Zabou the terrible

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dimanche, avril 24 2016

Le syndicat de la contemplation ou la marche comme une manière d'habiter le temps autrement

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Cette première semaine de vacances, je suis partie poursuivre la via Francigena durant trois jours. Voici un écrit "à chaud" lors de mon retour dans le métro :  

 

Dans le métro, être saisie face au spectacle des gens, tristes pour la plupart, qui courent au rythme effréné du « métro-boulot-dodo »… Dieu est là aussi, j'en suis sûre et certaine. Dieu est là avec chacun d'entre eux. 

Mais qu’il est bon aussi d’apprendre à faire un détour pour regarder une fleur qui naît et grandit en ce beau printemps !

La marche, c’est le contretemps de la cadence infernale, c’est se donner du temps, c’est s’offrir du temps pour être mieux présente. C’est prendre le temps de se sentir pleinement humaine : petite et grande dans la Création, pas un simple rouage d’une entreprise mais bien enfant bien-aimée du père, Le louant dans la splendeur de Son œuvre qui est donnée.

Marcher, c’est se rappeler plus intensément que tout est grâce. Marcher, c’est un temps de gratuité… j’aimerais que chacun puisse avoir la joie de bénéficier de moments comme ceux-là pour être plus humains dans une société qui a tendance à broyer les êtres dans un utilitarisme forcené. C’est peut-être mon seul côté « syndicaliste » de prof : je suis foncièrement une syndicaliste de la contemplation… Réapprendre le cadeau de la gratuité de la vie, et respirer, et souffler, et vivre à pleins poumons. Et rendre grâce. 

mercredi, avril 13 2016

Poser un acte de foi devant un regard

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C'était la semaine dernière,
Un événement somme toute anodin en apparence...
Cet élève, cet élève-là, Ce petit gnome de 6ème comme j'aime les appeler intérieurement avec affection tant ils ont encore à grandir, à découvrir, à vivre.

Un cours comme les autres,
Des bêtises de sa part comme trop souvent,
Trop nombreuses pour pouvoir le garder jusqu'au bout :
Exclusion.

Et là, de manière inattendue, des paroles de menaces de la part de ce petit être,
Des menaces pour le futur me concernant,
De la violence qui ne se contrôlait plus,
Qui ne se calmait plus...
D'un être pourtant encore si petit :
Comme s'il pouvait vraiment faire peur !
Ce qui me fit le plus mal en réalité, ce furent ses yeux.
Les yeux, le regard, c'est toujours un endroit particulier où il me semble qu'on peut parler autrement :
On se révèle dans un regard, parfois beaucoup plus que ce que l'on peut dire.
Accrocher le regard d'un élève pour lui parler, c'est toujours un moment important tant, souvent, on est face à des yeux fuyants ou honteux :
Pourtant, pour se faire entendre, pour se comprendre, c'est essentiel.

Là, j'avais un regard en face de moi, oui, mais sur lequel je n'avais aucune prise :
Je ne lisais plus qu'une violence déchaînée, des yeux qui me fixaient comme sans me voir.
Et pourtant, je voulais voir ce coeur meilleur dont je suis persuadée que cet enfant était porteur comme tous les autres :
Je n'y arrivais pas.

Alors, j'ai dû poser un drôle d'acte de foi, cette fois non devant directement devant le Seigneur, mais devant ces yeux emplis de haine... au fond duquel Il résidait, c'était là toute la teneur de mon acte de foi :
Seigneur, donne-moi de croire en lui plus que lui-même, plus que moi-même. 

Et punir, mais en espérant ;
Et laisser cette histoire avoir les suites qu'elle doit avoir mais continuer à croire en ce garçon un peu perdu, en son bon fond auquel il semble si difficilement avoir accès, malgré tout et malgré lui.
Seigneur, viens en aide à notre peu de foi ! 

mardi, avril 5 2016

Un bon sermon vous avez dit ? #cathotip

Prier les vêpres avec un ami prêtre. Et puis... 

– Tiens, et vous avez prêché sur quoi ce matin ? 

– Pour la saint Vincent Ferrier, j'ai prêché sur le sermon... Ce qui fait qu'un sermon est bon ou mauvais, ce qui fait qu'on ne s'y ennuie pas. 

– Eh bien... Vous savez, là dessus, moi j'ai bien une technique imparable mais je suis sûre qu'elle ne vous plaira pas. 

– Dis toujours... 

– Eh bien, il suffit de faire autre chose pendant celui-ci !" 

Et m'enfuir bien vite ! ;-) 

En n'oubliant tout de même pas, plus sérieusement, de prier l'Esprit Saint, pour qu'Il inspire le prédicateur et dispose l'assemblée à l'écoute. 

lundi, avril 4 2016

Mon cher Jésus, je te demande pardon

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« Seigneur, tu as voulu que ton Verbe prît chair dans le sein de la Vierge Marie » : oraison de la fête de l’Annonciation, fête célébrée en retard… Puisque, en effet, nous aurions dû célébrer cette année ce Verbe qui prend chair en Marie le jour même où le Verbe prit cher en croix pour que cela tombe pile neuf mois avant que le Christ ne prît pleinement chair en notre humanité.

 

Ce décalage de dates fut bien sûr annoncé en chaire mais il n’empêche que, le lendemain où le Christ se fit pleinement pour nous bonne chère – voire la meilleure qui soit – en s’offrant Lui-même en nourriture, ce qui est tout de même payer bien cher son repas quoiqu'après celui-ci, il n’eût pu être considéré comme étant bien en chair – peut-être alors qu’il était bien en chaire vu Ses paroles qui claquaient ? –, il eût pu avoir du sens de relier les deux fêtes. En une Pietà priante ?

 

Dans tous les cas, cette offrande de Lui-même jusqu’à la croix, jusqu’au bout c’est tout de même tout ce qu’il faut pour pouvoir lui dire avec toute notre vie un « cher » Jésus –  c’est un peu d’ailleurs ce que saint Pierre fera dimanche prochain – après que certains eurent, comme saint Thomas dimanche dernier, besoin de le voir en chair et en os. J’en soupçonne quand même certains d’en avoir eu quelque peu la chair de poule de ce « la Paix soit avec vous » soudain !

 

Trêve de plaisanteries, c’est beau et c’est grand :

Un Amour qui ainsi prend chair, qui se fait bonne chère, qui prend cher : le tout pour nous, pour toi, pour moi…  

Un Amour qui prend des risques et qui nous donne ainsi, par le mystère de Son incarnation, de Sa Passion et de Sa résurrection, de faire de notre chair la plus grande de ses chaires.

 

samedi, avril 2 2016

Thomas selon Jean selon Pierre

 

Parce que je me suis prêtée à un petit exercice priant… L’Évangile de demain imaginé d’un autre point de vue !

 

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                 C’était le premier jour de la semaine. J’étais troublé. Il y avait eu la mort de Jésus, cet homme exceptionnel que je suivais et que j’aimais de tout mon cœur, cet homme qui était mon ami, mon frère et mon maître : j’en ai été bouleversé de tristesse. Mais depuis peu, j’étais encore plus troublé car, moi, Pierre, j’étais entré dans le tombeau du Seigneur et je n’avais vu que des bandelettes et des linges… Alors, bien sûr, Jean, lui s’est mis tout de suite à croire parce que c’était écrit quelque part dans la Bible selon lui, et puis Marie de Magdala a dit L’avoir vu mais que croire ? Ce n’est qu’une pauvre femme, en plus complètement amoureuse du Seigneur : elle serait capable d’en avoir des hallucinations liées à sa tristesse ! Je suis troublé… j’aimerais tellement croire qu’il est ressuscité, qu’Il n’est plus mort… Mais enfin, cela ne semble pas très possible. Et puis, les Juifs nous recherchent, nous ses disciples les plus proches. On se réunit entre nous mais nous avons peur d’eux, nous sommes tristes de sa mort. A quoi bon tout cela ? Ne faudrait-il pas mieux nous disperser, reprendre nos métiers et garder de Lui le souvenir d’un homme bon et doux, d’un ami et d’un vrai prophète du Seigneur ? Nous doutions ensemble, nous pleurions ensemble. 

 

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jeudi, mars 31 2016

Du père teubé à la folie d'un Dieu aimant

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Dans le cadre d'un projet transdisciplinaire en 6ème, me voici amenée à lire chaque matin pendant une semaine un ou deux texte(s), mythe(s) ou conte(s) fondateur(s) ou à claire portée philosophique, sur le thème de la fraternité et de l'altérité. 

 

Hier, ce fut, après Caïn et Abel, la parabole du Fils prodigue : "Mais Madame, il est trop teubé le père de faire la fête après tout ce que son fils lui a fait !". 

Ce matin, un conte africain dans lequel plusieurs animaux meurent à la fin pour n'avoir pas aidé un autre ou pour ne pas avoir accompli leur mission, les réactions sont unanimes : "c'est bien fait pour eux !". 

Au moins, c'était franc et clair. 

 

Sourire en mon coeur de chrétienne plongée en plein jubilé de la Miséricorde et m'interroger : 

Et si, vivre le jubilé de la Miséricorde en tout lieu, c'était aussi débuter et instiller, à notre mesure, ce retournement ou tout au moins la possibilité d'un retournement des coeurs ? Ce petit espace, même infinitésimal, où la vengeance s'efface pour ouvrir à un pardon, à une espérance vécue les bras ouverts, à une confiance toujours tendue vers l'autre ? 

 

mercredi, mars 30 2016

Semaine (en demi-)Sainte

 

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Il était entré à Jérusalem : avec Lui, je voulais marcher vers Pâques, en Le suivant dans Sa Passion, en Le suivant dans Sa résurrection.

Parce que, sans tout cela, ma foi est vaine ;

Je dirais même que, sans la résurrection, ma vie elle-même est tout à fait vaine.

 

Et ce fut une semaine imprévue… Du stress d’une inspection à la joie éclatante de ce magnifique moment familial qu’est foncièrement la messe chrismale, de la profondeur d’un office à la fatigue intense de certains moments de cette même semaine.

 

En vérité, Vendredi Saint, à 15h, je n’étais ni en cours, ni au chemin de croix : j’étais au chevet d’un très proche qui venait de subir une opération urgente le matin même.

Il n’avait pas conscience du tempo, moi si, et c’était terriblement troublant…

 

J’ai vécu la Semaine Sainte plus à l’aune de cet événement qu’à celui de la Passion…

Et je crois bien que, cette année, j’ai complètement raté le tempo divin ;

Au passage, je crois que j’ai ‘pécho’ pleinement le tempo des tristesses et des joies bien humain.

 

Au passage, j’ai raté le passage à la joie de la Résurrection, et j’oublie encore parfois (ne vous moquez pas !) que j’ai à nouveau le droit de dire, voire de chanter, « alléluia » ;

Au passage, j’ai proposé et ai porté tout plein d’humanité à transformer devant le Seigneur, notamment dans la nuit du jeudi au vendredi ou plutôt d’humanité à laisser être transfigurée ;

Au passage, mon cœur aux nuages un peu bas en fin de semaine s’est finalement élargi à plus d’intentions et j’ai accepté, ou surtout je me suis laissée être « canal de prières », un peu mastoc, ne comprenant pas grand chose mais avançant en portant du monde, façon âne des Rameaux. On a les exemples que l'on peut ! 

 

Au passage… je crois que l’écho de Pâques a résonné de manière sourde en mon cœur, il est comme un bruit lointain que je n’ai pas perçu encore pleinement.

Mais, je crois qu’à force de (se faire) sonner les cloches, je vais l’entendre : 50 jours de Pâques, cela vient à bout de toute surdité partielle je crois !

 

Bref, a posteriori, on pourrait voir cette semaine comme une semaine en demi-teintes, de là une semaine en demi-Sainte.

Mais, si je n’ai pas encore récupéré le bon rythme, cette semaine, j’en suis sûre, était pleinement Sainte comme le demande son beau nom : parce qu’il y a bien eu des passages à vivre avec le Christ et avec mes frères humains ;

Et parce qu’au terme de celle-ci, Sa lumière vient relever le contraste, le rendre plus lumineux et nous irradier… Et cela est bon.

 

Alors, sans être tout à fait parvenue à être dans un rythme harmonieux - même si tout va bien mieux -, c’est toutefois de toute ma foi et de tout mon cœur que je proclame à chacun :

« Il est ressuscité : belle fête de Pâques à tous ! »

 

dimanche, mars 27 2016

Pâques sans comment

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"Personne n'a vu l'heure de ta victoire. Personne n'est le témoin de la naissance d'un monde. Personne ne sait comment la nuit infernale du samedi s'est transformée en la lumière du matin de Pâques. C'est en dormant que nous avons été transportés sur des ailes par-dessus l'abîme, en dormant que nous avons reçu la grâce de Pâques. Et personne ne sait comment l'événement lui est arrivé. Chacun ignore quelle main a caressé sa joue de telle sorte que soudain le monde blême éclata pour lui en vives couleurs et qu'un sourire involontaire s'épanouit sur son visage à cause du miracle qui s'accomplissait en lui." 

H.-U. von Balthasar, Le Coeur du monde

dimanche, mars 20 2016

A la porte de cette semaine

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C'est l'histoire d'une innocence pourtant condamnée :
"Aucun motif de condamnation"; 
"Lui, Il n'a rien fait" ! 

 

L'entrée dans la Passion,
L'entrée dans l'amour à l'état brut. 

 

Coeur innocent qui se livre,
Coeur de l'homme prompt à acclamer puis à attaquer. 

 

Coeur constant qui se donne en entier, jusqu'au bout,
Coeur de l'homme qui contemple pour apprendre. 

 

Semaine Sainte, Sainte Semaine entre toutes,
Celle qui nous apprend d'un signe la seule direction du Ciel,
Celle qui blesse du Verbe qui se tait, soudain éteint, et ouvre pourtant à l'Espérance, 
Celle qui nous apprend non à broder, mais bien à marcher, au pas de croix, à la mesure vitale de l'amour. 

 

mardi, mars 15 2016

Et si, entre le silence et les bruits... ?

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Comment ne pas être touchée par ce qui se passe actuellement autour du Primat des Gaules ? Comment ne pas être touchée dans le même temps dès qu’un scandale de pédophilie éclabousse notre Église ?

 

Je ne peux pas être d’accord avec ce qui s’apparente présentement à un lynchage en bonne et due forme du cardinal, un lynchage où les médias et les politiques semblent se répondre avec une escalade de violence jusqu’à demander, sans forcément connaître l’affaire, une démission de cet homme. Que diable, il est cardinal : c’est clerc et forcément pas clair ces bestioles-là.

 

Mais que cela soit clair, justement, je ne peux en aucun cas non plus cautionner un acte aussi grave que la pédophilie. C'est une honte ! Un acte gravissime qui brise des vies ! 

Je ne peux que reconnaître que, dans l’Église, il a trop souvent régné sur ces affaires la loi du silence. Pour étouffer tout cela et ne pas nuire à la réputation de... C’est grave et il faut le dire : nous n’avons pas le droit au silence ! Ne pas se taire : pour les victimes, avant tout, pour les aider à se reconstruire. Mais il faut le dire aussi pour les chrétiens : un chrétien, ce n’est pas quelqu’un appelé à une vie médiocre, c’est quelqu’un qui est appelé à la sainteté… un chrétien qui n’aide pas son frère en détresse, c’est un contre-témoignage. Un chrétien qui se tairait sur ce genre d’affaires, c’est pire qu’un contre-témoignage : c'est un complice, en état de péché grave.

 

Le chrétien n’est pas appelé au silence : il est appelé à écouter, à suivre le Verbe de Dieu et à Le proclamer.

 

En revanche, si je ne suis pas d’accord avec le silence, je ne suis pas d’accord non plus avec les « bruits », ces choses qui courent, qui se disent sans fondement et qui ne provoquent que médisance et mépris croissants. On attaque comme si c’était le cardinal qui avait commis les actes en personne, on attaque comme si la présomption d’innocence n’existait pas, on attaque comme si l’affaire était déjà entendue, jaugée et jugée et qu’on avait déjà à prononcer un verdict.

 

Je ne connais pas l’affaire et ne m'étendrai donc pas sur ce que j'ignore : mais il faut tout de même reconnaître que Mgr Barbarin n’était pas archevêque de Lyon au moment des faits… on ne demanderait pas la démission du ministre actuel de l’Éducation Nationale ou du recteur de telle académie lors de la découverte de cas de pédophilie d’un prof remontant à des années où il ne l’était pas encore. Pas pareil ? Certes : le chrétien a un idéal de sainteté et, par là même, une exigence d’exemplarité s’il veut témoigner. Mais il y a aussi une exigence d’humanité et c’est à nous tous de la respecter.

 

Je ne sais pas quelle est la part de responsabilité de cet homme :

Ce que je sais, c’est que je lis des réactions aux tons de plus en plus énervés, partant inconsidérées.

Ce que je sais, c’est que j’ai reçu une proposition de pétition à signer demandant la démission du cardinal.

Ce que je sais, c’est que les bruits ne font jamais de bien : ils sont cacophonie et n’éclaircissent jamais les esprits.

 

Il me semble qu’entre le silence oppressant et le bruit médisant, il devrait y avoir place à l’écoute et à la parole. Celles des victimes, celles des témoins, celles des accusés et celles des juges.

 

C’est un peu comme dans l’Évangile de dimanche dernier avec la femme adultère : il a fallu écarter les bruits véhéments pour accéder à la Parole… Il a fallu écarter les bruits pour que le silence de la pécheresse s’ouvre aussi à la Parole et qu’elle puisse entendre et s’exprimer.

 

Laissons la justice faire son travail.

Et nous, prions pour les victimes et pour leurs agresseurs,

Prions pour les juges et pour le cardinal Barbarin ;

Et que chacun d’entre nous grandisse sur son propre chemin de conversion, en écoutant Sa parole. 

 

vendredi, mars 11 2016

En écho de poursuite sur le baptême

Pour poursuivre sur le baptême... 

A destination toute particulière de mes amis qui ont récemment fait baptiser ou feront baptiser dans les prochains mois leur enfant. Et @ tous aussi, bien sûr ! ;) 

 

"Nous pouvons déjà dire à propos de cette vie que ce n'est pas elle qui vit, mais le Christ en elle. Nous trouvons ici déjà ce qui deviendra manifeste tout au long d'une vie tant bienheureuse qu'amère : le mystère de DIeu, qui est l'amour. <...> Nous sommes là comme face à un précipice : dépourvus de sonde pour mesurer sa profondeur, pas le moindre petit son n'en sort, et rien pour la combler : l'être humain, iménétrable. Mais déjà, petit à petit, sans bruit, sans violence, sans refouler la moindre chose, l'immensité de l'amour de Dieu le comble doucement et silencieusement. Un mystère en appelle un autre : le mystère de l'homme, celui de Dieu ; le mystère de Dieu, celui de l'homme. <...> Par le baptême, l'immensité de Dieu pénètre, en accordant grâce et accomplissement, le mystère de l'homme qui s'engage dans les étendues de sa propre existence." 

Karl Rahner, Les sacrements de l'Eglise, 1987

 

mercredi, mars 9 2016

Carême d'essence-ciel #4

L'essence première du chrétien, c'est dans ce qu'il a reçu : son baptême. Il trouvera d'autre(s) essence(s) en cours de route, mais ce baptême, bam, c'est le cadeau reçu qu'on n'a jamais fini de découvrir, qu'on n'épuise jamais et qui nous fait porter ce beau nom de chrétien. 

Le carême, c'est finalement un peu fait pour mieux nous faire redécouvrir ce qu'est être chrétien et, donc, pour l'être mieux. 

Dans le cours de théologie sacramentaire que j'avais la joie de suivre ce jour, on nous parlait justement de "vivre le baptême aujourd'hui" et du "don pluriforme du baptême". En listant les cinq traits de ce don, je me suis dit qu'il en ressortait quelque chose d'un examen de conscience à la saveur différente, d'un appel à une conversion, façon... 

 

Où est-ce que j'en suis de l'essence de ma vie de chrétienne ? 

(N.B. : la jauge n'est jamais vide !) 

"Qu'ai-je fait des promesses de mon baptême ?" 

 

1/ Le baptême nous délivre de ce qui nous sépare de Dieu. 

2/ Le baptême nous fait entrer dans une relation nouvelle à Dieu. 

3/ Le baptême fait de nous des membres du peuple de Dieu. 

4/ Le baptême nous fait prendre de la distance par rapport aux logiques dominantes dans le monde. 

5/ Le baptême change les rapports entre les hommes. 

 

Cela semble simple... et c'est pourtant moins évident d'en vivre dans le concret qu'il n'y paraît ! ;-) 

 

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dimanche, mars 6 2016

Malgré tout, malgré nous... laetare ! :-)

 

Le père qui ouvre les bras, toujours, qui n’écoute même pas nos pseudo-excuses embarrassées dans lesquelles nous ne ferions que nous embourber…

Le père qui nous accueille, malgré toutes nos bêtises, malgré tous nos éloignements, malgré nos pires fautes, malgré nos manières de lui dire parfois brutalement « je n’ai pas besoin de Toi ! » - c’est bien là le péché dans le fond - ;

Le père qui nous attend toujours, toujours, toujours,

Le père qui nous montre qu’Il nous aime : toujours, toujours, toujours.

 

On peut avoir l’impression d’avoir entendu cette parabole des centaines de fois, et ce n’est pas faux ;

Mais on n’a jamais assez eu l’impression, on n’a et on n’aura jamais assez la certitude profonde de nous savoir attendus par Dieu à la maison, chez Lui et c’est donc aussi chez nous, c’est notre vraie maison familiale, tout le temps.

 

C’est, pour reprendre une expression historique, l’amour qui nous aime malgré tout, mais aussi malgré nous. Mais nous, nous ne sommes jamais incorporés de force : non, nous sommes patiemment attendus, nous sommes patiemment espérés…

C’est à nous de décider quand nous revenons au bercail où Il est là, déjà au seuil, sans doute déjà à nous guetter depuis bien longtemps, en fait, depuis toujours :

Malgré tout, malgré nous.

 

Bien sûr, ce « malgré tout », on pourrait se l’appliquer à nous vis-à-vis de Dieu, quand notre foi défaille devant l’énigme de la souffrance ou du mal : pour nous, humains, c’est parfois ainsi que s’appelle notre foi, un « malgré tout » poussif… mais là encore, elle est pourtant donnée.

 

Il n’empêche que, le « malgré tout », c’est le saut de la foi, dans les deux cas.

Pour nous, c’est donc croire en Dieu malgré les apparences météorologiques parfois bien sombres de nos vies ; croire en Lui, malgré tout.

Pour Lui, c’est sa foi indéfectible en l’homme : celle qui s’appelle amour.

C’est aussi pour la foi de Dieu en l’homme ce saut de la foi qui donne la vie et ne se lasse jamais de la redonner par amour quand venons à nous en éloigner.

C’est l’Amour qui nous espère toujours sur le chemin de retour, sur le chemin de la conversion et qui ne peut cesser de nous attendre parce qu’Il nous veut heureux avec Lui : on ne pourra jamais se lasser de la prévenance incroyable de cet Amour… malgré tout, malgré nous.

 

Et l’on peut louer et prier encore avec les beaux mots du p. Paul Baudiquey : « Bénis soient les regards assez tendres, assez fous, assez vrais, pour me donner le cœur de m'espérer encore, de m'attendre à quelqu'un d'autre en moi. Les vrais, les seuls regards d'amour sont ceux qui nous espèrent ».

Tels sont ceux du Seigneur qui ne cesse de nous regarder, même quand nous semblons déjà perdus à l’horizon où la lumière s’efface,

Tels sont ceux du Seigneur qui ne cesse de nous espérer et de nous aimer, malgré tout, malgré nous.

 

lundi, février 29 2016

Carême d'essence-ciel #3

Elle était là, posée en apparence négligemment mais en réalité soignement pliée, dans un coin de la pièce. 

On en trouvait dans toutes les pièces de ce couloir d'ailleurs : dans ces parloirs monastiques.  

Bien sûr, quand on fait une semaine de retraite, il est logique de faire appel à celui qui peut la porter et nous apporter le pardon du Bon Dieu... 

Mais j'ai bien aimé la voir posée là en permanence, cette étole violette.

Elle avait comme des accents de trousse de secours toujours disponible.

Disponible et largement pourvue : du petit bobo aux grands accidentés fortement mal en point, elle pouvait toujours aller vers une bonne réconciliation avec la vie, ou encore plus précisément avec Celui qui est la Vie. 

 

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samedi, février 13 2016

A l'école de la sainteté avec Péguy

Incroyable diversité du peuple de Dieu, unie dans une même marche : une unique vocation à la sainteté quelle que soit l'origine, quel que soit le passé... Grandir ensemble sous Son regard, même dans l'opacité, vers la lumière, en apprenant Sa miséricorde : un enjeu de la vie, peut-être encore plus spécifique et fort en Carême. 

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"Il y a deux formations, 

Il y a deux extractions, 

Il y a deux races de saints dans le ciel. 

Les saints de Dieu sortent de deux écoles. 

De l'école du juste

et de l'école du pécheur. 

De la vacillante école du péché. 

Heureusement que c'est toujours Dieu qui est le maître d'école. 

Il y a ceux qui viennent des justes et ceux qui viennent des pécheurs. 

Et ça se reconnaît. 

Heureusement qu'il n'y a aucune jalousie dans le ciel. Au contraire. 

Puisqu'il y a la communion des saints." 

Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu

jeudi, février 11 2016

Carême d'essence-ciel #2

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Quitte tes semelles de plomb ! 

Et va vers le pays que je te montrerai avec un moteur désencrassé et rugissant :
plus haut, plus vite, plus fort :
afin de connaître "avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur pour connaître ce qui dépasse toute connaissance : l'Amour du Christ". (Eph 3, 18-19)

Le Carême, certifié meilleur carburant allégé de tout métal lourd et naturellement riche en Amour depuis 2000 ans ! 

 

mercredi, février 10 2016

Carême d'essentiel #1

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Croix dénudée, dépouillée de ses rameaux;
Croix dépouillée de ses oripeaux,
Aujourd'hui ne reste plus au dessus de ma porte que cette croix, nue.
Des rameaux qui l'ornaient, on a fait des cendres :
Ces cendres qui marquent désormais mon front d'une autre croix, éphémère.

Croix dont on est signé,
Croix dont on se signe nous-mêmes,
Croix : instrument de torture et signe éclatant de victoire.
Croix : signe insurpassable de l'amour de Dieu pour nous.

La croix, elle n'est pas un phénix, elle n'a pas à renaître de ses/ces cendres :
Elle a à y transparaître, pleinement, en nos vies, 
Parce qu'elle nous désigne, un chemin toujours à la fois maintenant et en au-delà : la Vie.

mardi, février 9 2016

Du paradigme de la crêpe au nutella et autres concepts gustatifs incertains

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Vous avez remarqué ? Cette année, paf, une semaine après la Chandeleur, on passe au Mardi Gras. Nous gagnons pour l’année la création d’une nouvelle octave, après celle de Noël et avant l’octave de Pâque : l’octave de crêpes. Comme une nouvelle gamme de saveurs… ou pas.

 

La crêpe au nutella, y a pas à dire, j’aime ça. Mais, il faut bien avouer que ce n’est pas super fin… C’est même méga-gras. Certes, c’est très bon, on ne s’en lasse pas vraiment mais il faut bien avouer qu’il n’y a guère d’originalité : c’est un peu toujours la même chose. Une crêpe, du Nutella : on sait que ça passera bien. Routine du gras.

 

Seulement, voilà le « problème » du mardi gras, c’est qu’il tombe avant le mercredi des Cendres. En gros, du concept de crêpes, on passe à celui du bol de riz. N’exagérons rien : ce n’est pas qu’il faille dire « de crêpes en carême, point » mais il y a une insistance sur le jeûne, le partage et la pénitence. Du gras grasseyant, confortable mais sans piment, on passe à la cure amincissante – qui n’est pas à confondre pour autant avec l’idée de régime.

 

Le Carême, c’est la recherche du goût en sa subtilité, via le passage de la quantité à la qualité. Moins de ceci, moins de cela (huile de palme ou autre chose : qu’importe ?), non pour faire un effort surhumain, pour se dépasser – quel intérêt, sinon se regarder soi ? – mais bien pour redécouvrir les saveurs dans leur essentiel, dans leur simplicité.

Dépouillement des sauces lourdes qui dégoulinent et autres cache goûts, ou pour cesser de parler métaphoriquement, dégrossissement des excès routiniers pour retrouver la force de ce qui était caché.

40 jours offerts en cadeau pour cela.

 

A Pâques, eh bien, vous savez ce qu’on obtient, du coup ? Du chocolat.

Retour à la crêpe au Nutella comme simple résultat ? Que nenni, quel piètre amateur de chocolat si vous pensez cela !

Le chocolat, ce n’est pas une saveur mais bien des milliers, du noir, du au lait, du blanc, du avec des noisettes ; le chocolat, c’est le passage de l’amertume à la douceur sucrée, de celui légèrement salé à l’acidité d’un chocolat allié avec un agrume.

Le chocolat, c’est un peu l’explosion des saveurs en bouche.

 

Certes, le chocolat, ce n’est pas Pâques et tous les mots comme tous les mets seraient bien insuffisants pour décrire la grandeur d’un mystère et d’une joie qui nous dépassent.

Et pourtant, il y a comme une justesse du chocolat à Pâques, qui célèbre la saveur retrouvée et renouvelée.

 

D’ailleurs, on dit bien qu’on n’adore que Dieu… et le chocolat : ça ne doit pas être un hasard, mais bien de la haute théologie (au moins).

 

Enfin, le royaume de Dieu ne consiste pas en des affaires de crêpes au Nutella mais il est bien « justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rom. 14, 17)…

Alors, bon carême à chacun : que celui-ci soit une vraie préparation du palais de notre vie à la joie éclatante d’un arc-en-ciel de saveurs à Pâques !

 

lundi, février 8 2016

Mystère de la prière

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Mystère de la prière ;
Des mois, parfois des années ou une vie,
En tout cas des heures, où tu donnes juste un peu de ton souffle ou de ton temps,
Devant Lui : pour lui, pour elle, pour ce prénom, pour cette raison.

Mystère de la prière :
On ne voit rien,
Ce sont des pas posés dans le noir,
Des mots susurrés à l'oreille de Celui en qui l'on croit,
Des grains de foi.

Mystère de la prière ;
Souvent humaine, bien trop humaine,
Mais que je peux confier à un Dieu incarné,
A un Dieu qui a pris chair pour me sauver :
A un Dieu à qui rien ne saurait être étranger.

Mystère de la prière,
Sera-t-elle exaucée ? Pas forcément comme je l'entends ;
A défaut, écoutée, et donc ex-haussée, devant Lui.
Je ne sais jamais ce qu'elle donnera.
Mais prier, toujours, prier amoureusement ;
 Prier avec audace, avec fougue, avec ardeur : Prier éperdument.

Mystère de la prière :
C'était jeudi, entre deux cours :
Pouvoir providentiellement venir rencontrer ce petit-là pour qui, avec tant d'autres, je prie depuis des mois ;
Ce petit gars-là sur qui des mots terribles, définitifs, qui enferment et qui tuent avaient été posés : incurable, diagnostic de vie à très courte échéance...
Selon ces mots, cela fait des mois qu'il ne devrait plus être là.

Mystère de la prière :
Mystère qui nous fera toujours dire : "je ne sais pas pourquoi"
Mais ce petit gars-là, non seulement il est encore là, mais, en plus, il y a un très léger mieux.
Force de la prière ? Je ne sais pas et j'en reste au mystère :
Je ne sais pas ce que sera l'avenir, son avenir...

Mystère de la prière :
Voir enfin ce visage pour lequel je prie,
Entendre ces quelques mots de lui,
Partager ces quelques instants d'un p'tit gars sympa,
Voir l'amour simple, juste et digne qui l'entoure.
Et entendre le prêtre que j'accompagnais proposer de bénir cet enfant, quoiqu'il ne soit pas chrétien,
Entendre la mère dire oui en écrasant une larme,
Et voir, et entendre, et prier, en même temps que les mains du prêtre se posaient avec respect et douceur sur la tête de ce petit : oui, que Dieu riche en miséricorde le bénisse.
Ecraser moi aussi une larme, devant la justesse tendre de l'instant.

Mystère de la prière,
Mystère de l'avenir,
Mais beauté de Son amour qui se révèle,
Chaque jour, toujours,
Dans les sourires des enfants, même et peut-être surtout dans les plus abimés,
Mystère de la prière adressée à un Dieu dont le nom est miséricorde, à un Dieu dont les entrailles se laissent toucher par la misère humaine...
Et continuer à poser chaque jour en mes pauvres mains, pour les poser en les Siennes, le nom de ce petit enfant.

dimanche, janvier 31 2016

Laisse-toi modeler par l'amour

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Avec quelques autres personnes, je travaille à la préparation d'un des livrets qui serviront pour les prochaines JMJ : c'est une expérience qui permet de se plonger d'une manière profondément spirituelle dans le thème "Heureux les miséricordieux", ainsi que dans son "incarnation" dans le peuple polonais. Un des rédacteurs a proposé cet extrait de la pièce de St Jean-Paul II, Frère de notre Dieu qu'il est si bon de savouer... Raison pour laquelle je vous le partage : 

« A : Comprenez-moi, mon Père. Comment puis-je aimer l’un et l’autre (l’art et la pauvreté), alors que je ne sais pas aimer à moitié ? C’est comme si je me trouvais entre deux abîmes qui m’attireraient également. Rester toujours à mi-chemin entre l’un et l’autre, c’est impossible.

C : Pourquoi le voir ainsi ? Tout peut devenir moyen d’aimer Dieu.

A : Tout le monde dit cela, en effet. Pourquoi donc cette vérité généralement admise n’arrive pas à être vérité pour moi ?

C : Je ne sais pas. L’âme connaît tant de chemins qui mènent à la pureté.

A : Et moi, j’ai commencé à trouver impur ce qui avant m’était idéal.

C : C’est possible. La purification est aussi vocation.

A : Que me conseillez-vous, mon Père ?

C : Fais confiance à l’amour. Il saura te former.

A : Comment ?

C : Je ne sais pas. Ton amour t’appartient. Il est le bien qui t’a été donné. Je ne peux pas juger ton amour jusque dans ses moindres frémissements.

A : Si pourtant vous vouliez me guider, m’ordonner ou m’interdire, rejeter ou approuver.

C : Ce sont là des choses trop graves et trop grandes. On ne peut rien ordonner à l’amour. Pense un peu. Notre Seigneur s’en sert pour faire tant de bien. Plus qu’aucune autre chose, l’amour nous unit à lui. Car tout se transforme dans l’amour… laisse-toi modeler par l’amour. » 

 Acte II, sc. 4 

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