Zabou the terrible

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Mot-clé - Actualités et politique

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lundi, mai 21 2018

Une voix s'élève parce qu'il en faut

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            Les migrants, thème à la mode… ou pas tant que ça, malheureusement, ou presque trop exclusivement chez le pape François, souvent considéré comme naïf quand il aborde ce sujet qui lui est cher : mais ce qu’il est facile d’oublier d’y penser, de se dire que ce ne sont que de pieuses pensées et, partant, de n’absolument pas se bouger ! Il est simple d'en rester à déplorer une situation et de se dire que le principe de réalité pousse à ne pas faire plus. 

 

            Alors qu’il est remuant et en même temps si bon de lire l’opuscule de Mgr Benoist de Sinety : Il faut que des voix s’élèvent ! Un appel pressant à vivre vraiment la fraternité, à ne pas confondre problème d’immigration et problème d’intégration, à ne pas regarder de haut ceux qui sont tout autant que d’autres nos frères, à ne pas se dire qu'on préfère traiter les questions bioéthiques en oubliant l'étranger qui arrive… un appel à aimer, tout simplement, clair, net, précis et efficace. 

 

Qu'est-ce que l'homme ? Toute la Bible et la pensée chrétienne ne cessent de chercher à répondre à cette question éblouissante et vergineuse. Non pas d'abord pour savoir comment il fonctionne - ce qui est important mais pas primordial -, mais bien pour cerner ce qu'il en est en totalité. Corps et esprit, chair et âme... grâce au message du Christ, je sais que toute réflexion et toute politique cessent de servir le Bien dès qu'elles ne cherchent pas à éclairer d'une manière ou d'une autre cette question. (...) On ne peut réfléchir à l'accueil du migrant si l'on met de côté cette question essentielle. Non pas d'abord en cherchant à déterminer ce qui fait le Français, Grec ou le Papou, mais en s'attachant à réfléchir à l'homme. Pour moi, chrétien, le fait que Dieu s'incarne, se fasse homme, donne à l'homme un prix infini qui dépasse toute valeur fiduciaire : le prix de l'homme, c'est Dieu. Dès lors, toute vie est unique et essentielle et nous devons proclamer cet intangible : aucune vie n'est inutile, aucune vie n'est méprisable. De sa conception au sommeil de la mort. (P. 48-49) 

Passant en revue sans aucune concession nos peurs et nos choix trop étriqués de société, ce court ouvrage nous invite à ouvrir nos yeux, à nous réveiller, afin d'ouvrir nos bras et notre coeur comme nous y presse le dernier chapitre avec une magnifique conclusion. 

Depuis longtemps, je sais que nous ne sommes sur terre que pour une seule chose : aimer l'autre. Ce que nous laissons derrière nous, ce n'est pas un souvenir pour des proches et des amis, ce n'est pas ce que l'on a construit pendant notre passage sur Terre. Même si l'on est un entrepreneur de talent, un génial architecte ou un peintre, les traces, les seules, qui demeurent vraiment et se transmettent aux générations suivantes, c'est cet amour. Un amour qui ne meurt jamais parce qu'il vient de Dieu et mène à Dieu. (p. 131) 

Et maintenant ? 

 

samedi, mars 31 2018

Pâques 2018

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Le Jeudi Saint, le Christ s’est abaissé jusqu’aux pieds de ses disciples, pour les leur laver.

La nuit du Jeudi Saint, c’est à Ses pieds que nous avons veillé, que nous avons adoré ;

Le Vendredi Saint, c’est au pied de la croix que nous nous sommes tous retrouvés ;

 

Pieds de Dieu, pieds de l’homme…

Apprentissage d’un suprême mouvement d’abaissement : aux pieds de Dieu, aux pieds de l’homme.

Ces deux pieds-là sont bien nécessaires pour nous faire tenir debout comme chrétiens : ils sont les pieds de la charité.

 

Le dimanche de Pâques, c’est encore mieux : des pieds gisants seront devenus pieds en mouvement ! 

Mais il leur dit :
« Ne soyez pas effrayées !
Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ?
Il est ressuscité : il n’est pas ici.
Voici l’endroit où on l’avait déposé.
Et maintenant,
allez dire à ses disciples et à Pierre :
“Il vous précède en Galilée.
Là vous le verrez,
comme il vous l’a dit.” »

La bénédiction nous invite à Sa suite également : "suivez maintenant les pas du Ressuscité" !  

Alors que, le dimanche de Pâques, ils soient légers les pieds, qu’il soient « beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut » (Is. 52,7) de ceux qui portent la Bonne Nouvelle

Parce que Pâques, c’est grave le pied ! ;-)

 

Belle et sainte fête de Pâques à tous :

IL EST VRAIMENT RESSUSCITE, ALLELUIA ! :-) 

 

dimanche, décembre 3 2017

L'avent-veille

 

Quand le jour se fait ténu,

Se lever, comme chaque matin,

Pour louer le Seigneur,

Pour Lui confier le monde,

Notre journée et surtout toutes nos rencontres.

 

Temps de l’Avent,

Temps privilégié de la veille silencieuse,

Dans le frimas sombre d’un jour peinant à s’éveiller,

Balbutier dans l’aurore seulement devinée,

Les mots doux d’un Amour destiné à illuminer.

 

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dimanche, novembre 26 2017

Christ Roi 2017

 

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Christ en majesté,

Christ d’humilité,

Christ glorifié,

Christ défiguré,

Christ transfiguré…

 

A nos représentations glorieuses de Sa majesté,

Christ vient toujours superposer Sa totale humanité :

D’un petit (d’)homme dans une mangeoire,

A Celui qui nourrit ceux qui ont faim, de Sa Parole et de pain,

A Celui qui ose demander de l’eau à une inconnue,

A Celui qui ose laver les pieds de ses disciples.

Jusqu’à l’abaissement suprême, torturant et humiliant de Sa croix.

 

Quand nous avons tendance à vouloir nous la raconter,

Christ nous ramène toujours au plus essentiel de Sa royauté :

L’adorer à genoux, certes, à Ses pieds, pour Sa divinité ;

Mais L’imiter, aux pieds de nos frères, pour les servir,

Sachant fléchir le genou pour aider celui qui est par terre,

Adorant ainsi, en notre frère, Son humanité.

 

Quand le mode d’emploi est l’Évangile,

Dont on ne parvient jamais à très bien se servir,

On se dit que l’année liturgique nouvelle à venir,

Offre comme une sempiternelle occasion de rattrapage :

Pour mieux Le suivre,

Pour adorer mieux le meilleur des Rois.

 

 (Illustration : Eglise de Saint-Savin, Hautes-Pyrénées, XIVème s.)

jeudi, novembre 23 2017

Traquons le refus de la soumission

 

A la suite d’une récente polémique autour de la nouvelle traduction du Notre Père et sans désir d’en rajouter mais seulement d’en sourire, je me suis simplement amusée à relever quelques « soumissions » ou « insoumissions » suspectes, susceptibles de questionner notre rapport à l’Islam. A vous d’en tirer les conclusions qui ne s'imposent pas ;-)

 

  • Sans doute la plus flagrante : La France insoumise. Non mais voilà, ça se pose là quoi. Insoumise….

 

  • « Soumettez-nous votre candidature » : on ne pense jamais assez à la portée religieuse de nos actes.

 

  • Gide est lui aussi entré dans cette problématique, citons un propos qui lui est attribué (mais dont je n’ai pas trouvé la source exacte) : « Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis ». Rappelons-nous que Gide était protestant… Coïncidence ? Je ne pense pas.

 

  • Un point très grave… Souvent il est de bon ton de s’indigner ou de sourire en entendant Éphésiens 5, 22 : « Femmes, soyez soumises à votre mari ». Mais que penser alors du verset 24 : « puisque l’Église se soumet au Christ ». Tout est renversé semble-t-il, au sein même de la soumission.

 

 

dimanche, novembre 19 2017

1ère journée mondiale des Pauvres

Grande nouveauté de l'année 2017, le pape François a instauré le 33ème dimanche du temps ordinaire une "journée mondiale pour les pauvres". Et si fixer cette journée le dernier dimanche "officiel" du temps ordinaire était aussi une manière de nous dire qu'il faudrait réussir à mettre cette "option préférentielle pour les pauvres" en premier de tout ? 

Il ne suffit pas d'en rester au malaise de tous ces gens qui n'ont pas de quoi vivre et "résident" dans la rue à deux pas de chez nous, 
Il ne suffit pas de nous indigner,
Il ne suffit pas de les regarder de haut... ou, pire, de ne plus les voir, devenus indifférents,
Il ne suffit pas de nous dire que nous sommes tous des pauvres en quelque chose (même si c'est aussi vrai),
Il ne suffit pas de parler de la pauvreté et des "pauvres" en général... 

.... mais, justement, ce qui est certain, c'est que le pape François en a profité pour écrire un beau message, intitulé "N'aimons pas en paroles, mais par des actes" qui n'est pas qu'une parole en l'air mais bien une invitation concrète à aller rencontrer le Christ en nos frères les plus démunis et à les mettre au centre de nos actions, pour que celles-ci soient remodelées par une charité qui soit vraie. 

 

Un court extrait : 

§3 "Ne pensons pas aux pauvres uniquement comme destinataires d’une bonne action de volontariat à faire une fois la semaine, ou encore moins de gestes improvisés de bonne volonté pour apaiser notre conscience. Ces expériences, même valables et utiles pour sensibiliser aux besoins de nombreux frères et aux injustices qui en sont souvent la cause, devraient introduire à une rencontre authentique avec les pauvres et donner lieu à un partage qui devient style de vie. En effet, la prière, le chemin du disciple et la conversion trouvent, dans la charité qui se fait partage, le test de leur authenticité évangélique. Et de cette façon de vivre dérivent joie et sérénité d’esprit, car on touche de la main la chair du Christ. Si nous voulons rencontrer réellement le Christ, il est nécessaire que nous touchions son corps dans le corps des pauvres couvert de plaies, comme réponse à la communion sacramentelle reçue dans l’Eucharistie. Le Corps du Christ, rompu dans la liturgie sacrée, se laisse retrouver, par la charité partagée, dans les visages et dans les personnes des frères et des sœurs les plus faibles. Toujours actuelles, résonnent les paroles du saint évêques Chrysostome : « Si vous voulez honorer le corps du Christ, ne le méprisez pas lorsqu’il est nu ; n’honorez pas le Christ eucharistique avec des ornements de soie, tandis qu’à l’extérieur du temple vous négligez cet autre Christ qui souffre du froid et de la nudité » (Hom. In Matthaeum, 50, 3 : PG, 58)" 

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lundi, octobre 9 2017

Saint céphalophore intercède pour nous

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Il a perdu la tête !

Concrètement, saint Denis fêté ce jour fait partie de ceux dont on pourrait le dire pleinement !

Mais cela date pourtant de bien avant son exécution cette histoire :

Il a perdu la tête…. Il a suivi le Christ !

Le jour de sa mort : il a perdu l’esprit… mais sans perdre l’Esprit qui l’avait mené jusque-là.


Car suivre le Christ, n’est-ce pas un peu perdre la tête ?

Tout fonder sur une parole, tout fonder sur un amour, tout fonder sur notre foi !

Les chrétiens ne sont-ils pas un peu fous ?

C’est une histoire d’ambivalence, comme pour le mot passion : amour et souffrance.

 

J’aime bien me dire que saint Denis intercède pour que nous sachions à notre tour perdre la tête : non pas pour faire de nous des martyrs sanguinolents si cela ne nous est pas demandé, mais bien pour savoir Le suivre.

 

Saint Denis, toi qui as perdu mais as aussi porté ta tête, porte la nôtre dans la prière, s’il te plaît :

Prie pour que nous sachions « bien » perdre notre tête, c’est-à-dire la donner au Christ,

Prie pour qu’elle sache rayonner de Son amour auprès de ceux que nous croisons, afin des les y conduire,

Prie pour que notre intelligence soit irriguée par notre foi,

Prie pour que notre regard soit toujours orienté vers Lui seul,

Afin que notre tête, ainsi que toute notre vie, sache aller là où Lui le souhaite… passionnément !

dimanche, août 27 2017

A minima, Tu es le Trésor d'un coeur d'ancienne !

 

            L’ancienne région de Césarée-de-Philippe où Jésus se trouve dans l’épisode évangile de ce dimanche, j’ai eu l’occasion d’y passer récemment avec de belles balades à Dan et, surtout, à Baniyas. C’est magnifique mais ce fut une région marquée par l’idolâtrie. Est-ce un hasard si c’est le lieu que Jésus choisit pour demander « au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » puis le fameux « et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». Les uns et les autres ont des réponses qui divergent… Et ne serait-ce pas encore le cas aujourd’hui ?

 

          Césarée de Philippe, c’est un peu notre monde. Non pas seulement « eux », au loin, mais aussi « nous » avec toutes les idoles que nous nous construisons, toutes ces choses qui nous encombrent et nous détournent de « l’unique nécessaire ». Et les réponses divergent aujourd’hui encore, on pourrait les actualiser, elles seraient probablement un peu moins sympa que dans la Bible : « pour machin, tu n’es qu’une illusion ! », « Pour certains, tu n’es qu’un personnage de l’histoire », « pour d’autres, tu es un bon maître de sagesse ». « Quelques-uns enfin envient ton succès et demandent ta recette pour être un gourou autant suivi ».

 

        Certes, il y a nos croyances qui divergent, nos philosophies et nos histoires personnelles mais il y a aussi, dans nos propres vies de croyants chrétiens appelés à répondre au « pour vous, qui suis-je ? » des obstacles, des « idolâtries » faisant suffisamment écran pour nous empêcher de répondre non pas du bout des lèvres comme une ritournelle apprise mais bien avec tout notre être : « Tu es le Christ ! Le Fils du Dieu vivant ! ». Ou toute autre exclamation prononcée avec amour, avec tout le cœur et tout le corps. J’ai du mal à imaginer Pierre prononçant cette réponse autrement que se levant et s’élançant amoureusement vers Jésus. L’idolâtrie, ce sont tous nos « j’aime » possessifs, mal ajustés au « je T’aime » que nous pouvons dire au Christ.

 

            Ce midi, profitant de quelques derniers jours de vadrouille vacancières, j’ai eu l’occasion d’aller avec un ami récemment ordonné à une messe (très) anticipée du dimanche qu’il célébrait dans un EHPAD. Je suis toujours foncièrement marquée par les messes dans ce genre d’endroits où quelque chose de l’incroyable force de Dieu dans la faiblesse se dit ou, plutôt, se balbutie et s’écrit à travers les rides. J’y vis toujours l’eucharistie très différemment. Là, cela n’a pas raté et j’y ai vu comme un écho de l’Évangile : j’ai contemplé ces anciens après la communion, quelques-uns rudement éprouvés par l’âge. Certains arboraient un beau sourire, d’autres marmonnaient les yeux fermés une prière, celui-là levait les yeux au ciel et puis celle-ci, en fauteuil roulant, bouleversante, avait replié ses bras doucement sur son cœur comme si elle voulait conserver à jamais le trésor qu’elle venait de recevoir.

 

       A les regarder ainsi, j’ai souri, les considérant comme donnant la meilleure réponse qu’on puisse jamais faire à la question du Christ, Bien-Aimé de nos âmes, venu se faire pauvre avec ces plus pauvres afin de leur donner la Vie.

 

Banias - Temple of Pan 001.jpg
Domaine public, Lien

 

 

 

mercredi, août 23 2017

Mieux qu'une histoire de piécettes

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Aujourd'hui, la liturgie nous proposait l'évangile des ouvriers de la dernière heure (Mt 20, 1-16) comme on aime souvent l'appeler. Moi je l'aime bien cette parabole parce que je suis sûre que j'aurais été un peu du style à murmurer intérieurement alors cela me fait toujours du bien de l'entendre. 

Le pitch ? Des ouvriers viticoles ayant trimé toute la journée se trouvèrent fort dépourvus lorsque le soir fut venu... Euh, enfin presque : ces bosseurs et des ouvriers ayant seulement à peine mouillé le maillot en fin de journée (ils s'y sont mis à 17h uniquement pour une fin de travail à 18h... Tranquilles ! Pires que des profs !) reçoivent à la fin le même salaire, celui qui avait été convenu avec les plus matinaux qui avaient commencé dès l'aube. Cris de ceux-ci de voir les autres recevoir le même salaire ! Injustice ! Mais que font les syndicats de vignerons ? 

Alors on explique souvent que la justice de Dieu n'est pas la nôtre, que Son coeur est plus grand que le nôtre : c'est bien vrai. On en profite aussi pour se rappeler que la jalousie spirituelle, c'est tout de même très malheureux : et si mon frère converti récemment a une vie spirituelle plus dense que la mienne, qui suis-je pour en être aigri ? Et surtout, quel besoin ai-je de comparer ce qui n'est pas comparable ? ... si tant est d'ailleurs qu'on sache vraiment "où" nous en sommes dans notre vie spirituelle. 

Mais si ce denier que chacun reçoit en fin de journée, c'était surtout l'Amour du Bon Dieu ? Le Christ utilise cette parabole pour parler du Royaume des Cieux dont le maître mot est l'amour. Alors, que Dieu pourrait-il donner d'autre - et d'ailleurs, que Dieu peut-il faire d'autre que de donner ? - qu'un Amour plein, entier et vraiment indivisible ? 

Un 1/2 amour, un amour sous conditions, un amour qui dose et hiérarchise est-il amour ? 

Aux croyants de toujours comme aux imprévus de Dieu arrivés à la dernière minute, Dieu se propose de donner le même salaire : Son Amour. Parce qu'il ne peut pas donner plus, tout comme Il ne peut donner moins. Alors, Il traite chacun en égal non pas spécialement parce qu'Il est juste dans Son apparente injustice mais surtout parce qu'Il nous veut non seulement ouvriers à Sa vigne mais surtout commensaux à la table de Sa vie. 

 

jeudi, juin 29 2017

Pierre et Paul colonnes pas si colossales

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Saint Pierre était en train de pêcher quand Jésus est venu le rejoindre ;

Saint Paul était en train de persécuter - de pécher si ce n’était qu’une histoire d’accent - quand Jésus est venu le rejoindre...

 

Seigneur, Tu es venu les rejoindre et les appeler dans leurs occupations ordinaires, comme Tu le fais pour chacun de nous :

Est-ce que, moi, je sais toujours T’y reconnaître, même quand il n’y a pas la clarté lumineuse d’évidence d’un chemin de Damas ?

Est-ce que, moi, je suis toujours prête à commencer et à recommencer un chemin de conversion pour Te suivre mieux, dans Tes appels au milieu de mes occupations ordinaires ?

 

J’aime bien l’idée aussi que Tu as fait d’eux deux les « colonnes de l’Église » alors que ce n’était pas franchement gagné vu leur pedigree…

Et Tu sais, c’est bon de se dire qu’avec des colonnes sur lesquelles nous n’aurions pas parié tu as fait tenir debout l’Église : miracle d’architecture jamais dépassé et de loin insurpassable, je crois !

C’est rassurant puisque l’Église, c’est nous aujourd’hui aussi, ce n’est pas juste un « ils » lointain et désincarné.

L’Église, c’est nous et, malgré nos côtés « pierres pas super polies ni ajustées », Tu nous fais quand même confiance pour édifier les uns avec les autres des cathédrales humaines vers, par et pour Toi : communauté de croyants en construction permanente.

 

lundi, juin 5 2017

Effet de fête

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Quand, après tant de temps en-dehors de l’ordinaire,

40 jours de Carême, 50 jours de temps pascal,

Arrive le si ordinaire lundi de Pentecôte,

On se dit « zut, finies les festivités ! ».

 

Encore que, « lundi de Pentecôte »,

Cela sonne bien comme le lendemain du jour précédent,

On pense pouvoir poursuivre la fête,

Dans l’ivresse du don de l’Esprit !

 

Mais c’est bien plus fort que cela :

A la Pentecôte est née l’Église,

Et le temps qui suit n’est rien de moins que celui de l’Esprit Saint :

Ivresse permanente, donnée par Celui qui souffle

Aussi imprévisiblement que fortement !

 

Alors, aujourd’hui s’ouvre le temps de l’Écoute du Souffle,

Aujourd’hui, c’est le jour où tendre à fond ses voiles pour en être portés ! 

Direction ? La mission ! 

 

Jamais plus aucun temps ne peut être ordinaire

Car il va s’agir d’être agis, d’aller en effet au faîte de nos vies.

Prise, embrasée et faite de l’Esprit,

C’est bien notre vie tout entière qui est appelée à devenir fête de l’Esprit.

 

dimanche, juin 4 2017

Ftour de Pentecôte

 

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Coïncidence de dates : j’ai passé la Vigile de Pentecôte invitée par une collègue et amie musulmane à un repas de « ftour » qu’elle organisait pour quelques amis.

 

Le ftour est le repas de rupture de jeûne lors du Ramadan dont l’horaire est fixé jour après jour et qui ne peut se poursuivre au-delà d’une certaine heure. Un moment solennel, ritualisé, attendu par les pratiquants tout au long de leur journée de jeûne mais surtout extrêmement convivial qui est l’occasion d’une vraie fête quand il se vit avec des amis.

 

J’ai été touchée, moi la catholique, d’être accueillie si fraternellement par des musulmans si heureux de me faire découvrir la tradition de ce repas nocturne et ses différents plats. Tout cela est si inhabituel pour nous ! De mon côté, j’ai glissé quelques mots sur la fête de Pentecôte qui allait me faire lever le matin suivant au lieu d’enchaîner par une grasse matinée.

 

A la même heure, encore une fois, une fois de trop, un attentat terroriste frappait la ville de Londres.

 

Hier soir, nous n’avons pas fait de prosélytisme en essayant de nous convertir les uns les autres : nous savions qui nous étions, ce que nous croyions. Mais hier soir, on a essayé de mieux se comprendre, de mieux se connaître, de vivre en amitié.

 

Hier soir, musulmans et chrétienne, nous avons partagé un repas.

Moi je crois qu’hier soir, aussi dérisoire cela puisse-t-il sembler, nous avons fait ensemble un anti-attentat.

 

Alors, que l’Esprit Saint souffle fort pour que nous puissions avoir l’audace de créer des liens d’amitié quand d’autres cherchent à tout prix à les briser pour instaurer l’ignorance, le rejet et la peur.

 

Viens Esprit Saint,

Viens en nos cœurs.

Viens Esprit de paix,

Comble-nous de Ta paix.

 

mercredi, mai 31 2017

Visitation pour Imitation

 

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Marie, emplie de Dieu,

Marie s’empresse,

Marie file chez Elisabeth,

Toute légère dans sa jeune grossesse.

 

Marie, toute allégresse de Dieu,

Ne peut que se tourner vers l’autre,

Aller à la rencontre de ce qui fait sa joie,

Pour y porter ce Dieu qui aime tellement chacun.

 

Et toi ? Et moi ?

Même empressement à aller découvrir ce qui fait la joie de l’autre ?

Même de ce relou de 1ère classe ?

Même rapidité à y porter Dieu ?

Sérieusement, souvent la loose

 

La Visitation, comme un exemple donné,

A regarder, à imiter.

 

La Visitation, ce moment où l’on donne raison au vers de Ronsard :

« Marie, qui voudrait votre beau nom tourner, il trouverait Aimer ».

Sainte Vierge Marie, prie pour nous !

 

mardi, mai 30 2017

Prise en flag ou l'apophtegme unifiant du macaron à la pistache

Long temps de la fin d'année où fatigue et presse savent se conjuguer. Pour moi, il y a toujours l'enjeu de tenir ma vie professionnelle et tout le reste ensemble sereinement, en unifiant la totalité dans la prière puisque l'ensemble fait ma vie "de consacrée" qui appartient à Dieu, origine, fin, arrière-plan et joyeux compagnon de chacun de ces jours. Et parfois...  

 

J'avais aujourd'hui un rendez-vous pour mes études de théologie et, n'ayant pas cours le matin, j'avais mis autour de mon cou une petite croix en bois. Ce que j'appelle en mon for intérieur mon mode "cathostensible" : une petite croix comme signe simple de Celui à qui j'ai donné ma vie et qui, avant tout, l'a donnée pour moi.   

Il y avait aussi un peu de course aujourd'hui afin d'ensuite rejoindre mon collège pour quelques rendez-vous avec des parents et un conseil de classe. Dans ma poche, une croix de Taizé afin d'évidemment changer mon tour de cou mais non point l'essentiel avant de rejoindre mon établissement. Avant de reprendre le train, je me dis qu'un petit goûter (car, oui, je suis une affreuse prof qui aime bien goûter) serait bienvenu pour tenir jusque tard. Et là, arrivant à proximité d'une échoppe de la gare, la vendeuse m'interpelle et s'exclame : 

"Oooooh, mais c'est la maîtresse de ma fille ! Bonjour Mme P**** !" 

Incroyable mais vrai : je tombais sur la mère d'une des élèves dont je suis professeur principale ! Un de mes rendez-vous de la semaine suivante ! Et... j'avais autour du cou ma croix. Et... j'avais un bouquin au titre bien catho dans les mains. Et.... j'étais un peu, voire beaucoup, gênée, je dois l'avouer. Que faire ? Rien, il était trop tard : il ne me restait qu'à assumer, mine de rien et à sourire. 

Mais la maman de mon élève, musulmane comme je le savais par ailleurs, était elle aussi tout sourire. Pas de choc de son côté. Ni de question, sinon la joie de me voir... et de m'offrir un gros macaron à la pistache ! En plein Ramadan ! 

Je suis donc repartie vers le collège avec un bon goûter sous le bras et la promesse de revenir la voir lors d'un prochain passage. Mais je suis aussi repartie en me disant que la couverture de mon identité secrète mais profonde de catholique-consacrée venait d'un coup de prendre un sacré choc. 

Et pourtant... y avait-il eu là atteinte à la laïcité ? 

Dans le fond, cette classe a, sans le savoir, une consacrée comme prof principale. Dans mes études de théologie ou dans les cours que je donne, je suis bien la même, partout. 

Au bout d'un moment de perplexité quant à cette scène, je me suis mise à sourire dans le train. Je pense que, durant ces premiers mois de vie consacrée, je suis encore en train d'apprendre, de découvrir, le don de Dieu spécial de cette forme de vie, qui ou plutôt ce que je suis devenue tout en étant la même... 

Et si les autres étaient aussi patients apprentissages de notre identité ? 

Et si les autres étaient aussi patients apprentissages de notre unité de vie ? 

 

mercredi, mai 3 2017

Dimanche d’élection

 

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Si, le 11 juin, dans mon diocèse, nous voterons tous pour Jésus (ohlala, la consigne de vote cachée !), il n’est pas faux de rappeler que nous célébrons, que fêtons en Église l’élection dès ce 7 mai. Non du dimanche comme jour chômé, non pas l’élection à laquelle vous pensez, mais la nôtre.

 

Dimanche prochain, ce sera le 4ème dimanche de Pâques, celui où l’Église prie tout spécialement pour les vocations.

 

Vocations ? Vocation ?

Comme le rappelle souvent le pape François, à la source de toute vocation, « il y a toujours une expérience forte de Dieu, une expérience qui ne s’oublie pas, on s’en souvient toute la vie » ! Cette expérience forte de se savoir aimés, follement, personnellement, infiniment…

Mais ce ne serait pas juste de limiter cela aux seules formes de vocation « spécifique » : tous nous sommes foncièrement des êtres appelés. Dieu a un projet de bonheur pour chacun d'entre nous. 

 

Tous nous sommes des êtres choisis,

Tous nous sommes des êtres choyés par le Seigneur,

Tous nous sommes ses préférés, chacun pour notre part,

Tous nous sommes ses élus, sans même faire campagne. 

 

… Et dire qu’il n’a même pas eu peur de nous élire alors que nous ne le méritons même pas… !

 

Alors, pour nous préparer à ce dimanche d’élection(s) dans les divers sens du terme, si nous prenions le temps d'ici là, même sous une ambiance grisâtre, de rendre grâce ?

 

Pour L’élire chaque jour plus comme Seigneur de nos vies ! :-) 

 

jeudi, avril 27 2017

Pas l'indifférence

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En classe,

Lendemain d’attentat :

- Voulez-vous en parler ?

Silence.

 

Lendemain d’élection :

A part chercher à connaître mon vote,

Silence.

 

Rien à voir ?

Je me demande, je m’interroge :

Banalisation de la violence,

Banalisation de l’exclusion,

Banalisation d’une politique qui semble trop lointaine ?

Banalisation du drame d’une France divisée.

 

Je ne mets pas tout sur le même plan,

Mais je m’interroge.

 

En 2002, j’étais lycéenne,

La présence d’un extrême au 2nd tour avait été choc

… Et réaction !

Une France dans la rue : des craintes, des « plus jamais ça »…

C’était maladroit mais c’était heureux.

Et aujourd’hui ?

Indifférence.

 

Malgré son nombre croissant de voix,

Je ne peux faire du FN un parti comme un autre,

Je ne peux pas dire : on a juste à choisir entre l’extrême-droite, le centre gauche fan de gros sous, le vote blanc ou l’abstention,

Je ne peux pas le dire en oubliant que, dans un des possibles, il y a « extrême »,

Je ne veux pas de la banalisation de l’extrémisme,

Je refuse cette indifférence crasse face à l’inacceptable !

 

Qu’on se le dise : je ne juge pas ceux qui le font,

Mais je ne parviens pas à comprendre comment on peut être chrétien et voter FN.

 

Je respecte infiniment la liberté de conscience

Mais il n’y a pas d’indifférence chrétienne :

Comment ne pas réagir ?

Comment ne pas être sous le choc du drame de tous les extrémismes, religieux comme politiques ?

Comment ne pas rêver de briser notre indifférence commune qui se généralise ?

 

Certes, je suis nulle en politique,

Certes, on ne peut se préoccuper de tout et tous,

Mais le Christ que nous suivons nous invite à l’attention à tous,

A l’attention même et surtout de ce qui est petit, exclu, blessé.

 

« Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde »,

Le contexte de Brecht et le nôtre sont différents,

Mais, dans le fond, n’y a-t-il pas la même question ?

L’indifférence tranquille n’est-il pas ventre trop fécond du fleurissement des extrêmes ?  

Je rêve d’un pays où les cœurs, les mains et les têtes en action deviennent les lieux féconds d’une société heureusement réunifiée,

Qui ose encore s’indigner

Et, qui ose, plus fort encore, s’engager. 

samedi, avril 15 2017

Méditation devant Son tombeau – Samedi Saint

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Samedi Saint au tombeau. Tout semble fini.

 

Comme souvent, je me demande ce que j’aurais fait, ce que j’aurais dit, ce que j’aurais pensé si j’avais vécu à l’époque du Christ. C’est sûr qu’en se plaçant a posteriori il est facile de fanfaronner : « moi, j’aurais gardé espérance et confiance car Il l’avait dit ! » mais, en termes d’héroïsme facile comme en termes de lâcheté, nous ne sommes souvent pas les derniers.

Comme Pierre, peut-être que j’aurais dit : « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne t’abandonnerai jamais » pour renier ou désespérer – y a-t-il une véritable différence ? – quelques heures plus tard. Est-ce que, même, je n’aurais pas été déçue par celui que j’aurais alors suivi des jours et des mois entiers ? Celui qui avait des paroles comme nul autre : quand on les entend aujourd’hui, elles n’ont la saveur d’aucune autre, alors de Sa bouche, qu’est-ce que cela devait être ! Je m’imagine les buvant et les laissant me transformer jusqu’au cœur. Parce qu’en plus, Il les disait en m’aimant comme chacun de ses disciples !

 

Peut-être que, devant le tombeau juste clos, j’aurais vraiment dit : « tout est fini » mais avec cette nuance amoureuse que l’on a pour les gens aimés après leur décès : « qu’est-ce qu’Il était formidable ! ». Il ne reste en apparence rien d’eux, mais, au-delà des souvenirs, il reste, même pour ceux qui n’ont pas la foi, l’amour.

 

Je me dis que, devant cette fin sordide, la seule chose qui serait demeurée aurait été l’amour que j’aurais porté à Jésus… mais seulement, cet amour était encore l’amour humain, l’amour fini de l’homme, sans ouverture, confronté au blanc tragique du point final de la mort. Avec la pointe de déception que cette fin soit si banale et si moche pour un être si sage, si aimant et si aimé.

 

Aujourd’hui, on est capable de voir dans la croix le signe de l’amour. Le contemporain du Christ le samedi saint ne pouvait pas encore le savoir : il ne lui restait que son pauvre amour humain. Je me dis que c’est cela même que l’ouverture du tombeau le dimanche est aussi venu faire voler en éclats : l’amour ne fait pas que subsister après la mort dans la forme qu’il avait, comme une simple trace, l’Amour révélé par le Christ nous indique qu’Il est le seul passage pour ouvrir à la Vie.

 

Le Christ vient aussi en grand pédagogue transfigurer notre amour humain. Il vient faire exploser la finitude de notre propre amour, Il vient transfigurer tous nos enfermements, Il vient transformer nos sentiments encore si étriqués, si repliés, si pauvres, si ancrés dans le seul « moi ».

 

Devant l’obscurité fermée du tombeau, nous pouvons tout Lui confier car Il est là plus que jamais à prendre tout ce qui semble faussé dans nos vies, toutes nos morts, tout le « Shéol » de nos vies, magma indistinct de ce que nous aimons taire.

Car Il vient pour ouvrir tout ce qui est clos, tout ce qui est nuit, tout ce qui est mort de nos vies à l’unique Lumière de Son Amour.

 

 

 

vendredi, avril 14 2017

Carêmencer #3

 

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Calomnies

Condamnation

Capitale comme peine

Couronné d’épines

Croix

Chemin de Croix

Calvaire

Cloué sur la Croix.

Coup de lance.

 

Constat 

Crevé ; Claqué ; Cadavre.

 

 

 

Croire.

 

 

Contre tout

Croire.

 

La Croix seule comme divin Crayon pour nous faire méditer cette réalité :

« Il m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2, 20)

 

jeudi, avril 13 2017

C(roix) dans l'air

 

« Prenez et mangez-en tous »

J’imagine Jésus rendant grâce avec les prières juives de bénédiction puis présentant le pain et le vin de cette manière si singulière, si unique : que dit-il là ?

J’imagine Ses mains qui tiennent cette coupe, qui tiennent ce pain, légèrement élevées pour mieux les offrir.

Vie présentée, vie offerte, vie donnée pour le monde.

 

« Il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture »

Si le marcheur sait combien ses pieds sont précieux, il sait aussi ce qu’il en coûte d’y accéder…

Lieu au plus bas de nous-mêmes où le Christ descend volontairement :

De Dieu en notre chair,

De son statut d’homme debout à celui d’homme à genoux pour prendre soin,

Pour servir,

Pour chérir,

Pour laver,

Pour aimer.

 

« mangez-en tous »

« buvez-en tous »

« C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ».

Tous et vous : rimes visuelles mais surtout rimes d’humanité,

Le Christ tend ses bras à gauche et à droite vers le monde entier : ce qui se passe là, ce que nous rappelons ce soir concerne chacun, quand bien même tous ne le savent pas.

 

Haut, bas, gauche et droite : on pourrait croire à la chorégraphie d’une chanson…

Et si, déjà, se profilait plutôt ainsi le signe du Salut,

Une croix déjà tracée en Ses gestes, esquissée, presque aérienne,

Une croix tacite,  

Comme préfiguration du lendemain,

Explicitation d’amour avant l’heure,

Signe de l’unique clé du Passage vers la Vie.

 

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dimanche, mars 26 2017

Carêmencer 2 La procrannonciation

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... Comme Coïncidence de Calendrier ! 

Hier, c'était à la fois la fête de l'annonciation et la journée de la procrastination*. 

J'ai trouvé la coïncidence amusante : 

D'un côté, celle qui a dit oui tout de suite. 

De l'autre, cette fâcheuse tendance à reporter à demain ou encore à plus tard sans fin. 

Mon esprit facétieux s'est imaginé en une saynète ce qui se serait passé si Marie avait dit à l'ange : "écoute, je ne sais pas, reviens demain". Dieu l'aurait-il aimée moins ? Bien sûr que non... Mais Dieu savait qu'elle était toute disponible. 

Avec un "Monsieur l'ange Gabriel, tu es bien gentil mais ça me fait un choc tout cela alors attends demain", notre Salut n'aurait pas eu la même saveur : il n'aurait pas eu cette dose folle d'aventure de l'amour qui pousse à dire oui comme cela, avec le coeur et avec tout l'être. 

La grâce de Dieu n'attend pas à demain, elle est là, il suffit de l'accueillir. 

 

Hier soir justement, je témoignais de ma vocation et plus largement de ce que la foi avait changé dans ma vie à des jeunes se préparant à la profession de foi d'une aumônerie du coin. Beaucoup de questions sur la chasteté et le célibat, évidemment, comme souvent chez les pré-ados. Et puis, toutes ces questions qui, si elles étaient parfois dites avec un ton un brin provoc' étaient justement bien plus profondes : "Non mais genre vous êtes tombée amoureuse ?" / "Comment as-tu été sûre ?" / "Dieu, il vous a appelée comment ?" / "L'amour de Dieu et l'amour humain, c'est pareil ?" etc. etc. Toutes ces questions auxquelles on a envie de répondre avec un large sourire : "histoire d'amour avec sa joie et son mystère !". Mais surtout de dire qu'il s'agit simplement, dans tous les cas, d'apprendre à accueillir la grâce de Dieu parce qu'il n'y a pas de plus grande joie. 

La grâce de Dieu, quelle qu'elle soit. Quelle que soit notre vocation. 

Il ne s'agit pas de dire "cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie" mais bien d'accueillir les semences de la grâce en nos coeurs pour qu'elle bourgeonne.  

Et, de cela, la Vierge Marie en est un incomparable exemple. Exemple de disponibilité, d'accueil, de don et d'abandon... la liste est vaste ! 

Heureusement pour nous, pauvres pécheurs, si la grâce de Dieu n'attend pas à demain, elle nous est toujours cependant bien promise... et ne nous manquera pas plus demain qu'aujourd'hui ! :-) 

 

Du coup, vous aurez noté que j'ai remis ce billet au... lendemain ! ;-)  

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