Zabou the terrible

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mardi, décembre 11 2018

De l’horreur, de la fraternité et de pensées en vrac

 

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L’horreur, à nouveau… Et tous, à nouveau, sommes et serons unis dans la douleur, dans la terreur, dans la détestation d’un acte qui nous fera à nouveau nous méfier de vivre, tout simplement. Ces actes qui grèvent notre confiance dans la vie, qui ôtent toute légèreté, qui semblent poser une chape de plomb sur l’humanité : comment redonner saveur à la vie quand l’horizon s’assombrit chaque jour un peu plus ? 

 

Nous, les chrétiens, avons une intention de prière toute trouvée : pour les victimes, pour leurs familles mais aussi pour le bourreau qui a commis on ne sait vraiment pourquoi cet acte insensé aux conséquences fatales. Àl’heure où j’écris, il n’est pas encore trouvé ; demain, il sera peut-être tué durant sa fuite. La violence engendre la violence. 

 

Il y a encore quelques jours, nous étions un pays divisé, hurlant les uns sur les autres : cri des détresses, essentiel à entendre, mais aussi révélateur des dissensions et d’un cruel manque d’écoute, partant de fraternité. Aujourd’hui, dans la douleur, nous saurons retrouver ce chemin, j’en suis certaine mais, quid de demain ? Le perdons-nous à chaque fois, en dehors des circonstances tragiques ? Sont-elles les seuls événements fédérateurs d’une humanité erratique peinant à se trouver et à se comprendre ? 

 

Savons-nous nous encore aujourd’hui nous rassembler pour nous rencontrer ? Pour écouter la différence de l’autre et, peut-être, découvrir aussi ce en quoi il m’est proche. 

 

            Ce soir, j’avais le conseil d’une classe bien sympathique mais souffrant souvent de la division entre ceux qui font telle option et ceux qui ne la suivent pas : c’est au sein d’une classe, d’heures passées ensemble, qu’ils auront à se découvrir proches, prochains, les uns des autres et cet apprentissage-là me semble plus que jamais d’actualité, a fortiori quand même l’école publique n’offre plus guère de mixité sociale. 

 

            Ce soir, que notre fraternité ne soit pas que de douleur, que notre prière s’élevant dans la circonstance de l’attentat ne s’y limite pas mais s’élargisse pour demander au Seigneur l’art et la manière : l’art de l’écoute, la manière de la rencontre entre chacun de nos frères les hommes, prochains, même quand ils semblent lointains. 

 

(Dans la même veine, on lira avec profit l'appel aux catholiques de France et à nos concitoyens du Conseil permanent des évêques de France sorti aujourd'hui >>

lundi, mai 21 2018

Une voix s'élève parce qu'il en faut

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            Les migrants, thème à la mode… ou pas tant que ça, malheureusement, ou presque trop exclusivement chez le pape François, souvent considéré comme naïf quand il aborde ce sujet qui lui est cher : mais ce qu’il est facile d’oublier d’y penser, de se dire que ce ne sont que de pieuses pensées et, partant, de n’absolument pas se bouger ! Il est simple d'en rester à déplorer une situation et de se dire que le principe de réalité pousse à ne pas faire plus. 

 

            Alors qu’il est remuant et en même temps si bon de lire l’opuscule de Mgr Benoist de Sinety : Il faut que des voix s’élèvent ! Un appel pressant à vivre vraiment la fraternité, à ne pas confondre problème d’immigration et problème d’intégration, à ne pas regarder de haut ceux qui sont tout autant que d’autres nos frères, à ne pas se dire qu'on préfère traiter les questions bioéthiques en oubliant l'étranger qui arrive… un appel à aimer, tout simplement, clair, net, précis et efficace. 

 

Qu'est-ce que l'homme ? Toute la Bible et la pensée chrétienne ne cessent de chercher à répondre à cette question éblouissante et vergineuse. Non pas d'abord pour savoir comment il fonctionne - ce qui est important mais pas primordial -, mais bien pour cerner ce qu'il en est en totalité. Corps et esprit, chair et âme... grâce au message du Christ, je sais que toute réflexion et toute politique cessent de servir le Bien dès qu'elles ne cherchent pas à éclairer d'une manière ou d'une autre cette question. (...) On ne peut réfléchir à l'accueil du migrant si l'on met de côté cette question essentielle. Non pas d'abord en cherchant à déterminer ce qui fait le Français, Grec ou le Papou, mais en s'attachant à réfléchir à l'homme. Pour moi, chrétien, le fait que Dieu s'incarne, se fasse homme, donne à l'homme un prix infini qui dépasse toute valeur fiduciaire : le prix de l'homme, c'est Dieu. Dès lors, toute vie est unique et essentielle et nous devons proclamer cet intangible : aucune vie n'est inutile, aucune vie n'est méprisable. De sa conception au sommeil de la mort. (P. 48-49) 

Passant en revue sans aucune concession nos peurs et nos choix trop étriqués de société, ce court ouvrage nous invite à ouvrir nos yeux, à nous réveiller, afin d'ouvrir nos bras et notre coeur comme nous y presse le dernier chapitre avec une magnifique conclusion. 

Depuis longtemps, je sais que nous ne sommes sur terre que pour une seule chose : aimer l'autre. Ce que nous laissons derrière nous, ce n'est pas un souvenir pour des proches et des amis, ce n'est pas ce que l'on a construit pendant notre passage sur Terre. Même si l'on est un entrepreneur de talent, un génial architecte ou un peintre, les traces, les seules, qui demeurent vraiment et se transmettent aux générations suivantes, c'est cet amour. Un amour qui ne meurt jamais parce qu'il vient de Dieu et mène à Dieu. (p. 131) 

Et maintenant ? 

 

samedi, janvier 13 2018

Portes grandes ouvertes au Christ

 

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Ordinairement, le réveillon du jour de l’an est pour moi l’occasion d’une belle soirée entre amis où les mets fins côtoient les mots d’esprit et les grandes rigolades dans la chaleur simple et douce de l’amitié.

 

De ce moment si apprécié, cette année, point ! Car, à l’heure où en France vous franchissiez le pas de 2018, j’étais encore six heures plus tôt en 2017, de l’autre côté de l’océan Atlantique, dans un petit pays qui est comme le pont entre les Amériques du Nord et du Sud : le Panama. Formidable pays que j’ai eu la joie d’arpenter et de découvrir durant huit jours afin de préparer pour mon beau diocèse les JMJ de Panama en janvier 2019 : j’en suis rentrée cœur et yeux pleins et il me tarde d’en parler pour inviter chacun !

 

Que faire quand on est loin de chez soi le 31 ? Avec l’équipe, nous avons été invités dans la famille d’un responsable JMJ d’un diocèse panaméen. A quoi nous attendre ? Nous connaissions en partant le sens de la fête des Panaméens, nous étions loin de deviner leur formidable sens de l’accueil.

 

C’est dans une semi-campagne de province que nous nous sommes vites retrouvés, humble quartier aux petites maisons proprettes mais petites. La demeure de notre hôte était d’une immense simplicité mais elle avait sa porte grande ouverte : pour nous, pour tous les voisins qui se rendent des visites ce soir-là. Chacun va rencontrer les autres, simplement. 

 

Cette famille n’avait pas grand-chose et, pourtant nous avons été reçus mieux que des rois : nous avons vraiment été reçus comme si nous étions le Christ. Tant sur la forme que sur le contenu : plats locaux de fête confectionnés essentiellement à partir de leur propre jardin – que nous avons visité comme il se doit : il faut dire que nous n’avons pas de cacaotier, de palmier et de perroquets dans les nôtres – et du propre cochon qu’ils avaient élevé et, surtout, un accueil simplement en frères vraiment bouleversant. De belles discussions, une volonté de nous faire tout goûter de leur pays, de leur région, de leur culture… Quel beau réveillon ! Quelle joie que embrasser ces frères donnés au bout du monde à minuit !

 

Ils nous ont écrit après cette soirée, notamment ces beaux mots : « Nous avons ouvert les portes de notre humilité. Et nous avons été honorés. »

 

Quelle meilleure leçon ? C’est nous qui avons été honorés ! Et c’est nous qui avons reçu d’apprendre bien mieux, grâce à des frères, ce que le mot « accueil » signifiait.

Puisse tous les futurs JMJistes faire pareille expérience dans un an !