Zabou the terrible

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Mot-clé - Ô ma Foi...

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mercredi, avril 13 2016

Poser un acte de foi devant un regard

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C'était la semaine dernière,
Un événement somme toute anodin en apparence...
Cet élève, cet élève-là, Ce petit gnome de 6ème comme j'aime les appeler intérieurement avec affection tant ils ont encore à grandir, à découvrir, à vivre.

Un cours comme les autres,
Des bêtises de sa part comme trop souvent,
Trop nombreuses pour pouvoir le garder jusqu'au bout :
Exclusion.

Et là, de manière inattendue, des paroles de menaces de la part de ce petit être,
Des menaces pour le futur me concernant,
De la violence qui ne se contrôlait plus,
Qui ne se calmait plus...
D'un être pourtant encore si petit :
Comme s'il pouvait vraiment faire peur !
Ce qui me fit le plus mal en réalité, ce furent ses yeux.
Les yeux, le regard, c'est toujours un endroit particulier où il me semble qu'on peut parler autrement :
On se révèle dans un regard, parfois beaucoup plus que ce que l'on peut dire.
Accrocher le regard d'un élève pour lui parler, c'est toujours un moment important tant, souvent, on est face à des yeux fuyants ou honteux :
Pourtant, pour se faire entendre, pour se comprendre, c'est essentiel.

Là, j'avais un regard en face de moi, oui, mais sur lequel je n'avais aucune prise :
Je ne lisais plus qu'une violence déchaînée, des yeux qui me fixaient comme sans me voir.
Et pourtant, je voulais voir ce coeur meilleur dont je suis persuadée que cet enfant était porteur comme tous les autres :
Je n'y arrivais pas.

Alors, j'ai dû poser un drôle d'acte de foi, cette fois non devant directement devant le Seigneur, mais devant ces yeux emplis de haine... au fond duquel Il résidait, c'était là toute la teneur de mon acte de foi :
Seigneur, donne-moi de croire en lui plus que lui-même, plus que moi-même. 

Et punir, mais en espérant ;
Et laisser cette histoire avoir les suites qu'elle doit avoir mais continuer à croire en ce garçon un peu perdu, en son bon fond auquel il semble si difficilement avoir accès, malgré tout et malgré lui.
Seigneur, viens en aide à notre peu de foi ! 

mardi, janvier 5 2016

Petits mots de confiance pour mal de foi

 

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Qu’aimerais-je te dire, à toi qui doutes ?

Je ne sais pas, ce n’est pas simple, c’est même redoutable.  

Il est difficile d’oser répondre à des doutes,

Il est difficile d’oser poser des mots qui pourraient sembler définitifs, certains, clairs…

Alors que la Foi n’est pas objet de savoir, et encore moins d’un savoir dont il y aurait des maîtres.

 

La foi, c’est une grâce posée au creux d’un cœur,

La foi, c’est cette confiance mystérieuse offerte en retour,

La foi, c’est ce chemin de vie entre grâce et réponse libre de l’homme.

 

La foi, c’est un peu comme cette succession de jours et de nuits qu’est le rythme de notre temps, partant celui de notre vie ;

La foi, je l’ai déjà dit ailleurs, ce n’est jamais du tout cuit :

C’est comme une graine de grâce en notre cœur, il faut tout mettre en œuvre pour l’aider à germer, à grandir… et, parfois, on a beau tout mettre en œuvre pour qu’elle pousse, cela ne marche pas bien et on ne comprend pas pourquoi.

 

La foi, parfois, souvent, c’est de nuit.

C’est ainsi.

Et, chez nous, humains, la nuit, c’est souvent le moment des luttes et des doutes…

Et il n’y a pas un doute, il y en a pleins, autant que d’êtres humains.

 

Mais la nuit n’est pas le moment pour changer de cap, y compris pour rejeter ce qui fut fait, 

Mais le doute n’est pas le moment de lâcher,

Mais le combat n’est pas le moment d’abandonner.

 

Tu as reçu ce corps : il t’est aussi donné pour lutter ;

Avec l’aide de ton cœur et de ton âme.

Tu as tout cela pour prier.

 

Tu as peut-être mal de douter, et pourtant, c’est paradoxalement le moment d’avancer, un peu plus.

La foi, quoi qu’on en dise, ce n’est pas avant tout la certitude, c’est la confiance,

La confiance de faire ce pas dans la nuit, même si tu ne vois rien, osant croire qu’Il est là, prêt à Te récupérer, tendrement, comme un Père,

L’audace de la prière quand personne ne semble là, à t’écouter, 

L’audace du cri vers Lui, quand tout semble désespéré et insoluble,

L’audace de l’agenouillement devant l’invisible quand tout paraît sombre,

L’audace du « je crois », malgré…malgré tout. Car Il est là. 

Comme un petit pas à faire, même s’il coûte bien plus parfois qu’un long périple.

 

Et peut-être que certains jours, ta foi vacillera encore plus et que rien ne te semblera plus possible :

Il restera alors la foi et la prière de tes frères : 

Leur foi qui te redira le Roc du Christ sur lequel notre vie est fondée,

La prière qui sonnera comme un cadeau de leur amitié et te redisant la plus grande Amitié sur laquelle on puisse compter, celle qui a l’unique saveur de Charité.

 

mercredi, décembre 30 2015

Le peuple de ceux qui Te cherchent

J’étais assise au fond de l’église, en train de prier en attendant la troisième messe de l’événement salvateur, la messe du jour de Noël.

 

Il y eut d’abord ce jeune couple avec cet enfant, pas des habitués de la paroisse, ni, visiblement, de la messe :

- Tu veux aller voir la crèche ? Tu sais ce que c’est ? Non, tiens, regarde, on va aller voir ensemble le petit Jésus.

C’était beau.

 

Et puis il y eut ce couple de personnes plus âgées, pas des habitués eux non plus, qui allaient clopin-clopant, elle surtout qui avançait difficilement et s’appuyait sur son mari pour réussir à marcher. C’était déjà beau de les voir ainsi, tendres et faibles, venir à la messe. Peut-être par habitude à Noël, ou peut-être par grande conviction et que, ce jour-là, il fallait faire un effort spécial pour réussir à venir même si c’était difficile : je ne sais pas et il importe peu. Ce qui importe, c’est que j’entendis le mari dire à sa femme : « On va à la crèche ensemble ? Tu vas y arriver ? ».

C’était beau.

 

La messe du jour a toujours des relents de gueule de bois et sonne presque, malheureusement, comme une messe pour retardataires.

 

Mais il y a bien pourtant ce peuple, un peuple immense, si divers qu’il en rappelle les santons de la crèche… D'autres qui sont venus avant, d'autres qui viendront après... Un peuple venu L’adorer, chacun avec ce qu’il est.

 

Crèche 2015 

 

« Hier soir, juste avant de me coucher, je me suis retrouvée tout à coup agenouillée au milieu de cette grande pièce […] sur le léger tapis. Comme cela, sans l’avoir voulu. Courbée vers le sol par une volonté plus forte que la mienne. Il y a quelques temps, je me disais ‘je m’exerce à m’agenouiller’. J’avais encore trop honte de ce geste, aussi intime que ceux de l’amour, dont seuls savent parler les poètes ».

Etty Hillesum

 

 

Saint Noël à chacun !

Puissions-nous nous exercer à nous agenouiller devant le mystère de l’amour pour que chacun de nos gestes en soit imprégné.

(Oui, il est toujours temps, nous sommes dans l’Octave de la fête ;) )

 

 

mardi, octobre 27 2015

Babillages d'EPJ

L'école de prière jeunes, 

J'ai toujours l'impression d'en parler trop et, en même temps, de ne jamais en parler assez... 

Comme à chaque fois et pourtant différemment à chaque fois, je pourrais citer des tas de petits fioretti, de petits moments vécus qui montrent la force des instants qui s'y déploient, la solidité de ce qu'on y puise pour la suite, jeunes comme animateurs.

Un peu de notre plongée en Christ à 65 personnes, de 7 à plus de 70 ans. 

Je le ferai peut-être. 

Ce que je sais juste, c'est, qu'au retour, sur les rotules après cette semaine si dense (... et commencée en plus avec une angine...) mais avec le sourire plus que jusqu'aux oreilles, je me suis surprise avec amusement à parler intérieurement un peu tout le temps à Dieu. 

Oh pas de ces petites oraisons lancées vers le ciel que j'ai souvent en moi, ni les grands discours et silences de l'oraison : juste la discussion comme avec un ami, mais à l'intérieur, à remercier, à babiller, à parler de tout et de rien selon ce qui se passait. 

En fait, comme une prière développée un peu tout le temps... ce qui devrait être le cas tout le temps. 

C'est peut-être ça une des forces de la formule de l'école de prière jeunes : nous rappeler que Dieu est toujours là, présent... et que, finalement, c'est nous qui n'y sommes pas.

 

Alors, c'est bon de se le dire,

C'est bon de le vivre, 

C'est bon d'y replonger, pour en vivre. 

Merci Seigneur pour l'EPJ ! 

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mardi, avril 7 2015

Pâques 2015

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Marc Chagall, Résurrection 

 

Quand les mots sont trop petits, 

Laisser simplement la joie grandir, 

Grandir jusqu'à chanter en son coeur, 

Comme une sève circulant à flots, 

Comme une sève plus puissante, bien plus puissante que toute mort. 

 

Bonne fête de Pâques à tous mes lecteurs : Il est ressuscité, Il est vraiment ressuscité, alléluia ! 

jeudi, avril 2 2015

Avoir part avec Lui - Semaine Sainte 2015

 

Rameaux qui nous font entrer dans la Semaine Sainte en nous proposant d’entendre une première fois tout le récit de la Passion du Christ ;

Mercredi saint, veille du Triduum, ce sommet de l’année liturgique où, en quelques heures, nous parcourons pas à pas la Passion du Seigneur, heure par heure, avec Lui.

 

Ce qui est terrible, c’est qu’on connaît très bien l’histoire…

 

Dimanche, j’ai repensé à ce fameux petit jeu vidéo, Run Jesus qui nous fait parcourir de manière très trop extrêmement rapide la vie du Christ : si vous ne le connaissez pas, c’est par là : http://runjesus.com  

 

Bref, dans ce jeu, quand on perd, bam, c’est la croix et le Game over.

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Dans le fond, les jours qui viennent, on va rappeler que c’est pareil : la croix, la mort, c’est radical.

Les jours qui viennent, c’est un peu comme un jeu vidéo raté… Au lieu d’être actifs, on va être passifs…

La passion, c’est de toute façon un peu ça étymologiquement parlant : et pourtant rien d’inutile !

Et rien de contraire à la liberté, bien au contraire !

 

L’avantage de ces jours, c’est :

De nous rappeler jusqu’où va la suprême liberté de l’homme vers le mal,

De nous rappeler jusqu’où va la suprême liberté de Dieu – qui a nom Amour - vers le Bien.

 

L’avantage de ces jours, c’est :

De ne pas nous complaire au jeu vidéo se terminant par un Game Over mais à passer de ce « game over » à son anagramme « Rêve ! A ! OMG ! » (OMG = Oh my God pour les pas assez geeks).

De nous inviter à une vraie traversée des apparences : marcher résolument à la suite du Christ et avec Lui,

Pour gagner, tout gagner, au-delà de nos morts et de nos croix quotidiennes,

Pour un plus de vie et de joie.

 

lundi, mars 9 2015

L’Explicite de l’Implicite et l’Implicite de l’Explicite

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Toujours ces questions quand on évolue en « milieu non catho » :

Ces questions non pas forcément qui te viennent directement des autres, ces questions que les autres font naître à l’intérieur de toi, ma foi… ma foi : 

Que dire, que faire ? Ici ? Et là ?

Que dire et que taire ? Ici ? Et là ?

 

Il ne s’agit pas de se planquer façon « je ne suis pas là, vous ne me voyez pas, d’ailleurs je n’existe même pas »

Il ne s’agit pas de se la jouer prédicateur enflammé sur une chaise : ce n’est pas le lieu.

 

Il s’agit d’être chrétien, vraiment, assurément : dans les actes, oui, comme dans les paroles, aussi.

Et c’est peut-être là le moins facile : difficulté de la parole.

Quel espace ? Quelle justesse pour elle ?

 

Il ne s’agit pas d’être un mur,

Il ne s’agit pas d’être un contre témoignage,

Il ne s’agit pas d’arborer une face de carême,

Il ne s’agit pas d’être une caricature de ce que l’autre pense savoir déjà sur le catholicisme,

Il ne s’agit pas de vouloir imposer sa foi aux autres…

Et en même temps, cette foi, elle est intrinsèque à ma personne, indissociable de moi-même ;

Je crois que c’est un peu comme mon propre cœur : si on me l’arrachait, je crois que j’en mourrais.

 

Alors, ce n’est pas si facile… car, quand on a rencontré le Christ, on est habité par une grande joie, aussi immense qu’intime, aussi personnelle qu’à dimension universelle.

Et on se sent loin, très loin de tous les conflits de « laïcité à la française »… on s’en ficherait en réalité si nous n’étions pas plongés dedans au quotidien.  

En fait, on est chrétien, tout simplement et très profondément.

 

Je me rends compte au fil du temps, avec l’expérience, que je merdouille souvent, très souvent dans mes propos : taisant trop ou a contrario parlant trop.

Parfois, j’avance, un peu, heureusement.

 

Mais toujours je prie :

Parce que, qu’on prenne la voie de l’implicite ou celle de l’explicite pour parler aux autres de ce qui nous anime, de Celui qui nous fait vivre, selon les circonstances, Lui, toujours, Il est toujours là, en contrepoint et en sens ultime.

Il est l’Implicite de notre annonce explicite ;

Comme il est le seul vrai Explicite de tous nos implicites.

 

samedi, février 21 2015

Lumière intérieure

 

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Et, l’espace de deux jours, retrouver cette fameuse abbaye, ce fameux petit oratoire de l'hôtellerie, cette fameuse communauté…

Se retrouver comme chez soi : coutumes et visages si connus, silence si apprécié ! 

Douceur de l’air et esprit se perdant dans les voûtes romanes avant de revenir se concentrer sur l’essentiel.

 

J’avais oublié qu’en Carême, après la messe comme après les Vêpres, il y a un temps de silence, un grand temps de silence dans la crypte, autour des reliques de saint Benoît.

Silence… Prière…

Rien à voir, rien à entendre.

Juste laisser l’âme s’ouvrir, s’exposer un peu plus à la Parole de Dieu.

 

C’est le but de toute retraite,

C’est le but de tout carême.

Ouvrir, chaque jour un peu plus, notre être à la Rencontre du Seigneur.

 

jeudi, août 28 2014

S’Il te donne la grâce de Le rencontrer, sois son prophète par ta vie, sans crainte !

 

Regarder dès à présent sur la suggestion du futur prédicateur la 1ère lecture de dimanche prochain sur aelf.org ;

Et voir ce sous-titre donné à la lecture : « Le prophète doit souffrir pour son Dieu » peu engageant au prime abord ;

Et lire, et finalement sourire : c’est d’un texte particulièrement aimé qu’il s’agit là !

 

Un texte qui ne présente pas la vie en rose, certes, qui parle de « raillerie », d’« injure » même et de la violence dont le prophète doit faire preuve pour parler en Son nom.

Mais ce texte, il dit l’essentiel, il dit la vérité d’un feu brûlant, d’une séduction qui n’est pas captatrice : alors, en réalité, ce n’est pas de « séduction » dont il s’agit mais d’amour.

La séduction, ça rime avec tentation : avec Sa grâce, on peut y résister ;

La seule « séduction » que puisse faire le Seigneur, elle a nom Amour : et on ne peut que s’y sentir enflammé, brûlé sans que cela s’éteigne, à tel point de ne pouvoir résister.

Oh, on pourrait, bien sûr, c’est la liberté… mais qui a envie de dire non à l’amour ?

 

J’entends en écho St Augustin que nous fêtons ce jour :

Je t'ai aimée bien tard, Beauté si ancienne et si nouvelle, je t'ai aimée bien tard ! Mais voilà : tu étais au-dedans de moi quand j'étais au-dehors, et c'est dehors que je te cherchais ; dans ma laideur, je me précipitais sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi, et je n'étais pas avec toi. Elles me retenaient loin de toi, ces choses qui n'existeraient pas si elles n'existaient en toi. Tu m'as appelé, tu as crié, tu as vaincu ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi, et tu as dissipé mon aveuglement ; tu as répandu ton parfum, je l'ai respiré et je soupire maintenant pour toi ; je t'ai goûtée, et j'ai faim et soif de toi ; tu m'as touché et je me suis enflammé pour obtenir la paix qui est en toi.

 

Et ces paroles de Jérémie, donc, si souvent lues, entendues, écoutées, méditées :

« Je me disais : « Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom. » Mais il y avait en moi comme un feu dévorant, au plus profond de mon être. Je m'épuisais à le maîtriser, sans y réussir. »

 

Je les aime ces paroles, parce que, souvent, ces paroles, comme Jérémie, je me les suis dites : il y a des jours où, sachant l’antagonisme rencontré ici ou encore là, je n’ai pas envie de parler de Lui, je n’ai pas envie de vivre de Lui…

Il y a des jours, oui, trop nombreux ces jours, où j’ai peur…

Mais qui ne saurait vivre quand l’amour l’anime ? L’anime au sens étymologique du terme : quand l’amour fait vivre son âme et, donc, alimente sa vie ? 

 

J’entends encore en écho Isaïe dans le chant du Serviteur souffrant « j’ai rendu mon visage dur comme pierre » mais… mais la raillerie le transperce, même si nous sommes sûrs de ne « pas être confondus ». 

Parce que Le rencontrer, c’est apprendre à aimer ;

Parce que Le rencontrer, c’est devenir plus vulnérable : comment aimer si l’on n’a pas abaissé ses barrières, si l’on ne choisit pas de devenir chaque jour plus « désarmé » ?

On ne peut aimer, barricadé derrière des protections : pas d’amour vrai sans risque.

Un disciple n’est pas plus grand que son maître : et Lui, Il est mort sur la croix ;

Oui, le prophète – c’est-à-dire nous aussi par notre baptême – devra souffrir pour son Dieu, le sous-titre donné par le site a raison…

Mais est-ce vraiment l’essentiel à titrer ?

 

En nous laissant rencontrer par Lui, il y aura toujours ce feu brûlant

Ce feu d’un « je t’aime » qui parle au plus profond de ton cœur ;

Ce feu d’un Dieu qui change ta vie, en profondeur,  

Ce feu qui déborde car tu ne saurais le maîtriser,

Ce feu qui te donne l’envie, que dis-je, le désir d’en faire un titre de ta vie, un « Il t’aime, tu sais ? » à la face du monde,

Qui que tu sois, quoi que tu fasses, où que tu sois,

Car, ô enflammé par Lui, tu sais qu’Il est avec toi.

 

 

 

mercredi, août 13 2014

La provocation des chrétiens d'Irak et d'ailleurs


C'est dur d'expliquer ce que c'est "qu'avoir la foi" sans tomber dans des mots incroyablement petits, au sémantisme trop étriqué pour dire ce qui est au-delà des mots. 

C'est dur d'accepter d'entendre ces mots "perdre la foi" comme une expression qui serait admissible. 

La Foi ne saurait se réduire à ou se régler en une expression, 

Comme l'expression de la foi ne saurait être une simple question d'"avoir". 

Le croyant ne se définit pas d'abord comme celui qu'on repère pour sa drôle d'excursion du dimanche matin en dehors de chez lui : 

"Avoir" la Foi, c'est vivre en présence d'une Présence, 

Accepter, choisir de vivre en présence d'un "Dieu dont on se sait infiniment aimé". 

Il faudrait des pages, aussi nombreuses que les traités de théologie pour en dire plus... 

Mais, ce qui m'amuse aussi là-dedans, c'est que, à l'heure du New age omniprésent qui méconnaît souvent la profondeur de la religion chrétienne et cherche à atteindre le surnaturel par différents biais, le croyant est un homme qui postule, qui croit, qui vit dans le surnaturel. 

Un jour, il a reconnu, il a reçu Dieu comme Sauveur, comme Aimé aimant. 

Il ne s'agira plus alors de perdre ou de gagner, la foi comme autre chose, il s'agira alors d'aimer. 

Long fleuve tranquille ? 

Non, il y a, il y aura des crises, des doutes, des nuits : des "riens" qui nous plongeront dans le noir le plus absolu... Il ne s'agira pas d'y perdre l'objet précieux de la foi car il ne s'agit justement pas d'un objet, il s'agira de faire pleine confiance en Celui en qui nous mettons notre foi qui est déjà là, dans la pénombre du moment, prêt à nous accueillir. 

Pourquoi je pense à tout cela ? 

Sans doute parce que j'ai des proches versés dans le New age mais plus fortement encore quand je pense aux chrétiens persécutés actuellement, notamment en Irak. 

Non pas que je fasse du favoritisme en ne me sentant concerné que par le sort du chrétien : chaque homme qui meurt est un scandale, chaque persécution est un crime contre l'humanité. 

Non, je pense à cela en contemplant la fidélité à leur foi de ces mêmes chrétiens persécutés : il serait facile de renoncer, de changer de religion, bref de se convertir à autre chose. 

Et ils restent, et ils sont fidèles, et ils sont persécutés. 

Si leur foi n'était qu'un objet extérieur à eux-mêmes, qu'est-ce qui les soutiendrait ? 

Il ne s'agit pas d'avoir la Foi, il s'agit de la vivre. 

Et ces hommes, et ces femmes continuent leur quête de Dieu... 

En entrant sans l'avoir voulu, d'une manière très spéciale dans le mystère de la croix ; 

Et ils galèrent pour aller à la messe, et ils galèrent pour prier : pour eux, c'est une question vitale, dans les deux sens du terme. 

Et moi à qui rien ne manque sur ce plan-là, 

Moi qui peux prier, moi qui peux aller à la messe, où en suis-je sur ce plan-là ? 

La messe le dimanche, c'est une évidence, 

La prière chaque jour aussi, sinon ce ne serait pas une foi vivante. 

Mais parfois ça m'ennuie, je suis lassée de dire cet office, de pendre ce temps silencieux après cette journée chargée en tout, je souffre du "pasenviefatigueeseigneurjetaimmemaisquandmeme". 

En sus de notre charité, les chrétiens persécutés provoquent notre fidélité : 

Mais peut-être l'un rejoint-il l'autre ? 

La charité envers eux pourrait aussi être de se laisser questionner dans notre foi, dans notre fidélité ; 

Et d'y grandir, pour eux, pour Dieu. 

mardi, juin 17 2014

En tout la paix du cœur

 



Les jours s’allongent, le temps se fait court ;

Les heures s’égrènent avec chaque classe, descendent sous la dizaine ;

Le travail, la to-do list se font montagne monstrueuse.

 

La mi-juin signe la bascule dans la fin d’année,

Dans ses presses, dans son soleil, invitation à la paresse,

Dans la fatigue des semaines accumulées.

 

Et même dans ma prière, les intentions se font nombreuses mais surtout sont bien lourdes… il y faut bien l’Esprit Saint pour les élever car j’en serais encore plus incapable que d’habitude !  

 

Il y a du stress et ce qu’il faut de fatigue.

Mais il est, au-delà, une paix de l’inachèvement des choses,

Mais il serait presque une paix des mails accumulés en retard,

Mais il est une paix de l’office prié quand même juste après avoir jeté un coup d’œil inquiet à sa montre,

Mais il est une paix des oraisons qui se finissent à moitié endormie, quand même.

 

Quand même.

 

Car, au plus profond des cavalcades effrénées, il y a cette paix, cette paix-là :

Elle a la saveur du silence, des retrouvailles, du cœur-à-cœur de profondeur,

Elle porte, ô combien, la saveur de tout ce qui émaille le quotidien,

Mais cette paix-là, elle diffuse à tout à son tour, la saveur du divin,

Portant Son empreinte et nous faisant y deviner, dans ce quotidien, la marque de Son pas.

 

 

jeudi, avril 17 2014

Lui et vous, de vous à moi

 

Chaque année, durant le Triduum, c’est pareil, je pense à vous.

 

En rentrant de tous les offices, je passe devant toutes ces maisons, aux fenêtres allumées ou pas encore, devant vos maisons, à vous qui n’étiez pas des nôtres… Et je pense à vous.

 

Ce n’est pas que je pense « oh les pauvres petits, ils ne sont pas chrétiens ! » avec un air de condescendance mais j’aimerais juste vous communiquer ma joie… dont j’essaie qu’elle soit toujours alimentée par Sa joie.

 

J’aimerais venir vous secouer, vous dire « venez les gars, c’est important ! Que dis-je, c’est vital ! » parce que je pense à vous.

Et je pense à vous parce que vous nous manquez : sans vous, oui, même sans toi qui te caches, il y a quelque chose de bancal à nos célébrations.

 

Sans toi là, ma joie n’est pas complète, parce qu’Il t’aime, je le sais, tout autant qu’Il m’aime.

 

Ce soir de Jeudi Saint, Il se donne, Il institue quelque chose d’immense : l’Eucharistie.

Les disciples ne captent rien à ce qui se passe : c’est un peu vous, mais, pour tout vous dire, c’est un peu moi aussi.

Mais Il t’invite pour te dire, pour te donner Son Amour.

 

Pain, Vin, Vie : donnés pour que nous ayons la Vie.

Car il est question de mort et de vie dans le Triduum mais il est surtout question de vraie Vie à laquelle tu es appelé.

 

Je ne te connais pas, tu sais, toi qui as la maison blanche aux volets bleus ou toi qui as celle à la si belle glycine mais, quand je rentre des offices, je prie pour toi en passant, c’est ma manière de jouer à la cloche de Pâques :

Pour que tu goûtes ce pressentiment de joie,

Cette Vie qui t’est gratuitement donnée,

Cet Amour qui t’attend tel que tu es et te dit toujours : « viens, aimons-nous ! »

 

samedi, mars 22 2014

Le Carême, c’est comme… #5


Le Carême, c'est comme... 


... une (bonne) correction au stylo rouge ! 

Le stylo rouge, ce truc qui griffonne méchamment, qui raye abondamment ? Que nenni, le stylo rouge, bien appliqué surtout, celui qui permet, d'un trait, de corriger. Non pas corriger pour corriger, cela ne mènerait à rien mais corriger pour élever, pour faire grandir, que cela soit d'un trait ou d'un mot. 

Le Carême, c'est aussi cela, ce n'est pas tous les jours très agréable de voir tout un passage repris mais le carême, c'est croire que ça vaut le coup de s'abandonner à ce stylo rouge parce qu'il est tenu par le meilleur Educateur qui soit. 

vendredi, février 14 2014

This is the day of the Lord

 

La Bible n’est rien d’autre qu’une longue lettre d’amour de Dieu à l’humanité… Enfin, « rien d’autre », il faudrait plutôt dire « surtout » ! Tout pourrait être dit, lu, relu et surtout vécu ce jour, autant que d’autres d’ailleurs car il n’y a pas qu’un seul jour où il faudrait aimer et se laisser aimer, mais bien tous !

 

Mais, moi, j’ai envie de Le laisser me ressusurrer ceci, doucement, ce soir :

 

Mais maintenant, ainsi parle le Seigneur, lui qui T’a créé, Jacob, et t’a façonné Israël :

Ne crains pas, car je t’ai racheté,

Je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi.

Quand tu traverseras les eaux, je serai avec toi, les fleuves ne te submergeront pas.

Quand tu marcheras au milieu du feu, tu ne te brûleras pas, la flamme ne te consumera pas.

Car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur.

Pour payer ta rançon, j’ai donné l’Égypte, en échange de toi, l’Éthiopie et Seba.

Parce que tu as du prix à mes yeux et que je t’aime,

Je donne des humains en échange de toi, des peuples en échange de ta vie.

Ne crains pas, car je suis avec toi.

 

Isaïe 43, 1-5

Pour aimer chaque jour, follement, comme Il nous aime.

 

 

vendredi, janvier 24 2014

Lettres, l'être, les êtres

 

Instantanés de métier 
– Alors, le moustier, c'est la manière de désigner un monastère au Moyen-Âge. 
– C'est quoi un monastère madame ? 
- Quelqu'un sait répondre ? 
– Eh madame pas vrai que c'est un endroit même les gens ils peuvent pas avoir d'enfants. Rah les pauvres ! 
– Alors ça fait partie des caractéristiques de leur vie, oui, mais la principale, c'est que toute leur vie est orientée vers Dieu et la prière. Et effectivement ils n'ont ni relation sexuelle ni enfant. 
– Mais c'est inhumain ! 
– C'est surtout un choix, à côté de tant d'autres, et respectable en tant que tel ! 
/// 
(Montrer un tableau avec un nu) 
– Madaaaaame, c'est dégueulasse !!! 
– Mais non, le corps humain, c'est naturel ! C'est même plutôt beau ! 
Et toujours croire que, par les Lettres, on peut aider à faire grandir, un peu,  l'Être

samedi, novembre 2 2013

Mission - voici l'Agneau de Dieu


             C'est une mission qu'il m'aura fallu un peu de temps pour accepter… "Berger" d'une nouvelle session de l'Ecole de Prière Jeunes de mon diocèse. Le truc enthousiasmant, certes, surtout quand on trouve la proposition de l'EPJ absolument géniale et qu'on y a goûté plusieurs fois comme animatrice, mais qui fiche un poil la pétoche et la pression : tout à créer malgré la base commune très bien conçue mais surtout une question terrible "est-ce que j'en serai capable ?". Il y avait plein de raisons qui me faisaient hésiter, dont mon âge pour une mission qui est autant concrète que spirituelle. J'ai beaucoup prié, beaucoup discuté et beaucoup écouté. Et il aura fallu un "fais confiance à l'Esprit Saint" épiscopal pour que je me décide finalement à dire oui. 


            J'ai dit oui en me disant que je devais vivre cette mission dans cet élan spirituel. Ainsi, en même temps qu'avec ma super équipe on préparait cette belle semaine, je me suis donc cherché puis trouvé mon signe de bergère à moi : ce fut un sweat avec, au dos, un mouton une Bible à la main et la citation du psaume "le Seigneur est mon berger" afin de toujours replacer mes actes dans le seul vrai Berger qu'est le Christ. Appel et rappel pour moi à ne chercher à placer mes actes que dans cette unique dynamique : à être ferment d'unité du "troupeau" des jeunes et des animateurs, à transmettre Sa Parole pas la mienne, à ne les rassembler qu'en Lui. Chemin de conversion… 



               La semaine a commencé : j'ai découvert de nombreuses choses. Il y a eu des moments pas faciles et d'autres - la majorité ! - merveilleux. Instants de vie et de mission à prendre le temps de relire. 


                Et puis, il y a aussi un moment particulier qui m'a comme donné la clef de la mission qui m'était confiée. Voyez-vous, la petite P., sept ans et quelques, a passé sa semaine à venir chercher ma main et à me bombarder de questions diverses (quand, avec ses copains, ils ne m'infligeaient pas une séance d'attaque par les chatouilles : dure est la vie d'une bergère !). Jeudi soir, lors de la procession du St Sacrement, c'est donc tout naturellement qu'elle vint à côté de moi pour chanter, pour prier… Soudain, j'eus droit à une question : "Pourquoi on marche comme ça derrière l'hostie ?". En commençant à répondre et en lui désignant d'un geste l'ostensoir, je me suis rappelée de saint Jean-Baptiste, désignant et disant "voici l'Agneau de Dieu"… Mon saint préféré pour une multitude de raisons mais la première et la plus grande c'est qu'il ouvre toujours davantage au chemin du Christ. Toujours plus s'effacer pour Le laisser grandir : j'ai été profondément touchée de cet accord que je percevais soudain comme sens premier de la mission, un simple mais puissant appel à ma propre conversion. 


                C'était même une découverte lexicale vivifiante : car c'est vraiment très beau que l'autre nom de "mission", dans l'Eglise, soit "conversion". 


 

samedi, octobre 19 2013

Durant une semaine mais pour que ce soit pour la vie


"Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de coeur" (Matt. 11, 29) 


dimanche, octobre 13 2013

Alors que Lui agit sans trompette ni peut-être

Peut-être que, si nous nous considérions vraiment comme des lépreux, nous chercherions plus souvent à venir à la rencontre du Seigneur ; 


Peut-être que, si nous apprenions à voir notre misère, notre péché, nous apprendrions à crier de tout notre coeur vers Lui pour qu'Il nous sauve ; 


Peut-être que, si nous savions contempler les merveilles qu'Il fait dans notre vie, nous viendrions plus souvent Le remercier, voulant Le glorifier à pleine vie. 


lundi, octobre 7 2013

Chaque matin, je l'embrasse

croix de table de nuit mais pas que


Elles sont sur ma table de nuit, 

Toutes les trois, 

Parfois à peu près alignées, 

Le plus souvent en vrac. 


Il y en a deux qui sont là depuis quelques années : 

Au milieu celle de Taizé, 

A droite celle d'un Frat de jadis dont la forme rappelle celle du logo de mon diocèse. 

Et puis cet été, elles se sont enrichies d'une troisième comparse, 

Avec le Christ Rédempteur qui tend les bras, 

Croix des JMJ de Rio, croix pour rappeler tout spécialement l'Amour qui sauve. 

Bien sûr, en raison de mon métier, c'est plus souvent celle du milieu que je porte, et sous ma chemise encore, 

Mais, selon les occasions, il m'arrive aussi de porter l'une ou l'autre : 

Je  réfléchis simplement à ce qui est opportun.  

Mais, ce qui est sûr, c'est que tous les jours, qu'il vente, neige ou fasse soleil, 

J'ai une croix autour de mon cou, pour battre mon propre rappel. 


Et hier soir, c'était la soirée "retour des JMJ" de mon diocèse, 

L'une d'entre nous rappelait le trésor de la croix en tendant la sienne, 

Disant que nous avions à l'embrasser.  


Ca m'a pas mal fait sourire parce que c'est ce que je fais très concrètement chaque matin. 

Après ma douche, avant de passer une croix au cou, 

Je lui fais, très doucement, un petit bisou. 


Il n'y a pas là matière à fétichisme ou vieille habitude, 

C'est comme une micro-prière, en actes. 

Ma croix, je ne la porte pas comme un combat, 

Mais comme un rappel pour moi-même, chaque jour, 

De l'Amour du Seigneur pour moi, oui, jusque là,  

De ma volonté profonde de vivre en chrétien. 


Alors chaque matin, je l'embrasse ma croix, oui, 

Comme un assentiment profond à ce que sera la journée, 

Comme mon "oui" quotidien à ce que me donnera de vivre le Seigneur. 


jeudi, août 22 2013

En hommes de peu de Foi

 

 

Si le Camino est un chemin de Foi, il est aussi un chemin d’Histoire et d’histoires. Après avoir souri jusqu’aux oreilles l’an passé de celle, fameuse, du pendu-dépendu qui est à l’origine de la poule et du coq vivants présents dans la cathédrale de Santo Domingo de la Cazalda, celle qui me toucha le plus cette année se déroula sur le Cebreiro, dernière haute montagne avant de poursuivre en Galice vers Santiago.

 

En haut du Cebreiro donc, après avoir craché tous ses poumons, ses mollets, ses cuisses et même tout le reste, après avoir abdiqué l’espérance d’avoir un cm2 de peau exempt de transpiration et après avoir gagné un visage à la tonalité plus qu’écarlate, on arrive dans un charmant village dans lequel se trouve une petite chapelle : Santa Maria do Cebreiro.

 

 

L’église locale

 

Lieu de paix hautement goûté après le brouhaha de la queue au gîte, de l’installation dans les dortoirs et des douches. Y pénétrer comme un havre de calme, sourire en entendant les chants de Taizé et en voyant toutes les bougies allumées.

 

 

 

Et là, devant une vitrine contenant une patène et un calice avec un reliquaire en argent devant, se mettre tout doucement à genoux comme les articulations le peuvent et prier.

 

 

 

Car c’est ici qu’eut lieu vers 1300 ce qu’on appelle « l’histoire du moine de peu de foi ». Ce moine était surpris de voir venir à sa messe, tous les jours, un paysan des environs qui était obligé de faire des km (… et quels km ! Parfois sous la neige !) pour venir. Un jour, il pensa pendant la messe : « Faut-il être idiot tout de même pour faire tant d’efforts pour un peu de pain et un peu de vin !!! ». Moment où le pain et le vin se changèrent sous ses yeux et dans ses mains visiblement en chair et en sang, conservés dans le reliquaire.

 

L’histoire ne dit pas, à ma connaissance, ce qu’il advint du moine ni du paysan mais elle me touche infiniment. Déjà parce qu’il nous arrive d’être dans la position du paysan, à entendre dire : « mais vraiment, que vas-tu donc faire jusque là-bas à pieds pour te poser devant une boîte contenant des ossements ? », nous forçant à affiner en nous-mêmes les raisons qui nous poussent à entreprendre pareil pèlerinage mais surtout parce que nous – en tout cas moi – sommes surtout souvent dans cette posture du moine de peu de foi, hommes et femmes de peu de foi, à la confiance fragile, à la parole donnée au Seigneur dérapante.

 

Alors, à genoux devant ce reliquaire, ce jour-là, j’ai longuement prié.

 

Seigneur, donne cette confiance en Toi qu’on appelle Foi, car, sans Toi, nous ne saurions que nous appuyer sur nous-mêmes et jauger, et juger la vie à notre vue si basse et si peu aimante ;

 

Fais grandir la Foi, toujours, car Tu nous dis que même celle qui aurait la taille d’un grain de moutarde pourrait accomplir des choses immenses ;

 

Fais que ma Foi soit si ancrée sur Toi qu’elle le soit en Toi,

 

Donne-moi de savoir suivre le conseil du pape François aux JMJ : Bota fé – mets la Foi ! en guise de sel à saveur plus que supérieure et relevée dans la vie ;

 

Et, enfin, donne-moi de Te voir présent, quand Tu viens Te révéler, parfois au creux même de toutes mes chutes, de tous mes manques de foi.

  

 

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