Zabou the terrible

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi, avril 16 2019

Elle demeure tandis que le monde tourne ou brûle

Cette Semaine Sainte, je savais déjà qu’elle allait être spéciale avec le contexte ecclésial qu’est le nôtre. Je me disais et je me dis toujours qu’on a bien besoin de la lumière de Pâques ! 

 

Et là, ce soir, autre choc : un choc spirituel, un choc culturel, un choc personnel aussi. 

Notre-Dame en feu… 

Vaisseau de pierres, certes, mais porté, édifié, façonné par la prière des croyants au long des âges ; 

Cœur de Paris un peu cœur de notre pays, aussi.

Et pour moi, tant d’heures passées lors de mes études sorbonnardes à l’arpenter, à l’admirer, à l’aimer, 

Tant de messes matutinales, la première, celle du matin, à l’ouverture, à moitié dans la pénombre, qui te permettait d’être à l’heure en cours ensuite et d’offices de vêpres comme volés avant de rentrer chez moi. 

 

J’ai été touchée de voir cette première photo de l’intérieur sur Twitter 

 

 

 

Comme une envie de dire avec les Chartreux : 

Stat crux dum volvitur orbis

Image saisissante de la croix qui demeure

De l’autel qui est le lieu où le Christ continue à se donner à nous… 

J’ai foi de croire que dans ce vaisseau d’église, 

J’ai foi à croire que, dans notre vaisseau Église, 

la résurrection se fera, au sein même des ténèbres de toutes les nuits, lumineusement, joyeusement et intensément rayonnante. 

 

dimanche, avril 14 2019

paradoxal amour Passionné

 

http://apreslhistoire.p.a.f.unblog.fr/files/2014/12/georges-rouault-christ.jpg

Juché sur un âne, 

Celui qui connaîtra l’élévation de la croix, 

Suivie de l’abaissement ultime du tombeau. 

 

Vêtements jetés sur le chemin, 

Pour celui qui sera dépouillé, 

Pour celui dont les habits seront partagés. 

 

Acclamé, loué, 

Celui qui sera raillé, insulté, bafoué, 

Celui qui sera condamné, 

Celui qui sera crucifié. 

 

Jésus avance de lui-même,

Avant d’être entraîné, lié, 

Traité comme un malpropre, un prisonnier, 

Pire qu’un meurtrier.

 

Paradoxal ? 

Plutôt la liberté d’un Dieu qui aime jusqu’à tout donner, 

L’amour Passionné d’un Dieu pour l’humanité, 

Qui s’offre, encore plus spécialement cette semaine, à contempler. 

 

Belle entrée dans la Semaine Sainte ! 

 

mardi, avril 9 2019

Du vêtement du baptême au vêtement des noces

Dimanche dernier, après avoir aidé depuis plusieurs mois à l’organisation, j’ai eu la joie de participer à la journée diocésaine des servants d’autel à Reims, lieu du baptême de Clovis. Pour ceux qui connaissent mon passé (mon passif ?) de servante d’autel puis de responsable d’un groupe et qui savent l’importance que ce service a eu dans ma vie et dans ma vocation, cela ne surprendra personne que j’aie une appétence toute particulière pour me mettre au service des jeunes effectuant ce beau service. Au plus proche de l’autel, on découvre rien de moins que l’amour fou d’un Dieu qui se donne à nous pour nous faire vivre ! 

 

Notre évêque, venu le matin, a eu des mots que j’ai trouvés fort beaux sur l’aube, vêtement baptismal revêtu pour le service. « Tunique baptismale » que doit aussi revêtir notre cœur, d’où l’importance de recevoir parallèlement le sacrement de réconciliation régulièrement. 

 

Voici plus de deux ans, certains avaient été surpris (voire s’en étaient inquiétés !) de mon choix de recevoir la consécration en aube. Cela avait été fait en concertation avec mon évêque d’alors. 

 

Car, pour moi, il s’agissait de marquer avant tout que toute consécration spécifique s’ancre dans la première consécration baptismale en revêtant ce vêtement de mon baptême. En revêtant l’aube, je rappelai mon adoption filiale par Dieu. 

Pour moi, il s’agissait aussi de revêtir ce qui avait été des années durant une tenue de service et de signifier par là que, ce jour-là, j’acceptais de demeurer au service de Dieu et de son Église par le don de toute ma vie. 

Mais il s’agissait aussi de revêtir le vêtement d’un émoi profondément amoureux, le vêtement de tant d’heures passées à contempler aux premières loges l’hostie élevée dans les mains du prêtre : le vêtement d’une proximité et d’une intimité qui, les années aidant, s’étaient muées en la grande relation d’amour embrassant la totalité de ma vie à laquelle je disais résolument « oui » ce jour-là. 

 

Voilà comme le vêtement de mon baptême est aussi devenu le vêtement de mes noces ! 

 

Mais ces 250 jeunes-là ? 

Tous baptisés, ils auront à épanouir leur vocation baptismale dans leur facette propre, selon l’appel du Seigneur ! 

Parmi eux, certains deviendront prêtres ou diacres et leur aube deviendra aussi le vêtement de leurs noces ; parmi eux, certaines et certains seront consacrés et peut-être qu’ils choisiront aussi de porter une aube ce jour-là ; parmi eux, certains se marieront : qui en costume noir, qui d’une grande robe blanche. 

 

Mais dans tous ces cas, que cela soit visible ou pas, je suis dans le fond certaine que l’aube et tout ce qu’ils y auront vécu de beau, de grand et d’amoureux au service de la messe, se sera imprimé en filigrane de leur cœur et sera aussi, quelque part, le vêtement de leurs noces !

dimanche, avril 7 2019

Ce qu’est vraiment la chasteté des consacrés – un scoop ?

https://static.fnac-static.com/multimedia/Images/FR/NR/4a/9e/a1/10591818/1540-1/tsp20190201081056/La-vie-en-abondance-La-vertu-de-chastete-pour-les-pretres-et-les-religieux.jpg

Peut-être parce qu’il est encore meilleur en ces temps de creuser cette belle vertu qu’est la chasteté, considérée cette fois du seul point de vue des consacrés, un extrait du récent ouvrage du dominicain Jean-Marie Gueullette, tout entier consacré ( !!!) à cette question. 

 

            « Parce qu’ils sont donnés à Dieu, le religieux et le prêtre veillent à ce que, au fond de leur cœur, des créatures ne prennent pas la place de Dieu. Cela n’empêche en rien de nouer des relations profondes avec d’autres, de s’impliquer dans l’amitié ou la compassion ; mais cela invite à ne faire d’aucune créature une idole. Cela se traduit par le fait de renoncer à construire une relation exclusive avec quelqu’un, comme dans le mariage, mais cela va aussi beaucoup plus loin, puisque l’enjeu est de faire en sorte qu’aucune créature ne prenne toute la place. (…) 

 

Lire la suite...

samedi, avril 6 2019

Embarqués mais pas seuls

 

         Je ne sais pas si vous aussi, vous avez eu mal depuis le début du Carême et certains jours, du mal même à être chrétiens. Oh, pas sur le plan de la foi, non, mais sur celui de tous les scandales qui s’abattaient, du plus lointain jusqu’à plus proche de nous. Des refuges ? Il n’y en a pas et puis, ce serait fermer les yeux face à la tempête et entrer dans une illusion bien peu chrétienne. Nous sommes embarqués sur ce grand bateau de l’Église mais heureusement pas seuls : ensemble et, surtout, avec le Christ. Corps du Christ vivant ensemble une traversée mouvementée. 

 

            Et pourtant, il est un lieu à contempler, il est un lieu où demeurer, il est un lieu où prier : c’est au pied de la croix. Elle est le mât de ce navire et c’est elle que nous sommes en ces temps invités à contempler plus souvent qu’à notre quart (de garde). 

 

            Dans ma paroisse, pour le carême, à la préparation pénitentielle de la messe dominicale, nous pouvons nous mettre tous à genoux, tournés vers la croix. Beaucoup le font et je trouve cela d’une force incroyable ! A ce moment-là, ce ne sont plus les aspérités de nos têtes et donc de nos vies que nous voyons mais la croix, seule, pendant la lecture d’intentions litaniques. 

 

            Au pied de la croix, signe suprême d’amour pour notre monde, nous venons demander pardon, nous, pas « eux » : c’est le début de la conversion. 

Au pied de la croix, nous venons apprendre à aimer comme Lui, 

Au pied de la croix, nous voulons repartir debout, avec un regard plus ajusté et une vie plus aimante. 

Au pied du mât de la croix, nous pourrons alors mettre les voiles en connaissance de cause, non pour fuir, blessés par nos infirmités et nos infidélités, mais bien pour partir et repartir vraiment au large, au souffle de l’Esprit. 

https://www.chantiersducardinal.fr/wp-content/uploads/2017/10/n7-vitraux-vue-extrieure-1024x682.jpg

mardi, mars 26 2019

En teinte d'Annonciation

http://media.gettyimages.com/illustrations/medieval-lithograph-print-of-virgin-mary-at-annunciation-illustration-id121041224?s=170667a&w=1007

« Que j’exulte et jubile en ton Amour » : le réveil sonne… 

Annonce du jour à venir, 

Jour de fête, jour d’Annonciation,

Mais il est quand même bien trop tôt. 

 

D’un bâillement non réprimé, je me lève et saisis mon bréviaire : 

La journée sera longue, la journée sera rude, 

A Lui la première place : 

Me voici, Seigneur ! 

 

Ce sera un jour sans messe, un jour sans repos, un jour chargé.  

 

Petit-déjeuner, répondre rapidement à quelques messages – pas assez, 

Partir au travail, acheter quelques madeleines pour les collègues et pour moi-même, 

Journée de formation, longue, que viens-je faire là ? 

Que tout m’advienne selon Ta Parole

 

Et arrive 16h, cette heure où je dois intervenir comme professeur principal au conseil de discipline d’un vraiment pauvre gamin : je sais qu’il sera exclu et que cela sera juste. Mais j’ai appris à l’aimer, mais j’ai appris à le connaître, dans les circonstances tragiques de sa vie.

Alors, voilà, je n’ai pas envie d’être là, je n’ai pas envie de cela… 

Mais il faut être là, mais il faut tenir bon : 

Voici la Servante du Seigneur. 

 

Ce sont encore deux conseils de classe qui s’enchaînent, 

L’heure des bilans sonne, l’heure des recommandations pour progresser, aussi : 

Comment cela va-t-il se faire ?

Semer, sans savoir comment cela germera,

Ecole de la Confiance. 

 

C’était un jour sans messe, un jour sans repos, un jour chargé,

Mais pourtant un jour vécu à l’école de la Vierge Marie, à apprendre son Ecce,

A apprendre son Fiat…

Et dire, tard le soir, à l’heure de vêpres plus nocturnes que vespérales, 

Même quand le cœur est un peu trop fatigué pour consonner, 

A Celui qui est l’Alpha et l’Omega, même caché, de nos journées : Magnificat.

 

mardi, mars 19 2019

C'est quand le printemps ?

data:image/jpeg;base64,/9j/4AAQSkZJRgABAQAAAQABAAD/2wCEAAkGBxMSEhUSEhMVFRUVEBUVFRUVFQ8VFRUPFRUWFhUVFRUYHSggGBolHRUVITEhJSkrLi4uFx8zODMtNygtLisBCgoKDg0OGhAQGisfHR0tLS0rLS0tLS0tLS0tLS0tLS0tLS0tLS0tLS0tLS0tLS0tLS0tLS0tLS0tLS0tLS0tLf/AABEIARQAtwMBIgACEQEDEQH/xAAbAAACAwEBAQAAAAAAAAAAAAAEBQADBgIBB//EADsQAAEDAwMCAggDCAAHAAAAAAEAAgMEESEFEjFBUWFxBhMigZGhscEUMvAVI0JSYnLR4RYkQ4KSovH/xAAZAQADAQEBAAAAAAAAAAAAAAACAwQBAAX/xAAnEQACAgICAgEFAAMBAAAAAAAAAQIRAyESMQRBIhMyUXGBIzNhFP/aAAwDAQACEQMRAD8A+g0rQEYJw1JjU7VVNXrwsmXWj24409M0kdUq5ahZlurjuqptdA6qa3+DHhitjiuqUkqHAlBP1TecIm+Lo4Ra7Jc009IWVzEmlZYp/Oy6TVmDZPXRMWwhar0Y1cxHaTjostBgA97/ACNle+WyGMnGVo1rR9Xj1gHsvZNZaOy+Rs1yRmL3CJi1wu5XpLydbEtI3epatuBsvnmoD23HumY1C+EurRdT5sqk0YzM6m9I5qZzlqZKPcV2NO8Fzy8TmzFyUThxlVtpHHoto7T/AAQzqIAp+HJy7BaMx+AerIaV7TcLa0elB2SmcOiM7Ic2eMNGqFmW06IvwRlazTdNsOERT6IGm9k6pKay8vJ5V6Q5QAmacOyifxwhRT/WYfEV1Llm9UrLAm6cyz4N1j9Wa5xt0VsIW9ls8tRdAf7Qf3XDqhx5KokiLeVGuVqjE8uWSfTYxoqkhPaGqPdZmnKdUZScsfZkZDSapNuiTS5KNkdhDOYUmIzkXyCzY/7Pqb/dVSHC6lBIae2PgAq5BhbjVoKWhfOVKdyrnK7gaVRJfElvYwZIit1whIwiGsICmaNs7pY7lMXUqX0jrOWhiZcJWRuw4qxPNAAEvfD7Sc10aSyyWKp8eZjQ5pYxZMYWrPUuojglNYK0d0jyLGwY4jRUbgk4rB0K9NdZea4tjx368BRZ2TUx3UWcGceTxAghJK2JPHPSuvblenGXoogKZIgRZKJotpTt+EsqRdV4iXyUqBwbJjRyEoJrUfQR5TZx0RJ7GUPiiWxbui8ijsmMDQ1u4/odVGPiK9OG8EHo7GO4/wBLqsprBVabuD2gH2QCHCx/lwfimcovhHgWg83ZlqlmVfTtU1GMiQhSAps3oQkHRRq6ZuFVG9GRQ71K+w+ItY6zgfFaWiddqz9RBtKdaZKNo8kvK9HQ7o7qmLOV7LErTVDsLPalnhZinToKa0Ip32Qrqp44JT2m0zdymUeisPRVvyMcVT2Ip3oybNZkar/+JD1utFL6OtPRL6n0bA6XS/q+PLtBJzQin14O7qK+r9Gr5a2yiYpePQfKRspJNpucJXUV4cTYJnNT7+Uul0rOMIMeJdsa80l0AyP3Kv8ADEo/9nub0V0UCqjSE5JuXYsFPboiqWNMXU4IXEMSNu0TlrHd0wp5AW2PkfJAlijQRwpWqY6LAYYvVzFhJwDtPhy3z6py5wtdKKxxJDh+ZufHb/pWvnu0beLY8kvGnFtDZS5bFeoS3eSqxP0K6q4+qBlftTqsEdUTXOG62O/+O6cUskY9n1g+Dh9lltPqSSAT5eCelvfrwf11SW+L2g4pNB1QyI/9Tp0FwfegdPm2m3iqY4buz8VQ8lrj5oJ8Z6WgXrY9mddKpSC5EwzbxZvKU1MmySx5vnzU0IOwpPQ+oo03iiCTafMnkJwkzbsxFwhFkNNAEU2TCqlcgRomqIbFRX1JUTEZZVGFd6tcRWsr17MECyFiokiBVwkXjnBGzAMssqTH1V8rsqRi6HkC4ncTML1zVcIzZUyFTSdhpUDTxYJAFwDb4IKODYLdOnlf7ce5HyOwg5atgZk/lNrdTcnjy2n4okrkkak30DVcrGtLnENA5JsAs3Uakx99l3AHkCwJ/pJ+tkNq0vrJC43LejXG48R0x4LmmqLWAbZgztb1PiTmyshiS77LseBLb2y/8aRIxm22bEDuR3Pbr5LR6bqQfuaDfabH4dP10WHqsuJucm/vKK0Go2SWPDhb39D+u6DNj5bNyYlXJG4MwaQb+C9hoy8578DslzTdpd/KfDPh+u6Ka6Qi+7Yzrbk+F15z09dki4jmWoip22bbcRx195WOrJdzyTyTf3omq5ulrnp2OCWxMpWNKLUC3BTeDXbLHueqzK4cFdLx4zB5NG8OtDm64OujusJ+Kf3Vb6o9Stj4MTHlNvPq7T1AXiwhnPdRM/8AFEH6pv46khEx6h3QRavC1ahzYy/FNPVeCpHCUObYruMI2hfLYy3XRtO3CWQvTOB6VIZHYQHWQtXIALq5xQde72Sl9mtgFPLveRgAAuJPAaOSfBZ/WqwOcQwWb8z5+Kaam/1MO3+OWz3eEY/K33nPuWSqJOVbjglsr8TFa5Mplf8A/FBVOALQcOAB44GV43v2HuVLimMvxq3Zy8r2Hqf5Rf5gfdcPKO0WkMjySCWtAvbqbggfIoZSpWD5FRTZrKeI+pY0gue+ztoBJJtdoAGb2ynbdFe2H11WDGCQI4gWhzv8Dv1QHo9qpgmjmcBYybLkX2td7F/C1x7rp56X6h66eK4tZhsPAnH0UeOKcZTfZ4z7MxWwY4WcqMOst3UMBb7lhdcFnXW416MlGlZXdQISKoRDHprjQuywxqh8CLY5dWWp0dQsdTlRNPVqIubM4mvljyuCFa51yq3pSGtFEpXjV6eVGpiQp9nTH2KYQSnoljgjKJ1glzQyIbI/Ic3ydft38x91W6He4X/KMu/tGT8ePeoTm4VgNmknrjHYZt9FG3xkHJ6Ml6V1O6d3gGj5An5krOyG6bekbv38n932CV08O4PI5azd8CL/ACuvTi/imerifGCKX9lfU09oGSAcvc0/b7qgm/Ka0v7ymlj6tHrM8WbnHw+aDJJqn/0on8YJ/qxFGwuIaOSbDzW20qmbDFYW3cHuXFLdG0rY0SPHtE4x+UeKbRtuWgWuHZxbk/ThJzzvSPM8vLzfFdI51Mg2h6+p3HveQuAP/qCmHpBU3qA3qyNgcQQQXEbja3bcklfvdqRY3IEAD8iwYxm4uz2J6d13Mwtk8/qsS4/H8okmmv6O9xI5WU9IY+VpYH+ykuuNusxumC3aMcDZExTFcTR5XDSrexQxjnREcyVMKta4pbidY3EiiWtnXqHiwrPoDFaW3VDHK+M3Srod6BZWLhmOUc6O6rlgToyFtFRbdeMfYrmN1sFU1RXNWcmNoMq2YWsP1+sJZQPNwmr2bhfwUGZUg+0YzXYQ+V5BAFwD/cAENp7rSMJaLWLHWxua4bc/FaPVdNa9pcAA8ZJ/mHW/19yzFRJYY55yPuqsU1OFHseO4ZMaS/TF9TTmKR8Z/hcR5t5HyIWg9F6E+1I4fmbtaDwW3yT8F1TaeasxzyAAbNrh1e5riAfJaVkAtayVly/Hj79k3k+U+H0/fsqFP1+K8o4BvGLC/wAkS7A9yFqaoQwyynlrLN8XuwPukQ+UqPPjFyaSMhBVXrJ5R13t9znWFvgm9XktP9Iv7sJHo9IcvPXJTyZwNrXw0A3+wVLdzbQ3Nt69BNM7CC1VuETTFVai24KFfcTmTnblCOCOqWm5S+V2VbECjsKwPQ7XLtacWEqKu6i0yj6FHMiqeTKRCfN0fTTKWUSix9Hyu3sCEo5rolzkMZG0L6yLqOiVSTbnWTioKz042yeBKfF2LY4pSm1PKlNI5MGqPJ2MQROwcgqifTYHs2uYLZtbBBOfZPRSQqzoEhycNo3m4O4gsEe1oAFgMAdguI6kkkHFkbsuEM+mtwSPDCS5N9iyuWUk4S7W4d+1jj7LPaIHLpD9LYCvqHFrsE+fZL5n4VGBexmLuylzgBYCw7f5XTHIZxXrXqijJjKnXVW3CDglyjn5CF6YozlTFkpVUQp/VsS6aNVQloGhKW2VzVbPChgUzsw7Ki5uots4fNcjKee2CgWIqNlwkykNY8pai2U2ZKCFmKdxCaUcvRIloJMOmSariub9QmrzdBTMTYSMkjyjkwmkDyUsgjN07pIUjM6ZsUTYpHxbxRTgOypfYG/dSt2qNlHR5dUTO5VzkPKlUKF9UeSk0sl0x1CTFu6UuCtwKoj8S1Zw5653Kt6qe4hUpAzCoZMpxE64WZZLkLQUL7hBkQooqmJc9ibVCVyFMxbRjBJWIGWDqEzebqlzEfRgs2qI2SFRbZlDP1aIgKGjm6FdhyQxoe1XMcQuKNNIhdC0EkVwzXVll4+j6hehpQ3QdWXwsFwm0bLJXG1Hwy4yk5HZy0XSBCzHCtllwllXVWCTGNs1vQbA7c2/Y2PmP0FVUNXno97TJD2kHzH+giatnw6+XVBP4yaEMzVYLuKDexGvNzfuqy1XLSKY9ULpI0LUNwmzokJNCmxYEkJwcrQaa7CUT09spnphR5FcSf2EVYS15Cb1DUonZYrsHQMil7FwV363uuSbprRqZwQoumhRCaMtUpLOJCDYSOVpa+nvlJp6eyyNSQQTR8JvSLP08ham1JWA9LFBJDEx6GCy8dAD/lcU8l0W0pDQaJTUJPPCZxUTLflXtJkIpjU+GONHAFXpbLXt8ykNXpzeg+ZWwkGEpq4ETxx9IFoD9GabbHJ4yj5NH+V7rAtHIf6SP/L2fujdPG1lv6ifoPsluvSfuyO5H1v9l5eSN5v6AkZdtwvXLsBeq5xHI8a264dErYeUR6tYtGtCuWmuLKmjjLTYpy6FVPpOqby0TzRVKMJZUNTd4wl1Sg8d7FyFczUMH2RkqDkCrYCL2OUVETrKIaC5H0J7bhLaqnTZzEPM1Jriw+zPTR2VcMmUwq4kHHAb8JjVqwl+B/pMhODx3WhjpG2yT7kk0RgsngcgjBDkjtg2cG4V0eos6lD7rhKakWcuk3Do00X7QaeCpcJLSOF02bwsxzcuwWcvdk2SHWXXHvTmQ8pDqUuD5qKK5Zr/AGZFWxa8L2yEfNlXMlBVyQxnYKKidcIIOXTJNqCcTUMmNR1PSgjIvdL4X3R9LUWwhQNCzUafZgcLPVnK02pvus3WBDj1InmhZK5UPKtlKHe5XWJPGr1csKiyzD6jKEHM1XmVVF6ZkxjLAJI0O6MpoxlyrnU4spL4sbAC06s2HKew1LXcOCz1XGPIoSCYo0/wUpJmtlqGgc5S2R1zdAMkKIEqTOVncQhr0xpq3oUh/FWNjwjaZ9yPMIYOtipDaV2FlNXkcCbcfQrT1JwszV5ukePuTZkHTFD3ryOay4kbYqolXwCkw9tQvfW3S4SWV7JF00bFjWin6JlFJlZ1kljdOaWW4up2qCLasJJWtTqoKV1jUqLqRPPszkwsVU8ImsFihyr10JZwFETDRufwois7izZySk8Ic1JCbfsuQjACV6jpsjM2+Crck+zuDDKCXdgcpwKFxCE9E9HefbIz08luWacAMqKWO2OjGj5/qGnOGeVm3yWeV9XraUW4Xzj0noNj9w4J+aBx4j4M8p3hdSy24SqMkI2IXSZLYdnLnI3SXn1rW9CfhYX+yoMKN0aL95fs0/4+6yX2ti5LQ4r3WafJZiZxT/VneyfJZ/YRyk+P02KRQILrx9HdMoo1e2C6rizmzLVdO5hyPI91QwlbOShBFiMJFXaTtuWG47df9p3ZsWBROTChnsbdClzAr2FJlEcO5XIOrC8glvZW1LcKaSpici2Z2tZc4VFJFuKbQgbsi66dShpuOCVbDoWoWG0cAsoiaAghRGPUTeObhe0lB6w54VDKpvU2TPTqpvQhUNmUOaGjazACMfEgoZkW2ZCqBdiuvisvnnpYRb3rY+k2sMjBuV8u1bUzM7HF0qf4GI6prFHxU3UcJZROytJStuEhx2ajhlJcK6jptjj5fdH0sV1bVxgAIc2OsbZknoV1kO87UMdNxYhNqBl3OPa33RksYS/Hx3CzIrRlhFs54RVOQUXVwhJDIY3Y47I6cWdKI2eLqh0C8iqmnKv9YEfMBIEZp7ScgW8lJdJh6NI8iUwHCrkKLtBiGak2HGQvZMhFVrsINqmyoGa0D0kF33PdGVUIIXWnR3JTB9OCn4m6NhVGZ9aYyomGqUPX5qJtWE2G1tYUVoup7DYlC1Ed7oKWItNwkxm7sNxPo9LqYtyq9R9IGtBsV8+bWOHUrx05cnfUbMUD3WKwzuJd7kkeNnkmMiX1pXBtHcNUAnukamCdpWN3q2GoIyCuS2LPrNM7C5rX3t5FZPRfSCw2vWgZUB43A3CDy3/hYEgvSHfn/uH0V8pCRM1ER7hf+L7BDSa1dZhdYooOC0Mq6YJDUOuV5UVu5V04uUE3ZrRZlc/iS3hEmNCVNOUCVgUXxa1bDm/BWP1Zh4ukU0ZC9iRu0h2OKYydMX56Loj6LiDhX9EmT0Hlxridaa6znBMrpD6za66Zw1TSLgpuKWiSBKwXFvFRcSvuom8gmgmRt7+a4dGLKKJMShiaVtiQqBIQVFFQugV2VVEpCXTvJUURI5grguGqKIxQSxy3Po8f+Wb/AN31Kiil8z/X/TJ9CHVJD6x3n9kM0qKLYfYv0Nh0i5pTSmFmqKJbOYZEcKupGFFFsQGKZhyhmleKJk+g8LC4nIuF5sooppdFOToHqguKN2V6ouxnnw7GKiiiahh//9k=

Frêles bourgeons tendres, fauchés trop tôt : 

Cruauté incompréhensible, l’arbre demeure sous le choc… 

Où sera le fruit ? Personne ne pourra les remplacer. 

 

Arbres noueux, courbés sous le vent du scandale, 

Penchés, comme voûtés, par des poids lourds, 

Certains, tordus, se rabougrissent.

Où sera le fruit ? Il est temps d’élaguer. 

 

Pourtant demeure vivace la sève, 

Flot incessant, presque tempétueux,

qu’on voit poindre, toujours et partout, 

Et ce, jusqu’à l’extrémité des plus sévères blessures. 

 

La Parole de Dieu comme fleuve de leur vie, 

Parcourant l’arbre des racines jusqu’à la cime, 

Du tronc à la plus lointaine et oubliée foliole.  

N’a-t-on pas oublié que, sans elle, point de fruit ? 

Il est temps de la redésigner, de la laisser nous revivifier. 

 

Mais, en ces temps, le jour s’est longuement obscurci, 

La cathédrale de verdure s’est faite trop sombre

Son feuillage, pourtant dense, est devenu trop mêlé : 

Où respirer si la lumière ne nous est pas donnée ? 

 

Je l’avoue, je le crains, 

Il ne s’agit pas ici que de procès, 

Il ne s’agit pas ici que d’histoires d’humains et de condamnables hommeries, 

Il s’agit bien ici de la réussite de la mission de notre vie ; 

Il s’agit bien de réussir à désigner Celui qui nous fait vivre, 

Celui qui donne la vigueur à chaque arbre de Son peuple, 

Qui, alors, balance harmonieusement sous le souffle de l’Esprit, 

Et n’est plus courbé, atterré, par le vent mortifère des scandales et silences accablants. 

 

Comment continuer à parler de Celui que mon coeur aime, 

Si nous laissons les ronces brouiller les canaux de communication vers le Ciel ? 

mardi, mars 12 2019

Sous les Cendres, la braise – JéruCarême

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3b/Meister_der_Schule_von_Nowgorod_002.jpg/220px-Meister_der_Schule_von_Nowgorod_002.jpg

 

            Grâce de vivre l’entrée en Carême à Jérusalem cette année ! 

 

            En ces temps hivernaux, le saint Sépulcre (ou basilique de l’Anastasis) ouvre à 4h du matin… le jeudi après les Cendres, nous y avions une messe à 6h, nous avons décidé de venir y faire oraison à 5h. Folie caractérisée ? Certainement !

 

            Mais contempler les remparts de Jérusalem de nuit, mais arpenter la via dolorosa en attendant que le jour se lèvre… n’est-ce pas aussi notre attitude de veilleurs dans toutes nos nuits qui s’exerce là ? Avec moi, de nombreuses intentions de prière à porter, à continuer à porter : veille de la prière, une de mes missions les plus importantes. 

 

            J’avais longtemps réfléchi au texte biblique qui pourrait être le support de ce temps de prière pas comme les autres, sachant que la messe était à la chapelle du Golgotha, au lieu où le Seigneur a été crucifié et est mort. C’était cette phrase, tant appréciée de ste Elisabeth de la Trinité, qui me revenait sans cesse à l’esprit : « Il m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2, 20). C’était ce que nous venions ici contempler, au lendemain des Cendres, la braise toujours ardente d’un amour qui ne s’éteint jamais. Soudainement, la réponse était venue, lumineuse : et si j’y méditais le Cantique des cantiques en priant dans les différentes chapelles ? 

 

            C’est ici, dans ce lieu, que cet amour fou du Bien aimé s’est vécu jusqu’au bout : dans sa Passion, dans sa mort et dans sa résurrection. Alors, quelle force que prier ce grand poème d’amour qu’est le Cantique puisqu’ici avait eu lieu la folie de l’amour d’un Dieu qui se fait homme et qui aime à en mourir pour briser toutes nos morts ! 

 

            Vous connaissez sans doute la fable du sage demandant comment distinguer la nuit du jour ? C’est tant que tu n’as pas su voir dans les yeux de l’autre un frère. Ici, de la nuit au jour, il s’est agi de contempler l’Amour de Celui qui s’est fait notre frère en toutes choses excepté le péché afin de nous sauver ; il s’est agi de plonger dans cet amour pour lui demander d’allumer en nous Son Feu qui ne s’éteint jamais, jusque dans toutes les obscurités de ce monde, pour y brûler de Lui. 

 

 

P.S. : Alors, se faire tatouer une croix de Jérusalem le même jour en fin de matinée apparaissait également lumineux, comme un écho ancré de cet amour : « Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras » (Ct 8, 6). 

 

lundi, mars 11 2019

Lire Sodoma ou ne pas lire Sodoma ?

https://static.fnac-static.com/multimedia/Images/FR/NR/f4/28/a7/10954996/1540-0/tsp20190221222903/Sodoma.jpg

 

C’est le livre « scandale » du moment, sur toile de fond de scandales, autant dire un livre ton sur ton. Je ne l’ai pas lu par goût du choc ou de la sensation mais, simplement, pour pouvoir en discuter et répondre aux remarques qui me seront faites ici ou là, parfois avec une large finesse ( « les cathos, tous pédophiles ou tous homos ? »). Je vous l’avoue, la lecture fut éprouvante : tenir ces centaines de pages sans lâcher le livre fut dur. 

 

            Non parce que ce livre suinte de sexualité mal digérée – tout littéraire a lu bien pire – mais parce que ce livre mêle réalité et illusion sans cesse. 

 

Lire la suite...

mardi, février 26 2019

Lire la Bible ? Pour de bon ?

http://enluminures.fr/wp-content/uploads/f155r-Matthew-E115328a.jpg

 

L’engagement dans la lecture biblique n’a de sens que si un engagement de la vie de foi et la recherche pratique du royaume de Dieu lui correspondent. La lumière sur l’Écriture ne vient pas autrement. Ce n’est pas un propos édifiant, c’est une nécessité logique reconnue et confirmée par la tradition. Il ne s’agit pas d’autre chose dans la Bible que de ce bouleversement de l’homme par lequel on entre dans la crainte de Dieu jusqu’à devenir disciple. En effet l’engagement de la vie dans l’Évangile fait traverser inéluctablement beaucoup de situations inattendues et inimaginables auparavant.

Paul Beauchamp, Parler d'Ecritures Saintes, Seuil, p. 40

lundi, février 25 2019

Un credo en créneau

 

« … Je crois en l’Esprit Saint, 

à la Sainte Église catholique, 

à la communion des saints, 

à la rémission des péchés… » 

 

Quand, en pleine messe, alors que tu es au dernier rang pour être avec tes proches et que ta voix sonne un peu seule dans le troupeau-n’osant-pas-trop du fond de l’église, tu pries le Credo, tu entends un peu mieux les mots que tu affirmes. Alors, le trio « Sainte Église catholique » / « communion des saints » / « rémission des péchés » te saute d’un coup à la face en te semblant soudain en plein dans l’actualité avec ces affaires qui éclatent partout, avec ce sommet si important en cours au Vatican. 

 

Quand le mot « sainte Église » t’écorche un peu les lèvres : et pourtant, tu y crois, vraiment… alors, tu passes de l’hésitation à l’affirmation, quoiqu’elle soit constituée de pécheurs, et cela dès les premiers temps ; 

Quand le mot « communion des saints » te blesse beaucoup le cœur : parce que tu sais que ce n’est pas qu’en mode « ciel et terre » cela… qu’il y a aussi, derrière, ce grand mystère du Corps mystique du Christ. Ainsi, tu sais que ce ne sont pas « leurs » péchés, ce sont nos péchés à nous tous, Église ! Je n’aime pas la tentation actuelle de simplement vilipender les coupables en nous en dédouanant : alors qu’en Église, on ne pense jamais uniquement en « je », on pense en « nous », corps du Christ, dépendants les uns des autres. A contrario, j’ai beaucoup aimé la posture du pape François lors de la liturgie pénitentielle du sommet sur la pédophilie : c'est bien avec les autres qu'il a demandé pardon. Oui, je crois à la communion des saints : alors, pardon Seigneur pour tout ce que nous avons fait ou que nous n’avons pas fait. 

Quand le mot « rémission des péchés » ouvre l’horizon noirci d’une brèche vers l’Espérance : c’est la direction… mais elle ne sera que parce qu’il y aura aussi, dans le même temps, des jalons concrets posés pour qu’il n’y ait « jamais plus » tout cela. 

 

Le Credo et son actualité, 

Le Credo, jamais en réalité si facile à proclamer, 

Le Credo, pourtant vraiment cru, encore ce matin, et prononcé, et prié : 

Parce que l’Esprit Saint poursuit son œuvre dans le monde et achève, malgré tout, malgré nous, toute sanctification. 

samedi, février 23 2019

Notre église est celle au bout de la rue

https://www.lisez.com/usuaris/libros/fotos/9782750915/m_libros/9782750914233ORI.jpg

 

 

            Je n’aurais probablement pas lu ce livre si je n’appréciais pas les prises de parole de son auteur sur Facebook, souvent très ajustées et jamais dans une caricature rapide (ceci étant très précieux,a fortiorisur les réseaux sociaux !) mais, au contraire, parfois dérangeantes en nous poussant à aller plus loin. 

 

            En effet, l’aspect « journal d’un prêtre » (même si la forme concrète du livre n’est pas telle !) m’intéresse peu, personnellement : je n’imagine pas la vie quotidienne d’un prêtre car, parmi eux, j’ai suffisamment d’amis, voire de frères, pour en avoir une vision à peu près exacte et que je porte dans ma prière, dans ses grandeurs et ses misères, dans ses joies et ses détresses et dans Sa joie fondatrice. Après, en effet, même si je partage avec eux une commune consécration au Seigneur ce qui a certaines caractéristiques communes, la forme est différente et, surtout, ce qui les habite profondément quand ils célèbrent les sacrements, ce mystère du sacerdoce au fond d’eux-mêmes, m’échappe. 

 

            En revanche, j’étais intéressée par la vision de l’auteur de sa vie de curé dans le Marais et, surtout, les développements sapides qu’il allait forcément en tirer vu ce que je lis de lui habituellement. J’ai notamment été marquée par un axe d’insistance qui traverse tout l’ouvrage : le réel. C’est, de fait, certainement, l’un des enjeux de notre monde, pour le prêtre et pour tous, à l’heure où le « je pense » ne signifie pas que « nous sommes » mais devrait être « ce qui est » parce que notre pensée ou notre humeur l’a dit, à l’heure où ce que l’on se dit sur les réseaux sociaux tend trop à remplacer les rencontres, pourtant au cœur de notre foi chrétienne qui croit en un Dieu qui a pris notre humanité.

 

            De même, l’auteur ne cesse de rappeler l’importance de la conscience et de la liberté de conscience – une notion-clé dans les débats sur la laïcité selon lui… que je pense ne pas avoir encore assez exploitée personnellement dans ce que je vis au quotidien ! – et développe sa pensées autour de belles rencontres qu’il a pu faire dans divers milieux, dans diverses galères de la vie. Si je m’attendais à le voir parler du quartier quelque peu particulier, le Marais, dans lequel se trouve la paroisse Saint-Paul, je ne m’attendais pas à ce que ce livre comporte de si belles pages sur les pauvretés et l’accueil de l’altérité, jamais simplistes, et j’en ai été plusieurs fois touchée. 

 

            En résumé, si vous voulez lire un beau livre de prêtre, ne tombant jamais dans une vision restrictive de son sacerdoce, de notre monde ou de notre foi mais au contraire tendant, par sa pensée tout en nuances, à venir éclairer notre monde et élargir notre propre pensée, lisez-le ! 

 

P. Pierre Vivarès, Notre église est celle au bout de la rue, Presses de la Renaissance, 2018

vendredi, février 22 2019

De l’accès au langage, de l’accès à l’amour

 

L’enfant nouveau-né braille au moindre besoin, presque sans raison : il ne sait pas encore exprimer ce dont il a besoin. 

 

L’enfant des banlieues, souvent, trop fréquemment, n’a pas les mots, n’a pas les codes : il a les insultes, il a les poings. 

 

La communauté qui n’est pas encore suffisamment libre ou qui ne se parle plus, quelle qu’elle soit, se met à murmurer ainsi que le peuple hébreu au désert, à médire les uns vis-à-vis des autres : elle n’a plus accès à la communication. 

 

Car il ne s’agit pas seulement d’accéder au langage, 

Il s’agit d’accéder à la parole, la vraie, et d’apprendre à entrer en communication avec l’autre : 

Liens à tisser et à retisser sempiternellement.

 

Mais la communion précède parfois cet échange si fructueux : 

Témoin l’enfant nouveau-né, si fragile qu’il ne saurait exister sans se blottir dans les bras de ses parents, ces derniers cherchant à précéder ses besoins… Car entre eux existe l’amour. 

 

Et pour les autres ? 

Pour les jeunes, il faut leur apprendre à se servir des mots, inlassablement : rôle éducatif ; 

Pour tous, il faut saisir le moindre petit pas vers la communication, vers une communion, par des gestes bienveillants et, surtout, par ce fameux « regard qui espère », même quand tout semble foutu : rôle de la petite fille Espérance, rôle de chacun qui accepte de veiller à cette aune ; 

Parce qu’entre nous tous doit exister aussi une forme de ce même amour, en responsables de nos frères que nous sommes. 

 

 

dimanche, février 10 2019

Chronique des JMJ de Panama 1,5 Relevés !

http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/document/rpcq_bien_116858_44630.JPG?id=44630

Ceci n’est que la chronique 1,5 et non la 2 tant elle a à voir avec la première

 

            Aujourd’hui dimanche 10 février, c’était le dimanche de la santé et, dans de nombreuses paroisses était proposé le sacrement des malades. C’est un magnifique sacrement qui vient donner la force du Christ dans la faiblesse, quelle qu’elle soit. 

 

            Eh bien, justement, ce sacrement, c’était un peu notre innovation diocésaine de ces JMJ… à voir ces h-amis, à les voir rayonnants et souffrants, à écouter certains autres dans leur(s) souffrance(s), à entendre une homélie y faisant référence lors d’une messe unique célébrée sur un bateau voguant dans l’océan pacifique, nous nous sommes posés la question progressivement : et si… ? Et pourquoi pas le proposer finalement ? 

 

            Il fallait former, informer et voir si, concrètement, nous avions ce temps de formation puis un temps de célébration. Au fil des jours, les obstacles tombaient et les plages horaires semblaient évidentes : un topo à l’arrivée à Panama Ciudad, un petit temps d’accueil et d’accompagnement par un des prêtres présents pour les volontaires et un sacrement finalement célébré lors d’une messe diocésaine juste avant de partir pour le week-end avec le pape. 

 

            Nous pensions certes à nos h-amis mais ce ne furent pas les premiers à se manifester et ils ne vinrent pas tous : 6 jmjistes de notre groupe reçurent ce sacrement. Les blessures invisibles sont aussi le lieu où Dieu veut venir apporter sa puissance de vie et c’était beau de voir ce mélange inattendu et confiant de jeunes osant, avec simplicité et humilité, présenter leur souffrance à la prière de tous. Ce fut un très beau moment, très fort, très priant, très enthousiasmant même avant de rejoindre la foule du week-end final et de nous laisser enseigner par le pape et de prier avec lui. 

 

            Car, que cela soit ce week-end comme aux JMJ, n’oublions pas que le Christ vient toucher pour que la personne malade, pleinement membre de Son corps, porte spécifiquement Son amour salvateur en elle. D’ailleurs, dans la Bible, c’est tellement fort que les guéris ne peuvent s’empêcher d’aller ensuite proclamer les merveilles de Dieu ! Le corps blessé des malades mais ainsi oint est en effet le lieu où vient s’ouvrir une relation privilégiée avec le Seigneur : à nous de ne pas les abandonner mais bien au contraire d’entrer en relation avec ces personnes pour nous laisser aussi entraîner par elles, à leur exemple : pour que les chemins parfois improbables de chacune de nos vies soient, ainsi que Lui le désire, toujours davantage chemins de Vie. 

 

 

 

 

samedi, février 9 2019

L'huile de la prière pour l'entretien et pour quand ça grince

https://cdn.store-factory.com/www.artisanatmonastique.com/content/product_8908096b.png?v=1522830830

 

Il y a des jours comme hier qui s’écrivent en mots trop gros :   

Violence, heurts, coups, douleur.

Des histoires qu’ailleurs on n’imagine même pas, 

Des pleurs d’élèves, des pleurs de collègues, 

De la colère, les côtés sombres de l’éducation prioritaire. 

Faire notre job de prof ? Comment quand la violence fait tache d’huile ? 

Et la suite ? Et l’accompagnement ?

Et moi comme consacrée là-dedans… Comment porter lumière et espérance ? 

 

 A contrario, une soirée faite de douceur, 

Avec une petite dizaine d’amies proches, 

Partager un repas « de filles », des nouvelles, des coups de gueule, 

Des rires et, parfois, dans l’intimité d’un ponctuel tête-à-tête, 

Me confier quelques lourdes intentions de prière sous-jacentes. 

Le soir, elles rentreront retrouver leur mari, certaines aussi leurs enfants, 

Leur joie et aussi ce qui fait quelques-uns de leurs soucis : 

Belle est notre vieille amitié, malgré les différences concrètes de nos vies. 

 

Moi je suis rentrée seule et je me suis agenouillée…  

Entre violence et douceur, 

Entre questions insolubles et poids des intentions, 

Entre la violence du jour et la douceur du soir : 

Porter cela de mes mains vides, 

De mon cœur un peu trop plein, 

Dans le silence amoureux de la prière. 

 

Les solutions ne s’écrivent pas là mais, en Lui, tout prend néanmoins une autre dimension. 

A l’aune de la prière, c’est à la couleur de Son amour plénier, offert, qu’on apprend peu à peu à nous laisser façonner : notre regard, les mots que nous posons sur les situations, les mots que nous oserons balbutier pour remettre un peu d’amour comme autant d’huile là où il faut entretenir, là où ça grince et enfin et surtout là où il semble tant en manquer que cela risque de casser. 

 

jeudi, février 7 2019

Chronique des JMJ de Panama 1 Des H-amis et des frères

 

 

            Je suis donc revenue du Panama, le cœur profondément en action de grâce… mais la reprise du rythme quotidien est rude n’ayant pas bénéficié d’un vrai temps de repos, voire de transition avec l’ordinaire des jours. En résumé, les vacances se font très largement attendre ! Mais la reprise du tempo passe aussi sans doute par se redonner un rythme d’écriture, ici et plus personnel ailleurs. Alors, je commencerai par partager quelques éléments des JMJ. 

 

            57 personnes bien parties puis bien arrivées au Panama : soulagement et étrange sensation pour moi de voir un projet sur lequel on est depuis presque 2 ans enfin prendre forme et, surtout, prendre chair. 

 

            Car il s’agit bien ici de chair : des jeunes en chair et en os d’une part et, parmi eux, cinq jeunes tout spécialement à la chair blessée, meurtrie de manière visible, dans le handicap physique. Emmener les quatre parmi eux possédant un fauteuil avait été une vraie question : si les indicateurs logistiques étaient assez mauvais, il faut bien le dire, l’indicateur de leur foi et celui de leur envie étaient au plus haut. Ce n’était pas simple : il a fallu discerner et chercher à organiser au mieux ce qui pourrait se construire éventuellement. J’ai beaucoup prié quand il a fallu dire oui ou non… mais l’Écriture me donnait une réponse : Jésus, Lui, ne laissait jamais personne sur le bord du chemin, au contraire, c’est toujours vers eux qu’il préfère aller. Alors, tant que ce n’était pas utopique, tant qu’on pouvait raisonnablement accueillir, y avait-il une vraie raison de ne pas le faire ? Le manque de dispositifs locaux n’était certainement pas une raison suffisante : nous nous sommes lancés. 

 

            Sur les conseils des plus habitués d’entre eux aux JMJ, nous avons mis en place un système d’anges gardiens pour chacun. Et, dès les premiers jours, quelle joie de voir que « cela prenait » ! Non pas seulement quelques-uns autour d’eux mais bien, très vite, tous, les uns autour des autres ou plutôt les uns avec les autres. Car, s'il n'y avait pas les adaptations matérielles, il y avait les bras, il y avait les coeurs. Sans concertation, tout le monde s’est approché, a voulu aider, a voulu faire partager tel moment avec un tel en le plongeant dans l’océan avec nous ou en lui faisant vivre un bain de foule dans la liesse d’un stade… Bien souvent, mon regard quelque peu scrutateur de déléguée diocésaine s’émerveillait et me faisait dire : « que c’est beau ! Qu’ils sont beaux ! ». 

 

            Quand la fragilité est visible, chacun est aussi invité à faire tomber le masque devant les siennes plus intérieures, à fuir les faux-semblants pour vivre, agir et partager en vérité. J’ai été marquée de voir à quel point cela a été le cas et qu'il s’est créé une ambiance de bienveillance tendant à une communion la plus profonde. En particulier grâce à ces h-amis (on m’a soufflé le terme comme celui qui se disait dans certains mouvements : c’est mieux que nos amis handicapés), nous avons expérimenté la fraternité. C’est ce qui a d’ailleurs fait dire au curé d’une de nos paroisses d’accueil que ce groupe était une « catéchèse vivante » ( !!!). 

 

De ces JMJ, je suis rentrée le cœur profondément réjoui de me dire à quel point les fragilités sont les brèches dans lesquelles Dieu aime s’engouffrer pour y révéler Sa lumière et, partant, pour davantage faire de nous Son peuple. 

 

P.S. : Cette photo qui a fait le tour de la planète ne vient pas de notre groupe... mais nous avons fait pareil le week-end final avec nos h-amis et notamment l'une d'entre elles a été bénie... incroyable moment d'émotion ! 

https://fr.zenit.org/wp-content/uploads/2019/01/Personne-handicapée-JMJ-de-Panama-©-Twitter.png

La preuve... 

 

 

 

 

 

mardi, janvier 29 2019

JMJ comme consacrée ?

Chers tous, 

Me voici de retour des JMJ de Panama, JMJ que j'ai vécues pour la première fois comme déléguée diocésaine mais aussi et surtout comme consacrée. 

Avant de revenir sur ces JMJ et de reprendre ici un rythme plus ordinaire, vous pouvez déjà aller lire un article écrit pour le "journal d'une jeune consacrée" par ici >>  

http://blog.jeunes-cathos.fr/wp-content/uploads/sites/13/2019/01/isabelle-garanderie-300x225.jpg

mercredi, janvier 2 2019

Lectures marquantes 2018

Avant de clore le "chapitre" 2018, j'ai fait un tour dans ma liste de lectures de l'année civile... Voici les 10 sélectionnées parmi celles-ci comme les plus marquantes de mon année, il me semble et a posteriori. Certaines ont fait l'objet d'une recension ou d'une citation sur ce blog, d'autres non mais toutes ont marqué, à leur manière, mon année. Peut-être qu'elles viendront marquer votre année 2019 si le coeur vous en dit !  

https://www.frenchweb.fr/wp-content/uploads/2013/03/marche-du-livre1.jpg

 

Littérature – romans 

Ava Olafsdottir, Audur, Rosa Candida, Zulma, 2015, 224 p.

Endô, Shûsaku, Silence

McDermott, Alice, La Neuvième Heure, Quai Voltaire, 2018, 288 p. 

Olmi, Véronique, Bakhita, éd. Albin Michel, 2017, 455 p. 

 

Essais et spiritualité 

Candiard, Adrien, o.p., Veilleur, où en est la nuit ? Petit traité de l’espérance à l’usage des contemporains, Cerf, 2016, 100 p. 

Giraudo, Cesare, Confesser les péchés et confesser le Seigneur, 2017, Les Éditions des Quatre Vivants, Mesnil Saint Loup, 96 p. 

Lécu, Anne, Sr, Ceci est mon corps, Cerf, 2018, 160 p. 

Sinety, Benoist (de), Il faut que des voix s’élèvent, Flammarion, 2018, 132 p. 

 

Théologie :

Balthasar, Hans-Urs (von), Ratzinger, Joseph,Marie, première Église, Mediaspaul, 1989, 75 p. 

Hennaux, Jean-Marie, s.j. "Le sacerdoce, vocation ou fonction ?", Le Sacerdoce, humain et divin, masculin et féminin, Cahiers de la NRT, CLD éditions, 2018,

Wénin, André, L’homme biblique – lectures dans le premier Testament, Cerf, 2004, 224 p. 

 

P.S. : S'il y avait eu une 11ème place, cela aurait été pour le roman A son image de Jérôme Ferrari... mais je vais m'arrêter là dans ce classement qui s'assume comme purement subjectif. 

mardi, janvier 1 2019

Bonne année 2019 !

http://zabou-the-terrible.fr/Voeux2019.jpeg

 

Le réveillon comme cette fine ligne de crête, 

Entre une année passée qui se clôt, et celle qui s’éveille à peine dans la douceur de l’aurore, 

Entre relecture et action de grâce de l’année écoulée et attente(s) de l’année à venir : 

Moment de suspens ! 

 

Belle et lumineuse année 2019 à chacun de vous qui passez en ces parages : 

Qu’elle vous offre de savoir lire les promesses du Seigneur dans chacune de vos vies et de savoir les discerner dans celle des autres, en vous en émerveillant chaque jour davantage ! 

 

vendredi, décembre 28 2018

La Neuvième Heure

 

http://www.lelitteraire.com/wp-content/uploads/2018/10/9eheure-186x300.jpg

 

La Neuvième Heure ? Soyons clairs : c’est un livre qui pue la fange… Mais au milieu duquel resplendit, comme troublée de timidité, la grâce et, avec elle, la simplicité qui l’accompagne toujours. C’est un roman « sur les bonnes sœurs » diraient de bonnes âmes : non, c’est l’histoire d’un quartier de New York au milieu duquel vit une congrégation de religieuses, si incroyables, si humaines et si touchantes à la fois. Chacune avec son tempérament bien trempé… comme dans la réalité ! 

 

Les histoires où elles gravitent sont sordides, comme souvent nos histoires d’hommeries mais elles s’en savent non exemptes malgré leur choix de vie : elles ont simplement à rayonner de Lui. Elles sont pécheresses au service des pécheurs, ayant donné leur vie pour Lui et, par-là même, pour eux, ces pauvres auprès desquels elles sont envoyées. Petites mains de l’ordinaire : elles ont les doigts occupés à panser, les bras toujours prêts à soulager, le regard prompt à tout voir et l’intelligence du cœur qui prie pour tous, qui sait tout, comprend tout et aime, par-dessus tout, même avec rudesse comme c’est le cas de Sr Lucy. 

 

Et puis, il y a cette fille, Sally ou Saint-Sauveur de son vrai nom, qui est comme l’enfant du couvent puisque sa mère a été employée par ces sœurs depuis son veuvage. Un sauvetage comme un autre quand le mari se suicide et que c’est une tragédie, temporelle et spirituelle. C’est cette petite qui constitue la trame narrative de ce roman : comment grandit une fillette qui apprend la vie au milieu des cornettes amidonnées ? Il s’agit de découvrir la Vie et, aussi, de découvrir la vie, ce qui n’est jamais sans heurts. 

 

Plus qu’un roman d’apprentissage, c’est le récit d’une croissance dans les bas-fonds de la misère humaine où Il aime tout spécialement se nicher. 

 

La neuvième heure, c’est l’heure de la prière des sœurs mais c’est évidemment aussi l’heure de la mort du Christ en croix. 

C’est l’heure mystérieuse qui sonne à la fois le glas dans le noir absolu de la déréliction et, en même temps, l’ouverture du Ciel à notre salvation. Mystère de la rédemption qui court discrètement tout au long de ce livre et qui demeure comme en suspens chez chaque personnage. 

 

La Neuvième Heure, prix Fémina étranger 2018, c’est le récit que je viens de dévorer et que je vous invite à découvrir à votre tour. Tous liront un beau roman, finement construit, « ceux qui y croyaient et ceux qui n’y croyaient pas » et, nous les chrétiens, en ressortirons probablement le cœur émerveillé de la foi de ces femmes – mêmes quand elles grognent : « si j’étais Dieu, je ferais les choses autrement » –  et devenus un peu plus compatissants envers les plus pauvres d’entre nous, Son option préférentielle et la nôtre. 

 

Alice McDermott, La Neuvième Heure, Quai Voltaire, 2018, 288 p. 

 

- page 1 de 93