- Ah oui, vous êtes de la famille de Zabou ! Et comment que je la connais ! Elle est très motivée et impliquée.
- Trop impliquée.
Propos rapportés, propos pas à discuter parce que venant d’un aîné ? L’histoire fut assortie d’une morale m’expliquant en gros que la messe du dimanche, c’était bien, mais largement suffisant. Ah oui…
Ben… ben non.
Je ne peux pas adhérer à cela et, au-delà de cet exemple somme toute ridicule, dérisoire et banal, je repense à tous ces appels lancés à la paroisse en début d’année et qui demeurent bien souvent, trop souvent, sans réponse. Chaque année, cela me peine vraiment.
Bien sûr, il ne s’agit pas de stigmatiser ceux qui sont déjà overbookés, ceux qui ont déjà à peine le temps de voir et de vivre avec les leurs – ce qui est la priorité ! –, mais plutôt de pointer une attitude qui, à mon sens, n’est pas très juste.
Chrétiens, notre vie de foi ne peut se limiter à la messe du dimanche. Parce que la Foi, c’est avant tout un don, une folle histoire d’amour et que l’amour n’a pas de mesure.
Bien sûr aussi, aller à la messe le dimanche demande une réelle fidélité, un premier engagement… mais qu’est ma Foi si elle ne cherche pas à rejaillir sur toute ma vie ? Si elle ne s’engage pas – quel que soit cet engagement, qui peut être celui si invisible mais si essentiel de la prière –, quelle est-elle ? Comment saurait-elle porter du fruit ?
Il ne s’agit pas de distribuer ici des bons et des mauvais points entre de bons et de mauvais chrétiens : ce serait ridicule, même tout à fait nul. Il s’agit de voir, de chercher comment vous, comment toi, comment nous, comment moi on peut servir le Christ.
Alors, on ne cherche pas avant tout à calculer en termes de stratégie, en « heures prises de disponibilité », à se dire « pas assez », « assez » ou « trop » impliqué, on cherche à savoir comment incarner au mieux notre Foi, selon les dons qui nous sont donnés et les services qui, ici ou là, nous sont demandés.
Et, toujours, l’on prie au moment de s’engager. Toujours.
Car l’engagement n’équivaut pas à l’activisme : c’en est même le contraire ! Quand bien même certains engagements demandent le sacrifice d’une bonne partie de son temps libre… Et c’est la raison pour laquelle il faut discerner, et y revenir souvent, pour toujours mieux s’ajuster : en priant, en demandant conseil aussi.
S’engager, se réengager…
Ce n’est pas chercher la gloriole, ce n’est pas faire des actions spécialement éclatantes : tout acte fait avec amour valant autant aux yeux du Seigneur.
Ce n’est pas non plus juste « s’impliquer » dans telle ou telle action pour s’impliquer.
S’engager, c’est chercher à vivre sa Foi, de son mieux.
Je suis une des pierres de cette Eglise à laquelle j’appartiens.
Sans moi, l’édifice d’ensemble tient bon mais sans moi, il y a un trou, tout petit certes, mais un trou réel dans l’Eglise.
Et avec le froid hivernal qui arrive et les grandes tempêtes qui nous secouent périodiquement, c’est mieux qu’il n’y ait pas de trous, mais que tout tienne et se tienne ensemble, non ?







