Je pourrais redire tout ce qui a déjà été écrit, ici ou là, sur tous ces changements qui ont jalonné ma vie ces dernières années en parallèle du blogue : ce serait vrai mais ce serait également inutile redite. Plutôt que cela, qui est certes réel, ce blogue « qui-ne-raconte-pas-ma-vie » en a tout de même été témoin en creux : il en porte les indélébiles marques, joies comme douloureux stigmates ou blagues potaches, marques de cette vie que je construis pas après pas et qui est, simplement, mienne.


 


Quand j’écris ici, je dis rarement les choses brutes comme je peux le faire dans mon « carnet », préférant les laisser résonner, afin qu’elles s’universalisent à la dimension de l’a/Autre. Mais, quand il m’arrive de retomber a posteriori sur un billet, je me souviens avec douceur de ce qu’il portait, pour moi, au-delà de ces mots qui pouvaient dire autre chose. Exercice de seconde relecture, parfois avec la distance de l’amusement, souvent avec un sourire complice. Les mots peuvent aussi se faire citations : partages d’écrits, de textes petits et grands, qui ne me semblent pas tout à fait si ordinaires, qu’ils soient pieux ou littéraires – ou les deux ! Amoureuse des mots avec lesquels j’aime tant jouer, avec lesquels je travaille, avec lesquels je passe mes journées…

 

C’est peut-être à ce niveau-là, dans ces mots, qu’intervient une des grandes surprises d’un blogue, de voir que nos petits mots en rejoignent d’autres, touchent ou travaillent différemment de ce que l’on aurait initialement pensé. Curieuses chose que ces commentaires d’autres, qui arrivent parfois on ne sait d’où, qui repartent, ou restent, la parole, leur parole, posée, en écho de la mienne qui ne m’appartient plus alors tout à fait. Il y a un caractère de dessaisissement, de lâcher-prise certain dans la tenue d’un blogue, même si s’en apercevoir n’est pas immédiat.

 

            Mais oui, autres, les autres : car je ne puis évoquer ces cinq années sans tous ces êtres de passage, commentateurs ou oiseaux d’un jour, d’une nuit. À vous tous que je connais ou non, qui posez parfois ici votre griffe d’une touche de clavier effleurée : merci pour ces mots échangés. Et grande joie de ceux que j’ai eu l’immense chance de rencontrer – ou avec qui j’ai eu l’occasion de correspondre – par cet alors vrai media ! Que l’aventure se soit élargie depuis octobre à une bande de frappadingues me fait peur et me réjouit tout à la fois : il sera bon, je crois, de la continuer avec cet équipage, si rompu au ressac houleux des bruits de sacristie, afin de garder le cap. Souquons ferme !

 

            Et l’Autre… Je ne saurais dire quelque chose de vrai sur ces cinq dernières années sans parler de Dieu et sans en être gênée tout à la fois... J’aimerais dire combien Il fut, combien Il est, combien Il sera le fondement de ma vie mais le dire ne serait pas juste tant ma vie est si peu conforme à cette démesure de l’Amour donné sans mesure. Alors, je préfère, à Lui aussi, à Toi, Père, dire simplement « merci ».

 

E ultreïa !