Troisième rentrée comme professeur ;

Mais première fois que je reste dans un établissement ;

Mais première fois que j’aurai des élèves déjà « eus » ;

Et là, c’est encore plus particulier : je vais être professeur principal d’une classe quasiment inchangée par rapport à la clase que j’ai eue en tant que professeur de français l’an dernier.


 

Je souris déjà en voyant leurs bouilles sur le trombinoscope : en un an, il y a déjà eu pas mal d’histoires vécues en commun : de belles histoires mais aussi des trucs plus compliqués.

Je les imagine grandis, le teint peut-être même hâlé par les vacances s’ils sont partis un peu loin : ce ne seront plus ces petits êtres minuscules que je découvrais il y a pile un an, apeurés par leur arrivée au collège, un peu perdus (comme moi qui arrivais finalement !).


 

A la veille de les accueillir,

Je suis heureuse mais je suis aussi stressée ;

Stressée parce qu’on ne maîtrise jamais tout dans la relation éducative,

Parce que je sais que ce sera compliqué avec certains,

Parce que je ne veux pas non plus les enfermer dans l’image de ce qu’ils furent l’an passé,

Parce que je n’en connais pas d’autres et qu’il faudra les apprivoiser particulièrement,

Parce qu’on change en plus un peu tout cette année dans le cadre d’un grand projet, qu’il faudra expliquer, mettre en œuvre, de manière passionnée…

Et puis, je reconnais surtout que c’est un peu stressant de penser à l’impact qu’on aura eu à leur enseigner le français durant deux ans et non plus une seule année : à cet âge, deux ans de vie, c’est énorme…

Et, cette année, il y aura en plus ce côté « référent » qu’a le professeur principal.

 


A la veille de les accueillir,

Je me sens un peu morveuse, pas trop à la hauteur,

Malgré toutes mes connaissances, malgré ma toute petite expérience encore en croissance,

Et, du coup, stressée et heureuse dans un même élan, j’ai particulièrement envie de prier.

 

A la veille de les accueillir,

Prendre une copie de leur liste de classe et la placer subrepticement dans mon coin prière, pas loin de ma Bible ouverte :

Il n’y aura jamais trop de paires d’yeux pour veiller sur eux…

Surtout la Tienne, spécialiste des clins-Dieu, sachant si bien regarder avec bienveillance,

Pourtant, avec l’homme, Tu avais tant à faire !

Que Ta Parole soit ma source,

Modèle d’éducation vraie, aimante et exigeante,

Grandissante, épanouissante : vers un toujours plus d’humanité et de liberté.

Pour qu’avec Toi, avoir des Lettres rime toujours avec l’éducation à (l’)être. 



(Illustration de : http://vidberg.blog.lemonde.fr/ )