Zabou the terrible

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vendredi, octobre 31 2014

A laisser traîner n'importe où

    Après la pub éhontée et évidemment véridique faite par l'ami David, je me devais de lire le fameux fourbi et orbi (oui, oui, je sais, ce n'est pas le vrai titre, l'auteur l'a perdu à une partie de chifoumi selon la légende urbaine) du gars Edmond. 

Mais ce titre il conviendrait bien car, plus que des antisèches qui viseraient à répondre à un quizz (sauf si vous souhaitez participer à celui de KTO... et je sais de quoi je parle pour les antisèches, je suis prof !), ce livre est un vaste fatras ou, au choix, une vraie caverne d'Ali baba relookée avec nos diverses bondieuseries souriantes accumulées au fil des siècles.

Si on n'apprend pas forcément tout quand on aime déjà depuis longtemps parcourir l'Église l'oreille aux aguets et le sourire en bandoulière, on en apprend tout de même de belles ! Et les anecdotes sont toujours tournées de manière à solidement faire fonctionner nos zygomatiques (en ce sens, je soupçonne un sponsoring par mangerbouger.truc, on ne pense jamais assez combien nos muscles travaillent quand nous rions). Du coup, tout cela fonctionne bien et vous essaierez même de convaincre vos amis anti McDo de revenir à l'occaz puisque l'un de leurs burger est catholique ! 

Bref, un livre pas forcément à lire d'une traite comme je l'ai fait mais plutôt un livre de choix pour musarder, pour flâner, pour vous amuser, ou encore à laisser traîner dans vos toilettes pour que vos visiteurs vous lancent sur les sujets catholiques les plus graves et les plus importants en sortant de là ! ;-) 

P.S. : L'illustration est prise sur le site de la procure... Où vous pouvez contempler l'ancien sous-titre de l'ouvrage ! ;-) 
P.S. 2 : on peut notamment commander le livre par ici.  

mercredi, octobre 29 2014

Back from the school

L'école de prière, c'est toujours un peu pareil, et toujours un peu différent.

Les thèmes reviennent, systématiques : confiance, Marie, pardon, eucharistie, croix, résurrection et mission. 

C'est un peu comme un chemin de notre vie chrétienne, c'est un peu comme une Semaine Sainte en miniature. 

Tu ne sais jamais ce qui portera du fruit, tu ne sais jamais ce qui n'en portera pas. 

Alors, comme "berger", tu suis toi aussi cet itinéraire, 

Et "l'école de prière jeunes" devient école de prière pour toi aussi, où tu apprends à te mettre à l'école de Sa Parole, où tu sens bien au fond de toi que les moments où tu cafouilles sont ceux qui ne furent suffisamment non pas préparés — parce que, dans le fond, tu te prépares à la semaine depuis un an, depuis la fin de l'EPJ précédente en fait — mais priés. 

Tu ne sais jamais ce qui atteindra le cœur des jeunes, comme tu ne sais jamais à l'avance ce qui atteindra celui de ta super équipe d'animateur, ni le tien. 

L'EPJ sonne donc simplement comme une puissante invitation à se mettre à l'écoute et à se convertir assez pour ne jamais faire écran à la grâce de Dieu dans les cœurs : 

Et durant toute une semaine, tu as prié, tu as regardé et tu as écouté ; 

Et, au retour, posant à nouveau dans la prière les sourires des enfants, leurs phrases, leurs beaux actes d'amour tu t'aperçois combien cela fut grand, 

Combien cela fut bon, 

Et ton cœur reste dans une paisible action de grâce. 

 

vendredi, octobre 17 2014

Le 10/10 divin

 

Lisant, relisant, méditant ce passage de Luc 17 où dix lépreux crient vers le Seigneur, je m’aperçois que, plus je marche sur mon chemin, plus je découvre le Pardon et pourtant plus j’ai de mal à en parler.

 

Pourtant… Pourtant comment ne pas admirer cette dive proportion qui est disproportion ? 10/10 de pardonnés, 10/10 totale réussite : mes élèves rêveraient de cela !

 

Il n’y a pourtant qu’un acte de confiance, un tout petit acte de confiance à faire, à oser, à exercer, à réviser sans cesse : crier vers Lui, s’ouvrir à Lui. Et cela suffit : 10/10. La classe totale, la classe divine je dirais.

 

Si l’on compare à la proportion humaine, cela devient disproportionné : 1/10 revient rendre grâce ; 9/10 poursuivent leur chemin, pourtant guéris. Cela pourrait sembler doigt accusateur mais n’y a-t-il pas du vrai dans cette proportion bien humaine ?

 

1/10 : le temps où je rends grâce par rapport au temps où je m’occupe de mon nombril et de mes plaintes ?

1/10 : ces moments où je m’ouvre vraiment à l’Amour du Seigneur plutôt que de me cantonner dans mon indifférence ?

1/10 : comme une myopie sévère où je ne sais voir l’Autre…

 

J’aime quand même bien cette idée que Dieu, malgré nos sales notes à nous, reste toujours très mauvais en maths et ne connaisse autre chose que la totalité, le « à fond », le don total… à donner envie d’être aussi nul(le) – à moins que ce ne soit excellent(e) ? – que Lui !

 

 

mardi, octobre 14 2014

Dans le brouhaha des réseaux sociaux synodaux

 

 

 

Parce que, quand tu lis ce qui suit, tu ne peux t’empêcher de sourire en pensant à tous les documents qui fleurissent ici ou là à propos du synode sur la famille.

 

« Ainsi tous pourront comprendre l’ordre et la voie que le Concile suivra, après avoir établi le fondement de la confession de la foi, ainsi que les témoignages et les appuis plus particuliers qu’il utilisera pour confirmer les dogmes et restaurer les mœurs. »

 

Concile de Trente, décret Sacrosancta

 

Certes, c’est un synode et non un concile qui est actuellement en cours au Vatican… mais si on changeait le mot « concile » par « synode », est-ce qu’on ne pourrait pas se calmer un peu ? Et continuer à écouter et à prier paisiblement ? Même le si vieux concile de Trente nous invitait déjà à la confiance ! :-)

 

dimanche, octobre 12 2014

Pour qu’Il nous taille un costard

 

 

Revêts mon cœur du vêtement de noces, Seigneur,

Revêts mon cœur du vêtement de mon baptême,

Revêts mon cœur pour qu’il n’oublie jamais d’en vivre.

 

Revêts mon cœur du vêtement de noces, Seigneur,

Pour qu’il soit toujours en joie avec, pour et en Toi,

Et pour que ma joie dise Ta joie au monde.

 

Revêts mon cœur du vêtement de noces, Seigneur,

Pour qu’il dise Ton amour au monde,

Qui s’écrit en universel et en particulier.

 

Revêts surtout mon cœur de Toi, Seigneur,

Non pour qu’il se prenne pour Toi,

Mais pour qu’Il se convertisse, dans l’humilité,

Et, que, tourné vers Toi,

Il apprenne à aimer ainsi que Toi.

 

 

  

mercredi, octobre 8 2014

Présent à ton p'tit coeur

 

Pour les besoins d’un cours d’Ancien Testament, j’ai ressorti ma bonne vieille TOB que j’avoue délaisser pour ma fidèle B.J. côté lectio, pour la traduction liturgique côté prière pour qu’à ma bouche soient les mots de la prière commune du peuple du Dieu.

 

Il s’agissait de travailler le célèbre passage du Dt 6, 4-13, c’est-à-dire le fameux shema : « Écoute Israël, notre Dieu est l’unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force »… Passage si connu des Juifs, passage bien connu par ceux qui prient la liturgie des heures puisqu’il s’agit du texte des Complies du samedi soir. 

 

Changer de traduction, c’est toujours se laisser surprendre, surtout sur un texte connu. Et cela fait du bien. Et là a résonné tout particulièrement cette phrase : 

 

« Les paroles des commandements que je te donne aujourd’hui seront présentes à ton cœur »

 

« Présentes à ton cœur »… Belle et si juste idée !

Ce n’est pas les avoir juste au bord des lèvres ;

Ce n’est pas les garder enfouies quelque part dans un coin du cerveau, entre une dissertation universitaire et une toile d’araignée, non ;

Mais présentes au cœur parce que c’est là, et seulement là, qu’elles ont à ensemencer toutes nos actions.

Il y a du boulot, il y a de la conversion, surtout, mais ce n’est que si on les laisse entrer jusque là qu’elles pourront agir.

 

Apprendre à lire Ta parole toujours plus avec mon cœur ;

Apprendre à prier Ta parole toujours plus en T’ouvrant mon cœur ;

Apprendre à T’y laisser présent, pour que Tu agisses en moi,

Vivante et efficace Parole !

 

lundi, octobre 6 2014

Minibug d’esprit catholique en territoire public

 

- Madame, vous pouvez retirer la croix ? » me demanda soudain cette petite 6ème à la fin d’un cours.

 

Bug soudain en mon esprit… Zut ! Que s’est-il passé ? J’ai mis une croix quelque part ? Une bêtise façon atteinte à la laïcité m’aurait-elle échappée ?

 

Je palpe ce qui pend autour de mon cou sous ma chemise… Non, je ne me suis pas trompée en m'habillant ce matin, c’est bien celle-ci,  

 

Cette croix que je porte quand j’enseigne et sous mes vêtements… Elle n’a tout de même pas pu deviner que cette colombe cachait une croix !

 

- Écoute, je ne comprends pas bien : que veux-tu ?

- Mais si, vous savez ! La croix que vous avez mise sur mon carnet de correspondance parce que je n’avais pas fait signer mon contrôle !

- Aaaaaaah, celle-ci ? Ah non, désolée ! »

Hum, hum, hum… ;-) 

 

 

samedi, octobre 4 2014

Comme une fête de feu, comme un feu de fête

 

Certains soirs, certaines dates, certains jours sonnent curieusement dans notre cœur ;

Ou plutôt, non, ils résonnent comme une analepse[1] pas du tout insidieuse :

Ils n’ont pas non plus la saveur d’une madeleine de Proust car ils sont bien plus forts que tout cela ;

Ils conservent au fil des ans le caractère indélébile d’une brûlure.

 

C’était un jour de pluie cette année-là ;

Il y avait eu une confession et une absolution,

Il y avait eu une parole posée,  

Il y avait eu des larmes,

Il y avait eu une joie sans pareille.

 

Quand des paroles font entendre la Parole ;

Puis quand la Parole prend feu ;

Tu te trouves soudain un peu comme Moïse face au buisson ardent : imbécile ne sachant que faire, surpris et tellement pas à la hauteur que tu as envie d’enlever tes sandales avant même qu’on ne te le demande ;

Tu te trouves soudain follement aimé : et les mots que tu avais entendus pourtant depuis des années, que tu connais par cœur, ne sont plus les mêmes ;

Tu es aimé et c’est Sa voix que Tu entends dans s/c/Ses mots ;

Ce ne sont plus des paroles vagues et impersonnelles :

Tu sais que ta vie de foi est devenue infiniment personnelle et, surtout, infiniment relation.

Il y a des jours où, plus que d’autres où Il t’échappe (en apparence !), eh bien, même si cela fait pompeux de dire cela, tu sais que Tu as rencontré Dieu.

 

Ce jour sonne un peu différemment pour moi cette année maintenant que celui qui m’avait alors donné le pardon du Seigneur est reparti vers Lui, justement ;   

Mais ce qu’il m’avait transmis ce jours-là, c’étaient en quelque sorte les lettres de Son Nom, lettre(s) d’Amour entre toutes, qui sont restées gravées sur mon cœur et dans ma mémoire depuis ;  

Mais la route continue, et tout spécialement demain,

Car « un jour de plus se lève, Jésus en moi veut le vivre ». (Madeleine Delbrêl)

 

 



[1] Un flash-back si vous préférez mais le terme est moins élégant. 

Bande de violettes et de pâquerettes !

 

« [Jésus] a voulu créer les grands saints qui peuvent être comparés aux lys et aux roses ; mais il en a créé aussi de plus petits et ceux-ci doivent se contenter d’être des pâquerettes ou des violettes destinées à réjouir les regards du bon Dieu lorsqu’Il les abaisse à ses pieds. La perfection consiste à faire Sa volonté, à être ce qu’Il veut que nous soyons…

 

J’ai compris encore que l’amour de Notre Seigneur se révèle aussi bien dans l’âme la plus simple qui ne résiste en rien à Sa grâce que dans l’âme la plus sublime. »

 

Ste Thérèse de l’Enfant Jésus

 

 

mardi, septembre 30 2014

Temps court, temps favorable

 

Un mois de plongée dans un projet pédagogique expérimental ;

Un mois peut-être plus que d’habitude au service des élèves ;

Un mois de tâtonnements, de recherches, un peu de galère quand même ;

Un mois de fatigue, il est vrai, malgré les belles joies qu’il a pu offrir ;

Un mois et encore deux semaines d’un rythme soutenu (non pas jusqu’aux vacances mais jusqu’à la fin d’une de nos nouvelles « périodes ») ;

Un mois et une très proche inspection en prévision ;

Un mois à courir, sans peu de temps pour regarder le chemin doucement et y souffler le long…

 

Mais Toi, Tu me redis toujours que c’est maintenant le « moment favorable »,

Que c’est hic et nunc que Tu me veux, que Tu viens me rencontrer,

Et cela change tout.

 

mercredi, septembre 24 2014

Les aimer ? En vérité : une réalité ?

– Madame, est-ce que vous aimez la classe dont vous êtes professeur principal ? 

– Madame, est-ce que vous nous aimez ?" 

Les 6èmes, ces champions haut comme trois pommes du plan affectif à tout va... 

Ce n'est pas si facile en réalité. 

Certains répondent qu'ils ne sont pas là pour les aimer - c'est vrai, d'ailleurs - d'autres répondent "Ben oui" risquant par là même ce que j'appellerais le "chantage affectif à la choupitude" quand il faut les punir. Plus tard, il y aura forcément des "madame, vous n'm'aimez pas !!!" lors d'heures de retenue : comme si, aimer, c'était cela, c'était être injuste et tout passer ! 

Bien sûr, je leur ai répondu "oui, j'aime toutes mes classes" devant leurs yeux épatés. Parce que, même si je ne suis pas là avant tout pour cela, c'est vrai que je les aime mais cela me renvoie toujours à cette question : que veut dire aimer ? 

Je ne pense pas qu'ils en aient vraiment conscience : sans doute que moi non plus, d'ailleurs. Et en plus, il serait plus juste d'ajouter que je ne sais pas les aimer : je m'efforce de les aimer, j'ai le désir de les aimer. 

Et cela n'enlève pas l'envie qui te prend parfois de leur coller une baffe bien appliquée, 

Et que cela n'enlève pas cette affinité qui te pousse vers l'un et moins facilement vers l'autre ; 

Et que cela n'enlève pas que le 4ème ado "de base" apparaîtra toujours plus comme un relou face au gnome naïf de 6eme ; 

Et que parfois, tu seras tellement énervée d'un comportement, qui viendra en plus s'ajouter à une journée exténuante que tu auras du mal à te dire "mais lui, il est aussi aimé de Dieu !" et encore plus à le vivre ; 

Et qu'aimer pour un être humain, cela ne veut pas forcément dire "réussir à aimer". 

Aimer, ce n'est pas enlever le poids de ton humanité et de ses inhérentes opacités ; 

Aimer, c'est Lui demander de le faire pour nous quand on en devient incapable, et, surtout, de le faire par nous, à travers nous ; 

Peut-être qu'alors, et seulement une fois l'année passée, on pourra vraiment leur dire avec un certaine réalisme et une relative justesse : "oui je vous aime" en ajoutant en esprit "mais je galérais tellement que j'ai pris le joker Dieu vous aime." 

Au cénacle, entre-deux

 

C’est avec amusement que je remarquai en arrivant à destination que le vélo du prêtre avec qui je me rendais à cette rencontre et le mien étaient de la même marque : btwin[1].

 

C’était amusant non pas parce que je voue un amour particulier à cette marque mais parce que, cette rencontre, elle était justement particulière : elle était un peu à l’image de ces vélos. Chrétiens dans l’Enseignement public (CdEP)… Des « betweens » ? Des infiltrés ces chrétiens, un peu dans les deux camps, à moins qu’ils n’aient une jambe dans l’Église et une jambe dans l’enseignement et qu’ils ne soient un peu perdus ? C’est vrai qu’ils ne sont pas si nombreux et qu’ils se sentent parfois minoritaires d’un côté comme de l’autre, c’est-à-dire dans leur paroisse comme dans leur établissement scolaire. Pourtant, comme ces vélos b'twins, ils sont en réalité de vrais passe-partout, dans les rues comme dans les chemins de traverse ! Mais bien sûr, un vélo, ça s’entretient.

 

Alors, comme entretien, j’ai découvert une soirée de la vie de cette équipe de CdEP : un temps fraternel, d’échange(s) autour d’une bonne table et de lectio. Importante la lectio 

 

Parole qui doit guider nos paroles, surtout quand il s’agit des Actes des Apôtres, ce vaste temps de l’Esprit Saint qui se donne en réalité, qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui, dans notre « temps ordinaire » liturgique mais pas que.

Parole qui forme nos mots pour prier, pour louer, pour confier…

Parole qui fait finalement de nous non pas des ‘entre-deux’ mais des êtres pleins d’e/Esprit, au choix, avec une option préférentielle pour la version avec majuscule qui n’empêche pas non plus la première… et donc doublement la joie !

 



[1] Poke le fondateur des DiMails ! 

samedi, septembre 20 2014

Synode pas sy-simple

 

« Lobby or not lobby ? »

C’est en ces mots que s’annonce, que s’écrit désormais le futur synode sur la famille. J’en suis triste.

 

Synode sur la famille donc… Et l’on transforme cela, trop abusivement, dans la presse et ailleurs – et, donc, dans les esprits de milliers de personnes – en un vaste jeu : « pour ou contre la communion aux divorcés remariés » ?

 

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mercredi, septembre 17 2014

Liste d’en-vie

 

Peiner à se lever à la première sonnerie du réveil ;

Esquisser ce vaste signe de croix sur moi en baillant ;

Sentir la saveur brûlante et amère du thé revigorant s’écouler doucement dans ma bouche tandis que la vapeur qui en sort est à l’image de mon esprit ;

Murmurer une prière laudative un mot trébuchant sur l’autre ;

Se rater et se coller encore du dentifrice partout sur le bas du visage ;

Faire vrombir le moteur de la Zaboumobile ;

Écouter le silence, y prononcer des prénoms in pectore puis chanter ;

Les accueillir ;

Les surveiller faisant leur contrôle, répondant à la question de celui-ci, réprimandant la tentative de bavardage de celui-là, sourire à une pitrerie ;

S’enchanter devant La Fontaine avec les plus jeunes ;

Écouter une question, répondre, puis une autre, puis encore une autre, puis encore une autre puis… stop ! ;

Faire pleurer une 6ème puis, à la fin du cours, l’aider à se relever ;

Partager un repas ;

Regarder en souriant son courrier ;

Se réunir à l’évêché pour préparer de futurs beaux moments ;

Passer un quart d’heure à glandouiller ;

Corriger des copies ;

« Vespériser » devant le tabernacle puis prier pauvrement en silence, tête posée sur le dossier de la chaise de devant ;

Préparer un cours, un peu mieux ;

Se marrer avec la pharmacienne ;

Tchatter avec l’un, répondre au mail d’un autre ;

Prendre le temps de se poser pour dîner ;

Finir ce truc-là qui traîne ;

Corriger des copies ;

Bouquiner, travailler, prier…

 

Tout ce qui fait l’ordinaire d’une journée : une simple liste…

Tout ce qui ne mériterait pas d’utiliser de l’encre, même numérique,

Mais qui, parce que cela est écrit en encre de Vie, le mérite et a son prix,

Parce que Tu y es présent, dans les pleins et les déliés,

Et que, si l’on T’y cherche, on y découvre subrepticement des traces, même toutes petites, de Ta présence, à chaque instant, même là où Tu semblerais a priori le plus absent.

 

Infiltration divine ?

 

 

A trop traîner d’une part dans les milieux ecclésiaux, d’autre part dans la fonction publique, on en arrive à avoir quelques hallucinations visuelles en lisant le verso d’une revue fort universitaire.

 

 

 

Comment ??? Le Service des vocations (ou SNEJV) a infiltré même la GMF pour sa prochaine campagne ?


A moins que ce ne soit Dieu Lui-même ? 

... Il est décidément trop fort... 

 

 

 

Oui, bon, pardon… ;-)

 

 

dimanche, septembre 14 2014

Ô croix sublime folie

 

 

Il y a ces croix réalistes, où le Christ est représenté souffrant,

Où l’on peut lire dans les ravins de Son visage l’horreur de la douleur insoutenable.

 

Il y a ces croix stylisées, où le Christ a déjà les bras levés, comme tendus vers la Résurrection,

Où l’on peut lire Sa gloire, l’à-venir, le triomphe sur la mort : la Vie.

 

Il y a ces croix où il n’y a rien que le bois, telle l’empreinte d’un corps,

Où l’on peut contempler, longuement, le « signe indélébile de Son Amour ».

 

 

Il y a toutes ces croix,

Et puis il y a nos croix…

Nos croix petites et grandes, celles du quotidien et les exceptionnelles,

Ces croix qu’on n’a pas à rechercher mais qui arrivent à chacun, à sa mesure ;

Ces croix qui nous font mal, qui sont rugueuses, blessantes et lourdes. 

 

Mais, toutes, Il les a déjà portées ; 

Mais en toutes, en regardant dans le même temps Sa croix, on sait qu’on a un compagnon, un frère ; un Dieu fait homme qui a aussi connu cela, ce qui le rend tout proche : on peut alors tout Lui dire, tout Lui confier car Il n’est pas un Dieu lointain et éthéré ; Il sait.

Alors toutes nos croix, on peut les mettre dans la perspective de la Sienne,

 

Dans Ta croix qui inscrit aussi un « plus », de Vie,

Dans Ta croix qui est croisement du monde et du ciel, pont que l’on a à laisser se réaliser en nous,

Dans Ta croix, nous recevons la vie, Ta vie ;  

Donne-nous, donne-moi, de savoir vivre ce mystère de la croix,

De nous y donner aussi avec et par Amour, comme on peut, même chancelant de souffrance, même tombant sous le poids de cette croix,

Parce qu’au-delà est l’horizon de la vie.

 

 

 

 

 

jeudi, septembre 11 2014

L'agence Zenit ce jour

... sincèrement, n'y a-t-il que moi que ce titre si étrangement politique fasse sourire ? ;-)


mardi, septembre 9 2014

Si, parfois, tu crois ne voir que de la fumée, n’oublie pas

 

 

« Dieu se dit à Moïse par le buisson en feu. Et Jésus : ‘Je suis venu mettre le feu et ce que je veux c’est qu’il flambe’.

 

A part la terre et les astres éteints, l’univers n’est que feu, dit-on. Dieu travaille comme le feu jusqu’à ce qu’il soit tout en tous. A la Pentecôte la foi commence par une mise à feu.

 

Certes, au long de l’histoire, il arrive qu’on ne voie que de la fumée. Mais il n’y a pas de fumée sans feu. »

 

 

Jean Sulivan, L’Exode, p. 206

 

dimanche, septembre 7 2014

"Toi y es-Tu, m'entends-Tu ?" Et Il y est toujours

Il y a ces heures où je ne sais que rester à la surface de moi-même ;
Je viens à l'oraison, oui, je suis là mais je suis dans le vague, 
Pleine de mes occupations, de mes préoccupations, 
Sur le papier, sur l'agenda, sur mon temps, je viens pour Toi, ça oui...
Mais finalement, je ne sais rester que centrée sur moi. 

Ce qui est fou, c'est que pourtant, il n'y a personne d'autre que Toi et moi, 
Je ne peux même pas dire que je fais ça pour épater la galerie, non, 
Ni pour me donner bonne conscience, assise en tailleur devant cette croix, 
Je viens pour Toi mais en fait, c'est que je ne sais pas aimer selon Toi, 
C'est que je ne sais pas aimer comme Toi, 
Parce qu'aimer, parce que prier, c'est tout un : c'est une vraie ouverture à l'Autre, 
Et comment la réaliser si l'on reste tout tourné vers soi : 
Moi, moi, moi... Où Te laisse-je donc la place, à Toi ? 

Ce qui est pourtant encore plus fou, 
C'est que, quand je T'ouvre enfin la porte, 
Quand je me tourne enfin vers Toi, 
Quand je Te demande la grâce d'aimer, 
Quand je demande à Ton Esprit Saint de prier et d'agir en moi, 
Je m'aperçois que Tu es toujours, mais vraiment toujours, là, 
Que Tu n'as même pas un mot de reproche ou une quelconque réprimande,
Que Tu es là, 
Que Tu me dis "Je t'aime", sans un mot de plus, sans un mot de trop, 
Que Tu aimes : simplement, vraiment, pleinement. 

vendredi, septembre 5 2014

Péguy le mystique et l’antimoderne – en l’honneur du centenaire de sa mort

 

« Charles Péguy a vécu pour l’humanité et il est mort pour défendre la conception grotesque qu’avaient de l’honneur national les pires de ses compatriotes. »

 

Notice nécrologique de Charles Péguy par Walter Benjamin (traduite par Hella Tiedemann-Bartels)

 

 

 

 

 

Afin de valider mon UE d’allemand en master 2, j’avais réalisé à l’époque un mini-mémoire sur « la réception critique de Charles Péguy par Walter Benjamin ». En ce 5 septembre 2014 où nous rappelons la mort de ce grand écrivain français, je publie ici en guise d’hommage quelques extraits de ma dernière partie d’alors, intitulée « Rechtsdenken ? La réception d’un écrivain pour qui la politique est une mystique » et de ma conclusion qui ne manquent pas de lien avec les sujets habituels de ce blogue. Attention, c’est un peu long : mais Péguy mérite bien qu’on s’y arrête !

 

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