Il est difficile de poser une parole en rentrant d’un pèlerinage tant l’on craint – et d’ailleurs l’on sait – être en-deçà de la vérité et manquer de justesse dans un récit forcément lacunaire de ce qui fut, pourtant, instant présent.
Mots qui échappent et achoppent devant le jaillissement de la vie.
Assise et trente servants : partir fut ardu, prenant, stressant…
Mais rentrer est difficile.
Que dire de la joie qui fut, qui est encore, vôtre ?
Comment pointer ces moments de légèreté où l’univers entier semble chanter à l’unisson de cœurs aussi jeunes que joyeux de la fraîcheur de l’Evangile ?
Comment choisir un moment parmi tous ceux, grands comme petits, partagés ?
Je ne peux qu’en sourire, je ne peux que me souvenir, je ne peux que fredonner. Et puis….
Que narrer quand certains qui vous sont proches ne voient dans vos engagements ecclésiaux qu’un joujou, qu’un hochet divertissant ? Et qu’un sourire devient provocateur dans un entourage où règne le mal-être ? Oui, rentrer devient bien difficile…
Mais saint François est le saint de la joie, celui de l’apesanteur qui prend toutes les libertés, qui abolit les distances et nos limites trop humaines, osant l’audace qui, à son tour, libère en nos cœurs le principe de la louange.
Alors, sur ses traces, rentrer peut devenir sourire.
Alors, sur ses traces, rentrer peut nous apprendre à offrir notre regard, à le laisser se transformer pour qu’il devienne Celui du Christ,
Alors, sur ses traces, chanter Alléluia
Dans la pauvreté et la simplicité de la joie.


















