Zabou the terrible

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - Car aime

Fil des billets - Fil des commentaires

samedi, avril 15 2017

Méditation devant Son tombeau – Samedi Saint

http://www.artbible.net/1T/Exo1401_Redsea_myriampsong/images/20%20CHAGALL%201952%2066%20DATION%20L%20EXODE%20NICE.jpg

Samedi Saint au tombeau. Tout semble fini.

 

Comme souvent, je me demande ce que j’aurais fait, ce que j’aurais dit, ce que j’aurais pensé si j’avais vécu à l’époque du Christ. C’est sûr qu’en se plaçant a posteriori il est facile de fanfaronner : « moi, j’aurais gardé espérance et confiance car Il l’avait dit ! » mais, en termes d’héroïsme facile comme en termes de lâcheté, nous ne sommes souvent pas les derniers.

Comme Pierre, peut-être que j’aurais dit : « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne t’abandonnerai jamais » pour renier ou désespérer – y a-t-il une véritable différence ? – quelques heures plus tard. Est-ce que, même, je n’aurais pas été déçue par celui que j’aurais alors suivi des jours et des mois entiers ? Celui qui avait des paroles comme nul autre : quand on les entend aujourd’hui, elles n’ont la saveur d’aucune autre, alors de Sa bouche, qu’est-ce que cela devait être ! Je m’imagine les buvant et les laissant me transformer jusqu’au cœur. Parce qu’en plus, Il les disait en m’aimant comme chacun de ses disciples !

 

Peut-être que, devant le tombeau juste clos, j’aurais vraiment dit : « tout est fini » mais avec cette nuance amoureuse que l’on a pour les gens aimés après leur décès : « qu’est-ce qu’Il était formidable ! ». Il ne reste en apparence rien d’eux, mais, au-delà des souvenirs, il reste, même pour ceux qui n’ont pas la foi, l’amour.

 

Je me dis que, devant cette fin sordide, la seule chose qui serait demeurée aurait été l’amour que j’aurais porté à Jésus… mais seulement, cet amour était encore l’amour humain, l’amour fini de l’homme, sans ouverture, confronté au blanc tragique du point final de la mort. Avec la pointe de déception que cette fin soit si banale et si moche pour un être si sage, si aimant et si aimé.

 

Aujourd’hui, on est capable de voir dans la croix le signe de l’amour. Le contemporain du Christ le samedi saint ne pouvait pas encore le savoir : il ne lui restait que son pauvre amour humain. Je me dis que c’est cela même que l’ouverture du tombeau le dimanche est aussi venu faire voler en éclats : l’amour ne fait pas que subsister après la mort dans la forme qu’il avait, comme une simple trace, l’Amour révélé par le Christ nous indique qu’Il est le seul passage pour ouvrir à la Vie.

 

Le Christ vient aussi en grand pédagogue transfigurer notre amour humain. Il vient faire exploser la finitude de notre propre amour, Il vient transfigurer tous nos enfermements, Il vient transformer nos sentiments encore si étriqués, si repliés, si pauvres, si ancrés dans le seul « moi ».

 

Devant l’obscurité fermée du tombeau, nous pouvons tout Lui confier car Il est là plus que jamais à prendre tout ce qui semble faussé dans nos vies, toutes nos morts, tout le « Shéol » de nos vies, magma indistinct de ce que nous aimons taire.

Car Il vient pour ouvrir tout ce qui est clos, tout ce qui est nuit, tout ce qui est mort de nos vies à l’unique Lumière de Son Amour.

 

 

 

mercredi, mars 15 2017

Le carême en pont de singe

 

Deux semaines de Carême : moment où l’on constate l’écart entre les envies fringantes du point de départ cendré et la réalité plus pesante de notre humanité, ô combien apprentissage d’humilité !

 

Quand les désirs de lenteur se font course,

Quand les désirs de silence se font bruit,

Quand les désirs de « moins » se font « plus »,

Quand les désirs de « plus » se font « moins »…

 

Et pourtant demeure, au-delà de nos entraînements balbutiants, le désir, intact, ce désir de Dieu mis en notre cœur qui nous a fait entreprendre la course. Grâce à lui, nous pouvons offrir :

A Toi ces imprévus !

A Toi ces pas rapides qui ne savent pas assez prendre le temps de s’arrêter,

A Toi ces paroles trop vite échangées, ces écoutes encore trop superficielles,

A Toi ces galères de mes élèves à porter,

A Toi ces silences tout de même pris, goûtés, savourés, parfois comme un peu dérobés,

A Toi ces « efforts », même ahanants, pour mieux Te servir…

 

Le carême, comme un pont de singe de notre désir de Dieu, bien mieux arrimé que tout ce qui semble bancal ;

Le carême, ce temps souvent tout bizarre et qui pourtant nous fait tout de même avancer,

Déjà passage qui nous fait mieux aimer.

 

dimanche, mars 5 2017

Que ma prière devant Toi s'élève comme l'encens

 

« Chacun de nous a en lui son holocauste, et il embrase l’autel de son holocauste pour qu’il brûle toujours. Pour moi, si je renonce à tout ce que je possède, prends ma croix et suis le Christ, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu ; ou si je livre mon corps aux flammes en ayant la charité et obtiens la gloire du martyre, je m’offre en holocauste à l’autel de Dieu. Si j’aime mes frères jusqu’à donner ma vie pour mes frères, si pour la justice et la vérité, je lutte jusqu’à la mort, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu. Si je fais mourir mes membres à toute convoitise de la chair, si le monde est crucifié pour moi et moi pour le monde, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu et je deviens moi-même le prêtre de ma victime. »

 

Origène, Homélie sur le Lévitique, IX, 9, SC 287.

 

mercredi, mars 1 2017

Parce que tu n'es ni sanglier, ni cendrier mais bien Fils bien aimé

https://i.skyrock.net/0036/77280036/pics/3031575144_1_4_0wFHKghQ.png

"Tu es un sanglier, tu es un sanglier" trouve-t-on dans Les douze travaux d'Astérix

Moi, parfois, le mercredi des Cendres, j'ai l'impression qu'on me dit "tu es un cendrier, tu es un cendrier" avant de m'apposer moult dose de cendres sur le haut du crâne. 

Evidemment, ce n'est pas le sens : on me colle des cendres sur la tête pour me rappeler que je finirai un jour aussi poussière que celles-ci car c'est ce que je suis, que ce serait tout de même assez bien, un jour, de me décider à me convertir... C'est bien, c'est exact, mais ce n'est pas tout. Si je m'arrête là, c'est pur volontarisme : c'est "aïe, aïe, aïe, ma finitude ! Hop, je retrousse mes manches et je me convertis ! Allez, vite, un sac, des sandales et quelques sauterelles sans miel et pas trop grillées pour ne pas donner l'impression d'abondance, je vends mes biens et je pars proclamer l'évangile dans les rues !". J'exagère, certes, mais c'est toujours une tentation aussi que celle de se poser plein de résolutions si dures qu'escalader l'Everest en comparaison serait sinécure et des résolutions dans lesquelles nous nous remuons mais en oubliant que le Carême, c'est avant tout grandir dans notre lien de filiation divine. C'est grandir dans le sens profond de cette certitude que "sans moi - sans Lui -, vous ne pouvez rien faire", c'est laisser plus de place à cette relation d'amour filiale pour apprendre à vivre en Fils. 

Si ces cendres délicatement déposées sur mon front étaient certes le rappel de ma finitude, de l'urgence de me convertir mais étaient aussi l'indéfectible souvenir du feu qui les a brûlées ? 

Si ces cendres étaient un appel à ranimer ce feu de l'Esprit Saint déposé au creux de moi, ce feu qui brûle et qui n'attend que ma vie pour l'embraser tout entière ? 

Si ces cendres étaient le signe que tout n'a pas encore brûlé dans ma vie et que je peux apprendre à laisser l'Esprit Saint crier vers le Père "Abba" pour apprendre à aimer comme Lui ? Un peu, au moins ?  

Peut-être que les Cendres qui ouvrent le carême, ce n'est pas un "tu es un cendrier, tu es un cendrier", mais bien  plutôt un appel à apprendre à vivre sous Son regard lumineux, Son regard qui ne nous dit pas que nous serions un bête sanglier cendrier mais un regard qui nous aime et nous modèle si nous Le laissons faire, sans aucune persuasion mais en toute liberté.  

Quarante jours s'ouvrent devant nous pour cela :
Seigneur, vivifie-moi par Ton Esprit Saint : qu'Il brûle tout en moi, surtout les mauvaises herbes ;
Seigneur, apprends-moi à me laisser aimer par Toi
Et redresse ce qui est faussé pour être modelée un peu plus à Ta ressemblance. 

Heureux et fructueux carême à chacun ! 

 

mercredi, mars 30 2016

Semaine (en demi-)Sainte

 

http://static.wixstatic.com/media/2e93cb_2d51755cf5724a239ac14cef8ada48db.gif

 

Il était entré à Jérusalem : avec Lui, je voulais marcher vers Pâques, en Le suivant dans Sa Passion, en Le suivant dans Sa résurrection.

Parce que, sans tout cela, ma foi est vaine ;

Je dirais même que, sans la résurrection, ma vie elle-même est tout à fait vaine.

 

Et ce fut une semaine imprévue… Du stress d’une inspection à la joie éclatante de ce magnifique moment familial qu’est foncièrement la messe chrismale, de la profondeur d’un office à la fatigue intense de certains moments de cette même semaine.

 

En vérité, Vendredi Saint, à 15h, je n’étais ni en cours, ni au chemin de croix : j’étais au chevet d’un très proche qui venait de subir une opération urgente le matin même.

Il n’avait pas conscience du tempo, moi si, et c’était terriblement troublant…

 

J’ai vécu la Semaine Sainte plus à l’aune de cet événement qu’à celui de la Passion…

Et je crois bien que, cette année, j’ai complètement raté le tempo divin ;

Au passage, je crois que j’ai ‘pécho’ pleinement le tempo des tristesses et des joies bien humain.

 

Au passage, j’ai raté le passage à la joie de la Résurrection, et j’oublie encore parfois (ne vous moquez pas !) que j’ai à nouveau le droit de dire, voire de chanter, « alléluia » ;

Au passage, j’ai proposé et ai porté tout plein d’humanité à transformer devant le Seigneur, notamment dans la nuit du jeudi au vendredi ou plutôt d’humanité à laisser être transfigurée ;

Au passage, mon cœur aux nuages un peu bas en fin de semaine s’est finalement élargi à plus d’intentions et j’ai accepté, ou surtout je me suis laissée être « canal de prières », un peu mastoc, ne comprenant pas grand chose mais avançant en portant du monde, façon âne des Rameaux. On a les exemples que l'on peut ! 

 

Au passage… je crois que l’écho de Pâques a résonné de manière sourde en mon cœur, il est comme un bruit lointain que je n’ai pas perçu encore pleinement.

Mais, je crois qu’à force de (se faire) sonner les cloches, je vais l’entendre : 50 jours de Pâques, cela vient à bout de toute surdité partielle je crois !

 

Bref, a posteriori, on pourrait voir cette semaine comme une semaine en demi-teintes, de là une semaine en demi-Sainte.

Mais, si je n’ai pas encore récupéré le bon rythme, cette semaine, j’en suis sûre, était pleinement Sainte comme le demande son beau nom : parce qu’il y a bien eu des passages à vivre avec le Christ et avec mes frères humains ;

Et parce qu’au terme de celle-ci, Sa lumière vient relever le contraste, le rendre plus lumineux et nous irradier… Et cela est bon.

 

Alors, sans être tout à fait parvenue à être dans un rythme harmonieux - même si tout va bien mieux -, c’est toutefois de toute ma foi et de tout mon cœur que je proclame à chacun :

« Il est ressuscité : belle fête de Pâques à tous ! »

 

mercredi, mars 9 2016

Carême d'essence-ciel #4

L'essence première du chrétien, c'est dans ce qu'il a reçu : son baptême. Il trouvera d'autre(s) essence(s) en cours de route, mais ce baptême, bam, c'est le cadeau reçu qu'on n'a jamais fini de découvrir, qu'on n'épuise jamais et qui nous fait porter ce beau nom de chrétien. 

Le carême, c'est finalement un peu fait pour mieux nous faire redécouvrir ce qu'est être chrétien et, donc, pour l'être mieux. 

Dans le cours de théologie sacramentaire que j'avais la joie de suivre ce jour, on nous parlait justement de "vivre le baptême aujourd'hui" et du "don pluriforme du baptême". En listant les cinq traits de ce don, je me suis dit qu'il en ressortait quelque chose d'un examen de conscience à la saveur différente, d'un appel à une conversion, façon... 

 

Où est-ce que j'en suis de l'essence de ma vie de chrétienne ? 

(N.B. : la jauge n'est jamais vide !) 

"Qu'ai-je fait des promesses de mon baptême ?" 

 

1/ Le baptême nous délivre de ce qui nous sépare de Dieu. 

2/ Le baptême nous fait entrer dans une relation nouvelle à Dieu. 

3/ Le baptême fait de nous des membres du peuple de Dieu. 

4/ Le baptême nous fait prendre de la distance par rapport aux logiques dominantes dans le monde. 

5/ Le baptême change les rapports entre les hommes. 

 

Cela semble simple... et c'est pourtant moins évident d'en vivre dans le concret qu'il n'y paraît ! ;-) 

 

http://paroisse-st-benoit-du-guiers.fr/lebapteme2/bv000004.jpg

 

lundi, février 29 2016

Carême d'essence-ciel #3

Elle était là, posée en apparence négligemment mais en réalité soignement pliée, dans un coin de la pièce. 

On en trouvait dans toutes les pièces de ce couloir d'ailleurs : dans ces parloirs monastiques.  

Bien sûr, quand on fait une semaine de retraite, il est logique de faire appel à celui qui peut la porter et nous apporter le pardon du Bon Dieu... 

Mais j'ai bien aimé la voir posée là en permanence, cette étole violette.

Elle avait comme des accents de trousse de secours toujours disponible.

Disponible et largement pourvue : du petit bobo aux grands accidentés fortement mal en point, elle pouvait toujours aller vers une bonne réconciliation avec la vie, ou encore plus précisément avec Celui qui est la Vie. 

 

http://www.artisanatmonastique.com/content/product_2801616b.jpg

jeudi, février 11 2016

Carême d'essence-ciel #2

http://cdn-lejdd.ladmedia.fr/var/lejdd/storage/images/media/images/economie/sans-plomb-essence/7160449-1-fre-FR/Sans-plomb-essence_pics_390.jpg

Quitte tes semelles de plomb ! 

Et va vers le pays que je te montrerai avec un moteur désencrassé et rugissant :
plus haut, plus vite, plus fort :
afin de connaître "avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur pour connaître ce qui dépasse toute connaissance : l'Amour du Christ". (Eph 3, 18-19)

Le Carême, certifié meilleur carburant allégé de tout métal lourd et naturellement riche en Amour depuis 2000 ans ! 

 

mercredi, février 10 2016

Carême d'essentiel #1

https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/hphotos-prn2/v/t1.0-9/1620791_10152201757806133_2024272879_n.jpg?oh=beec3d99c98358b9d582882424e5d478&oe=57361654

Croix dénudée, dépouillée de ses rameaux;
Croix dépouillée de ses oripeaux,
Aujourd'hui ne reste plus au dessus de ma porte que cette croix, nue.
Des rameaux qui l'ornaient, on a fait des cendres :
Ces cendres qui marquent désormais mon front d'une autre croix, éphémère.

Croix dont on est signé,
Croix dont on se signe nous-mêmes,
Croix : instrument de torture et signe éclatant de victoire.
Croix : signe insurpassable de l'amour de Dieu pour nous.

La croix, elle n'est pas un phénix, elle n'a pas à renaître de ses/ces cendres :
Elle a à y transparaître, pleinement, en nos vies, 
Parce qu'elle nous désigne, un chemin toujours à la fois maintenant et en au-delà : la Vie.

mardi, février 9 2016

Du paradigme de la crêpe au nutella et autres concepts gustatifs incertains

http://www.recipe.com/images/brown-butter-crepes-with-nutella-and-jam-2234-ss.jpg

Vous avez remarqué ? Cette année, paf, une semaine après la Chandeleur, on passe au Mardi Gras. Nous gagnons pour l’année la création d’une nouvelle octave, après celle de Noël et avant l’octave de Pâque : l’octave de crêpes. Comme une nouvelle gamme de saveurs… ou pas.

 

La crêpe au nutella, y a pas à dire, j’aime ça. Mais, il faut bien avouer que ce n’est pas super fin… C’est même méga-gras. Certes, c’est très bon, on ne s’en lasse pas vraiment mais il faut bien avouer qu’il n’y a guère d’originalité : c’est un peu toujours la même chose. Une crêpe, du Nutella : on sait que ça passera bien. Routine du gras.

 

Seulement, voilà le « problème » du mardi gras, c’est qu’il tombe avant le mercredi des Cendres. En gros, du concept de crêpes, on passe à celui du bol de riz. N’exagérons rien : ce n’est pas qu’il faille dire « de crêpes en carême, point » mais il y a une insistance sur le jeûne, le partage et la pénitence. Du gras grasseyant, confortable mais sans piment, on passe à la cure amincissante – qui n’est pas à confondre pour autant avec l’idée de régime.

 

Le Carême, c’est la recherche du goût en sa subtilité, via le passage de la quantité à la qualité. Moins de ceci, moins de cela (huile de palme ou autre chose : qu’importe ?), non pour faire un effort surhumain, pour se dépasser – quel intérêt, sinon se regarder soi ? – mais bien pour redécouvrir les saveurs dans leur essentiel, dans leur simplicité.

Dépouillement des sauces lourdes qui dégoulinent et autres cache goûts, ou pour cesser de parler métaphoriquement, dégrossissement des excès routiniers pour retrouver la force de ce qui était caché.

40 jours offerts en cadeau pour cela.

 

A Pâques, eh bien, vous savez ce qu’on obtient, du coup ? Du chocolat.

Retour à la crêpe au Nutella comme simple résultat ? Que nenni, quel piètre amateur de chocolat si vous pensez cela !

Le chocolat, ce n’est pas une saveur mais bien des milliers, du noir, du au lait, du blanc, du avec des noisettes ; le chocolat, c’est le passage de l’amertume à la douceur sucrée, de celui légèrement salé à l’acidité d’un chocolat allié avec un agrume.

Le chocolat, c’est un peu l’explosion des saveurs en bouche.

 

Certes, le chocolat, ce n’est pas Pâques et tous les mots comme tous les mets seraient bien insuffisants pour décrire la grandeur d’un mystère et d’une joie qui nous dépassent.

Et pourtant, il y a comme une justesse du chocolat à Pâques, qui célèbre la saveur retrouvée et renouvelée.

 

D’ailleurs, on dit bien qu’on n’adore que Dieu… et le chocolat : ça ne doit pas être un hasard, mais bien de la haute théologie (au moins).

 

Enfin, le royaume de Dieu ne consiste pas en des affaires de crêpes au Nutella mais il est bien « justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rom. 14, 17)…

Alors, bon carême à chacun : que celui-ci soit une vraie préparation du palais de notre vie à la joie éclatante d’un arc-en-ciel de saveurs à Pâques !

 

jeudi, avril 2 2015

Avoir part avec Lui - Semaine Sainte 2015

 

Rameaux qui nous font entrer dans la Semaine Sainte en nous proposant d’entendre une première fois tout le récit de la Passion du Christ ;

Mercredi saint, veille du Triduum, ce sommet de l’année liturgique où, en quelques heures, nous parcourons pas à pas la Passion du Seigneur, heure par heure, avec Lui.

 

Ce qui est terrible, c’est qu’on connaît très bien l’histoire…

 

Dimanche, j’ai repensé à ce fameux petit jeu vidéo, Run Jesus qui nous fait parcourir de manière très trop extrêmement rapide la vie du Christ : si vous ne le connaissez pas, c’est par là : http://runjesus.com  

 

Bref, dans ce jeu, quand on perd, bam, c’est la croix et le Game over.

http://img15.hostingpics.net/pics/332151Capturedcran20150401235150.png

 

Dans le fond, les jours qui viennent, on va rappeler que c’est pareil : la croix, la mort, c’est radical.

Les jours qui viennent, c’est un peu comme un jeu vidéo raté… Au lieu d’être actifs, on va être passifs…

La passion, c’est de toute façon un peu ça étymologiquement parlant : et pourtant rien d’inutile !

Et rien de contraire à la liberté, bien au contraire !

 

L’avantage de ces jours, c’est :

De nous rappeler jusqu’où va la suprême liberté de l’homme vers le mal,

De nous rappeler jusqu’où va la suprême liberté de Dieu – qui a nom Amour - vers le Bien.

 

L’avantage de ces jours, c’est :

De ne pas nous complaire au jeu vidéo se terminant par un Game Over mais à passer de ce « game over » à son anagramme « Rêve ! A ! OMG ! » (OMG = Oh my God pour les pas assez geeks).

De nous inviter à une vraie traversée des apparences : marcher résolument à la suite du Christ et avec Lui,

Pour gagner, tout gagner, au-delà de nos morts et de nos croix quotidiennes,

Pour un plus de vie et de joie.

 

samedi, février 21 2015

Lumière intérieure

 

https://fbcdn-sphotos-b-a.akamaihd.net/hphotos-ak-xpa1/v/t1.0-9/1477956_10152120255736133_1923493129_n.jpg?oh=3fbd04a84b6fd88c693b19bd3bdec21b&oe=5596E39A&__gda__=1434586181_00fc9986c29639664af3a7bafcdced7f

Et, l’espace de deux jours, retrouver cette fameuse abbaye, ce fameux petit oratoire de l'hôtellerie, cette fameuse communauté…

Se retrouver comme chez soi : coutumes et visages si connus, silence si apprécié ! 

Douceur de l’air et esprit se perdant dans les voûtes romanes avant de revenir se concentrer sur l’essentiel.

 

J’avais oublié qu’en Carême, après la messe comme après les Vêpres, il y a un temps de silence, un grand temps de silence dans la crypte, autour des reliques de saint Benoît.

Silence… Prière…

Rien à voir, rien à entendre.

Juste laisser l’âme s’ouvrir, s’exposer un peu plus à la Parole de Dieu.

 

C’est le but de toute retraite,

C’est le but de tout carême.

Ouvrir, chaque jour un peu plus, notre être à la Rencontre du Seigneur.

 

mardi, avril 1 2014

Grand écart d’unité


 

8h30 ce matin : ils sont encore à moitié endormis mais commencent à se réveiller et à piailler… Il faut mettre cette classe de 6ème au travail, interroger et enseigner.

 

20h30 ce soir, je cause durant 30 min dans le cadre de l’école d’oraison de ma paroisse sur « la foi dans l’oraison » devant un auditoire d’adultes.

 

Signe d’une journée sous le signe du grand écart ?

Je n’ai jamais été capable de le faire, je manque cruellement de souplesse : je ne pense pas y arriver mieux dans mes journées.

 

Mais au début de la matinée, j’ai ouvert mon cœur à la louange divine par les Laudes ;

Mais au cœur de l’après-midi, de manière complètement imprévue encore quinze minutes avant, j’ai reçu le Pardon du Seigneur ;

Mais après la causerie dans la soirée, il y avait une demi-heure d’oraison de mise en pratique, cœur à cœur avec Lui.

 

Si notre centre de gravité est en Lui, il n’y aura jamais de véritable grand écart car tout se trouvera au seul vrai centre possible ;

Si notre centre de gravité est en Lui, on verra l’inattendu du Seigneur jaillir dans la journée en ZEP, depuis la zone éducation prioritaire à celle de l’église paroissiale.

 

samedi, mars 8 2014

Le Carême, c’est comme… #2

 

Le Carême, c’est comme…

… le café !

 

C’est parfois un peu amer, tu as un peu tendance à faire la grimace quand ça y va trop fort, qu’il est tout noir, trop serré. Peut-être aurais-tu dû mieux le doser ? 

 

Mais dis donc, après, qu’est-ce que tu es présent, (r)éveillé !

 

 

 

vendredi, mars 7 2014

Le Carême, c’est comme…. #1

 

J’ai la pensée si vagabonde que, souvent, elle aime les chemins de traverse et l’incongruité des rapprochements apparemment décousus. Du coup, au lieu de les garder sur moi, je préfère vous les partager.

 

Il ne s’agit pas de faire des comparaisons resserrées comme si le Carême, c’était cela et rien que cela mais simplement de dire que par, un côté, cela pourrait se rapprocher de cette image… Oui, oui, même si c’est tout à fait tiré par les cheveux.

 

Ah voui, puis, en plus, ce sera irrégulier… comme la pensée !

 

 

Le Carême, c’est comme…

 

… la peau de mes pieds après avoir marché !

 

 

 

 

C’était hier, je regardais mes pieds : activité hautement évoluée vous en conviendrez, à la limite du nombrilisme. Tiens, ils commençaient à aller mieux. C’est que, quand on marche des kilomètres et des kilomètres, il y a des frottements, des brûlures, des usures.

 

Cela forme de la corne : la peau se racornit, devient toute sèche et tellement dure, incapable de souplesse.

 

Il lui faut du repos, le temps de souffler, de s’aérer pour, enfin, craqueler. Il faut alors l’enlever. En dessous, il y a une peau neuve, promesse de regain de vitalité et d’une souplesse dans la marche réactivée. Quelque chose d’une promesse de renouveau si je frotte un peu cette peau dure pour retrouver, en dessous mais bien présente, cette peau pleine de vie.

 

En quelque sorte, le Carême c’est donc s’occuper de ses pieds, mais seulement pour les mettre dans Ses pas, toujours neufs, toujours vifs qui ne savent, eux, que se tourner vers l’Autre. Pour que soient beaux les pieds de celui qui porte la Bonne nouvelle ! :) 

jeudi, mars 6 2014

Carême par chemin boueux



Tu sais Seigneur, mon âme ressemble bien trop souvent à un chemin boueux, avec ces bonnes grosses ornières bien marécageuses, pas très belles, aussi cabossées que casse-figure. 

 

Alors, voilà, Tu le sais, je suis pleine de bonne volonté, j'ai toujours envie d'y aller, de me lancer de grands défis plein d'Evangile, de Te dire, de Te suivre au mieux mais je me heurte toujours à cette dure réalité : y a d'la boue partout, y a mes péchés, y a ma pesanteur et mes peurs. 


Alors, au début du Carême, je T'avoue que ça m'éclate en pleine face, comme si j'avais mis le pied dedans façon enfant de trois ans qui saute dans la flaque pour s'amuser (tiens, juste avant d'aller à la messe du mercredi des Cendres !), et splotch ! 

Oh, certes, je ne nie pas l'utilité des flaques : elles servent au moins à réfléchir Ta lumière, Ta grâce quand elles ne sont pas trop sales et que je suis bien disposée devant Toi, et c'est déjà ça ! 


Quand je dis que la boue m'éclabousse de partout en début de Carême, c'est surtout qu'au début de ce temps privilégié, on se pousse plus ou moins à prendre des résolutions, des engagements, des chouettes trucs. 

Des coups de brosse énergiques ça et là : c'est important car il y en a souvent bien besoin ; 

Du récurage de flaques pour qu'elles soient plus lumineuses, plus réfléchissantes de Toi…  

En clair, préparer au mieux un beau et bon terrain. 


Mais le truc, c'est que, Tu vois, j'ai tendance toujours à en rester à un "j'aimerais". Parce que, la conjugaison, c'est mon truc 

Mais surtout parce que j'ai beau faire, j'ai beau décider, j'ai beau m'engager, 

Il y a toujours quelque chose d'un amour conditionnel pas très net, 

Parce que j'aimerais T'aimer 

Mais tout cela, ça reste trop moi, mon p'tit nombril et ma petite vie, mon chemin et ses cahots. 


Or, au bout du Carême, il y a un unique horizon, 

Il y a Pâques. 

Là, rien de conditionnel : 

Le don plein et entier, 

l'Amour à l'état brut. 


Le Carême, c'est peut-être l'apprentissage du mode inconditionnel, 


Choisir quelques pauvres moyens humains pour laisser plus de place à l'Amour, oui, 

Mais surtout Te demander cette grâce, humblement : 

Apprends-moi à T'aimer,

Ou, ce qui revient au même, apprends-moi à aimer,  

Apprends-nous à vivre à ce mode où il n'y a qu'un seul verbe à conjuguer mais par toute sa vie, apprends-nous à vivre à Ton mode, au présent : l'inconditionnel. 

mercredi, mars 27 2013

Sais-tu quel jour on est ?

 

Depuis samedi soir, c’est la Semaine Sainte…

On y entre tout doucement, tout paisiblement, avant le premier coup d’accélérateur de la messe chrismale et demain, d’un coup, le début plus net de la prodigieuse montée, si abrupte bien que préparée, vers Pâques.

 

Et puis demain jeudi, et puis après-demain vendredi…

Ô combien jours saints, ô combien grandes heures…

Demain, les ¾ de mes élèves, les 4/5 de mes collègues ne sauront pas quel jour on est, évidemment. Et, à côté du lycée, je passerai pour ma part une immense partie de mon temps libre à l’église.

Mais je n’ai pourtant pas deux vies : je n’en ai qu’une et j’aimerais qu’elle soit cohérente.

 

Quand on aborde le Triduum, il y a une ivresse grandissante :

Non pas celle du Vin, du Sang, de la Cène – encore que – mais celle qui en découle,

Nan pas la Joie devant la Croix qui est plutôt silence venant nous saisir au plus profond, mais celle qui en découle ;

L’ivresse de l’Amour, qu’on devine à chaque pas, à chaque jour, à chaque heure plus grand,

Qui nous devance, qui nous appelle, qui nous dit :

« Viens, je t’aime ! Ne crains pas la mort, ne crains pas la croix,

Ne crains pas ! J’ai donné ma vie pour que tu vives parce que je t’aime ! »

 

Demain, je ne dirai pas quel jour on est,

Demain, je ne parlerai pas de Toi, mon Dieu,

Car je sais bien que ce n’est pas le lieu.

 

Mais je tâcherai de T’accompagner,

Mais je tâcherai de Te rendre le seul et pauvre témoignage que je puisse ici Te rendre, en essayant de vivre ce que Tu me demandes de vivre, c'est-à-dire Te vivre, 

En tâchant surtout d’être ivre de manière croissante !

 

Selon la méthode copyrightée par Isaïe, chaque matin :

Dieu mon Seigneur m'a donné le langage d'un homme

qui se laisse instruire,

pour que je sache à mon tour

réconforter celui qui n'en peut plus.

La Parole me réveille chaque matin,

chaque matin elle me réveille

pour que j'écoute comme celui qui se laisse instruire.

 

Pour T’offrir chaque matin, chaque heure de ce Triduum

Pour ne rien craindre,

Pour l’orienter tout entier vers Toi !

 

jeudi, mars 21 2013

D’eau vivifiante en coucher de soleil

 

 

 

Comme l’eau sait se frayer un chemin dans la terre à l’insu des prévisions humaines,

Ainsi l’Amour de Dieu se glisse dans les fissures imprévues de nos cœurs,  

Les irrigue et vient les toucher au plus profond, malgré les méandres et les détours,  

Pour, peu à peu, travailler et remodeler la glaise de notre âme

En surface rayonnante d’une Lumière incandescente à jamais.

 

samedi, mars 9 2013

Parlez-moi d’amour

 

 

 

« Parlez-moi d’amour » dit la chanson. Cela peut sembler simple…

Parler d’amour, tout le monde le fait ou presque : en chansons, en poèmes, en phrases lyriquement grandiloquentes comme en SMS de trois lettres.

Et même quand on commente les beaux passages où le Christ nous parle d’amour : commandement ultime, commandement nouveau !

Et le problème, quand on n’a plus que ce mot-là à la bouche, quand on le met à toutes les sauces parce que nous n’avons que celui-là en français, c’est qu’il s’affadit.

 

Car il n’est pas si simple de parler d’amour.

Montrez-moi, donnez-moi à écouter une seule personne disant le mot « Amour » avec tout ce qu’il recouvre ?

Il est beau de dire de nous aimer, qu’il faut nous aimer, mais n’est-ce pas toujours en deçà de la réalité ?

 

Dire le mot, le répéter sans cesse, gomme tout ce qu’il a d’absolu.

 

Il me semble toujours le percevoir non pas dans les multiples conjugaisons du verbe mais bien plutôt aux silences qu’il provoque, à l’envers des mots qu’il implique s’il est vécu :

Regards silencieux de plénitude aimante entre amoureux, homme et femme ou homme et Dieu ;

Regards silencieux d’amitié pétillante et complice ; 

Babils des enfants aux parents, et réciproquement ;

Actes simples du quotidien posés avec ce je ne sais quoi de surcroît ;

Mots qui s’arrêtent dans une conversation parce que, là, juste là, on touche au sanctuaire du cœur et que seul le silence est de rigueur : la voix devient rauque avant de s’éteindre, comme si on arrivait aux portes du plus intime de la vie.

 

Si Dieu est Amour, c’est qu’il ne l’a pas dit,

Ou tout au moins pas seulement,

C’est qu’Il l’a vécu : à fond, jusqu’au bout ;

L’Amour, c’est Sa vie ;

C’est Sa vie qui aboutit au silence étourdissant de la croix :

Parce que l’Amour n’a plus de mots alors pour se dire,

Il est vécu.

 

C’est peut-être pour cela que le silence joue un rôle si important dans la prière,

Parce qu’il n’y a que là, que dans ce silence, que nous pouvons apprendre un peu mieux ce qu’amour veut dire,

De quoi, ou plutôt de Qui,

Amour est le Nom,

Amour est la Vie,

Pour qu’il devienne la nôtre.

 

jeudi, mars 7 2013

Carême au présent

 

Pour le Jour du Seigneur web, j’ai écrit un petit article sur ma manière d’envisager, ou plutôt et surtout de vivre, le Carême en cette année de la Foi.

 

Parce que je confonds peut-être Pâques et Noël (ou pas d’ailleurs), ça m’a fait parler de cadeau, de présent et de disponibilité.

 

Bref, des bafouillages de carême à lire par ici : « le présent comme présent »

 

 

 

- page 1 de 2