Étrangeté de nos mots qui nous entraînent parfois où nous ne saurions aller.

Sensation douce-amère d’avoir dit plus que ce que l’on s’était fixé.

 

Pudeur de ce regard qui n’ose regarder tout à fait en face.

Des paroles, des mots, qui deviennent soudain mes mots.

 

Mots, qui de facteurs de divisions, s’effacent un instant, un seul, dans leur saisissante nudité, dans leur terrible impuissance, pour se muer en vecteurs d’allégresse.

 

Mots qui font exister, même ce qui n’est pas encore.

Mots qui font grandir, même s’ils ne savent tout à fait ce qu’ils disent.

Mots qui font peur, parce qu’ils nous dépassent.

 

Mots qui jalonnent notre existence, petits mots qui engagent après petits pas qui avancent, mots fous et finalement, peut-être, plus raisonnables que tout le reste…

Ces mots qui tentent de dire comme ils peuvent, avec effort, avec trouble, avec faiblesse et humilité, tout notre « amour des Lettres et notre Désir de Dieu ». Mes mots.