Responsable plutôt que vacancière, j’ai parcouru les vivifiants chemins de la Beauce, poser ma trace là où les pas des jeunes qui me sont confiés pourraient dimanche, avec sûreté, se poser. C’est l’aspect « défricheur » du responsable de jeunes et il est bon de le faire, même quand le jean et les converses en prennent pour leur matricule. Il est même doux de le faire, songeant à la marche en plein vent de dimanche, dans la campagne, (et, on espère, pas sous la pluie).


Il est bon de le faire, simplement parce que c’est là notre tâche de responsable : préparer en premier de cordée l’escalade de dimanche vers la cathédrale  avec l’assurance toutefois que, la corde étant arrimée à Dieu, y a pas de bile à se faire sur la qualité du matériel : c’est de l’ultra-solide qui laisse toujours toute sa liberté au grimpeur. Reste ensuite, à chacun, le choix de son chemin puis à moi d’indiquer en laissant le mou nécessaire afin de ne pas entraver la corde.

 

Il n’empêche, c’était bien beau tout ça mais, en arrivant devant la cathédrale, j’étais un peu frigorifiée. Il faisait froid, très froid, et il s’était alors même mis à pleuvoir. Je me suis précipitée à l’intérieur avant de m’arrêter à peine entrée, saisie de cet émoi profond, intimidant et stimulant tout à la fois, qui nous prend dans certains vaisseaux de pierre. Silence : tout semble soudain sacré et les tourmentes de la vie paraissent s’arrêter à la porte.

 

Obscurité pourtant, obscurité de cette nef : je rentrais dans un bâtiment plus noir encore. Mais l’œil s’accommoda bientôt et me fit voir, par transparence, cette lumière qui filtrait doucement. Par les vitraux, ces modèles si parlants même de nos vies spirituelles.  



Apprendre à être transparent à la lumière, diaphanes… comme si les traits plus forts n’étaient là que pour montrer notre opacité, encore, à la lumière divine tout en étant désignant clairement notre unicité. Pas encore…  

 

Mais le ciel énervé de l’autre côté ne faisait suffisamment rayonner, chanter dans toutes la polyphonie de leurs teintes ces partitions de lumière : rayons intérieurs, de l’âme, qui ne cherchaient qu’à diffuser.

 

Alors, je décidai de finir ma journée au Centre international du vitrail où se tient actuellement l’exposition des vitraux de Kim en Joong.

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Soudain, explosion de couleurs ! Éblouissement de cette vivacité qui se tenait là, explosant en de multiples jaillissements ! Chaque vitrail à sa mesure, chaque œuvre dans sa tonalité propre !

 

« Le vitrail doit nous parler sans paroles et s’adresser à la qualité de l’être humain qui veut recevoir la lumière éternelle » (P. Kim en Joong) Ouais, ben, je crois que Dieu venait de me faire vivre tout au long de la journée un « avent express ». Comme quoi, Il vient quand on ne s’y attend pas, même dans les obscurités de nos vies !