Zabou the terrible

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Tag - servants d autel

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dimanche, janvier 8 2012

Donnez, donnez…

 

Si l’on croit que la Parole de Dieu est vivante ;

Si l’on croit qu’elle est Vie ;

Elle doit entrer toujours plus profondément en nos cœurs, afin de porter du fruit.

 

C’est pourquoi, avec mes servants d’autel, on prend toujours lors des réunions un temps de lectio sur l’Evangile du dimanche. Temps de  prière qui prend des colorations variées mais se veut toujours moment privilégié de méditation.

 

« Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant. Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. »

 

De l’or, de l’encens, de la myrrhe.

Trois rois mages.

Epiphanie.

 

Se mettre en prière autour de la crèche :

Les trois rois mages apportaient chacun quelque chose de précieux à l’enfant Jésus…

Et toi, jeune servant, qu’apporterais-tu ?

Qu’aimerais-tu déposer de précieux devant Jésus ?

 

 

 

Par petits groupes, chaque servant prit alors le temps de la prière au pied du tabernacle pour oser jeter quelques mots précieux sur un papier, quelques mots d’offrande déposés ensuite dans une corbeille au pied de l’enfant de la crèche.

 

Pour nos plus jeunes, il faut bien sûr être là pour aider, prêts à répondre aux questions les plus inopinées… Une main se leva, celle du plus jeune du groupe, je m’approchai discrètement et me mis à genoux à côté de lui :

 

- On peut mettre quelque chose de gratuit ?

- Oui, bien sûr ! Il faut juste que ça compte pour toi, vraiment, et que tu aies envie de le donner à Jésus.

- On peut mettre l’amour alors ? Parce que ça compte, et c’est vraiment gratuit l’amour ! 

 

Toi mon bonhomme, t’as tout compris !

 

 

Or, encens et myrrhe made in servants ! 

 

dimanche, novembre 20 2011

« Seigneur, quand est-ce que nous T’avons-vu ? »

 

Ils ne sont pour la plupart pas bien grands,

Ils chahutent, et souvent.

Et puis, ils sont tous tellement différents !

 

Dans un groupe de cinquante, chaque proposition nouvelle est particulièrement un défi, tant le risque que certains passent à côté est grand, immense.

Pourtant, il faut avancer.

Pourtant, il faut proposer, sans jamais se lasser :

C’est rien de moins que la découverte du Christ, d’un Dieu qui est les aime, eux, personnellement, qui est en jeu.

J’aime croire que je sers ainsi, un peu, leur bonheur.

  

Et moi, la responsable de ces jeunes bruyants, j’aime le silence.

 

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lundi, juin 20 2011

Quand un week-end s'écrit en actions de grâce

  

Samedi matin, 10h. Dans une cathédrale bien petite mais dans une cathédrale toute remplie, deux hommes s’avancent pour recevoir le sacrement de l’Ordre, l’un comme diacre, l’autre comme prêtre. Grandeur du sacrement qui les « configure » au Christ serviteur et au Christ pasteur, dans toute leur humanité. Et c’est l’Eglise entière qui est en liesse !  

 

 

Samedi soir, 18h. Mon église paroissiale est plus dépeuplée en ce mois de juin riche en fêtes familiales mais, à 18h, c’est toujours fête car Dieu se rend présent pour nous dans l’Eucharistie. Puis, pendant celle-ci, deux jeunes que je connais bien, deux jeunes partant aux JMJ dans mon groupe vont recevoir un autre sacrement, souvent méconnu : le Sacrement des Malades. L’un d’eux est mon frère. Force du Christ qui rejoint dans les faiblesses !

 

 

Dimanche matin, 10h30 : c’est à nouveau la messe, c’est à nouveau Dieu qui est sacramentellement présent. Mais cette fois, ce sont 40 jeunes de la paroisse qui vont Le recevoir pour la toute 1ère fois. Petites mains tendues pour recevoir Celui qui est la vie ; petites personnes chahutant devenues subitement calmes… En les embrassant d’un regard, on voit des yeux pétillants, des sourires, une paix qui ne vient pas d’eux-mêmes. Et c’est beau !

 

 

Dimanche, 17h00 : Il ne s’agit pas cette fois de sacrement. Il s’agit des engagements des « novices » du groupe des servants d’autel, des plus petits, après une année de service, face au groupe, face à Dieu. Dire « je », dire « je m’engage », et en même temps proclamer que, sans Lui, on ne peut rien faire… « Donne-moi d’être un bon serviteur » : alors être béni par l’aumônier pour qu’Il donne de Le servir longtemps et avec joie dans l’Eucharistie.

 

 

Quatre occasions où Dieu se donne à des humains, malgré toutes leurs limites, gratuitement, par Amour.

Quatre actes de Foi, quatre occasions où des humains s’avancent librement pour recevoir le don divin, s’avançant sans connaître l’avenir mais marchant quand même, sûrs d’un Amour qui les dépasse.

Quatre occasions de rendre grâce, de tout cœur.

·     

vendredi, juin 10 2011

Tu as du prix !

« Tu es beau, sais-tu ? »

 

Avez-vous déjà essayé de dire cela à la personne en face de vous, celle-là même que vous n’avez pas choisie par affinité ?

En vérité, les yeux dans les yeux ? Sans gêne aucune ?

 

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jeudi, avril 14 2011

Je m'absente pour quelques jours...

... pas vraiment en vacances, 
... pas vraiment loin non plus, 
... pas très loin du tout même, puisque vous pouvez suivre les aventures de quelques servants d'autel que j'ai la joie d'encadrer à cette adresse jusqu'à samedi, en pèlerinage à Vézelay :
Quelques jours donnés pour mieux rencontrer le Christ, 
Avec vous tous ! 

jeudi, mars 17 2011

Croix-sens ?

La scène était tendre, mignonne, prêtant à sourire.

 

Une scène banale de ces mercredis matins où la paroisse grouille de toute sa jeunesse, de toute son enfance bruyante, mais tellement belle, vivante.

 

Elles étaient deux : une grande blondinette et une petite brune, venues dire au revoir à leur aumônier après le caté.

 

Elles racontaient ce qu’elles avaient fait pendant leur séance. Phrases saccadées, lancées de l’une à l’autre où le « mon père » scandait les phrases à la manière d’un prénom. J’étais là aussi, de passage à l’accueil et, connaissant bien ces deux phénomènes, m’amusais de les voir en si bonne forme.

 

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samedi, mars 12 2011

Photo divina

 

         Quand certains offrent une homélie en photos, d’autres s’essaient plus humblement à l’écoute parlante de la lectio.

 

Trois bribes d’un même Evangile partagé, trois équipes, trois scènes « figées » à réaliser comme autant de photos, d’instantanés d’une parole à laisser résonner.

 

Pas de contraintes, toute latitude pour la réalisation : herméneutique en forme de jeu pour un saisissement de l’Evangile autant par le cœur que par l’E /esprit, avec la participation active de l’imagination.

 

Au-delà des clichés : goûter l’Evangile dans ses saveurs et ses aspérités.

 

Et laisser dans le cœur, après ces tableaux vivants, une invitation intime à incarner la Parole, cette fois en mouvement dynamique, dans sa propre vie.

 

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dimanche, décembre 12 2010

Marchez en avent avec joie !

Ce jour, je serai avec 43 servants d'autel du groupe que j'ai l'immense bonheur d'encadrer en pèlerinage à Reims. Nous marcherons aux sources historiques de la France chrétienne en allant nous recueillir sur le tombeau de saint Rémi et en profiterons aussi pour contempler tout particulièrement en ce dimanche de Gaudete un ange au si fameux sourire. 

Pour cette occasion, certains servants furent chargés d'écrire des intentions pour la messe que nous célébrerons dans la basilique. Elles sont toutes simples mais je les aime vraiment bien parce que je sens combien elles furent écrites avec leur coeur. C'est pourquoi je vous les partage ici, comme un lien de prière : 

 

Pour ceux qui sont persécutés à cause de leur foi, comme en Irak, où certains ont laissé jusqu’à leur vie. 

 

Pour ceux dont le quotidien a été bouleversé par un événement inattendu et qui doivent se reconstruire face à celui-ci, Seigneur, nous te prions.

 

Donne-nous la patience nécessaire pour te suivre et persévérer sur le chemin de la foi. 

 

Pour notre groupe si soudé : aide-nous à renforcer les liens qui nous unissent. 

 

Bon dimanche ! Avec vous tous, in gaudio et dans la poursuite de notre thème "Le jour est tout proche, revêtons-nous pour le combat de la lumière !"

Zabou

mercredi, décembre 8 2010

Je lève les yeux vers les hauteurs

 

Quand un prépare un concours, on a tendance à avoir la tête dans le guidon : littérature française, grammaire, littérature comparée, latin, stylistique, allemand, ancien français… autant de mots qui deviennent la litanie scandant nos journées, dans un rythme rugueux, harassant, étouffant.

 

On a beau avoir choisi ce parcours, on a beau être passionnée par sa matière, on a beau savoir qu’après les difficultés devrait venir  un avenir peut-être plus serein, il est parfois dur de rayonner, de retrouver ses perspectives ou, pire, son désir, sa motivation initiale qui traîne, enfouie sous quelques kilogrammes de bouquins abscons.

 

C’est qu’à force de regarder le guidon, on oublie parfois qu’il convient de regarder un poil plus haut, à quelques dizaines de centimètres au-dessus : la hauteur fait un peu peur, prend un peu plus de temps pour l’accommoder mais elle rouvre nos yeux à la beauté. Elle redonne sa luminosité au paysage tout en évitant la chute, probable, de celui qui ne saurait regarder au-delà.

 

C’était il y a deux semaines, je traînais en réunion pour un futur grand événement catholique. Une réunion vraiment utile pour une fois, l’une de celles où l’on sort content d’avoir avancé, mais la tête en surchauffe après avoir épluché et réglé dix mille détails pratiques. Fin de journée. Une proposition, un acquiescement commun sans se consulter. Dix personnes se lèvent : un simple « Je vous salue Marie » doucement prononcé par ces voix d’hommes et de femmes qui se mêlent… Rien d’autre qu’une perspective regagnée, dans les échos imprévisibles de ma vie.  


dimanche, novembre 21 2010

Roi très admirable, douceur ineffable...

 


Ils sont arrivés il y a maintenant un mois. Des pas très grands, des qui font petits, minuscules même à côté de leurs aînés devenus tout grands ; des qui ont tendance à se prendre les pieds dans le bas de leur aube et à s’emmêler les bras avec le cordon de leur croix. Ils s’appellent Antoine, Delphine, Rémi, Camille, Maxence ou bien Joséphine et, avec cinq autres, cela fait un mois qu’ils ont rejoint le groupe des servants d’autel.

 

A leur âge, on se perd vite et l’apprentissage de la liturgie n’est pas chose aisée : on se trompe, on ébauche des gestes, on en bafouille d’autres en interrogeant sans cesse des yeux les plus grands. Mais il est des sourires, des lueurs qu’on aimerait conserver ad vitam : et j’aime regarder et leurs premiers pas, et leurs premières bêtises…

 

Ce week-end, c’était fête et ils touchaient pour la première fois à ces torchères un peu particulières qui embellissent chez nous la consécration des jours solennels. Bien sûr, ils se trompèrent magistralement dans leurs déplacements. Puis, pour couronner le tout, rien n’était coordonné et les flammes penchaient dangereusement. Pourtant, qu’ils étaient beaux leurs visages rendus lumineux tant par la danse d’une flamme que par la naissance douce, délicate, d’un sourire de leur cœur !

 

La fête du Christ Roi à côté de cela, elle n’est pas très réjouissante tant elle est située du côté de l’échec et de la douleur. Pourtant, elle vient comme sonner et résonner dans le temps ouvert entre Toussaint et Noël : elle est la fête de la pauvre unique vraie royauté, celle de l’Amour. Celui qui ne domine pas, celui qui perd tout, celui qui se donne jusqu’au bout… Le vrai amour quoi !

 

Le Christ a les mains crucifiées : il n’a plus que les nôtres pour bâtir, maintenant, sur terre, ce royaume à la saveur un peu utopique mais tellement poétique, tonique et vivifiante. 


Oh évidemment, je sais bien que les gestes des servants, surtout des plus jeunes, ne font pas directement grand-chose et peuvent sembler dérisoires. Ils ne changent pas le monde, ils aident simplement quelques-uns, dont eux-mêmes, à prier avec la liturgie. Ce ne sont pas leurs gestes qui viendront sauver des vies, ni même faire de grandes révolutions : mais chacun de leurs gestes et actes, même ratés, posés avec amour, y contribuent comme autant de gouttelettes finement ciselées. J’ose croire que c’est la beauté du service dont ils ont commencé à percevoir, sans le savoir mais en le devinant dans leur cœur, le sens profond.  

 

vendredi, octobre 15 2010

En service extraordinaire

« … Reçois le corps du Christ et que Dieu te bénisse…. »

 

Je tendis mes mains et reçus cette patène pleine d’hosties consacrées. Dépassée. Emerveillée. Rendant grâce pour le Pain de Vie que je venais de recevoir et préparant mon cœur à le transmettre à mon tour. Tête légèrement inclinée, écoutant dans mon cœur les paroles de bénédiction et d’envoi du prêtre pour cette mission à nulle autre pareille.

 

Ministre extraordinaire : on n’est rien, on ne fait que passer, que donner. Que transmettre ce que Dieu a d’abord donné, ce que d’autres mains ont consacré et ce que d’autres encore vont recevoir.

 

Moments aussi rares que fabuleux. Non parce que l’on se trouverait ainsi mis en avant, mais au contraire parce que l’on est alors pleinement dépassé par ce que l’on fait.

 

Quand on donne la communion, on est à la fois pleinement là et en même temps, plus tout à fait, tellement il y a à s’effacer derrière le sacrement, derrière Dieu qui vient se rendre présent et se donner ainsi à chacun. Rencontre personnelle, profonde, unique, dans laquelle nous n’avons pas à interposer notre présence humaine et ses interférences : c’est au Patron et à lui seul de faire tout le travail. Ministre, cela veut simplement dire serviteur.

 

Ce qui compte alors, ce n’est pas ma voix disant « le corps du Christ », ou bien mon pouce traçant une légère croix sur le front des enfants, ou même encore mes deux doigts tenant l’hostie, mais bien le Corps du Christ qui est là dans nos mains respectives. Présent.

 

Dans mon cœur, un curieux mélange de sentiments. Tant d’indignité que de dignité : indigne de le porter par mes propres et piètres mérites, rendue digne par cette humanité qu’Il n’a pas craint de venir partager. C’est peut-être pour cela que je sens rarement la fraternité portée à une telle incandescence qu’à ces moments-là : j’en reste émerveillée.

 

Et j’admire les visages et les mains de ceux qui s’avancent…

Le cœur priant, le cœur en action de grâce.

 

« … pour Le porter chaque jour avec amour jusqu’aux extrémités de la terre ».

Amen.

 

mardi, mai 4 2010

Même si rentrer est difficile

Il est difficile de poser une parole en rentrant d’un pèlerinage tant l’on craint – et d’ailleurs l’on sait – être en-deçà de la vérité et manquer de justesse dans un récit forcément lacunaire de ce qui fut, pourtant, instant présent. 

Mots qui échappent et achoppent devant le jaillissement de la vie.

Assise et trente servants : partir fut ardu, prenant, stressant…
Mais rentrer est difficile.

Que dire de la joie qui fut, qui est encore, vôtre ?
Comment pointer ces moments de légèreté où l’univers entier semble chanter à l’unisson de cœurs aussi jeunes que joyeux de la fraîcheur de l’Evangile ?
Comment choisir un moment parmi tous ceux, grands comme petits, partagés ?

Je ne peux qu’en sourire, je ne peux que me souvenir, je ne peux que fredonner. Et puis….

Que narrer quand certains qui vous sont proches ne voient dans vos engagements ecclésiaux qu’un joujou, qu’un hochet divertissant ? Et qu’un sourire devient provocateur dans un entourage où règne le mal-être ? Oui, rentrer devient bien difficile…

Mais saint François est le saint de la joie, celui de l’apesanteur qui prend toutes les libertés, qui abolit les distances et nos limites trop humaines, osant l’audace qui, à son tour, libère en nos cœurs le principe de la louange.

Alors, sur ses traces, rentrer peut devenir sourire.
Alors, sur ses traces, rentrer peut nous apprendre à offrir notre regard, à le laisser se transformer pour qu’il devienne Celui du Christ,

Alors, sur ses traces, chanter Alléluia
Dans la pauvreté et la simplicité de la joie.

lundi, mai 3 2010

Retour d'Assise


De retour d’Assise après quelques jours magnifiques



 

Et tous vos prénoms... Tous vos visages dans le cœur...


Et moi, j’ai surtout envie de dire :

Merci à chacun d’entre vous pour votre joie de vivre, pour vos sourires rayonnants !

 

"Que le Seigneur vous bénisse et vous garde,

Que le Seigneur vous découvre sa Face et vous prenne en pitié,

Qu’Il tourne vers vous son Visage et vous donne sa paix !"

 

mardi, avril 27 2010

On se lève tous pour Assise !

"Il connut cette joie folle du converti qui voit le monde s'évanouir autour de lui. Où est-il ? S'il pouvait parler, il ne trouverait pas les mots pour le dire, le langage humain n'a plus de sens. Toute notion d'espace et de temps s'efface. L'être même n'a plus conscience de son individualité. Simplement il est perdu et comme englouti par l'indescriptible bonheur.

Plus tard, s'il tente de ressusciter avec des phrases la merveille de cette minute, il peinera tristement sur des qualificatifs inertes. De nouveau, le voilà prisonnier d'un petit univers dont il a entrevu dans un éclaire le peu de réalité. L'ambition, l'argent, le pouvoir, le plaisir - vides. Seul existe cela dont le souvenir incommunicable fait battre le cœur et c'est pourtant cela qu'il faut donner aux hommes."

Julien Green, Frère François

Sur les pas de St François et de Ste Claire de ce soir à samedi donc,

Avec une sympathique bande de petits jeunes bien connus.

 

Ce blogue-ci ne sera pas alimenté mais vous devriez pouvoir suivre nos aventures par là :

http://pele-assise-2010.blogspot.com/

D’ailleurs la rédactrice sera la même que celle de ce blogue, bizarrement.

 

Merci à tous ceux qui m’ont souhaité un bon pèlerinage, ici ou ailleurs : je pars avec vous tous, chers lecteurs, dans la partie invisible de mon sac !

(Oui, oui, il faudra vous tasser un peu mais on devrait y arriver !)

vendredi, avril 23 2010

Responsable

Etre responsable de groupe. D’aucuns voient ça comme un titre honorifique ; les mieux informés savent en quoi cela consiste réellement : un service, comme un autre… plutôt même un peu plus lourd.  

 

Comme responsable, j’apprends vite les petites et grandes histoires des uns et des autres, ignorées le plus souvent de la foule. Il me faut garder la discrétion, et tenter d’agir en conséquence, sous la forme la plus adéquate, la plus juste.

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dimanche, février 7 2010

Chanson de geste

Je n’ai jamais été une grande « tactile »[1].

 

Quand certains aiment se promener sans cesse aux bras les uns des autres, se prendre dans les bras à tout va, pleurer dans le giron d’un tiers, peu expressive, je marque généralement une certaine distance. Pudeur du geste… peut-être trop grande ?



[1] Et le premier qui me répond « iphone » sort immédiatement.

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dimanche, décembre 6 2009

Pierre qui vive

Je revois ses yeux écarquillés quand, ayant regardé ma montre et dit qu’à cette heure là, normalement, on était à la paroisse, elle me répondit, comme frappée d’une idée soudaine :

 

« Mais… Mais comment ils vont faire les prêtres sans nous ? »

 

Petit rire charmé.

 

Bien sûr, c’est mignon, c’est rêveur et l’on adopte vite le sourire condescendant de l’adulte amusé des réflexions naïves de l’enfant : comme si le prêtre ne savait pas se servir des burettes tout seul comme un grand !

 

Dans l’absolu, c’est bien vu, terriblement bien vu. Et d’une pertinence à remuer nos âmes d’adultes, si habituées.

 

Comment les prêtres vont faire sans les servants, cela veut dire "comment les prêtres si pas les laïcs ?" . Et cela signifie surtout une question lancée à chacun : comment Dieu fera-t-il sans moi, si je ne viens pas prendre ma place ?


samedi, décembre 5 2009

Avent express

Je n’ai rien à dire tant, en ce moment tout est froid, ensommeillé, enfoui…

Et puis, tout est de nuit : les jours sont courts et ne semblent qu’un bref éclat entre deux périodes plus sombres. Quand, comment, quoi écrire quand la lumière qui nous attire semble nous fuir ?

Dans l’enfouissement de l’hiver, je suis partie, dehors, loin (un peu), respirer l’air, le vent.


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vendredi, septembre 25 2009

Qui jettera la pierre ?

croix soleil levant

                J’en ai marre de ces pseudo-débats sur le rôle de la femme… surtout en liturgie. Où les tensions théoriques sont plus présentes que l’expérience, que le vécu. Alors, puisque quelqu’un en plaisantant sur le questionnant billet « où sont les femmes ? » des sacristains en faisait la remarque : « pourquoi pas un prochain billet sur la liturgie écrit par une femme ? », je le fais, de façon un peu lointaine, et chez moi encore.  Parce que c’est brûlant comme le montrent les commentaires du pourtant beau billet du P. Emmanuel Pic, je parle, et pas dans une optique de combat mais dans celle d’un témoignage : celui d’une « fille servante d’autel ».


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dimanche, août 2 2009

Jesuitenkirche

 

Heidelberg, ville de Luther.

Heidelberg, ville où le protestantisme gagna vite les cœurs.

Heidelberg : il fallait que la Contre Réforme vînt.

Elle vint : les Jésuites arrivèrent. Mais que faire quand les églises sont déjà temples ?

 

En construire une neuve, bien sûr ! Mais comment ?

 

Vous prenez deux églises protestantes (en bleu), vous trouvez le milieu et vous construisez une monumentale église au milieu sur le modèle de celle du Gesu à Rome avec le collège qui va avec : vous obtenez la Jesuitenkirche. (en rouge) /Je pense qu'on voit mal sur d'aussi petites photos mais j'ai fait ce que j'ai pu/.

 

Une église baroque jamais terminée, ça dépote sec à l’intérieur !

 

 

Monumentale église qui a oublié d’être surchargée. Belle église où le blanc est rehaussé de quelques touches dorées, de sculptures conçues assez logiquement (Pierre correspond à Paul, Augustin à Ambroise usw.)

 

 

Ce matin encore, j’y suis allée à la messe et, non simplement vêtue de blanc, je dus… lire la prière pénitentielle ! Au-delà du côté surprenant de la chose (« Aber… aber… Ich bin Franzose ! Ich spreche nicht gut ! »), je dois raconter que j’ai été accueillie d’une façon formidable depuis que je suis ici aussi bien par le clergé que par les diverses personnes engagées : sacristain, organiste, lecteurs et servants. Et même par le clergé international puisqu’un prêtre tchèque et un prêtre slovaque se trouvaient là également. D’une façon fraternelle, pas comme une étrangère, juste une sœur en Christ qu’ils se réjouissaient d’accueillir. Et pourtant, qui suis-je sinon une simple petite laïque française sans importance ?

 

Je n’aime pas trop les expressions toute faite comme « citoyen du monde » ou encore tout ce que l’on peut raconter sur l’Europe, sur le fait de se sentir européen : cela sonne à mon oreille comme autant de mots ronflants qui ne recouvrent trop souvent que du vide ou, pire, une négation de notre propre patrie.

 

Mais, ce matin encore, dans cette belle église, j’ai cru ressentir à nouveau et vivre un peu plus ce que c’était, ce que c’est qu’être catholique.

 

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