Zabou the terrible

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mercredi, août 15 2018

Pour mieux connaître les vierges consacrées

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En ce jour en l'honneur de la Vierge Marie, BFMtv en profite pour parler des vierges consacrées, s'efforçant de dire "oui" au Seigneur à leur humble mesure (pas gagné, heureusement qu'il y a Sa grâce !). Bref, pour mieux découvrir notre vocation, n'hésitez pas à aller lire cet article auquel deux vierges consacrées du diocèse de Paris et moi-même pour le diocèse de Nanterre participons par nos témoignages : 

"Mariées au Christ, religieuses hors les murs, qui sont les vierges consacrées ?

 

Marie comme témoin

 

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C’était il y a environ huit ans, nous rentrions des obsèques de mon grand-père. J’avais conduit religieusement à l’aller tout comme je m’efforçais de le faire au retour vu la constitution de ma voiture : d’une part ma grand-tante religieuse et d’autre part l’ami d’enfance prêtre de mon aïeul qui avait célébré la messe. De mon côté, je n’avais encore rien dit sur le grand désir, le grand projet qui habitait mon cœur – même si ma perspicace grand-tante en avait deviné quelques brins – et j’étais heureuse d’avoir une occasion de les côtoyer plus longuement, dans une voiture finalement très pieuse. 

 

 Sur la route chargée d’émotions qui nous ramenait d’un fameux petit village de l’ouest vers la région parisienne, le père J. de s’exclamer : « Voici les clochers de Chartres ! Dans ma famille, on priait la Vierge Marie dès qu’on apercevait la cathédrale sur la route. Je vous propose de chanter le Salve Regina pour votre famille ». Et nous voilà de chanter tous les trois dans la voiturette, avec leurs voix marquées par l’âge et la mienne peu assurée, et de continuer à prier ensemble quelques minutes. C’était simple et c’était très beau. 

 

J’ai gardé précieusement ce souvenir dans mon cœur et, souvent, j’y pense quand je passe du côté de Chartres : je souris de ce beau moment et je prie pour ces deux aînés dans la foi, géants de la fidélité au Seigneur, qui s’éteignent doucement dans le très grand âge. Ce soir, alors que je rentrais de vacances, c’est entre chien et loup que j’ai aperçu au loin les majestueux clochers dominant la Beauce. Et, en cette veille de l’Assomption, est monté naturellement de mon cœur, cette fois avec assurance, comme un passage de témoin réussi, un Salve Regina, cette lente et belle mélodie qui semble courir le long des siècles, au fil des générations qui la disent bienheureuse et des « oui » à son exemple. 

 

O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria

 

jeudi, juin 28 2018

L’inouï d’un grand amour

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            C’était il y a une semaine, lors d'une belle journée sportive avec les élèves : nous qui avions terminé l’épreuve où se trouvait le lieu du pique-nique, nous attendions. Nous ? Des élèves et trois professeurs dont deux arrivés cette année et puis moi : nous sommes encore en train de faire vraiment connaissance. 

 

            Il y avait notamment cette collègue que je sais en train de s’installer, de bâtir son foyer et, très probablement, de commencer à avoir l’idée d’y accueillir un enfant. Et elle de nous demander à l’autre collègue et à moi si nous avions des enfants, ce à quoi lui comme moi répondons non. Elle d’insister de savoir si c’était un choix, mon voisin bafouille quelques mots avant d’annoncer son homosexualité. Et moi, de bafouiller à mon tour « non, oui, enfin… c’est compliqué ». La conversation reprit entre mon voisin et elle et je me suis demandée : « si elle savait » !!! Qu’aurais-je pu répondre, a fortiori étant si proches des élèves et de leurs oreilles ? Que j’étais consacrée à Dieu ? Inaudible (« hein, consacrée ? C’est quoi ? »… loin de son champ de pensée) en plus d’être inouï, fou et incroyable ! Dire que j’étais « un peu comme une religieuse » et parmi eux, pourtant ? Rien que d’imaginer cela, ça me faisait sourire car j’étais en short et baskets, encore suante des cinq épreuves, ayant donné de l’énergie et de la voix pour soutenir mon équipe d’élèves : pas franchement le look porté par l’imaginaire commun français... Et pourtant, tout autant consacrée que mes sœurs qui ont choisi la plus cloîtrée des vies et qui en portent l’habit. Car nos oripeaux ne parlent pas seuls : ce sont seulement nos vies données qui comptent. 

 

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dimanche, juin 24 2018

Comme lui pour avancer et être comme Lui

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Comme Jean le Baptiste, savoir reconnaître le Seigneur qui s’approche, même caché… et en tressaillir d’une joie communicative ; 

Comme Jean le Baptiste, savoir si bien Le reconnaître qu’on est capable de Le désigner, clairement, nettement, à ceux qui nous entourent ; 

Comme la première lecture de sa solennité, savoir que nous ne sommes pas le fruit du hasard mais que nous sommes choisis, aimés, désirés de toute éternité ; 

Comme Jean le Baptiste, être prophète, parler de la part de Dieu… mais savoir que cela ne peut pas se faire sans lourde et permanente conversion de notre part ; 

Alors, comme Jean-Baptiste, sempiternellement savoir qu’on ne saurait même pas enlever les godasses du Seigneur mais qu’on peut parler de Lui, quand même ; 

Comme saint Jean-Baptiste, Lui laisser toute la place ; 

Comme saint Jean-Baptiste, savoir que le Seigneur peut nous faire perdre la tête, d’amour et par amour. 

 

Se servir de l’exemple de saint Jean-Baptiste pour mieux nous convertir, pour devenir un signe vivant tourné vers Son cousin, vers Lui et vivre, et aimer, et se donner, comme Lui ! 

 

 

jeudi, juin 14 2018

Témoignage or not témoignage ?

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Ces derniers mois ont été riches en « témoignages » : ceux un peu officiels lors de soirées vocations ou d’après-midi dédiés, ceux plus officieux de l’échange privé ou encore celui plus surprenant d’une situation d’interview. De l’audience large à l’aventure de deux cœurs en dialogue à bâtons rompus, des enfants qui viennent de faire leur première communion et sont pleins de questions douces de fraîcheur, aux priants âgés simplement heureux de t’écouter, en passant par les ados qui se la jouent blasés mais en réalité sont très intéressés, aux mamans qui viennent te demander ce que tu es concrètement, le style est très différent… et pourtant, c’est toujours le même Seigneur. 

 

            Tous, comme chrétiens, nous sommes appelés à témoigner de ce Dieu qui sauve auquel nous croyons. Mais, comme consacrée, on vient te chercher pour parler de Celui à qui tu as donné, de manière si étrange, ta vie. Un appel ? Es-tu vraiment comme nous ? Alors, évidemment, quand tu parles de Lui, tu parles aussi de toi… et quand tu parles de ta vie, tu ne sais plus le faire convenablement sans parler de Lui. 

 

            Tout l’enjeu est de ne pas trop se raconter soi-même mais bien de dire les merveilles que Lui a faites et fait encore dans ta vie… Exercice si simple et, dans le même temps, si périlleux : Lui avant toi… et cela même quand on te ramène souvent à toi, tes choix et ta petite vie. Alors, tu fais ce que tu peux pour ne pas devenir autoréférentielle mais bien « christo-référentielle », en te disant que, dans le fond, c’est aussi très précisément le chemin de ta vie que l’être ou en tout cas chercher à l’être chaque jour plus. 

 

Mais ce qui est certain, c’est que le témoignage est un exercice provoquant à chaque fois dans le cœur une immense gratitude pour ce qui fut et ce qui est donné. Joie du don de Dieu, joie d'un oui chaque jour redit à celui-ci, tout simplement. Alors, même si tu ne sais jamais très bien ce que cela sème dans le cœur des autres, tu peux te glisser au moins pour toi-même dans les mots de Marie en en revenant, confiante que ces mêmes mots sauront aussi germer chez d’autres, que tu le saches ou non : 

 

Mon âme exalte le Seigneur ! 

 

lundi, février 19 2018

Au désert - 1

Deux fois, j'ai eu l'occasion de vivre un temps au désert : une fois dans le sud du Maroc, en juillet 2008, le temps d'un week-end de pause découverte dans notre temps de volontariat et d'amitié ; une fois trois jours dans le désert du Néguev, en Terre Sainte, en août dernier. J'aurai certainement une belle occasion d'aller découvrir un autre désert l'été prochain mais, en attendant ce futur voyage, ces deux expériences furent uniques en leur genre. Et nous, chrétiens, nous pensons souvent au désert lors du Carême car le Christ y fut 40 jours ! Voici ce qui était proposé dans l'évangile d'hier, 1er dimanche du Carême année B : 

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus venait d’être baptisé.
Aussitôt l’Esprit le pousse au désert
et, dans le désert,
il resta quarante jours,
tenté par Satan.
Il vivait parmi les bêtes sauvages,
et les anges le servaient.

Quarante jours de désert... Je n'aurai pas autant à en dire mais, pour méditer, je vous proposerai au long de ce Carême quelques billets de et du désert, parce qu'en Carême, nous n'en sommes jamais privés ! (Oui, bon d'accord, c'est très mauvais comme blague). 

 

Août dernier. Nous venions d'arriver en Terre Sainte et nous, groupe de "Bible sur le Terrain", nous ne nous connaissions pas encore. Mais voilà qu'à peine arrivés, nous avons été emmenés au désert pour y dormir, pour y prier, pour y vivre en y lisant la Bible. Il s'agissait durant ce premier jour de méditer sur les Commencements. 

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mercredi, décembre 6 2017

Retour sur la Terre Sainte

J'avais évoqué ici mon pèlerinage du mois d'août dernier en Terre Sainte. Je viens d'en écrire un récit un peu plus long pour le "journal d'une jeune consacrée" sur le blog des "jeunes cathos". 

A lire par ici >>

lundi, novembre 13 2017

Les jeunes plantes et leurs spores audacieuses

Dimanche, c'était la "journée des néophytes" de mon diocèse : eh bien, fréquenter ces "jeunes pousses" est aussi bon pour la foi qu'écouter les enfants parler de Dieu ! Deux exemples, tout comme pour l'EPJ, là encore en guise de fioretti

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En parlant d'un psaume : 

"Le verset qui me parle, c'est 'Oui, le Seigneur est ton refuge ; tu as fait du Très-Haut ta forteresse.' parce que, vous vous rendez compte ? Nous, les chrétiens, on a carrément l'être le plus puissant comme refuge !  On n'a jamais à avoir peur !"  

Et bim ! 

 

***

 

 

Quand quelques néophytes cherchent à savoir quelle bête étrange est donc une consacrée et viennent te poser des questions à la fin d'un atelier sur la prière : 

- Mais vous avez le droit d'avoir une relation amoureuse? 

- Ben, non, je me suis engagée à la chasteté dans le célibat pour toujours là : c'est le principe dans la vie consacrée. 

- Mais même pas droit une relation tendre avec quelqu'un ? 

- Eh bien, je n'aime pas trop parler en termes de droit ou d'interdit. J'ai "droit" à l'amitié, et même à des amitiés très profondes, c'est d'ailleurs essentiel dans ma vie, mais pas de relation exclusive avec quelqu'un si c'est votre question. L'idée du célibat consacré, c'est de nous donner corps et âme à Dieu... pour avoir aussi notre amour disponible, en Lui, pour chacun. 

- Ah, en gros, avec votre vie et votre prière, vous êtes une sorte de ressource d'amour, un buffet d'amour où les chrétiens viennent se restaurer quand ils en ont besoin. 

- Euh ouais.... Bon, j'ai aussi besoin de me convertir avant tout comme n'importe qui, hein. 

Bref, belle définition mais reste à le vivre : pression, pression ;-)  

 

mardi, mai 30 2017

Prise en flag ou l'apophtegme unifiant du macaron à la pistache

Long temps de la fin d'année où fatigue et presse savent se conjuguer. Pour moi, il y a toujours l'enjeu de tenir ma vie professionnelle et tout le reste ensemble sereinement, en unifiant la totalité dans la prière puisque l'ensemble fait ma vie "de consacrée" qui appartient à Dieu, origine, fin, arrière-plan et joyeux compagnon de chacun de ces jours. Et parfois...  

 

J'avais aujourd'hui un rendez-vous pour mes études de théologie et, n'ayant pas cours le matin, j'avais mis autour de mon cou une petite croix en bois. Ce que j'appelle en mon for intérieur mon mode "cathostensible" : une petite croix comme signe simple de Celui à qui j'ai donné ma vie et qui, avant tout, l'a donnée pour moi.   

Il y avait aussi un peu de course aujourd'hui afin d'ensuite rejoindre mon collège pour quelques rendez-vous avec des parents et un conseil de classe. Dans ma poche, une croix de Taizé afin d'évidemment changer mon tour de cou mais non point l'essentiel avant de rejoindre mon établissement. Avant de reprendre le train, je me dis qu'un petit goûter (car, oui, je suis une affreuse prof qui aime bien goûter) serait bienvenu pour tenir jusque tard. Et là, arrivant à proximité d'une échoppe de la gare, la vendeuse m'interpelle et s'exclame : 

"Oooooh, mais c'est la maîtresse de ma fille ! Bonjour Mme P**** !" 

Incroyable mais vrai : je tombais sur la mère d'une des élèves dont je suis professeur principale ! Un de mes rendez-vous de la semaine suivante ! Et... j'avais autour du cou ma croix. Et... j'avais un bouquin au titre bien catho dans les mains. Et.... j'étais un peu, voire beaucoup, gênée, je dois l'avouer. Que faire ? Rien, il était trop tard : il ne me restait qu'à assumer, mine de rien et à sourire. 

Mais la maman de mon élève, musulmane comme je le savais par ailleurs, était elle aussi tout sourire. Pas de choc de son côté. Ni de question, sinon la joie de me voir... et de m'offrir un gros macaron à la pistache ! En plein Ramadan ! 

Je suis donc repartie vers le collège avec un bon goûter sous le bras et la promesse de revenir la voir lors d'un prochain passage. Mais je suis aussi repartie en me disant que la couverture de mon identité secrète mais profonde de catholique-consacrée venait d'un coup de prendre un sacré choc. 

Et pourtant... y avait-il eu là atteinte à la laïcité ? 

Dans le fond, cette classe a, sans le savoir, une consacrée comme prof principale. Dans mes études de théologie ou dans les cours que je donne, je suis bien la même, partout. 

Au bout d'un moment de perplexité quant à cette scène, je me suis mise à sourire dans le train. Je pense que, durant ces premiers mois de vie consacrée, je suis encore en train d'apprendre, de découvrir, le don de Dieu spécial de cette forme de vie, qui ou plutôt ce que je suis devenue tout en étant la même... 

Et si les autres étaient aussi patients apprentissages de notre identité ? 

Et si les autres étaient aussi patients apprentissages de notre unité de vie ? 

 

mercredi, mai 3 2017

Dimanche d’élection

 

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Si, le 11 juin, dans mon diocèse, nous voterons tous pour Jésus (ohlala, la consigne de vote cachée !), il n’est pas faux de rappeler que nous célébrons, que fêtons en Église l’élection dès ce 7 mai. Non du dimanche comme jour chômé, non pas l’élection à laquelle vous pensez, mais la nôtre.

 

Dimanche prochain, ce sera le 4ème dimanche de Pâques, celui où l’Église prie tout spécialement pour les vocations.

 

Vocations ? Vocation ?

Comme le rappelle souvent le pape François, à la source de toute vocation, « il y a toujours une expérience forte de Dieu, une expérience qui ne s’oublie pas, on s’en souvient toute la vie » ! Cette expérience forte de se savoir aimés, follement, personnellement, infiniment…

Mais ce ne serait pas juste de limiter cela aux seules formes de vocation « spécifique » : tous nous sommes foncièrement des êtres appelés. Dieu a un projet de bonheur pour chacun d'entre nous. 

 

Tous nous sommes des êtres choisis,

Tous nous sommes des êtres choyés par le Seigneur,

Tous nous sommes ses préférés, chacun pour notre part,

Tous nous sommes ses élus, sans même faire campagne. 

 

… Et dire qu’il n’a même pas eu peur de nous élire alors que nous ne le méritons même pas… !

 

Alors, pour nous préparer à ce dimanche d’élection(s) dans les divers sens du terme, si nous prenions le temps d'ici là, même sous une ambiance grisâtre, de rendre grâce ?

 

Pour L’élire chaque jour plus comme Seigneur de nos vies ! :-) 

 

vendredi, février 3 2017

Ma première journée de la vie consacrée… de la loose ? 

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Aujourd’hui, 2 février, fête de la Présentation de Jésus au Temple, c’était la fête de la vie consacrée, ainsi que l’a instituée le pape Jean-Paul II il y a vingt ans. 

 

C’était la première fois que c’était vraiment « ma » fête et j’aurais bien marqué cela d’une manière ou d’une autre… 

En réalité ? Ce fut une grosse journée de travail où je n’ai même pas eu la messe - pour la seule fois de la semaine : pile le mauvais jour ! -, ni la possibilité de prier un office avec quelqu’un ou plusieurs autre(s). Les Laudes seule au réveil, les Vêpres seule tard, les Complies dans quelques instants, seule… La loose quoi pour un jour de fête ! 

 

Et puis, j’admets que, depuis quelques années, j’invitais les rares amis au courant de mon chemin à festoyer autour de quelques crêpes (d’ailleurs, lors de ma pendaison de crémaillère, on m’avait offert un appareil à crêpes : coïncidence ?)… parce que, pour tout vous dire, les amis et les crêpes, j’aime bien ça ! Là, ce soir, c’était remise de bulletins donc une fin bien trop tardive pour préparer de la pâte à crêpes et inviter des amis… la loose je vous dis ! 

 

Il faut dire que je faisais cours, dans cet état d’excitation si particulier qui précède les vacances. 

Quand la dite prof est consacrée, elle admet aimer s’échapper parfois, le temps d’une messe comme dérobée au quotidien pour savourer tout le reste. Mais là, c’était la journée paresseuse d’une prof comme l’opinion publique l’imagine si souvent : 8h30-20h30. 

Il faut dire que, ce soit, c’était remise de bulletins… jusqu’à pas d’heure. 

 

Et la remise de bulletins, ce n’est pas vraiment de tout repos. 

 

Seigneur, Tu sais, je les aime bien mes élèves mais leurs parents, ce n’est pas toujours si simple. 

Certains, la plupart même, ça va mais Tu sais bien qu’il y a aussi ces gros relous… Ces gros relous-là qui vont me prendre plein de temps par rapport à celui que je leur ai alloué et me mettre en retard, ceux-là qui vont m’accabler sous un moulin à paroles que mon tempérament sensible peine à supporter sans me sentir très mal à l’aise, ceux-là qui critiqueront tout et tout le monde et n’aideront pas leur enfant à grandir en regardant la réalité en face. 

Enfin, non, Tu ne sais pas : ce sont des gros relous mais pour moi, selon moi… pas selon Toi. 

Car Toi, Tu ne les vois pas ainsi : Toi, Tu es même le gars, enfin, Dieu capable de faire l’éloge de l’ami importun ! 

Toi, Tu aimes et Tu sais aimer : je suis mauvaise élève mais j’aime me mettre à Ton école.  

Et puis, il faut dire qu’il y aura surtout ceux-là que je sais que Tu aimes avec cette tendresse si particulière : ceux-là qui sont pauvres… pour de vrai. 

Ceux-là qui me briseront un peu plus le coeur comme à chaque fois, 

Ceux-là même qui me font prier en les écoutant. 

 

Tu sais, je ne sors jamais tout à fait indemne de ces remises de bulletins… 

 

Alors, là, pour la fête de la vie consacrée ? 

Ce n’est pas la fête que j’aurais espérée pour cette première fois où je la vis en étant tout à Toi. Je l’aurais aimée super priante, super amicale, super festive. Mais je crois qu’elle était réussie cette première fête de la vie consacrée d’une jeune consacrée : je crois que j’étais là où Tu me demandais d’être, Seigneur ; 

parce que, Toi, quand Tu rencontres les autres, c’est toujours la fête ; 

Et surtout, je suis certaine que j’y étais avec Toi et que Tu y étais avec moi. 

mardi, janvier 31 2017

Quand je change et changerai ponctuellement de crémerie

... Ça se passera par là 

journal d'une jeune consacrée

sur jeunes cathos blog 

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dimanche, janvier 8 2017

Laisser se faire la lumière pour découvrir, pour aimer

 

Celui-là est mon élève depuis l’année dernière : fieffé garnement, à la lisière du conseil de discipline bien souvent, trop souvent…

Et, à côté de cela, des histoires familiales bien trop lourdes à porter pour un tout jeune collégien, qui serrent le cœur quand on les apprend.

Puis, en même temps, de vrais efforts et progrès depuis la rentrée, appréciables et appréciés.

 

Pourtant, il n’en demeure pas moins que, cet élève-là, il m’agace bien souvent tant il sait ce qu’il faut faire pour titiller… A moins qu’il ne le cherche même pas, c’est possible aussi.

Avec lui, j’apprends bien plus qu’avec d’autres la patience tant j’ai parfois envie de lui crier dans les oreilles !

 

Cet élève, comment va-t-il grandir ? Réussira-t-on à l’aider ?

Ce matin, à la messe, j’ai pensé à lui : quelle est l’étoile à laquelle il accrochera sa vie ?

Alors, j’ai prié pour lui.

 

Ca m’a fait penser à une scène récente.

Il faut préciser que, souvent, on me demande ce qu’il y a de changé dans ma vie maintenant que je suis consacrée : comme le lendemain, j’aurais du mal à répondre autre chose que « tout et rien ».

Mais au quotidien, dans mon travail de prof, il y a une chose qui change, foncièrement, et j’en ai pris conscience grâce à lui :

Alors que je reprenais cet élève pour la 3ème ou 4ème fois du cours, qu’il n’avait pas écouté les consignes que je venais de donner, que je commençais à sentir monter en moi un début d’énervement et que je priais quelque peu en ces termes : « Esprit Saint, viens à mon aide pour que ce ne soit pas la moutarde qui commence à me monter au nez qui réponde », j’ai été prise soudain d’une grande vague de compassion :

« Si tu pouvais savoir à quel point Dieu t’aime, toi aussi… » 

Intérieurement, je me suis mise à sourire et je crois qu’il l’a perçu :

« Et ma vie, elle est donnée pour toi, aussi » ai-je continué à penser, « peut-être même encore plus spécialement »

Je l’ai pensé, je l’ai prié : ça a redonné, à tout, la juste tonalité.

Et si la sequela Christi – la suite du Christ – à laquelle je me suis engagée, elle passait spécialement par là pour l’enseignante que je suis ? 

Don caché de soi aux élèves ; 

Apprentissage patient de l’amour, dans le cœur du Christ.

 

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Lumière, Kim En Joong

 

mardi, janvier 3 2017

Geneviève comme une ant(i)enne

Dans le diocèse de Nanterre, c'est fête le jour de la sainte Geneviève ! Elle est notre sainte patronne ! 

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Il y a même un propre pour les offices... Alors je me suis dit que vous partager les antiennes de ceux-ci (moins les premières vêpres) était une bonne idée car elles reflètent bien la vie de sainte Geneviève : 

 

Dès l'aube, Geneviève faisait monter sa prière vers le Seigneur. 

Saints et humbles de coeur, bénissez le Seigneur. 

Le Seigneur aime son peuple. Par Geneviève, il l'a secouru dans la détresse. 

Tenant en mains sa lampe allumée, Geneviève cheminait joyeuse à la rencontre du Seigneur. 

Fidèle servante du Seigneur, Geneviève marcha courageusement dans la voie qu'il lui avait tracée. 

Elle priait le Seigneur Dieu de la conduire à la délivrance de son peuple. 

Voici venir les noces de l'Agneau : son Epouse pour lui s'est faite belle.  

 

Et, comme un feu d'artifice résumant tout, les antiennes des cantiques évangéliques : 

 

Antienne du Benedictus : Le Seigneur a fait de Geneviève une messagère d'espérance pour tous ceux qui l'invoquent.  

Antienne du Magnificat : Etrangère au monde, aimée du peuple, consacrée tout entière au Christ, telle vécut Geneviève. Aussi le Seigneur l'a-t-il reçue au festin de son royaume.  

 

Ce qui est assez beau, c'est qu'on peut (on doit ?) se sentir concerné car, malgré sa vie qui se déroula au Vème s., Geneviève est un exemple pour notre temps troublé : femme de prière et femme d'action, elle montre que c'est tout un. Que l'une ne va pas sans l'autre. 

Alors, certes, je suis heureuse qu'elle soit désormais, par similitude de vocation, tout spécialement un exemple pour moi parce que je crois que c'était une sacrée bonne femme mais il me semble que cela marche pour chacun : le don de soi dans sa vocation propre, la prière, la foi en la puissance de celle-ci, l'attention suffisamment grande à l'autre pour percevoir les besoins et l'action, bref, la charité en actes. 

Re-bref, il s'agit de devenir, pour chacun de nous, des messagers d'Espérance de la part du Seigneur... Un voeu tout spécial pour 2017 ? :-) 

 

N.B. : Pour ceux qui ne sont pas familiers de la prière des Heures, les antiennes sont les courtes phrases qui se prient avant et après chaque psaume. 

 

vendredi, décembre 23 2016

En mission d'Eglise

https://lh6.ggpht.com/EiCsqgd_UbBrZ9pvaTAVmZ8JVCGMEaIm3mrO8_m_cimo6KQ6sRF68hijUxPiX2QyqQ=w300

Et puis il y a eu aussi ce gros livre-là que j'ai reçu le 10 décembre dernier... Cela fait déjà plusieurs années qu'il était en ma possession et que j'en usais (bon, pour en abuser on repassera !). 

Prière des heures : manière d'ancrer la journée dans la prière, manière d'infuser et de diffuser la prière dans toute la journée. Manière de sanctifier le temps, manière de chercher à donner à Dieu la première place en chaque jour. 

Prière si marquée par les psaumes, prière si incarnée, prière qui permet de prier avec toute son humanité : prière que j'aime, profondément... même s'il faut bien avouer que, certains jours, ouvrir le bréviaire est peu exaltant ou que, d'autres jours, c'est une lutte pour trouver le temps de prier ce qu'il contient posément. 

 

Et maintenant ? Maintenant, c'est la mission qui m'est confiée. Y a-t-il une différence ? Oh, certainement, sur un long terme, il y a une réelle différence pour maintenir une fidélité vivante à cette prière : pas tant en termes d'obligations qu'en termes d'amour.

Mais il y a surtout eu une différence que j'ai perçue dès le lendemain de ma consécration : cette prière, ce n'était plus "ma" prière.

C'était devenu la mission confiée par l'Eglise de porter sa prière et de la faire mienne : devenir une priante parmi les priants ; devenir voix, mains, coeur et être de et à l'Eglise pour porter chaque jour plus sa prière pour le monde, pour porter chaque jour plus avec elle et en elle sa prière pour mes frères et mes soeurs qui en ont tant besoin. 

Et cela, c'est tout de même drôlement grand. 

 

jeudi, décembre 22 2016

Du texte et de l'image

http://musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/chagall/sites/musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/files/styles/object_slider/public/img_6.jpeg?itok=5E0hGCtb

En lien avec les deux précédents post, pour ceux qui ont demandé en commentaire ou en privé : 

- Le lien vers l'homélie de mon évêque à l'occasion de ma consécration (l'Evangile était celui des Béatitudes). 

- L'album photos mis sur Facebook par le diocèse

 

Mais l'essentiel est surtout la profonde joie que donne le Seigneur ! :-D 

 

lundi, décembre 12 2016

Histoire d'alliance

 

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Depuis hier, je porte un petit anneau métallique au doigt.

Une alliance, comme signe d’Alliance qu’un Autre a conclue avec moi et dans laquelle j’ai accepté et j’ai choisi librement d’entrer, d’une manière toute spécifique.

 

Je ne réalise pas bien encore tout ce qu’elle signifie… mais je sais que c’est le plus grand et le plus beau choix de ma vie.

 

A la fois, je souris en la regardant cette petite alliance – je trouve ça fou tout ce qu’elle signifie ! Je ne m’y fais pas ! – et, en même temps, pour ne rien vous cacher, très concrètement elle me gêne un peu. Pas de manière terrible, certes, mais pour qui n’a jamais vraiment porté de bague, cela fait désormais environ 36h que j’en porte une non-stop - et c’est loin d’être fini : imaginez l’effet !

 

Je n’envisage pas de l’enlever… alors je la sens un peu tout le temps. Pour la moindre petite action et même au réveil ce matin après avoir dormi dessus. J’entends aussi désormais un son métallique quand je tape de la main droite ou encore j’ai eu bien mal tout à l’heure au moment de la paix du Christ à cause des gens qui serraient trop fort ! Et pourtant, je fais tout comme d’habitude !

 

Rien n’a changé et pourtant tout a changé.

C’est la même chose dans ma vie, très concrètement : rien n’a changé, demain je retrouverai mes élèves sans rien leur dire… et pourtant tout aura changé : tout de ma vie sera donné au Seigneur et aux autres ! Et c’est complètement fou ! (Oui, je sais je l’ai déjà dit mais c’est ma pensée répétitive du moment).

 

Je me demande si cette alliance qui dérange, ce n’est pas un peu comme un appel à accueillir mieux la grâce en moi, et peut-être encore plus spécifiquement, la grâce propre à la vie consacrée.

Cette grâce qui dérange toujours, qui gêne aux entournures, qui creuse un peu – comme la peau jusqu’à ce qu’elle forme un cal.

 

Pourtant, même physiquement habituée, il s’agira justement de ne jamais s’y habituer complètement… Et d’oser la regarder cette petite alliance, toujours plus, afin que la grâce travaille : car elle nous modèle bien plus efficacement qu’un simple frottement !