Zabou the terrible

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dimanche, août 27 2017

A minima, Tu es le Trésor d'un coeur d'ancienne !

 

            L’ancienne région de Césarée-de-Philippe où Jésus se trouve dans l’épisode évangile de ce dimanche, j’ai eu l’occasion d’y passer récemment avec de belles balades à Dan et, surtout, à Baniyas. C’est magnifique mais ce fut une région marquée par l’idolâtrie. Est-ce un hasard si c’est le lieu que Jésus choisit pour demander « au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » puis le fameux « et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». Les uns et les autres ont des réponses qui divergent… Et ne serait-ce pas encore le cas aujourd’hui ?

 

          Césarée de Philippe, c’est un peu notre monde. Non pas seulement « eux », au loin, mais aussi « nous » avec toutes les idoles que nous nous construisons, toutes ces choses qui nous encombrent et nous détournent de « l’unique nécessaire ». Et les réponses divergent aujourd’hui encore, on pourrait les actualiser, elles seraient probablement un peu moins sympa que dans la Bible : « pour machin, tu n’es qu’une illusion ! », « Pour certains, tu n’es qu’un personnage de l’histoire », « pour d’autres, tu es un bon maître de sagesse ». « Quelques-uns enfin envient ton succès et demandent ta recette pour être un gourou autant suivi ».

 

        Certes, il y a nos croyances qui divergent, nos philosophies et nos histoires personnelles mais il y a aussi, dans nos propres vies de croyants chrétiens appelés à répondre au « pour vous, qui suis-je ? » des obstacles, des « idolâtries » faisant suffisamment écran pour nous empêcher de répondre non pas du bout des lèvres comme une ritournelle apprise mais bien avec tout notre être : « Tu es le Christ ! Le Fils du Dieu vivant ! ». Ou toute autre exclamation prononcée avec amour, avec tout le cœur et tout le corps. J’ai du mal à imaginer Pierre prononçant cette réponse autrement que se levant et s’élançant amoureusement vers Jésus. L’idolâtrie, ce sont tous nos « j’aime » possessifs, mal ajustés au « je T’aime » que nous pouvons dire au Christ.

 

            Ce midi, profitant de quelques derniers jours de vadrouille vacancières, j’ai eu l’occasion d’aller avec un ami récemment ordonné à une messe (très) anticipée du dimanche qu’il célébrait dans un EHPAD. Je suis toujours foncièrement marquée par les messes dans ce genre d’endroits où quelque chose de l’incroyable force de Dieu dans la faiblesse se dit ou, plutôt, se balbutie et s’écrit à travers les rides. J’y vis toujours l’eucharistie très différemment. Là, cela n’a pas raté et j’y ai vu comme un écho de l’Évangile : j’ai contemplé ces anciens après la communion, quelques-uns rudement éprouvés par l’âge. Certains arboraient un beau sourire, d’autres marmonnaient les yeux fermés une prière, celui-là levait les yeux au ciel et puis celle-ci, en fauteuil roulant, bouleversante, avait replié ses bras doucement sur son cœur comme si elle voulait conserver à jamais le trésor qu’elle venait de recevoir.

 

       A les regarder ainsi, j’ai souri, les considérant comme donnant la meilleure réponse qu’on puisse jamais faire à la question du Christ, Bien-Aimé de nos âmes, venu se faire pauvre avec ces plus pauvres afin de leur donner la Vie.

 

Banias - Temple of Pan 001.jpg
Domaine public, Lien

 

 

 

mercredi, août 23 2017

Mieux qu'une histoire de piécettes

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Aujourd'hui, la liturgie nous proposait l'évangile des ouvriers de la dernière heure (Mt 20, 1-16) comme on aime souvent l'appeler. Moi je l'aime bien cette parabole parce que je suis sûre que j'aurais été un peu du style à murmurer intérieurement alors cela me fait toujours du bien de l'entendre. 

Le pitch ? Des ouvriers viticoles ayant trimé toute la journée se trouvèrent fort dépourvus lorsque le soir fut venu... Euh, enfin presque : ces bosseurs et des ouvriers ayant seulement à peine mouillé le maillot en fin de journée (ils s'y sont mis à 17h uniquement pour une fin de travail à 18h... Tranquilles ! Pires que des profs !) reçoivent à la fin le même salaire, celui qui avait été convenu avec les plus matinaux qui avaient commencé dès l'aube. Cris de ceux-ci de voir les autres recevoir le même salaire ! Injustice ! Mais que font les syndicats de vignerons ? 

Alors on explique souvent que la justice de Dieu n'est pas la nôtre, que Son coeur est plus grand que le nôtre : c'est bien vrai. On en profite aussi pour se rappeler que la jalousie spirituelle, c'est tout de même très malheureux : et si mon frère converti récemment a une vie spirituelle plus dense que la mienne, qui suis-je pour en être aigri ? Et surtout, quel besoin ai-je de comparer ce qui n'est pas comparable ? ... si tant est d'ailleurs qu'on sache vraiment "où" nous en sommes dans notre vie spirituelle. 

Mais si ce denier que chacun reçoit en fin de journée, c'était surtout l'Amour du Bon Dieu ? Le Christ utilise cette parabole pour parler du Royaume des Cieux dont le maître mot est l'amour. Alors, que Dieu pourrait-il donner d'autre - et d'ailleurs, que Dieu peut-il faire d'autre que de donner ? - qu'un Amour plein, entier et vraiment indivisible ? 

Un 1/2 amour, un amour sous conditions, un amour qui dose et hiérarchise est-il amour ? 

Aux croyants de toujours comme aux imprévus de Dieu arrivés à la dernière minute, Dieu se propose de donner le même salaire : Son Amour. Parce qu'il ne peut pas donner plus, tout comme Il ne peut donner moins. Alors, Il traite chacun en égal non pas spécialement parce qu'Il est juste dans Son apparente injustice mais surtout parce qu'Il nous veut non seulement ouvriers à Sa vigne mais surtout commensaux à la table de Sa vie. 

 

jeudi, juin 29 2017

Pierre et Paul colonnes pas si colossales

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Saint Pierre était en train de pêcher quand Jésus est venu le rejoindre ;

Saint Paul était en train de persécuter - de pécher si ce n’était qu’une histoire d’accent - quand Jésus est venu le rejoindre...

 

Seigneur, Tu es venu les rejoindre et les appeler dans leurs occupations ordinaires, comme Tu le fais pour chacun de nous :

Est-ce que, moi, je sais toujours T’y reconnaître, même quand il n’y a pas la clarté lumineuse d’évidence d’un chemin de Damas ?

Est-ce que, moi, je suis toujours prête à commencer et à recommencer un chemin de conversion pour Te suivre mieux, dans Tes appels au milieu de mes occupations ordinaires ?

 

J’aime bien l’idée aussi que Tu as fait d’eux deux les « colonnes de l’Église » alors que ce n’était pas franchement gagné vu leur pedigree…

Et Tu sais, c’est bon de se dire qu’avec des colonnes sur lesquelles nous n’aurions pas parié tu as fait tenir debout l’Église : miracle d’architecture jamais dépassé et de loin insurpassable, je crois !

C’est rassurant puisque l’Église, c’est nous aujourd’hui aussi, ce n’est pas juste un « ils » lointain et désincarné.

L’Église, c’est nous et, malgré nos côtés « pierres pas super polies ni ajustées », Tu nous fais quand même confiance pour édifier les uns avec les autres des cathédrales humaines vers, par et pour Toi : communauté de croyants en construction permanente.

 

lundi, juin 5 2017

Effet de fête

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Quand, après tant de temps en-dehors de l’ordinaire,

40 jours de Carême, 50 jours de temps pascal,

Arrive le si ordinaire lundi de Pentecôte,

On se dit « zut, finies les festivités ! ».

 

Encore que, « lundi de Pentecôte »,

Cela sonne bien comme le lendemain du jour précédent,

On pense pouvoir poursuivre la fête,

Dans l’ivresse du don de l’Esprit !

 

Mais c’est bien plus fort que cela :

A la Pentecôte est née l’Église,

Et le temps qui suit n’est rien de moins que celui de l’Esprit Saint :

Ivresse permanente, donnée par Celui qui souffle

Aussi imprévisiblement que fortement !

 

Alors, aujourd’hui s’ouvre le temps de l’Écoute du Souffle,

Aujourd’hui, c’est le jour où tendre à fond ses voiles pour en être portés ! 

Direction ? La mission ! 

 

Jamais plus aucun temps ne peut être ordinaire

Car il va s’agir d’être agis, d’aller en effet au faîte de nos vies.

Prise, embrasée et faite de l’Esprit,

C’est bien notre vie tout entière qui est appelée à devenir fête de l’Esprit.

 

dimanche, juin 4 2017

Ftour de Pentecôte

 

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Coïncidence de dates : j’ai passé la Vigile de Pentecôte invitée par une collègue et amie musulmane à un repas de « ftour » qu’elle organisait pour quelques amis.

 

Le ftour est le repas de rupture de jeûne lors du Ramadan dont l’horaire est fixé jour après jour et qui ne peut se poursuivre au-delà d’une certaine heure. Un moment solennel, ritualisé, attendu par les pratiquants tout au long de leur journée de jeûne mais surtout extrêmement convivial qui est l’occasion d’une vraie fête quand il se vit avec des amis.

 

J’ai été touchée, moi la catholique, d’être accueillie si fraternellement par des musulmans si heureux de me faire découvrir la tradition de ce repas nocturne et ses différents plats. Tout cela est si inhabituel pour nous ! De mon côté, j’ai glissé quelques mots sur la fête de Pentecôte qui allait me faire lever le matin suivant au lieu d’enchaîner par une grasse matinée.

 

A la même heure, encore une fois, une fois de trop, un attentat terroriste frappait la ville de Londres.

 

Hier soir, nous n’avons pas fait de prosélytisme en essayant de nous convertir les uns les autres : nous savions qui nous étions, ce que nous croyions. Mais hier soir, on a essayé de mieux se comprendre, de mieux se connaître, de vivre en amitié.

 

Hier soir, musulmans et chrétienne, nous avons partagé un repas.

Moi je crois qu’hier soir, aussi dérisoire cela puisse-t-il sembler, nous avons fait ensemble un anti-attentat.

 

Alors, que l’Esprit Saint souffle fort pour que nous puissions avoir l’audace de créer des liens d’amitié quand d’autres cherchent à tout prix à les briser pour instaurer l’ignorance, le rejet et la peur.

 

Viens Esprit Saint,

Viens en nos cœurs.

Viens Esprit de paix,

Comble-nous de Ta paix.

 

mercredi, mai 31 2017

Visitation pour Imitation

 

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Marie, emplie de Dieu,

Marie s’empresse,

Marie file chez Elisabeth,

Toute légère dans sa jeune grossesse.

 

Marie, toute allégresse de Dieu,

Ne peut que se tourner vers l’autre,

Aller à la rencontre de ce qui fait sa joie,

Pour y porter ce Dieu qui aime tellement chacun.

 

Et toi ? Et moi ?

Même empressement à aller découvrir ce qui fait la joie de l’autre ?

Même de ce relou de 1ère classe ?

Même rapidité à y porter Dieu ?

Sérieusement, souvent la loose

 

La Visitation, comme un exemple donné,

A regarder, à imiter.

 

La Visitation, ce moment où l’on donne raison au vers de Ronsard :

« Marie, qui voudrait votre beau nom tourner, il trouverait Aimer ».

Sainte Vierge Marie, prie pour nous !

 

mardi, mai 30 2017

Prise en flag ou l'apophtegme unifiant du macaron à la pistache

Long temps de la fin d'année où fatigue et presse savent se conjuguer. Pour moi, il y a toujours l'enjeu de tenir ma vie professionnelle et tout le reste ensemble sereinement, en unifiant la totalité dans la prière puisque l'ensemble fait ma vie "de consacrée" qui appartient à Dieu, origine, fin, arrière-plan et joyeux compagnon de chacun de ces jours. Et parfois...  

 

J'avais aujourd'hui un rendez-vous pour mes études de théologie et, n'ayant pas cours le matin, j'avais mis autour de mon cou une petite croix en bois. Ce que j'appelle en mon for intérieur mon mode "cathostensible" : une petite croix comme signe simple de Celui à qui j'ai donné ma vie et qui, avant tout, l'a donnée pour moi.   

Il y avait aussi un peu de course aujourd'hui afin d'ensuite rejoindre mon collège pour quelques rendez-vous avec des parents et un conseil de classe. Dans ma poche, une croix de Taizé afin d'évidemment changer mon tour de cou mais non point l'essentiel avant de rejoindre mon établissement. Avant de reprendre le train, je me dis qu'un petit goûter (car, oui, je suis une affreuse prof qui aime bien goûter) serait bienvenu pour tenir jusque tard. Et là, arrivant à proximité d'une échoppe de la gare, la vendeuse m'interpelle et s'exclame : 

"Oooooh, mais c'est la maîtresse de ma fille ! Bonjour Mme P**** !" 

Incroyable mais vrai : je tombais sur la mère d'une des élèves dont je suis professeur principale ! Un de mes rendez-vous de la semaine suivante ! Et... j'avais autour du cou ma croix. Et... j'avais un bouquin au titre bien catho dans les mains. Et.... j'étais un peu, voire beaucoup, gênée, je dois l'avouer. Que faire ? Rien, il était trop tard : il ne me restait qu'à assumer, mine de rien et à sourire. 

Mais la maman de mon élève, musulmane comme je le savais par ailleurs, était elle aussi tout sourire. Pas de choc de son côté. Ni de question, sinon la joie de me voir... et de m'offrir un gros macaron à la pistache ! En plein Ramadan ! 

Je suis donc repartie vers le collège avec un bon goûter sous le bras et la promesse de revenir la voir lors d'un prochain passage. Mais je suis aussi repartie en me disant que la couverture de mon identité secrète mais profonde de catholique-consacrée venait d'un coup de prendre un sacré choc. 

Et pourtant... y avait-il eu là atteinte à la laïcité ? 

Dans le fond, cette classe a, sans le savoir, une consacrée comme prof principale. Dans mes études de théologie ou dans les cours que je donne, je suis bien la même, partout. 

Au bout d'un moment de perplexité quant à cette scène, je me suis mise à sourire dans le train. Je pense que, durant ces premiers mois de vie consacrée, je suis encore en train d'apprendre, de découvrir, le don de Dieu spécial de cette forme de vie, qui ou plutôt ce que je suis devenue tout en étant la même... 

Et si les autres étaient aussi patients apprentissages de notre identité ? 

Et si les autres étaient aussi patients apprentissages de notre unité de vie ? 

 

mercredi, mai 3 2017

Dimanche d’élection

 

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Si, le 11 juin, dans mon diocèse, nous voterons tous pour Jésus (ohlala, la consigne de vote cachée !), il n’est pas faux de rappeler que nous célébrons, que fêtons en Église l’élection dès ce 7 mai. Non du dimanche comme jour chômé, non pas l’élection à laquelle vous pensez, mais la nôtre.

 

Dimanche prochain, ce sera le 4ème dimanche de Pâques, celui où l’Église prie tout spécialement pour les vocations.

 

Vocations ? Vocation ?

Comme le rappelle souvent le pape François, à la source de toute vocation, « il y a toujours une expérience forte de Dieu, une expérience qui ne s’oublie pas, on s’en souvient toute la vie » ! Cette expérience forte de se savoir aimés, follement, personnellement, infiniment…

Mais ce ne serait pas juste de limiter cela aux seules formes de vocation « spécifique » : tous nous sommes foncièrement des êtres appelés. Dieu a un projet de bonheur pour chacun d'entre nous. 

 

Tous nous sommes des êtres choisis,

Tous nous sommes des êtres choyés par le Seigneur,

Tous nous sommes ses préférés, chacun pour notre part,

Tous nous sommes ses élus, sans même faire campagne. 

 

… Et dire qu’il n’a même pas eu peur de nous élire alors que nous ne le méritons même pas… !

 

Alors, pour nous préparer à ce dimanche d’élection(s) dans les divers sens du terme, si nous prenions le temps d'ici là, même sous une ambiance grisâtre, de rendre grâce ?

 

Pour L’élire chaque jour plus comme Seigneur de nos vies ! :-) 

 

jeudi, avril 27 2017

Pas l'indifférence

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En classe,

Lendemain d’attentat :

- Voulez-vous en parler ?

Silence.

 

Lendemain d’élection :

A part chercher à connaître mon vote,

Silence.

 

Rien à voir ?

Je me demande, je m’interroge :

Banalisation de la violence,

Banalisation de l’exclusion,

Banalisation d’une politique qui semble trop lointaine ?

Banalisation du drame d’une France divisée.

 

Je ne mets pas tout sur le même plan,

Mais je m’interroge.

 

En 2002, j’étais lycéenne,

La présence d’un extrême au 2nd tour avait été choc

… Et réaction !

Une France dans la rue : des craintes, des « plus jamais ça »…

C’était maladroit mais c’était heureux.

Et aujourd’hui ?

Indifférence.

 

Malgré son nombre croissant de voix,

Je ne peux faire du FN un parti comme un autre,

Je ne peux pas dire : on a juste à choisir entre l’extrême-droite, le centre gauche fan de gros sous, le vote blanc ou l’abstention,

Je ne peux pas le dire en oubliant que, dans un des possibles, il y a « extrême »,

Je ne veux pas de la banalisation de l’extrémisme,

Je refuse cette indifférence crasse face à l’inacceptable !

 

Qu’on se le dise : je ne juge pas ceux qui le font,

Mais je ne parviens pas à comprendre comment on peut être chrétien et voter FN.

 

Je respecte infiniment la liberté de conscience

Mais il n’y a pas d’indifférence chrétienne :

Comment ne pas réagir ?

Comment ne pas être sous le choc du drame de tous les extrémismes, religieux comme politiques ?

Comment ne pas rêver de briser notre indifférence commune qui se généralise ?

 

Certes, je suis nulle en politique,

Certes, on ne peut se préoccuper de tout et tous,

Mais le Christ que nous suivons nous invite à l’attention à tous,

A l’attention même et surtout de ce qui est petit, exclu, blessé.

 

« Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde »,

Le contexte de Brecht et le nôtre sont différents,

Mais, dans le fond, n’y a-t-il pas la même question ?

L’indifférence tranquille n’est-il pas ventre trop fécond du fleurissement des extrêmes ?  

Je rêve d’un pays où les cœurs, les mains et les têtes en action deviennent les lieux féconds d’une société heureusement réunifiée,

Qui ose encore s’indigner

Et, qui ose, plus fort encore, s’engager. 

samedi, avril 15 2017

Méditation devant Son tombeau – Samedi Saint

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Samedi Saint au tombeau. Tout semble fini.

 

Comme souvent, je me demande ce que j’aurais fait, ce que j’aurais dit, ce que j’aurais pensé si j’avais vécu à l’époque du Christ. C’est sûr qu’en se plaçant a posteriori il est facile de fanfaronner : « moi, j’aurais gardé espérance et confiance car Il l’avait dit ! » mais, en termes d’héroïsme facile comme en termes de lâcheté, nous ne sommes souvent pas les derniers.

Comme Pierre, peut-être que j’aurais dit : « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne t’abandonnerai jamais » pour renier ou désespérer – y a-t-il une véritable différence ? – quelques heures plus tard. Est-ce que, même, je n’aurais pas été déçue par celui que j’aurais alors suivi des jours et des mois entiers ? Celui qui avait des paroles comme nul autre : quand on les entend aujourd’hui, elles n’ont la saveur d’aucune autre, alors de Sa bouche, qu’est-ce que cela devait être ! Je m’imagine les buvant et les laissant me transformer jusqu’au cœur. Parce qu’en plus, Il les disait en m’aimant comme chacun de ses disciples !

 

Peut-être que, devant le tombeau juste clos, j’aurais vraiment dit : « tout est fini » mais avec cette nuance amoureuse que l’on a pour les gens aimés après leur décès : « qu’est-ce qu’Il était formidable ! ». Il ne reste en apparence rien d’eux, mais, au-delà des souvenirs, il reste, même pour ceux qui n’ont pas la foi, l’amour.

 

Je me dis que, devant cette fin sordide, la seule chose qui serait demeurée aurait été l’amour que j’aurais porté à Jésus… mais seulement, cet amour était encore l’amour humain, l’amour fini de l’homme, sans ouverture, confronté au blanc tragique du point final de la mort. Avec la pointe de déception que cette fin soit si banale et si moche pour un être si sage, si aimant et si aimé.

 

Aujourd’hui, on est capable de voir dans la croix le signe de l’amour. Le contemporain du Christ le samedi saint ne pouvait pas encore le savoir : il ne lui restait que son pauvre amour humain. Je me dis que c’est cela même que l’ouverture du tombeau le dimanche est aussi venu faire voler en éclats : l’amour ne fait pas que subsister après la mort dans la forme qu’il avait, comme une simple trace, l’Amour révélé par le Christ nous indique qu’Il est le seul passage pour ouvrir à la Vie.

 

Le Christ vient aussi en grand pédagogue transfigurer notre amour humain. Il vient faire exploser la finitude de notre propre amour, Il vient transfigurer tous nos enfermements, Il vient transformer nos sentiments encore si étriqués, si repliés, si pauvres, si ancrés dans le seul « moi ».

 

Devant l’obscurité fermée du tombeau, nous pouvons tout Lui confier car Il est là plus que jamais à prendre tout ce qui semble faussé dans nos vies, toutes nos morts, tout le « Shéol » de nos vies, magma indistinct de ce que nous aimons taire.

Car Il vient pour ouvrir tout ce qui est clos, tout ce qui est nuit, tout ce qui est mort de nos vies à l’unique Lumière de Son Amour.

 

 

 

vendredi, avril 14 2017

Carêmencer #3

 

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Calomnies

Condamnation

Capitale comme peine

Couronné d’épines

Croix

Chemin de Croix

Calvaire

Cloué sur la Croix.

Coup de lance.

 

Constat 

Crevé ; Claqué ; Cadavre.

 

 

 

Croire.

 

 

Contre tout

Croire.

 

La Croix seule comme divin Crayon pour nous faire méditer cette réalité :

« Il m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2, 20)

 

jeudi, avril 13 2017

C(roix) dans l'air

 

« Prenez et mangez-en tous »

J’imagine Jésus rendant grâce avec les prières juives de bénédiction puis présentant le pain et le vin de cette manière si singulière, si unique : que dit-il là ?

J’imagine Ses mains qui tiennent cette coupe, qui tiennent ce pain, légèrement élevées pour mieux les offrir.

Vie présentée, vie offerte, vie donnée pour le monde.

 

« Il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture »

Si le marcheur sait combien ses pieds sont précieux, il sait aussi ce qu’il en coûte d’y accéder…

Lieu au plus bas de nous-mêmes où le Christ descend volontairement :

De Dieu en notre chair,

De son statut d’homme debout à celui d’homme à genoux pour prendre soin,

Pour servir,

Pour chérir,

Pour laver,

Pour aimer.

 

« mangez-en tous »

« buvez-en tous »

« C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ».

Tous et vous : rimes visuelles mais surtout rimes d’humanité,

Le Christ tend ses bras à gauche et à droite vers le monde entier : ce qui se passe là, ce que nous rappelons ce soir concerne chacun, quand bien même tous ne le savent pas.

 

Haut, bas, gauche et droite : on pourrait croire à la chorégraphie d’une chanson…

Et si, déjà, se profilait plutôt ainsi le signe du Salut,

Une croix déjà tracée en Ses gestes, esquissée, presque aérienne,

Une croix tacite,  

Comme préfiguration du lendemain,

Explicitation d’amour avant l’heure,

Signe de l’unique clé du Passage vers la Vie.

 

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dimanche, mars 26 2017

Carêmencer 2 La procrannonciation

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... Comme Coïncidence de Calendrier ! 

Hier, c'était à la fois la fête de l'annonciation et la journée de la procrastination*. 

J'ai trouvé la coïncidence amusante : 

D'un côté, celle qui a dit oui tout de suite. 

De l'autre, cette fâcheuse tendance à reporter à demain ou encore à plus tard sans fin. 

Mon esprit facétieux s'est imaginé en une saynète ce qui se serait passé si Marie avait dit à l'ange : "écoute, je ne sais pas, reviens demain". Dieu l'aurait-il aimée moins ? Bien sûr que non... Mais Dieu savait qu'elle était toute disponible. 

Avec un "Monsieur l'ange Gabriel, tu es bien gentil mais ça me fait un choc tout cela alors attends demain", notre Salut n'aurait pas eu la même saveur : il n'aurait pas eu cette dose folle d'aventure de l'amour qui pousse à dire oui comme cela, avec le coeur et avec tout l'être. 

La grâce de Dieu n'attend pas à demain, elle est là, il suffit de l'accueillir. 

 

Hier soir justement, je témoignais de ma vocation et plus largement de ce que la foi avait changé dans ma vie à des jeunes se préparant à la profession de foi d'une aumônerie du coin. Beaucoup de questions sur la chasteté et le célibat, évidemment, comme souvent chez les pré-ados. Et puis, toutes ces questions qui, si elles étaient parfois dites avec un ton un brin provoc' étaient justement bien plus profondes : "Non mais genre vous êtes tombée amoureuse ?" / "Comment as-tu été sûre ?" / "Dieu, il vous a appelée comment ?" / "L'amour de Dieu et l'amour humain, c'est pareil ?" etc. etc. Toutes ces questions auxquelles on a envie de répondre avec un large sourire : "histoire d'amour avec sa joie et son mystère !". Mais surtout de dire qu'il s'agit simplement, dans tous les cas, d'apprendre à accueillir la grâce de Dieu parce qu'il n'y a pas de plus grande joie. 

La grâce de Dieu, quelle qu'elle soit. Quelle que soit notre vocation. 

Il ne s'agit pas de dire "cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie" mais bien d'accueillir les semences de la grâce en nos coeurs pour qu'elle bourgeonne.  

Et, de cela, la Vierge Marie en est un incomparable exemple. Exemple de disponibilité, d'accueil, de don et d'abandon... la liste est vaste ! 

Heureusement pour nous, pauvres pécheurs, si la grâce de Dieu n'attend pas à demain, elle nous est toujours cependant bien promise... et ne nous manquera pas plus demain qu'aujourd'hui ! :-) 

 

Du coup, vous aurez noté que j'ai remis ce billet au... lendemain ! ;-)  

mercredi, mars 1 2017

Parce que tu n'es ni sanglier, ni cendrier mais bien Fils bien aimé

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"Tu es un sanglier, tu es un sanglier" trouve-t-on dans Les douze travaux d'Astérix

Moi, parfois, le mercredi des Cendres, j'ai l'impression qu'on me dit "tu es un cendrier, tu es un cendrier" avant de m'apposer moult dose de cendres sur le haut du crâne. 

Evidemment, ce n'est pas le sens : on me colle des cendres sur la tête pour me rappeler que je finirai un jour aussi poussière que celles-ci car c'est ce que je suis, que ce serait tout de même assez bien, un jour, de me décider à me convertir... C'est bien, c'est exact, mais ce n'est pas tout. Si je m'arrête là, c'est pur volontarisme : c'est "aïe, aïe, aïe, ma finitude ! Hop, je retrousse mes manches et je me convertis ! Allez, vite, un sac, des sandales et quelques sauterelles sans miel et pas trop grillées pour ne pas donner l'impression d'abondance, je vends mes biens et je pars proclamer l'évangile dans les rues !". J'exagère, certes, mais c'est toujours une tentation aussi que celle de se poser plein de résolutions si dures qu'escalader l'Everest en comparaison serait sinécure et des résolutions dans lesquelles nous nous remuons mais en oubliant que le Carême, c'est avant tout grandir dans notre lien de filiation divine. C'est grandir dans le sens profond de cette certitude que "sans moi - sans Lui -, vous ne pouvez rien faire", c'est laisser plus de place à cette relation d'amour filiale pour apprendre à vivre en Fils. 

Si ces cendres délicatement déposées sur mon front étaient certes le rappel de ma finitude, de l'urgence de me convertir mais étaient aussi l'indéfectible souvenir du feu qui les a brûlées ? 

Si ces cendres étaient un appel à ranimer ce feu de l'Esprit Saint déposé au creux de moi, ce feu qui brûle et qui n'attend que ma vie pour l'embraser tout entière ? 

Si ces cendres étaient le signe que tout n'a pas encore brûlé dans ma vie et que je peux apprendre à laisser l'Esprit Saint crier vers le Père "Abba" pour apprendre à aimer comme Lui ? Un peu, au moins ?  

Peut-être que les Cendres qui ouvrent le carême, ce n'est pas un "tu es un cendrier, tu es un cendrier", mais bien  plutôt un appel à apprendre à vivre sous Son regard lumineux, Son regard qui ne nous dit pas que nous serions un bête sanglier cendrier mais un regard qui nous aime et nous modèle si nous Le laissons faire, sans aucune persuasion mais en toute liberté.  

Quarante jours s'ouvrent devant nous pour cela :
Seigneur, vivifie-moi par Ton Esprit Saint : qu'Il brûle tout en moi, surtout les mauvaises herbes ;
Seigneur, apprends-moi à me laisser aimer par Toi
Et redresse ce qui est faussé pour être modelée un peu plus à Ta ressemblance. 

Heureux et fructueux carême à chacun ! 

 

mercredi, février 22 2017

Ce qui demeure aujourd’hui

 

            Difficile d’oser écrire dans une telle floraison de publications et de réactions diverses… alors même que la plupart de celles-ci me mettent mal à l’aise. C’est que je demeure profondément gênée par ce qui prend le devant de la scène : la « question » du célibat (si, d’ailleurs, il s’agit vraiment de quelque chose de l’ordre d’une « question » ce qui n’est pas certain). D’un côté, les habituelles critiques faciles du célibat consacré, trop souvent ras-de-ceinture et, de l’autre, une exaltation de celui-ci qui ne me semble pas plus saine. Que l’on ne fasse pas de moi trop vite une relativiste : le célibat auquel je me suis engagée récemment pour toujours, je l’aime et j’espère de tout cœur, avec la grâce de Dieu, y être fidèle toute ma vie. Loin d’être un engagement éthéré comme beaucoup l’imaginent, il est une manière d’aimer en nous engageant avec tout notre être, notre corps comme notre cœur, d’une manière différente mais complémentaire de celle dont les époux s’aiment. Mais en même temps, il n’est qu’un moyen, un moyen d’aimer Dieu et donc chacun. Et qui suis-je pour prétendre y être fidèle toute ma vie par avance ? Qui serais-je pour ne pas trembler un peu en l’évoquant ? Quel est l’être qui n’a pas éprouvé un peu de vertige devant son « oui, je le veux » du mariage ou du célibat ? Bref, le célibat n’est pas une cuirasse, c’est une partie intégrante de mon histoire d’amour et comme tout amour vrai, il est aussi un lieu de vulnérabilité. Je pourrais en parler longtemps mais je crois justement que ce n’est pas le sujet.

 

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mardi, janvier 3 2017

Geneviève comme une ant(i)enne

Dans le diocèse de Nanterre, c'est fête le jour de la sainte Geneviève ! Elle est notre sainte patronne ! 

http://www.lemondedesreligions.fr/images/2013/11/21/3527_cathedrale-genevieve.jpg

Il y a même un propre pour les offices... Alors je me suis dit que vous partager les antiennes de ceux-ci (moins les premières vêpres) était une bonne idée car elles reflètent bien la vie de sainte Geneviève : 

 

Dès l'aube, Geneviève faisait monter sa prière vers le Seigneur. 

Saints et humbles de coeur, bénissez le Seigneur. 

Le Seigneur aime son peuple. Par Geneviève, il l'a secouru dans la détresse. 

Tenant en mains sa lampe allumée, Geneviève cheminait joyeuse à la rencontre du Seigneur. 

Fidèle servante du Seigneur, Geneviève marcha courageusement dans la voie qu'il lui avait tracée. 

Elle priait le Seigneur Dieu de la conduire à la délivrance de son peuple. 

Voici venir les noces de l'Agneau : son Epouse pour lui s'est faite belle.  

 

Et, comme un feu d'artifice résumant tout, les antiennes des cantiques évangéliques : 

 

Antienne du Benedictus : Le Seigneur a fait de Geneviève une messagère d'espérance pour tous ceux qui l'invoquent.  

Antienne du Magnificat : Etrangère au monde, aimée du peuple, consacrée tout entière au Christ, telle vécut Geneviève. Aussi le Seigneur l'a-t-il reçue au festin de son royaume.  

 

Ce qui est assez beau, c'est qu'on peut (on doit ?) se sentir concerné car, malgré sa vie qui se déroula au Vème s., Geneviève est un exemple pour notre temps troublé : femme de prière et femme d'action, elle montre que c'est tout un. Que l'une ne va pas sans l'autre. 

Alors, certes, je suis heureuse qu'elle soit désormais, par similitude de vocation, tout spécialement un exemple pour moi parce que je crois que c'était une sacrée bonne femme mais il me semble que cela marche pour chacun : le don de soi dans sa vocation propre, la prière, la foi en la puissance de celle-ci, l'attention suffisamment grande à l'autre pour percevoir les besoins et l'action, bref, la charité en actes. 

Re-bref, il s'agit de devenir, pour chacun de nous, des messagers d'Espérance de la part du Seigneur... Un voeu tout spécial pour 2017 ? :-) 

 

N.B. : Pour ceux qui ne sont pas familiers de la prière des Heures, les antiennes sont les courtes phrases qui se prient avant et après chaque psaume. 

 

jeudi, décembre 22 2016

Du texte et de l'image

http://musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/chagall/sites/musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/files/styles/object_slider/public/img_6.jpeg?itok=5E0hGCtb

En lien avec les deux précédents post, pour ceux qui ont demandé en commentaire ou en privé : 

- Le lien vers l'homélie de mon évêque à l'occasion de ma consécration (l'Evangile était celui des Béatitudes). 

- L'album photos mis sur Facebook par le diocèse

 

Mais l'essentiel est surtout la profonde joie que donne le Seigneur ! :-D 

 

lundi, novembre 21 2016

Femmes croyantes, femmes engagées...

La semaine dernière, j'ai eu l'occasion d'intervenir à côté (géographiquement : dans la paroisse d'à côté ; internetement... sur un blog presque d'à côté aussi !) pour une petite introduction à un chouette temps d'échange et de débat intitulé : 

Femmes croyantes, femmes engagées... une place dans l'Eglise ? 

Ca commence par ici et ça se suit sur plusieurs billets >>

 https://i31.servimg.com/u/f31/11/61/74/35/icone210.jpg

dimanche, novembre 13 2016

Lumières de vie

http://www.lesbonsplansdavignon.com/wp-content/uploads/2011/12/Capture-d’écran-2011-12-05-à-17.26.58.png

Où j’étais ce soir là ? Je crois que, comme chacun, je m’en souviens. Tout comme ce fut le cas pour le 11 septembre 2001.

Il est des événements si brisants qu’ils restent indélébilement marqués dans notre mémoire, dans notre être.

 

Une soirée jeux entre amis (oui, l’auteur de ce blogue est très branchée jeux de société), avec l’anniversaire de l’un d’entre eux après minuit.

Et peu à peu les premiers messages entraperçus sur les réseaux sociaux : l’heure est grave, nous nous sentons désœuvrés, ne sachant que faire en attendant les nouvelles. Finir un jeu, ne pas réussir à en recommencer un. Sonnés par l’horreur absolue qui se dessine peu à peu… Choc.

 

Après minuit, dire des « joyeux anniversaire quand même », sans que le cœur y soit vraiment. Comment saurions-nous laisser une année joyeuse dans ces circonstances ? C’était dur.

 

Je me souviens de la peur au ventre qui était la mienne en parcourant les deux rues qui me séparaient de chez moi. Et si tout s’enflammait suite à cet attentat ?

 

Je me souviens de mes jambes et de mon esprit flageolants chez moi… Sous le choc. Envie de vomir devant tant d’inhumanité : c’était ma propre humanité qui était remise en cause.

 

Je me souviens de ma prière plus balbutiante que jamais… Vers Dieu, pour les victimes, les familles, les terroristes. Les mots qui ne venaient pas, l’impuissance, la bougie allumée comme petit rempart de rien contre l’obscurité qui nous envahissait plus que jamais.

 

Un an a passé. Le terrorisme a encore grandi.

L’humanité s’est comme endurcie par manque de confiance, par peur…

L’humanité est souvent prise à vouloir bâtir des murs pour se protéger…

Et pourtant ce soir, à voir les bougies allumées à certaines fenêtres ou celles virtuelles de Facebook, un peu de lumière et de chaleur semble s’élever.

Il y a la force du souvenir mais il y a aussi celle si forte de l’envie, du désir de vivre. Posture idéaliste ? Sans doute mais posture vivifiante…

 

Au soir du 13 novembre, égrenons les victimes, leurs familles et les terroristes dans notre prière. Mais portons aussi tout le désir de vie de notre monde dans ses flammèches peu solides, incertaines mais toutefois allumées résolument. Car, notre foi nous le dit, la Vie restera mystérieusement victorieuse sur la mort.

 

jeudi, septembre 22 2016

Saint Matthieu ou la sequela du publicain quotidien

http://www.catechese.catholique.fr/img/1-20412-246x168-0/appel-caravage-detail-jesus.jpg

 

« Suis-moi » : pas de conditions…

La parole, brute :  

La Parole, si douce, invitant à la vie avec Lui.

 

Suis-moi…

Au milieu de tes occupations quotidiennes,

Même les plus sordides, les moins avouables,

Je suis avec toi, alors viens !

 

Suis-moi…

Aux nuits d’angoisse,

Aux jours sombres des blessures,

Des drames de la vie humaine.

 

Suis-moi…

Dans le tableau du Caravage, la surprise,

La lumière d’un doigt qui désigne,

Et un regard plein de tendresse.

 

Suis-moi…

Si souvent, je me dis que je ne suis pas digne,

Que ma vie est pleine d’assombrissements,

Mais Toi, tu choisis « en miséricordiant » comme dirait le pape,

Alors, dans la lumière de Ton regard, Tu chasses les ténèbres,

Et deviens Lumière intérieure pour nous permettre de marcher à Ta suite, par tous les temps.

 

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