Zabou the terrible

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lundi, octobre 31 2011

Engagez-vous, rengagez-vous !

 

- Ah oui, vous êtes de la famille de Zabou ! Et comment que je la connais ! Elle est très motivée et impliquée.

- Trop impliquée.

 

Propos rapportés, propos pas à discuter parce que venant d’un aîné ? L’histoire fut assortie d’une morale m’expliquant en gros que la messe du dimanche, c’était bien, mais largement suffisant. Ah oui…

 

Ben… ben non.

Je ne peux pas adhérer à cela et, au-delà de cet exemple somme toute ridicule, dérisoire et banal, je repense à tous ces appels lancés à la paroisse en début d’année et qui demeurent bien souvent, trop souvent, sans réponse. Chaque année, cela me peine vraiment.

 

Bien sûr, il ne s’agit pas de stigmatiser ceux qui sont déjà overbookés, ceux qui ont déjà à peine le temps de voir et de vivre avec les leurs – ce qui est la priorité ! –, mais plutôt de pointer une attitude qui, à mon sens, n’est pas très juste.

 

Chrétiens, notre vie de foi ne peut se limiter à la messe du dimanche. Parce que la Foi, c’est avant tout un don, une folle histoire d’amour et que l’amour n’a pas de mesure.

 

Bien sûr aussi, aller à la messe le dimanche demande une réelle fidélité, un premier engagement… mais qu’est ma Foi si elle ne cherche pas à rejaillir sur toute ma vie ? Si elle ne s’engage pas quel que soit cet engagement, qui peut être celui si invisible mais si essentiel de la prière –, quelle est-elle ? Comment saurait-elle porter du fruit ?

 

Il ne s’agit pas de distribuer ici des bons et des mauvais points entre de bons et de mauvais chrétiens : ce serait ridicule, même tout à fait nul. Il s’agit de voir, de chercher comment vous, comment toi, comment nous, comment moi on peut servir le Christ.

 

Alors, on ne cherche pas avant tout à calculer en termes de stratégie, en « heures prises de disponibilité », à se dire « pas assez », « assez » ou « trop » impliqué, on cherche à savoir comment incarner au mieux notre Foi, selon les dons qui nous sont donnés et les services qui, ici ou là, nous sont demandés.

 

Et, toujours, l’on prie au moment de s’engager. Toujours.

 

Car l’engagement n’équivaut pas à l’activisme : c’en est même le contraire ! Quand bien même certains engagements demandent le sacrifice d’une bonne partie de son temps libre… Et c’est la raison pour laquelle il faut discerner, et y revenir souvent, pour toujours mieux s’ajuster : en priant, en demandant conseil aussi.

 

S’engager, se réengager…

Ce n’est pas chercher la gloriole, ce n’est pas faire des actions spécialement éclatantes : tout acte fait avec amour valant autant aux yeux du Seigneur.

Ce n’est pas non plus juste « s’impliquer » dans telle ou telle action pour s’impliquer.  

S’engager, c’est chercher à vivre sa Foi, de son mieux.

 

Je suis une des pierres de cette Eglise à laquelle j’appartiens.

Sans moi, l’édifice d’ensemble tient bon mais sans moi, il y a un trou, tout petit certes, mais un trou réel dans l’Eglise.

Et avec le froid hivernal qui arrive et les grandes tempêtes qui nous secouent périodiquement, c’est mieux qu’il n’y ait pas de trous, mais que tout tienne et se tienne ensemble, non ?

 

dimanche, octobre 16 2011

« Le Bonheur de connaître et d’aimer Dieu » - semaine missionnaire mondiale

 

Ce week-end, il se passe beaucoup de choses dans l’Eglise universelle ! Outre le congrès sur la Nouvelle Evangélisation, ce dimanche ouvre aussi la semaine missionnaire mondiale, deux thèmes qui résonnent, logiquement très liés, évidemment très proches. Du coup, cela m’a donné envie de vous partager un autre texte (et pas simplement une citation cette fois) sur ce thème car il me semble simplement vital, qui que nous soyons, quoi que nous vivions ; car il est fondamentalement chrétien.

 

Ce texte est signé Madeleine Delbrêl et se lit drôlement bien. L’idéal serait de le vivre de même, c’est-à-dire drôlement bien ! :-)

 

 

 

Quand on connaît le bonheur on ne peut pas l’imposer mais on n’a pas le droit de ne pas le proposer.

C’est la pire injustice quand ce bonheur est

Connaître Dieu,

Aimer Dieu.

 

C’est la valeur suprême de Dieu qui doit être gravée à vif dans notre esprit, notre cœur, notre chair.

C’est elle qui est marquée sur nous, indélébile par le baptême.

 

Nous n’avons plus le droit de rabougrir notre faim de bonheur, de bien, à moins qu’elle.

 

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mardi, septembre 13 2011

Vatican vertigo

  Habemus papam ! Je ne me prends pas pour le cardinal protodiacre mais je parle bien évidemment du récent film de Nanni Moretti.

 « Brillant, peut-être mais peu priant » ; « beau film et drôle en plus malgré ses longueurs » : je souscris complètement aux analyses de Mgr Bernard Podvin d’une part (à lire ici)  et du P. Emmanuel Pic d’autre part (à lire par là).

 J’ai admiré, j’ai souri, j’ai ri tout en trouvant les traits parfois un peu forcés et l’absence de prière beaucoup trop flagrante : manque de réalisme certain. (Bon, avouons-le, je suis ceci étant complètement fan du match de volley cardinalice !)

 

Habemus papam : je n’aime pas non plus que le film se termine par le retrait du pape, par le début d’une vacance puis ce titre apparaissant immédiatement sur l’écran, suggérant que le seul pape possible, le seul pape régnant déjà dans un monde empli de vacuité et de psittacisme théâtral, c’est le vide…

 

Et pourtant, pourtant, j’ai été touchée par ce pape qui ne veut pas l’être incarné à l’écran par un immense Michel Piccoli.

 Parce qu’au-delà de ce monde moderne qui évacue la question de Dieu, au-delà de ce Dieu qui semble si absent ici, c’est un homme qui est présent et il a toute son importance, y compris pour nous, croyants, qui visionnons ce film.

 Le cardinal Melville, c’est un homme qui reçoit, comme chacun d’entre nous, une mission, une vocation… Charge immense : les autres cardinaux n’aimeraient pas être à sa place et cela se comprend !

 

Mais il n’y a pas que la charge pontificale qui peut sembler écrasante : chacun d’entre nous, pour accueillir une mission, pouvons nous sentir comme ce pape, d’abord écrasé, puis fuyant ce qui est demandé.


Oubliant que ce qui est demandé est aussi donné…

 « Da quod jubes ; jube quod vis :

Donne ce que Tu commandes ; commande ce que Tu veux. » (Saint Augustin)

Cela est suggéré dans le film mais comme noyé par le frou-frou des cappa magna se frottant aux envolées lyriques du psychanalyste ayant un grain alors qu’il s’agit de l’essentiel.

 

On dit que le pape a une salle des pleurs à côté de la chapelle Sixtine quand il accepte sa charge… Cela a dû arriver à plusieurs cardinaux de pleurer en s’habillant pour la première fois tout de blanc mais ils ont prié, ils ont dit oui et ont alors avancé, confiants, pour répondre à l’appel qui leur était lancé. Parce qu’ils savaient que ce n’était pas sur leurs propres forces qu’ils allaient devoir et pouvoir s’appuyer.

 

Finalement, en forçant trop les traits d’un monde d’où la Transcendance semble en exil  – et a fortiori, ce Quelqu’un en qui nous croyons – le film de Nanni Moretti a, au-delà du réel plaisir esthétique qu’il nous offre, le mérite de nous renvoyer, chacun, à notre condition de pécheurs indignes et incapables, certes, mais pécheurs pardonnés et rendus capables de tout en Celui qui nous appelle. 

 

vendredi, juin 24 2011

S1jibé – Au fil des jours et des ans…

 

24 juin : Nativité de St Jean-Baptiste ;

une date que j’aime, un saint que j’apprécie beaucoup.

 

J’aime saint Jean-Baptiste parce que, déjà dans le sein de sa mère, il sait reconnaître le Christ qui vient à lui, et en tressaillir de joie ;

J’aime saint Jean-Baptiste parce qu’il annonce le Christ, même quand il semble n’être qu’une voix criant dans un immense désert ;

J’aime saint Jean-Baptiste parce qu’il se sait indigne – même d’enlever la courroie d’une sandale ! – mais qu’il s’avance, malgré tout, pour accomplir ce qui lui est demandé.

 

En fait, j’aime saint Jean-Baptiste en ce qu’il est le modèle de chacune de nos vies chrétiennes…

 

« Il faut que Lui grandisse et que moi, je diminue » : il est celui qui nous apprend à faire signe non pas vers nous-mêmes mais à faire signe vers le Christ.

Non pas d’un simple geste, mais par toute sa vie, par toute notre vie, 

Pour que, toujours, ce soit Lui qui grandisse.

 

vendredi, juin 10 2011

Tu as du prix !

« Tu es beau, sais-tu ? »

 

Avez-vous déjà essayé de dire cela à la personne en face de vous, celle-là même que vous n’avez pas choisie par affinité ?

En vérité, les yeux dans les yeux ? Sans gêne aucune ?

 

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jeudi, mai 19 2011

L’Evangélisation, la conversion, c’est une histoire de cercles pas fermés

 

J’ai une fâcheuse tendance à aimer parler si mal de Dieu, de ma foi si petite, de ce qu’un catholique vit… et qui fait sa joie ! Je ne fais même pas spécialement exprès… Mais quand je rentre d’un bel événement, quand je sors d’une chouette célébration, quand je viens de me prendre un bon gros temps d’oraison, cette fameuse prière en silence qui se passe dans les profondeurs, ça explose malgré moi, et j’en cause, tout sourire, parfois même tout émue.

 

J’y songe parce qu’une copine me disait récemment, après un de ces moments d’allégresse de ma part – 5 baptêmes, pensez donc ! –, « je viendrais bien à une messe un de ces jours… mais ne crois pas que tu vas me convertir ! ». Cela m’a fait sourire intérieurement car je me suis immédiatement imaginée à la manière de ces infatigables prêcheurs de l’Evangile du Moyen Âge, à la manière d’un religieux aussi plein de foi que de douce folie, hurlant, clamant la Bonne Nouvelle sur les grands chemins… Puis, soudain, bien pire, dans une peau inquisitoriale, forçant les gens à la conversion, non… NON, brr ! Non : j’ai un trop grand respect de la liberté des gens… puis en plus, pour moi, cette liberté, elle vient de Dieu himself ! Qui serais-je pour forcer quelqu’un à se convertir ?

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samedi, mars 5 2011

Des hommes et des dieux - reloaded

Certes, tu ne crois pas et tu me dis souvent que, toi et moi, on ne partage rien.

 

J’ai alors voulu te partager un film qui était venu me remuer jusque dans mes profondeurs il y a quelques mois : un vrai beau film qui parlait d’humains, d’hommes tellement humains qu’ils avaient essayé, avec la grâce de Dieu, d’aller jusqu’au bout de leur humanité.

 

2h plus tard, quelques hymnes, une tragédie pourtant si pudique après, le silence se fait.

 

- Que veux-tu que j’en dise ? Je ne vais plus pouvoir dormir.

- Je ne comprends pas : la violence n’est pas montrée ici ? Et si peu de sang ? C’est une histoire d’hommes…  

- Oui, mais c’est une histoire vraie.

- Faut-il se voiler la face et ne pas voir ce qui est ?

 

Le silence dure… l’une comme l’autre vaque de son côté.

 

- Pour moi, leur vie, elle est ratée. Ils auraient mieux fait de rentrer en France.

 

C’est ton choix, ta vision des choses et je n’ai pas à la trouver mauvaise. Et je ne t’ai d’ailleurs répondu qu’en te parlant de ce film qui peut être, je le crois, ferment de paix parce qu’il n’est ni dans le voyeurisme ni dans l’accusation

 

Mais la croyante que je suis fulminait en son intérieur, de tristesse… Leur vie, ratée ? Est-ce uniquement chrétien de croire qu’une vie ne se réussit qu’en se donnant ?

 

J’ai encore une fois été touchée par cette discussion entre frère Christian et frère Christophe, en pleine lutte : « mais ta vie, tu l’as déjà donnée ! ». Tout est là, il n’y a pas d’autre secret.

 

La question est existentielle : Il s’agit de vivre, non de vivoter ; il s’agit de vivre, non de mourir ; il s’agit d’aimer.

 

Donner, se donner : je n’ai que vingt-cinq jeunes années vécues dans un milieu somme toute assez protégé et je ne sais pas, je ne peux pas savoir ce que j’aurais fait à leur place.

 

Mais, quelle que soit ma vie future, j’espère avoir le cran, à leur image, de faire mes choix enracinée dans le Christ, même si je n’y vois pas d’apparente utilité.

 

Parce que je crois que c’est seulement dans une vie donnée, pleinement donnée, que l’on trouve toute sa fécondité et toute sa beauté.

 

dimanche, janvier 9 2011

Bris de glace

 

J’ai beaucoup apprécié ce récent billet de David, De perfectione, malgré sa presque trop grande densité : je crois connaître suffisamment son auteur pour subodorer qu’il ne s’attachait pas y à montrer l’antagonisme de deux figures de prêtres – inexistantes – mais tentait de dire un « au-delà » finalement pas si lointain : une fragilité proche, une humanité toute proche même.

 

Son billet m’a donné encore plus envie de continuer, comme à peu près tous les soir, à prier pour les prêtres de ma paroisse, ainsi que pour tous ceux que j’ai la joie de connaître : pour ce qu’ils sont. Ni vraiment type 1, ni vraiment type 2 : plutôt des types de Dieu, des hommes donnés non en héros mais en tant qu’hommes.

 

Ce que j’ai aussi apprécié, comme simple laïque, c’est particulièrement cette attention prêtée à la fragilité, qui ne les concerne pas qu’eux mais qui nous concerne tous.

 

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dimanche, novembre 7 2010

The social catholic-wor(k)ship

 

           Comme tant de personnes, je suis allée voir le film The social network narrant les débuts de cette pieuvre tentaculaire du web qu’est Facebook. Je ne raconterai pas le film : d’autres le font bien mieux que moi et on peut même lire une très intéressante analyse du plan juridique du film chez Nicolas Mathey. Je dois dire que le film est prenant et qu’à sa sortie, on se sent un peu le cœur nauséeux quand on est soi-même utilisateur de Facebook. Il est toutefois un point sur lequel j’aimerais revenir, c’est ce souhait de « connecter les gens entre eux »

 

        Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, est le prototype du nerd, de celui qui ne vit plus que par et pour les nouvelles technologies. L’ancêtre de Facebook, il l’aurait créé à l’origine suite à une rupture avec sa copine : vengeance d’un soir d’un amour déçu. Pourtant, au gré des opportunités, il va créer quelque chose de mieux, un fantastique site il faut bien le dire, permettant d’avoir une multitude « d’amis » rassemblés en un même emplacement : là réside tout le hiatus du film et par là même celui de ce site. Quid du lien entre vie « virtuelle » et vie « réelle » ?

 

          Question banale pour un internaute et encore plus pour un participant à ce « réseau social » qu’est Facebook. A la fin du film, Mark se retrouve seul devant son écran, malgré la multitude « d’amis » qu’il a contribué à faire se rencontrer. Heureux, vraiment heureux de coder bien que passionné ? Ce n’est pas gagné… En réalité, c’est toujours la même question qui se pose pour chaque utilisateur d’internet fréquentant les réseaux sociaux, les fora ou… tenant son blogue : quelle place dans ma vie réelle ? Ma vraie vie, celle que je n’ai qu’en un exemplaire, totalement unique, et sans pseudonyme ? Elle se pose encore plus pour un catholique : puis-je être ici sur le web si je laisse mon voisin souffrant ? Mon témoignage a-t-il un sens si je passe ma vie à créer des liens qui ne se tissent que dans un approximatif virtuel ?

 

          Souvent et sans vous en faire part, depuis cinq ans, je me suis posée la question de la poursuite ou non de ce blogue, pour tout vous avouer - d’autant plus que je ne lui ai jamais assigné une quelconque ligne directrice, préférant le laisser aller son chemin au gré des méandres de ma propre vie : guère sérieux. A chaque fois que la question se posait à moi, j’ai reçu un message inattendu me poussant à continuer : alors, j’ai continué, recevant et interprétant cela comme un encouragement. C’est que cette question de « virtualité », associée à celle d’engagement, me tracassait alors dans les profondeurs. Jusqu’au jour où j’ai découvert qu’un catholique, il avait mieux et plus fort qu’un réseau social : il avait un réseau spirituel. En langage technique, on l’appelle « communion des saints » : ça fonctionne mieux qu’un quelconque bout de « code » parce qu’avec le Saint Esprit, c’est tout de suite bien plus puissant !

 

Ce qui donne et fait sens à la présence chrétienne sur le net, même dans ses aspects les plus futiles, c’est bien la prière. 


C’est la prière qui rend concrète nos rencontres virtuelles ; c’est la prière qui crée un lien entre nous, qui fait qu’un contact par internet n’est pas seulement un « numéro de plus » dans les amis Facebook mais bien une personne à part entière, à apprendre à connaître, à apprendre à aimer. Et l'action, le concret, ne saurait à ce moment-là passer à la trappe puisque son absence invaliderait la prière ! 

 

Doux rêve d’une vie où réalité et virtualité se trouveraient alors, par ce moyen, parfaitement unifiées. 

Dites, on dit que je prie pour vous... et vice et versa ? 


dimanche, octobre 10 2010

Toujours nouvelle évangélisation

    On parle beaucoup de « nouvelle évangélisation » ces derniers temps, d’autant plus que Benoît XVI va créer officiellement d’ici quelques jours un tout nouveau « conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation ». En parler, c’est bien, et même très bien ; en vivre, c’est sans doute l’essentiel. En vivre dans une « pas si nouvelle évangélisation » que cela, bien qu’elle soit, de par sa nature même, toujours nouvelle. Voilà pourquoi je vous propose un extrait d’un texte d’Yves Raguin, lu en retraite il y a une quinzaine de jours, sur notre mission de chrétien. Rien de radicalement neuf mais rien que du vrai, rien que de la vie, je crois, pour propager une « beauté si ancienne et si nouvelle ». 

 

Nous pouvons maintenant préciser un peu plus clairement ce qu’il faut entendre par la « mission ». Si le but de la mission est de faire connaître le mystère caché depuis toujours et de « réaliser l’avènement de la Parole », en proposant aux hommes de croire au Christ, on peut dire qu’il y a « mission » quand cette « proposition » est faite !

 

L’Eglise et les chrétiens sont en état ou en acte de mission, là où le domaine de la foi au Christ rencontre celui de la non croyance au Christ. On peut donc se figurer que le « lieu » où s’accomplit l’acte propre de la mission est cette frontière des domaines de la foi et de la non-foi au Christ.

 

Ce « lieu » est partout. Il peut être au fond de l’âme du chrétien, il peut être là où un milieu croyant côtoie un milieu non-croyant. Dans tous les cas, la « mission » est définie comme une situation de frontières. Dans une telle situation, le chréiten rencontre ou, au moins, côtoie des non-chrétiens. S’il vit son baptême, il ne peut pas ne pas être heureux et fier de sa foi. Il se sentira toujours concerné par l’ignorance du mystère de foi chez ses voisins. S’il vit et agit en chrétien, sa vie, son attitude seront missionnaires, car tout ce qu’il est manifestera sa vie de foi dans le Christ. Sa seule présence sera une question discrètement posée à ceux qui ne croient pas.

 

Yves Raguin, s.j., L’Esprit sur le monde


mercredi, septembre 29 2010

Pause caté

 

Oh, bien sûr, je n’avais pas le temps. Mais voilà, mercredi c’était la rentrée du caté et la responsable était venue me demander dimanche si, par hasard, Zabou… « Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous ». Je n’avais pas le temps mais un trou dans mon emploi du temps : alors, oui, bien sûr, ce matin, j’étais là, dans mon église, emplie pour l’occasion de voix aiguës qui riaient, se bousculaient. Entre grands habitués du CM2 et petits nouveaux du CE2…

 

« Tu peux leur dire ce que la Foi ça change pour toi ? » m’avait demandé la responsable du caté. Je ne savais pas quoi leur dire… vraiment pas. La Foi, ce n’est pas quelque chose que l’on déballe là, facilement, devant tout le monde comme on agirait avec une explication de texte.

 

Parler de Dieu, ce n’est pas trop difficile ; dire à chacun la Bonne Nouvelle, ça peut encore se faire ; tenter de vivre en chrétien, c’est dur tout en constituant le chemin enthousiasmant de toute une vie ; mais parler de sa propre vie avec le Christ ? Parler de sa vie de foi, autrement qu’avec quelques amis choisis, c’est bien difficile. Pourtant, entre l’Indicible et ces choses que je ne puis dire, il y avait peut-être un espace pour quelques mots.

 

J’ai tenté d’écrire un court témoignage. J’ai supprimé. J’ai commencé une autre version pour la supprimer à son tour : mauvais, cela sentait sa copie universitaire à plein nez. J’ai recommencé une troisième fois : des mots, des paroles… Que dire à un enfant ? Il n’attendra pas de moi des beaux et bons mots, mais une parole juste, vécue. Je ne savais que faire : alors j’ai prié puis ai écrit quelques lignes.

 

Ce matin, je suis arrivée devant eux avec mon papier dans une main, le micro dans l’autre. J’étais intimidée. Bien plus que pour un exposé. Ils étaient 150 et j’avais leurs grands yeux posés sur moi. Leurs grands yeux pleins de questions, leurs grands yeux attentifs, accompagnés de leurs sourires. Je crois bien que j’ai commencé en balbutiant tant je n’avais jamais pris conscience à ce point de cette question : comment dire en étant vrai devant un enfant ?

 

Rapidement, je leur ai parlé de la vie chrétienne comme vie avec Quelqu’un toujours présent. Je leur ai parlé du service, de l’engagement, de l’amour et du bonheur. Et j’ai terminé par leur parler de la prière comme plus belle activité possible pour l’homme… Je ne sais ni comment ni si mes quelques mots porteront un jour du fruit dans leur cœur mais ce que je sais, c’est qu’en disant tout cela, je me rendais compte du propre chemin qu’il me restait à parcourir.

 

Devant un enfant, on ne triche pas : on est ramené à la simplicité et à la vérité de sa parole. Parler d’aimer, parler de prier… quand on aime, quand on prie si peu, si mal ? Et qu’on a l’impression de dire beaucoup et de vivre si peu ? Non, particulièrement devant eux, on ne peut pas tricher. Témoigner ouvre alors un chemin de conversion,  provoqué par ces petits qui sont les Siens. Histoire de parvenir à incarner un peu plus en sa vie la Parole du Seigneur.

 

samedi, septembre 4 2010

Je ne sais pas mais je pars.

 

            Ces derniers jours, j’ai pris le temps de regarder les photos de mes précédents tronçons du Camino. Des photos de qualité inégale, des photos de lieux qui ne veulent pas dire grand-chose et pourtant des photos qui me parlent, beaucoup. Elles font remonter à ma mémoire des souvenirs, certes, des douleurs (… de pieds !), des anecdotes, des prières… mais elles m’ont surtout permis de me replacer avec plus de précision sur l’endroit où j’en étais, l’endroit d’où je partais VRAIMENT cette année, dans le fond de mon cœur.

 

            Il n’y a guère de sens, me semble-t-il, à faire ce chemin par morceaux si l’on ne prend pas le temps de les replacer dans leur continuité, en tenant compte de ces bouts d’années qui s’intercalent entre chaque et qui ne sont pas sans me changer, forcément, un peu. Chercher ce qui en fait la cohésion, au-delà des évolutions et des choix désormais posés, avant ceux qui viendront plus tard. Marcher ainsi, déjà, vers son unité propre, en enlevant chaque année un bout d’écorce de superflu, cette écorce qui colle si bien à la peau qu'on ne la remarque même plus.

 

            Demain, je quitterai une fois de plus mon quotidien confortable, ma chambre toujours pas vraiment rangée, les miens, les soucis administratifs et associatifs, pour avancer vers Dax, dans la simplicité et la rencontre de l’Autre. Je ne sais pas de quoi ce demain sera fait, je ne sais pas vraiment ce que je rencontrerai sur ce chemin mais j’en sais la direction profonde et cela suffit.  

 

            Seigneur, sur ce chemin que j’emprunterai à nouveau demain, je me confie à Toi. Et je ne marche pas seule, loin de là, je marche avec la foule innombrable des pèlerins : les jacquets, oui, mes deux compagnons de route, oui, mais aussi tous ces autres, en marche chaque jour sur ce chemin si unique qu’est leur vie.

 

 Avec vous tous donc, en chemin : e ultreïa !

 

samedi, février 13 2010

Duc in altum ?

 

Il paraît que, dans la vie spirituelle, il faut savoir se jeter à l’eau. Soit.

Mais certains jours, la descente, pourtant extérieurement facilitée, s’annonce périlleuse… vous ne trouvez pas ? ;-)

 

mercredi, octobre 7 2009

Si le Seigneur ne bâtit la maison...


Tous, je les connais.

 

Un an déjà de passé ensemble… Mais notre compagnie mutuelle nous plaisait bien : on a donc ressigné de part et d’autre pour un an. Alors, ce soir, il était temps de les retrouver.

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dimanche, septembre 13 2009

Fidélité


Sr Huguette de La Garanderie

Fidélité, mot galvaudé

Fidélité, image de l’impossible ?

Hier, des rides, des fauteuils roulants, des gens impotents. D’autres encore valides, presque pimpantes mais sur lesquelles se sent tout de même le poids des années.

 

Et parmi cette foule disparate d’une maison de retraite religieuse, quelques-unes de fêtées, dont le regard s’éclairait d’une lueur bien particulière. Parmi ces fêtées, la doyenne d’âge et de profession « qui ne fait pas son âge », « qui court encore à travers toute la maison » : ma grande tante.

 

70 ans de profession religieuse… l’impossible ?

70 ans de fidélité à son Seigneur… sans en avoir jamais dissimulé les difficultés, les moments de doute, d’apparent échec et pourtant une certitude profonde d’avoir vécu, de vivre bien sur sa route à elle qui rejoint toutes les autres à sa destination finale.

 

Debout, le sourire aux lèvres, la voix ferme, elle a renouvelé hier ses vœux, ces conseils évangéliques que l’on juge partout si dépassés. Et j’ai été émue de la voir affirmer encore hier son engagement « pour toujours », pour demain dont elle ne sait de quoi il sera fait.

 

Dans ce monde où tout semble parfois mouvant, où l’on a peur, à vous qui fêtez aujourd’hui vos 93 ans, ma tante, merci pour la fabuleuse image d’engagement sans idéalisation d’un état, pour l’exemple de confiance, que vous nous donnez, que vous me donnez.

 


dimanche, juin 14 2009

Apprends-nous Seigneur....

 
 

Une année touche à sa fin. Encore une.

 

Comme toujours, il y a une part de rite dans ces fins d’années :

Le grand jeu, les engagements des novices,
Les rires, l’émotion.

 

Comme chaque année, moi aussi, l’organisatrice, la responsable, je me laisse toucher,

Émerveillée que je suis quand je regarde ce groupe.

Ou plutôt, non, pas ce « groupe », mais bien tous ces jeunes, un à un.

Ces regards, ces sourires, que je connais tant, que j’accompagne depuis plusieurs années.

 

Ceux-là, ceux-là même que j’ai connus tout petits, qui s’engagent maintenant au service des plus jeunes

Avec un rare sérieux, avec toute la difficulté que cela comporte à leur âge de s’engager.

 

Ces petits-là, qui s’engagent aujourd’hui après une année de découverte du service et du groupe.

À genoux, parrainés par un plus grand, ils prononcent ces paroles-là que nous tous qui les entourons avons dites un jour de notre enfance. Ces paroles qui se terminent par cette belle prière :

 

Je m’engage aujourd’hui à répondre à Ton appel,

Accorde-moi d’être un bon serviteur,
Apprends-moi à Te servir et à servir mes frères de tout mon cœur.

 

Émue de leur engagement si plein, heureuse de les accueillir désormais comme membres à part entière du groupe.

 

Ce matin, certains d’entre eux faisaient leur première communion et je sais qu’ils ont commencé à percevoir le lien profond entre l’Eucharistie et leur vie : c'était splendide, une vraie fête !

 

Ce midi, j’allais prendre le café chez mes… chez des proches. « Non mais Zabou, ça va pas bientôt cesser tes gamineries ? Avec les jeunes ? Et tes études, hein, tu n’y penses pas ? » <mes études vont bien, merci, je n’y pense jamais…>

 

Ceux-là même qui se plaignent des églises vides quand ils vont à la campagne.

Ceux-là même qui s’inquiètent de la place de la jeunesse dans l’Église durant de pompeuses réunions.

Ceux-là même qui râlent du manque de prêtres, de consacrés…

 

Immondes imbéciles…

 

Que j’aime, pourtant !

N’avez-vous donc pas compris, ô mes aînés, que le Christ n’a que nos mains et nos pauvres vies pour bâtir son Église ?

 

« Seigneur, apprends-moi à Te servir et à servir mes frères de tout mon cœur »

et, surtout, ceux auprès de qui Tu m’as envoyée : ces « petits » qui sont les Tiens.

Comme il Te plaira.

 

 

vendredi, mai 22 2009

Bloguez, cathos !

 
Bon, c'est pas parce qu'on se connaît hein, faudrait pas croire à du favoritisme, mais je cite notre Vénérable David (en rouge, bien sûr !), qui livre ce jour quelques belles paroles à la presse. Et un bel idéal pour ses frères et soeurs blogueurs !
 
Place St Pierre, le matin, vous m'aidez à la remplir ?
 
Quoi qu'il arrive, que cela soit sur les plate-formes vidéo, blogs, sites web, il ne sera pas facile à une Eglise habituée à donner une parole de vérité de se situer dans ce contexte pluraliste d'Internet où quasiment aucune parole n'a d'autorité.
 
Les blogueurs catho s'approprient le message évangélique et le redonnent, incarné dans leur histoire, avec un ton très personnalisé.
 
Mais leurs voix résonnent au milieu du chaos, sans pouvoir revendiquer d'autre autorité que celle de la vérité inscrite dans leur vie [...]. Ce qui fera la différence, c'est l'enracinement de l'écrivaillon dans une relation à celui qui est la Vérité, et dans la tradition qui l'a porté !"
 
in Famille chrétienne n°1636, p.33.
 

mardi, mai 19 2009

Ecclésia mou, sou, tou, mas...

 
 

Certains jours, l’écriture est difficile, tiraillés que nous sommes entre ce que nous voyons, vivons et l’impuissance de nos pauvres mots. Parfois ce tiraillement est interne, parfois on se le prend en pleine face, quand le ressort est trop tendu et qu’il lâche d’un coup. Il faut alors prendre le temps d’accueillir ces événements au creux de soi.

 

Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » -Sur nous, Seigneur, que… Hum, ce n’était pas ça en fait que je voulais dire. Beaucoup s’interrogent, questionnent : « Ouais, ben moi, je croirai au Christ quand les chrétiens montreront l’exemple ! » ou, apostrophent les cathos d’un « Tu te prétends catho ? Vous n’êtes pas meilleurs que les autres ! »

 

Non, nous ne sommes pas meilleurs que les autres, c’est évident. Nous ne cherchons qu’à devenir pleinement humains et cela, ça prend bien une vie, je crois ! Mais ces remarques sont salutaires, elles nous entraînent à bouger, toujours plus, toujours mieux et à ne pas regarder notre petit nombril bien formé de pharisiens béats.  

 

Alors oui, nos communautés paroissiales ne sont pas des modèles et même, horreur, mutent parfois en de terribles contre-modèles que l’on a honte à avouer, où la lutte acharnée pour le maximum de pouvoir ne le dispute qu’à l’ambition d’être en vue. Tristesses, coups de gueules, incompréhension, engueulades forcenées aux naïfs qui font leur job, ne demandent rien d’autre et à qui l’on veut absolument faire prendre partie dans une stérile guerre des clans. Il y a des jours, certes minoritaires mais réels, où l’on a envie de tout laisser tomber, de laisser braire et d’avancer seuls, chacun de son côté.

 

Mais une Eglise sans ecclésia, non, je ne peux pas, non, je ne veux pas. Et, même dans les instants où la tension est palpable, il est beau de voir, sans nul idéalisme, qu’il est bon d’avoir ces frères et sœurs qui nous sont donnés : ce regard, c’est l’étincelle susceptible de rallumer entre eux, plus grandes gueules qu’autre chose, le Feu puissant. En clair : l’amour.

 

Ces derniers temps dans ma paroisse, cela sentait l’orage général. Présente de loin pour préserver ma tranquillité en ces temps délicats, je sentais l’électricité dans l’air à chacun de mes passages, me demandant d’où la foudre venait et où elle allait encore tomber et blesser des chrétiens de bonne volonté sans raison. Et je fustigeais mon regard trop critique.

 

Samedi, jour de fête. Un aumônier fatigué par un trop lourd traitement. Prêtre âgé, qui, chaque jour, vient les traits un plus tirés, qui tire sur la corde, on le sait, on le voit, on lui dit mais il en veut. Mais, quand je vois cet homme qui est aussi un ami j’ai à chaque fois un peu plus mal. Et, lui, ces 6 enfants-là du caté, il tenait à les baptiser, malgré tout.  

 

Quelques dizaines d’yeux pour le couver du regard. Disponibles pour le servir, lui approcher une chaise, lui tendre un micro : un ballet d’aubes blanches, ce soir-là curieusement concentrées en un mélange de joie et de détresse. Leur aumônier, notre aumônier…  mais ils n’étaient pas seuls à le veiller. Chaque baptême était joie, et douleur pour celui qui s’affaissait de plus en plus au dessus de la cuve baptismale : l’assemblée était unie dans une atmosphère orante. Ecroulement. Malaise. Pas de précipitation, pas de folie autour de lui, rien pour changer l’atmosphère : juste la certitude d’une Présence.

 

Doucement, l’assoir ; doucement, un verre d’eau ; doucement lui proposer un meilleur siège pour concélébrer le plus au repos possible ; doucement finir de vivre, ensemble -enfants du catéchisme, jeunes de l’aumônerie, orchestre des jeunes, servants d’autel, paroissiens habituels ou inhabituels, prêtres concélébrants- cette messe où le mot Communion s’est rarement fait aussi fort entre nous et en nous.

 

Quand l’ecclésiastique fit ecclésia.

 

A la fin de la messe, il prit le micro pour quelques paroles, qui n'étaient pas de lui, mais de l'Autre : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples »

 

Samedi fut tragique et fut Beau tout à la fois. Et je ne sais en parler, de ce moment qui m’a tant touchée.

Et je ne sais qu’en dire. Je ne peux qu’essayer de prier, pour lui, et pour un mot dont le désir n’aura jamais été si fort en moi, simple petite laïque de base : Unité.

 

dimanche, février 8 2009

Ite missa est

 

Ite missa est. Enfin, non, là où je vais à la messe, ça se termine pas tout à fait comme ça la messe, on cause en une autre langue plus familière. Puis là, il y avait un chant de sortie en plus.

 

Pour une messe « à l’arrache », comme ils disent, ça a été une réussite.

 

On avait bien pris le temps d’écouter les textes ensemble, ce qu’ils disaient, à nous, aujourd’hui (d’expliquer la figure de Job un peu aussi, le mec qui n’a jamais d’bol dans les ¾ de son livre) mais une réunion est brève et rien ne semblait prêt. L’autre équipe en charge de la messe était passée en mode silence radio, j’étais en Ecosse et recevais mail sur mail de l’aumônerie, appelant à chaque fois une même réponse de ma part (« non, je ne peux RIEN faire, je ne suis PAS en France ! »). Bref, la cata.

 

Bien avant la messe, j’arrive à la paroisse pour une autre réunion et j’apprends la chose suivante : « Ah le chauffage est encore en panne ». Juste avant la messe, tous les musiciens de mon équipe ne sont pas encore là, je cours partout, la prière qui devait être lue après la communion n’est pas là non plus et, quand arrive l’autre animateur d’aumônerie : « Bon, tu as les intentions de PU ? » « Ben, non ». Normal ? Normal. Sans compter un problème de sono.

 

Et puis, la messe commence, doucement, tranquillement. « Que vive mon âme à Te louer ». De suite, une autre ambiance. De belles lectures… préparées par les jeunes, lues vraiment oserais-je dire, en essayant de faire sens, d’en rendre ce qu’ils percevaient. « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile »… je commence à sourire franchement. Pourtant, qu’il fait froid sans manteau !

 

La messe se poursuit, chacun y met du cœur et là quelque chose se passe, se fait comme la certitude d’une Présence. Malgré le froid terrible, qui fait trembler, chacun prie et les mots des chants portent, donnent un « pourquoi » parfois oublié dans la tourmente pré-messe, alors que Ste Thérèse nous susurre à l’oreille qu’il est tout simple :

Je n’ai d’autre raison

Que l’Amour de Ton Nom

Mon bonheur est de vivre

Ô Jésus pour te suivre

Je n’ai d’autre raison

Que l’Amour de Ton Nom.

 

Ite missa est, par un Souffle imprévisible qui fut une flamme qui réchauffe.

D’ailleurs, je file, j’ai gagné le droit d’y retourner !

 

mardi, décembre 16 2008

Ouvrir la fenêtre

 

 

Ouvrir la fenêtre.

Respirer à pleins poumons ce que le vent nous apporte,

Sans crainte.

 

Des pensées ?

Sourire, doucement, calmement, en y resongeant.

 

Je considère mon rôle de tutrice autant comme un rôle d’accompagnement que comme un rôle d’enseignement. Alors, au détour d’une crainte, de leurs peurs si nombreuses, qu’ils osent à peine poser au départ tant ils imaginent souvent quelqu’un qui est en master comme un « très grand très fort très doué », je les détrompe et leur confie l’une ou l’autre partie de mon  parcours atypique.

 

Oui, j’ai eu un Bac S (… spé maths…. avec 8 en maths au bac !). Oui, j’ai fait une prépa, mais… scientifique ! (… je lisais Les Confessions de St Augustin durant les cours de chimie du vendredi matin pour ne pas m’endormir !) Oui, j’ai galéré. Oui, je me suis réorientée encore ensuite après un an de médecine. Oui, j’ai disséqué des bestioles. Oui, j’ai déjà fouillé une vache (euh, bon, ça je ne leur ai pas encore raconté : histoire définitivement choquante en milieu sorbonnard ? Le test serait à mener). Oui, les lettres, c’était un pari fou. Oui, j’ai beaucoup lutté pour faire cela, contre vents et marées. Oui, depuis que j’y suis, je m’éclate (mais ne le répétez pas trop fort).

 

Histoire d’une passion.

Qui en rejoint une autre dans mon cas précis.

 

Mais qu’importe ?

Rien d’exemplaire dans mon récit, certainement pas une route modèle à suivre, simplement quelques mots avec un brin d’humour.

Mais juste pour leur dire que ça vaut parfois le coup de lâcher ce qu’ils pensaient juste.

Quitter ses certitudes, ses illusions (sa sécurité ?) et que, oui, la réorientation est possible.

Qu’il suffit d’oser poser son pas au-delà, même si c’est combat.

 

Bon, vous savez quoi ?

Je crois que j’aime bien mon rôle de tutrice.

C'est tout plein d'humanité.

 

Alors, j’ai refermé la fenêtre et je les ai accueillis.

« Bonjour ! Vous avez passé une bonne semaine ? Pas de questions ?

Aujourd’hui nous étudierons…. »

 

P.S. : Pourquoi ce titre ?

Lors de ma première année de prépa véto, certaines tâches étaient confiées par les carrés aux bizuths. Tradition pas bien méchante. Le jour de la rentrée, je m’étais escrimée à ouvrir une fenêtre sans y parvenir : il suffisant d’appuyer sur un bouton et de tirer, rires. Mes aînés m’avaient nommé en conséquence dès le lendemain « bizuth fenêtre ».

Mon surnom et ma fonction durant un an.

Pour finir cette confession et à votre grand désespoir, je n’ai finalement pas fait carrière chez Lapeyre.

 

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