Zabou the terrible

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OSEF ? Ou à l’interface du monde ?

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           C’est jeudi saint ce jour et nous le célébrons spécialement ce soir. Toujours cette drôle d'impression, les jours saints, de faire encore plus que d'ordinaire le grand écart entre un monde qui ne sait pas ce que c'est et un univers où ces jours sont importants, voire essentiels. Pour moi, ce sont les jours que je préfère dans l'année liturgique. 

 

            Mais voilà, j’ai passé une bonne partie de la journée au lycée, dans mon lycée de banlieue pas franchement catho et le monde est indifférent à ce qui se passe ces temps-ci dans notre Église catholique. Il faut dire que c’est Ramadan et que cela nous impacte bien plus : avez-vous déjà essayé de faire cours à un ado qui a faim et qui n’a pas assez dormi ? On rame alors c’est au cœur de nos discussions. 

 

            Oh, certes, j’ai bien eu l’occasion de dire quelques mots sur le carême à un collègue qui croyait qu’il y en avait deux dans l’année... mais aujourd’hui ? Aujourd’hui, j’ai parlé du Triduum à ma compère catho l’agente d’accueil mais sinon nada. Comme on dit sur les réseaux, la vaste impression de lire en hashtag #OSEF, c’est-à-dire, de manière peu raffinée « on s’en f*** ».

 

            J’y pensais en finissant les cours et en regagnant ma voiture, jetant un regard sur le terrain de foot du stade voisin où certains de mes élèves s’entraînaient, me surprenant à prier en mon cœur : « Et pourtant, ça les concerne aussi ! Seigneur, c’est aussi pour eux ces jours-là, c’est même pleinement pour eux ! ». Et puis, j’ai croisé 4 de mes élèves qui étaient surpris de me voir là, on a ri ensemble avant que je ne file, vite : il y a messe ce soir et ils ne le savent pas. 

 

            Tout au long de la journée, pourtant, j’ai pensé que c’était jeudi saint, comme je penserai demain que c’est vendredi saint : à moi, il revient de ne pas être indifférente et de ne pas faire comme si ces jours étaient ordinaires. 

 

Ce soir, nous rappelions le don de Jésus lui-même dans le pain et le vin consacré et son appel à nous aimer les uns les autres jusqu’à nous laver les pieds les uns des autres. Organiser un lavement des pieds dans mon lycée ne serait pas aisé ! Mais, en revanche, il me revient de vivre ces derniers jours de carême en cherchant à être plus « aux pieds » (métaphoriquement, hein !) de mes élèves : peut-être en cherchant la douceur et en demandant la grâce de la patience quand les ados affamés sont excités, peut-être en cherchant un peu mieux, ou tout au moins un peu moins mal, à être cette interface du Corps du Christ dont je suis membre avec le monde qui l’ignore. Être le bout de Ses doigts pour agir, un peu, en cherchant à le faire comme Lui. 

 

J’ai pensé à ça en riant avec mes 4 lascars à la sortie des cours car les heures précédentes n’avaient pas été simples avec eux et là m’était offert un petit sas de décompression où offrir mieux un peu de douceur et d’espérance. 

 

            J’ai pensé à ça ce soir, devant le reposoir, en cherchant à Lui confier les élèves du jour avec des prénoms souvent peu chrétiens : Seigneur, bénis tous ceux-là, bénis toute cette humanité qui ne te connaît pas mais que tu as voulu aimer jusqu’au bout ! 

 

 

 

 

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