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François, l’homme touché et touchant

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            Annoncé depuis des mois, voici enfin en salle depuis ce mercredi 12 le film de Wim Wenders consacré au pape François. S’il me semblait indispensable d’aller le voir, je craignais d’assister à une pieuse et pontifiante (c’est le cas de le dire) hagiographie, peu porteuse, qui eût été rater l’Essentiel et encenser un homme.  

 

            Alors, certes, certains moments m’ont agacée sur ce plan précis, notamment une comparaison malheureuse de François avec ses prédécesseurs lors d’un moment de narration de la voix off mais ils sont bien peu de choses par rapport à tout ce que j’ai aimé dans ce film, permettant une remarquable mise en perspective du pontificat du pape François sous l’angle assumé de son premier geste prophétique : le choix de son nom. 

 

            C’est vrai et je n’y pense pas assez personnellement : quels sont les choix que pose le pape François et qui peuvent être reliés au grand saint d’Assise ? Ils sont en réalité nombreux et permettent de comprendre mieux que jamais la cohérence de son pontificat (bon, certes, la grande cohérence restant le Seigneur !). 

 

           Alors, en regardant ce film, peut-on dire Le pape François, un homme de parole comme l’annonce son titre ? Je n’en suis pas certaine. J’aurais plutôt précisé, en admirant les beaux plans du film et surtout les gestes posés, décidés, assumés, accompagnés certes de paroles fortes : « François, un homme touché et touchant », dans tous les sens que l’on peut donner à ces deux termes. Un homme qui écoute – il y invite clairement dans le film – à fond, qui se laisse toucher par Dieu et par la misère du monde, jusqu’à celle de la terre et touchant, touchant parce qu’il est à la fois une personnalité et pas grand-chose et touchant parce qu’il a cette incroyable aptitude au contact, à toucher les malades et à toucher les cœurs, parfois même ceux des plus puissants. 

 

          Et je l’avoue, j’ai plusieurs fois été émue, en me disant : « ce qu’il a raison ! » ou devant les situations qui te tordent les entrailles si tu as une once d’humanité et de compassion. De plus, le bonhomme laisse comme toujours transparaître une belle simplicité ou plutôt une authenticité qui permet d’y croire, de le croire. Cet homme n’est pas parfait, on le sait tous, il est humain, comme nous, alors parfois on a envie de dire, quand la narration se fait trop élogieuse, « la ferme » car ce n’est pas rendre service au film qui montre si bien cette lourde charge de diriger la barque de Pierre au milieu du monde. Mais on perçoit bien combien ce pape cherche à nous tracer un chemin, à travers les cahots de la vie, vers plus de vie et vers la Vie justement : alors merci pape François et merci à Wim Wenders pour cette belle œuvre ! 

 

 

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