Zabou the terrible

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dimanche, septembre 9 2018

Encore une rentrée ?

 

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            Une de plus ? Rien à découvrir ? Pas vraiment, non : est-il vraiment une rentrée semblable à une autre ? Même s’il est des rites incontournables pour entrer en l’année scolaire, les rentrées se succèdent sans jamais être similaires, apportant leur parfum de neuf, d’inconnu, d’aventure, même ! 

 

En tout cas, ça y est, je les ai tous rencontrés, ces environ cent élèves répartis en quatre classes : des visages certes déjà connus pour beaucoup mais aussi d’autres simplement croisés ou encore pleinement inconnus. Les vacances leur ont fait gagner qui une dizaine de centimètres (ah le petit 4èmedevenu grand 3èmequi te lance avec une immense fierté : « Madaaaaame ! Je vous ai dépassée, ça y est !!! »), qui un joli hâle, qui un beau sourire où la joie de l’été ne s’est pas éteinte sur un visage qui fut jadis si fermé. Ces changements physiques rappellent très clairement qu’il ne faut pas les enfermer dans ce que l’on connaît déjà d’eux, en bien ou en… moins heureux ! Que sera cette année ? Que sera cet enfant ? Ce n’est pas au professeur de le décider ou de le deviner et c’est heureux. 

 

            J’éprouve de plus en plus de la joie à la rentrée, non des diverses réunions qui, elles, ne m’enchantent guère, mais de découvrir, de faire connaissance, d’apprendre à rencontrer ces jeunes esprits qu’il faudra aider à former, à faire grandir. Et cela, c’est une grande mission, si belle que je pense qu’on ne s’y habitue jamais tout à fait : elle est différente à chaque rentrée. 

 

            Comme tous les ans, j’ai glissé une nouvelle liste de noms dans mon coin prière, ceux de « ma » classe, une manière comme une autre de me rappeler de toujours prier pour eux – après tout, ils ont écopé sans le savoir d’une consacrée comme prof principale – et, surtout, que c’est un plus grand que moi, le meilleur de tous les pédagogues (et pourtant, il a eu du boulot avec l’être humain !) qui forme et qui doit former à travers moi. Cette année, de surcroît, c’est en 3èmeque j’assurerai cette mission avec ce que cela comporte d’implications en termes d’aide à l’orientation et, même si j’ai confiance, je ne fais pas franchement la fière tant ce sont de premiers vrais choix de vie pour certains : Seigneur, je vais avoir besoin de Toi !

 

Alors, Seigneur, fais avec moi cette année comme avec le sourd-muet de l’évangile du jour, s’il Te plaît : 

Ouvre mes oreilles et surtout celles de mon cœur : donne-moi d’apprendre à écouter Ta parole pour écouter ensuite mes élèves à fond dans ce qu’ils bafouillent de leurs grands désirs ; 

Délie ma langue de ce qui l’entrave vers la Vérité et la justesse ; 

Donne-moi de parler correctement, c’est-à-dire dans une charité sans faille, qui sache trouver le mot juste pour encourager, pour reprendre sans décourager et sans me décourager, pour orienter et réorienter ce qui doit l’être, pour tirer vers le haut, pour pousser et ramener celui qui est à la traîne, pour enseigner, bref pour exhausser plutôt qu’exaucer. Amen.  

 

dimanche, août 26 2018

Miserere nobis

 

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Au nom du Père du Fils et du Saint Esprit. 

Tracer sur soi ce « signe indélébile de Son amour », et se préparer à demander pardon. 

 

Je confesse à Dieu… Kyrie eleison ; 

Seigneur, prends pitié : pardon ! Pardon, pardon, pardon !!! J’ai envie de le crier aujourd’hui. 

Dans l’Église, nous ne sommes pas des Caïn, nous sommes responsables de notre frère, de nos frères. 

Pardon Seigneur pour tous ces « petits » qui sont les tiens, où Tu demeures, et qui ont été blessés d’une manière terrible. 

Pardon Seigneur à Toi, pardon à eux, j’ai envie de leur dire à genoux, pour me mettre pleinement à leur hauteur, humblement. 

Je ne saurais leur demander pardon correctement mais je crois qu’on ne leur demandera jamais suffisamment pardon : pour les actes et de toutes les complicités pour garder obscur ce qui aurait dû être révélé en pleine lumière, pour soigner, pour redresser, pour guérir. 

 

Et puis, le Gloria : 

… Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris, qui tollis peccata mundi, miserere nobis… 

C’est Toi qui as déjà porté et continues de porter le péché du monde : mon Dieu, Toi le Miséricordieux, porte-les…

 

Parce que nous sommes les membres de Son corps disait la deuxième lecture. 

Parce que l’Eglise, ce n’est pas « eux », c’est « nous ». 

Et pardon Seigneur pour leurs agresseurs, parce que, dans l’Église, le péché d’un seul concerne bien nous tous, réellement et spirituellement : 

 

Parler de péché social veut dire, avant tout, reconnaître que, en vertu d'une solidarité humaine aussi mystérieuse et imperceptible que réelle et concrète, le péché de chacun se répercute d'une certaine manière sur les autres. C'est là le revers de cette solidarité qui, du point de vue religieux, se développe dans le mystère profond et admirable de la communion des saints, grâce à laquelle on a pu dire que "toute âme qui s'élève, élève le monde" (É. Leseur). A cette loi de l'élévation correspond, malheureusement, la loi de la chute, à tel point qu'on peut parler d'une communion dans le péché, par laquelle une âme qui s'abaisse par le péché abaisse avec elle l'Église et, d'une certaine façon, le monde entier. En d'autres termes, il n'y a pas de péché, même le plus intime et le plus secret, le plus strictement individuel, qui concerne exclusivement celui qui le commet. Tout péché a une répercussion, plus ou moins forte, plus ou moins dommageable, sur toute la communauté ecclésiale et sur toute la famille humaine. (Jean-Paul iiReconciliatio et pænitentiae, §16) 

 

Alors, même à ceux qui viendront mépriser notre appartenance à l’Église certains jours plus visiblement constituée de pécheurs que sainte, il ne sera peut-être pas de trop de demander aussi « pardon ».

 

Et l’évangile qui vient se poser là où il faut sur nos questionnements : 

- Voulez-vous partir, vous aussi ?

- Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.

 

Alors prier éperdument, 

Alors T’adorer, 

Alors Te recevoir dans Ta parole et dans Ton pain de Vie pour être uns dans l’Amour, en Église, malgré tout. 

 

Il est évident que le spirituel ne suffira pas, qu’il faut mettre les faits en lumière et poser des sanctions et des critères nets, aussi bien de discernement que de fonctionnement pour que « JAMAIS PLUS ! ». 

 

Mais il est aussi évident que c’est à genoux, en adorateurs vrais du Père, en nous approchant de Sa Lumière qu’Il nous donne, Lui qui est la Vérité, que nous saurons à notre tour lutter contre les ténèbres, arrêter toute conspiration du silence, en résumé être ce qu’Il nous appelle à être pour nos frères : non des conspirateurs préférant l’ombre pour agir mais bien lumières du monde, appelés à servir et à aimer en plein jour. 

 

mercredi, août 15 2018

Marie comme témoin

 

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C’était il y a environ huit ans, nous rentrions des obsèques de mon grand-père. J’avais conduit religieusement à l’aller tout comme je m’efforçais de le faire au retour vu la constitution de ma voiture : d’une part ma grand-tante religieuse et d’autre part l’ami d’enfance prêtre de mon aïeul qui avait célébré la messe. De mon côté, je n’avais encore rien dit sur le grand désir, le grand projet qui habitait mon cœur – même si ma perspicace grand-tante en avait deviné quelques brins – et j’étais heureuse d’avoir une occasion de les côtoyer plus longuement, dans une voiture finalement très pieuse. 

 

 Sur la route chargée d’émotions qui nous ramenait d’un fameux petit village de l’ouest vers la région parisienne, le père J. de s’exclamer : « Voici les clochers de Chartres ! Dans ma famille, on priait la Vierge Marie dès qu’on apercevait la cathédrale sur la route. Je vous propose de chanter le Salve Regina pour votre famille ». Et nous voilà de chanter tous les trois dans la voiturette, avec leurs voix marquées par l’âge et la mienne peu assurée, et de continuer à prier ensemble quelques minutes. C’était simple et c’était très beau. 

 

J’ai gardé précieusement ce souvenir dans mon cœur et, souvent, j’y pense quand je passe du côté de Chartres : je souris de ce beau moment et je prie pour ces deux aînés dans la foi, géants de la fidélité au Seigneur, qui s’éteignent doucement dans le très grand âge. Ce soir, alors que je rentrais de vacances, c’est entre chien et loup que j’ai aperçu au loin les majestueux clochers dominant la Beauce. Et, en cette veille de l’Assomption, est monté naturellement de mon cœur, cette fois avec assurance, comme un passage de témoin réussi, un Salve Regina, cette lente et belle mélodie qui semble courir le long des siècles, au fil des générations qui la disent bienheureuse et des « oui » à son exemple. 

 

O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria

 

mercredi, août 8 2018

La Prière

Un mois de vacances... qui s'est écoulé bien vite et avec une variété certaine ! ! Il y aurait tant et tant à raconter, à recenser, à gribouiller et ce qui apparaîtra ici dans les jours à venir restera bien en-deça de toutes les merveilles dont j'ai pu être témoin ! :-) On commence par une toute petite recension du film La Prière.  

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J'avais raté ce film au cinéma lors de sa sortie et étais donc bien contente de sa disponibilité en VOD. Parler de la prière, montrer la prière ? Défi assez difficile s'il s'agit réellement du but du film tant il s'agit de montrer quelque chose d'indicible. Certes, on peut parler de la prière mais représenter avec justesse ce qui est de l'ordre d'une relation intime et amoureuse avec le Seigneur ? Trop complexe pour éviter les écueils. 

Alors, ici, il ne s'agit pas à proprement parler de montrer une prière ou de faire un exposé bien construit par un spécialiste mais, a contrario, de ce qui est le meilleur début : un jeune type perdu, souffrant d'une addiction à la drogue. Ce garçon, Thomas, est loin, très loin, d'être un spécialiste et c'est justement ce qui est intéressant : il est pauvre et a besoin de temps pour se reconnaître comme tel et pouvoir enfin entrer dans cette relation qui n'est que don. Nous le suivons tout au long de sa reconstruction, passant par une communauté ressemblant à celle du Cenacolo. Dans celle-ci, il n'y a rien sinon la communauté et ce qu'elle offre : le travail, l'amitié et la prière, le tout vécu dans la nature. C'est rude et c'est beau tout à la fois et le cinéaste nous le montre magnifiquement : il y a de la violence dans ses plans tout autant qu'une immense tendresse pour l'homme perdu, croyant être déchu. 

Dans ce film, peu de choses sont explicites et explicitées, ce qui est un choix heureux : l'essentiel passe par des silences, des regards et, surtout, par la fraternité en actes. C'est ainsi que la relation du jeune Thomas à la prière change et grandit ou, tout au moins, qu'elle passe du vernis - histoire de faire comme les autres - à la relation du coeur suite à une expérience de "nuit" dans tous les sens du terme. On peut regretter que le traitement du discernement ne bénéficie pas de la même profondeur que celle donnée à la prière et que la fin du film s'en ressente assez lourdement : las, on retiendra toutefois que l'amour vrai est salvateur, quel que soit la voie qu'il emploie, pour (re)mettre sur les rails d'une vie, la vraie, celle que l'on construit avec l'Autre et des autres. 

 

vendredi, juin 22 2018

Le Souffle dans la presse

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Presse de fin d’année, 

Réunions bilan, mails divers, plannings de rentrée à organiser ; 

Tout est à traiter et, surtout, presse-toi, 

Tout doit être fait avant cette date : les vacances approchent ! 

Et je ne vous parle même pas des relances : bouge-toi ! 

 

Alors, il serait tentant de vivre dans l’urgence, 

De chercher à tout faire là, maintenant, tout de suite, 

A devenir orgueilleux, à se prendre pour Dieu, 

Capables de tout faire, y compris dans notre monde post-moderne

Où l’aune de l’activité semble être mesure de réussite. 

S’y épuiser et pourtant échouer ici ou là… cela vaut-il le coup, sérieusement ? 

 

Bienheureuse imperfection de nos fins d’année

Valorisant finalement notre si faillible humanité, 

Poussant à accepter le poids de l’année et nos mains vides, 

Et peut-être encore davantage tous nos ratages, toutes nos fatigues. 

 

Elle devient heureuse, bienheureuse, 

Si son effet est de, parfois, tout éteindre, 

D’allumer une bougie si le soir est déjà là,

De se planter, silencieusement, devant une icône, une croix,  

Ou d’ouvrir, amoureusement, qui une bible, qui un bréviaire, quand l’aurore se lève, 

Ou encore, aventureusement, de lire un chapitre de spiritualité en plein milieu de journée ! 

Et, au lieu de subir le temps, 

De le prendre résolument, 

De le tourner vers Celui qui peut tout, 

Sans qui, de toute façon, aucune activité, aucun blabla, n’aurait de sens. 

 

La fin d’année, une occasion toute privilégiée, 

Pour retrouver, je crois, la sève de l’armature de nos journées, 

Pour prendre souffle au coeur de la presse, 

Et venir, souvent, puiser à la relation sapide et roborative avec l’Aimant, avec le Tout Autre. 

 

Afin que, toutes nos relectures, toutes nos rencontres, tous nos bilans, 

Ne parlent que de Lui : avant tout, au milieu de tout, après tout. 

Et que tous ces moments de fin d’année soient action de grâce, 

Et qu’ils donnent envie, simplement, de vivre une nouvelle année avec Lui, à Sa seule suite. 

 

mardi, mai 8 2018

Dans l'absence, la présence

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C'est une église de campagne comme il y en a tant d'autres :
Un clocher autour duquel sont groupées les maisons du village.
Ici, la messe est encore assez régulièrement célébrée vu le nombre d'habitants. 

C'était la fin de journée et j'ai trouvé l'église ouverte, alors je suis entrée.
Dans la chaleur du jour, la fraîcheur et, oh, une lampe rouge ! Jésus était là.
Comment ne pas rester prier ? 

Je pensais à ces églises isolées dont, souvent les rangs se clairsèment à chaque décès ou quand Mme Machin devient décidément trop âgée pour venir. Et, pourtant, qu'ils sont grands, qu'ils sont beaux et qu'ils sont forts ces vaisseaux de pierre ! Construits pour rassembler l'Eglise, pour prendre vraiment soin du peuple de Dieu célébrant en leur giron. Et, si souvent, vides : sans tomber dans le misérabilisme et le catastrophisme, quelle forte espérance il doit falloir certains jours ! 

Et pourtant ici se sont déjà succédé des générations et des générations de croyants :
Seigneur, continue de donner la grâce de la foi comme Tu le veux chez ton peuple.
Donne-leur de Te connaître, de T'aimer, de Te suivre. 

Il était peu ou prou l'heure des vêpres alors, pour faire vivre davantage ce lieu, j'ai fait ce que je fais rarement quand je suis seule : je me suis mise à chanter l'office et ma voix résonnait, étrangement seule, dans ce vaste bâtiment. 

Il m'a semblé qu'ainsi j'aidais un peu cet endroit à vivre, à respirer ce pour quoi il a été bâti. 
Car ce n'est pas seulement en chaire que s'écrit la foi mais aussi bien en chair ;
Dans nos voix, dans nos mains, dans nos vies, dans notre prière,
S'élevant avec assurance vers Lui,
Continuant à veiller mystérieusement sur ce peuple, même sur les plus absents. 

mardi, avril 24 2018

Mieux que buller

 

C’était avant les vacances : une histoire sordide qui avait abouti à une convocation comme témoin tout aussi sordide. 

Il était tôt et j’étais dans ma voiture, garée devant un commissariat quelconque de banlieue. 

Et là, à quelques mètres de la gare, alors que les rues bruissaient déjà des passants empressés, dans ma petite voiture, je me suis mise à prier les laudes.

 

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Ce n’est pas une nouveauté, je le fais depuis plusieurs années mais, depuis un peu plus d’un an, c’est la mission qui m’est confiée : participer à cette grande prière de toute l’Église pour le monde entier. Cette mission, c’est celle qui a changé très concrètement quelque chose dans ma vie : depuis que je suis consacrée, tous les matins, j’ai avancé mon réveil de quelques minutes afin de veiller et de prier pour le monde comme toute première action de la journée. Ce n’est pas que la liturgie des heures ce soit tous les jours l’éclate totale mais j’y suis profondément attachée. 

C’est comme une manière d’irriguer le reste du jour, même si le cerveau et les yeux sont parfois encore plus que brumeux : le cœur, lui, déjà, s’éveille. 

 

Mais ce matin-là, il fallait y être très tôt ; alors, à peine le café avalé de travers, j’étais partie et je savais que je prierais en arrivant. Dont acte : il me restait encore à prier. Et je priai donc, perdue à la fois dans la foule et bien au calme dans le même temps, lovée dans la petite bulle de prière que constituait ma voiture. 

 

Alors que je levais les yeux durant l’intercession, c’est là que je repris conscience du monde qui m’entourait : toutes ces personnes qui couraient pour certaines, qui erraient pour d’autres, et, à ma gauche, ce commissariat qui traitait tant de cas de délinquances. En guise de suite logique, j’ai continué l’intercession en priant pour eux. 

 

Alors, bulle de prière, finalement, vraiment ? 

Peut-être, mais pas uniquement coupure, plutôt une bulle tendant à s’élever, à s’envoler un peu mais pas trop tôt : comme un point de contact entre ici et Lui. 

Je me suis dit que c’était beau de chercher à être ce lien et qu’il en fallait vraiment des priants de toutes sortes, pour multiplier toutes ces passerelles, tous ces liens entre Lui et nous au coeur même du monde. 

Comme une invitation à prier pour tenter d’aider, humblement mais un peu plus, à tracer de nombreux ponts entre terre et Ciel. 

samedi, février 17 2018

Dans le secret de Son cœur

 

Pas de billet… mais alors, pas là pendant le Carême ? Si, je préfère chercher à christianiser mon usage de l’internet plutôt qu’en supprimer l’accès, mais en voyage scolaire au début de ce temps : au loin, dans la belle Andalousie, carrefour de la rencontre des cultures juive, musulmane et chrétienne, lieu où apprendre à mieux connaître celui qui diffère de moi.

 

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Et, durant ce temps, entrer en Carême pour la consacrée que je suis. Comment ?

Un temps, j’ai envisagé de jeûner comme l’Église le demande, comme je le fais habituellement, mais, avec 48 adolescents compliqués à gérer autour de moi, j’y ai renoncé : cela aurait été contraire à la plus élémentaire des prudences que ne pas chercher à être la plus en forme possible, pour mieux servir.

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Aller à la messe ? Mais quand aurais-je pu ? Certains m’avaient dit avant le départ que c’était facile : ils ignorent ce que c’est qu’accompagner un groupe hors pèlerinage chrétien. Alors, avant de partir, le samedi matin précédent, j’avais demandé à recevoir l’eucharistie hors messe comme pain et force de la route pour toute une semaine sans messe et j'en gardais le souvenir dans mon cœur, comme un trésor précieux. 

 

Entrer en Carême ?

Il ne me restait que le plus ordinaire de mes jours pour entrer en Carême bien pauvrement.

Ces jours qui ressemblaient parfois à des Cendres tant l’adolescence est un âge de construction souvent ingrat, souvent compliqué. Mais je sais bien que la finalité du Carême, c’est de mieux découvrir, sous ces Cendres imposées sur nos fronts au début de ces quarante jours, le feu de l’amour de Dieu.

Alors, tout mercredi, sans ces cendres, j’ai tout de même cherché à découvrir le feu de cet amour dans le cœur, dans la vie et dans les réactions parfois houleuses de ces ados qui nous étaient confiés. J’ai cherché à Le découvrir « caché au creux du monde comme un feu, puisqu’Il est avec nous ».

 

« Choisis en toute sécurité l’amitié du Christ. Il veut que tu Lui donnes l’hospitalité : fais-Lui un lieu (ps. 131, 5). Qu’est-ce que cela signifie : ‘fais-lui un lieu’ ? Ne t’aime pas toi-même ; aime-Le, Lui. T’aimer toi-même, c’est Lui fermer la porte. L’aimer, c’est la Lui ouvrir ».

(Saint Augustin, commentaire du ps. 131)

 

Exercice du regard, exercice du cœur, exercice de la prière : pour apprendre à mieux Le trouver pour mieux L’accueillir.

 

Mercredi des Cendres de pauvreté et de simplicité ;

Début de carême dans le secret de mon cœur,

Parce qu’Il est présent, agissant, aimant dans le secret du cœur de ces ados…

Ces ados aussi présents que toi ou moi, dans le secret de Son cœur.

 

Bon chemin de Carême à tous,

Tournés vers la joie de Pâques qui illumine déjà tout !

 

mercredi, janvier 17 2018

L'Ave en mélopée

 

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Pousser la porte, se signer : tiens, j’avais oublié que le chapelet précédait cette messe.

Mélopée de voix féminines : de tous les âges, de toutes les origines, de toutes les tonalités, de tous les accents.

Se poser quelque part, fermer les yeux doucement et se laisser porter.

Je vous salue Marie

Ne rien dire à voix haute, laisser son cœur prier silencieusement à l’unisson de ceux des autres, connus et inconnus.

Je vous salue Marie

J’aime imaginer tout ce que portent ces voix : de la joie, des combats, des intentions… qui d’un souffrant, qui d’un deuil, qui d’un pauvre. L’imagination porte alors à la communion.

La prière est répétitive, celui qui la porte différent, vers une même direction :

Dans le cœur de celle qui est notre grande sœur, première en chemin,

Dans le cœur d’une mère les confiant avec certitude à son Fils.

Je vous salue Marie

Quand mon propre temps récent s’écrivit en rudesse, laisser l’amour simple de cette prière irriguer mon existence comme autant de mots doux jetés vers le ciel.

Je vous salue Marie…

Les mots glissent autour de moi comme les grains dans les mains,

Les intentions s’égrènent aussi, à la même cadence, j’en suis certaine, dans le secret des cœurs.

Je vous salue Marie

Mélopée bien rythmée, mélopée d’humilité qui prend le temps de dire chaque mot : pas de course au chapelet fini ici.

Et peu à peu, au fil de la prière, il semble que les voix, pourtant si différentes, soient moins dissonantes : comme un accord secret, harmonique, né de la prière…

L’Ave, une mélopée d’unité.

 

Je vous salue Marie, comblée de grâce

Peut-être que c’est cette grâce dont Marie est comblée qui est toujours la clef de ce genre de prière : elle est donnée gratuitement, avec, pour et souvent malgré nous ;

Elle peut être désir de nos âmes mais elle est toujours don de Dieu : à recevoir à demander.

Je vous salue Marie, comblée de grâce

Pour que la grâce vienne toujours plus habiter chacune de nos opacités et de celles de nos frères,

Pour nous rendre transparents à Lui,

Pour nous rendre transparents de Lui.

 

lundi, décembre 25 2017

Noël jusque-là

 

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Bonjour au directeur du lieu, digicode, « elle vous attend » dite par l’infirmier puis quelques échanges de « joyeux Noël » avec les divers membres du personnel avant de la retrouver, dans ce lieu où le temps ne poursuit plus tout à fait sa route habituelle.

 

Nous dire bonjour, nous embrasser, me demander intérieurement si elle connaît encore mon prénom et quel est le lien de parenté qui nous unit. Je ne pense pas… Elle sourit toutefois toujours en retour.

 

Quelques échanges de banalités, entrecoupés par celle-ci qui répète « assurément » et qui veut absolument s’installer auprès de nous, par les sortes de râles de celle-là et par l’apathie généralisée de ceux qui ne savent plus, qui semblent avoir oublié ce que c’était que vivre. Il y a aussi celle-ci qui s’est endormie recroquevillée dans un coin.

 

Certains savent encore parler, d’autres ont oublié même la manière de se déplacer… Le luxe et la chaleur du lieu ne parviennent pas à en camoufler parfaitement l’horreur : que reste-t-il de ces vies ? Et pourtant… ils vivent ! Je ne sais jamais comment appréhender cet endroit tant je ne le comprends pas, tant logiquement que spirituellement. Je sais juste combien j’en sors le cœur plein de prières.

 

Elle, à part cette mémoire qui s’envole de plus en plus, ça va plutôt bien du côté moteur tout comme pour profiter de la vie d’ailleurs : elle se croit dans un restaurant, pourquoi pas. « Je ne les connais pas bien, je ne sais pas comment c’est chez eux, je n’ai jamais réservé ici » : moi non plus pour tout t’avouer ! Mais je sais que tu gardes ton goût pour le bon champagne et que tu seras heureuse d’en boire une flûte !

 

Les soignants l’appellent « gentille dame » : j’apprends que c’est ainsi qu’elle appelle tout le monde pour camoufler ses oublis… Alors les soignants se sont aussi mis à l’appeler « gentille dame » : j’aime bien, cela va bien avec sa personnalité. Une gentille dame.

 

Elle, ma mère et moi sommes placées dans le petit salon télé pour être plus au calme pour notre déjeuner de fête : c’est encore l’heure de la messe télévisée. Je ne sais même pas si cette pratiquante régulière de toujours sait encore ce que c’est que la messe tant ses propos sont incohérents. Nous écoutons d’une oreille.

Et puis, il y a ce chant final bien connu de Noël avec ce fameux refrain aux tant de o : et c’est avec surprise que je l’entends, elle, ma grand-mère chantonner les Anges dans nos campagnes sans se tromper dans les paroles. Ancrage d’une vie… ? Je suis touchée de voir qu’elle s’en souvient : est-ce de la mémoire à long terme ou ce qui t'a marquée plus profondément que tout ? 

S’ensuit la bénédiction Urbi et orbi précédée d’un court commentaire disant que celle-ci venait spécialement rejoindre les malades et les personnes isolées. Eh bien, moi, dans cette unité Alzheimer, à entendre la bénédiction du pape venir se poser jusque sur tous ces gens qui ne le savaient même plus, j’ai écrasé une larme.

Oui, c’est Noël aujourd’hui et c’est bien jusque-là, dans ces lieux sans saveur où l’on tente de préserver ce qui reste de vie, au mieux ou au moins mal, que la bénédiction de l’Amour incarné vient se déposer : sur ceux qui ont oublié qu’ils vivaient… parce que Dieu est venu leur donner tout spécialement Sa vie.

samedi, décembre 23 2017

Après une grosse période de rush...

lundi, décembre 4 2017

Calendrier catho de l'Avent 2017

Vu la popularité de cette petite proposition quand j'en parle autour de moi, je la mets online ici.. 

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Qu'est-ce ? 

A l'origine, une simple proposition de méditation pour l'Avent de mon accompagnateur spirituel (bonjour père, s'il vous prend l'idée farfelue de passer par ici !) : dans l'évangile de chaque jour de l'Avent, trouver et méditer la facette du Sauveur qu'on y découvre. 

Seulement, voilà, j'ai un terrible esprit gamin et j'ai pensé que ce serait tout aussi sympathique de le faire sous forme de calendrier de l'Avent : chaque jour, une appellation du Sauveur non à ouvrir dans une petite fenêtre avec du chocolat mais à découvrir dans l'Evangile donné pour la journée. Cadeau savoureux du jour ! 

Pour mieux la méditer, pour mieux la vivre, tout au long de notre journée. Afin d'accueillir le Sauveur dans toute son épaisseur humaine comme divine, le jour de la Nativité. 

Si vous voulez vivre cette proposition, seul ou à plusieurs, le fichier du calendrier est disponible par ici >> 

Personnellement, pour ajouter une contrainte, je commencerai tous mes titres par "Celui qui", façon Friends. (Aujourd'hui, j'ai choisi : "Celui qui veut nous guérir"). Afin de passer toujours plus de la description d'un "Celui qui" à un "Tu" aimé, dans la prière. 

A vous de jouer, à vous de méditer ! 

 

dimanche, décembre 3 2017

L'avent-veille

 

Quand le jour se fait ténu,

Se lever, comme chaque matin,

Pour louer le Seigneur,

Pour Lui confier le monde,

Notre journée et surtout toutes nos rencontres.

 

Temps de l’Avent,

Temps privilégié de la veille silencieuse,

Dans le frimas sombre d’un jour peinant à s’éveiller,

Balbutier dans l’aurore seulement devinée,

Les mots doux d’un Amour destiné à illuminer.

 

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samedi, novembre 25 2017

Pour que chaque rencontre demeure unique

 

Un autre, et puis un autre, et puis encore un autre…

Seigneur, je suis claquée, je ne vais pas bien y arriver.

Les rencontres parents-profs ou ce difficile art de lutter contre l’habitude,

De lutter contre : « encore un… comme les autres », même inconscients, qui font surface quand on enchaîne une vingtaine de rendez-vous en un temps très restreint ;

De lutter contre l’inattention à ce que racontera tel parent sur ses difficultés avec son enfant qu’on a déjà entendues chez tel autre et qui nous font réagir : « Ah il ne parvient pas à se concentrer…. mais il a son portable pour travailler ? » ;

De lutter contre toute fatigue, pour accueillir vraiment, pleinement… même ceux qui vont te raconter leur vie parce qu’ils ont besoin de se confier.

 

Ces parents parlent de leur « petit chéri » avec attention, avec amour, et, s’il est unique à leurs yeux, il devrait pleinement l’être pour nous aussi :

Oh, bien sûr, sur le papier, on le sait et on a même conscience de combien il faut les connaître le plus à fond pour mieux les aider, mais, ainsi, toute une soirée ?

C’est souvent difficile de savoir rester vraiment présente à l’autre.

 

Seigneur, donne-moi de ne pas me laisser prendre par l’habitude à chaque fois qu’entre un parent d’élève,

Donne-moi l’art de l’écoute,

Donne-moi de saisir toujours mieux ce qui fait que l’enfant en question est unique, comme il l’est à Tes yeux.

Donne-moi de savoir discerner le beau en chacun pour le dire à chaque parent en sus de ce qui va moins bien et de ne jamais l’oublier,

Donne-moi de réconforter, de montrer les efforts concrets à apporter, d’encourager de manière réaliste… et surtout, tout cela, même lors du vingtième rendez-vous,

Pour les aider à grandir,

Pour donner confiance à ces petits qui sont les Tiens.

 

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Source de l’illustration : BD Les Profs

lundi, octobre 9 2017

Saint céphalophore intercède pour nous

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Il a perdu la tête !

Concrètement, saint Denis fêté ce jour fait partie de ceux dont on pourrait le dire pleinement !

Mais cela date pourtant de bien avant son exécution cette histoire :

Il a perdu la tête…. Il a suivi le Christ !

Le jour de sa mort : il a perdu l’esprit… mais sans perdre l’Esprit qui l’avait mené jusque-là.


Car suivre le Christ, n’est-ce pas un peu perdre la tête ?

Tout fonder sur une parole, tout fonder sur un amour, tout fonder sur notre foi !

Les chrétiens ne sont-ils pas un peu fous ?

C’est une histoire d’ambivalence, comme pour le mot passion : amour et souffrance.

 

J’aime bien me dire que saint Denis intercède pour que nous sachions à notre tour perdre la tête : non pas pour faire de nous des martyrs sanguinolents si cela ne nous est pas demandé, mais bien pour savoir Le suivre.

 

Saint Denis, toi qui as perdu mais as aussi porté ta tête, porte la nôtre dans la prière, s’il te plaît :

Prie pour que nous sachions « bien » perdre notre tête, c’est-à-dire la donner au Christ,

Prie pour qu’elle sache rayonner de Son amour auprès de ceux que nous croisons, afin des les y conduire,

Prie pour que notre intelligence soit irriguée par notre foi,

Prie pour que notre regard soit toujours orienté vers Lui seul,

Afin que notre tête, ainsi que toute notre vie, sache aller là où Lui le souhaite… passionnément !

lundi, septembre 18 2017

Keep calm

 

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J’affectionne de porter, durant mes heures extra-scolaires, polos ou sweats cathos aux clins-Dieu bien sentis. Parmi ceux-ci, celui offert quelques jours après ma consécration arborant dans le dos :

Keep Calm

I’m a consecrated woman

A living servant of God.

 

La semaine dernière, une sortie de messe où je portais ce sweat, un monsieur d’un certain âge m’aborde :

- Isabelle, je n’aime pas du tout votre sweat !

- Ah ? », interrogatif, m’attendant à ce qu’il remarque que c’était un peu se la raconter qu’être une « living servant of God »… et je lui aurais donné raison : on Le sert toujours bien mal mais c’est un bel appel à l’être au mieux. Et pas du tout :

- Vous avez peur qu’on vous saute dessus ? C’est un repoussoir à garçons ?

- … … … ! Ah non, pas du tout ! C’est un sweat plutôt amusant je trouve, je ne vois pas en quoi il serait une quelconque barrière pour veiller à ma chasteté !

- Mais arrêtez, keep calm, c’est vraiment un message aux garçons !

- C’est tiré d’une pub anglaise, keep calm and carry on maint fois détournée, tout simplement.

- Moi, j’aime pas.

- Et c’est votre droit ! Mais je vous rassure au moins !”

 

Nous nous sommes quittés en bonne entente, évidemment. Mais, en entendant les lectures d’hier, une semaine plus tard, je me suis dit que Keep Calm, ce n’était pas qu’un détournement de pub, c’était aussi, comme le reste du sweat, bien plus profond :

 

Keep calm quand on t’a offensé et que tu es grave vénère contre ton frère… prie avant tout ;

Keep calm quand tu galères trop à pardonner parce que déjà une fois, c’est difficile, alors 70 fois 7 fois… prie-Le de Te donner la force, prie-Le de pardonner en Toi, pour Toi.

Keep calm parce que de toute façon, toi aussi Tu es un serviteur ayant fait quelques ou beaucoup de dettes côté Amour des autres et sans la patience que Dieu a pour Toi, Tu n’en serais pas là.

Keep calm, en tout, oui… parce qu’Il t’aime, et que cela seul suffit.

 

dimanche, septembre 3 2017

Comme une invitation d’invitatoire

 

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Normalement, le premier office de la journée commence par le psaume invitatoire, le ps. 94. Je dis bien « normalement » : dans les faits, c’est quelque chose que j’ai toujours eu du mal à mettre en place.

 

Lors de mon pèlerinage biblique en Terre Sainte, tous les jours s’ouvraient par ce psaume lors de notre prière matinale juste avant le petit-déjeuner. Et pourtant, il ne s’agissait pas d’un office liturgique… alors pourquoi ce psaume repris sempiternellement et sans variation ?

 

J’ai mis quelques matinées à en comprendre la pédagogie. Pour nous qui faisions une session de « Bible sur le Terrain », quoi de plus naturel que de prier notamment avec ces versets : « Aujourd’hui, écouterez-vous sa Parole ? ‘Ne fermez pas votre cœur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi’ ». C’était là l’enjeu de notre pèlerinage.

 

Mais finalement, n’est-ce pas plus largement l’enjeu de notre vie chrétienne, chaque jour, chaque matin : aujourd’hui, écouterons-nous Sa Parole ?

 

Aujourd’hui, écouterons-nous le texte biblique dans la prière mais aussi ce qu’Il nous dit à travers nos frères et à travers les événements ? Aujourd’hui, écouterons-nous à fond, et non en surface, jusqu’à nous laisser changer et convertir ?

 

Alors j’ai découvert combien ils étaient beaux ces mots et combien il était bon de prier ce psaume dès le matin ! L’invitatoire ou une invitation à l’orientation entière de notre journée vers l’écoute profonde, nous ouvrant aussi dès les premiers versets à l’action de grâce qui en résulte.

 

« Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons notre Rocher, notre Salut !

Allons jusqu’à Lui en rendant grâce, par nos hymnes de fête, acclamons-Le ! »

 

mercredi, août 30 2017

Petite prière de rentrée

 

Seigneur, donne-moi la grâce d’un regard neuf.

Ne permets pas que je pose sur ces élèves et sur ces collègues déjà connus un regard qui les enferme dans ce que je sais d’eux :

Donne-moi de savoir les découvrir comme si je les rencontrais pour la première fois,

Fais-moi la grâce d’une oreille écoutante, sachant se laisser surprendre,

Ainsi que le cadeau d’un cœur toujours prompt et prêt à l’émerveillement.

 

Permets, s’Il te plaît que je sache voir dans chaque rencontre, même à travers toutes les difficultés, une icône vivante de Toi,

Et, pour cela, donne-moi cette grâce d’un regard sempiternellement nouveau.

 

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dimanche, août 27 2017

A minima, Tu es le Trésor d'un coeur d'ancienne !

 

            L’ancienne région de Césarée-de-Philippe où Jésus se trouve dans l’épisode évangile de ce dimanche, j’ai eu l’occasion d’y passer récemment avec de belles balades à Dan et, surtout, à Baniyas. C’est magnifique mais ce fut une région marquée par l’idolâtrie. Est-ce un hasard si c’est le lieu que Jésus choisit pour demander « au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » puis le fameux « et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». Les uns et les autres ont des réponses qui divergent… Et ne serait-ce pas encore le cas aujourd’hui ?

 

          Césarée de Philippe, c’est un peu notre monde. Non pas seulement « eux », au loin, mais aussi « nous » avec toutes les idoles que nous nous construisons, toutes ces choses qui nous encombrent et nous détournent de « l’unique nécessaire ». Et les réponses divergent aujourd’hui encore, on pourrait les actualiser, elles seraient probablement un peu moins sympa que dans la Bible : « pour machin, tu n’es qu’une illusion ! », « Pour certains, tu n’es qu’un personnage de l’histoire », « pour d’autres, tu es un bon maître de sagesse ». « Quelques-uns enfin envient ton succès et demandent ta recette pour être un gourou autant suivi ».

 

        Certes, il y a nos croyances qui divergent, nos philosophies et nos histoires personnelles mais il y a aussi, dans nos propres vies de croyants chrétiens appelés à répondre au « pour vous, qui suis-je ? » des obstacles, des « idolâtries » faisant suffisamment écran pour nous empêcher de répondre non pas du bout des lèvres comme une ritournelle apprise mais bien avec tout notre être : « Tu es le Christ ! Le Fils du Dieu vivant ! ». Ou toute autre exclamation prononcée avec amour, avec tout le cœur et tout le corps. J’ai du mal à imaginer Pierre prononçant cette réponse autrement que se levant et s’élançant amoureusement vers Jésus. L’idolâtrie, ce sont tous nos « j’aime » possessifs, mal ajustés au « je T’aime » que nous pouvons dire au Christ.

 

            Ce midi, profitant de quelques derniers jours de vadrouille vacancières, j’ai eu l’occasion d’aller avec un ami récemment ordonné à une messe (très) anticipée du dimanche qu’il célébrait dans un EHPAD. Je suis toujours foncièrement marquée par les messes dans ce genre d’endroits où quelque chose de l’incroyable force de Dieu dans la faiblesse se dit ou, plutôt, se balbutie et s’écrit à travers les rides. J’y vis toujours l’eucharistie très différemment. Là, cela n’a pas raté et j’y ai vu comme un écho de l’Évangile : j’ai contemplé ces anciens après la communion, quelques-uns rudement éprouvés par l’âge. Certains arboraient un beau sourire, d’autres marmonnaient les yeux fermés une prière, celui-là levait les yeux au ciel et puis celle-ci, en fauteuil roulant, bouleversante, avait replié ses bras doucement sur son cœur comme si elle voulait conserver à jamais le trésor qu’elle venait de recevoir.

 

       A les regarder ainsi, j’ai souri, les considérant comme donnant la meilleure réponse qu’on puisse jamais faire à la question du Christ, Bien-Aimé de nos âmes, venu se faire pauvre avec ces plus pauvres afin de leur donner la Vie.

 

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samedi, juillet 29 2017

A Son soleil

 

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Temps estival : autre rythme, autre temps.

Ce qui rythme habituellement nos heures quotidiennes s’envole en rires et simples bons moments partagés : tout semble se faire plus doux, plus léger.

Et pourtant, qu’advient-il de Dieu ? Relégué avec les (pré)occupations habituelles ? Prié avec rapidité façon vite fait mal fait alors même qu’Il pourrait tout irriguer ?

 

Que la légèreté estivale ne devienne jamais simple vernis, simple manière de vivre à la surface de nous-même,

Que la légèreté n’exclut jamais la profondeur de la rencontre personnelle avec le Seigneur,

Que la prière continue de rythmer nos heures, d’être source jaillissante dans nos joies et nos rencontres.

 

Seigneur, donne-moi, en vacances, d’avoir l’esprit de prière jamais en vacances,

Donne-moi Ton Esprit venant « au secours de notre faiblesse car nous ne savons pas prier comme il faut ».

Seigneur, donne-moi d’avancer toujours plus dans cette intimité avec Toi pour, aux jours les plus ensoleillés comme aux plus pluvieux des vacances, rayonner d’une manière constante de Toi.

 

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