Zabou the terrible

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dimanche, avril 14 2019

paradoxal amour Passionné

 

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Juché sur un âne, 

Celui qui connaîtra l’élévation de la croix, 

Suivie de l’abaissement ultime du tombeau. 

 

Vêtements jetés sur le chemin, 

Pour celui qui sera dépouillé, 

Pour celui dont les habits seront partagés. 

 

Acclamé, loué, 

Celui qui sera raillé, insulté, bafoué, 

Celui qui sera condamné, 

Celui qui sera crucifié. 

 

Jésus avance de lui-même,

Avant d’être entraîné, lié, 

Traité comme un malpropre, un prisonnier, 

Pire qu’un meurtrier.

 

Paradoxal ? 

Plutôt la liberté d’un Dieu qui aime jusqu’à tout donner, 

L’amour Passionné d’un Dieu pour l’humanité, 

Qui s’offre, encore plus spécialement cette semaine, à contempler. 

 

Belle entrée dans la Semaine Sainte ! 

 

mardi, mars 26 2019

En teinte d'Annonciation

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« Que j’exulte et jubile en ton Amour » : le réveil sonne… 

Annonce du jour à venir, 

Jour de fête, jour d’Annonciation,

Mais il est quand même bien trop tôt. 

 

D’un bâillement non réprimé, je me lève et saisis mon bréviaire : 

La journée sera longue, la journée sera rude, 

A Lui la première place : 

Me voici, Seigneur ! 

 

Ce sera un jour sans messe, un jour sans repos, un jour chargé.  

 

Petit-déjeuner, répondre rapidement à quelques messages – pas assez, 

Partir au travail, acheter quelques madeleines pour les collègues et pour moi-même, 

Journée de formation, longue, que viens-je faire là ? 

Que tout m’advienne selon Ta Parole

 

Et arrive 16h, cette heure où je dois intervenir comme professeur principal au conseil de discipline d’un vraiment pauvre gamin : je sais qu’il sera exclu et que cela sera juste. Mais j’ai appris à l’aimer, mais j’ai appris à le connaître, dans les circonstances tragiques de sa vie.

Alors, voilà, je n’ai pas envie d’être là, je n’ai pas envie de cela… 

Mais il faut être là, mais il faut tenir bon : 

Voici la Servante du Seigneur. 

 

Ce sont encore deux conseils de classe qui s’enchaînent, 

L’heure des bilans sonne, l’heure des recommandations pour progresser, aussi : 

Comment cela va-t-il se faire ?

Semer, sans savoir comment cela germera,

Ecole de la Confiance. 

 

C’était un jour sans messe, un jour sans repos, un jour chargé,

Mais pourtant un jour vécu à l’école de la Vierge Marie, à apprendre son Ecce,

A apprendre son Fiat…

Et dire, tard le soir, à l’heure de vêpres plus nocturnes que vespérales, 

Même quand le cœur est un peu trop fatigué pour consonner, 

A Celui qui est l’Alpha et l’Omega, même caché, de nos journées : Magnificat.

 

mardi, mars 12 2019

Sous les Cendres, la braise – JéruCarême

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            Grâce de vivre l’entrée en Carême à Jérusalem cette année ! 

 

            En ces temps hivernaux, le saint Sépulcre (ou basilique de l’Anastasis) ouvre à 4h du matin… le jeudi après les Cendres, nous y avions une messe à 6h, nous avons décidé de venir y faire oraison à 5h. Folie caractérisée ? Certainement !

 

            Mais contempler les remparts de Jérusalem de nuit, mais arpenter la via dolorosa en attendant que le jour se lèvre… n’est-ce pas aussi notre attitude de veilleurs dans toutes nos nuits qui s’exerce là ? Avec moi, de nombreuses intentions de prière à porter, à continuer à porter : veille de la prière, une de mes missions les plus importantes. 

 

            J’avais longtemps réfléchi au texte biblique qui pourrait être le support de ce temps de prière pas comme les autres, sachant que la messe était à la chapelle du Golgotha, au lieu où le Seigneur a été crucifié et est mort. C’était cette phrase, tant appréciée de ste Elisabeth de la Trinité, qui me revenait sans cesse à l’esprit : « Il m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2, 20). C’était ce que nous venions ici contempler, au lendemain des Cendres, la braise toujours ardente d’un amour qui ne s’éteint jamais. Soudainement, la réponse était venue, lumineuse : et si j’y méditais le Cantique des cantiques en priant dans les différentes chapelles ? 

 

            C’est ici, dans ce lieu, que cet amour fou du Bien aimé s’est vécu jusqu’au bout : dans sa Passion, dans sa mort et dans sa résurrection. Alors, quelle force que prier ce grand poème d’amour qu’est le Cantique puisqu’ici avait eu lieu la folie de l’amour d’un Dieu qui se fait homme et qui aime à en mourir pour briser toutes nos morts ! 

 

            Vous connaissez sans doute la fable du sage demandant comment distinguer la nuit du jour ? C’est tant que tu n’as pas su voir dans les yeux de l’autre un frère. Ici, de la nuit au jour, il s’est agi de contempler l’Amour de Celui qui s’est fait notre frère en toutes choses excepté le péché afin de nous sauver ; il s’est agi de plonger dans cet amour pour lui demander d’allumer en nous Son Feu qui ne s’éteint jamais, jusque dans toutes les obscurités de ce monde, pour y brûler de Lui. 

 

 

P.S. : Alors, se faire tatouer une croix de Jérusalem le même jour en fin de matinée apparaissait également lumineux, comme un écho ancré de cet amour : « Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras » (Ct 8, 6). 

 

lundi, février 25 2019

Un credo en créneau

 

« … Je crois en l’Esprit Saint, 

à la Sainte Église catholique, 

à la communion des saints, 

à la rémission des péchés… » 

 

Quand, en pleine messe, alors que tu es au dernier rang pour être avec tes proches et que ta voix sonne un peu seule dans le troupeau-n’osant-pas-trop du fond de l’église, tu pries le Credo, tu entends un peu mieux les mots que tu affirmes. Alors, le trio « Sainte Église catholique » / « communion des saints » / « rémission des péchés » te saute d’un coup à la face en te semblant soudain en plein dans l’actualité avec ces affaires qui éclatent partout, avec ce sommet si important en cours au Vatican. 

 

Quand le mot « sainte Église » t’écorche un peu les lèvres : et pourtant, tu y crois, vraiment… alors, tu passes de l’hésitation à l’affirmation, quoiqu’elle soit constituée de pécheurs, et cela dès les premiers temps ; 

Quand le mot « communion des saints » te blesse beaucoup le cœur : parce que tu sais que ce n’est pas qu’en mode « ciel et terre » cela… qu’il y a aussi, derrière, ce grand mystère du Corps mystique du Christ. Ainsi, tu sais que ce ne sont pas « leurs » péchés, ce sont nos péchés à nous tous, Église ! Je n’aime pas la tentation actuelle de simplement vilipender les coupables en nous en dédouanant : alors qu’en Église, on ne pense jamais uniquement en « je », on pense en « nous », corps du Christ, dépendants les uns des autres. A contrario, j’ai beaucoup aimé la posture du pape François lors de la liturgie pénitentielle du sommet sur la pédophilie : c'est bien avec les autres qu'il a demandé pardon. Oui, je crois à la communion des saints : alors, pardon Seigneur pour tout ce que nous avons fait ou que nous n’avons pas fait. 

Quand le mot « rémission des péchés » ouvre l’horizon noirci d’une brèche vers l’Espérance : c’est la direction… mais elle ne sera que parce qu’il y aura aussi, dans le même temps, des jalons concrets posés pour qu’il n’y ait « jamais plus » tout cela. 

 

Le Credo et son actualité, 

Le Credo, jamais en réalité si facile à proclamer, 

Le Credo, pourtant vraiment cru, encore ce matin, et prononcé, et prié : 

Parce que l’Esprit Saint poursuit son œuvre dans le monde et achève, malgré tout, malgré nous, toute sanctification. 

samedi, février 9 2019

L'huile de la prière pour l'entretien et pour quand ça grince

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Il y a des jours comme hier qui s’écrivent en mots trop gros :   

Violence, heurts, coups, douleur.

Des histoires qu’ailleurs on n’imagine même pas, 

Des pleurs d’élèves, des pleurs de collègues, 

De la colère, les côtés sombres de l’éducation prioritaire. 

Faire notre job de prof ? Comment quand la violence fait tache d’huile ? 

Et la suite ? Et l’accompagnement ?

Et moi comme consacrée là-dedans… Comment porter lumière et espérance ? 

 

 A contrario, une soirée faite de douceur, 

Avec une petite dizaine d’amies proches, 

Partager un repas « de filles », des nouvelles, des coups de gueule, 

Des rires et, parfois, dans l’intimité d’un ponctuel tête-à-tête, 

Me confier quelques lourdes intentions de prière sous-jacentes. 

Le soir, elles rentreront retrouver leur mari, certaines aussi leurs enfants, 

Leur joie et aussi ce qui fait quelques-uns de leurs soucis : 

Belle est notre vieille amitié, malgré les différences concrètes de nos vies. 

 

Moi je suis rentrée seule et je me suis agenouillée…  

Entre violence et douceur, 

Entre questions insolubles et poids des intentions, 

Entre la violence du jour et la douceur du soir : 

Porter cela de mes mains vides, 

De mon cœur un peu trop plein, 

Dans le silence amoureux de la prière. 

 

Les solutions ne s’écrivent pas là mais, en Lui, tout prend néanmoins une autre dimension. 

A l’aune de la prière, c’est à la couleur de Son amour plénier, offert, qu’on apprend peu à peu à nous laisser façonner : notre regard, les mots que nous posons sur les situations, les mots que nous oserons balbutier pour remettre un peu d’amour comme autant d’huile là où il faut entretenir, là où ça grince et enfin et surtout là où il semble tant en manquer que cela risque de casser. 

 

jeudi, février 7 2019

Chronique des JMJ de Panama 1 Des H-amis et des frères

 

 

            Je suis donc revenue du Panama, le cœur profondément en action de grâce… mais la reprise du rythme quotidien est rude n’ayant pas bénéficié d’un vrai temps de repos, voire de transition avec l’ordinaire des jours. En résumé, les vacances se font très largement attendre ! Mais la reprise du tempo passe aussi sans doute par se redonner un rythme d’écriture, ici et plus personnel ailleurs. Alors, je commencerai par partager quelques éléments des JMJ. 

 

            57 personnes bien parties puis bien arrivées au Panama : soulagement et étrange sensation pour moi de voir un projet sur lequel on est depuis presque 2 ans enfin prendre forme et, surtout, prendre chair. 

 

            Car il s’agit bien ici de chair : des jeunes en chair et en os d’une part et, parmi eux, cinq jeunes tout spécialement à la chair blessée, meurtrie de manière visible, dans le handicap physique. Emmener les quatre parmi eux possédant un fauteuil avait été une vraie question : si les indicateurs logistiques étaient assez mauvais, il faut bien le dire, l’indicateur de leur foi et celui de leur envie étaient au plus haut. Ce n’était pas simple : il a fallu discerner et chercher à organiser au mieux ce qui pourrait se construire éventuellement. J’ai beaucoup prié quand il a fallu dire oui ou non… mais l’Écriture me donnait une réponse : Jésus, Lui, ne laissait jamais personne sur le bord du chemin, au contraire, c’est toujours vers eux qu’il préfère aller. Alors, tant que ce n’était pas utopique, tant qu’on pouvait raisonnablement accueillir, y avait-il une vraie raison de ne pas le faire ? Le manque de dispositifs locaux n’était certainement pas une raison suffisante : nous nous sommes lancés. 

 

            Sur les conseils des plus habitués d’entre eux aux JMJ, nous avons mis en place un système d’anges gardiens pour chacun. Et, dès les premiers jours, quelle joie de voir que « cela prenait » ! Non pas seulement quelques-uns autour d’eux mais bien, très vite, tous, les uns autour des autres ou plutôt les uns avec les autres. Car, s'il n'y avait pas les adaptations matérielles, il y avait les bras, il y avait les coeurs. Sans concertation, tout le monde s’est approché, a voulu aider, a voulu faire partager tel moment avec un tel en le plongeant dans l’océan avec nous ou en lui faisant vivre un bain de foule dans la liesse d’un stade… Bien souvent, mon regard quelque peu scrutateur de déléguée diocésaine s’émerveillait et me faisait dire : « que c’est beau ! Qu’ils sont beaux ! ». 

 

            Quand la fragilité est visible, chacun est aussi invité à faire tomber le masque devant les siennes plus intérieures, à fuir les faux-semblants pour vivre, agir et partager en vérité. J’ai été marquée de voir à quel point cela a été le cas et qu'il s’est créé une ambiance de bienveillance tendant à une communion la plus profonde. En particulier grâce à ces h-amis (on m’a soufflé le terme comme celui qui se disait dans certains mouvements : c’est mieux que nos amis handicapés), nous avons expérimenté la fraternité. C’est ce qui a d’ailleurs fait dire au curé d’une de nos paroisses d’accueil que ce groupe était une « catéchèse vivante » ( !!!). 

 

De ces JMJ, je suis rentrée le cœur profondément réjoui de me dire à quel point les fragilités sont les brèches dans lesquelles Dieu aime s’engouffrer pour y révéler Sa lumière et, partant, pour davantage faire de nous Son peuple. 

 

P.S. : Cette photo qui a fait le tour de la planète ne vient pas de notre groupe... mais nous avons fait pareil le week-end final avec nos h-amis et notamment l'une d'entre elles a été bénie... incroyable moment d'émotion ! 

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La preuve... 

 

 

 

 

 

lundi, décembre 24 2018

Communauté éducative, communauté eucharistique

 

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            C’était il y a une dizaine de jours : en plein Avent, nous nous préparions à Noël par la messe mensuelle des étudiants du Centre Sèvres, lieu où j’étudie la théologie à temps partiel. Lors du chant final : O Come, all ye faithfull ou, si vous préférez selon votre sensibilité Adeste fideles ou « Peuple fidèle », il y avait quelque chose de très beau à nous dire que nous venions vraiment tous L’adorer, réunis, étudiants et professeurs, en cette église jouxtant notre lieu d’études par le même désir de mieux connaître et de mieux faire connaître Celui qui anime nos vies. 

 

            Communion, unité malgré notre diversité trouvée dans le Christ, rendue encore plus forte par la participation à la même table de l’eucharistie. Même action de grâce s’élevant des cœurs : nous formons une véritable communauté éducative. 

 

            Je m’en faisais la réflexion en retournant ensuite dans l’établissement scolaire dans lequel j’enseigne. Nous y parlons volontiers de communauté éducative. Mais, qu’est-ce qui nous unit ? Une même citoyenneté, une envie de grandir et de faire grandir, des programmes, un même ministre… la liste est longue et importante. Mais il faut bien constater que le tissu fraternel est plus lâche, plus multiforme et les mailles qui le constituent, dans les temps actuels, semblent se défaire chaque jour davantage et les accrocs s’y multiplient, de manière parfois inquiétante. 

 

            Faut-il pour autant en conclure que cette communauté n’a de commun qu’un lieu, un établissement scolaire, et que nous sommes condamnés à tâtonner, sans vraiment rien y trouver d’unifiant où nous soyons vraiment ensemble ? Ma foi me pousse à refuser cette option… Feu mon premier père spirituel, moine de son état, m’écrivait, dans une de ses dernières lettres, alors que je commençais mon travail en éducation prioritaire : « Tu trouveras Dieu en tes lascars qui sont, en secret, à Lui ». Dieu, mystérieusement, unit et unifie, de manière souterraine toutes ces vies, toutes nos vies : ramifications venues de Son centre. Le lieu d’unification est le même… mais c’est de nuit, mais c’est peu clair, mais c’est lointain et tout ténu. Alors à nous de cultiver, de faire jaillir cette même sève, même en ses extrémités, même en Ses « périphéries ». 

 

Mais rien de cela n’est possible sans Lui. Alors, en cette nuit, en cette vie : viens Seigneur Jésus, apporte Ta lumière en nos vies pour nous rendre capables de La porter à notre tour, par nos vies, à tous ceux qui en ont besoin, pour aider à l’unification et à l’édification de ce qui doit l’être. Amen. 

 

mardi, décembre 11 2018

De l’horreur, de la fraternité et de pensées en vrac

 

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L’horreur, à nouveau… Et tous, à nouveau, sommes et serons unis dans la douleur, dans la terreur, dans la détestation d’un acte qui nous fera à nouveau nous méfier de vivre, tout simplement. Ces actes qui grèvent notre confiance dans la vie, qui ôtent toute légèreté, qui semblent poser une chape de plomb sur l’humanité : comment redonner saveur à la vie quand l’horizon s’assombrit chaque jour un peu plus ? 

 

Nous, les chrétiens, avons une intention de prière toute trouvée : pour les victimes, pour leurs familles mais aussi pour le bourreau qui a commis on ne sait vraiment pourquoi cet acte insensé aux conséquences fatales. Àl’heure où j’écris, il n’est pas encore trouvé ; demain, il sera peut-être tué durant sa fuite. La violence engendre la violence. 

 

Il y a encore quelques jours, nous étions un pays divisé, hurlant les uns sur les autres : cri des détresses, essentiel à entendre, mais aussi révélateur des dissensions et d’un cruel manque d’écoute, partant de fraternité. Aujourd’hui, dans la douleur, nous saurons retrouver ce chemin, j’en suis certaine mais, quid de demain ? Le perdons-nous à chaque fois, en dehors des circonstances tragiques ? Sont-elles les seuls événements fédérateurs d’une humanité erratique peinant à se trouver et à se comprendre ? 

 

Savons-nous nous encore aujourd’hui nous rassembler pour nous rencontrer ? Pour écouter la différence de l’autre et, peut-être, découvrir aussi ce en quoi il m’est proche. 

 

            Ce soir, j’avais le conseil d’une classe bien sympathique mais souffrant souvent de la division entre ceux qui font telle option et ceux qui ne la suivent pas : c’est au sein d’une classe, d’heures passées ensemble, qu’ils auront à se découvrir proches, prochains, les uns des autres et cet apprentissage-là me semble plus que jamais d’actualité, a fortiori quand même l’école publique n’offre plus guère de mixité sociale. 

 

            Ce soir, que notre fraternité ne soit pas que de douleur, que notre prière s’élevant dans la circonstance de l’attentat ne s’y limite pas mais s’élargisse pour demander au Seigneur l’art et la manière : l’art de l’écoute, la manière de la rencontre entre chacun de nos frères les hommes, prochains, même quand ils semblent lointains. 

 

(Dans la même veine, on lira avec profit l'appel aux catholiques de France et à nos concitoyens du Conseil permanent des évêques de France sorti aujourd'hui >>

lundi, décembre 10 2018

2 ans de joie !

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Aujourd’hui, 10 décembre 2018, je fête mes 2 ans de consécration, le cœur en immense action de grâce, évidemment. …. J’aimerais remercier le Seigneur sans qui rien n’aurait été possible (c’est vrai en plus !) et, pour Le remercier très concrètement, j’ai aussi eu la joie de participer à la messe célébrée par mon cher confesseur pour rendre grâce au cœur de l’immense action de grâce qu’est l’eucharistie ! 

 

Le célébrant m’avait demandé de dire quelques mots sur ce qui faisait ma joie de consacrée et qui pouvait concerner tout le monde. J’ai parlé sans le papier que j’avais préparé, il peut donc y avoir quelques différences mais voici mes notes : 

 

  • Joie de la certitude profonde d’être à ma place, d’être là où le Seigneur le et me veut… Joie de répondre à notre vocation, quelle qu’elle soit ! Et c’est juste incroyable la profondeur de cette joie, malgré les épreuves et les difficultés du jour. Je n’ai jamais été aussi profondément heureuse que depuis que je suis consacrée : une joie liée à un amour d’une incroyable profondeur. 

 

  • Joie qu’une de mes missions soit de porter la prière de l’Église pour le monde. Pas seulement d’avoir les mains dans le cambouis du monde de par mon travail de professeur mais aussi de le porter dans la prière des heures et dans ma prière personnelle. J’en suis honorée et c’est très beau ! 

 

  • Joie d’être appelée à une conversion permanente pour chercher à être comme un panneau indicateur vers le ciel… De plus en plus, des personnes viennent me parler non pour voir « Zabou » mais parce que je suis consacrée, que j’ai un peu ce double ancrage de mes pieds dans le sol de notre monde et mon cœur ancré dans le Seigneur, pleinement donné à Dieu. En cela, il y a la découverte de mon immense petitesse, de ce que je ne maîtrise pas vraiment, c’est-à-dire de ce que le Seigneur fait et veut faire à travers moi pour témoigner de Lui. Et cela, c’est très grand ! 

 

.... J’ai fini en partageant la prière suivante, écrite en août (et que j’ai dite en « nous » pour l’occasion, en précisant que chacun pouvait en prendre ce qu’il voulait de par sa consécration baptismale mais j’en donne ici la version originale). Prions les uns pour les autres, afin de témoigner de Lui et de Sa joie, quel que soit notre état de vie !  

 

Seigneur, Toi, Tu brûles d’amour pour moi en tout lieu et, si souvent, je passe avec l’indifférence de mes préoccupations à côté de Ton buisson ardent qui ne s’éteint jamais. 

 

            Pourtant, je crois que ma vie de consacrée (et cette joie incroyable dont je ne me suis toujours pas remise d’être à Toi) est d’apprendre à T’aimer en tout. A me libérer de tout ce qui me préoccupe pour que Tu aies pleine place et que Tu aimes à travers moi. Apprentissage d’une vie : accueillir l’Amour, Le laisser emplir chaque recoin de notre être. Mystère d’alliance… Donne-moi, sur terre, de vivre comme Ta bien-aimée, dans la fidélité, témoin de Ta joie et de Ton Amour fou qui Te consume pour l’humanité entière. Cette humanité que Tu as aimée à jusqu’à te livrer pour elle. 

Amen. 

mercredi, novembre 28 2018

Regard de saison

 

A l’heure de l’éveil, la nuit est encore là, peinant à se dissiper ; 

A l’heure du goûter, déjà, le jour décline ; 

Et le soir est installé depuis longtemps quand vient enfin l’heure de se coucher. 

 

Frimas de novembre et lueurs désormais fragiles de l’hiver qui s’avance : 

Quand le monde s’emmitoufle et que seul le bout du nez dépasse encore, 

Qu’il fait nuit noire et que tombent violemment pluie et obscurité, 

Il est à travailler l’autre élément qui sort de l’uniforme réchauffant : 

Le regard, s’attachant à distinguer la vie malgré les ténèbres. 

 

C’est un regard de braise à travailler, pour réchauffer, 

En le portant sur Celui qui a le véritable regard ardent : 

Un regard brûlant, un regard aimant, un regard plein de vie. 

Pour vivifier chacun, doucement, dans nos nuits froides. 

 

Le soir, à la lueur des bougies, déposer nos vies sous Son regard ; 

Tendre celui de notre cœur vers Lui, à traver Sa parole, 

Pour réchauffer notre cœur de ses froideurs, de ses hivers, 

Pour vivifier notre regard et tenter de le rendre semblable au Sien, 

Capable de faire vivre, même au plus sombre des nuits de l’homme. 

 

vendredi, novembre 23 2018

Entre gris clair et gris foncé

 

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            Je ne sais pas pour vous mais, pour moi, s’il existe des journées lumineuses, rayonnantes à 200 % et d’autres, plus rares, très sombres et bien noires, la majeure partie de mes journées s’écrit en gris – je n’ose écrire en nuances de gris –. Comprenons-nous bien, il ne s’agit pas de peindre ici des journées grises qui, à force d’être monotones, en seraient moroses mais plutôt de se demander, au terme de la journée : quelle a été la teinte dominante du jour ? 

 

            Je pense que, dans ma vie, cela oscille souvent entre gris clair et gris foncé si je dois tout additionner. Les joies, les difficultés – surtout celle-ci, là, en arrière-plan du cerveau qui te pourrit la journée –, les découvertes, la prière, les rencontres, les discussions, les petites galères (j’aime appeler cela « les renards » à cause du Cantique des cantiques et des renards qui ravagent la vigne : c’est trop ça, non ?), la journée trop longue, le mal que je ne voulais pas faire et que j’ai fait et tout le reste. Mes journées sont humaines, mes journées sont mêlées. 

 

            Le soir, ce sont donc, simplement, des jours entre gris clair et gris foncé que je dépose devant le Seigneur. 

 

Mais, ce qui est beau, c’est que devant Lui, plus rien n’est en semi-teinte : malgré tout, Il vient tout emplir de Sa lumière, de l’intérieur. Et cela illumine, et cela rayonne ! 

 

samedi, novembre 10 2018

Notes en vrac d'espérance

http://a403.idata.over-blog.com/4/38/92/59/A-B-C/conseil-de-discipline-1.jpg

            Ce sont de curieux moments que les conseils de discipline. 

 

            J’ai du mal à expliquer en quoi cela constitue une place de choix pour une chrétienne qu’y siéger tant ce sont indubitablement des moments douloureux, souvent accompagnés d’une certaine violence et qui me laissent intérieurement groggy plusieurs jours de suite. Mais, en même temps, ce sont des lieux porteurs d’une incroyable espérance pour qui ose y croire : et le chrétien a, ce me semble, à s’en faire particulièrement l’écho. 

 

            Quand l’élève a – gravement – fauté, on n’est pas juste là pour le juger et le « virer », même si la disposition de la salle s’apparente alors à un tribunal, qu’on y est grave et qu’il n’est pas rare de voir nos élèves et leurs parents y trembler, voire y pleurer. Et, pourtant, si l’on prend la peine de ce moment, ce n’est pas pour exclure d’un coup parce que le cadre a été outrepassé, c’est bien plutôt pour jauger la situation et, surtout, toujours, espérer. Il ne s’agit pas la petite et à la fois si grande Espérance chrétienne mais un peu tout de même : il s’agit d’espérer l’élève dans ce « plus beau », dans ce « meilleur » dont il n’a pas encore su faire preuve et réfléchir ensemble au moyen de l’y conduire. En gros, c’est ne jamais croire que tout est fichu, ne jamais s’y résoudre… même si cela n’empêche pas la sanction d’être posée. 

 

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jeudi, novembre 1 2018

Toussaint 2018

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Toussaint. Comme chant d’entrée, une litanie des saints… j’ai toujours aimé ce lent égrenage de personnes ayant été si proches de Dieu. Mais ils ont longtemps été pour moi des « parfaits », des « inaccessibles », des « trop admirables » ! 

 

Avec le temps, cela a changé et encore davantage depuis que j’ai vécu cette même litanie face contre terre. Maintenant, ce chant me renvoie toujours en partie à ce moment très précis et j’en ai d’ailleurs les yeux quelque peu humides. 

 

Quand la litanie des saints se vit ainsi, face contre terre, corps étendu sur le froid du sol, on est à la fois soi-même, dans l’élan de notre don, et, en même temps, on se sent vraiment rien, poussière, cette poussière que nous redeviendrons un jour. Et pourtant, durant ce temps de petitesse, l’Église sur terre chante vers le ciel et ce sont bien les saints qui sont invoqués, qui sont chantés : ils sont les compagnons de route donnés pour aider, pour indiquer le chemin. 

 

Si nul n’est jamais trop loin pour Dieu, nul n’est jamais trop petit pour aller quérir la main d’un saint. Plus que des parfaits, ils sont des frères aînés toujours pleins de ressources, ayant parcouru les multiples routes de la vie dans ce qu’elles avaient de meilleur mais parfois aussi de pire. Mais ils ont laissé à Dieu le soin d'écrire, à travers eux, la sente de leur vie et de la muer en belle calligraphie. 

 

Alors il est bon de s’approcher avec simplicité de leur lumière pour éclairer notre route vers cette sainteté à laquelle nous sommes, à notre tour, appelés. 

mercredi, octobre 31 2018

De l'air ! Du souffle !

 

Quand les portes se ferment pour se protéger des premiers frimas, les allergiques aux acariens préparent leur attirail, parés au rude combat de l’hiver, les microbestioles étant plutôt du genre féroce et aimant les intérieurs chaleureux. Dans la poche des allergiques traîne alors souvent ce qu’il faut si la crise s’aggravait et venait à dégénérer en asthme, maladie si néfaste à l’orthographe des élèves. 

 

Dans mon sac de vacances donc, par précaution, un inhalateur appelé airomir. Hier, en préparant mon sac, j’ai glissé juste à côté mon bréviaire et je me suis dit que ce n’était pas sans lien. 

 

Voici donc le bréviair-o-myrrhe, livre précieux, élargissant ta capacité à respirer le Souffle de Vie : 

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Présentation : des pages couvertes de Parole de Dieu, notamment des psaumes. 

 

Comment agit-il ? Que tu manques ou pas de Souffle, ce remède est pour toi ! Il améliore ta communication entre le Seigneur et te fait entrer dans la grande prière de l’Église. 

 

Comment doit-on utiliser ce remède ?  Attention, s’il s’agit simplement visiblement de tourner des pages, n’hésitez pas à vous reporter à la notice d’utilisation qui se trouve en début du tome 1, intitulée « PGLH » ou à consulter un ordo pour savoir dans quelle semaine « liturgique » vous vous trouvez. Ensuite, vous pourrez vous contenter de le lire, de le chuchoter, de le psalmodier, de le chanter à pleine voix à votre guise ! 

N.B. : ce remède a la spécificité d’être particulièrement approprié pour être partagé avec son voisin : utilisé, voire célébré, à plusieurs, il agit d’autant mieux ! 

 

Posologie : a minima 3 fois par jour (pour moi), plus si l’on peut. Ne pas hésiter à en user et à en abuser. Utilisable en toute saison. Usage régulier recommandé. 

 

Contre-indications : aucune. 

 

Effets primaires et secondaires 

  • Respiration +++ ! 
  • Non une accélération du rythme cardiaque mais bien une accélération de ton aptitude à aimer. 
  • Un élargissement progressif de ton cœur à la mesure de l’humanité, portée dans la prière d’intercession. 
  • Une régulation et un véritable élargissement de ta capacité respiratoire : ton rythme de prière devenant celui de l’Église entière, s’accroissant à travers les âges de la prière des psaumes priés par Jésus lui-même. 

 

 

mardi, octobre 30 2018

Chemin(s) de confiance

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Cette fois, j’avais pas mal de choses à dire : des cahots et mes K.O… des trucs que je ne dis pleinement que là, dans cet espace de confiance où l’on sait pouvoir tout dire, sans gants et sans circonvolutions inutiles. 

La prière ensemble, simple et fraternelle, l’échange, l’écoute, la confiance. 

Il faut, parfois, souvent, l’aide d’un frère pour dessiller nos yeux sur la grâce de Dieu quand elle se fait caméléon aux teintes nocturnes. 

« Mais je sais la source, même si c’est de nuit » 

C’est la place de l’accompagnement spirituel de toujours nous désigner la Source mais c’est aussi la place de tout l’accompagnement fraternel que nous avons à vivre les uns par et pour les autres. Le désigner : à nous, par nous, aux autres, nos frères, et réciproquement. 

 

Mais, pour cela, il faudrait retrouver le chemin présentement assez amoché et malmené de la confiance en Église, malgré tout. Chiche ? 

mercredi, septembre 26 2018

En lisant, en écoutant, en recevant Ta Parole et Ton pain

 

Première lecture du jour : « Ne me donne ni pauvreté ni richesse, accorde-moi seulement ma part de pain. » (Pr 30). Ni trop, ni trop peu, mais bien "ma" part, celle qui est prévue, ajustée pour moi. 

 

Vivant et travaillant dans le monde, je ne parviens pas à aller à la messe tout à fait tous les jours, même si je le souhaiterais et que cela m’est fortement recommandé : « Appelées à vivre l’intimité avec le Seigneur, l’identification et la conformation à Lui, elles reçoivent le Pain de vie de la table de la Parole de Dieu et du Corps du Christ, dans la participation, si possible quotidienne, à la célébration eucharistique. » (Ecclesiae Sponsae Imago

Ce jeûne involontaire de certains jours me montre la valeur de cette « part de pain », de cette part de pain vivant qu’est l’Eucharistie quand je peux y participer. Elle est force et nourriture sur la route ! 

 

Et, en même temps, j’ai bien conscience que cette part du pain dont il est question est aussi très concrètement celle de chaque jour, celui qui peut constituer notre repas et cela me rappelle la récente lettre du pape François au peuple de Dieu : « En même temps, la pénitence et la prière nous aideront à sensibiliser nos yeux et notre cœur à la souffrance de l’autre et à vaincre l’appétit de domination et de possession, très souvent à l’origine de ces maux. Que le jeûne et la prière ouvrent nos oreilles à la douleur silencieuse des enfants, des jeunes et des personnes handicapées. Que le jeûne nous donne faim et soif de justice et nous pousse à marcher dans la vérité en soutenant toutes les médiations judiciaires qui sont nécessaires. Un jeûne qui nous secoue et nous fasse nous engager dans la vérité et dans la charité envers tous les hommes de bonne volonté et envers la société en général, afin de lutter contre tout type d’abus sexuel, d’abus de pouvoir et de conscience. » 

 

J’y pensais en lisant la suite de ce chapitre des Proverbes : « Car, dans l’abondance, je pourrais te renier en disant : « Le Seigneur, qui est-ce ? ». N’est-ce pas ce qui nous arrive quand nous vivons une routine confortable de notre vie chrétienne, n’est-ce pas ce qui nous est arrivé quand nous sommes dans l’opulence, dans l’insouciance, oubliant le Seigneur à force d’oublier d’écouter le plus petit, le plus faible, le blessé ? 

 

Et si jeûner, et si se contenter, certains repas, d’un peu de pain, dans la discrétion, était aussi ouverture à une communion plus grande mais aussi d’un retour à l’Essentiel, pour mieux savoir reconnaître Celui qui nourrit toutes nos vies et Celui qui guérit toute vie ? 

 

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samedi, septembre 22 2018

Silence, je vous prie ?

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Georges Rouault


Et venir, encore et toujours, soir après soir, jour après jour, 

Prendre ce temps avec Toi, silencieusement, à écouter Ta Parole : 

J’ai plein de trucs à Te dire, sans doute à récriminer un peu aussi 

(Tu avoueras qu’il y a de quoi, non ?) 

 mais je ne sais même pas trop par quoi commencer, 

Alors, je me tais, devant ce coin prière où j’aime non pas passer du temps mais bien prendre du temps, surtout quand je ne l’ai pas et que j’y viens en fin de semaine, un peu harassée. 

 

Tu sais, le long de la semaine, j’aimerais vraiment bien être comme les deux belles icônes qui l’ornent : 

J’aimerais être comme st Jean-Baptiste pour Te désigner en toute chose et T’annoncer même quand le désert semble l’emporter comme aujourd’hui ; 

J’aimerais être comme st Pierre et st Paul, ces colonnes de l’Église, capables de porter Ta parole à chacun, solidement et amoureusement, même dans les communautés où règne le scandale ou, parfois, le paganisme indifférent à Dieu. 

 

J’aimerais tant savoir quoi dire en toutes les circonstances compliquées du jour : celles de l’Église et les galères plus personnelles que je vois autour de moi et j’ai l’impression de ne pas du tout y arriver ; 

J’aimerais tant, Tu sais, jeûner et prier, non pas un peu, mais à fond comme le pape François nous y invite, nous tous, peuple de Dieu, et je vois bien que mes actions sont minimes ;  

J’aimerais tant réussir à ne pas stresser intérieurement à chaque problème rencontré, et je sais bien que la confiance en Toi n’est pas encore une compétence suffisamment acquise, n’irriguant pas suffisamment les profondeurs de mon être ; 

J’aimerais tant savoir aimer même mes élèves les plus compliqués et, comme chaque année, je vois bien à quel point ce n’est jamais franchement gagné cette conjugaison sans faute du verbe « aimer »… 

La liste est longue mais Tu la connais par cœur et, sur le premier point, je crois que nous, catholiques, arrivons décidément à peu de choses, autrement qu’à en rester choqués, partant cois. 

 

J’aimerais… mais j’aime aussi simplement être là, avec Toi. 

Ce soir, j’ai écouté Ta Parole et laissé poser et reposer le silence,

Silence à peine troublé par les bruits de la vie alentour qui s’endormait, 

Ce silence par lequel Tu veux aussi toucher mon cœur, 

Ce silence qui sait régner entre ceux qui se connaissent suffisamment bien pour demeurer ensemble ainsi, en silence, 

Car l’amour s’y dit aussi, différemment mais très profondément, 

Et peut-être d’ailleurs que c’est cet apprentissage du silence d’écoute, fraternel et aimant, 

En nous taisant au lieu de parler à tort et à travers, à l’écoute du bruit d’un fin silence

Que Tu veux nous apprendre à vivre avec Toi,

Pour apprendre à le vivre avec tous. 

 

jeudi, septembre 20 2018

Mieux qu'un capitaine à bord, un évêque sur sa cathèdre !

 

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« Faire la fête en Eglise en ces circonstances ecclésiales difficiles ? Célébrer une ordination épiscopale ? » … Eh bien, oui, malgré tout, parce que l’Église demeure et qu’elle continue à nous donner le Christ et qu’il n’y a tout de même pas mieux possible que cela ! Ce fut dimanche à Nanterre et cela restera gravé en ma mémoire : non seulement parce que c’était la première que je voyais, avec ses rites magnifiques si signifiants, en chair et en os, et non pas d’un œil distrait sur mon ordinateur, mais aussi parce qu’il s’agissait d’un évêque que je recevais comme tel pour mon diocèse, comme diocésaine et, encore plus spécifiquement, comme vierge consacrée dépendant directement de lui. Accueil tout spécial de celui qui aura la charge de nous conduire, nous ses brebis, sur les verts pâturages du Seigneur, tel le Bon Pasteur : Dieu sait – c’est le cas de le dire – si la charge est lourde et peu aisée ! 

 

« Avoir un nouvel évêque, c’est avoir un nouveau patron seulement ? Pas super original, c’est juste une occasion de faire la fête ». Certes mais, pour nous les chrétiens (qui aimons, de fait, faire la fête), un évêque, ce n’est pas le patron, ce n’est pas le boss : c’est avant tout un Serviteur (« Serviteur des serviteurs de Dieu » se fait appeler le pape, autrement dit l’évêque de Rome), un serviteur du seul « Boss » qui, Lui-même s’est fait tout petit, homme, et obéissant jusqu’à la croix. Pas de quoi parader mais, peut-être de quoi frémir pour lui tant, par son ordination épiscopale, il est désormais configuré au Christ en plénitude et entre dans cette grande succession apostolique ininterrompue depuis les premiers siècles. J’ai aimé voir mon nouvel évêque ému durant cette célébration : je ne suis pas dans son cœur mais j’imagine qu’en recevant cette charge, on se sent tout petit, tout simple instrument, et qu’on perçoit combien Dieu est grand ! 

 

            Et, à l’instar de la messe chrismale, l’ordination et l’installation d’un nouvel évêque, c’est une fête de la grande famille que constitue un diocèse en toutes ses composantes : on en accueille un nouveau membre, dans une spécificité toute particulière, car sans cet être qui nous manquait jusque-là, nous serions foncièrement dé-peuplés, moins « peuple de Dieu en marche »

 

Ainsi donc, les évêques ont reçu, pour l’exercer avec l’aide des prêtres et des diacres, le ministère de la communauté. Ils président à la place de Dieu le troupeau, dont ils sont les pasteurs, par le magistère doctrinal, le sacerdoce du culte sacré, le ministère du gouvernement. De même que la charge confiée personnellement par le Seigneur à Pierre, le premier des Apôtres, et destinée à être transmise à ses successeurs, constitue une charge permanente, permanente est également la charge confiée aux Apôtres d’être les pasteurs de l’Église, charge à exercer sans interruption par l’ordre sacré des évêques (Lumen Gentium, §20)

 

Alors, c’est une joie immense et combien elle se ressentait sur les visages et se reflétait à la sortie de la cathédrale ! 

 

            D’ailleurs, ce n’est pas un « programme d’action » que nous a donné notre nouvel évêque à la fin de la célébration mais bien des intentions de prière comme un signe du seul grand axe profond de son épiscopat, celui de la prière, de la relation à Dieu, où et en Qui tout trouve source. Et peu importe les réflexions entendues ici ou là à la sortie, les paris sur l’avenir : « il va être comme ceci ou comme cela », qu’importe s’il nous mène mieux à Dieu ! Et il est là pour cela, a fortiori dans les circonstances actuelles tragiques où le bon cap semble parfois difficile à distinguer. 

 

              A nous d’être de bons « Simon de Cyrène » pour l’épauler comme nous pouvons et, avant tout, par notre humble mais fidèle prière. 

dimanche, septembre 9 2018

Encore une rentrée ?

 

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            Une de plus ? Rien à découvrir ? Pas vraiment, non : est-il vraiment une rentrée semblable à une autre ? Même s’il est des rites incontournables pour entrer en l’année scolaire, les rentrées se succèdent sans jamais être similaires, apportant leur parfum de neuf, d’inconnu, d’aventure, même ! 

 

En tout cas, ça y est, je les ai tous rencontrés, ces environ cent élèves répartis en quatre classes : des visages certes déjà connus pour beaucoup mais aussi d’autres simplement croisés ou encore pleinement inconnus. Les vacances leur ont fait gagner qui une dizaine de centimètres (ah le petit 4èmedevenu grand 3èmequi te lance avec une immense fierté : « Madaaaaame ! Je vous ai dépassée, ça y est !!! »), qui un joli hâle, qui un beau sourire où la joie de l’été ne s’est pas éteinte sur un visage qui fut jadis si fermé. Ces changements physiques rappellent très clairement qu’il ne faut pas les enfermer dans ce que l’on connaît déjà d’eux, en bien ou en… moins heureux ! Que sera cette année ? Que sera cet enfant ? Ce n’est pas au professeur de le décider ou de le deviner et c’est heureux. 

 

            J’éprouve de plus en plus de la joie à la rentrée, non des diverses réunions qui, elles, ne m’enchantent guère, mais de découvrir, de faire connaissance, d’apprendre à rencontrer ces jeunes esprits qu’il faudra aider à former, à faire grandir. Et cela, c’est une grande mission, si belle que je pense qu’on ne s’y habitue jamais tout à fait : elle est différente à chaque rentrée. 

 

            Comme tous les ans, j’ai glissé une nouvelle liste de noms dans mon coin prière, ceux de « ma » classe, une manière comme une autre de me rappeler de toujours prier pour eux – après tout, ils ont écopé sans le savoir d’une consacrée comme prof principale – et, surtout, que c’est un plus grand que moi, le meilleur de tous les pédagogues (et pourtant, il a eu du boulot avec l’être humain !) qui forme et qui doit former à travers moi. Cette année, de surcroît, c’est en 3èmeque j’assurerai cette mission avec ce que cela comporte d’implications en termes d’aide à l’orientation et, même si j’ai confiance, je ne fais pas franchement la fière tant ce sont de premiers vrais choix de vie pour certains : Seigneur, je vais avoir besoin de Toi !

 

Alors, Seigneur, fais avec moi cette année comme avec le sourd-muet de l’évangile du jour, s’il Te plaît : 

Ouvre mes oreilles et surtout celles de mon cœur : donne-moi d’apprendre à écouter Ta parole pour écouter ensuite mes élèves à fond dans ce qu’ils bafouillent de leurs grands désirs ; 

Délie ma langue de ce qui l’entrave vers la Vérité et la justesse ; 

Donne-moi de parler correctement, c’est-à-dire dans une charité sans faille, qui sache trouver le mot juste pour encourager, pour reprendre sans décourager et sans me décourager, pour orienter et réorienter ce qui doit l’être, pour tirer vers le haut, pour pousser et ramener celui qui est à la traîne, pour enseigner, bref pour exhausser plutôt qu’exaucer. Amen.  

 

dimanche, août 26 2018

Miserere nobis

 

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Au nom du Père du Fils et du Saint Esprit. 

Tracer sur soi ce « signe indélébile de Son amour », et se préparer à demander pardon. 

 

Je confesse à Dieu… Kyrie eleison ; 

Seigneur, prends pitié : pardon ! Pardon, pardon, pardon !!! J’ai envie de le crier aujourd’hui. 

Dans l’Église, nous ne sommes pas des Caïn, nous sommes responsables de notre frère, de nos frères. 

Pardon Seigneur pour tous ces « petits » qui sont les tiens, où Tu demeures, et qui ont été blessés d’une manière terrible. 

Pardon Seigneur à Toi, pardon à eux, j’ai envie de leur dire à genoux, pour me mettre pleinement à leur hauteur, humblement. 

Je ne saurais leur demander pardon correctement mais je crois qu’on ne leur demandera jamais suffisamment pardon : pour les actes et de toutes les complicités pour garder obscur ce qui aurait dû être révélé en pleine lumière, pour soigner, pour redresser, pour guérir. 

 

Et puis, le Gloria : 

… Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris, qui tollis peccata mundi, miserere nobis… 

C’est Toi qui as déjà porté et continues de porter le péché du monde : mon Dieu, Toi le Miséricordieux, porte-les…

 

Parce que nous sommes les membres de Son corps disait la deuxième lecture. 

Parce que l’Eglise, ce n’est pas « eux », c’est « nous ». 

Et pardon Seigneur pour leurs agresseurs, parce que, dans l’Église, le péché d’un seul concerne bien nous tous, réellement et spirituellement : 

 

Parler de péché social veut dire, avant tout, reconnaître que, en vertu d'une solidarité humaine aussi mystérieuse et imperceptible que réelle et concrète, le péché de chacun se répercute d'une certaine manière sur les autres. C'est là le revers de cette solidarité qui, du point de vue religieux, se développe dans le mystère profond et admirable de la communion des saints, grâce à laquelle on a pu dire que "toute âme qui s'élève, élève le monde" (É. Leseur). A cette loi de l'élévation correspond, malheureusement, la loi de la chute, à tel point qu'on peut parler d'une communion dans le péché, par laquelle une âme qui s'abaisse par le péché abaisse avec elle l'Église et, d'une certaine façon, le monde entier. En d'autres termes, il n'y a pas de péché, même le plus intime et le plus secret, le plus strictement individuel, qui concerne exclusivement celui qui le commet. Tout péché a une répercussion, plus ou moins forte, plus ou moins dommageable, sur toute la communauté ecclésiale et sur toute la famille humaine. (Jean-Paul iiReconciliatio et pænitentiae, §16) 

 

Alors, même à ceux qui viendront mépriser notre appartenance à l’Église certains jours plus visiblement constituée de pécheurs que sainte, il ne sera peut-être pas de trop de demander aussi « pardon ».

 

Et l’évangile qui vient se poser là où il faut sur nos questionnements : 

- Voulez-vous partir, vous aussi ?

- Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.

 

Alors prier éperdument, 

Alors T’adorer, 

Alors Te recevoir dans Ta parole et dans Ton pain de Vie pour être uns dans l’Amour, en Église, malgré tout. 

 

Il est évident que le spirituel ne suffira pas, qu’il faut mettre les faits en lumière et poser des sanctions et des critères nets, aussi bien de discernement que de fonctionnement pour que « JAMAIS PLUS ! ». 

 

Mais il est aussi évident que c’est à genoux, en adorateurs vrais du Père, en nous approchant de Sa Lumière qu’Il nous donne, Lui qui est la Vérité, que nous saurons à notre tour lutter contre les ténèbres, arrêter toute conspiration du silence, en résumé être ce qu’Il nous appelle à être pour nos frères : non des conspirateurs préférant l’ombre pour agir mais bien lumières du monde, appelés à servir et à aimer en plein jour. 

 

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