Zabou the terrible

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mardi, mai 26 2015

Parce qu'un puits porte loin

"Et cependant, nous avons aimé le désert. S'il n'est d'abord que vide et silence, c'est qu'il ne s'offre point aux amants d'un jour. [...] 

Si nous ne renonçons pas, pour lui, au reste du monde, si nous ne rentrons pas dans ses traditions, dans ses coutumes, dans ses rivalités, nous ignorons tout de la patrie qu'il compose pour quelques-uns. Mieux encore, à deux pas de nous, l'homme qui s'est muré dans son cloître, et vit selon des règles qui nous sont inconnues, celui-là émerge véritablement dans des solitudes tibétaines, dans un éloignement où nul avion ne nous déposera jamais. Qu'allons-nous visiter sa cellule ? Elle est vide. L'empire de l'homme est intérieur. [...] 

Mais voici qu'aujoud'hui nous avons éprouvé la soif. Et ce puits que nous connaissons, nous découvrons, aujourd'hui seulement, qu'il rayonne sur l'étendue. Une femme invisible peut enchanter ainsi toute une maison. Un puits porte loin, comme l'amour. [...] 

Nous avons accepté la règle du jeu, le jeu nous forme à son image. Le Sahara, c'est en nous qu'il se montre. L'aborder, ce n'est point visiter l'oasis, c'est faire notre religion d'une fontaine." 

in Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes 

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dimanche, mai 24 2015

C’est de saison les colombes

 

Sans titre

 

En temps scolaire, je porte une croix de Taizé autour du cou, sous ma chemise en cours, parfois volant au vent en dehors. En temps extra-scolaire, je lui préfère une croix en bois. Je fais ce choix plus par discrétion en milieu professionnel plutôt que par fan-attitude pour la communauté de Taizé : pourtant, ce choix est également signifiant.

 

La colombe, c’est le symbole de Esprit Saint, dont nous rappelons spécialement le don en ce jour de Pentecôte. Le souffle de vie, le dynamisme de nos vies !

 

La colombe, c’est le symbole de l’Esprit Saint et j’aimais tout particulièrement sentir cette petite croix battre de son poids mon cou le 21 mai dernier, alors en voyage scolaire à l’étranger, jour qui marquait l’anniversaire de mes 15 ans de confirmation… Trop d’joie, trop d’la balle ces 15 ans ! Action de grâce au cœur !

 

La colombe ainsi portée en croix, c’est donc aussi le signe distinctif de la communauté de Taizé, ce très bel endroit où je me suis rendue plusieurs fois : il est beau de s’en rappeler en ce mois où les frères célèbrent les 100 ans de la naissance de leur fondateur, frère Roger. Il y a eu de nombreuses veillées de prière autour du 12 mai d’ailleurs. Je me rappelle encore, la première fois que j’y suis allée, avec l’aumônerie du lycée, nous avions été bénies par lui avec une amie : j’avais eu la sensation d’un homme d’une grande foi et d’une profonde douceur. Et j’étais aux JMJ de Cologne lors de son assassinat en août 2005 : nous avions tous été marqués par cet événement. A chaque fois que je suis retournée là-bas, une grande sensation de paix m’a envahie. Cette communauté est prophétique par la vie de prière qu’elle propose, ensemble, entre toutes les confessions de chrétiens : au lieu de chercher les torts et les raisons, il s’agit de prier ensemble. Rappel de vie essentiel : il est bon de s’en souvenir en portant cette croix.

 

La colombe, elle est de saison, elle est toujours de saison car c’est le symbole universel de la paix. Est-il besoin de dire qu’elle est urgente ?

 

De l’intime de moi-même et de mes contradictions,

Jusqu'au trop vaste monde ensanglanté des guerres,

En passant par l’unité des chrétiens,

Et les chrétiens que l’on persécute pour leur foi…

… Viens, Esprit de paix !

 

jeudi, mai 7 2015

Enseigner en ZEP ? « Va dans le pays que je te montrerai »

 

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J’apprécie vraiment de faire la séquence sur la Bible en 6ème : non pas parce que, comme chrétienne, cela me donnerait moins de travail et que comme tout prof qui se respecte, je serais un peu feignasse mais parce que, outre parler d’un thème que j’aime et que je connais bien, cela confronte toujours à de vraies bonnes questions bien pertinentes dans le « choc » que cela peut représenter pour nos élèves.

 

Pour la deuxième année consécutive, j’avais prévu un petit tour par l’étude de l’appel d’Abraham.

 

Cela permet assez facilement de parler des patriarches, des grandes religions monothéistes et de leur vocabulaire respectif, de faire un rappel de conjugaison sur l’impératif et… de parler de circoncision comme point commun souvent inattendu par les élèves entre Juifs et Musulmans !

 

Ce cours-là, c’était ce matin. Et là… 

- Madame, moi j’pense que vous êtes chrétienne alors comment vous savez pour la circoncision pour les Musulmans et pour les Juifs ?

- Eh bien, simplement parce que c’est de la culture ?

 

Au-delà de la question et de la réponse souriantes, quelque chose d’essentiel s’était joué là : la découverte de la culture comme possible pont de rencontre ;

Quelque chose de laïc, profondément,

Quelque chose d’humain, assurément,

Quelque chose d’un mini-pas de lutte contre l’ignorance « mère de tous les maux »,

Quelque chose d’un grand sourire à saveur de promesse dans mon cœur, amoureusement chrétien.

 

jeudi, avril 30 2015

Miroir déformant ?

 

Y a pas que les copies dans la vie... Y a l'aide à la sacristie ! #nettoyageprintemps

 

Essuyer délicatement et avec soin des taches de cire venues on ne sait comment sur ces deux vases sacrés ;

Les laisser à côté de l'amas des copies corrigées... comme un fruit du travail de l'homme (!) ; 

Contempler, amusée, sur leur surface mon visage quelque peu déformé, flou, pas net... mais où l'on me reconnaissait quand même ;

Et s’il en était un peu de même de l’image de Dieu en moi ?

Et mon "moi" d'être peut-être comme un miroir à polir et à laisser se colorer de manière personnelle pour qu’il se fasse vitrail.

 

mercredi, avril 29 2015

La seule vraie insolence

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– Où est la solution ?" 
 
Je ne m'attendais pas à cette phrase de cette inconnue, ma voisine de métro. 
 
Comme souvent, un type un peu sale, puant, à moitié la gueule en biais venait de faire une annonce pour obtenir des passagers une aide financière. 
Comme souvent, j'étais partagée entre donner ou pas... Ce qui se résout souvent par une donnée pratique : y a-t-il quelque monnaie sonnante dans la poche de mon jean que je puisse donner sans avoir à sortir mon portefeuille ? 
 
Au lieu de se contenter d'un passage parmi nous, l'homme est sorti du "comme souvent", n'obtenant rien de notre rame et s'est alors mis à haranguer chacun individuellement, se moquant de la calvitie de l'un, du teint rubicond d'un autre et même des notes que j'étais en train de prendre sur un livre : "et vous la d'moiselle ! Vous lisez et vous écrivez ! Truc de riche !". 
 
Sincèrement, ce n'était pas agréable à entendre mais il n'avait pas tort... La lecture "critique", réflexive, méditative, n'est-ce pas une occupation de gens suffisamment aisés pour dégager du temps pour cela ? Quand le "pauvre" nous renvoie à nos essentiels. 
 
Il descendit à l'arrêt suivant, toujours fulminant. Ma voisine avait gardé la tête baissée et avait été du coup épargnée par la salve. Et c'est là qu'elle se tourna vers moi, regardant d'abord le livre on ne peut plus chrétien que je tenais en main puis relevant ses yeux vers moi, au lieu des habituels "c'est lamentable" ou "pauvre homme", elle demanda avec douceur : "où est la solution ?". 
 
Je lui montrai ce fameux livre entre tous : "peut-être ici, sans doute en chacun de nous... Je ne sais pas. Mais je cherche comme vous." 
 
Elle est descendue à son tour à la station suivante. 
Elle avait esquivé la violence mais avait su porter un regard in-habitué sur la pauvreté ; 
Ce n'était pas la solution mais c'était déjà un solide point de départ, celui du regard toujours à conserver en éveil attentif, sans "comme souvent" déshumanisant. 

samedi, avril 25 2015

De la croissance d'un arbre

Au gré des belles et bonnes lectures de vacances, reposer le sens de la terre et de l'existence en quelques mots choisis. 
 

"Mon existence est un peu de terre, et un arbre peut s'y enraciner, et croître. Il n'est rien de mystérieux à ce qu'un arbre de très grande taille pousse dans un peu de terre, et la terre n'en devient pas aérienne pour autant, pas arrogante pour autant de porter un si grand arbre, elle garde sa fertile humilité, elle a accueilli la graine mais c'est l'arbre qui pousse, pas elle. Ainsi ma vie, où Dieu s'enracine." 

 
in Alexis Jenni, Son visage et le tien 

jeudi, avril 23 2015

Devenir mère de Dieu

"Vous connaîtrez chaque jour Dieu davantage, non pas si vous faites une prière abstraite, dans des mots, mais vous connaitrez Dieu si, à chaque pas, dans votre atelier, dans votre bureau, dans votre communauté, si, à chaque pas, le sourire de Dieu se lève parce que vous portez un cœur capable d'être son berceau. 

C'est cela, être chrétien, c'est être la mère de Dieu, c'est faire de toute la vie ce Noël mystérieux, bouleversant, qui transfigure la vie, ce Noël qui doit être aujourd'hui pour que toute âme qui répond à l'appel de Dieu et qui s'expose au rayonnement du mystère virginal de Marie, devienne à son tour la mère de Dieu." 

Maurice Zundel

 

samedi, avril 18 2015

Hyacinthe et Rose

Les données initiales sont simples : elle est dévote, il est coco et athée. Une passion commune, unique : les fleurs. Elle et il ? Les grands-parents de François Morel, qu'il "raconte". 

Un livre sur le pouvoir des fleurs (jaaaaaasmin, lilaaaaaa), façon baba cool ? Que nenni ! Des clefs des champs se trouvent comme semées chez les personnages qui traversent le livre : 

Il y a le curé, leur curé, qui parle des fleurs avec cette abondance qu'on adopte parfois maladroitement quand on aborde un sujet qui nous tient tellement à coeur qu'il nous étreint et qu'on préfère cacher notre émoi, en le noyant sous les informations ou sous une réaction trop brusque ; 

Il y a le jeune narrateur recevant une leçon de vie, de langage amoureux par les fleurs qu'il lui est impossible de retenir... Parce que, sans le coeur, rien n'est juste. 

Les fleurs dégagent leur fragrance au fil des pages et parlent de l'amour qu'il n'est jamais possible de dire pleinement, quel que soit celui qui (é)meut notre vie. 

Un livre plein de tendresse... Merci pour cette douce promenade champêtre à saveur cachée d'Essentiel, David

 

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lundi, avril 13 2015

De qu(o)i silence est-il le nom ?

 

Chez moi, c’est souvent calme, c’est souvent silencieux…

Et comme par un fait exprès, j’aime le calme, j’aime le silence.

Repos des oreilles et du cerveau, le soir, après les journées collégiennes bruyantes, certes, mais pas uniquement :

Goût, saveur, choix de ce silence.

 

Silence du travail, de la concentration ;

Silence habité de la méditation,

Silence pensif de la réflexion,

Silence étonné ou admiratif d’un regard posé,  

Silence dense de la prière,

Silence chantonnant, habité d’une ritournelle…

 

Tous les silences ne sont pas les mêmes.

 

Il est des silences bruyants, que je ne sais emplir que du bruit de moi-même.

Il est des silences pleins d’internet, de réseaux sociaux, importants parce que divertissants et communicants, certes, mais qui ne savent trop souvent que rester qu’à la surface de nos vies, même s'ils peuvent aussi être des germes. 

A côté de ceux-là, le silence de la prière pourrait sembler plénier s’il n’était pas également d’une qualité chancelante : heureusement que la qualité de la prière ne se jauge pas à l’aune de celle de son silence mais à l’habitation laissée à l’hôte intérieur !

 

En réalité, à côté de ceux-là, il y a le silence attentif…

Ce silence-là, justement, peu resplendissant, qui n’est qu’attention petite, pleine, à la vie et à l’instant présent.

Ce silence-là se détecte à la qualité du geste, même petit, posé, du geste même insignifiant, simplement vécu et voulu comme habité et qui devient alors d'une justesse presque transfigurée.

Ce silence-là sonne comme un instant volé à la plurivocité de nos jours pour les orienter,

Ce silence-là n’est que présence, révélateur d’une Présence.

 

mardi, avril 7 2015

Intercession proche d'ailleurs

Je priais les Vêpres avec un ami prêtre. 

Le matin, un élève avait eu un comportement bien lourdement pénible, dans le refus du travail et la provocation constante, ce qui avait engendré de ma part une augmentation progressive mais néanmoins croissante du nombre d'heures de colle. 
Je n'en étais pas fière mais, dans le rush du moment, difficile de faire autrement, de trouver une autre solution sans l'exclure... ce qui lui aurait d'ailleurs fait trop plaisir. 

Cela me travailait depuis le matin, et, lors de l'intercession des vêpres, c'est sorti tout naturellement : 

- Pour Moh****

Ca m'a fait sourire tant ce prénom, si fréquent là où je travaille, sonnait presque en dissonance par rapport à l'action liturgique en cours, venant tellement d'ailleurs... Et pourtant ? Pourtant, c'était très juste : Dieu ne saurait être étranger à ce qui habite le coeur de l'homme. 

Et si le premier pas du dialogue interreligieux, et si même le dialogue tout court, le vrai de vrai, il naissait avant tout, il ne pouvait naître avant tout que dans la prière ? 

Que dans ce moment profond où Dieu nous travaille pour faire passer son Logos à travers nous, malgré tout ? 

 

Pâques 2015

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Marc Chagall, Résurrection 

 

Quand les mots sont trop petits, 

Laisser simplement la joie grandir, 

Grandir jusqu'à chanter en son coeur, 

Comme une sève circulant à flots, 

Comme une sève plus puissante, bien plus puissante que toute mort. 

 

Bonne fête de Pâques à tous mes lecteurs : Il est ressuscité, Il est vraiment ressuscité, alléluia ! 

samedi, avril 4 2015

Samedi Saint Silence

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vendredi, avril 3 2015

Crucem Tuam adoramus Domine

Dans Passion, il y a la même racine que dans "Pathos" : 
Et pourtant, rien dans la Passion qui ne soit à chercher du côté du "pathos", du mélodrame cherchant habilement à nous faire pleurer : 
Dans la Passion, c'est la nudité, la crudité, la vérité. 
Rien d'autre... Il n'y a pas de représentation de la souffrance : 
Il y a la vérité de la souffrance, 
Et il y a l'offrande de la souffrance, de la trahison, de la vie, de tout...
Les apparences sont mises à bas devant l'élévation de la croix. 
 
Pourtant, c'est dans cette vérité brute que naît le Pathos,
Devant un corps de la même chair que la nôtre, 
Devant la souffrance d'un innocent ; 
Devant, surtout, un coeur ouvert par la lance : 
Invitation à se laisser toucher par ce coeur ouvert, 
D'où jaillissent, sans cesse, l'eau et le sang qui donnent vie. 

jeudi, avril 2 2015

Avoir part avec Lui - Semaine Sainte 2015

 

Rameaux qui nous font entrer dans la Semaine Sainte en nous proposant d’entendre une première fois tout le récit de la Passion du Christ ;

Mercredi saint, veille du Triduum, ce sommet de l’année liturgique où, en quelques heures, nous parcourons pas à pas la Passion du Seigneur, heure par heure, avec Lui.

 

Ce qui est terrible, c’est qu’on connaît très bien l’histoire…

 

Dimanche, j’ai repensé à ce fameux petit jeu vidéo, Run Jesus qui nous fait parcourir de manière très trop extrêmement rapide la vie du Christ : si vous ne le connaissez pas, c’est par là : http://runjesus.com  

 

Bref, dans ce jeu, quand on perd, bam, c’est la croix et le Game over.

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Dans le fond, les jours qui viennent, on va rappeler que c’est pareil : la croix, la mort, c’est radical.

Les jours qui viennent, c’est un peu comme un jeu vidéo raté… Au lieu d’être actifs, on va être passifs…

La passion, c’est de toute façon un peu ça étymologiquement parlant : et pourtant rien d’inutile !

Et rien de contraire à la liberté, bien au contraire !

 

L’avantage de ces jours, c’est :

De nous rappeler jusqu’où va la suprême liberté de l’homme vers le mal,

De nous rappeler jusqu’où va la suprême liberté de Dieu – qui a nom Amour - vers le Bien.

 

L’avantage de ces jours, c’est :

De ne pas nous complaire au jeu vidéo se terminant par un Game Over mais à passer de ce « game over » à son anagramme « Rêve ! A ! OMG ! » (OMG = Oh my God pour les pas assez geeks).

De nous inviter à une vraie traversée des apparences : marcher résolument à la suite du Christ et avec Lui,

Pour gagner, tout gagner, au-delà de nos morts et de nos croix quotidiennes,

Pour un plus de vie et de joie.

 

vendredi, mars 27 2015

Le Carême, c'est comme (2015#3)

Le Carême, c'est comme.. 

... c'est comme apprendre à quitter nos "Dieu, Il est ceci, comme cela, etc.", 

c'est comme apprendre à quitter nos discours trop emplis d'arguties, pour entrer dans la plénitude d'une relation, 

c'est comme quitter les "Il", pour ne garder que les pronoms de la 1ère et de la 2ème personne, amoureusement. 

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mardi, mars 24 2015

Le Carême, c'est comme (2015#2)

 

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Le Carême, c'est comme apprendre à mieux distinguer le ciel, à travers tous les contrastes de nos existences. 

 

mardi, mars 10 2015

Lol est aussi un palindrome

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J’avais lu la critique – et des extraits hilarants - il y a peu de Lol est aussi un palindrome et puis l’auteur, M. Levesque, fut l’une de mes chargées de TD à la fac qui maniait si bien l’art de l’humour mordant alors, de manière tout à fait corporate, j’en ai évidemment fait l’acquisition !

 

Sous-titré « Journal d’une prof au bord de la crise [de rire] », l’auteur compile sous forme de journal de bord les meilleurs répliques de ses élèves.  

 

Que dire si ce n’est… que c’est parfaitement vrai, que cela sonne tout à fait juste, particulièrement pour qui enseigne en ZEP ? A contre-courant des défaitismes et des découragements qu’on croise trop souvent sur la toile, l’auteur croque un monde où, s’il arrive de passer de sales quarts d’heure, l’humour prend toute sa place dans un juste enseignement !

 

Enseignant en collège, je ne peux l’expérimenter au même degré de répartie mais il est bien rare qu’une journée n’offre pas sa dose de sourire… au sein même du désespoir du « on estime que tout prof de français consacre au moins un quart de sa vie à lutter contre la confusion entre l’auteur et le narrateur » (note de la page 19), lutte qui commence dès la 6ème.

 

Bref, que vous soyez prof ou pas, en ZEP ou pas, si vous voulez vous offrir quelques dizaines de minutes de franche rigolade ainsi qu’un regard apaisé et apaisant sur ces jeunes des banlieues et les personnes un peu folles qui leur enseignent, courez le lire !

 

 

lundi, mars 9 2015

L’Explicite de l’Implicite et l’Implicite de l’Explicite

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Toujours ces questions quand on évolue en « milieu non catho » :

Ces questions non pas forcément qui te viennent directement des autres, ces questions que les autres font naître à l’intérieur de toi, ma foi… ma foi : 

Que dire, que faire ? Ici ? Et là ?

Que dire et que taire ? Ici ? Et là ?

 

Il ne s’agit pas de se planquer façon « je ne suis pas là, vous ne me voyez pas, d’ailleurs je n’existe même pas »

Il ne s’agit pas de se la jouer prédicateur enflammé sur une chaise : ce n’est pas le lieu.

 

Il s’agit d’être chrétien, vraiment, assurément : dans les actes, oui, comme dans les paroles, aussi.

Et c’est peut-être là le moins facile : difficulté de la parole.

Quel espace ? Quelle justesse pour elle ?

 

Il ne s’agit pas d’être un mur,

Il ne s’agit pas d’être un contre témoignage,

Il ne s’agit pas d’arborer une face de carême,

Il ne s’agit pas d’être une caricature de ce que l’autre pense savoir déjà sur le catholicisme,

Il ne s’agit pas de vouloir imposer sa foi aux autres…

Et en même temps, cette foi, elle est intrinsèque à ma personne, indissociable de moi-même ;

Je crois que c’est un peu comme mon propre cœur : si on me l’arrachait, je crois que j’en mourrais.

 

Alors, ce n’est pas si facile… car, quand on a rencontré le Christ, on est habité par une grande joie, aussi immense qu’intime, aussi personnelle qu’à dimension universelle.

Et on se sent loin, très loin de tous les conflits de « laïcité à la française »… on s’en ficherait en réalité si nous n’étions pas plongés dedans au quotidien.  

En fait, on est chrétien, tout simplement et très profondément.

 

Je me rends compte au fil du temps, avec l’expérience, que je merdouille souvent, très souvent dans mes propos : taisant trop ou a contrario parlant trop.

Parfois, j’avance, un peu, heureusement.

 

Mais toujours je prie :

Parce que, qu’on prenne la voie de l’implicite ou celle de l’explicite pour parler aux autres de ce qui nous anime, de Celui qui nous fait vivre, selon les circonstances, Lui, toujours, Il est toujours là, en contrepoint et en sens ultime.

Il est l’Implicite de notre annonce explicite ;

Comme il est le seul vrai Explicite de tous nos implicites.

 

dimanche, mars 8 2015

Je(u) de regard sous Son regard

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L'onction de Béthanie / Le lavement des pieds  (Rupnik)

 

Regard baissé de celui qui a honte,

Regard dans le vague de l’élève qui rêvasse loin du cours,

Regard étincelant de celui qui a la réponse et qui veut la dire,

Regard pétillant de celui qui a une bonne réplique en stock ou un amour au cœur…

 

Tous ces regards divers, ceux que nous croisons ou offrons chaque jour ; 

Jeux de regards qui nous mettent en relation, avec celui qui est connu, comme celui qui est inconnu,

Regard sensible, regard invisible, regard du cœur…

Ou absence de regard : indifférence ou honte ?

 

Regard, premier rapport au monde :

Qu’est-ce que ou qui est-ce que je regarde ?

Comment est-ce que je regarde ?

 

La semaine dernière, ce fabuleux récit de la transfiguration : « ils ne virent plus que Jésus seul » : regard lumineux sur le Christ ;

Et, cette semaine, voir le Christ chasser les marchands du temple : notre regard… attristé, choqué ?

Et si ce n’était encore qu’une invitation à ne voir plus que Jésus seul plutôt que nos petits intérêts personnels ?

Une invitation à Le regarder Lui, avant tout ?

Lui qui pose sans cesse Son regard sur nous ?

 

Regard du Christ, regard d’amour posé sur nous ;

Regard du priant, levé vers le Christ ;

 

Regard du chrétien : dans le regard d’amour du Christ, longuement contemplé et vécu dans la prière,

Puiser un regard vrai, juste, qui ne se détourne pas, qui ne juge pas, qui n’exclut pas ;

Puiser notre regard dans le Sien, pour regarder le monde, tout le monde ; 

Regarder le monde selon Lui, pour le transfigurer.  

 

mardi, mars 3 2015

L'offrande du mendiant : à l'école de Sa pauvreté

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Ai lu durant les vacances L'Offrande du mendiant : quelques pages, fioretti d'une "communauté nouvelle", la communauté de l'Agneau, rameau descendant du solide tronc des nombreuses fondations de saint Dominique. 

 

Un charisme, une intuition : retrouver et s'enraciner dans la pauvreté et la mendicité des origines. S'ensuivent de beaux récits, tous pleins de la grâce de Dieu qui aime tant à s'écrire en clins-Dieu, à l'aune de Sa Parole, souvent rappelée en épigraphe ou au gré des récits : car la Parole n'est pas ici simple illustration, elle est au contraire vécue, incarnée, dans ces différents récits. 

 

Et pour nous dans le monde "ordinaire", quel intérêt allez-vous me dire ? 

 

Je vous répondrais déjà que se souvenir de la grâce de DIeu agissant dans notre monde, c'est déjà une belle joie et un motif suffisant pour le lire. 

 

Mais sans doute pouvons-nous le lire à plus large vue. Ainsi, pour moi, aimant la marche au long cours, j'y ai redécouvert quelques belles réalités que j'ai pu vivre le long du chemin : notamment cette réalité si grandiose que Dieu pourvoit, que l'inquiétude est de trop, que la confiance seule est essentielle... 

Il ne s'agit pas de jouer au pauvre : il s'agit de savoir ne pas, ne plus être repus, d'apprendre à laisser de la place pour accueillir le don de Dieu chaque jour, "notre pain de ce jour"... En ce sens, c'est aussi un chemin de Carême, c'est aussi un chemin de vie pour chacun. 

 

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