Zabou the terrible

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Mot-clé - Ô ma Foi...

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vendredi, janvier 29 2021

Dépliée !

 

            Pour finir notre série inspirée de l’image de Bernie Sanders, arrêtons-nous sur le détail dont quasi personne ne parle dans cette mode passionée : la chaise ! Vous connaissez l’histoire de la chaise, vous d’ailleurs ? Elle est pliante ! Bon, au-delà du très mauvais jeu de mots – mais, avouez, vous avez esquissé l’ombre d’un sourire intérieur – c’est intéressant car c’est un objet sur lequel nous ne sommes pas invités à rester, qui est la marque d’un repos provisoire de notre corps, sur un objet de qualité incertaine. Mais nous ne sommes pas faits pour rester assis ! Quand on se lève, parti pour de nouvelles aventures, on abandonne cette chaise provisoire qui sera vite repliée et remisée dans un coin. Quant à nous, reposés, nous serons dans un nouveau dynamisme. 

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mercredi, janvier 20 2021

Couvre et allume le Feu

https://medias.podcastics.com/podcastics/episodes/1505/artwork/couvre-le-feu-allumes-en-un-autre-inspi.jpg.dd9f67f50c8db2e6cffa0c49e4601e10.jpgPodcast disponible à 07h01 sur https://www.podcastics.com/podcast/episode/couvre-le-feu-allumes-en-un-autre-58485/ 

 

 

            Couvre-feu : tout ça au beau milieu de la si importante semaine de prière pour l’unité des chrétiens, cela sonne également bien tant la relation entre les différentes traditions chrétiennes a longtemps été marqué par le feu de la division, celui qui casse et sépare : scandale pour notre témoignage commun ! Évidemment et heureusement, ces feux de division se sont calmés ; évidemment et malheureusement, ils existent encore. Alors vive le couvre-feu ! 

 

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lundi, janvier 11 2021

D'ordinaire

https://medias.podcastics.com/podcastics/episodes/1505/artwork/dordinaire-inspi.jpg.89acfa23aa7b33b2e6f0bf4659752062.jpg

Podcast disponible à 07h01 sur :  https://www.podcastics.com/podcast/episode/dordinaire-56913/

 

            Aujourd’hui, nous entrons dans le temps ordinaire. Souvent, cela a une connotation quelque peu péjorative et l’on pourrait simplement contrer celle-ci avec l’habituelle formule de mettre de l’extraordinaire dans l’ordinaire. L’ordinaire, selon le Littré, c’est aussi ce « Qui est dans l'ordre commun, qui a coutume d'être, de se faire, d'arriver », ce qui n’est absolument pas négatif : c’est plutôt ce qui rassemble la plus grande partie de nos jours. D’ailleurs, dans les autres définitions, il y a « Il se dit des officiers de la maison du prince qui remplissent leur fonction toute l'année » : n’est-ce pas nous dans notre job, dans notre vocation de chrétiens ? Nous sommes les ordinaires du Bon Dieu !

 

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samedi, mai 9 2020

Un avenir en points d’interrogation

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            Tellement d’écrits en tous sens ces dernières semaines ici ou là, des choses intelligentes, d’autres moins, des réactions qui montaient crescendo de partout face à des missives avec lesquelles on consonnait tandis que d’autres hérissaient le poil. 

 

            Et à côté de cela, les nouvelles tourbillonnantes du monde, souvent sombres : celles de la santé de tel ou tel dans un premier temps et, dès maintenant, les horreurs de la crise économique qui commence à poindre et qui balaie les plus pauvres d’un violent revers. 

Et à côté de cela, des réunions en visioconférence qui commençaient à suggérer de plus en plus certainement l’incertitude, partant l’humilité foncière à partir de laquelle uniquement l'on pouvait commencer à bâtir. 

 

            De fait, mon agenda tout entier s’écrit désormais entièrement en points d’interrogation. Ce que je ferai dans deux mois ? Eh bien, pour une rare fois, je n’en sais rien. Chaque matin, mon agenda téléphonique affiche ce que j’aurais dû faire alors que finalement, il n’en sera rien. Les journées sont chargées pourtant, mais elles sont décalées par rapport à ce qui aurait dû être et rien ne s’y déroule comme prévu. Et l’après ? Personnellement, je ne sais pas de quoi l’« après » sera fait, s’il sera changé ou pas, et d’ailleurs je crois qu’il est trop tôt pour qu’on puisse déjà réellement parler « d’après ». 

 

            Pourtant, ce temps différent n’est pas sans enseignement : il nous invite à accueillir chaque jour pleinement comme présent, dans les deux sens du terme ; à nous enraciner chaque matin dans la certitude profonde que ce jour est don de Dieu et que nous avons à Lui y dire oui. 

 

            Je me rappelle de cet excellent bouquin que feu mon premier père spi m’avait fait découvrir, La Grâce de l’instant présent, qui s’appuyait sur ces trois termes : accueillir – consentir – offrir. Accueillir, consentir, offrir : comme trois notes fondamentales de ces temps troublés. 

            Accueillir le jour donné et les incertitudes sur celui-ci d’un « oui » sans réserve.

            Consentir au programme et à ses dérangements imprévus. 

            Offrir au soir tout don reçu vers Celui qui est avec nous. 

 

            S’inscrire dans le présent ouvre à la gratitude, à la louange et à la paix du coeur malgré la tempête actuelle du monde. 

 

Cela va d’ailleurs tout à fait avec le point d’interrogation – qui est comme le signe de ce temps – et l’esquisse de spiritualité que j’aime imaginer en regardant celui-ci : un point qui reste ancré sur terre, une boucle qui veut tendre vers le Ciel en embrassant de son épaisseur tout ce qui est vivant. 

 

dimanche, avril 12 2020

Belle fête de Pâques 2020 !

https://tse2.mm.bing.net/th?id=OIP.zjxdD1DnrKhM0gsEHoMxPwHaKJ&pid=Api

Joyeuse fête de Pâques à chacun ! 
Christ est ressuscité ! 


Que la lumière de cette fête vienne vous éclairer, même à l'intérieur de ce confinement qui, pour certains, est, je le sais, sombre de nuit ; 

Qu'elle irradie à travers toutes ces étincelles du quotidien, même quelque peu cachées, qu'elle vous aide à les repérer ; 

qu'elle resplendisse pour chacun parmi vous, pour ceux qui croient au ciel comme pour ceux qui n'y croient pas ! 

dimanche, mars 1 2020

1er dimanche de carême... pas si debout ?

https://www.photo.rmn.fr/CorexDoc/RMN/Media/TR1/GIOZ4U/07-506153.jpg

 

 

            Méditer en carême sur le fait d’être debout… alors que, si souvent, il faut bien l’avouer, nous sommes chancelants, voire à terre, si fragiles dans notre humanité. 

 

            D’ailleurs, il me semble même, à lire les textes du jour un peu en recul, que la première lecture du livre de la Genèse et l’évangile de ce dimanche sur les tentations de Jésus au désert nous invitent à ne pas nous laisser prendre au piège de croire que nous sommes toujours debout mais que nous sommes invités aussi à mieux regarder notre propre humanité. 

 

            Il est une tentation qui serait de croire que nous sommes rassasiés, que nous n’avons plus faim, repus, possédant tout… sans aucune place pour laisser croître le désir de Dieu. 

            Il est une tentation qui chercherait à faire croire aux autres que nous ne sommes jamais blessés, que nous sommes des solides, des sans faille… sans aucune place pour nous laisser toucher, pour rejoindre l’autre dans notre commune vulnérabilité. 

            Il est une tentation qui nous laisserait fanfaronner, debout, accaparés par la vision des idoles que nous nous forgeons dans nos vies, à essayer de nous hisser à leur hauteur illusoire au lieu de regarder à notre hauteur d’homme et de femme, humblement, pieds à terre, vers Celui dont nous attendons tout qui, Lui, vient toujours nous rejoindre là où nous en sommes. 

 

            Quand le Christ, Lui, n’a pas besoin d’en ajouter pour dire qui Il est parce qu’Il est justement Celui qui est, le carême est probablement, de notre côté, un temps pour croître dans la vérité de notre humanité. La tentation, du côté du Seigneur comme du nôtre, serait de ne pas être ce que nous sommes. Alors, si nous sommes bien effectivement appelés à être debout, soyons vrais, appelons-Le et laissons-nous relever de nos gamelles ! 

 

            La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, écrivait st Irénée, l’homme debout mais je crois que la gloire de Dieu c'est surtout l’homme qui se laisse relever, à chaque fois, par Son Sauveur. 

 

(Textes du 1er dim. de Carême année A)

 

mercredi, janvier 29 2020

Le projet en précommande

 
Addendum 31 janvier - le book-trailer 

dimanche, décembre 29 2019

Sainte famille 2019

 

https://tecuentomife.files.wordpress.com/2013/01/icono-de-la-sagrada-familia-de-rupnik.jpg

 

Sainte famille… loin des représentations sirupeuses, Marie et Joseph ont connu bien des tribulations avec ce petit bout d’homme qui était déjà complètement Dieu : annonciation(s) d’inattendu, naissance galère pas du tout dans la super maternité qui fait rêver tout le monde avec accompagnement de la maman et du papa mais plutôt la version système D, fuite en Égypte façon exil politique pour éviter que l’enfant soit massacré, retour peu rassuré et discret, perte de l’enfant au Temple et tout ce qui se passe après ses 30 ans et puis, plus largement, tout ce qui n’est pas raconté dans les Évangiles et qui fait pourtant la vie d’une famille, en ombres et en lumières, en creux et en bosses. 

 

‘« Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. » Il leur répondit : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. »’ (Lc 8, 20-21) Comme Il l’affirme ainsi, la Sainte famille, c’est aussi l’Église, c’est-à-dire nous, à mesure que nous écoutons Sa Parole et que nous la mettons en pratique. La Sainte famille, ce n’est pas du tout plat, du tout cuit, du tout réussi : la Sainte famille a connu des tribulations, l’Église en connaît parce que l’écoute et la mise en pratique de Sa Parole, cela ne se vit jamais sans résistance. Mais c’est en devenant toujours davantage Sa Sainte famille, à l’écoute du Verbe fait chair que nous apprendrons à placer Sa Sainte famille et toutes nos familles sous le seul signe de ce qu’est le véritable Amour. 

 

 

jeudi, décembre 26 2019

Noël de prof, Noël jusque-là

 

 

 

 

 

C’est vrai qu’il serait plus confortable d’avoir un Dieu qui se montre tout de suite tout-puissant à la manière des super-héros : 

Et pourtant, notre Dieu est le Dieu qui se fait homme ; 

Et pourtant, notre Dieu est le Dieu qui naît dans une crèche ;

Et pourtant, notre Dieu est le Dieu qui meurt en croix. 

Il est aussi, évidemment, le Dieu qui ressuscite et qui vainc la mort mais cette éclatante victoire ne peut faire oublier ce qui précède. 

 

Je crois que, parfois, même si on le sait dans notre intellect, on s’attache aussi, presque inconsciemment, à notre conception victorieuse de Dieu et on en oublie la réalité de cette naissance : 

Dieu vient naître là où on ne veut pas de Lui, pas de place parmi les hommes, avec un aubergiste probablement bien agacé de cette demande en sus ; 

Et Dieu vient naître dans une mangeoire, pleine de foin, proche d’animaux, dans une odeur probablement détestable. 

Nous avons tous une part de représentations sirupeuses de cette naissance en tête – même s’il est probable que l’émerveillement de toute naissance fut bien présent ! 

 

Pourquoi tout cela ? Parce que je pense que cela porte aussi des échos dans notre vie spirituelle : on peut parfois penser que Dieu n’est présent que dans les belles choses victorieuses de nos existences. 

 

J’y ai beaucoup pensé à Noël et dans les jours ultimes de la préparation à la fête car, sous ma casaque de prof, j’ai vécu un premier trimestre houleux : pas tant le changement d’établissement et de niveaux enseignés que, surtout, une classe dont je suis professeur principale à la concentration incroyablement élevée d’histoires problématiques. D’où une classe difficile à « gérer » certes, mais surtout de nombreux éléments annexes à mettre en place pour tenter de les accompagner, au mieux, au-delà des réactions strictement disciplinaires. Alors, à Noël, ce sont leurs vies compliquées et leurs visages qui ont énormément habité mon cœur… J’ai voulu confier ceux-ci : 

Toi qui ne sais t’exprimer que par les poings quand cela dépasse un certain seuil, 

Toi qui as probablement un problème psychique, qui es hors-sujet et ramènes tout à toi à tel point que souvent ma patience te concernant est mise à rude épreuve, 

Toi dont les paroles sont si fréquemment violentes et menaçantes et qui n’as jamais appris à te canaliser, 

Toi qui consommes très probablement des produits illicites dans une famille où tu n’es visiblement pas le seul, 

Toi qui ne sais pas gérer ta sexualité commençante et as tendance à la faire tomber dans les ornières de la pornographie et non du respect et de l’amour vrai, 

Toi qui as peur de venir en classe et sèches pas seulement un peu mais tellement que cela met ton année en péril, 

Toi dont il y a un problème d’alcool dans la famille, 

Toi qui viens d’ailleurs et ne sais pas écrire convenablement deux mots d’affilée, 

Toi qui es un chouette garçon mais qui viens de vivre tant de tribulations depuis ton pays pour arriver enfin en sécurité en France, 

… et vous tous, cette classe qui commence enfin, après plus de trois mois ensemble, à prendre forme, peut-être parce que chacun finit par accepter d’être ce qu’il est. 

 

J’ai voulu croire que Dieu était venu pour chacun de vous, pour chacun d’entre eux, dans leur pauvreté comme il l’a fait dans une mangeoire de Bethléem, et, qu’au cœur de ces ténèbres, Il est justement venu se rendre présent et apporter Sa lumière : celle de l’Espérance, la vraie, celle qui espère plus loin que toute nuit. C’est aussi cela un joyeux Noël ! 

 

 

samedi, octobre 26 2019

De la laïcité, des laïcards et autres considérations religieuses

http://www.prefectures-regions.gouv.fr/var/ire_site/storage/images/ile-de-france/documents-publications/pref-actualites/2018/16-mai/laicite-des-formations-civiques-et-laiques-d-aumoniers-dispensees-en-ile-de-france/305863-1-fre-FR/Laicite-Des-formations-civiques-et-laiques-d-aumoniers-dispensees-en-Ile-de-France_articleimage.jpg

La laïcité revient dans les débats comme on en a périodiquement l’habitude. Ce qui a mis le feu aux poudres c’est une histoire où le plus choquant à mon sens est le ton méprisant de l’élu prenant la parole : quelle que soit l’opinion sur le voile (et encore est-il si simple d’être juste pour ou contre ?), comment peut-on se permettre de rembarrer ainsi une personne au nom de la République alors que cette dernière est censée avoir pour fondement le respect de l’humain ?

 

Pour le reste, pour ou contre ? La question n’est jamais si facile qu’on le pense et demande tout sauf des réponses binaires et arbitraires. Il va falloir très certainement la repenser pour permettre à chacun de vivre sereinement sa croyance ou sa non-croyance dans une société pluraliste.

 

Vivre sereinement cela ? C’est justement, pour moi, l’un des sens de la laïcité à l’école et plus spécialement de la neutralité du fonctionnaire de l’état. Elle est souvent un délicat exercice d’équilibriste tant les élèves arrivent religieusement « chargés » en classe, tout spécialement les musulmans. Il faut reprendre les innombrables « sur le coran de la Mecque », « inch’Allah » etc etc en rappelant que la règle principale du prof est le non-engagement personnel dans telle pensée religieuse (ou athée, ne l’oublions pas) et nous, nous taire fermement sur nos opinions propres : nous ne sommes pas là pour influencer un esprit encore en formation. En revanche, la réelle question d’aujourd’hui selon moi, face à cette demande forte émanant du fait religieux est : « comment éclairer cet esprit en formation ? ». Et là, actuellement, soyons clairs, nous ne nous en donnons pas réellement les moyens aujourd’hui, avec une forme de peur irrationnelle au lieu de nourrir la connaissance de nos élèves sur le « fait religieux » et ce que vivent les croyants d’ici ou de là.

 

Pour preuve, un élément qui m’est arrivé récemment et dont j’ai hésité à parler ici mais voici ce que j’ai appris il y a quelques semaines : avant que je n’arrive dans mon nouvel établissement, avant que je ne dépose l’équivalent d’un quart d’orteil de pied dans celui-ci, des collègues m’ont googlisée et, évidemment, ils sont tombés sur toute la partie religieuse de ma vie. Cela aurait pu en rester là s’ils n’étaient allés se plaindre à la direction... alors que personne ne me connaissait encore ! Je fus défendue et, dans un grand élan positif, maintenant que je le sais, je crois que c’est un appel à rencontrer, à connaître et à aimer ces personnes davantage : car ma vie donnée au Christ l’est aussi pour eux !

 

Mais, pour être en même temps tout à fait honnête, j’en demeure aussi profondément blessée car c’est le sens même de ma consécration pour Dieu et pour le monde qui semble balayé d’un coup. Alors même que ma vie est tout entière à Dieu, je n’ai effectivement jamais porté atteinte à la laïcité dans le cadre de mes fonctions de professeur : j’ai posé résolument le choix d’enseigner dans le public et je sais quelles en sont les conséquences. Même en voyage scolaire au début du carême, je me suis privée de messe et de jeûne. Même si je demeure baptisée tout le temps, même si je demeure consacrée tout le temps et que je cherche à en rayonner car c’est le fondement de ma joie, je cherche une neutralité exemplaire et, dans le même temps, je cherche aussi à fonder ma réflexion théologique dans ce cadre-là. Quand certains collègues affirment sans coup férir leur athéisme, jamais je n’ai partagé a contrario ma foi à un élève. Et, là, alors même que l’on ne me connaissait pas, il y a eu soupçon : pareille attitude est-elle vraiment saine et signe d’une laïcité fonctionnant bien ? Je n’en suis pas sûre : pour moi, c’est le signe d’une peur des religions. Sans cette peur a priori - et, disons-le, assymétrique, hélas, selon les religions et selon ceux qui s'expriment - quelle laïcité réelle pouvons-nous offrir ? 

 

Alors, avant toute redéfinition de la laïcité, avant des règles quelconques, s’il vous plaît, que cela soit au niveau des collègues ou des élèves, arrêtons d'abord là les soupçons et brisons les murs de l’ignorance ! Que chacun apprenne à connaître sa foi et ce qu’il y a de beau dans ce que l’autre veut vivre ! Quand on connaît vraiment, la haine s’écroule : tel est mon souhait et mon espérance pour que l’école puisse poursuivre profondément sa mission.

samedi, octobre 19 2019

La grâce de Te déranger

 

Le pitch de l’évangile de ce dimanche ? En parabole, une veuve importune, un juge qui en a marre de la supporter parce qu’elle le soule grave à force de venir crier à sa porte et qui lui donne du coup ce qu’elle souhaite : la justice. Le résultat ? C’est qu’avec Dieu, ce sera encore 10 000 fois mieux côté justice.  

 

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Seigneur, donne-moi de savoir venir T’importuner, Te secouer ; 

Donne-moi d’oser venir Te confier mes moments de joie et ceux qui le sont moins, 

Donne-moi de venir Te présenter sans détour mes égarements, mes manques d’amour, 

Donne-moi de Te présenter sans jamais me lasser ceux qui se confient à ma prière et ceux dont j’ai la charge, 

Donne-moi la grâce d’intercéder pour notre monde et pour mes frères. 

 

Seigneur, augmente en moi le désir de la prière : 

Même et surtout les jours où je commence les laudes en bâillant, les vêpres ou autres prières en ronchonnant, sans envie, 

Ces jours-là où c’est l’obéissance qui me fait tenir un engagement, plus que l’amour de Ton Église et de Toi. 

 

Seigneur, donne-moi l’envie de venir T’embêter sans cesse, 

Donne-moi la grâce d’un cœur priant, sans arrêt, 

D’un cœur tellement tourné vers Toi qu’il sait se faire prière à chaque pas. 

 

Donne-moi de savoir venir auprès de Toi et être insistante, presque pénible ! 

Mais, dans le fond, je sais bien qu’avec Toi, 

Ce qui compte, ce n’est pas de Te secouer avec force : 

Il suffit de la limpidité d’un vrai cri de foi 

Pour venir toucher Ton cœur et en faire couler des torrents de miséricorde. 

Alors, Seigneur, augmente en moi la foi ! 

 

 

Une histoire de coeur et de partage

Dans le magazine Vocations de l'Oeuvre des vocations (voir le site : mavocation.org), ce mois-ci, un sujet qui me tient spécialement à coeur et auquel on n'est jamais suffisamment sensibilisé il me semble. Petit partage donc : 

 

 

 

 

 

mardi, septembre 24 2019

Filaments d'un temps de rentrée

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Quatrième semaine de cours (enfin troisième puisque la première n’était que d’intégration) : les visages de nos élèves commencent à prendre des noms, des anecdotes, des interpellations, des brins de conversation et d’histoires vécues. 

On a commencé à repérer ceux qui ont toujours la réponse, ceux qui sont à la traîne, les grandes gueules, les bavards et les sacrés filous. Et puis, il y a ces discrets-là dont on ne sait que penser ou encore tous ces loulous-là qui commencent à se réveiller, un peu trop (Façon : – Retourne-toi ! – Wallah, j’ai rien fait ! – Ton carnet ! ») .  

 

Partager quelques (déjà pas mal) de rires et de sourires ; 

Partager – déjà, hélas – des détresses, des galères ; 

Avoir – déjà aussi ! – changé des tonnes de cours pour être mieux ajustée, 

Et bien sentir que ce n’est pas fini. 

 

Dans un nouveau lieu, plus grand, même bien accueillie, les lieux sont toujours un peu froids, revêches, il faut apprendre à les apprivoiser ; il y a, au début, des moments où l’on se sent un peu perdue, des moments de solitude. Et puis, progressivement, tout se réchauffe, des bonjours non plus en l’air mais adressés, des discussions avec les collègues pour rejoindre sa salle et non plus y aller seule, des bouts de vie, même minuscules, qui commencent à s’échanger en vérité. 

 

La rentrée, c’est apprendre ou réapprendre, l’art de la rencontre ; 

L’art de se laisser déranger et déplacer pour découvrir tant de nouvelles personnes différentes et formidables.

 

La rentrée, c’est aussi laisser tous ces visages, toutes ces vies, habiter ma prière, même celle du soir assez éreintée ; 

C’est demander au Seigneur de leur montrer, s’Il lui plaît à travers moi, combien ils sont aimés. 

 

mardi, mars 26 2019

En teinte d'Annonciation

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« Que j’exulte et jubile en ton Amour » : le réveil sonne… 

Annonce du jour à venir, 

Jour de fête, jour d’Annonciation,

Mais il est quand même bien trop tôt. 

 

D’un bâillement non réprimé, je me lève et saisis mon bréviaire : 

La journée sera longue, la journée sera rude, 

A Lui la première place : 

Me voici, Seigneur ! 

 

Ce sera un jour sans messe, un jour sans repos, un jour chargé.  

 

Petit-déjeuner, répondre rapidement à quelques messages – pas assez, 

Partir au travail, acheter quelques madeleines pour les collègues et pour moi-même, 

Journée de formation, longue, que viens-je faire là ? 

Que tout m’advienne selon Ta Parole

 

Et arrive 16h, cette heure où je dois intervenir comme professeur principal au conseil de discipline d’un vraiment pauvre gamin : je sais qu’il sera exclu et que cela sera juste. Mais j’ai appris à l’aimer, mais j’ai appris à le connaître, dans les circonstances tragiques de sa vie.

Alors, voilà, je n’ai pas envie d’être là, je n’ai pas envie de cela… 

Mais il faut être là, mais il faut tenir bon : 

Voici la Servante du Seigneur. 

 

Ce sont encore deux conseils de classe qui s’enchaînent, 

L’heure des bilans sonne, l’heure des recommandations pour progresser, aussi : 

Comment cela va-t-il se faire ?

Semer, sans savoir comment cela germera,

Ecole de la Confiance. 

 

C’était un jour sans messe, un jour sans repos, un jour chargé,

Mais pourtant un jour vécu à l’école de la Vierge Marie, à apprendre son Ecce,

A apprendre son Fiat…

Et dire, tard le soir, à l’heure de vêpres plus nocturnes que vespérales, 

Même quand le cœur est un peu trop fatigué pour consonner, 

A Celui qui est l’Alpha et l’Omega, même caché, de nos journées : Magnificat.

 

lundi, février 25 2019

Un credo en créneau

 

« … Je crois en l’Esprit Saint, 

à la Sainte Église catholique, 

à la communion des saints, 

à la rémission des péchés… » 

 

Quand, en pleine messe, alors que tu es au dernier rang pour être avec tes proches et que ta voix sonne un peu seule dans le troupeau-n’osant-pas-trop du fond de l’église, tu pries le Credo, tu entends un peu mieux les mots que tu affirmes. Alors, le trio « Sainte Église catholique » / « communion des saints » / « rémission des péchés » te saute d’un coup à la face en te semblant soudain en plein dans l’actualité avec ces affaires qui éclatent partout, avec ce sommet si important en cours au Vatican. 

 

Quand le mot « sainte Église » t’écorche un peu les lèvres : et pourtant, tu y crois, vraiment… alors, tu passes de l’hésitation à l’affirmation, quoiqu’elle soit constituée de pécheurs, et cela dès les premiers temps ; 

Quand le mot « communion des saints » te blesse beaucoup le cœur : parce que tu sais que ce n’est pas qu’en mode « ciel et terre » cela… qu’il y a aussi, derrière, ce grand mystère du Corps mystique du Christ. Ainsi, tu sais que ce ne sont pas « leurs » péchés, ce sont nos péchés à nous tous, Église ! Je n’aime pas la tentation actuelle de simplement vilipender les coupables en nous en dédouanant : alors qu’en Église, on ne pense jamais uniquement en « je », on pense en « nous », corps du Christ, dépendants les uns des autres. A contrario, j’ai beaucoup aimé la posture du pape François lors de la liturgie pénitentielle du sommet sur la pédophilie : c'est bien avec les autres qu'il a demandé pardon. Oui, je crois à la communion des saints : alors, pardon Seigneur pour tout ce que nous avons fait ou que nous n’avons pas fait. 

Quand le mot « rémission des péchés » ouvre l’horizon noirci d’une brèche vers l’Espérance : c’est la direction… mais elle ne sera que parce qu’il y aura aussi, dans le même temps, des jalons concrets posés pour qu’il n’y ait « jamais plus » tout cela. 

 

Le Credo et son actualité, 

Le Credo, jamais en réalité si facile à proclamer, 

Le Credo, pourtant vraiment cru, encore ce matin, et prononcé, et prié : 

Parce que l’Esprit Saint poursuit son œuvre dans le monde et achève, malgré tout, malgré nous, toute sanctification. 

jeudi, septembre 27 2018

Aux arrêts de la grâce

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Je m’élançais vers mon rendez-vous parisien de 17h et, là, à la sortie de la gare, une drôle de petite bonne femme m’accoste : « S’il vous plaît, pourriez-vous m’accorder quelques instants ? Vous connaissez Jésus ? » 

 

Devant le caractère improbable et plutôt incongru de cette demande, j’arrête net mes grandes enjambées et lui fais un large sourire : « Oh oui, je Le connais mais surtout Il me connait…  à tel point que je Lui ai consacré ma vie ! » 

            Elle sourit et lève les yeux vers la croix qui est autour de mon cou : 

- Ah vous êtes religieuse ! 

- En quelque sorte ! 

- Et vous savez tout ce qu’Il a fait de grand ? 

- Oh, tout, je ne sais pas. Je ne crois pas non mais j’aime à le découvrir jour après jour. 

 

            Et la drôle de petite bonne femme de me raconter, après avoir évoqué le mystère de la croix, les grandes llignes de son histoire : une guérison, une conversion… Je ne sais pas si elle était catholique ou d’une autre confession chrétienne mais, à travers son récit un peu embrouillé dans certains détails se manifestait beaucoup d’amour et beaucoup de foi. Et elle de terminer : « et vous savez, je vous raconte cela car, moi qui étais timide, j’ai changé, je L’ai rencontré ! J’ai besoin désormais de raconter cela, de parler de Jésus et de tout ce qu’Il a fait pour moi aux gens ! » 

 

Et bim… Et moi, est-ce que je ressens si souvent ce besoin irrépressible de partager ce que le Seigneur a fait dans ma vie ? 

 

Post scriptum : Comme le disait la personne que je retrouvais ensuite et à qui je partageais cette rencontre improbable : « il n’y a qu’à toi que ça arrive des trucs comme ça ». Je n’en suis pas certaine pas mais je crois que Dieu avait envie de partager les merveilles qu’Il semait !

 

mercredi, août 15 2018

Pour mieux connaître les vierges consacrées

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En ce jour en l'honneur de la Vierge Marie, BFMtv en profite pour parler des vierges consacrées, s'efforçant de dire "oui" au Seigneur à leur humble mesure (pas gagné, heureusement qu'il y a Sa grâce !). Bref, pour mieux découvrir notre vocation, n'hésitez pas à aller lire cet article auquel deux vierges consacrées du diocèse de Paris et moi-même pour le diocèse de Nanterre participons par nos témoignages : 

"Mariées au Christ, religieuses hors les murs, qui sont les vierges consacrées ?

 

samedi, mai 19 2018

Neuvaine de Pentecôte de prof

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Je ne sais pas si cela fait cela à tous les profs mais j’admets que j’ai du mal avec les corrections de concours, non pas pour l’acte un peu répétitif mais parce que, contrairement aux copies de nos élèves, cela manque de chair et d’os. Certes, il y a de vrais candidats derrière les lignes et il est essentiel de l’avoir toujours en tête mais ce ne sont pas des personnes avec lesquelles nous avons écrit patiemment un bout d’histoire ensemble, cours après cours et que l’on continue d’aider à grandir par notre travail de correction. Je l’avoue, je n’aime pas trop ces corrections « hors-sol ». 

 

Alors quand tu es convoquée pour corriger un concours une fois, ça passe en serrant déjà un peu les dents, mais quand tu es convoquée pour deux sessions d’affilée, ça passe franchement moins bien : surtout quand le temps de correction du deuxième paquet est plus que restreint, te forçant à travailler à des heures indues et à rater de nombreuses heures de cours auprès de tes élèves, ce que tu penses être ta première mission. Et d’ailleurs, c’est cette mission-là qui te passionne. C’est ainsi, tu l’acceptes quand même, mais quelle neuvaine de Pentecôte !!! Et Dieu dans tout ça ?

 

Quasi-quotidiennement, je prie les vêpres avec un vieux prêtre de mes amis. Mercredi en fin de journée, agacée de la situation, j’ai ajouté à l’intercession : « pour que nous sachions chercher et trouver Dieu en tout ». Évidemment, il m’interroge après l’office sur le sens de cette prière : mes fichues copies, père… ces copies… comment y chercher, comment y trouver Dieu ? Aridité maximale et qu’est-ce que j’en ai assez ! 

 

Au fil des (très) longues heures devant mes copies numériques, j’ai beaucoup repensé à cela : comment y chercher Dieu ? 

 

Peut-être que la clef conjuguait à la fois cette humanité dont je déplorais le manque et la très proche fête de Pentecôte ? 

Je n’ai pas réellement trouvé une réelle clef, magique, mais, souvent, après cette réflexion, je me suis mise à prier : Viens Esprit Saint. 

 

Quand je commence à fatiguer, viens Esprit Saint, pour me donner ta clairvoyance et ta justesse ; 

Quand je m’énerve sur une copie, viens Esprit Saint me donner ta douceur et ta patience ; 

Quand le temps s’étire, viens Esprit Saint, me donner ta force. 

Mais, surtout, viens Esprit Saint sur chaque candidat jouant ici une partie de son avenir : 

Viens Esprit Saint l’aider à écrire sa vie bien plus en grand, bien plus en profondeur que dans ces quelques lignes. 

 

mercredi, avril 4 2018

De résurrection et d'eucharistie

Alors nous sommes là, avec lui, ignorant ce qu'il façonne en nous, comme les femmes aux aromates qui veillaient dans la nuit, devant le tombeau du Seigneur. Et ces mêmes femmes étaient là, encore, le grand matin du premier jour, et par la grâce de leur persévérance, voilà que nous aussi, nous sommes là, à l'heure bénie où le Christ est ressuscité. Il s'était offert en remerciement, en sacrifice d'action de grâce. C'est à nous maintenant d'en faire autant. En déposant sa vie entre nos mains, il nous relève et nous envoie, afin que nous soyons nous aussi, eucharistie, en ce monde. 

Sr Anne Lécu, Ceci est mon corps , Cerf,  2018, p. 125

 

http://www.narthex.fr/events/agenda-2015-1/vignette-resurrection.jpg/image_largeManessier, Résurrection

samedi, mars 31 2018

Pâques 2018

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Le Jeudi Saint, le Christ s’est abaissé jusqu’aux pieds de ses disciples, pour les leur laver.

La nuit du Jeudi Saint, c’est à Ses pieds que nous avons veillé, que nous avons adoré ;

Le Vendredi Saint, c’est au pied de la croix que nous nous sommes tous retrouvés ;

 

Pieds de Dieu, pieds de l’homme…

Apprentissage d’un suprême mouvement d’abaissement : aux pieds de Dieu, aux pieds de l’homme.

Ces deux pieds-là sont bien nécessaires pour nous faire tenir debout comme chrétiens : ils sont les pieds de la charité.

 

Le dimanche de Pâques, c’est encore mieux : des pieds gisants seront devenus pieds en mouvement ! 

Mais il leur dit :
« Ne soyez pas effrayées !
Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ?
Il est ressuscité : il n’est pas ici.
Voici l’endroit où on l’avait déposé.
Et maintenant,
allez dire à ses disciples et à Pierre :
“Il vous précède en Galilée.
Là vous le verrez,
comme il vous l’a dit.” »

La bénédiction nous invite à Sa suite également : "suivez maintenant les pas du Ressuscité" !  

Alors que, le dimanche de Pâques, ils soient légers les pieds, qu’il soient « beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut » (Is. 52,7) de ceux qui portent la Bonne Nouvelle

Parce que Pâques, c’est grave le pied ! ;-)

 

Belle et sainte fête de Pâques à tous :

IL EST VRAIMENT RESSUSCITE, ALLELUIA ! :-) 

 

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