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Méditation pour le Vendredi Saint 2024

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On parle des fêtes de Pâques, du Triduum pascal, ou encore de la fête des Rameaux ou de la fête du Jeudi Saint... on a du mal finalement à s’arrêter sur le vendredi saint, comme si c’était le parent pauvre de la semaine sainte. Même nos assemblées sont souvent moins remplies : que vient-on faire ce vendredi soir ? 

 

En fait, ça se comprend, le vendredi saint, c’est un jour plutôt triste : on rappelle la mort du Christ en croix, on lit la totalité de sa passion, selon saint Jean, comme on vient de le faire... ce n’est pas drôle, pas attrayant et même encore plus : à vrai dire, c’est un jour inconfortable. Les souffrances, que ce soient les nôtres, celles de nos proches ou celles des pays lointains dont on entend les nouvelles, ce n’est jamais très plaisant, on a vite envie de passer à autre chose. 

 

Et pourtant nous sommes là, comme une invitation à nous tenir là, malgré tout... comme Celui qui a choisi de se tenir là, d’aller jusque-là : la mort en croix. 

 

En fait, c’est aussi une invitation à regarder pour de bon, en face, les souffrances du Christ, très réelles, parce qu’il porte les nôtres, tout ce que nous sommes, tout ce que nous vivons et endurons. Et cela, ce n’est pas triste, c’est très tangible : c’est plein d’espérance. 

 

C’est ce qu’écrivait ste Thérèse de Lisieux dans un poème que nous chantons parfois : 

 

J’ai besoin d’un cœur , tout brûlant de tendresse
Qui reste mon appui, et sans aucun retour,
Qui aime tout en moi, et même ma faiblesse,
Et ne me quitte pas, ni la nuit ni le jour.
Non, je n’ai pu trouver, nulle autre créature
Qui m’aimât à ce point, et sans jamais mourir,
Car il me faut un Dieu qui prenne ma nature,
Qui devienne mon frère, et qui puisse souffrir
.

 

« Il me faut un Dieu qui prenne ma nature, qui devienne mon frère et qui puisse souffrir ». Ce soir, c’est ce Dieu qui s’est fait l’un de nous, jusqu’à souffrir, jusqu’à mourir, que nous contemplons et là, cela devient non pas joyeux mais pleinement consolateur. 

 

Je crois que ça vaut le coup très simplement, très humainement, à partir de la Passion que vous venons d’entendre, ce que Christ a souffert pour glisser, par Lui, avec Lui et en Lui, nos propres souffrances ou celles de nos proches : 

 

  • Jésus, d’abord, est trahi par l’un de ceux à qui il avait accordé sa confiance. Il est trahi et se fait arrêter avec une foule de gens armés, bien loin de la simplicité amicale avec laquelle il avait vécu tout au long de son existence. Lui, le Fils de Dieu s’était pourtant approché de chacun, sans craindre les convenances mais offrant sa confiance. Nous aussi, parfois, nous sommes sujets ou objets de trahisons : comme Lui l’a vécu. 

 

  • Il se fait aussi rejeter par Pierre, par ceux dont Il était le plus proche... « Jésus ? Non, je ne connais pas ». Nous aussi, parfois, nous restons enfermés dans nos peurs, n’osant pas témoigner de Celui qui est la vie de notre vie ! Mais parfois, aussi nous sommes sujets ou objets de rejets pour nos frères et sœurs : comme Lui l’a vécu. 

 

  • La calomnie : Lors des interrogatoires, on cherche à piéger Jésus sur qui il est, ce qu’il fait... alors qu’il n’a jamais parlé qu’ « ouvertement », sans mentir ni tricher, passant en faisant le bien. Parfois, nous sommes aussi, nous sommes sujets ou objets de mensonges : comme Lui l’a vécu. 

 

  • La souffrance physique et morale puis la mort : gifles, injures, moqueries, couronne d’épines, clous dans les mains, soif... et enfin la mort en croix. Sans plainte de sa part mais disant que « tout est accompli », s’offrant pour nous. Sans être allés jusque-là dans la souffrance, celle-ci traverse toute nos existences et celles de nos proches. Elle est souvent insoutenable : comme pour Lui qui l’a vécue. 

 

C’est tout cela : la trahison, le rejet, la calomnie, la souffrance et la mort, ou toutes les morts de nos existences ; c’est tout cela qui traverse nos propres vies, que nous pouvons confier à ses deux bras grand ouverts sur la croix, vers le Père, dans le secret de notre cœur. 

 

Comme le priait une personne en grande précarité :

 

Mes voisins me calomnient. 

On m’accuse de toutes parts 

de ne pas faire ce que je dois

Mais toi, tu me connais, 

Tu sais ma douleur et ma peine

Tu sais le feu qui brûle dans mes os. 

J’attends tout de toi, ô Dieu de justice, 

Vers qui me tourner ? Qui appeler ? 

 

Le soir venu, recroquevillée dans mon lit glacé, 

Je te parle, je te raconte ma peine et mon amour

Toi, tu es là, attentif dans le noir et le silence, 

Ton oreille écoute et ta main me protège

 

Je te parle et peu à peu tu remets la paix dans mon âme meurtrie[1].

 

Comme elle, n’ayons pas peur de parler au Christ et de Lui demander son aide jusqu’au plus profond des gouffres de notre humanité, car, aujourd’hui, c’est ce jour où nous pouvons particulièrement éprouver la proximité de Dieu, qui en vient à souffrir et à mourir d’amour pour chacun et chacun d’entre nous.

 

« Il me faut un Dieu qui prenne ma nature, qui devienne mon frère et qui puisse souffrir ». 

 

 

 

[1] Marie-Noëlle hachardPrières et cris d’en bas, 2024, p. 18-19. 

Commentaires

1. Le vendredi, mars 29 2024, 22:43 par SEITÉ

Merci pour le Podcast du café de Sèvres consacré à Marie-Noëlle HACHARD.
La foi désarmante de cette femme souligne la simplicité des rencontres du Christ avec les exclus de tous les temps.

Oui le Christ est victime de toutes nos trahisons, de nos rejets. Qu'il nous donne la force de cesser de mentir, de tricher, de mépriser.

2. Le dimanche, mars 31 2024, 23:04 par Zabou

Avec joie ! Bonne fête de Pâques et fête tout court, cher Pascal ! 

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