Zabou the terrible

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D’émois de Toi

 

A chaque fois, quand je prends une douche là-bas, je me rappelle des copains, d’une retraite ensemble et de ce délire-là d’imaginer, à chaque fois, les moines en train de suer à la tâche et de nous maudire quand nous avions besoin d’eau chaude ;

A chaque fois que je prends une douche là-bas, je pense à cela et j’explose de rire toute seule sous la douche.

 

 

A chaque fois que je suis là-bas, j’hume l’air, le vent, je regarde l’eau du grand fleuve, son irisation par le soleil, comme autant de douces madeleines proustiennes ;

A chaque fois que je suis là-bas, il y a cet Amen qui vient se poser en surimpression d’un autre en mon cœur ;

A chaque fois que je suis là-bas, je suis tout émue d’action de grâce à capter tel détail lumineux ;

A chaque fois que je suis là-bas, à l’unisson des frères, j’entends chanter mes propres prières passées encore écrites au présent ;

A chaque fois que je suis là-bas, je ne rentre qu’avec émotion dans ce petit oratoire – parce que si Dieu, en s’incarnant, a rendu toute la terre sacrée, il est des lieux où, pour chacun, Il s’est dit plus présent –

Où j’ai usé mes genoux de nombreuses fois,

Où la moquette porte encore sans doute la saveur de mes larmes,

Où une caméra cachée capterait à chaque fois un large sourire de ma part.

 

On se rappelle nos premiers émois amoureux,

Quid de nos émois religieux ?

Ne sont-ils pas tout autant précieux,

Ne sont-ils pas tout autant, et follement, amoureux ?

 

 

 

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