Zabou the terrible

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jeudi, juillet 16 2015

Hymne à la Sainte Face

De sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix : 

"Toi qui as aimé les tiens
comme jamais aucun homme n'a aimé sur cette terre,
Tu nous as fait, en quittant la terre,
la promesse consolante
de rester avec nous jusqu'à la fin des temps.

Maintenant Tu habites caché au milieu de nous.
En tous temps et en tous lieux se déversent hors de ta tente
consolation, lumière et force dans les âmes ici-bas
qui se réfugient auprès de Toi.
Elles regardent avec amour vers la petite hostie,
image silencieuse de la pureté et de la paix.
Pourtant, dans le coeur de ceux qui T'aiment, 
jamais ne se tait le désir ardent de Te voir en personne,
Toi, le plus beau de tous les enfants des hommes,
dans ta forme corporelle. (...)

Et maintenant, en ces derniers temps,
alors que la foi, l'espérance et l'amour ont disparu,
Tu as découvert ta Sainte Face,
la Face de celui qui souffrit sur la Croix
et ferma les yeux dans le sommeil de la mort.

Comme derrière un voile nous voyons la souffrance
dans ces traits saints, sublimes.
Cette souffrance - dépassant toute mesure humaine -
est si grande que nous ne pouvons 
ni la saisir ni la pénétrer.
Pourtant Tu souffris silencieux
et en Toi était une force qui maîtrisait l'excès de la souffrance.
Tu étais son Seigneur lorsque Tu Te livrais à elle.
Une paix insondable et profonde coule de ces traits et dit :
Tout est accompli.

Sur celui à qui Tu T'unis éternellement
Tu jettes le mystérieux voile :
il supporte avec Toi Ta souffrance et souffre comme Toi,
caché, silencieux et profondément en paix." 

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lundi, juillet 13 2015

Parce que la vie est là

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Soir d’été dans un hôpital de banlieue : l’air est doux, le jardin charmant, les anciens hospitalisés nombreux.

Échanger avec ce soignant au réalisme douloureux mais profondément humain, puis monter à l’étage, même si l’on n’est pas au bon horaire.

Te saluer ;

Entendre ta respiration sifflante ;

Tes mots embarrassés, pas tout à fait logiques ;

Ton regard ayant du mal à nous fixer ;

En quelques jours, beaucoup de fonctions se sont dégradées et c’est vrai que je peine à voir en toi celui que tu es, étendu que tu es sur cette couche sordide d’hôpital.

Mais il importe peu : je sais qui tu es.  

Échanger quelques mots avant de te souhaiter une nuit la plus paisible possible.

 

Et entendre encore ta respiration sifflante au traves de tes balbutiements de réponses,

L’entendre me rappeler l’essentiel en réalité :

Penser au souffle de l’Esprit, Celui qui fait vivre, Celui qui mène toujours au-delà,

Penser à ce souffle de vie de Dieu, donné à l’homme.  

Et rendre grâce, même dans ces terribles faiblesses, du don incommensurable de la vie.

 

Lectures estivales 2015 #1 (Ph. Claudel & Erri De Luca)

Comme quasiment tous les ans, je proposerai à l’occasion sur mon blogue quelques partages de mes lectures estivales. Et, comme toujours, pas d’autre ligne conductrice que la la joie de la découverte et la sapidité de la lecture : ici, deux livres savourés dans l’avion, l’un à l’aller d’un voyage en Andalousie, l’autre au retour.

 

 

Philippe Claudel, La Petite fille de M. Linh

 

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Il est des livres mystérieux, qui s’ouvrent dans le brouillard et la lenteur et dont on ressort avec l’impression d’avoir vu se façonner un beau travail d’orfèvrerie. C’est le cas de ce roman extrêmement bref publié en 2005 : à voir arriver ce vieil homme en bateau, on pourrait croire qu’il ne s’agit que d’un livre sur le malheur des immigrations forcées en temps de guerre, un livre bien-pensant en quelque sorte, alors que nous en sommes bien loin. Il serait même trop facile de n’en faire qu’un simple livre sur l’exil et la nostalgie des racines : il en est question mais le romancier nous perd et nous entraine bien plus loin. Seule demeure la vraie question : qu’est-ce qui, finalement, nous fait vivre, même au plus sombre de nos pertes ?

 

Erri De Luca, Un nuage comme tapis

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Ce que j’aime le plus chez De Luca, c’est cette approche double des textes bibliques : hébraïsante et littéraire. Elle se décline ici en seize courts textes, cherchant à offrir un regard différent sur des épisodes précis de l’Ancien Testament. C’est simple, priant, beau et tout bon !

« Illustrer la Bible d’une note nouvelle : non pas pour apposer en bas de page, à l’infini, une autre signature, mais pour refléter une part de la lumière qu’elle offre, même au dernier de ses lecteurs. » (préface)

 

Lacryma pueri

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Elles coulaient le long de ses joues…

Silencieusement.

Pas de sanglots, juste des larmes,

Des grosses larmes qui coulaient sans discontinuer, le visage enfoui dans les bras d’une autre.

 

Douleur réelle et profonde :

Parfois, trop souvent, les mots sont impuissants.

Il n’y a pas de raison à donner,

Et là, pas de vraie consolation.

 

Larmes d’une enfant face à notre impuissance.

Juste nos bras pour accueillir et recueillir son chagrin,

Juste nos mains tendues ensuite pour Te les présenter,

Te présenter toutes ces larmes, comme autant de miroirs limpides et si purs, offerts à refléter Ton amour :

Viens y rayonner, s’il Te plaît.

 

vendredi, juin 26 2015

Foi de l'alchimiste, foi du prof ?

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Ce ne sont que des noms alignés sur le papier.

En réalité, ce n’étaient que des noms alignés sur le papier il y a encore quelques mois…

Car, au long de ceux-ci, ils ont pris l’image d’une figure, l’inflexion d’une voix, les souvenirs de moments partagés ensemble joyeux comme pénibles : l’épaisseur d’une vie.

 

Les bilans d’année ont été faits : les progrès, les inquiétudes, les joies, les craintes. Des mots pour dire ce qui fut et pour conseiller, faiblement mais au mieux possible pour ce qui sera.

Et pourtant ils sont encore tous rassemblés sur ce papier.

 

Constitution des classes : exercice d’orfèvre.

Il faut chercher les bons ingrédients pour qu’à peine une année touchant à son but, la potion de l’an prochain soit réussie.

La potion ne sera pas franchement translucide, elle est souvent troublée, et elle ne doit être ni inodore, ni incolore, ni insipide : quel intérêt ?

 

La constitution des classes, c’est une forme d’alchimie de la vie ;

Une recherche d’équilibre, d’associations intéressantes et goûtues, en évitant les trop corsées mais en laissant les accords réussis se prolonger.

 

Quand l’année peut sembler s’essouffler à force de tirer en longueur, l’événement donne déjà envie de la suite : de découvrir le résultat comme de rencontrer ceux qui ne sont encore que de simples noms sur ces listes.

 

Rien n’est déjà gagné, rien n’est déjà perdu : c’est l’ouverture à l’imprévisible de la vie.... en quelque sorte un acte de foi du prof !

 

mercredi, juin 24 2015

En archē ēn ho Lógos

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Verbe, Parole, Voix :

Mots de la Bible, mots de Dieu…

Parfois, on a l’impression que Dieu est le plus grand des littéraires !

 

Et qu’Il nous invite à l’être à Sa suite.

Parvenir à dire, parvenir à écrire : 

Dire, agir, proclamer !

 

La Parole est risque : elle peut n’être pas reçue.

La Parole est promesse : elle engage, parfois, souvent, bien plus loin que nous-mêmes.

Car si les paroles s’envolent, la Parole, elle, reste, plantée au cœur, prête à germer.

 

La Parole se lit, se médite, s’écoute, se travaille…

Puis la Parole peut agir et nous travaille.

La Parole est murmure fragile et force aimante,

Le tout dans le même temps.

 

Au cœur, elle se susurre dans le dialogue intime de la prière pour pouvoir, en grandissant, un jour être dite, lancée plus loin que nous-mêmes :

Pour que nous soyons Sa voix.

 

J’aime que saint Jean-Baptiste fêté ce jour soit « la voix de celui qui crie dans le désert » :

il nous invite à oser être prophètes comme lui puisque Dieu « nous a façonnés dès le sein de notre mère », pour que « son salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre »,

Pas forcément en allant à ces extrémités lointaines,

Mais en laissant Dieu écrire en notre vie,

Puisqu’Il y fait entrer l'Être (lettre(s) ?) et l'Esprit !

 

mardi, juin 16 2015

Il est toujours l'Heure de l'alphabet

 

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En entrant au fil des mois et des années dans une régularité plus grande de prière de la Liturgie des Heures, je m’aperçois combien les psaumes se mettent à s’ancrer en ma tête et, de là, à irriguer tout mon quotidien sans que je l’aie recherché.  

 

Dans la prière elle-même, bien sûr ; mais aussi dans diverses situations de la vie. Je me suis surprise à penser avec joie lors d’une nouvelle inattendue il y a une dizaine de jours :

 

« Devant l’ouvrage de Tes mains, je m’écrie :

Que tes œuvres sont grandes Seigneur,

Combien sont profondes tes pensées ! » (ps. 91)

 

Et ainsi de suite… Il n’est pas rare qu’un verset me vienne facilement en tête, au détour d’une situation, comme pour m’aider à l’habiter de Dieu.

 

C’est peut-être pour cela que la Liturgie des Heures est parfois exaltante, parfois lourdement ânonnante : elle est comme la récitation d’un alphabet particulier, celui des psaumes, qui nous offre les mots pour dire et vivre mieux Dieu en nos vies.

 

dimanche, juin 14 2015

Elle seule me suffit...

Parce que, certaines fois, les oraisons s'allument enfin à nos oreilles inattentives ou trop habituées... Et alors, on les trouve vraiment très belles, très justes, parlant à notre coeur. 

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"Dieu tout-puissant, force de ceux qui espèrent en toi, sois favorable à nos appels : puisque l'homme est fragile et que sans toi il ne peut rien, donne-nous toujours le secours de ta grâce ; ainsi nous pourrons, en observant tes commandements, vouloir et agir de manière à répondre à ton amour." 

Oraison du 11ème dimanche du T.O. 

 

dimanche, juin 7 2015

Certainement... sans la grâce !

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Toujours avec les mêmes 6èmes, s'acheminer doucement vers la fin de la séquence sur la Bible en abordant le genre de la "parabole". 

Choisir pour illustrer mon propos la parabole du Bon Samaritain. 

Lire, expliquer, commenter avec eux... pour qu'ils découvrent la définition et l'utilité de la parabole. 

Et puis, de manière inattendue, cette remarque qui fuse du fond de la classe : 

 

"Il dit bien qu'il faut aimer les autres, tous les autres, comme soi-même ??? Wesh, c'est trop dur ce truc en fait !" 

Allez savoir pourquoi, cela m'a doucement fait sourire ! :) 

 

mardi, juin 2 2015

Pot(h)in

 

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Aujourd’hui, nous fêtons notamment saint Pothin ;

Mon esprit malicieux n’a pas pu s’empêcher de penser, au début de la messe :

ah ben, ça doit être le saint patron des pipelettes !

 

Puis, je me suis dit que, si Tertullien a raison avec « le sang des martyrs est semence de chrétiens »…

... finalement, c’était peut-être bien vrai :

Saint Pothin, ou comment clamer bien plus loin que lui-même !

 

lundi, juin 1 2015

Comme des pelotes

 

Il paraît que plus on vit, plus on fait des liens,

Ainsi de l’homme sage à l’expérience pondérée par les années…

Je me sens encore trop jeune pour en parler.

 

Mais je crois aussi que, plus on lit, plus on fait des liens…

On le ressent particulièrement dans ces périodes-là dont je parlais, riches en lectures, en événements : les liens fusent à l’esprit ;

Fulgurances drôlatiques ou rapprochements inattendus ouvrant la voie à des pensées nouvelles…

Jubilation de l’esprit.

 

Et je suis certaine aussi que plus on prie, plus on fait des liens…

Liens inattendus de la prière ancrée dans les tours et détours de la vie :

Ceux pour qui l’on prie, rapprochés au creux de nos pauvres mains et de notre cœur maladroit ;

Ceux avec qui l’on prie, consciemment ou inconsciemment, en communion spirituelle ;

Liens qui se forment non pas ainsi que des nœuds tendus pleins de tension, mais plutôt ainsi que des liens rapprochés en un faisceau divers qui se resserre, s’unit, toujours plus,

Dans une même direction, resserrés, tressés, communiés : ut unum sint.  

Jubilation de l’Esprit.

 

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samedi, mai 30 2015

Parce qu'elle est toujours plus au programme

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Des circonstances inattendues font que la presse de la fin d’année, semi éreintée de l’année passée, semi rêveuse et tendue vers l’été, prend cette année la couleur d’une grosse pile de livres à relire sur la table de nuit et de quelques dolipranes parfois très nécessaires.

Il faut dire qu’un certain mot impromptu encourage à se frotter prochainement à quatre lourdes épreuves orales : quand on affiche ce mot à côté de votre nom, vous relevez le challenge et vous foncez…

16 gros livres, des notions à revoir, des entrainements à imaginer, le tout en un peu plus de deux semaines : ça fait un peu mal par où ça passe mais il paraît que le jeu en vaut la chandelle.

 

Évidemment, mon esprit rétif et parfois même quelque peu retors, rechigne à la tâche : que voulez-vous, il y a les cours, les élèves, les bilans de fin d’année, les amis avec qui l’on aime se réjouir, deviser et festoyer et puis deux chouettes projets d’été à préparer, en sus de mes (plutôt très chouettes aussi) projets personnels.

A côté, il y a tout ce travail en plus… cela ne donne pas très envie.

Il faut essayer d’émonder : d’enlever, doucement, quelques réunions ou réjouissances à l’emploi du temps, être fidèle aux engagements déjà pris, et jouer le jeu, quand même, malgré tout.

Relever le gant,

Et essayer de ne pas se laisser déborder, ni d’être achevée par K.O.

 

Et puis, par-dessus tout cela ou au cœur de tout cela, il y a Dieu.

Il est toujours là mais je n’envisage pas de vivre sans Lui laisser du temps, sans Lui laisser de la place : à Lui, à Lui seul.

Parce qu’Il est le temps et l’espace qui permettent à tout le reste de se déployer en Lui.

 

Comme toujours, dans les périodes de presse, d’occupation intense, où corps et esprit travaillent dur, les moments d’oraison sont précieux et j’ai surtout l’impression de mieux savourer ce que dit la Bible.

 

A force de lire, je pourrais en avoir assez de voir toutes ces phrases courant sur le papier : Avec la Bible, c’est tout l’inverse, bien qu'elle ne soit pas au programme officiel. 

Pas de prise de tête,

Juste comme une saveur vitale,

Dans l’oraison, dans tel ou tel office de la liturgie des heures,

Dans une phrase (re)cueillie lors d’une messe,

Redécouvrir que le Seigneur est bien pain de la route,

Que Sa parole est la lumière de la route, « lumière de mon pas »,

« Qu’elle est douce à mon palais ta promesse : le miel a moins de saveur dans ma bouche ! »

Se laisser nourrir, avec ces mots, avec Ses mots qui reviennent sans cesse aux lèvres,

Qui nous nourrissent donc, qui nous sculptent à l’intérieur et nous donnent d’habiter le monde, dans le calme ou dans les (pré)occupations, un peu plus selon Lui.

 

mardi, mai 26 2015

Parce qu'un puits porte loin

"Et cependant, nous avons aimé le désert. S'il n'est d'abord que vide et silence, c'est qu'il ne s'offre point aux amants d'un jour. [...] 

Si nous ne renonçons pas, pour lui, au reste du monde, si nous ne rentrons pas dans ses traditions, dans ses coutumes, dans ses rivalités, nous ignorons tout de la patrie qu'il compose pour quelques-uns. Mieux encore, à deux pas de nous, l'homme qui s'est muré dans son cloître, et vit selon des règles qui nous sont inconnues, celui-là émerge véritablement dans des solitudes tibétaines, dans un éloignement où nul avion ne nous déposera jamais. Qu'allons-nous visiter sa cellule ? Elle est vide. L'empire de l'homme est intérieur. [...] 

Mais voici qu'aujoud'hui nous avons éprouvé la soif. Et ce puits que nous connaissons, nous découvrons, aujourd'hui seulement, qu'il rayonne sur l'étendue. Une femme invisible peut enchanter ainsi toute une maison. Un puits porte loin, comme l'amour. [...] 

Nous avons accepté la règle du jeu, le jeu nous forme à son image. Le Sahara, c'est en nous qu'il se montre. L'aborder, ce n'est point visiter l'oasis, c'est faire notre religion d'une fontaine." 

in Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes 

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dimanche, mai 24 2015

C’est de saison les colombes

 

Sans titre

 

En temps scolaire, je porte une croix de Taizé autour du cou, sous ma chemise en cours, parfois volant au vent en dehors. En temps extra-scolaire, je lui préfère une croix en bois. Je fais ce choix plus par discrétion en milieu professionnel plutôt que par fan-attitude pour la communauté de Taizé : pourtant, ce choix est également signifiant.

 

La colombe, c’est le symbole de Esprit Saint, dont nous rappelons spécialement le don en ce jour de Pentecôte. Le souffle de vie, le dynamisme de nos vies !

 

La colombe, c’est le symbole de l’Esprit Saint et j’aimais tout particulièrement sentir cette petite croix battre de son poids mon cou le 21 mai dernier, alors en voyage scolaire à l’étranger, jour qui marquait l’anniversaire de mes 15 ans de confirmation… Trop d’joie, trop d’la balle ces 15 ans ! Action de grâce au cœur !

 

La colombe ainsi portée en croix, c’est donc aussi le signe distinctif de la communauté de Taizé, ce très bel endroit où je me suis rendue plusieurs fois : il est beau de s’en rappeler en ce mois où les frères célèbrent les 100 ans de la naissance de leur fondateur, frère Roger. Il y a eu de nombreuses veillées de prière autour du 12 mai d’ailleurs. Je me rappelle encore, la première fois que j’y suis allée, avec l’aumônerie du lycée, nous avions été bénies par lui avec une amie : j’avais eu la sensation d’un homme d’une grande foi et d’une profonde douceur. Et j’étais aux JMJ de Cologne lors de son assassinat en août 2005 : nous avions tous été marqués par cet événement. A chaque fois que je suis retournée là-bas, une grande sensation de paix m’a envahie. Cette communauté est prophétique par la vie de prière qu’elle propose, ensemble, entre toutes les confessions de chrétiens : au lieu de chercher les torts et les raisons, il s’agit de prier ensemble. Rappel de vie essentiel : il est bon de s’en souvenir en portant cette croix.

 

La colombe, elle est de saison, elle est toujours de saison car c’est le symbole universel de la paix. Est-il besoin de dire qu’elle est urgente ?

 

De l’intime de moi-même et de mes contradictions,

Jusqu'au trop vaste monde ensanglanté des guerres,

En passant par l’unité des chrétiens,

Et les chrétiens que l’on persécute pour leur foi…

… Viens, Esprit de paix !

 

jeudi, mai 7 2015

Enseigner en ZEP ? « Va dans le pays que je te montrerai »

 

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J’apprécie vraiment de faire la séquence sur la Bible en 6ème : non pas parce que, comme chrétienne, cela me donnerait moins de travail et que comme tout prof qui se respecte, je serais un peu feignasse mais parce que, outre parler d’un thème que j’aime et que je connais bien, cela confronte toujours à de vraies bonnes questions bien pertinentes dans le « choc » que cela peut représenter pour nos élèves.

 

Pour la deuxième année consécutive, j’avais prévu un petit tour par l’étude de l’appel d’Abraham.

 

Cela permet assez facilement de parler des patriarches, des grandes religions monothéistes et de leur vocabulaire respectif, de faire un rappel de conjugaison sur l’impératif et… de parler de circoncision comme point commun souvent inattendu par les élèves entre Juifs et Musulmans !

 

Ce cours-là, c’était ce matin. Et là… 

- Madame, moi j’pense que vous êtes chrétienne alors comment vous savez pour la circoncision pour les Musulmans et pour les Juifs ?

- Eh bien, simplement parce que c’est de la culture ?

 

Au-delà de la question et de la réponse souriantes, quelque chose d’essentiel s’était joué là : la découverte de la culture comme possible pont de rencontre ;

Quelque chose de laïc, profondément,

Quelque chose d’humain, assurément,

Quelque chose d’un mini-pas de lutte contre l’ignorance « mère de tous les maux »,

Quelque chose d’un grand sourire à saveur de promesse dans mon cœur, amoureusement chrétien.

 

jeudi, avril 30 2015

Miroir déformant ?

 

Y a pas que les copies dans la vie... Y a l'aide à la sacristie ! #nettoyageprintemps

 

Essuyer délicatement et avec soin des taches de cire venues on ne sait comment sur ces deux vases sacrés ;

Les laisser à côté de l'amas des copies corrigées... comme un fruit du travail de l'homme (!) ; 

Contempler, amusée, sur leur surface mon visage quelque peu déformé, flou, pas net... mais où l'on me reconnaissait quand même ;

Et s’il en était un peu de même de l’image de Dieu en moi ?

Et mon "moi" d'être peut-être comme un miroir à polir et à laisser se colorer de manière personnelle pour qu’il se fasse vitrail.

 

mercredi, avril 29 2015

La seule vraie insolence

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– Où est la solution ?" 
 
Je ne m'attendais pas à cette phrase de cette inconnue, ma voisine de métro. 
 
Comme souvent, un type un peu sale, puant, à moitié la gueule en biais venait de faire une annonce pour obtenir des passagers une aide financière. 
Comme souvent, j'étais partagée entre donner ou pas... Ce qui se résout souvent par une donnée pratique : y a-t-il quelque monnaie sonnante dans la poche de mon jean que je puisse donner sans avoir à sortir mon portefeuille ? 
 
Au lieu de se contenter d'un passage parmi nous, l'homme est sorti du "comme souvent", n'obtenant rien de notre rame et s'est alors mis à haranguer chacun individuellement, se moquant de la calvitie de l'un, du teint rubicond d'un autre et même des notes que j'étais en train de prendre sur un livre : "et vous la d'moiselle ! Vous lisez et vous écrivez ! Truc de riche !". 
 
Sincèrement, ce n'était pas agréable à entendre mais il n'avait pas tort... La lecture "critique", réflexive, méditative, n'est-ce pas une occupation de gens suffisamment aisés pour dégager du temps pour cela ? Quand le "pauvre" nous renvoie à nos essentiels. 
 
Il descendit à l'arrêt suivant, toujours fulminant. Ma voisine avait gardé la tête baissée et avait été du coup épargnée par la salve. Et c'est là qu'elle se tourna vers moi, regardant d'abord le livre on ne peut plus chrétien que je tenais en main puis relevant ses yeux vers moi, au lieu des habituels "c'est lamentable" ou "pauvre homme", elle demanda avec douceur : "où est la solution ?". 
 
Je lui montrai ce fameux livre entre tous : "peut-être ici, sans doute en chacun de nous... Je ne sais pas. Mais je cherche comme vous." 
 
Elle est descendue à son tour à la station suivante. 
Elle avait esquivé la violence mais avait su porter un regard in-habitué sur la pauvreté ; 
Ce n'était pas la solution mais c'était déjà un solide point de départ, celui du regard toujours à conserver en éveil attentif, sans "comme souvent" déshumanisant. 

samedi, avril 25 2015

De la croissance d'un arbre

Au gré des belles et bonnes lectures de vacances, reposer le sens de la terre et de l'existence en quelques mots choisis. 
 

"Mon existence est un peu de terre, et un arbre peut s'y enraciner, et croître. Il n'est rien de mystérieux à ce qu'un arbre de très grande taille pousse dans un peu de terre, et la terre n'en devient pas aérienne pour autant, pas arrogante pour autant de porter un si grand arbre, elle garde sa fertile humilité, elle a accueilli la graine mais c'est l'arbre qui pousse, pas elle. Ainsi ma vie, où Dieu s'enracine." 

 
in Alexis Jenni, Son visage et le tien 

jeudi, avril 23 2015

Devenir mère de Dieu

"Vous connaîtrez chaque jour Dieu davantage, non pas si vous faites une prière abstraite, dans des mots, mais vous connaitrez Dieu si, à chaque pas, dans votre atelier, dans votre bureau, dans votre communauté, si, à chaque pas, le sourire de Dieu se lève parce que vous portez un cœur capable d'être son berceau. 

C'est cela, être chrétien, c'est être la mère de Dieu, c'est faire de toute la vie ce Noël mystérieux, bouleversant, qui transfigure la vie, ce Noël qui doit être aujourd'hui pour que toute âme qui répond à l'appel de Dieu et qui s'expose au rayonnement du mystère virginal de Marie, devienne à son tour la mère de Dieu." 

Maurice Zundel

 

samedi, avril 18 2015

Hyacinthe et Rose

Les données initiales sont simples : elle est dévote, il est coco et athée. Une passion commune, unique : les fleurs. Elle et il ? Les grands-parents de François Morel, qu'il "raconte". 

Un livre sur le pouvoir des fleurs (jaaaaaasmin, lilaaaaaa), façon baba cool ? Que nenni ! Des clefs des champs se trouvent comme semées chez les personnages qui traversent le livre : 

Il y a le curé, leur curé, qui parle des fleurs avec cette abondance qu'on adopte parfois maladroitement quand on aborde un sujet qui nous tient tellement à coeur qu'il nous étreint et qu'on préfère cacher notre émoi, en le noyant sous les informations ou sous une réaction trop brusque ; 

Il y a le jeune narrateur recevant une leçon de vie, de langage amoureux par les fleurs qu'il lui est impossible de retenir... Parce que, sans le coeur, rien n'est juste. 

Les fleurs dégagent leur fragrance au fil des pages et parlent de l'amour qu'il n'est jamais possible de dire pleinement, quel que soit celui qui (é)meut notre vie. 

Un livre plein de tendresse... Merci pour cette douce promenade champêtre à saveur cachée d'Essentiel, David

 

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