Zabou the terrible

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dimanche, février 28 2010

Hello ! Une page, « Deux étrangers »

 

            L’homme ignore ce qui peut se passer en lui, à l’instant où certaines choses qu’il a en puissance viennent en acte. Plongeant au fond de lui-même, le Prêtre y saisit subitement d’une main sûre toutes les forces qu’il avait ramassées et préparées depuis longtemps, et les présentant ensemble à Celui qui voit tout, il restant sans parole, comme s’il eût été vide, et dit enfin :

 

- Seigneur, je ne vois, ni ne sais, ni ne puis. Mais ayez pitié de ces deux hommes entre qui vous m’avez placé : car vous êtes leur Dieu et ils sont vos créatures. La terre est trop petite pour eux : ne les repoussez pas de vous ; ne les éloignez pas de la fête éternelle, car vraiment ils ont besoin de joie, et la joie est un de vos dons. Ils ont épuisé les choses de ce monde ; ils étouffent ; ils ont besoin de franchir les bornes de notre atmosphère. Ô Dieu de délivrance, qu’ils saisissent enfin de leurs mains vivifiées la jeunesse et la résurrection.

J’attends, Seigneur, j’attends : faites, faites. Amen aux explosions de la lumière qui va venir. Ne la ménagez pas, Seigneur ; faites-la couler sur nos fronts, sous nos pas ; car on ne sait où poser le pied, nous sommes encombrés de ténèbres. Amen aux splendeurs matinales de l’horizon qui s’allume, et que ces deux âmes soient délivrées !

Faites éclater votre voix qui soulage en parlant ! Esprit de paix, Esprit de joie, ô langues de feu, douces et dévorantes, souffle qui enflammes et qui rafraîchis, sérénité translumineuse, vivifiante, embrasante, devant laquelle meurt ma parole, j’ai prié, et j’attends. Du fond de l’abîme, Dieu de gloire, je vous parle pour eux dans toute la faiblesse, dans toute la terreur, dans toute l’impuissance, dans toute la solennité dont mon âme est capable. Ô lumière adorée, pour leur apprendre à dire : Amen ! ravissez-les jusqu’aux régions de la joie et de la foudre. Qu’ils disent Amen de plus près, Amen sur la montagne, Amen dans leur langue, dans la langue de leur patrie, dans la langue dont l’harmonie fait oublier, se souvenir, se reconnaître et pleurer ! Que leur Amen éclate enfin dans les cieux.

 

Ernest Hello, « Deux étrangers », Contes extraordinaires

 

lundi, janvier 25 2010

Au soir, flambée furtive dans nos coeurs


Reste avec nous Seigneur Jésus

Toi le pèlerin d’Emmaüs ;

Présence intime dans la nuit,

Ressuscité, Tu nous conduis.

 

Prenant le pain, Tu l’as rompu,

Alors nos yeux t’ont reconnu,

Flambée furtive dans nos cœurs,

D’un feu de joie, du vrai bonheur.

 

Le temps est court, nos jours s’en vont,

Mais Tu prépares la maison.

Tu donnes un sens à nos désirs,

À nos labeurs, un avenir.

 

Toi le premier des pèlerins,

L’étoile du dernier matin ;

Réveille en nous par ton Amour,

L’immense espoir de ton retour.

 

CFC (f. Pierre-Yves)

 

mercredi, janvier 6 2010

Ennivrée en hiver




 

Il est aussi des soirs d’ivresse.

 

Des soirs où la journée fut belle, si belle…

Des soirs où l’on chantonne de légèreté.

Des soirs où rien, du matin au soir, ne fonctionna comme prévu, où des paroles inattendues furent prononcées, où le retour fut surprenant et grandissant : et tout marchait, quand même…

Des soirs où les regards croisés purent éveiller le nôtre à une lueur venue d’ailleurs.

 

Des soirs où le seul mot de « Dieu » nous fait sourire jusqu’aux oreilles tant on a eu l’impression de le croiser à chaque heure. Grâce d’un moment d’apesanteur, vécu pourtant si simplement, ici et là.

 

« Il faut être toujours ivre. De vin, de poésie ou de vertu à votre guise »

J’ignore si le poète avait raison mais c’est avec ivresse et pour celle-ci que je rends grâce ce soir. À moi d’y mettre outre neuve, mais avec Toi, Seigneur.

lundi, décembre 21 2009

Achat du jour


Au milieu des emplettes de Noël, et parce que j'ai envie (très curieusement n'est-ce pas) de leur faire un peu de pub



Un dimanche à Saint Benoît-sur-Loire, par le chœur des moines de l'abbaye de Fleury

Toujours ce subtil et savant mélange de grégorien et de compositions contemporaines, de latin et de français, de voix nues et d'orgue...

Toutes ces voix, graves et douces à la fois, dont qui connaît la communauté sait retrouver chacune des tonalités propres, s'élevant d'un seul cœur dans les splendides voûtes de la basilique : simplement magnifique (pour ne pas dire envoûtant, l'on m'accuserait encore de faire un mauvais jeu de mots) !

Zabou, enchantée de son achat

jeudi, décembre 17 2009

O Sapientia

Thermes et jardin de Cluny

O Sapientia quæ ex ore Altissimi prodisti, attingens a fine usque ad finem, fortiter suaviter disponensque omnia: veni ad docendum nos viam prudentiæ

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Il est si tard



 

Orate

Quand il se fait tard

Et que ma veille est mal assurée

Donne-moi ce silence où Tu habites

Repos du cœur fatigué, calme où se dénouent nos tensions profondes, dans la Paix.

 

Vigilate

Quand il se fait si tard

Et que mes yeux se ferment malgré moi

Donne-moi Ta lumière et sa douceur,

Qui, seule, permet à qui l’habite de transformer le sommeil qui l’étreint en une veille,

Dans la Confiance et le secret d’un cœur.

 

dimanche, novembre 29 2009

Bon Avent / Bonne année !


Couronne
Qu'Il rende ferme notre Foi, joyeuse notre Espérance, constante notre Charité !

jeudi, novembre 26 2009

De nuit

Nuit sur le chemin

 

On aura beau faire, une goutte d’eau fera toujours déborder, un soir, une nuit, un vase déjà trop rempli. Et, par fatigue accumulée, l’on vitupèrera.

 

On aura beau râler, notre brin de colère exténuée ne sera jamais rien dans l’immensité d’un amour si proche qui, pourtant, nous dépasse. Et l’on se prendra à espérer.

 

Alors, que ce soit la lourde grisaille, le pesant brouillard ou même la nuit noire, il fera beau croire.

 

dimanche, novembre 22 2009

La meilleure façon de marcher


Miserere 2 de Rouault

 

Course dans les couloirs du métro, un rendez-vous à treize heures. J’arrive à Saint-Michel et regarde ma montre : l’heure n’est pas passée, je suis en avance. Alors, je pousse doucement la porte de cette église que j’aime tant. Tranquillement, je m’assois à cette place qu’inconsciemment je considère comme « ma place » tant elle est celle où je viens naturellement. Toujours. Presque chaque jour en fait, quelques minutes.

 

La semaine fut rude, la journée usante, les nuits bien trop courtes.

 

Lentement, je trace sur moi ce signe, le signe de la croix, signe de ce peuple auquel j’appartiens, ferme les yeux et pose ma tête exténuée sur le dossier de la chaise de devant.

 

Peu de choses à dire si ce n’est ma fatigue… mais tant de monde à confier ! Ces gens que je rencontre, ces gens que j’encadre, ces gens à qui j’apprends… et ceux qui se confient à ma pauvre prière. Et je bredouille quelques paroles, bafouille intérieurement, tente à peine d’écouter, somnolant dans le calme de l’église.

 

Et d’un coup, comme si mes oreilles soudain s’ouvraient, j’entendis un pas, puis deux, puis plusieurs. Pas des visiteurs, pas des priants. Pas tranquille ou pas pressé, pas de l’enfant, pas du jeune actif, pas du vieillard. Pas hésitant, pas solide, pas déterminé, pas tremblant. Pas grand-chose non plus, mais pourtant…

 

L’humanité en marche venait se joindre à ma prière, me portant dans le flot quand la fatigue m’ôtait l’envie de faire un pas. En route, toujours.

 

jeudi, novembre 5 2009

Et même s'Il rendait grâce

Et même ces soirs fatigués,

Et même ces yeux cernés,

Et même ces mains si peu usitées,

 

Et même si hier ne fut pas à la hauteur,

Et même si aujourd’hui ne fut guère mieux

Et même si demain sera dur,

 

Au soir, tous, Te les offrir,

Dans l’élan filial, confiant, du bonsoir au Père.


Tous, avec toutes mes absences à moi,

Comme autant d’instants où, Toi, tu fus présence.


lundi, novembre 2 2009

Ô mort, où est ta victoire ?

Là où reposent les miens

 

Aujourd’hui, c’est la fête des morts.

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lundi, octobre 26 2009

Brûlée

 

Le premier feu dans la cheminée, puis les arbres dans leur plus farouche nudité… tant de signes, et encore d’autres, de l’automne, là et bien là. Il est chez moi chez lui, me guettant avec sa douce mélancolie, me l’insufflant avec l'impertinente douceur du fumet de compote qui s’échappe de la cuisine. Doucement, tout doucement.

 

Elle faisait de la compote, elle aussi, avant. J’écrase une larme, le regard perdu dans la braise. Oui, le temps passe, et je le sais pourtant.

 

Feuilles tombées, rides qui se forment chez elle à l’inverse des replis qui s’effacent peu à peu dans son cerveau. Elle ne sait plus… Et l’impuissance, la rage, me saisissent comme un feu que l’on viendrait de ranimer… et puis, non. À quoi bon ?

 

Le regard perdu dans les flammes, je ne sais plus qu’ouvrir mes mains, ces mains si vides, si pauvres et l’y placer là, dessus, devant mon cœur et devant ces flammes, confiant cette mémoire défaillante à Celui pour qui le temps n’existe pas.

 

Dans la brûlure de mon amour.

 

jeudi, août 27 2009

Quand la Parole prend feu

 

Le Buisson ardent, lieu de Rencontre, lieu de Parole (ambon de N-D de Pentecôte)

 

            Faire lectio divina, c’est, en quelque sorte, aller au concert. Tu entres alors par la lecture comme dans une symphonie avec Marie, les Patriarches, les Prophètes, les Apôtres, les Pères de l’Église, Pascal, Claudel… Une constellation de textes et de scènes bibliques se mettent à résonner, à vibrer avec une liberté souveraine et une fantaisie qui révèlent l’ampleur du chant interne et secret de l’Écriture. Les mots, les versets, les personnages, forment comme une danse autour d’un centre unique : le mystère du Christ, mus qu’ils sont tous par le souffle invisible, mais toujours inspirateur, de l’Esprit.

 

            Pénétrer dans le jardin des Écritures, s’y promener avec le Seigneur à la brise du soir, mobilise toutes les ressources, toutes les puissances, toutes les énergies de ta personnalité. Tu découvres peu à peu, sous l’effet de la grâce, comment les avenues innombrables de l’Écriture se croisent, s’unissent et convergent vers un cœur qui est tout ensemble le cœur de l’Écriture, le cœur de Marie et le cœur de l’Église. Dans le silence et la paix, te voilà introduit à la béatitude de Moïse dont il est dit que « le Seigneur lui parlait face à face comme un homme parle à son ami. »

 

            La lectio, comme la peinture, exige de s’arrêter, de regarder, de contempler, pour que l’auditeur, le spectateur, découvre l’indicible, l’invincible. Fra Angelico et Rembrandt ont fait vivre sur leurs toiles des personnes en train d’accomplir une lecture : saint Dominique ou la vieille femme sont comme des miroirs où l’amant de la Parole découvre qui il doit être, qui il peut être, qui il est. Le livre est ouvert : prends et lis-le !

 

 

François Cassingena-Trévedy, Quand la Parole prend feu – propos sur la lectio divina

lundi, août 10 2009

Un pèlerinage peut en cacher un autre

 

Cologne.

 

 

Ce soir, en levant mon regard vers le Dom illuminé, les souvenirs ont afflué.

 

Il y a quatre ans, 2005, les JMJ, la jeunesse du monde entier, la foule en délire au pied de cet édifice, les chants, les danses, le silence impressionnant de la veillée à Marienfeld...

Venimus adorare eum…

 

Il y a quatre ans… Je ne peux m’empêcher de sourire et de revoir tant de scènes.

D’un dimanche quelques mois auparavant où, agressée sur le parvis de la cathédrale de mon diocèse par un complot, j’avais dû faire face à un inopiné « veux-tu ? »… Et Zabou dit oui, et Zabou toute jeune devint responsable de doyenné et responsable de car pour ses premières JMJ : sacrée expérience.

 

Je me souviens…

De ce formidable accueil des Allemands. À Lippstadt tout d’abord, puis à Cologne… Ah cette formidable mamie-boulangère qui continuait, âgée, à servir en boutique pour aider son fils ! Quel modèle d’accueil pour trois jeunes Françaises qu’elle ne connaissait pas !

De ces moments de rencontre, de joie, de fous rires, de Laudes « quand même » à l’église paroissiale après 2h de sommeil, de cet enthousiasme le long du Rhin, de ce service au pied de la colline pour la messe finale, de cette extraordinaire sensation de partager sa Foi en ce Dieu qui nous aime follement à un million d’âmes : tant de joie !

 

Il y a quatre ans, je portais en moi l’annonce d’une décision pesée dans le silence d’une abbaye qui, je le savais, provoquerait quelques remous. Durant ces JMJ, je l’ai confiée à ce Dieu fait homme que j’étais venue, avec des milliers d’autres et le cœur en allégresse, adorer. Alors, dans cette cathédrale vertigineuse, j’ai pérégriné en quête de quelque chose - ou plutôt de Quelqu'un - et j’ai prié d’avoir ce courage qui me faisait défaut.

 

 

Ce soir, la cathédrale était ouverte. J’ai poussé la porte et suis rentrée au son du grand orgue, un peu émue, pour remercier. Mon regard a caressé les flammes des quelques âmes venues achever leur journée dans une dernière prière à la lueur des bougies. J’ai souri.

Venio adorare eum…

 

Aujourd’hui, je regarde le chemin. Des décisions, je sais bien qu’il y en aura d’autres qui, peu à peu, prennent ou prendront le temps de germer : je ne sais ni le jour, ni l’heure où, elles, à leur tour, il faudra les annoncer puis, surtout, les accomplir. Mais, par ces choix qui nous rendent pleinement humain, si Dieu veut, elles seront belles.

 

À toi, ô mon Dieu, de guider mon pas !

 

 

vendredi, juillet 31 2009

Au soir

 
- coucher de soleil au château d'Heidelberg -
 
Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.
Plus qu'un veilleur ne guette l'aurore, attends le Seigneur, Israël.
 
Ps. 129 [130]
 

jeudi, juin 11 2009

La ténèbre n'est point ténèbre...

 
 

Et, dans les sombres heures de la nuit, si belles,

Ces heures où l’on écoute le silence, lui si plein, écrire.

 

Ecrire aux rares auxquels on écrit encore « à la main ».

Ecrire tranquillement, posément, en prenant le temps.

 

Ecrire en priant, prier en écrivant,

Ecrire sans s’inquiéter de l’heure,

Sans prêter, non plus, une quelconque attention à la longueur.

Ecrire sans chercher à faire de beaux mots, sans chercher à plaire,

Ecrire sans taper dans le jargon universitaire lettreux, indigeste,

 

Ecrire en quêtant, simplement, humblement, le juste, le vrai.

Simplement tracer quelques mots sur le papier, le cœur en confiance

Cherchant, inlassablement, serviteurs, à devenir échos du Verbe, 

Par nos écrits, par notre vie.  

 

lundi, juin 8 2009

Factum est : à Lui, aussi !

 
Il était temps.
 
Elle se dirigea vers cette église qu'elle apprécie tant,
Son petit havre de paix au coeur du Quartier Latin.
Elle poussa la porte capitonnée et se retrouva dans le noir.
Brrr, c'est qu'il faisait frisquet en plus !
Doucement, tracer un signe de croix qui enveloppe.
 
Ses yeux s'habituèrent à l'obscurité, elle distingua la luciole rouge.
Doucement, s'approcher.
Un genou à terre, puis l'autre.
Un large sourire, un "merci".
 
         
 

dimanche, mai 24 2009

Comme de longs échos...

 

 

Comme de longs échos qui de loin se confondent

On pourrait commenter (ah le commentaire composé… !), on peut commenter tout ce beau poème des « Correspondances », raconter, expliquer les synesthésies baudelairiennes, tout ce qui se mêle au niveau des sens, des ressentis... Oui, on pourrait.  

 

Et puis, il peut revenir ainsi, juste comme ça, en tête…

 

Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit, profonde comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

 

Vous ne trouvez pas qu’il fleure bon la vie, ce poème, aussi ?

 

Parfois, les échos font plus que se confondre, ils se répondent, l’un, l’autre, en de troublants parallèles. Toutes ces petites choses – ces « petits riens » ? – qui, un jour, après un temps, font sens « dans une ténébreuse et profonde unité ».

 

Qui devient, au gré de nos pas, chaque jour plus lumineuse.

 

mardi, mai 12 2009

Animaversaire

 
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Où les mots se font bien petit.
 
Ensemble, quelques pas en hauteur
Et, surtout, un immense Merci.
 

mercredi, mai 6 2009

Perdre du temps

 

Courir, faire, se fatiguer, être exténuée.


Des verbes qui nous rattrapent trop à certains moments de nos vies.

Comme des coureurs mal entraînés, on en vient à s’essouffler, à haleter dans un tourbillon où les choses se font indistinctes.

 

Peux-tu…. Dis, j’ai besoin… Que penses-tu de…. T’as pas encore fait… ?

Et ton mémoire, pas encore fini ?

Tu fous quoi ?

T’as rien à faire ! D’ailleurs, c’est pas bloqué ta fac ?

Tu n’as pas encore répondu à mon mail ?

Ah ah ah tu plaisantes, on fout rien en Lettres, t’as bien le temps de me faire ça !

 

On a beau aimer, la fatigue aidant, la nage se fait difficile dans l’eau de notre pataugeoire quotidienne et l’on risque la noyade si l’on s’aventure au large, large pourtant bien beau et enviable.

 

C’est dans ces moments-là, plus qu’aucun autre, qu’il faut apprendre à prendre du temps et même, pire peut-être, à perdre du temps.

 

Se rendre à des rendez-vous secrets, qu’on ne saurait manquer, bien qu’ils ne soient pas inscrits sur l’agenda.

Des rendez-vous qui feraient se gausser les foules.

Des rendez-vous qui ne se comprennent pas, qui se vivent.

 

 

Respirer et recevoir.

Perdre, pour mieux se donner.

 

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