Zabou the terrible

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Mot-clé - Coups de gueule

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jeudi, avril 27 2017

Pas l'indifférence

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f6/Taizé_prayer.JPG/220px-Taizé_prayer.JPG

En classe,

Lendemain d’attentat :

- Voulez-vous en parler ?

Silence.

 

Lendemain d’élection :

A part chercher à connaître mon vote,

Silence.

 

Rien à voir ?

Je me demande, je m’interroge :

Banalisation de la violence,

Banalisation de l’exclusion,

Banalisation d’une politique qui semble trop lointaine ?

Banalisation du drame d’une France divisée.

 

Je ne mets pas tout sur le même plan,

Mais je m’interroge.

 

En 2002, j’étais lycéenne,

La présence d’un extrême au 2nd tour avait été choc

… Et réaction !

Une France dans la rue : des craintes, des « plus jamais ça »…

C’était maladroit mais c’était heureux.

Et aujourd’hui ?

Indifférence.

 

Malgré son nombre croissant de voix,

Je ne peux faire du FN un parti comme un autre,

Je ne peux pas dire : on a juste à choisir entre l’extrême-droite, le centre gauche fan de gros sous, le vote blanc ou l’abstention,

Je ne peux pas le dire en oubliant que, dans un des possibles, il y a « extrême »,

Je ne veux pas de la banalisation de l’extrémisme,

Je refuse cette indifférence crasse face à l’inacceptable !

 

Qu’on se le dise : je ne juge pas ceux qui le font,

Mais je ne parviens pas à comprendre comment on peut être chrétien et voter FN.

 

Je respecte infiniment la liberté de conscience

Mais il n’y a pas d’indifférence chrétienne :

Comment ne pas réagir ?

Comment ne pas être sous le choc du drame de tous les extrémismes, religieux comme politiques ?

Comment ne pas rêver de briser notre indifférence commune qui se généralise ?

 

Certes, je suis nulle en politique,

Certes, on ne peut se préoccuper de tout et tous,

Mais le Christ que nous suivons nous invite à l’attention à tous,

A l’attention même et surtout de ce qui est petit, exclu, blessé.

 

« Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde »,

Le contexte de Brecht et le nôtre sont différents,

Mais, dans le fond, n’y a-t-il pas la même question ?

L’indifférence tranquille n’est-il pas ventre trop fécond du fleurissement des extrêmes ?  

Je rêve d’un pays où les cœurs, les mains et les têtes en action deviennent les lieux féconds d’une société heureusement réunifiée,

Qui ose encore s’indigner

Et, qui ose, plus fort encore, s’engager. 

lundi, août 22 2016

De l'Appel plutôt que des catholiques en colère même pas à la pelle

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Avec quelques-uns, j'ai eu l'occasion de participer lors des JMJ à un échange sur les vocations chez les jeunes catholiques filmé par l'émission 'C dans l'air'. Ambiance bienveillante de la journaliste, y compris dans les questions personnelles qui suivirent. 

La diffusion de ce court reportage était prévue lors de l'émission du 15 août et quelle ne fut pas ma surprise de voir à mon retour de pèlerinage que l'émission de ce jour fut finalement consacrée au sujet "catholiques en colère", suite à l'assassinat du P. Jacques Hamel. 

Que le reportage soit diffusé un jour ou l'autre, ou pas du tout, peu m'importe, mais que l'on passe de la question des vocations à celle de la colère... ? Le changement de ton ne me semble pas anodin : d'une question spirituelle essentielle, l'on glisse à une question politique. Affaire de mode, de sondage ? L'audimat ? La belle affaire ! 

Aux JMJ, le jour même de l'assassinat du père, je n'ai pas vu de catholiques en colère, j'ai vu des catholiques attristés, meurtris parfois, mais j'ai surtout vu des jeunes catholiques priants, plus désireux que jamais de dire avec saint Jean que "Dieu est Amour". Ce n'était pas une illusion mais bien une réalité : qui y était sait la densité grave de la prière des JMJistes ces jours-là. 

Alors, le 15 août, grande fête pour les catholiques, fête où nous prions tout spécialement Marie, patronne de la France et où nous prions pour la France, parler de notre "colère" ? Laisser planer comme une suspicion de radicalisation ? Lancer comme des germes par ce terme d'une opposition des religions ? 

Et dire qu'il était question d'appels, de Dieu, de vocations... Et dire qu'il était question de Vie ! 

La vitalité des catholiques n'est pas dans leur nombre ou dans une quelconque colère... Elle est justement située bien là, dans cet incommensurable si peu médiatique qu'est leur vie spirituelle : dans leur prière, cette prière qui les fait apprendre à aimer à l'école du Christ, même quand tout sens est perdu en apparence. C'est bien cela qui est dans l'air ! 

mardi, mars 15 2016

Et si, entre le silence et les bruits... ?

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Comment ne pas être touchée par ce qui se passe actuellement autour du Primat des Gaules ? Comment ne pas être touchée dans le même temps dès qu’un scandale de pédophilie éclabousse notre Église ?

 

Je ne peux pas être d’accord avec ce qui s’apparente présentement à un lynchage en bonne et due forme du cardinal, un lynchage où les médias et les politiques semblent se répondre avec une escalade de violence jusqu’à demander, sans forcément connaître l’affaire, une démission de cet homme. Que diable, il est cardinal : c’est clerc et forcément pas clair ces bestioles-là.

 

Mais que cela soit clair, justement, je ne peux en aucun cas non plus cautionner un acte aussi grave que la pédophilie. C'est une honte ! Un acte gravissime qui brise des vies ! 

Je ne peux que reconnaître que, dans l’Église, il a trop souvent régné sur ces affaires la loi du silence. Pour étouffer tout cela et ne pas nuire à la réputation de... C’est grave et il faut le dire : nous n’avons pas le droit au silence ! Ne pas se taire : pour les victimes, avant tout, pour les aider à se reconstruire. Mais il faut le dire aussi pour les chrétiens : un chrétien, ce n’est pas quelqu’un appelé à une vie médiocre, c’est quelqu’un qui est appelé à la sainteté… un chrétien qui n’aide pas son frère en détresse, c’est un contre-témoignage. Un chrétien qui se tairait sur ce genre d’affaires, c’est pire qu’un contre-témoignage : c'est un complice, en état de péché grave.

 

Le chrétien n’est pas appelé au silence : il est appelé à écouter, à suivre le Verbe de Dieu et à Le proclamer.

 

En revanche, si je ne suis pas d’accord avec le silence, je ne suis pas d’accord non plus avec les « bruits », ces choses qui courent, qui se disent sans fondement et qui ne provoquent que médisance et mépris croissants. On attaque comme si c’était le cardinal qui avait commis les actes en personne, on attaque comme si la présomption d’innocence n’existait pas, on attaque comme si l’affaire était déjà entendue, jaugée et jugée et qu’on avait déjà à prononcer un verdict.

 

Je ne connais pas l’affaire et ne m'étendrai donc pas sur ce que j'ignore : mais il faut tout de même reconnaître que Mgr Barbarin n’était pas archevêque de Lyon au moment des faits… on ne demanderait pas la démission du ministre actuel de l’Éducation Nationale ou du recteur de telle académie lors de la découverte de cas de pédophilie d’un prof remontant à des années où il ne l’était pas encore. Pas pareil ? Certes : le chrétien a un idéal de sainteté et, par là même, une exigence d’exemplarité s’il veut témoigner. Mais il y a aussi une exigence d’humanité et c’est à nous tous de la respecter.

 

Je ne sais pas quelle est la part de responsabilité de cet homme :

Ce que je sais, c’est que je lis des réactions aux tons de plus en plus énervés, partant inconsidérées.

Ce que je sais, c’est que j’ai reçu une proposition de pétition à signer demandant la démission du cardinal.

Ce que je sais, c’est que les bruits ne font jamais de bien : ils sont cacophonie et n’éclaircissent jamais les esprits.

 

Il me semble qu’entre le silence oppressant et le bruit médisant, il devrait y avoir place à l’écoute et à la parole. Celles des victimes, celles des témoins, celles des accusés et celles des juges.

 

C’est un peu comme dans l’Évangile de dimanche dernier avec la femme adultère : il a fallu écarter les bruits véhéments pour accéder à la Parole… Il a fallu écarter les bruits pour que le silence de la pécheresse s’ouvre aussi à la Parole et qu’elle puisse entendre et s’exprimer.

 

Laissons la justice faire son travail.

Et nous, prions pour les victimes et pour leurs agresseurs,

Prions pour les juges et pour le cardinal Barbarin ;

Et que chacun d’entre nous grandisse sur son propre chemin de conversion, en écoutant Sa parole. 

 

samedi, novembre 14 2015

Vous ne passerez pas

 

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« Et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée » (Jn 1)

 

Hier soir, le choc, l’horreur.

Ce qui m’a frappée, c’est que ce choc-là, je l’ai ressenti en mon être : mes jambes tremblaient et je n’arrivais pas à faire passer une profonde sensation de froid tandis que mon cœur était en berne. L’état de choc devant l’horreur.

 

Cette peur, c’est celle que les terroristes veulent aussi, même dans ce nom que nous leur donnons : semer la terreur, la faire passer et germer partout, la glisser sous nos portes, chez nos proches et au plus profond de nos cœurs.

 

Et malgré tout cela, j’ai envie de dire, et même de crier :

La peur ne passera pas ! A celle-ci, nous opposerons la poésie, le sourire et surtout la vie : la vie jaillissante, la vie éclatante, la vie savoureuse… celle qui déborde quand on la choisit.

La peur ne passera pas : devant elle, nous nous comporterons avec ce trait d’attitude qui est si souvent décrié, avec lequel on se moque si souvent de nous Français, celui du coq gaulois, qui, même les pieds dans la m****, continue de chanter.

La peur ne passera pas : face à celle-ci, nous adopterons la fragile espérance qui sera notre plus grand rempart.

 

La haine ne passera pas : à celle-ci, au lieu d’amalgames incertains et surtout nauséabonds, nous opposerons la devise de notre pays qui se termine sur l'harmonieuse note de la fraternité.

La haine ne passera pas : aux prises d’otage, nous opposerons nos « portes ouvertes » qui sonnaient comme le plus beau des élans de compassion hier soir.

La haine ne passera pas : pour la contrer, nous continuerons à éduquer, à faire grandir des hommes et des femmes adultes, libres et heureux de l’être.

La haine ne passera pas : comme chrétiens, et peut-être même aussi simplement comme humains, nous choisirons chaque jour la charité comme guide de notre existence.

 

L’extrémisme ne passera pas,

La mort ne passera pas, malgré les terribles coups durs,

Devant les morts, nous choisirons chaque jour la foi : foi en Dieu pour nous croyants, foi en l’homme pour chaque être humain,

 

Pour qu’en nous engageant, chacun selon nos capacités,

Nous offrions à chaque aurore un jour plus lumineux et plus humain.

 

jeudi, février 5 2015

Du séchage, de la justesse, de la politique de la main tendue et de l’éducation façon JC

http://tun-tirage.e-monsite.com/medias/album/smiley-question.jpg

 

Hier matin, j’ai été confrontée à mon premier cas de sèche collective : un cours de rattrapage de 8h30 à 9h30, annoncé comme tel dans le carnet depuis plusieurs jours ;

Hier matin, au lieu d’une classe à peu près complète, j’ai eu des élèves en nombre tel que les doigts d’une seule main étaient déjà trop nombreux par rapport à ceux nécessaires pour les compter ;

Hier matin, j’ai été, je l’avoue, très en colère.

 

Mais très vite aussi je me suis demandée pourquoi étais-je donc en colère ?

En fait, j’ai été surprise devant cette violence soudaine qui m’habitait… Pourquoi suis-je en colère ?

Ce sont eux qui jouent avec leur scolarité, leurs bêtises diverses partout, la suite d’un début d’année plus que pas terrible… pas moi.

 

Il y avait certainement la colère d’avoir perdu une heure de sommeil, point un peu délicat et presque douloureux quand on n’est pas du matin et que c’est la période des conseils de classe et de diverses réunions ;

Il y avait aussi très certainement le fait de l’avoir pris pour moi… c’est un peu débile, je sais bien qu’il faut distinguer son « rôle » - dans le sens tant de fonction que de théâtre – de professeur de sa vraie vie. Mais il n’empêche… On passe tant de temps à préparer des cours qu’on y met un peu, beaucoup de soi. Et qu’un séchage, on a beau savoir que c’est plus un acte de paresse et de révolte adolescente, qui ne nous est pas directement destiné, c’est vrai qu’on le vit un peu comme un gros crachat dans la figure de notre investissement. C’est bête.

 

J’ai réfléchi en me tournant vers Celui qui est pour moi mon modèle d’éducateur, le Christ.

Lui qui s’est pris de vrais gros crachats dans la figure, pas de manière figurée ;

Lui qui a toujours appliqué à la politique de la main tendue…

Tu ferais quoi, Toi, Seigneur, à ma place ?

 

Les élèves furent repris et punis de leur acte… oui.

Et maintenant ?

Toi, Tu pardonnes toujours,

Toi, Tu tends la main, toujours.

 

Tu sais bien qu’on ne peut pas être de gros bisounours lançant des cœurs <3 à qui mieux mieux… surtout avec ces jeunes-là ;

Tu sais qu’il nous faut être droits, fermes et nous-mêmes le plus exemplaires,

Mais Toi Tu regardes,

Mais Toi Tu aimes à plein, à fond, vraiment…

 

Tu sais, j’ai beau m’interroger,

Je n’arrive pas franchement à savoir ce que Tu aurais fait,

Mais Toi Tu n’aurais certainement pas eu cette colère en Toi,

Tu aurais repris avec des mots justes, sans doute, qui pointaient pile sur leur cœur… mais Toi, Tu sais faire.

 

Il reste à espérer, il reste à prier :

Pour que la punition porte du fruit,

Pour qu’ils grandissent, comme de belles pousses,

Pour que vraiment mon cœur soit plein d’un juste et non naïf « je vous pardonne » comme Toi, Tu le fais si souvent avec mes merdouilles à moi,

Donne-moi Seigneur de les aimer, ces élèves pas faciles, comme Toi Tu les aimes.

mercredi, janvier 28 2015

Silence et justesse de ton

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Enterrement ce jour,

Deuxième en une semaine :

Il est des temps plus joyeux…

Mais cette fois d’un voisin.

 

Temps des témoignages au début,

Temps privilégié aussi pour connaître, pour prier,

Pour celui qu’on ne connaissait que par des discussions – certes parfois longues et belles – dans l’escalier.

Beaux témoignages justes, nombreux et touchants de la famille, profondément remuée par ce décès brusque, soudain, l’ayant laissée désemparée.

Et puis, à la fin, un témoignage d’un collègue du défunt…

D’un collègue peu habituel dans une église :

Athée, anticlérical, politisé et autres choses ayant de l’affinité.

 

Il ne s’agit pas de critiquer les athées, les anticléricaux, ni les francs-maçons ;

Comme tant d’autres, j’en fréquente au quotidien, j’en ai jusque dans ma propre famille et, en fait, j’ai beau ne partager aucunement leurs opinions, je les aime bien, je les aime tout court même, car je crois foncièrement que la différence est richesse ;

Mais il est question ici d’opportunité, de lieu, de temps.

 

Quand un témoignage se transforme en tribune politique,

Quand un témoignage se transforme en critique virulente de la religion,

Quelque chose de l’ordre d’un malaise s’installe.

Quand un témoignage, lu à l’ambon, clame notamment « ne laissons pas les religions prendre le pouvoir », alors qu’il est ici, devant, le corps d’un homme et devant une famille ayant choisi des funérailles chrétiennes pour l’un des leurs,

Il y a quelque chose qui ne résonne pas juste :

Maladresse ?

Malaise, mal-être.

 

Dans ce discours, le mot « laïcité » cachait un anticléricalisme crasse : c’était le droit de cet homme…

… Mais ce n’était pas le lieu, ni le temps de clamer ceci.

Et à l’heure où la « laïcité » a tendance à être mise à toutes les sauces, il serait bon dans le fond, elle qui dit si souvent aux religions de rester chez elles (c’est un autre débat !), qu’elle apprenne à respecter ces lieux, ces espaces, ces temps qui leur sont propres.

 

Pourquoi vouloir créer du conflit un jour où il est seulement question de prière ?

Pourquoi dire sa haine à peine masquée de la religion chrétienne par des mots que nous entendons déjà si souvent ailleurs dans nos vies ?

Convaincre des adeptes ? Laissez-moi rire !

 

A ce même ambon, ensuite, j’ai proclamé la Parole de Dieu qui parlait d’Espérance ;

Et puis, le prêtre qui célébrait a fait de même avec l’Évangile.

En proclamant ces mots auxquels je crois et que je voulais dire de la part du Seigneur notamment à la pauvre mère du disparu, j’avais le cœur encore plein de ce malaise.

 

Mais je suis restée sur ce mot d’Espérance, sur ce doux mot-là ;

Ce doux mot qui allait plus loin que les silences figés, pétrifiants, glacés d’une assemblée peu habituée à prier,

Ce doux mot qui allait surtout plus loin que la mort,

Ce doux mot qui porte, en germe, tout un monde pacifié en lui. 

En Lui. 

mercredi, janvier 7 2015

Je ne suis pas mais suis avec

 

 

 

Ce matin, étudiant le vocabulaire du rire avec mes 5èmes à partir d’un fabliau, je tentais d’élargir l’étude en demandant quels étaient les moyens que nous avions de rire des puissants aujourd’hui. Je ne pensais pas si bien tomber. Mes élèves ne maîtrisaient certes pas tous l’usage du mot « caricaturiste » mais ils voyaient de quoi il s’agissait.

 

 

En rentrant, l’horrible nouvelle.

En rentrant, le choc.

Pas de mots.

 

 

J’ai partagé quelques réactions, ici ou là, abasourdie.

 

 

Que cela soit clair : je ne suis pas Charlie, a contrario du hashtag d’hommage qui fleurit sur twitter. J’ai moi-même en horreur l’outrance et la moquerie de l’autre : je cherche à le respecter, dans son altérité, infiniment ; à l’aimer, comme le Christ en qui je crois m’y invite. Bon, que cela soit clair aussi : j’y échoue bien souvent et c’est peut-être là que je suis le plus « Charlie ».

 

En revanche, je suis infiniment attachée à la possibilité d’être (de) Charlie. Pour la liberté d’expression, d’abord, même si cela semble grandiloquent : avoir cette possibilité de tout dire, sans rien craindre…

J’y suis doublement attachée en fait : parce que c’est dans cette possibilité aussi que moi, j’espérais, je l’avoue, un jour, ta prise de conscience, ô rédaction de Charlie, de ce qui est dit dans la Bible, un livre qui m’est cher et que tu as choisi parfois de conspuer : « Tout (m’)est permis mais tout n’est pas profitable ».

Découvrir, en grandissant ( ?), le sens de cette belle et juste phrase.

Découvrir qu’on peut dénoncer, critiquer, sans manquer au digne respect des uns ou des croyances des autres.

Ceci étant dit, je l’admets, l’outrance, parfois, en grossissant les traits, peut aussi nous aider à prendre conscience de nos propres ridicules, de notre mauvaise communication, de nos travers et nous pousser à nous améliorer.

Et, de plus, j’aime le talent, le panache chez mes « adversaires de pensée », et certains de tes dessinateurs n’en manquaient pas sous leur apparente grossièreté.

 

Enfin, las. De toute façon, ce n’est plus le temps des débats.

Ce n’est plus le temps des mots non plus d’ailleurs.

 

Il n’y a plus qu’un seul mot à dire, en réalité, celui d’une condamnation ferme.

De l’acte.

Et de toute tentative de récupération : présente, comme future.

Les hommes de Charlie hebdo se voulaient libres, quoi qu’ils aient choisi une autre voie que la mienne : leur rendre hommage, c’est continuer à grandir en humanité, un point, où, certainement, eux et nous, chrétiens, nous retrouvions.

 

Pour moi, chrétienne, c’est aussi et avant tout le temps du silence et de la prière.

Pour vous, vos familles, vos proches… temps d’horreur absurde.  

Pour vos agresseurs : hommes, eux aussi,

Hommes à l’humanité comme à retrouver, sous l’horrible écorce d’un acte, d’un endoctrinement.

Temps de silence et de prière pour choisir, sciemment, au plus noir de l’horreur et de la déchéance de l’homme, de laisser poindre l’espérance, même violée, même voilée.

 

mercredi, août 27 2014

Ne poussez pas, je vous prie, le Mammouth dans les orties

 

 

 

Un nouveau ministre de l’Éducation Nationale (entre autres ! Mais particulièrement…) et c’est l’effervescence sur les réseaux sociaux, notamment du côté d’un grand nombre de catholiques. Le problème, c’est que ce que j’ai pu lire m’a un peu fait froncer le sourcil.

 

Il est évident que mon âme de chrétienne ne peut être en accord avec la totalité des positions passées de Mme Najat Vallaud-Belkacem et s’est déjà trouvée chiffonnée par ses propos. Il ne s’agit pas ici de faire de la politique, il s’agit d’éthique et surtout la concernant de bioéthique : de vie, en réalité. Mais ce n’est pas mon propos ici car je pourrais tout autant parler de mes divergences idéologico-spirituelles avec l’un de ses prédécesseurs.

 

Car, quand je dis que ce que j’ai lu ici ou là comme réaction à sa nomination m’a fait froncer le sourcil, c’est en réalité un peu plus fort : cela m’a blessée. On a crié haro sur le fameux mammouth dans son ensemble, décriant dès à présent un niveau encore en baisse ou une idéologie omniprésente, englobant dans le tout d’un jugement à l’emporte-pièce des masses de personnes concernées, et ramenant ces personnes à la seule nouvelle ministre.

 

C’est facile de cracher sur l’Éducation Nationale, sur ces feignants de profs toujours en vacances, sur ces nuls d’élèves… Mais connaissez-vous le « terrain » ? Ces milliers de profs passionnés qui se battent, chaque jour, pour faire grandir un peu plus, un peu mieux ? L’idéologie y est bien loin car l’urgence y est omniprésente, le niveau de fait souvent catastrophique mais, si la marche est haute à faire franchir, le défi est passionnant. Et, pour le coup, c’est la culture de l’humain qui y règne en maîtresse : et c’est ma joie.

 

Il y a un ministre de l’Éducation Nationale, oui, et on a le droit de ne pas être d’accord avec. Et on a le droit d’être méfiant mais, s’il vous plaît, et vous en particulier, mes frères chrétiens, ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain : l’enseignement privé ne saurait accueillir tout le monde et l’Éduc’ Nat’ reste la grande usine du savoir, extrêmement loin d’être parfaite, certes, mais n’étant pas repeinte idéologiquement à chaque ministre. D’autant plus qu’on peut travailler ensemble sans être d’accord ! Il faut, simplement, veiller à ce que la liberté de chacun demeure. 

 

Il ne s’agit pas pour moi de peindre plus blanc que blanc un tableau contrasté, souvent très sombre, ni en aucune manière d’encenser cette nouvelle ministre vis-à-vis de laquelle j'admets partager votre méfiance ou même  simplement de défendre mon bout de gras mais, s’il vous plaît, ô mes frères et sœurs dans la Foi, ne serait-il pas bon d’avoir aussi l’honnêteté intellectuelle que vous exigez de vos contradicteurs ? 

 

dimanche, janvier 6 2013

Crois-tu que le Christ est vivant, qu’Il nous aime ?

On me fait souvent la remarque que je ne réussis pas à parler d’Église sans, rapidement, parler de Foi ; que je ne parviens pas à parler de ses prises de position sans me référer à cette Foi qui nous anime, lien vivant d’une amitié, d’un amour fou, entre le Seigneur et nous. Et cela, ce n’est malheureusement pas assez, il faut toujours aller plus loin, sinon l’on tombe vite dans la vacuité des idées et dans un durcissement de position sans raison, oubliant Charité et Vérité, c’est-à-dire le Christ.

 

Tout cela, c’est que ce dit encore mieux l’édito de la Lettre du diocèse de Nanterre pour janvier et février 2013, rédigé par Mgr Daucourt qui veut visiblement nous provoquer dans notre hibernation. Ce texte a déjà paru ici ou là sur le net mais, parce qu’il est vraiment bien, profondément vivifiant et juste et qu’il tombe à pic en ces temps de grands débats sociétaux, je le recopie ici.

 

« Comme évêque, je me demande parfois si certains catholiques ne sont pas des « athées pieux » (phénomène connu en Italie sous l’appellation « atei devoti »). L’athée pieux défend des « valeurs ». Il s’engage généreusement dans des combats pour lesquels il fait référence à la morale chrétienne. Il participe à des rites chrétiens. Mais la question demeure : croit-il que le Christ est vivant, qu’Il nous aime, qu’Il nous sauve, qu’Il nous attend pour une vie éternelle ? Entretient-il une relation avec le Christ ? C’est en tout cela que consiste la spécificité de la foi chrétienne et non pas dans al défense de « valeurs » ou dans la générosité ou dans une morale, toutes réalités que vivent aussi des non chrétiens. 

 

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lundi, décembre 3 2012

Madame le Ministre, je vous fais une lettre…


 

Chère Cécile D.,

 

On dirait que tu as eu quelques mots malheureux… Ou tout au moins un peu rapides concernant l’Eglise et l’accueil des plus défavorisés.

 

Comme le dit le p. Cédric Burgun sur son blog, on croirait que tu as regardé Ainsi soient-ils ! Je suis d’accord avec lui mais il me semble que ce n’est pas tant l’accueil des sans-papiers dans le séminaire que tu as regardé que le si politique cardinal entouré de luxe (à moins que ce ne soit le pape et sa verveine : il faut dire que tu avais le choix). Une Eglise pleine de faste, d’or et d’argent à qui il faut venir secouer la manche de la soutane avec énergie pour l’amener à réagir.

 

Je crois que tu te trompes d’époque et, surtout, de réalité : c’est une vision erronée qu’on lit encore, il est vrai, ici ou là. Mais en plus, tu tombes vraiment mal : les cathos, c’est été comme hiver qu’ils se mobilisent : c’est leur Foi qui les y invite. Non par condescendance mais parce que l’autre est frère tout autant aimé de Dieu et que l’Amour, c’est en s’exerçant qu’il se multiplie toujours plus – mathématiques divines. Tu ne t’étonneras donc guère que les réactions fusent chez les catholiques. Tiens, va voir un peu ce que le responsable de la solidarité du diocèse de Paris te répond >> .

 

Voilà, Cécile, la réalité de ce qui existe. Notre richesse n’est pas celle des grands groupes financiers, tu sais, même si notre institution est ancienne… Viens participer à des groupes, à des retraites et vois toi aussi, sous l’apparente uniformité du monde catholique, ces murs qui craquellent, ces repas frugaux. Organise des pèlerinages et vois ces jeunes chrétiens parfois en galère financière que tu te bats pour faire partir, un peu plus loin, pour les aider à grandir.

 

D’ailleurs, notre seule richesse, nous t’invitons à venir la partager. A en vivre avec nous : elle ne te rendra pas riche aux yeux du monde, mais elle enrichira tous ceux que tu approcheras de ton amour.

 

Notre richesse est pauvreté, fragilité. Elle se trouve dans ce qui est petit et faible. Elle a un nom si banalisé, si trivial que j’ose à peine te l’indiquer, de peur que tu le comprennes mal. Car notre richesse à nous, Cécile, c’est l’Amour. On croit en un mec qui a donné sa vie par amour et, tu sais, dès qu’on choisit de le suivre ce type-là, on se lance dans un inconnu toujours plus exigeant, toujours plus décapant…

 

Notre richesse, notre force, c’est d’apprendre chaque jour un peu plus à nous donner par Amour, à l’exemple du Seigneur. Vois-en un résultat dans toutes ces initiatives chrétiennes !

 

Toutefois, Cécile, je te remercie pour une chose si tu as été sincère dans ta demande, c’est que tu as sans doute été l’aiguillon qui nous donnera envie d’aller encore plus loin dans le service de l’autre.

 

Et sur ce point, j’ai aussi à balayer devant ma porte, ne serait-ce qu’en osant enfin aller parler à ce SDF que je croise tous les soirs à l’entrée de mon parking, sur son tapis de sol, et qui me fout la pétoche à tel point que je n’ai pas encore osé y aller. Allez, à défaut d’une ouverture d’église, je sens que ça va se finir par un pain au chocolat pour lancer la conversation et voir comment l’aider : vois ça comme un gage de ma part. Et toi, quand viens-tu nous aider, ou, au moins, nous voir ?

 

Très respectueusement malgré mon tutoiement, 

Zabou

 

mardi, novembre 13 2012

Pontifier entre sujet premier et sujet second

 



Il y a une semaine, les évêques tenaient leur assemblée plénière d’automne à Lourdes. À l’issue de celle-ci, Mgr Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France a prononcé un discours de clôture rappelant quelques points de leurs travaux. Le mieux, c’est bien sûr d’aller le lire, il est par ici ! >>

 

Evidemment, en ces temps de débat, le mariage homosexuel a été au programme des discussions des évêques pour dire de manière nette leur posture. Cela m’interpelle comme, je pense, tous ceux qui cherchent à comprendre et à dire la position de l’Église autour d’eux qui n’est pas aussi simpliste qu’on veut ici ou là le faire croire.

 

Mais un point qui a tout particulièrement attiré mon attention dans cet excellent discours de clôture, c’est le suivant :

 

« Nous regrettons que le choix du gouvernement polarise tellement les attentions sur un sujet qui finalement reste second. »

Car il est essentiel.

 

Si les initiatives de débat se multiplient – ce dont on ne peut que se réjouir s’il s’agit d’un vrai débat et non d’un dialogue de sourds, lequel tend malheureusement ces derniers temps à prédominer – cela ne doit pas masquer le premier sujet, l’autre, la vraie urgence, celle de l’homme et plus particulièrement celle de l’homme qui souffre.

 

Et nos multiplications de billets, de liens, d’argumentations, de propos divers ou même de silence n’auront de sens que si nous nous battons chaque jour concrètement pour que le mal-aimé soit un peu plus aimé, pour que le pauvre le devienne un peu moins, pour que l’homme puisse toujours plus et toujours mieux accéder à sa pleine dignité d’homme en Fils de Dieu qu’il est.

 

Ce pas, ou plutôt ce pont à faire entre sujet premier et sujet second, c’est à nous de le bâtir chaque jour, de tout notre être ; 

En notre coeur, à l'instar de la croix et du poisson sis au coeur du logo de la Conférence des évêques de France, et au coeur du monde. 

En ne criant pas avec les loups mais en demandant humblement à Dieu, dans la prière, la grâce d’être ce pont.

Pour en empreindre nos actes et nos billets,

Pour empreindre nos paroles de la Sienne.

 

P.S. – N.B. : attention, je ne répondrai pas aux commentaires venant faire une quelconque provoc’ sur le mariage homo, que cela soit pour ou contre. Il ne s’agit pas ici de discuter de mon opinion ou de celle de l’Église sur le sujet. En revanche, si vous voulez en causer avec moi, y a pas de soucis, vous cliquez sur le formulaire de contact en haut à gauche ou m’envoyez un mail directement si vous me connaissez déjà à côté. With Love.

 

mercredi, mars 7 2012

Je suis une émanation...

 

Je viens de l’apprendre, je suis une émanation : une effluve, un miasme, une radiation, un remugle ou un relent, au gré du dictionnaire des synonymes.

 

Je suis une émanation : je vis dangereusement.

 

Vous le savez peut-être, aujourd’hui, les Anonymous ont attaqué le site du Vatican : bof, si cela peut leur faire plaisir… mais s’ils sont forts en informatique, je crains qu’ils n’aient quelques problèmes de vue – c’est vrai, cela n’aurait rien d’amoindrissant, on a souvent la vue qui baisse à trop avoir le nez devant un écran. En tout cas, c’est la conclusion que je tire de leur communiqué.

 

Je cite : « Cette attaque N'EST PAS dirigée contre la religion chrétienne ou les fidèles du monde entier mais contre l'Eglise apostolique romaine corrompue et toutes ses émanations ».

 

Aussi terrible que cela puisse paraître, je vous l’avoue, je suis une émanation.

Attaquer l’Eglise sans que l’attaque soit dirigée contre les fidèles, c’est un peu curieux et même impossible, en fait.

Parce que l’Eglise, c’est moi.

Pas que moi, oui, mais c’est tout de même moi aussi.

 

Alors, voilà, je suis donc une émanation et ça me fait tout drôle.

Je veux bien si cela peut vous faire plaisir, je ne suis pas du genre contrariante.

 

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jeudi, janvier 12 2012

Faciles les grandes idées…

 

Les toilettes de la Sorbonne sont encore sans doute les seuls relents visibles d’un vieil esprit qui y agitait les esprits estudiantins en 1968. Leurs murs se trouvent en effet bien souvent chargés d’affiches, de citations et de slogans qui dégénèrent en débats où l’art de la fine réplique y côtoie de manière trop discrète les combats en lettres grasseyantes où l’on s’avance avec la lourdeur d’un pachyderme. Comme si la force de conviction dépendait de la taille des caractères.

 

A côté des débats politico-syndicaux, un thème est récurrent : celui de l’avortement. Je lis ces murs, m’amusant des répliques où l’on ne voit que deux idéologies s’affronter de manière caricaturale et les insultes vite pleuvoir. Parfois avec un certain brio, il faut bien l’avouer. Toutefois, le jeu de mots est facile mais réel : il y règne une vraie atmosphère de chiottes…

 

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lundi, décembre 5 2011

Mes doux lapins…

 

Quand j’étais animatrice d’aumônerie en lycée, on causait de problèmes super graves, genre t’es stylo plume ou stylo bille ? T’es « fraises tagada » ou plutôt « schtroumpfs ? » Bon, aussi oui, bien sûr, mais en fait, on tâchait surtout de découvrir Dieu à l’œuvre dans nos vies et toujours un peu mieux, Bible ouverte et vies prêtes à s’ouvrir.

 

Pourtant, particulièrement quand on est ado, y a des points qui coincent et qui font qu’ils ont bien souvent du mal à faire rimer ça avec « catho ». Ca vient comme ça, quand on ne s’y attend pas et pourtant avec la même fréquence que les averses en Normandie :

 

« Nan, mais l’Eglise, elle est réac quoi…

Pas du tout adaptée. Elle n’y connaît rien ! »

Avec, en bonus potentiel, un léger soupir de dédain l’accompagnant.

 

Sur ce sujet, à tous les coups l’on gagne quand l’on commence à parler amourettes et puis, d’un coup, amour et sexualité.

 

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mardi, novembre 22 2011

Au pied de la croix

 Quand on fait des études de Lettres, on apprend la distance,

On goûte le nécessaire recul critique pour ajuster, pour peser, pour relire encore puis pour dire.

Délicat exercice auquel on n’a jamais fini de se frotter en disposant du large éventail des outils d’analyse critique : on sait alors la difficulté de poser un mot juste…

Et l’on peine à le poser.

 

Littéraire, je ne mets jamais ma foi de côté quand je lis, quand j’étudie, quand j’écris.

Et cela même quand j’étudie le programme d’agrégation « théâtre et violence », versant tellement dans cette violence, dans cette esthétique du choc qui n’est pas la mienne.

 

Pourtant, je vous l’avoue, j’ai du mal à crier avec les loups.

Question de caractère, question de formation ;

Question de choix, aussi, très certainement.

 

Les récents événements ont finalement peu parlé de théâtre contemporain ou d’art ;

Les récents événements ont surtout si peu parlé de foi…

 

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lundi, octobre 31 2011

Engagez-vous, rengagez-vous !

 

- Ah oui, vous êtes de la famille de Zabou ! Et comment que je la connais ! Elle est très motivée et impliquée.

- Trop impliquée.

 

Propos rapportés, propos pas à discuter parce que venant d’un aîné ? L’histoire fut assortie d’une morale m’expliquant en gros que la messe du dimanche, c’était bien, mais largement suffisant. Ah oui…

 

Ben… ben non.

Je ne peux pas adhérer à cela et, au-delà de cet exemple somme toute ridicule, dérisoire et banal, je repense à tous ces appels lancés à la paroisse en début d’année et qui demeurent bien souvent, trop souvent, sans réponse. Chaque année, cela me peine vraiment.

 

Bien sûr, il ne s’agit pas de stigmatiser ceux qui sont déjà overbookés, ceux qui ont déjà à peine le temps de voir et de vivre avec les leurs – ce qui est la priorité ! –, mais plutôt de pointer une attitude qui, à mon sens, n’est pas très juste.

 

Chrétiens, notre vie de foi ne peut se limiter à la messe du dimanche. Parce que la Foi, c’est avant tout un don, une folle histoire d’amour et que l’amour n’a pas de mesure.

 

Bien sûr aussi, aller à la messe le dimanche demande une réelle fidélité, un premier engagement… mais qu’est ma Foi si elle ne cherche pas à rejaillir sur toute ma vie ? Si elle ne s’engage pas quel que soit cet engagement, qui peut être celui si invisible mais si essentiel de la prière –, quelle est-elle ? Comment saurait-elle porter du fruit ?

 

Il ne s’agit pas de distribuer ici des bons et des mauvais points entre de bons et de mauvais chrétiens : ce serait ridicule, même tout à fait nul. Il s’agit de voir, de chercher comment vous, comment toi, comment nous, comment moi on peut servir le Christ.

 

Alors, on ne cherche pas avant tout à calculer en termes de stratégie, en « heures prises de disponibilité », à se dire « pas assez », « assez » ou « trop » impliqué, on cherche à savoir comment incarner au mieux notre Foi, selon les dons qui nous sont donnés et les services qui, ici ou là, nous sont demandés.

 

Et, toujours, l’on prie au moment de s’engager. Toujours.

 

Car l’engagement n’équivaut pas à l’activisme : c’en est même le contraire ! Quand bien même certains engagements demandent le sacrifice d’une bonne partie de son temps libre… Et c’est la raison pour laquelle il faut discerner, et y revenir souvent, pour toujours mieux s’ajuster : en priant, en demandant conseil aussi.

 

S’engager, se réengager…

Ce n’est pas chercher la gloriole, ce n’est pas faire des actions spécialement éclatantes : tout acte fait avec amour valant autant aux yeux du Seigneur.

Ce n’est pas non plus juste « s’impliquer » dans telle ou telle action pour s’impliquer.  

S’engager, c’est chercher à vivre sa Foi, de son mieux.

 

Je suis une des pierres de cette Eglise à laquelle j’appartiens.

Sans moi, l’édifice d’ensemble tient bon mais sans moi, il y a un trou, tout petit certes, mais un trou réel dans l’Eglise.

Et avec le froid hivernal qui arrive et les grandes tempêtes qui nous secouent périodiquement, c’est mieux qu’il n’y ait pas de trous, mais que tout tienne et se tienne ensemble, non ?

 

samedi, octobre 22 2011

Click and go…

Chers lecteurs, si vous lisez tout ce passage sans froncer le sourcil, si vous lisez chaque mot malgré l’intense inconfort de lecture qui est le vôtre présentement et malgré la longueur de ce texte inintéressant, si vous ne râlez pas pour l’absence flagrante de mise en page, de mises en gras, de signes diacritiques quelconques – à l’exception des virgules parce que, quand même, faut pas délirer –, de smileys enjoués et autres liens hypertextes ponctuant habituellement nos pages web de leurs coloris et soulignements engageant à cliquer un peu partout, c’est que vous êtes un lecteur, un vrai, un courageux ce dont je vous remercie grandement. Bref…


Vous m’avez suivie jusque là, sans sauter aucun mot ? BRAVO !

 

Mon propos est en réalité réaction à cet article fort intéressant paru il y a quelques jours sur le site de la CEF : « comment les internautes lisent-ils ? ». Celui-ci montre, ce que je veux bien croire, que nous autres internautes avons tendance à lire la zone sise en haut à gauche d’un article et peu ou prou le reste. Et avons, de plus, une fâcheuse tendance à la « lecture zapping ».

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dimanche, septembre 25 2011

De la chasteté sur Fesses-book

  

Non, désolée, ici, il ne s’agira pas de parler de fesses, de sexe ou d’autres histoires sises sous la ceinture. Il ne s’agira pas non plus de parler de continence sexuelle.

 

Encore moins in parce qu’encore moins croustillant[1], il va simplement s’agir de parler ici de chasteté. De chasteté comme vertu pour chaque homme, valable quel que soit notre état de vie, de ce conseil évangélique que chacun est invité à vivre comme recherche de justesse dans sa relation à l’autre.

 

« La vertu de chasteté ne se borne pas à éviter les fautes indiquées : elle a aussi des exigences positives et plus hautes. C’est une vertu qui marque toute la personnalité dans son comportement tant intérieur qu’extérieur. » Persona humana (1975), §11.

 


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samedi, juin 11 2011

Histoire de biaiser le débat : fais pas genre !

 

J’ai hésité à publier ce billet car on trouve déjà énormément de textes sur le oueb, bien plus documentés que celui-ci. Des billets (presque) unanimes côté catholiques contre cette fameuse nouvelle : la théorie dite du gender sera enseignée en SVT dans les classes de 1ère à la rentrée prochaine.

 

La polémique n’est pas mon fort mais je dois avouer que cette nouvelle m’a quelque peu hérissé le poil à moi aussi, ce qui me pousse à écrire ce billet sans prétention. Oh, que l’on ait des opinions différentes des miennes, je l’admets, ô combien ! J’aime même bien que l’on ne soit pas d’accord avec moi : cela provoque des débats qui souvent, me forcent à songer à des facettes inaperçues d’une question et m’aident à affiner mes idées, à moi, jeune catholique, cherchant avant tout Celui qui est la Vérité.

 

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mardi, mars 22 2011

Croix de nos frères

La souffrance d’un autre,

Ecrire, Dire, Parler,

J’ose à peine,

J’ai peur de l’impudicité.

 

Oscillation entre un devoir dire et la crainte de l’impudeur :

Mes mots me semblent soudain trop grands ou trop petits,

Insipides et manquants de justesse.

 

Pendant ce Carême, j’ai l’impression qu’elle vient de partout, la souffrance ;

Omniprésente comme je l’écrivais il y a quelques jours :

Au lointain des grandes catastrophes,

Au médian des intentions confiées,

Au proche de nos amis souffrants.  

Tellement de souffrance.

 

Et je ne sais que faire, ni comment…

 

Je ne saurais écrire.

Je ne saurais même aider : trop compliqué.

Je me contente d’être là, pas trop loin,

Je prie, discrètement, mais dès que j’ai un instant. 

Je tente de faire rire, d’amuser,

Je transmets les nouvelles des uns aux autres,

Et réciproquement : pas plus. Rien de plus.

 

Je n’ai que ma pauvre prière, je n’ai que mon amour impuissant face à la souffrance.

Armes ô combien indigentes…

Je les donne comme je peux, mais parfois – et encore plus quand c’est un proche, je l’admets – les larmes un peu aux yeux.


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