Zabou the terrible

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Mot-clé - Espère sois fort et prends courage

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mardi, avril 24 2018

Silence !!!

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J’ai profité des vacances pour enfin voir en DVD le fameux Scorsese qui avait tant fait couler d’encre : Silence. 

 

Inspiré du livre homonyme (que je n’ai pas encore lu mais que je souhaite lire du coup), les retours que j’en avais eus étaient mitigés. Après l’avoir vu, je comprends mieux pourquoi : le film est complexe et peut facilement mettre mal à l’aise tant il sait habilement détourner nos attentes et nos facilités de penser. Il sait déjouer nos tentations de classer le monde de manière binaire. 

 

Le sujet ? Des missionnaires jésuites partant au Japon non seulement pour évangéliser mais aussi pour retrouver leur mentor qu’on signale perdu, ayant apostasié. 

 

Sujet ô combien rebattu déjà que celui de l’évangélisation des autres peuples ? Pas tout à fait. N-ième film sur le martyre, le fait de tenir bon ou pas, sur le reniement façon péplum romain sur les premiers chrétiens ? Non plus. 

 

Quand on pense à notre foi et à l’adversité, voire à l’hostilité, il est facile de se dire à distance : « moi, Seigneur, je T’aime, je tiendrai bon, c’est sûr ! ». Las, un autre l’a fait avant : « Même si tous viennent à tomber Seigneur, moi je ne tomberai pas » et l’on connaît la suite. Néanmoins, si l’on peut raisonnablement songer et essayer d’évaluer notre résistance de foi face à notre propre torture, si l’on peut se dire qu’après tout, notre vie est déjà donnée dans notre vie comme dans notre mort, qu’en est-il quand, de notre choix, dépend la vie des autres ? C’est tout l’enjeu du film... Alors, même quand tu as mal au fond de tes entrailles quand tu vois quelqu’un piétiner l’image du Seigneur, tu te dis souvent que c’est aussi par amour qu’un tel apostasie ou, au contraire, ne le fait pas. 

 

Que fallait-il faire ? Bien malin qui saurait le dire, bien malin qui saurait juger...  Silence, c’est le drame de notre conscience, prise dans l’absurde, dans l’horreur mais aussi dans l’amour. 

Et puis, la fidélité est-elle seulement ce qui se dit des lèvres ou aussi de ce qui habite le plus profond des cœurs, des consciences, ce lieu où nous rencontrons Dieu ? 

 

Où est le choix de l’amour ? Sans spoiler, il est vrai que le film se termine sur l’énigme d’un cœur, sur l’énigme d’une âme... Et c’est peut-être une vraie note de justesse bien plus qu’une facilité : Dieu seul sonde les âmes, les reins et les cœurs et Martin Scorsese sait le faire ressentir d’une manière grandiose à travers ce film.

mardi, mars 13 2018

Où en est la nuit ? Où en est le jour ?

 

Autre lecture sapide de retraite Veilleur, où en est la nuit ? du fr. Adrien Candiard. En bref ? Si vous voulez renouveler votre vision de l’espérance, lisez-le ! Mieux encore : si vous pensez encore que l’espérance est une vertu mièvre pour chrétiens manquant de cran, dévorez-le ! Si vous êtes de ceux qui aimez vous lamenter devant les ruines d’une civilisation parfaite (imaginaire), parce que « ma bonne dame, tout fout le camp », ne prenez pas de cachet mais lisez plutôt ce bon bouquin !

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Deux parties dans ce livre « Espérance et faux espoirs » puis « espérer pour la vie éternelle » : la première s’inspire du prophète Jérémie et le relie avec acuité pour notre temps pour éviter tout faux espoir d’un retour en arrière à l’identique ; la seconde nous invite à nous tourner vers la vraie mesure de l’espérance chrétienne, celle de la vie éternelle.

 

« Vivre pour l’éternité réclame un tel changement de perspective, un renversement si radical que les meilleures volontés peinent à y parvenir. Ce n’est pas pour rien, sans doute, que les portails des cathédrales ont fait de l’acrobate, capable de marcher sur les mains, l’image de la conversion à laquelle nous sommes appelés : conversion ne veut rien dire d’autre que renversement. D’ordinaire nous marchons sur nos pieds et nous avons la tête vers le haut. Mais quand il dit « convertissez-vous », Jésus nous dit « retournez-vous » ; et pas seulement « tournez la tête pour regarder dans la bonne direction », mais encore « renversez-vous, renversez votre manière de voir le monde ». Il s’agit de vivre tourné vers le ciel. Il s’agit de renverser les valeurs de succès et de réussite, pour vivre avec une autre logique, la logique du Royaume. Ce Royaume où les derniers sont les premiers, où ceux qui ont à peine travaillé sont payés autant que ceux qui ont trimé toute la journée, où on ne possède que ce qu’on donne, où seuls les faibles sont forts, parce qu’ils n’ont rien d’autre, comme sécurité, que la force de Dieu. C’est un peu fou, quand on y réfléchit. Si nous étions vraiment chrétiens, les gens devraient aussi penser que nous sommes un peu fous ; ils devraient penser que nous marchons sur les mains. Parce qu’ils ne savent pas que c’est en voyant le monde à l’envers, en sortant de nos logiques si familières d’égoïsme et de sécurité, qu’on voit enfin le monde comme il est, c’est-à-dire comme Dieu l’a voulu. Le vrai fou n’est pas forcément celui qu’on croit. » (p. 84-86)

 

F. Adrien Candiard, Veilleur, où est la nuit ? Petit traité de l’espérance à l’usage des contemporains, éd. du Cerf