Zabou the terrible

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lundi, octobre 30 2017

Fioretti d'EPJ et d'eucharistie

 

Et me voici de retour de l'EPJ (Ecole de Prière Jeunes) édition 2017 ! Comme toujours le coeur en action de grâce et la tête consonnant avec le coeur et l'âme de multiples fioretti. Parmi ceux-ci, ces deux-ci... comme un moyen de vivifier notre désir du Seigneur !  

 

En début de semaine, une enfant de 7 ans qui n'avait pas encore fait sa première communion est allée communier avant qu'on ne s'en aperçoive. Des plus grands lui tombèrent alors dessus pour lui dire que ce n'était pas bien ce qu'elle avait fait et c'est en pleurs que la petite finit la messe. A l'issue de celle-ci, je la récupérai pour essuyer ses larmes et elle de me dire entre deux sanglots : "Tu sais, c'est que j'en avais tellement envie !!!" 

 

http://www.famillechretienne.fr/var/fc/storage/images/media/images/articles/ld-communion-hostie-eucharistie/54124-2-fre-FR/ld-communion-hostie-eucharistie_article.jpg

 

Fin de semaine, une autre petite de 7 ans en pleurs à la fin de la messe (encore !), je la récupère là aussi : 

- Mais pourquoi pleures-tu donc ? 

- C'est parce que... parce que... moi je voulais prier ! Et F. m'a embêtée ! Je n'ai pas bien pu prier Jésus alors que je voulais ! 

- Mais, ce qui compte, c'est ce désir de prier, tu sais, c'est celui-là que Jésus regarde et il sait ce que tu as dans ton coeur. " 

... Deux parmi tant et tant d'autres... ! :-) 

 

dimanche, août 27 2017

A minima, Tu es le Trésor d'un coeur d'ancienne !

 

            L’ancienne région de Césarée-de-Philippe où Jésus se trouve dans l’épisode évangile de ce dimanche, j’ai eu l’occasion d’y passer récemment avec de belles balades à Dan et, surtout, à Baniyas. C’est magnifique mais ce fut une région marquée par l’idolâtrie. Est-ce un hasard si c’est le lieu que Jésus choisit pour demander « au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » puis le fameux « et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». Les uns et les autres ont des réponses qui divergent… Et ne serait-ce pas encore le cas aujourd’hui ?

 

          Césarée de Philippe, c’est un peu notre monde. Non pas seulement « eux », au loin, mais aussi « nous » avec toutes les idoles que nous nous construisons, toutes ces choses qui nous encombrent et nous détournent de « l’unique nécessaire ». Et les réponses divergent aujourd’hui encore, on pourrait les actualiser, elles seraient probablement un peu moins sympa que dans la Bible : « pour machin, tu n’es qu’une illusion ! », « Pour certains, tu n’es qu’un personnage de l’histoire », « pour d’autres, tu es un bon maître de sagesse ». « Quelques-uns enfin envient ton succès et demandent ta recette pour être un gourou autant suivi ».

 

        Certes, il y a nos croyances qui divergent, nos philosophies et nos histoires personnelles mais il y a aussi, dans nos propres vies de croyants chrétiens appelés à répondre au « pour vous, qui suis-je ? » des obstacles, des « idolâtries » faisant suffisamment écran pour nous empêcher de répondre non pas du bout des lèvres comme une ritournelle apprise mais bien avec tout notre être : « Tu es le Christ ! Le Fils du Dieu vivant ! ». Ou toute autre exclamation prononcée avec amour, avec tout le cœur et tout le corps. J’ai du mal à imaginer Pierre prononçant cette réponse autrement que se levant et s’élançant amoureusement vers Jésus. L’idolâtrie, ce sont tous nos « j’aime » possessifs, mal ajustés au « je T’aime » que nous pouvons dire au Christ.

 

            Ce midi, profitant de quelques derniers jours de vadrouille vacancières, j’ai eu l’occasion d’aller avec un ami récemment ordonné à une messe (très) anticipée du dimanche qu’il célébrait dans un EHPAD. Je suis toujours foncièrement marquée par les messes dans ce genre d’endroits où quelque chose de l’incroyable force de Dieu dans la faiblesse se dit ou, plutôt, se balbutie et s’écrit à travers les rides. J’y vis toujours l’eucharistie très différemment. Là, cela n’a pas raté et j’y ai vu comme un écho de l’Évangile : j’ai contemplé ces anciens après la communion, quelques-uns rudement éprouvés par l’âge. Certains arboraient un beau sourire, d’autres marmonnaient les yeux fermés une prière, celui-là levait les yeux au ciel et puis celle-ci, en fauteuil roulant, bouleversante, avait replié ses bras doucement sur son cœur comme si elle voulait conserver à jamais le trésor qu’elle venait de recevoir.

 

       A les regarder ainsi, j’ai souri, les considérant comme donnant la meilleure réponse qu’on puisse jamais faire à la question du Christ, Bien-Aimé de nos âmes, venu se faire pauvre avec ces plus pauvres afin de leur donner la Vie.

 

Banias - Temple of Pan 001.jpg
Domaine public, Lien

 

 

 

mercredi, mars 29 2017

Se laisser catéchiser

Avec des ados en chemin vers la 1ère communion, séance constituée d'un petit tour d'horizon général sur la messe à l'issue duquel je leur ai posé cette question : 

Et finalement, pourquoi est-ce important à votre avis que le pain durant la messe devienne le Corps du Christ ? 

- Pour nous bénir ! / Tu sais ce que cela veux dire ? / Un peu...  / Cela signifie "dire du bien" / Donc pour que Jésus dise du bien de moi et des autres ! 

- Pour qu'Il soit ma force dans toute ma vie. 

- Pour qu'Il soit en nous. 

- Pour qu'il reste en nous. 

 

"Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite" (Jn 15, 11)

      :)         

http://www.oratoire.org/wp-content/uploads/2017/02/communion-malade.jpe

lundi, janvier 30 2017

Comme une pauvre tache...

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Ce moment de pause qu'est la messe du soir, après une journée bien chargée. 
Communion, ce moment où je regarde mes mains : ouille, pleines d'encre. 
C'est sûr que recevoir le Seigneur dans ces conditions, c'est pas top... Et pourtant...
Pourtant, cette encre, c'est celle de mon stylo qui fuyait tout au long de cette journée où j'ai fait passer des oraux ; 
Pourtant, cette encre, c'était juste le signe humble de mon travail, rien d'autre. 
Alors présenter ce travail au Seigneur pour Le recevoir ? 
Ce n'était pas "sale" cette tache de ma tâche, c'était comme un signe très concret qu'Il vient nous rejoindre dans ce que nous faisons, dans ce que nous sommes : 
Pour qu'Il soit, au-delà des marques disgracieuses, la seule véritable encre de mon existence, afin qu'elle s'écrive selon Lui. 

jeudi, août 11 2016

Don par amour, Amour par(-)don

 

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« Ceci est mon corps,

Ceci est mon sang »

Mystère de la foi !

Que cela soit avec 5 personnes,

Que cela soit avec des millions,

Que cela soit en province, à Paris ou encore aux JMJ,

Même bouleversement du Christ qui se donne,

Même bouleversement du Christ qui se rend présent.

 

Même bouleversement intérieur,

Du Christ qui s’offre à nous par amour,

Simplement par amour.

 

Le Concile de Trente définissait la messe comme un renouvellement non sanglant du sacrifice du Christ… qu’en est-il quand il se termine, quand il s’achève dans le sang ?

Chaque messe me saisit et me renvoie désormais encore plus à cela.

 

Mystère de l’Eucharistie,

Mystère de l’incandescence du don poussé à son degré ultime, qui permet celui de l’homme, porté par cet élan d’Amour, par pure grâce.

 

Désirer le martyre ?

Certainement pas.

Désirer la fidélité, jusqu’au bout,

Désirer être porté(e) dans le don de soi-même dans le seul et unique don du Christ, abandonné, livré, par Amour ?

Certainement.

 

L’assassinat de fin juillet ne fera pas se lever des chrétiens fanatiques,

Mais l’assassinat de fin juillet sera sans doute, selon la formule de Tertullien, « semence de chrétiens » :

Des chrétiens très « radicalisés » car le chrétien, c’est celui qui cherche à aimer comme Christ, qui l’aime et qu’il s’efforce d’aimer.

 

L’assassinat de fin juillet nous fera sans doute entrer toujours plus dans le mystère de l’eucharistie, comme il y a fait entrer d’une manière ultime le p. Jacques Hamel.

Dans le don de l’Amour,

Dans le don par Amour,

Pour y entrer nous-mêmes :

Dans l’Amour par don,

Dans l’Amour sans raison, incompréhensible…

C’est celui-là même qui nous permet de prier et d’entrer 

Dans l’Amour de ceux « qui ne savent pas ce qu’ils font »,

Dans l’Amour pardon.

 

dimanche, janvier 3 2016

L’offrande, l’offertoire et l'épiphanie

 

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Quand les mages arrivent devant le Christ, ils lui offrent leurs présents.

On les connaît : l’or, l’encens et la myrrhe (non, rappelons qu’il ne s’agit pas d’une lessive ni de la station spatiale russe) ;

On connaît aussi plus ou moins leur symbolique ;

Et on connaît encore mieux les noms que la tradition a donnés à ces mages : Melchior, Gaspard et Balthazar.

On connaît aussi la tradition de la galette et…

 

Mais finalement, les mages de l’épiphanie, c’est un peu nous à la messe.

Nous sommes venus L’adorer !

Et, mieux encore, nous venons Le recevoir !

Mais nous sommes venus L’adorer… Et moi, mon présent, c’est quoi ?

 

Le problème avec Dieu, c’est qu’il n’y a certes guère autre chose à Lui offrir que des choses que Lui-même nous a déjà données :

Mais enfin, comment un père – et a fortiori un Père – ne serait-il pas fan même des petits cadeaux que son enfant lui fait ?

 

Si nous sommes comme les mages à la messe, l’offertoire, c’est un peu notre venue à la crèche à nous.

Si nous n’avons que des mains vides, peut-être pouvons-nous offrir, quand le prêtre présente le pain et le vin, tout ce qui fait et forge nos vies : de notre travail à notre famille, de nos joies à nos difficultés, de tout ce qui habite et demeure en nous,

Lui offrir un peu, voire beaucoup et si possible tout de notre vie, pour qu’Il l'emmène toujours plus en Lui.

 

lundi, août 31 2015

Le Christ venu nourrir ses pauvres

 

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C’était il y a une dizaine de jours, une simple messe de semaine.

 

C’était une simple messe de semaine : la Parole de Dieu, le Pain qui devient Corps, le Vin qui devient Sang. L’extraordinaire présent auquel on ne s’habitue jamais.

 

C’était une simple messe de semaine : l’assemblée avait plus qu’aux 9/10èmes les cheveux plus que blancs mais, pour une fois, elle n’était absolument pas clairsemée. Elle était assise, parfois dans des fauteuils roulants, parfois avachie… Et là, il y avait pourtant une telle dignité régnante que nous, les quelques valides, n’osions même pas nous mettre debout : cela aurait eu quelque chose de malvenu, de malséant.

 

C’était une simple messe de semaine où les silences côtoyaient les réactions marquées à l’Évangile – un peu fort, semblait-il, à leur goût ! -, où les prières d’intercession étaient hésitantes, parfois oublieuses de leur fin, où personne n’avait envie de rire à des réactions inconsidérées des uns ou des autres, où les réponses de la messe et le Notre Père étaient dits encore avec une certaine conviction, car sus vraiment « par cœur », appris en ce temps-là où leur mémoire fonctionnait encore aussi bien que leur cœur et que leur capacité d’aimer. Et cette dernière, elle ne s’oublie jamais.

 

C’était une simple messe de semaine dans un lieu spécialisé pour ces personnes… avant tout des personnes : oui, des prières hésitantes, avec des balbutiements, des incompréhensions, des oublis, des rappels d’un temps très passé ressortis on ne sait comment à ce moment-là, mystère de la mémoire. Des prières semblant comme un peu ratées mais pourtant tellement réussies, tellement justes…

 

C’était une simple messe de semaine qui m’a remué les entrailles. Peut-être parce que j’ai un membre proche de ma famille aussi atteint de cette terrible dégénérescence cérébrale, peut-être surtout parce que cette messe, c’était vraiment le Seigneur qui se faisait proche des pauvres, très concrètement, parce que cette messe, c’était le mystère de l’Eucharistie à l’état brut.

 

C’était une simple messe de semaine qui redisait si fort combien elle célébrait la Vie.

 

dimanche, novembre 9 2014

Subversif ? Convers-if

 

En semaine, dès que je le peux, je vais à la messe : le matin tôt, en milieu de journée quand un grand trou me le permet, ou encore le soir, fatiguée, après une bonne journée de travail.

 

A chaque fois, je me dis que c’est le moment que je préfère :

Le matin, pour m’éveiller d’une manière particulière avec le Seigneur et offrir par avance la journée qui s’ouvre ;

En milieu de journée comme pour signifier la place centrale qu’a le Seigneur au cœur et au sommet de celle-ci ;

Le soir, comme une offrande finale de tout ce qui s’est vécu en Celui qui a tout porté.

A chaque fois, je préfère ce moment que je vis mais ce n’est jamais une contradiction avec les autres que le dire : c’est juste que ce sont chacun des moments qui me réjouissent, où l’Eucharistie m’émerveille… à chaque fois.

 

Mais aussi, à chaque fois, en semaine, j’ai l’impression d’y aller un peu en clandestinité… Oh pas pendant les vacances mais en période scolaire car c’est un temps aussi fugace que fugitif, que j’ai l’impression de dérober à l’implacable marche du quotidien.

 

Et puis, la messe, et encore plus la messe de semaine, ça sonne un peu à l’oreille comme une vaste subversion du système quand on passe ses journée dans l’enseignement public… D’autant plus que je pense qu’il n’existe pas grand chose de plus subversif qu’une messe : tout y est toujours retourné par rapport à nos habituelles valeurs humaines et avant tout nous-même : l’ordre qui s’y dit est celui du don, de l’amour fou renversant tout.

C’est bon de se le dire, de se le redire quand, parfois, nous laissons l’automatisme s’installer : la messe, c’est subversif. On pourrait dire subversion, on pourrait dire révolution également.

 

Mais tout cela n’est juste que s’il y a conversion avant tous ces mots : la messe, je la reçois avant tout comme l’instrument de ma propre conversion où unissant nos vies à l’offrande de la Sienne, nous Le recevons pour apprendre à nous tourner mieux vers Lui.

Et, c’est peut-être en cela que c’est le plus subversif la messe, par la conversion même infime qu’elle provoque : je crois que ça rejaillit sur tout le reste de la journée… à chaque fois.

 

 

Avec ces chaussures, tu augmentes le degré de potentielle convers-ion au premier pas que tu poses en direction de l'église… ou pas.

(Photo ? Les chaussures de l’aumônier et de la bergère à l’école de prière le jour du Pardon… cela ne s’invente pas !)

 

lundi, décembre 9 2013

Si vous saviez...


Parfois, souvent, je pense à vous, vous mes élèves, quand je suis à l'église. 

Je me demande ce que vous diriez si vous connaissiez cette partie de ma vie qui est pour moi beaucoup plus qu'une partie : mes engagements, ma Foi… 

Enfin, ma Foi, j'espère ou tout au moins j'aimerais qu'elle transpire un peu, même un tout petit peu, malgré mon silence, malgré moi et le poids de mes péchés ;

J'aimerais même vraiment qu'elle transpire par tous les pores de ma peau. 


Aujourd'hui, vous étiez lourds, dissipés… J'ai passé plus de temps que de raison à élever la voix, à demander de se calmer, à lutter pour enseigner, pour faire grandir, un peu. 

Je n'aime pas jouer la Mère fouettarde et vous m'y obligez même si je vis souvent cela assez mal, comme un échec éducatif. 

Mais j'ai au moins autant passé de temps à vous écouter, à vous corriger, patiemment, à parler, à répéter, à noter : travail dans l'ordinaire de ma vie. 


Mais ce soir, après une longue journée, j'étais particulièrement fatiguée en arrivant à l'église, portant encore en mon coeur les heurts, les cris, les violences et encore plus vous tous qui ramez sans avancer et qui me préoccupez énormément. 


Quand je suis fatiguée, je "n'anticipe" pas ce qui va se passer durant la messe : je me laisse porter, guidée par la simplicité éducative de la liturgie qui vient me nourrir. 


C'était la consécration, j'ai repensé à vous en disant en mon coeur, "mon Seigneur et mon Dieu" devant le Pain et le Vin élevés, 

Comme si, par ma prière, c'était vous aussi que j'orientais vers le Seigneur ; 

Et je crois que c'est quand je suis à genoux, simplement, devant l'Eucharistie 

Que mon travail de chaque jour avec vous trouve son plus bel et son plus juste accomplissement. 


Si vous saviez, ô mes élèves…. 

Si vous saviez le don de Dieu ! 



dimanche, mai 20 2012

Tables spirituelles ?

 

Dans une famille où l’on aime bien souvent mesurer l’esprit à l’aune de la facétie, les mariages sont autant occasions d’agapes que de fraternelles joutes oratoires ; et mes cousins, just married, n’osèrent éteindre l’esprit - on n’oserait écrire Esprit en ces circonstances ? - en formant les noms de tables en autant de contrepèteries.

 

La mienne, curieusement, me fit sourire jusqu’aux oreilles.

 

 

 

A me demander profondément si je fus placée là ainsi, sans raison particulière, pour le simple plaisir de la contrepèterie décliné à toutes les tables différemment ; pour une raison intellectuelle, celle de l’histoire littéraire qui la signale comme la première connue chez messire Alcofribas Nasier en son Pantagruel ;  ou si c’était pour une autre raison, une raison qui a simplement nom sens propre, sans aucune contrepèterie… ?

 

Le lendemain, rentrée chez moi, je n’ai toujours pas tranché… : merci les mariés ! ;)

  

jeudi, février 2 2012

Bref : long merci

 

Bref, j’en avais marre des parodies de bref.

Ouais, bien sûr, dans la vie, on naît, on meurt et il se passe des trucs entre.

Mais pas que.

 

Bref, c’était le matin tôt,

J’ai ouvert un œil ; je devais travailler,

J’ai regardé mon réveil, l’heure m’a regardée,

J’ai refermé mon œil, j’ai redormi.

 

Bref, c’était plus vraiment le matin tôt.

J’ai ouvert les deux yeux : trop tard pour réviser.

J’ai regardé l’heure : oui, pour ça, ça l’faisait.

 

Bref, je suis allée à la messe dans ma paroisse.  

Il faisait froid, très froid, trop froid.

Le prêtre a pris la messe pour les catastrophes naturelles au lieu de la St Jean Bosco.

Pas les textes que j’avais médités la veille : pas merci mon père.  

Tant pis, j’ai été surprise,

Je me suis laissée surprendre, j’ai écouté.

 

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mardi, novembre 29 2011

Faibles forts


Je m’attendais ce matin à écouter la si belle 1ère lecture du jour (Is XI, 1-10) que j’apprécie tant. Raté : le prêtre choisit de célébrer la messe votive pour les malades et les handicapés.

 

Au lieu de prier avec les textes attendus, j’ai dû en écouter d’autres qui se répondaient et me laisser surprendre par eux. Et, parce que les circonstances le voulaient, me laisser toucher et porter par eux : clin-Dieu…

 

« Mais il m'a déclaré :

« Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. »

Je n'hésiterai donc pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi. C'est pourquoi j'accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. »

 

Paroles de folie ; paroles de Foi ! 

 

Nous faisons tous, un jour ou l’autre, l’expérience de la faiblesse,

Chez l’autre, mais aussi en nous ;

Expérience de l’inquiétude, expérience de l’angoisse,

De se sentir dépassé, sans pouvoir faire ce que l’on avait prévu ; 

C’est la maladie ; c’est la blessure ;

C’est la faiblesse insupportable.

 

Et c’est le moment favorable pour se confier et se reconfier à Dieu

C’est le moment non de la résignation mais de l’accueil en une confiance renouvelée :

Le moment, souvent craintif, souvent dans le noir, du « que vivrai-je ? Je ne sais… mais avec Toi, mon Dieu ; avec Toi ».

 

Ce matin, cette messe si priante,

C’était le moment de prier pour tous les malades de ma paroisse, puis pour tous ceux que je connais, mais aussi pour chaque être humain, si vulnérable…  

Et donc pour moi, aussi :

Que Sa Force donne chaque jour sa mesure dans ma faiblesse !

 

C’est cette présence du Christ que nous nous préparons à accueillir par cet Avent,

De ce Christ si petit, si vulnérable, qui n’aura d’autre force que celle de l’Amour

Qui nous dira qu’il n’y en a pas de plus forte que celle-ci, si admirablement faible,

Dans l’humilité de la crèche à laquelle répondra la souffrance de la croix.

 

Dans ce temps de l’Attente, dans ce temps de l’Avènement,

Que Sa Force résonne dans notre faible humanité

Dans notre faible mais belle humanité,

Qu’il n’a pas dédaigné de prendre pour nous illuminer,

Et, surtout, pour nous sauver.

 

mercredi, août 3 2011

« La France, pays de mission » : pour nous tous, ici comme là !

croisement inattendu de vies à la rencontre du Christ

 

Je n’aime pas le jeunisme, particulièrement dans l’Eglise catholique. Si je trouve bon que chaque tranche d’âge puisse se retrouver périodiquement pour grandir et vivre leur Foi avec les problématiques propres au moment de leur vie, je trouve important que tout le monde soit réuni pour prier ensemble, surtout pour la messe. Par définition, je ne vais donc pas là où « c’est cool parce qu’il y a des jeunes », je vais simplement à la messe paroissiale tant je trouve belle et tellement importante cette diversité du peuple de Dieu. Richesse infinie que nos pauvretés et nos dons partagés !


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mercredi, avril 20 2011

Des coquillages dans la cathédrale...

Il est 6h45. Je traverse les ruelles d’une ville encore tout ensommeillée que je connais seulement de l’avant-veille.

 

Le cœur léger et joyeux de cette escapade matinale, je monte peu à peu les degrés qui me séparent de cet édifice qui m’a tant impressionnée. Un escalier gigantesque vers cette cathédrale que les siècles ont façonnée par l’intermédiaire de milliers et de milliers de pèlerins…

 

Je pousse une porte, doucement : l’intérieur est illuminé, mais calme et silencieux. Au fond du chœur, une vierge noire. Dans la nef, déjà, des fidèles : des personnes assises curieusement, avec un gros sac à dos et un look à frémir. Ils sont une bonne quarantaine et, entre deux dos, l’on aperçoit quelques coquilles saint Jacques... j’en souris.  

 

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mercredi, février 23 2011

Espace de liberté + espace de fragilité = espace christifié

 

Les espaces de liberté se font rares lorsque les mois filent et approchent de l’échéance : il est du devoir de l’agrégatif de les recréer pour parvenir à respirer. L’un des miens est d’aller – oh, quand je le peux, certains jours – à ces messes de semaine : courtes, petites, sans gloriole ni trompette mais que j’apprécie tellement parce qu’elles m’aident à réinscrire sans cesse l’Essentiel dans ma vie.

 

Le 22 février, c’est une date un peu particulière pour moi et la messe y fait toujours partie de mon agenda, aussi chargé soit-il. Hier en fin de matinée, une panne d’oreiller, un concours de circonstances me fit aller non dans une de mes « paroisses de semaine » mais dans la mienne : ce concours de circonstances était finalement heureux ou, comme l’a dit mon vicaire conceptuel d’un sourire en me voyant arriver, avec une formule lapidaire dont il a le secret : « t’as bien fait ».

 

On fait toujours bien d’aller à la messe, je le sais bien, pas la peine de me le redire, padre enfin !

 

Ma présence rajeunissait de quelques décennies l’assemblée du jour, qui se comptait hélas sur les doigts des deux mains, dans une paroisse désertifiée (ah, les vacances scolaires !). Là, je sentis combien c’était bien ainsi, que j’avais eu vraiment raison de venir ici prier avec eux, les fidèles parmi les fidèles. Prendre exemple sur leur fidélité et leur apporter par ma petite présence l’inattendu de la jeunesse.

 

Sourires mutuels, salutations à chacun : petite communauté aux liens solides, tissés dans la fidélité et dans l’amitié.

 

Et puis, surtout, elle, là assise, sans force pour se lever.

Elle qui avait la tête baissée, les mains empêtrées dans son chapelet.

Elle dont les cheveux à moitié en bataille recouvraient le regard, visiblement perdu, un peu égaré.

Elle, qui allait recevoir le sacrement des malades, ce jour, maintenant, à cette messe.

 

« Zabou, viens m’aider »

Tenir le rituel pendant l’imposition des mains.

Tenir l’huile pendant que son front et ses mains étaient oints.

Regarder, admirer de toutes ses forces ce qui se jouait là.

Et prier, surtout, pour que le Christ soit sa Force,

Prier de toutes ses pauvres forces.

 

Être émue, profondément émue

De la confiance tranquille de celle qui recevait ce sacrement.

De la douceur de celui qui le lui donnait…

Quelque chose de tellement grand et de tellement simple se passait à côté de moi et j’avais la chance d’en être témoin.

 

Et puis surtout voir ce regard  fuyant se transformer soudain en regard rayonnant,

Un sourire aux lèvres revenu, des yeux emplis de gratitude.

Fantastique simplicité du geste où  le Christ advient :

Que le Christ soit sa force, toujours !

 

J’avais bien fait de venir, ici et non ailleurs, ce matin-là, oui.

 

vendredi, octobre 22 2010

Flambée furtive en mon cœur

  

Que de bruit soudain ! Elle était en retard. Et moi qui tentais de me recueillir ! De prier au milieu d’une journée pleine de cours et de stress en venant vivre cette messe de semaine, cette messe de midi, dans le calme. Elle arriva en boitant un peu, s’assit à côté de moi, juste à côté même, et je dois dire que cela m’agaça: il y avait pourtant de la place ! 

 

La messe avait déjà commencé et nous approchions de l’Evangile, de cette Parole de Dieu qui, quand on y prête attention « de l’intérieur », a toujours une petite chose à nous dire. Surtout quand on ne s’y attend guère. Et, comme toujours, ce fut le cas tandis que ma voisine se mit à renifler assez bruyamment. (Ne pas s’énerver, ne pas s’énerver… méditer la Parole, prier, dans le calme). Intriguée tout de même, je jetai un rapide regard à gauche pour voir de qui il s’agissait et je fus un peu surprise de son âge : les rides marquaient son visage avec une profondeur douce, telle que seul sait donner le grand âge. Je me calmai un peu.

 

Offertoire : s’y associer par son être. Se laisser porter par la prière eucharistique. Sanctus : prier par sa voix, avec ceux ici présents, y compris ceux qui ne sont pas visibles. Epiclèse et consécration : prier avec son corps et se mettre à genoux, devant un si grand Sacrement.

 

Ma voisine restait assise. C’est alors que son téléphone portable sonna. Encore du bruit… Bon, c’est vrai, cela arrive à tout le monde mais elle, elle ne l’arrêtait pas. Je détournai mes yeux de ce qui se passait à l’autel tant le téléphone continuait à sonner : en réalité, c’est tout simplement qu’elle n’entendait pas. Et c’est là que je la vis, elle qui était assise, faire un effort pour se lever. Un effort difficile, qui lui coûtait visiblement mais qu’elle tenait à faire. Elle s’y prit à deux reprises et, une fois levée, inclina la tête pour retomber sur sa chaise. Elle recommença la même manœuvre pour l’élévation du calice alors qu’elle ne devait pas entendre les paroles de la Consécration. De mon côté, je n’entendais plus le portable : j’étais dans l’admiration d’un Amour que je devinais à ses quelques gestes.

 

Son pas incertain pour aller communier n’avait alors plus la même saveur : il était non pas celui quelconque d’une qui suivrait simplement un flot, mais bien la marche d’une aimée, aimante. Elle partit dès la bénédiction finale, effacée, regagnant sans doute un chez-soi pas trop lointain mais qu’elle avait fait l’effort de quitter juste le temps d’une messe.

 

Quand le Christ viendra, trouvera-t-il la Foi sur la terre ? Je ne sais pas… mais chez cette femme, certainement, oui, et malgré tout, je le crois.

 

vendredi, octobre 15 2010

En service extraordinaire

« … Reçois le corps du Christ et que Dieu te bénisse…. »

 

Je tendis mes mains et reçus cette patène pleine d’hosties consacrées. Dépassée. Emerveillée. Rendant grâce pour le Pain de Vie que je venais de recevoir et préparant mon cœur à le transmettre à mon tour. Tête légèrement inclinée, écoutant dans mon cœur les paroles de bénédiction et d’envoi du prêtre pour cette mission à nulle autre pareille.

 

Ministre extraordinaire : on n’est rien, on ne fait que passer, que donner. Que transmettre ce que Dieu a d’abord donné, ce que d’autres mains ont consacré et ce que d’autres encore vont recevoir.

 

Moments aussi rares que fabuleux. Non parce que l’on se trouverait ainsi mis en avant, mais au contraire parce que l’on est alors pleinement dépassé par ce que l’on fait.

 

Quand on donne la communion, on est à la fois pleinement là et en même temps, plus tout à fait, tellement il y a à s’effacer derrière le sacrement, derrière Dieu qui vient se rendre présent et se donner ainsi à chacun. Rencontre personnelle, profonde, unique, dans laquelle nous n’avons pas à interposer notre présence humaine et ses interférences : c’est au Patron et à lui seul de faire tout le travail. Ministre, cela veut simplement dire serviteur.

 

Ce qui compte alors, ce n’est pas ma voix disant « le corps du Christ », ou bien mon pouce traçant une légère croix sur le front des enfants, ou même encore mes deux doigts tenant l’hostie, mais bien le Corps du Christ qui est là dans nos mains respectives. Présent.

 

Dans mon cœur, un curieux mélange de sentiments. Tant d’indignité que de dignité : indigne de le porter par mes propres et piètres mérites, rendue digne par cette humanité qu’Il n’a pas craint de venir partager. C’est peut-être pour cela que je sens rarement la fraternité portée à une telle incandescence qu’à ces moments-là : j’en reste émerveillée.

 

Et j’admire les visages et les mains de ceux qui s’avancent…

Le cœur priant, le cœur en action de grâce.

 

« … pour Le porter chaque jour avec amour jusqu’aux extrémités de la terre ».

Amen.

 

mardi, septembre 8 2009

Breizh Messe-braise

 

basilique de Folgoët

 

Il m’arrive de porter un regard distancié, amusé, quand l’occasion se présente de me rendre à la messe dans une petite église de pleine campagne. Moi, la banlieusarde, je goûte l’harmonium, les voix chevrotantes, les annonces de messe improbables, les usages liturgiques… « spéciaux ». Et pourtant…

 

Pourtant, au-delà de ce que je peux dire, au-delà de mes premières impressions, au-delà de tous ces souvenirs qui me ramènent aux doux mois d’été de mon insouciante enfance en Mayenne et en  Normandie, il se trouve là quelque chose qui m’impressionne, qui me touche dans l’intime de ma vie: leur fidélité inter- dimensionnelle.

 

Au milieu de quelques maisons dispersées, ils viennent, parfois de loin, se retrouver là tous les dimanches. On s’embrasse tous, on se connaît tous, on s’assoit les uns à côté des autres, on se raconte les dernières nouvelles (de ceux qui reviendront dans un an ou deux, ou jamais).

 

L’étrangère regarde, amusée. Amusée avant de voir ces messieurs du premier rang gauche qui ont certainement usé leurs culottes ensemble sur les bancs de l’école avant de les user à l’église. Avant de voir ces vieilles dames à la justesse de foi plus forte que celles de leurs voix usées par les années. Avant de voir ce curé rayonnant, pimpant pour ses 70 ans, rappeler qu’il fêtait aujourd’hui ses 10 ans d’installation comme curé de la paroisse. Avant d’entrer ensemble dans cette prière de l’Église qui est la nôtre.

 

Effata ! Le regard, s’entrouvre, s’élargit, distingue

Effata ! et voit :

cette force qu’il faut pour, chaque semaine, faire des kilomètres (et en plus, parfois, il fait froid !)

cette amitié vécue, signe de celle cherchée sans cesse avec le Christ

cet engagement dans les petites choses, pour que la liturgie soit belle « quand même »

ce courage pour continuer, toujours, « malgré tout », quand les forces vives de la jeunesse sont manquantes.

cette « pratique » qui ne va pas de soi.

 

Effata. Le regard change.

 

L’accusateur devient admirateur

L’amusement devient étonnement

La moue se mue en sourire du cœur.

 

Et le Christ accomplit encore un miracle, là, maintenant, tout de suite.

 

Miracle du quotidien, quotidien du miracle pour qui confie la prunelle de ses yeux au Christ.

 

jeudi, juillet 16 2009

Ô Toulouse

 
          Je pars, pars, sur les chemins du monde.
          Ou plus exactement dans le Lointain Sud, à Toulouse, au mariage d'une amie d'enfance dont je serai samedi la témoin.
          Ca va être chouette, c'est clair.
 
          Ce qui m'amuse aussi, c'est ce clin d'oeil matinal, dernier mail de la mariée à ses témoins qui nous retrace tout le programme de ces quelques jours à venir. Concernant dimanche, il y a la messe célébrée par son tonton père blanc. Juste après cette mention, on trouve : "Isa, tu gères la messe ?". Je ne comprends absolument pas pourquoi... Clin d'oeil
 
          Allez, zou, on finit le sac et on démarre la voiture pour "gérer de messes" et signer une paperasse, entre autres choses... Avec un grand grand sourire !

mardi, mai 19 2009

Ecclésia mou, sou, tou, mas...

 
 

Certains jours, l’écriture est difficile, tiraillés que nous sommes entre ce que nous voyons, vivons et l’impuissance de nos pauvres mots. Parfois ce tiraillement est interne, parfois on se le prend en pleine face, quand le ressort est trop tendu et qu’il lâche d’un coup. Il faut alors prendre le temps d’accueillir ces événements au creux de soi.

 

Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » -Sur nous, Seigneur, que… Hum, ce n’était pas ça en fait que je voulais dire. Beaucoup s’interrogent, questionnent : « Ouais, ben moi, je croirai au Christ quand les chrétiens montreront l’exemple ! » ou, apostrophent les cathos d’un « Tu te prétends catho ? Vous n’êtes pas meilleurs que les autres ! »

 

Non, nous ne sommes pas meilleurs que les autres, c’est évident. Nous ne cherchons qu’à devenir pleinement humains et cela, ça prend bien une vie, je crois ! Mais ces remarques sont salutaires, elles nous entraînent à bouger, toujours plus, toujours mieux et à ne pas regarder notre petit nombril bien formé de pharisiens béats.  

 

Alors oui, nos communautés paroissiales ne sont pas des modèles et même, horreur, mutent parfois en de terribles contre-modèles que l’on a honte à avouer, où la lutte acharnée pour le maximum de pouvoir ne le dispute qu’à l’ambition d’être en vue. Tristesses, coups de gueules, incompréhension, engueulades forcenées aux naïfs qui font leur job, ne demandent rien d’autre et à qui l’on veut absolument faire prendre partie dans une stérile guerre des clans. Il y a des jours, certes minoritaires mais réels, où l’on a envie de tout laisser tomber, de laisser braire et d’avancer seuls, chacun de son côté.

 

Mais une Eglise sans ecclésia, non, je ne peux pas, non, je ne veux pas. Et, même dans les instants où la tension est palpable, il est beau de voir, sans nul idéalisme, qu’il est bon d’avoir ces frères et sœurs qui nous sont donnés : ce regard, c’est l’étincelle susceptible de rallumer entre eux, plus grandes gueules qu’autre chose, le Feu puissant. En clair : l’amour.

 

Ces derniers temps dans ma paroisse, cela sentait l’orage général. Présente de loin pour préserver ma tranquillité en ces temps délicats, je sentais l’électricité dans l’air à chacun de mes passages, me demandant d’où la foudre venait et où elle allait encore tomber et blesser des chrétiens de bonne volonté sans raison. Et je fustigeais mon regard trop critique.

 

Samedi, jour de fête. Un aumônier fatigué par un trop lourd traitement. Prêtre âgé, qui, chaque jour, vient les traits un plus tirés, qui tire sur la corde, on le sait, on le voit, on lui dit mais il en veut. Mais, quand je vois cet homme qui est aussi un ami j’ai à chaque fois un peu plus mal. Et, lui, ces 6 enfants-là du caté, il tenait à les baptiser, malgré tout.  

 

Quelques dizaines d’yeux pour le couver du regard. Disponibles pour le servir, lui approcher une chaise, lui tendre un micro : un ballet d’aubes blanches, ce soir-là curieusement concentrées en un mélange de joie et de détresse. Leur aumônier, notre aumônier…  mais ils n’étaient pas seuls à le veiller. Chaque baptême était joie, et douleur pour celui qui s’affaissait de plus en plus au dessus de la cuve baptismale : l’assemblée était unie dans une atmosphère orante. Ecroulement. Malaise. Pas de précipitation, pas de folie autour de lui, rien pour changer l’atmosphère : juste la certitude d’une Présence.

 

Doucement, l’assoir ; doucement, un verre d’eau ; doucement lui proposer un meilleur siège pour concélébrer le plus au repos possible ; doucement finir de vivre, ensemble -enfants du catéchisme, jeunes de l’aumônerie, orchestre des jeunes, servants d’autel, paroissiens habituels ou inhabituels, prêtres concélébrants- cette messe où le mot Communion s’est rarement fait aussi fort entre nous et en nous.

 

Quand l’ecclésiastique fit ecclésia.

 

A la fin de la messe, il prit le micro pour quelques paroles, qui n'étaient pas de lui, mais de l'Autre : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples »

 

Samedi fut tragique et fut Beau tout à la fois. Et je ne sais en parler, de ce moment qui m’a tant touchée.

Et je ne sais qu’en dire. Je ne peux qu’essayer de prier, pour lui, et pour un mot dont le désir n’aura jamais été si fort en moi, simple petite laïque de base : Unité.