
Il était temps pour moi de prendre un peu de temps à l’écart, quelques dizaines de minutes gratuites pour Un qui ne part pas en vacances, jamais… sinon avec nous, bagage léger, impossible à perdre. Temps un peu loin, aussi, de ces proches qui le sont parfois un peu trop quand on n’a plus l’habitude de vivre ensemble.
Mais, dans ces contrées perdues, l’église ne se trouve point à quelques pas comme dans ma banlieue parisienne. Il faut prendre le vélo et se rendre au clocher du hameau, que l’on aperçoit à peine à l’horizon (… avec les yeux de la foi, en fait). Peine perdue : la porte est close. Poursuivre sa route, aller au village suivant et se trouver face à la même situation. Quelques tours de pédale supplémentaires confirment le diagnostic dans une troisième bourgade plus importante : il me sera impossible de me poser à l’abri de ces voûtes obscures où le cœur est comme porté plus facilement à faire silence pour mieux écouter.
Ennuyée, je ne pouvais plus que reprendre mon vélo et rentrer, ruminant en moi-même certaine tristesse pour ces bâtiments grandioses qui perdent leur vocation, pour ces villages dont l’âme semble parfois si morte. Je fis quelques dizaines de mètres, avant de longer un champ tout juste moissonné : quelques épis restaient, le soleil déclinait… invitation d’une nature riante à plonger avec elle dans l’action de grâce du jour.
Alors, doucement, j’ai posé mon vélo et me suis assise pour recevoir les derniers rayons du soleil.
Et j’ai tendu les oreilles de mon cœur pour écouter le « bruit de fin silence » que fait une porte qui s'ouvre.











