Il a une présence, ce qu’on aime appeler un charisme et surtout du vécu. Et une sacrée grande gueule… il choque, il dérange : on adhère ou on déteste. Mais ce n’est que la forme.

 

Je connaissais son témoignage par la radio et par ses livres : ce soir ne m’a rien appris de plus sur son œuvre, fabuleuse et toute pleine d’amour. Je n’ai même pas spécialement aimé car le côté si bref d’une telle rencontre lui confère forcément un caractère « one-man show » si dommageable… car on sent bien que ce n’est pas lui l’important.  

 

Le sel de sa parole, il n’est pas en effet dans les « enfoirés », les « vieilles bonnes femmes qui peuplent le confessionnal parce qu’elles n’ont rien d’autre à faire » et les « droites évangéliques » qui émaillent son si pittoresque langage, il est derrière encore, dans le silence de son cœur, où réside Quelqu’un devant qui il s’efface. Cela s’entend au silence qui, parfois, résonne quand il prêche ce qui tient en un simple petit mot : l’amour. L’amour reçu pour le donner, dans une pleine humanité.

 

A temps, à contretemps, appuyant le doigt avec assurance sur les fissures de ce public dit « favorisé » mais trop souvent malade d’amour. Alors, en regardant les jeunes rassemblés dans les premiers rangs, j’ai vu des yeux briller et des lumières chez beaucoup s’allumer.

 

 

À la sortie, rentrant avec des adultes, il ne m’a pourtant pas fallu longtemps pour entendre des interrogations sur la réalité de son célibat, célibat assumé et présenté comme une belle histoire d’amour : bordel de merde, glosateurs en tout genre, et si vous laissiez tranquilles, enfin, les lits de vos curés pour mieux les écouter ?