D5. Arcueil me rappelle de sales souvenirs post-bac : j’y ai sué quelques heures et dans des conditions autrement plus stressantes. Aujourd’hui, tout est plus lumineux. Le directeur de salle affirme vous « agresser verbalement » et le fait, engueule une personne sur deux… charmant. Je suis prise d’un fou rire nerveux à chaque instant : tantôt c’est ma voisine de pas loin derrière que je vois compulser Barthes avidement (mais quelle idée !), tantôt c’est cette voix automatique qui résonne dans le haut-parleur pour vous donner quelques consignes (de sécurité… et la température extérieure, aussi). Amusement quand la surveillante passe, voit mon passeport fermé sur ma convocation, l’ouvre pour le mettre à la bonne page et tombe interloquée sur… des caractères cyrilliques. Du calme, je ne passe pas en fraude, c’est simplement un vieux visa ! Il y en a un marocain également, si vous préférez.

 

            Remplissage des codes divers. Comme d’habitude, mon nom a du mal à rentrer sur l’étiquette et je tire la langue à inscrire la totalité de mes prénoms. Huhu, on ne parlera jamais assez de la discrimination par nom de famille aux concours : comme si je ne passais pas 100 % de temps supplémentaire à remplir toute éventuelle nouvelle copie ! « Les portes seront fermées à 9h00 » : je me fais l’effet d’être future prisonnière d’un lieu étrange pendant un minimum de 2h30, et sans doute bien plus. On commencera à 9h07 : ainsi a parlé le chef de salle. Hugh. Il a pas une tête à être contrarié celui-là.

 

            Ouverture des enveloppes, distribution des sujets, retournement des feuilles : hop, c’est parti. Citation de Pierre Bayard sur la lecture. Je ris… C’est une blague ? Je veux bien, j’ai lu cet ouvrage, Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? mais n’avaient-ils pas mieux à proposer ? Littérature, littérature quoi ? Tant pis, je m’y lance, 6h et, c’est décidé, je me fais plaisir : à Dieu vat !

 

            Bon, j’ai pu citer Barbey, Bloy, Huysmans – ma chère triade capitoline ! – : j’en suis forcément contente. J’ai causé philologie et édition (… de brouillon !...), cité La Princesse (il fallait bien !), parlé de ce cher Calvino, de Phèdre et de Faust, de Rabelais et d’autres, encore… (dont certains livres que je n’avais pas lus : normal). Toutes ces choses qui viennent sous la plume quand on sait ne rien craindre puisque l’on vient les mains vides : je ne me serais jamais fait autant plaisir à citer qui je souhaite lors d’un concours ! Ma plaquette de Milka touche à sa fin, il est 15h07 : fin.

 

J’ai bien ri : ah quelle bonne journée les amis ! Bon, demain, on rigolera moins : y a ma bête noire le matin.

 

À plus tard.