinq lettres… » Marx : « Ca ira mieux demain. » […] Nietzsche : « Au-delà de bien, merci ». Proust : « Donnons du temps au temps ». Henry James : « Ca dépend des points de vue ». Kafka : « J’ai le cafard ! » […] Larousse : « En un mot comme en cent, mal ». Marie Curie : « Je suis radieuse ! ». Dracula : « J’ai de la veine ». […]

Freud : « Et vous ? » […] Foucault : « Qui ? » Spielberg : « Vous avez un téléphone ? » Queneau : « Bien merci, merci bien, mien berci, nebi cimer, ieei bnmrc, crié nimbé ». Camus : « Question absurde ». […]

Mathusalem : « On rajeunit pas ». Mithridate : « On se fait à tout ». Chrysippe : « Sil fait jour ça va, mais il fait jour, donc ça va ». Apulée : « Hi-han ». Jean-Baptiste : « Ca ira, j’en mets ma tête à couper ». Cléopâtre : « Je reprendrais volontiers de l’aspic ». Jésus : « Je revis ». Lazare : « Ca marche ». Judas : « Un baiser ? » Pilate : « Où est mon essuie-mains ? ». Saint Pierre : « J’ai perdu mes clefs ». Saint Jean : « Apocalypse now ! ». Néron : « Je suis tout feu tout flamme ! ». Philippidès : « A bout de souffle ». Saint Laurent : « Je suis sur des charbons ardents ». Constantin : « J’ai mis une croix dessus ». […]

 

Il me semble que l’on pourrait compléter encore un peu pour le côté chrétien…

 

Adam : « Comme un terrien ».

David : « Chante ô mon âme la louange du Seigneur ! »

Zacharie : « … »

Marie : « Selon la Parole du Seigneur, magnifiquement ! »

Saint Matthieu : « Ca marche ! »

La Samaritaine : « J’ai soif »

Marie-Madeleine : « Bien mais avez-vous vu celui que mon cœur aime ? »

Saint Thomas : « Tu le vois bien ! »

Saint Augustin : « Comme un pauv’type mais enfin que Dieu est grand ! »

Saint Ignace de Loyola : « Je discerne si je vais bien ou mal ».

 

Etc. Etc.  à compléter.

 

vendredi, décembre 13 2013

Ce qu'est la grâce ? A la Comblée-de-grâce


"Miriam, tu sais ce qu'est la grâce ? 

- Non, pas précisément, répondis-je. 

- Il ne s'agit pas d'une belle démarche de nos femmes bien en vue. C'est la force surhumaine d'affronter le monde seul, sans effort, de le défier en duel tout entier sans même se décoiffer. 

Elle n'est pas féminine, c'est un talent de prophète. C'est un don et toi tu l'as reçu. Qui le possède est affranchi de toute crainte. Je l'ai vu sur toi le soir de la rencontre et depuis lors tu l'as sur toi. Tu es pleine de grâce. Autour de toi, il y a une barrière de grâce, une forteresse. Toi, tu la répands, Miriam : même sur moi." 


Erri DE LUCA, Au nom de la mère, p.44

lundi, novembre 25 2013

Et l'homme prie ?


Un "Pour saluer La Fontaine", trouvé au gré d'un dossier pédagogique. Et comme une envie d'ajouter à cette belle liste : 

Et l'homme prie. 


"La cigale stridule, la fourmi s’active, le corbeau croasse, le renard glapit, la grenouille coasse, le mulet porte, le loup hurle, le chien aboie, la génisse mugit, le chêne tient bon, le roseau plie, la chèvre béguète, la brebis bêle, le lion rugit, l’hirondelle trisse, le rat des villes couine, urbainement le rat des champs couine, champêtrement l’agneau bébèle, l’homme bavarde, le singe hurle, le savetier chantonne, le financier s’inquiète, le meunier admoneste, le fils écoute, l’âne brait, le dragon crache du feu, la cigogne glottore, le coq coquerique, le frelon bourdonne, la mouche vrombit, le taureau beugle, la chauve-souris se peigne, abelettefouine,l’aigle trompette,


lacolombe caracoule, l’astrologue prédit, le lièvre vagit, le paon braille, la chouette ulule, le bouc pue, la laie nasille, l’araignée ourdit, le cygne se vante, le dauphin cabriole, le geai cajole, le cheval hennit, le cerf brame, l’alouette grisolle, le poussin piaule, le hibou bouboule, l’ours grogne, la tortue se hâte, le héron craquète, le vautour plane, la lapin clapit, la puce saute, l’huître bâille, le cochon grognonne, le mouton tricote, l’éléphant barrit, le faucon guette, le milan huît, le rossignol gringotte, la couleuvre chuinte, le canard cancane, le cormoran pêche, le perroquet répète, le chat-huant hue, le moineau pépie, l’écrevisse recule, la pie jacasse, le hérisson se hérisse, la gazelle court.


« Et moi ? dit la fauvette,


« et moi ? » 


« toi, tu n’es pas dans les fables de monsieur Jean » 


« oui, mais moi je zinzinule »"



Jacques ROUBAUD


Jean de La Fontaine, Œuvres complètes, Sources et Postérité d’Ésope à l’Oulipo

Edition d’ A. Versailles, Editions Complexes, 1995

(Illustration : "Le bestiaire de La Fontaine Dalinise" by Salvador Dali)


Et l'homme peut et pourra toujours bien s'activer, caracoler, sauter, tricoter ou se hérisser, 


Il est toujours inscrit, Lui, d'une manière unique et indépendante de ses actes, de toute éternité, dans le coeur de son Seigneur

:)

samedi, octobre 5 2013

Combien de temps fuirons-nous ?

"Bouhouhou ! mugit d'une voix suppliante le K. Quel long chemin j'ai dû parcourir pour te trouver ! Moi aussi je suis recru de fatigue… Ce que tu as pu me faire nager ! Et toi qui fuyais, qui fuyais… dire que tu n'as jamais rien compris ! 


- Compris quoi ? fit Stéfano piqué. 


- Compris que je ne te pourchassais pas autour de la terre pour te dévorer comme tu le pensais." 

in Dino Buzati, "Le K", Le K


mercredi, août 28 2013

L'humble éclat du pardon (Tolstoï)

Un peu de littérature, 
Pour parler de don, 
Pour parler de Pardon. 


"Alexis Alexandrovitch le retint et lui dit : 

- Veuillez m'écouter, c'est indispensable. Je me vois contraint de vous expliquer la nature des sentiments qui me guident et me guideront encore, afin de vous épargner toute erreur par rapport à moi. Vous savez que j'étais résolu au divorce et que j'avais fait les premières démarches pour l'obtenir, il faut l'avouer, après de longues hésitations ; mais le désir de me venger d'elle et de vous avait fini par lever mes scrupules. La fatale dépêche ne changea rien à mes dispositions. Bien plus, en venant ici, je souhaitais sa mort, mais…


 

Il se tut un instant, balançant de lui dévoiler le sentiment qui le faisait agir. 

- Mais, reprit-il, je l'ai revue et je lui ai pardonné. Le bonheur de pouvoir pardonner m'a clairement montré mon devoir. J'ai pardonné sans restriction. Je tends l'autre joue au soufflet, je donne mon dernier bêtement à celui qui me dépouille. Je ne demande qu'une chose à Dieu, de me conserver la joie du pardon. 


Les larmes remplissaient ses yeux ; son regard lumineux et calme frappa Vronski. 

- Voilà mon attitude. Vous pouvez me traîner dans la boue et me rendre la risée du monde, mais je n'abandonnerai pas pour autant Anna et vous n'entendrez pas un mot de reproches de moi. Mon devoir est nettement tracé : je dois rester avec elle, je resterai. Si elle désire vous voir, je vous ferai prévenir, mais je crois que pour le moment, il vaut mieux vous éloigner… 



Des sanglots étouffaient sa voix ; il se leva. Vronski fit de même, courbé en deux et le regardant en dessous. Incapable de comprendre les mobiles qui dirigeaient Karénine, il s'avouait cependant que c'étaient là des sentiments d'un ordre supérieur et qui ne cadraient guère avec le code de convenances auquel il obéissait d'ordinaire." 

in Léon Tolstoï, Anna Karénine


mercredi, février 6 2013

Être du monde sans être du monde : en Esprit et non en esprit !

 

« Je ne demande pas que tu les retires du monde, mais que tu les gardes du Mauvais. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.

Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.

Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, consacrés par la vérité. »

 

Évangile selon saint Jean xvii, 15-19

 

 

… et, en écho, quelques mots d’Ernest Hello ?

 

« L’esprit du monde est contraire au don ; l’esprit du monde, c’est de retenir, ou, s’il donne, c’est de donner avec mesure, avec calcul, avec obligation : on donne quand on a reçu, dans la mesure où on est obligé de rendre. Il a fait ceci ; je ferai cela. L’esprit du monde (j’écris à dessein dans cette phrase le mot esprit sans majuscule), l’esprit du monde, c’est l’affreuse petite réserve du moi humain, qui calcule, à partir de lui, et en revenant sur lui, la restriction du moi humain, qui a toujours peur d’être trop bon. Ce n’est pas ce danger-là qu’il court, le malheureux ! Et c’est pourtant ce danger-là qu’il craint.

 

Lire la suite...

dimanche, janvier 13 2013

Bernanos, ou la joie éclatante au cœur des ténèbres


 

Mettre une simple citation de Bernanos sur Facebook éveille parfois une discussion inattendue… d’autant plus quand elle est avec un de ses oncles ! Je ne vais pas rentrer dans les détails ici mais tout a eu pour source cette citation du Journal d’un curé de campagne que je trouve magnifique et qui s’adaptait à mon état d’esprit. Je cite donc :

 

« Mais c’est du sentiment de sa propre impuissance que l’enfant tire humblement le principe même de sa joie. »

 

Mon oncle a rebondi sur différents points mais, quant à l’auteur en lui-même, il disait : « Bernanos est un romancier du ressentiment, de la culpabilité et du désespoir » alors, que pour moi, Bernanos est le romancier de la joie ! D’ailleurs, l’un de ses romans porte même ce titre et je ne crois pas que ce soit un hasard.

 

L’ambiance des romans de Bernanos est certes lourde et pesante à chaque ligne comme si la bourbe du Mal et du péché empêchait aux phrases de prendre leur envol. Y percevoir la joie semble peu aisé car il ne s’agit pas d’une joie légère ou superficielle, il ne s’agit même quasiment pas d’humour dans ses romans et dans celui-ci en particulier – quel triste sire en apparence que le pauvre curé d’Ambricourt !

 

Et pourtant, et pourtant … « l’enfer, c’est de ne plus aimer » dit-il à la comtesse lors de leur mémorable entretien ! Et que lui répond-elle dans sa dernière lettre ? « Je ne suis pas résignée, je suis heureuse. […] J’irai me confesser demain à l’abbé X… [ …] J’ai péché volontairement contre l’espérance, à chaque heure du jour. » N’est-ce donc pas le curé qui la rend à la vraie joie ? En lui montrant qu’elle peut déposer, et donc dépasser aussi bien sa douleur de mère que le poids de son péché ? Que l’espérance est plus grande, que le bonheur est plus vaste ?

 

Et le curé est-il si triste pour s’exclamer en mourant, à l’instar de la petite Thérèse : « tout est grâce » ?

 

Alors que dire de cette citation si ce n’est que je la lis comme un appel à nous tourner humblement, les mains vides vers Dieu pour qu’il nous comble de joie ?

Encore plus profondément : comme un appel à savoir que nous n’avons rien à nous pour Le laisser emplir notre existence ?

« Te ipsum tibi reddam quando te mihi reddidero » (« Je te rendrai à toi-même lorsque je t'aurai rendu à moi ») fait dire à Dieu saint Augustin.

Impuissants… mais pouvant tout en Dieu !

 

jeudi, décembre 6 2012

Tout préparé pour le bonheur

 

 

 

« Le martinet se blessa pour que la rencontre fût possible. Vint le jour que l’enfant, jailli des rochers, happé par sa propre émotion, se précipita vers l’homme : il tenait un oiseau dans ses deux mains. Hirondelle, dit l’enfant. Martinet, dit l’homme. Pourra-t-il repartir ? dit l’enfant. Le martinet avait une aile cassée. On s’était affairé toute une matinée. On avait construit une cage minuscule. Il ne fallait pas que l’oiseau pût s’agiter. Avec du sparadrap, on avait serré les ailes sur le corps fragile, l’aile valide, l’aile malade. Il ne faudrait pas y toucher avant quelques semaines.

 

- Pourquoi a-t-il des pattes si petites ? dit l’enfant. S’il tombe à terre, est-il vrai qu’il ne peut jamais repartir ? Pourquoi Dieu lui a-t-il fait des pattes si petites, des ailes si longues ?

- Dieu ! dit l’homme. Dieu n’a pas de réponse, il pose les questions.

 

L’enfant survenait, déposait sur la seconde marche la boîte peinte qui contenait les insectes – car Dona Paca, la gouvernante, supportait mal que l’enfant s’introduisît dans la villa, - repartait vers ses jeux, revenait avec la mer.

- Tu crois qu’il volera ? disait un jour l’enfant.

- Patience, disait l’homme.

- Ils disent qu’il n’y a pas de martinet ici, disait l’enfant.

- Non, il n’y a que les mouettes. Ici, il y a trop de pierre et de soleil pour les oiseaux de grand ciel.

- Saura-t-il retrouver son chemin ?

- Oui, disait l’homme : ils ont leur chemin dans leurs ailes, tout préparé avec leur bonheur. »

 

Jean Sulivan, Mais il y a la mer, éd. Gallimard, p. 25-26.

 

mardi, juillet 31 2012

D’une plume (d’oiseau), une nouvelle épître à Diognète ?

 

Les vacances sont propices aux lectures différentes. Et l’esprit rêveur a tendance à constituer des liens étranges avec des lectures déjà connues et la pensée comme l’âme en font alors leur miel : je n’ai pu m’empêcher de trouver, à peine grimé dans ce texte de Chamoiseau, le peuple de Dieu dans la légèreté d’un colibri. La faute à l’épître à Diognète, sans doute.

 

Oui je sais, ce n est pas un colibri mais une cigogne : c est presque pareil, non ;-) 

 

« Ces inconsistances dépensaient l’énergie d’un volcan pour une existence qui ne changeait rien à l’ordre du monde et qui se maintenait ainsi : totalement dérisoire, tout à fait inutile, et dans une intensité vaine…

 

Un autre phénomène me sidérait : elles étaient faites de scintillements. Ce qui couvrait leur corps microscopique était une complexité de structures qui captaient les luminosités pour les diffracter dans les des irisations. Ce sortilège transformait leur dérisoire volume en … Hinnk…. Une splendeur absurde qui parcourait en mille instantanés tout le spectre concevable de l’ombre et de la lumière. […]

 

Son intensité et sa fréquence étaient insolites mais, plus que tout, c’était sa manière d’être toujours à contretemps qui aiguisait mon attention. Son vol disséminait une onde, claudicante mais vibratile à l’infini au cœur de tout ce qui existait. Et, par ce vibratile, tout ce qui existait au fond de mon esprit s’éveillait, se troublait, commençait à changer… »

 

in Patrick Chamoiseau, Les Neuf Consciences du Malfini

 

dimanche, juillet 8 2012

Cela


« Ainsi la conversation quotidienne n’est que rengaine jusqu’au moment où quelqu’un parle de son propre regard, de sa voix, remonte de son fond une impression, une révélation qui est sienne ; comme dans les livres tout est vain qui n’est pas cela, le jaillissement irrépressible de la vérité la plus intime qui appartient à tous… Et sans doute l’exil n’est-il supportable que parce qu’il y a cette frontière perdue, retrouvée, au-delà de ce qui protège et masque, mots, briques, papiers peints…

 

Comme si ces impressions qui peuvent surgir d’un magma de médiocre souvenirs et qui vous envoient à l’improviste un coup léger, vous griffent le cœur d’une fine blessure, comme si ces impressions, ces traces actives en nous, presque sans nous et souvent à jamais ignorées, étaient ce qu’il y a de plus intime, de plus incommunicable et cependant de plus universel, si du moins la parole vient à leur donner existence.

 

Point n’est besoin de toujours les avoir ressenties soi-même, chacun les croit reconnaître dans le tremblement de la voix, d’une écriture, participe au bonheur de celui qui les exprime sans les avoir peut-être vécues, mais parce qu’il les a reconnues sur un visage, car ce qui se tient aux profondeurs est aussi, une seconde, surface et forme, une lumière dans un regard, une ombre, ce pli du front, des lèvres, aussi nécessaire, inattendu, imprévisible que les traces sur la pierre que laissent la pluie, le vent, la mer, aussi vraies, plus vraies que les idées abstraites mais que nous ne savons déchiffrer, et les mots ne nous sont donnés que pour retrouver la palpitation de ces secondes perdues, retrouvées, immuables tout au long d’une vie, la joie secrète hors du temps, quand l’éternité déborde. »

 

in Jean Sulivan, Car je t’aime, ô Éternité !

 

dimanche, mai 6 2012

L’exercice de la prière ?

 

 

  

 

 

Vous ne croyiez tout de même pas que le dimanche, c’était fait pour se reposer ? Sérieusement ? Bon, voilà un exercice pour vous et ne discutez pas !

 

 

« L’eau m’échappe… me file entre les doigts. Et encore ! Ce n’est même pas si net (qu’un lézard ou qu’une grenouille) : il m’en reste aux mains des traces, des taches, relativement longues à sécher ou qu’il faut essuyer.

 

Elle m’échappe et cependant me marque, sans que j’y puisse grand-chose.

 

Idéologiquement, c’est la même chose : elle m’échappe, échappe à toute définition, mais laisse dans mon esprit et sur ce papier des traces, des taches informes. »

 

 

Exercice :

·      Vous remplacerez « l’eau » par « Dieu »,

·      Et « aux mains » et « papier » par « au cœur »  dans cet extrait de « De l’eau », du Parti pris des choses de Francis Ponge.

Puis vous lirez le texte ainsi obtenu.

Vous avez même le droit de le relire, d’ailleurs.

 

Si le désir vous vient alors de prier,

De parler à Celui qui nous échappe et nous marque en même temps ;

N’attendez surtout pas que cela passe ;

Mais prenez-en votre parti, le parti de Dieu ! 

 

Car Il demeure en nous, et, bien qu’Il nous échappe,

Il laisse quelques traces, quelques indices étrangement familiers

Pour nous guider sur ce chemin d’apprentissage,

Ce chemin de disciple : demeurer en Lui.

 

- page 1 de 4