Zabou the terrible

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mercredi, juin 15 2016

Simply the best

http://www.paroissetresses.fr/tous-au-service-de-tous/s.e.malades/le-sacrement-de-la-reconciliation/image_mini 

Se mettre sous le signe de la croix,
Sous le regard de Ta croix,
Et laisser Son ombre illuminer mes ténèbres.

 

Se mettre à l’écoute de Ta Parole, qui va jusque là,
Parole vivante qui se donne jusqu’au bout,
Et laisser Sa lumière irradier les coins les plus obscurs de mon existence.

 

Dans la lumière de Ton Amour,
Repérer les taches qui résistent,
Et discerner ces coins salis qui empêchent Ton amour de rayonner à travers moi. 

 

Venir, tout simplement, confesser Ton amour,
Te confier mes ratages, mes efforts et mes chutes,
Et me laisser, tendrement, réconcilier…

 

T’entendre me dire Ton Amour,
Ton pardon qui est de toujours,
Et laisser ces occasions de faiblesse,
Et laisser ces envers de laideurs,
Devenir chaque fois plus l’occasion d’un rendez-vous, un peu secret parce que complètement amoureux, avec Toi.

 

lundi, juin 13 2016

Les personnes ennuyeuses et la charité assise

Dans les oeuvres de miséricorde que cette année de la miséricorde nous invite tout spécialement à découvrir ou à redécouvrir, il y en a une qui prête souvent à sourire : "supporter patiemment les personnes ennnuyeuses". A ce sujet, j'ai trouvé très beau l'éditorial de la revue Christus d'avril 2016 que je me permets de reproduire ici, qui en donne, me semble-t-il, toute la profondeur et le sens. 

http://jesuites.com/compagnons/rupnik/images/fondi.jpg

         "Les oeuvres de miséricorde décrivent un mouvement de sortie de soi pour aller au devant de l'autre "abîmé". Or, une curieuse injonction à "supporter patiemment les personnes ennuyeyses" se glisse un peu comme par erreur dans ce paysage de la bonté. On pourrait objecter qu'il n'y a pas de commune mesure entre la noblesse du service aux démunis et l'insignifiance du simple fait de supporter. En outre, quelle idée curieuse de mettre sur un même plan, les pauvres, les pécheurs... et les raseurs ! Le voisin de table qui monopolise la parole, nous abreuve de ses histoires et parle sans jamais rendre la politesse de son écoute, serait-il, à sa façon, un pauvre qui appelle notre charité ? Mais de quelle charité parle-t-on s'il ne s'agit pas de sortir de nous-mêmes pour porter nourritures et consolations ? 

            Non, il ne nous est pas demandé ici de sortir mais de rentrer. Tenir notre poste et voir s'il y a en nous la place pour un autre ; ne pas quitter notre fauteuil mais au contraire nous y installer pour accueillir celui que nous voudrions fuir. Il est temps maintenant de retenir les pensées malveillantes et, après coup, la parole assassine qui, croit-on, panse l'irritation. 

            Cette modeste "charité assise" coûte tant que nous serions tentés de l'ignorer, elle a cependant bien sa place. C'est une visite sans bouger et un don sans cadeau ; une prière dénuée de paroles. L'humble présence que nous devons à l'autre ne nous apporte pas de récompense. Goûtant la joie d'être reçu, le raseur le restera ; il ne sera peut-être pas transformé par notre présence intérieure. Nous le serons à coup sûr." 

In M.-C. Bustarret, édito "La Charité assise", Christus, avril 2016. 

dimanche, juin 12 2016

Si ton coeur te condamne

 

Le pharisien de l'évangile qui se dit en lui-même face à la pécheresse qui baigne de larmes, de parfums et de baisers les pieds du Christ : "non mais franchement Jésus, si tu étais vraiment Dieu, tu saurais quelle est cette pécheresse qui t'approche ! Ne la laisse pas faire, Tu vaux mieux que ça Seigneur !", c'est bien souvent moi. 

Moi vis-à-vis des autres ?
Peut-être. 
Moi vis-à-vis de moi-même ?
Sûrement. 

Le regarder et se trouver pécheresse. 
S'approcher et se trouver indigne
Pleurer à Ses pieds, parfois, sans oser Le regarder yeux dans D'yeux.

C'est, qu'à la brûlure de Son amour,  
Parfois, le coeur-à-coeur fait peur tant on sait que notre petit coeur ne sera pas à la hauteur du Sien...

L'Evangile du jour, c'est justement nous rappeler que cette pensée, c'est bip-bip-wrong-way !
C'est justement nous rappeler non notre coeur mais Son coeur à Lui, tendre, miséricordieux, infiniment ouvert,
C'est justement nous rappeler cette si belle et juste phrase de saint Jean "si ton coeur te condamne, Dieu est plus grand que ton coeur". 

Parce qu'Il sait bien tout ce qui habite notre coeur : ce qui l'habite de grand et de beau, et ce qui l'habite de petit et de misérable, 
Parce qu'Il n'attend qu'un plongeon de notre part dans l'océan infini de Sa miséricorde : qui sait si nos larmes ne sont pas déjà comme les premières gouttes de celle-ci qui veut simplement déborder et habiter entièrement nos coeurs  ? 

 

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mercredi, juin 1 2016

Pour un apostolat de l’apocalypse ou l’aubaine d'une petite lecture vivifiante pour jours de pluie

 

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Issu d’une conférence donnée à Rome, L’Aubaine d’être né en ce temps – Pour un apostolat de l’apocalypse conserve la fraîcheur enlevée du style oratoire et c’est une jubilation que lire ce petit ouvrage savoureux et efficace.

 

Deux parties constituent le discours, également bien pesées et envoyées :

« De la mission catholique et de son opposition à toute propagande idéologique » qui nous rappelle que nous n’adhérons pas à un parti où l’on s’encarte pour encarter d’autres mais bien que le catholicisme s’organise tout entier avant tout à partir d’une Rencontre avec Quelqu’un… qui ne peut qu’avoir des conséquences !

 

Quand vous vous tournez vers un artiste en tant qu’artiste, vous êtes bien obligés de vous tourner du même coup vers ses œuvres d’art. Quand vous vous tournez vers Dieu en tant que Créateur, vous êtes obligés de vous tourner du même coup vers les créatures. Et quand vous vous tournez vers Dieu en tant que Rédempteur, vous êtes obligés de vous tourner du même coup vers les pécheurs. Et, dans ce dernier cas, ce n’est pas seulement aux belles statues qu’on doit s’intéresser, c’est aussi et surtout aux blocs mal dégrossis, aux tas de cailloux, aux sables mouvants… (p. 18)

 

« Signes des temps : pour  un apostolat de l’apocalypse »…. En « ces temps qui sont les derniers » ? J’aime assez croire qu’il s’agit de notre possible apostolat en temps non de fin mais bien de dévoilement, ancré dans la Parole de Dieu et dans la chair.

 

L’espérance du face-à-face avec Dieu ne se transmet vraiment qu’à travers le face-à-face avec l’autre. La foi en l’Incarnation ne s’accomplit que dans une incarnation. Enfin, la grâce ne se manifeste que dans une présence gratuite, et même inutile, qui ne vous livre aucune information : dans le côte-à-côte, on ne voit même pas son ami ; on est là, comme ça, avec lui, ce qui atteste la joie d’être là, comme ça, avec l’autre (p. 42)

 

62 pages à lire pour le plaisir de l’esprit tant elles sont bien écrites mais surtout pour laisser grandir la joie de l’Esprit à l’œuvre en ce monde et en nous,

Afin d'être d'être vivifiés en notre être de disciples-missionnaires par des pistes fécondantes qui font mouche :
N'hésitez pas ! :-) 

 

P.S. : Et puis accessoirement, je trouve le titre avec son sous-titre super ! ... ... ... ... Ne vous moquez pas : je ne compte pas le nombre de fois où j’ai acheté un livre à cause de son seul titre… ! 

dimanche, mai 29 2016

Fête du Saint Sacrement

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Comme des ellipses de sens,
Où la raison se tait,
Où l’Esprit souffle en épiclèse,
Où deux mains se lèvent :
Silence.
Ce pain élevé,
Mes genoux posés,
Mes yeux irrémédiablement attirés.

 

Comme du temps perdu,
Comme du temps passé,
Où l’Esprit souffle la prière au cœur,
Où Tu es là, devant moi, exposé :
Silence.
Ton Don tout entier,
En Ton Saint-Sacrement exposé,
Et mon corps prosterné.

 

Comme des mains tendues et en même temps réservées,
Comme ma crasse indignité,
Où l’Esprit souffle en communion.
Chant et silence.
Ton Corps élevé,
Devant mes yeux souvent embués,
Et répondre, malgré tout, « amen » en vérité.

 

Consécration,

Adoration,

Communion :

Valse spirituelle de Ta vie offerte, donnée,
Valse de silence en trois temps, que nous contemplons.
D’un « Je t’aime » infini qui donne l’unique juste note,
Aux « je T’aime » balbutiants, hésitants, de nos vies qui cherchent l’unisson ;
Nourriture de la route,
Nourriture qui scande le rythme de notre vie,
Pour imiter la perfection gracieuse de Ton mouvement qui a nom charité.

 

jeudi, mai 26 2016

Pouce ?

 

Stop ! Pause ! Pouce !

Petit geste accompagnant la parole que je ne peux faire ces temps-ci. Rien de grave, mais un peu d’immobilisation forcée d’un doigt… bien utile.

 

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Le rapport avec la choucroute avec Dieu et ce blogue ?

Que je suis lente à tout faire et ai donc encore moins le temps d’écrire ? Certes.

Que cela me permet évidemment de goûter la charité des frères par leur sollicitude attentionnée dans les petits gestes du quotidien ? Oui ! Et mille fois oui !

 

Mais en réalité, ce petit incident au pouce est aussi joliment métaphorique.

 

Le pouce, ce doigt auquel on ne pense jamais et, quand il est bloqué par une attelle, on se trouve bien embêté pour faire les petits gestes du quotidien. C'est comme une invitation à faire attention au petit, à celui auquel on ne pense pas, à celui qu’on ne voit pas ou plus tant on y est habitué et qui pourtant fait tellement ! Il ne faudrait pas qu’il ne soit plus là pour qu’on se rende compte combien il est important. Cela vaut pour les personnes, cela vaut pour la prière.

 

Mais chez nous, humains, ce pouce possède la particularité non négligeable d’être opposable. Il faut ainsi l’opposition puisqu’on l’on puisse saisir adroitement (actuellement, je n’y arrive plus !) : n’est-ce pas un encouragement à la discussion, au débat fraternel dans le rapport même Corps / même main ? Invitation à l’unité dans la pluralité, invitation à une communion vraie même dans les oppositions apparentes, pour chercher à saisir, mieux, le mystère du Christ ?

 

Et si, aussi, il y avait une forme de « pouce » au rythme effréné de la fin d’année déjà en train de se cadencer, ou en tout cas le « pouce » vital de la pause prière à prendre, à garder, de l’attention à Dieu pour rester attentif à l’autre, même dans la tension ? 

 

Bref, depuis une semaine, la prière a muté des mains plus ou moins jointes aux pouces (mi)-en l’air en guise d'aide-mémoire... et c’est pas mal non plus ;-)  

 

lundi, mai 16 2016

Lundi de Pentecôte ou le pincement de poursuite

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Le lundi de Pentecôte, avoir un petit pincement au coeur de ranger le volume 2 de la liturgie des heures pour prendre le volume 3 ; 

Comprendre : avoir un petit pincement au coeur de passer du Temps pascal au Temps ordinaire.

C'est bête, hein ? D'autant plus qu'il y a toujours de nombreuses solennités qui émaillent ce retour au temps ordinaire jusqu'aux grandes vacances, il y aurait suffisamment de quoi se réjouir. Il n'empêche : cela reste le temps ordinaire. 

On aimerait que l'ivresse du temps pascal demeure, assez bêtement, ou plutôt assez humainement... et pourtant, il ne tient qu'à nous qu'elle demeure intacte : ou tout au moins, il ne tient qu'à nous à travers Celui qui nous a été donné, dont nous rappelons la venue à chaque Pentecôte. 

" Il a envoyé d'auprès de Toi, comme premier don fait aux croyants, l'Esprit qui poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification" affirme ainsi la si belle prière eucharistique IV qui me semble si en résonnance avec le lundi de Pentecôte. 

Le temps ordinaire prend alors sa vraie dimension : aujourd'hui, ce n'est pas le retour à l'ordinaire, c'est le temps de la poursuite en nous, par nous et pour nous tous de l'oeuvre de l'Esprit. Rien de plan-plan, rien de si ordinaire ! 

Cela ne tient qu'à nous de L'accueillir, de Lui prêter attention, de L'écouter, de Le laisser nous envoyer. 

Il faudrait donc que le petit pincement soit un pincement de ceux qui donnent envie d'aller plus loin :

Pour que l'Esprit Saint, le don de Dieu, heureusement reçu, soit accueilli en Son dynamisme, 

Pour que le volume 3 de la liturgie des heures soit autant attention à la 3ème personne de la Trinité qu'au Père et au Fils, 

Et pour que le temps ordinaire devienne pleinement le temps irrigué par l'Esprit. 

 

Illustration : Marc Chagall, illustration pour le Cantique des Cantiques

samedi, mai 14 2016

Au coeur du monde pour une énergie nouvelle

Derniers jours du Temps Pascal...

Je me demandais hier soir en publiant l'extrait de Sagesse d'un pauvre quelle était celle de mes lectures qui m'avait le plus marquée durant ce Temps. 

Or, si je devais en choisir une, ce serait certainement Le Coeur du Monde d'Hans-Urs von Balthasar, lu grâce à mon tuteur d'études en théologie. Puisque j'ai réalisé une fiche de lecture sur ce livre, je me suis dit que j'allais vous en partager une version légèrement raccourcie : puisse-t-elle vous donner envie de découvrir ce très bel écrit ! 

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Quand on a déjà lu un autre ouvrage de Balthasar, Le Cœur du monde déroute car, alors qu’on s’attend à un ouvrage théologique érudit sur la spiritualité du Cœur de Jésus, seul vrai cœur faisant battre le monde, il s’agit essentiellement d’un immense poème méditatif aux consonances lyriques. 

 

Treize chapitres scandent cette longue méditation, organisée en trois parties : le Royaume – la Passion – la Victoire. Tantôt faisant parler Dieu, tantôt faisant parler le Christ, tantôt partageant l’expérience de l’homme croyant, Balthasar nous offre un véritable chemin pascal, commençant par le constat de notre misère humaine au sein de laquelle s’ouvre l’espérance à travers le soupirail de la prison ténébreuse où nous gisons : « Et dans tout cela une promesse : d’amour, de joie, une échappée sur des lointains indéfinis, éveillant un vertige. La délivrance du cachot insupportable de mon moi. L’aventure à laquelle j’ai toujours aspiré. Le risque total dans lequel je serai sûr de tout perdre et de tout gagner ». C’est le début d’une aventure dans laquelle Balthasar constate et rappelle, jouant de nombreuses fois sur l’ironie, combien Dieu est dangereux puisqu’Il nous laisse profondément libre, « incognito, au milieu de tout le tumulte de la foire terrestre. Il recherche la confiance, la confidence, il mendie votre amour ». C’est cette raison même qui fait que nous L’écartons alors même qu’il voudrait « transformer [s]on cœur sublime en bassin de décantation du monde ». Pourtant, tout prend sens dans le mystère de l’Incarnation : Dieu ne saurait se rendre impur en nous côtoyant, il prend tout de notre humanité pour en enlever le péché. Acte de folie divine ? Peut-être mais Balthasar poursuit : « juste à temps, je me souvins de ton cœur, Seigneur, et je me rappelai que tu as aimé les limites de tes créatures », louant, exaltant cet amour qui s’épanche infiniment. Si certaines paroles sur l’Église peuvent sembler cinglantes, il s’en dégage en réalité un grand amour, un désir de la voir pleinement vivre au rythme du cœur de Dieu, quoique constituée de pécheurs.  

 

En lisant, j’ai souvent senti des échos de saint Jean de la Croix et je me suis souvent prise à prier : « combien je te remercie, Seigneur, de pouvoir couler sans être obligé de saisir, de pouvoir m’épanouir dans ton bienheureux et insondable mystère sans être obligé de me creuser l’esprit sur des signes et des écrits. Car tout est murmure, mais c’est ton nom que les choses murmurent ». Un livre qui ordonne foi, dogme et Église au seul amour, qui a vaincu le monde.

 

-->  Hans-Urs von Balthasar, Le Cœur du monde [1956], éd. Saint-Paul, réédition 1997, 238 p. 

 

vendredi, mai 13 2016

RIP Eloi Leclerc

F. Eloi Leclerc, l'auteur notamment de Sagesse d'un pauvre, est décédé ce jour. En guise d'hommage, je transcris ce petit texte qui en est issu... Un petit extrait que m'avait transmis il y a presque 10 ans feu mon père spirituel à une question connexe que je lui posais et que je garde encore tel un trésor. 

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- Sais-tu, frère, ce qu'est la pureté du coeur ? 

- C'est ne pas avoir de faute à se reprocher répondit Léon sans hésiter. 

- Alors, je comprends ta tristesse, dit François. Car on a toujours quelque chose à se reprocher. 

- Oui, dit Léon, et cela précisément me fait désespérer d'arriver un jour à la pureté du coeur. 

- Ah ! Frère Léon, crois-moi, repartit François, ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu'il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâces à cause de lui-même. C'est cela même, petit frère, avoir le coeur pur. 

Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur, est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l'immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le coeur pur est celui qui ne cesse d'adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l'éternelle innocence et à L'éternelle joie de Dieu. 

Un tel coeur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve toute sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté. 

- Dieu, cependant, réclame notre effort et notre fidélité, fit observer Léon. 

- Oui sans doute, répondit François. Mais la sainteté n'est pas un accomplissement de soi ni une plénitude que l'on se donne. Elle est d'abord un vide que l'on se découvre et que l'on accepte, et que Dieu vient remplir dans la mesure où l'on s'ouvre à sa plénitude. 

Notre néant, vois-tu, s'il est accepté, devient l'espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne. Il est le Seigneur, l'Unique, le Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu'il voie sa gloire. Dieu devient alors l'azur de son âme. 

Contempler la gloire de Dieu, frère Léon, découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu'il est, s'extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâces à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l'exigence la plus profonde de cet amour que l'esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos coeurs. C'est cela avoir le coeur pur. Mais cette pureté ne s'obtient pas à la force des poignets et en se tendant. 

- Comment faire ? demanda Léon. 

- Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même ce sentiment aigu de notre détresse. Faire place nette. Accepter d'être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s'en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le coeur devient alors léger. Il ne se sent plus lui-même, comme l'alouette enivrée d'espace et d'azur. Il a abandonné tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s'est changé en un simple et pur vouloir de Dieu." 

Léon écoutait gravement, tout en marchant devant son père. Mais, à mesure qu'il avançait, il sentait son coeur devenir léger, et une grande paix l'envahir. 

Eloi Leclerc, Sagesse d'un pauvre

 

samedi, mai 7 2016

Un chemin d'Assise (qui se fait debout)

Si je parle plus souvent ici de la via Francigena (d'ailleurs, il faudrait que je mette à jour la page ad hoc), je me suis aussi lancée l'année dernière avec des jeunes adultes du diocèse sur le chemin d'Assise dans un projet co-organisé avec un commentateur régulier de ce blogue (l'auteur des DiMails pour ne pas le nommer qui en a déjà parlé dans un récent commentaire). Les inscriptions 2016 sont lancées ici : jeunes cathos 92

Mais qu'est-ce que le Chemin d'Assise allez-vous me dire ? 

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Ce livre donne quelques précisions : non pas tant sur les étapes qu'on trouve par ailleurs sur le site dédié, à propos de ce chemin de randonnée au tracé récent, qui relie la première communauté franciscaine en France - Vézelay - à la patrie du poverello - Assise, mais sur ce qui s'y vit. 

Bien évidemment, comme tout chemin de pèlerinage, qu'il s'agisse du Camino ou d'un autre, les effets personnels sont différents puisque les motivations le sont également. 

Pourtant, il est des données communes, même quand c'est la surprise qui préside au départ comme ici : "Tu ne veux pas marcher vers Assise ?" de quelqu'un qui ne s'affirme pas si catholique que cela ! Le dépouillement, le départ, les questions profondes qui remontent... Et puis la marche dans la nature, cette mouvance indescriptiblement contemplative qui étreint le coeur du pèlerin et qui, en le plongeant dans la Création, le fait plonger toujours plus profondément en lui-même - d'aucuns diraient "en Dieu" et ce ne serait pas faux. N'y a-t-il pas d'ailleurs en cela quelque chose d'un esprit profondément franciscain, de cet émerveillement qui faisait s'exclamer au pauvre d'Assise son fameux cantique des créatures : "Loué sois-Tu mon Seigneur pour toutes les créatures" ! 

Ici s'écrivent et se disent aussi les rencontres, ces rencontres de pèlerinage, si précieuses, si anodines en apparence et pourtant tellement profondes, ces rencontres d'homme à homme, simples et vraies, sans fioritures ni jeux, d'où surgissent ces étincelles de vie et de joie où l'on distingue souvent la présence de Celui qui est le Chemin. 

Pour en lire plus, c'est Chemin d'Assise - l'aventure intérieure d'Olivier Lemire, en co-édition Bayard et éditions franciscaines. (>>)

 

En bonus pour ceux du diocèse... vous venez marcher avec nous ? 

vendredi, mai 6 2016

Le trouble de la vie

 

http://eduscol.education.fr/localisation/pedago/argos1/images/thermiq.jpg

 

C’était avant les vacances, juste avant les vacances. En méchante prof, j’avais mis une grosse évaluation cette heure-là… avant les vacances : horreur !  

 

Comme toujours, je prends le temps de l’accueil à l’entrée en classe : des « bonjour », des sourires, le temps pour l’un ou l’autre de me glisser discrètement un mot, l’occasion pour moi de repérer ceux qui semblent n’avoir guère le cœur à sourire… Un moment bref mais essentiel avant le cours pour prendre la température de la classe.

 

Et puis là, ce petit bonhomme là, plutôt grande gueule mais sympathique qui geint et me dit : « madame, ça va pas ! ».  J’attends que le reste de la classe soit rentré et je lui demande ce qui ne va pas : « oh, je ne me sens pas bien, c’est à cause de ce midi ! »

- Que s’est-il passé ?

- Eh bien, ma maman <imaginez le tout entrecoupé de gros sanglots>, eh bien, elle a perdu plein d’eau, du sang aussi…

- Ta maman attend un bébé ?

- Oui, on attend un bébé, elle va accoucher là, elle est partie vite avec mon père là et tout et tout !

- Bon, alors, courage, ça va aller ! Ne t’inquiète pas ! ». 

Et il repartit avec le sourire, prêt à affronter son évaluation. 

 

Et pendant le contrôle, aller le voir et lui demander à voix basse : « Et tu sais déjà si c’est un petit frère ou une petite sœur ? ».

Voir ses yeux s’illuminer pour me répondre : « une petite sœur, m’dame ! »

 

Cela semblera anodin mais, alors que j’ai si souvent des élèves troublés par le poids et les difficultés de la vie, c’était la première fois que j’en voyais un troublé par la vie elle-même, la vie naissante, la vie jaillissante… Et c’était très beau, vraiment. Savons-nous encore, nous aussi, être émus, simplement touchés et émerveillés par la vie ? 

 

dimanche, avril 24 2016

Le syndicat de la contemplation ou la marche comme une manière d'habiter le temps autrement

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Cette première semaine de vacances, je suis partie poursuivre la via Francigena durant trois jours. Voici un écrit "à chaud" lors de mon retour dans le métro :  

 

Dans le métro, être saisie face au spectacle des gens, tristes pour la plupart, qui courent au rythme effréné du « métro-boulot-dodo »… Dieu est là aussi, j'en suis sûre et certaine. Dieu est là avec chacun d'entre eux. 

Mais qu’il est bon aussi d’apprendre à faire un détour pour regarder une fleur qui naît et grandit en ce beau printemps !

La marche, c’est le contretemps de la cadence infernale, c’est se donner du temps, c’est s’offrir du temps pour être mieux présente. C’est prendre le temps de se sentir pleinement humaine : petite et grande dans la Création, pas un simple rouage d’une entreprise mais bien enfant bien-aimée du père, Le louant dans la splendeur de Son œuvre qui est donnée.

Marcher, c’est se rappeler plus intensément que tout est grâce. Marcher, c’est un temps de gratuité… j’aimerais que chacun puisse avoir la joie de bénéficier de moments comme ceux-là pour être plus humains dans une société qui a tendance à broyer les êtres dans un utilitarisme forcené. C’est peut-être mon seul côté « syndicaliste » de prof : je suis foncièrement une syndicaliste de la contemplation… Réapprendre le cadeau de la gratuité de la vie, et respirer, et souffler, et vivre à pleins poumons. Et rendre grâce. 

mercredi, avril 13 2016

Poser un acte de foi devant un regard

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C'était la semaine dernière,
Un événement somme toute anodin en apparence...
Cet élève, cet élève-là, Ce petit gnome de 6ème comme j'aime les appeler intérieurement avec affection tant ils ont encore à grandir, à découvrir, à vivre.

Un cours comme les autres,
Des bêtises de sa part comme trop souvent,
Trop nombreuses pour pouvoir le garder jusqu'au bout :
Exclusion.

Et là, de manière inattendue, des paroles de menaces de la part de ce petit être,
Des menaces pour le futur me concernant,
De la violence qui ne se contrôlait plus,
Qui ne se calmait plus...
D'un être pourtant encore si petit :
Comme s'il pouvait vraiment faire peur !
Ce qui me fit le plus mal en réalité, ce furent ses yeux.
Les yeux, le regard, c'est toujours un endroit particulier où il me semble qu'on peut parler autrement :
On se révèle dans un regard, parfois beaucoup plus que ce que l'on peut dire.
Accrocher le regard d'un élève pour lui parler, c'est toujours un moment important tant, souvent, on est face à des yeux fuyants ou honteux :
Pourtant, pour se faire entendre, pour se comprendre, c'est essentiel.

Là, j'avais un regard en face de moi, oui, mais sur lequel je n'avais aucune prise :
Je ne lisais plus qu'une violence déchaînée, des yeux qui me fixaient comme sans me voir.
Et pourtant, je voulais voir ce coeur meilleur dont je suis persuadée que cet enfant était porteur comme tous les autres :
Je n'y arrivais pas.

Alors, j'ai dû poser un drôle d'acte de foi, cette fois non devant directement devant le Seigneur, mais devant ces yeux emplis de haine... au fond duquel Il résidait, c'était là toute la teneur de mon acte de foi :
Seigneur, donne-moi de croire en lui plus que lui-même, plus que moi-même. 

Et punir, mais en espérant ;
Et laisser cette histoire avoir les suites qu'elle doit avoir mais continuer à croire en ce garçon un peu perdu, en son bon fond auquel il semble si difficilement avoir accès, malgré tout et malgré lui.
Seigneur, viens en aide à notre peu de foi ! 

mardi, avril 5 2016

Un bon sermon vous avez dit ? #cathotip

Prier les vêpres avec un ami prêtre. Et puis... 

– Tiens, et vous avez prêché sur quoi ce matin ? 

– Pour la saint Vincent Ferrier, j'ai prêché sur le sermon... Ce qui fait qu'un sermon est bon ou mauvais, ce qui fait qu'on ne s'y ennuie pas. 

– Eh bien... Vous savez, là dessus, moi j'ai bien une technique imparable mais je suis sûre qu'elle ne vous plaira pas. 

– Dis toujours... 

– Eh bien, il suffit de faire autre chose pendant celui-ci !" 

Et m'enfuir bien vite ! ;-) 

En n'oubliant tout de même pas, plus sérieusement, de prier l'Esprit Saint, pour qu'Il inspire le prédicateur et dispose l'assemblée à l'écoute. 

lundi, avril 4 2016

Mon cher Jésus, je te demande pardon

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« Seigneur, tu as voulu que ton Verbe prît chair dans le sein de la Vierge Marie » : oraison de la fête de l’Annonciation, fête célébrée en retard… Puisque, en effet, nous aurions dû célébrer cette année ce Verbe qui prend chair en Marie le jour même où le Verbe prit cher en croix pour que cela tombe pile neuf mois avant que le Christ ne prît pleinement chair en notre humanité.

 

Ce décalage de dates fut bien sûr annoncé en chaire mais il n’empêche que, le lendemain où le Christ se fit pleinement pour nous bonne chère – voire la meilleure qui soit – en s’offrant Lui-même en nourriture, ce qui est tout de même payer bien cher son repas quoiqu'après celui-ci, il n’eût pu être considéré comme étant bien en chair – peut-être alors qu’il était bien en chaire vu Ses paroles qui claquaient ? –, il eût pu avoir du sens de relier les deux fêtes. En une Pietà priante ?

 

Dans tous les cas, cette offrande de Lui-même jusqu’à la croix, jusqu’au bout c’est tout de même tout ce qu’il faut pour pouvoir lui dire avec toute notre vie un « cher » Jésus –  c’est un peu d’ailleurs ce que saint Pierre fera dimanche prochain – après que certains eurent, comme saint Thomas dimanche dernier, besoin de le voir en chair et en os. J’en soupçonne quand même certains d’en avoir eu quelque peu la chair de poule de ce « la Paix soit avec vous » soudain !

 

Trêve de plaisanteries, c’est beau et c’est grand :

Un Amour qui ainsi prend chair, qui se fait bonne chère, qui prend cher : le tout pour nous, pour toi, pour moi…  

Un Amour qui prend des risques et qui nous donne ainsi, par le mystère de Son incarnation, de Sa Passion et de Sa résurrection, de faire de notre chair la plus grande de ses chaires.

 

samedi, avril 2 2016

Thomas selon Jean selon Pierre

 

Parce que je me suis prêtée à un petit exercice priant… L’Évangile de demain imaginé d’un autre point de vue !

 

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                 C’était le premier jour de la semaine. J’étais troublé. Il y avait eu la mort de Jésus, cet homme exceptionnel que je suivais et que j’aimais de tout mon cœur, cet homme qui était mon ami, mon frère et mon maître : j’en ai été bouleversé de tristesse. Mais depuis peu, j’étais encore plus troublé car, moi, Pierre, j’étais entré dans le tombeau du Seigneur et je n’avais vu que des bandelettes et des linges… Alors, bien sûr, Jean, lui s’est mis tout de suite à croire parce que c’était écrit quelque part dans la Bible selon lui, et puis Marie de Magdala a dit L’avoir vu mais que croire ? Ce n’est qu’une pauvre femme, en plus complètement amoureuse du Seigneur : elle serait capable d’en avoir des hallucinations liées à sa tristesse ! Je suis troublé… j’aimerais tellement croire qu’il est ressuscité, qu’Il n’est plus mort… Mais enfin, cela ne semble pas très possible. Et puis, les Juifs nous recherchent, nous ses disciples les plus proches. On se réunit entre nous mais nous avons peur d’eux, nous sommes tristes de sa mort. A quoi bon tout cela ? Ne faudrait-il pas mieux nous disperser, reprendre nos métiers et garder de Lui le souvenir d’un homme bon et doux, d’un ami et d’un vrai prophète du Seigneur ? Nous doutions ensemble, nous pleurions ensemble. 

 

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jeudi, mars 31 2016

Du père teubé à la folie d'un Dieu aimant

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Dans le cadre d'un projet transdisciplinaire en 6ème, me voici amenée à lire chaque matin pendant une semaine un ou deux texte(s), mythe(s) ou conte(s) fondateur(s) ou à claire portée philosophique, sur le thème de la fraternité et de l'altérité. 

 

Hier, ce fut, après Caïn et Abel, la parabole du Fils prodigue : "Mais Madame, il est trop teubé le père de faire la fête après tout ce que son fils lui a fait !". 

Ce matin, un conte africain dans lequel plusieurs animaux meurent à la fin pour n'avoir pas aidé un autre ou pour ne pas avoir accompli leur mission, les réactions sont unanimes : "c'est bien fait pour eux !". 

Au moins, c'était franc et clair. 

 

Sourire en mon coeur de chrétienne plongée en plein jubilé de la Miséricorde et m'interroger : 

Et si, vivre le jubilé de la Miséricorde en tout lieu, c'était aussi débuter et instiller, à notre mesure, ce retournement ou tout au moins la possibilité d'un retournement des coeurs ? Ce petit espace, même infinitésimal, où la vengeance s'efface pour ouvrir à un pardon, à une espérance vécue les bras ouverts, à une confiance toujours tendue vers l'autre ? 

 

mercredi, mars 30 2016

Semaine (en demi-)Sainte

 

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Il était entré à Jérusalem : avec Lui, je voulais marcher vers Pâques, en Le suivant dans Sa Passion, en Le suivant dans Sa résurrection.

Parce que, sans tout cela, ma foi est vaine ;

Je dirais même que, sans la résurrection, ma vie elle-même est tout à fait vaine.

 

Et ce fut une semaine imprévue… Du stress d’une inspection à la joie éclatante de ce magnifique moment familial qu’est foncièrement la messe chrismale, de la profondeur d’un office à la fatigue intense de certains moments de cette même semaine.

 

En vérité, Vendredi Saint, à 15h, je n’étais ni en cours, ni au chemin de croix : j’étais au chevet d’un très proche qui venait de subir une opération urgente le matin même.

Il n’avait pas conscience du tempo, moi si, et c’était terriblement troublant…

 

J’ai vécu la Semaine Sainte plus à l’aune de cet événement qu’à celui de la Passion…

Et je crois bien que, cette année, j’ai complètement raté le tempo divin ;

Au passage, je crois que j’ai ‘pécho’ pleinement le tempo des tristesses et des joies bien humain.

 

Au passage, j’ai raté le passage à la joie de la Résurrection, et j’oublie encore parfois (ne vous moquez pas !) que j’ai à nouveau le droit de dire, voire de chanter, « alléluia » ;

Au passage, j’ai proposé et ai porté tout plein d’humanité à transformer devant le Seigneur, notamment dans la nuit du jeudi au vendredi ou plutôt d’humanité à laisser être transfigurée ;

Au passage, mon cœur aux nuages un peu bas en fin de semaine s’est finalement élargi à plus d’intentions et j’ai accepté, ou surtout je me suis laissée être « canal de prières », un peu mastoc, ne comprenant pas grand chose mais avançant en portant du monde, façon âne des Rameaux. On a les exemples que l'on peut ! 

 

Au passage… je crois que l’écho de Pâques a résonné de manière sourde en mon cœur, il est comme un bruit lointain que je n’ai pas perçu encore pleinement.

Mais, je crois qu’à force de (se faire) sonner les cloches, je vais l’entendre : 50 jours de Pâques, cela vient à bout de toute surdité partielle je crois !

 

Bref, a posteriori, on pourrait voir cette semaine comme une semaine en demi-teintes, de là une semaine en demi-Sainte.

Mais, si je n’ai pas encore récupéré le bon rythme, cette semaine, j’en suis sûre, était pleinement Sainte comme le demande son beau nom : parce qu’il y a bien eu des passages à vivre avec le Christ et avec mes frères humains ;

Et parce qu’au terme de celle-ci, Sa lumière vient relever le contraste, le rendre plus lumineux et nous irradier… Et cela est bon.

 

Alors, sans être tout à fait parvenue à être dans un rythme harmonieux - même si tout va bien mieux -, c’est toutefois de toute ma foi et de tout mon cœur que je proclame à chacun :

« Il est ressuscité : belle fête de Pâques à tous ! »

 

dimanche, mars 27 2016

Pâques sans comment

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"Personne n'a vu l'heure de ta victoire. Personne n'est le témoin de la naissance d'un monde. Personne ne sait comment la nuit infernale du samedi s'est transformée en la lumière du matin de Pâques. C'est en dormant que nous avons été transportés sur des ailes par-dessus l'abîme, en dormant que nous avons reçu la grâce de Pâques. Et personne ne sait comment l'événement lui est arrivé. Chacun ignore quelle main a caressé sa joue de telle sorte que soudain le monde blême éclata pour lui en vives couleurs et qu'un sourire involontaire s'épanouit sur son visage à cause du miracle qui s'accomplissait en lui." 

H.-U. von Balthasar, Le Coeur du monde

dimanche, mars 20 2016

A la porte de cette semaine

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C'est l'histoire d'une innocence pourtant condamnée :
"Aucun motif de condamnation"; 
"Lui, Il n'a rien fait" ! 

 

L'entrée dans la Passion,
L'entrée dans l'amour à l'état brut. 

 

Coeur innocent qui se livre,
Coeur de l'homme prompt à acclamer puis à attaquer. 

 

Coeur constant qui se donne en entier, jusqu'au bout,
Coeur de l'homme qui contemple pour apprendre. 

 

Semaine Sainte, Sainte Semaine entre toutes,
Celle qui nous apprend d'un signe la seule direction du Ciel,
Celle qui blesse du Verbe qui se tait, soudain éteint, et ouvre pourtant à l'Espérance, 
Celle qui nous apprend non à broder, mais bien à marcher, au pas de croix, à la mesure vitale de l'amour. 

 

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