Zabou the terrible

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lundi, septembre 18 2017

Keep calm

 

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J’affectionne de porter, durant mes heures extra-scolaires, polos ou sweats cathos aux clins-Dieu bien sentis. Parmi ceux-ci, celui offert quelques jours après ma consécration arborant dans le dos :

Keep Calm

I’m a consecrated woman

A living servant of God.

 

La semaine dernière, une sortie de messe où je portais ce sweat, un monsieur d’un certain âge m’aborde :

- Isabelle, je n’aime pas du tout votre sweat !

- Ah ? », interrogatif, m’attendant à ce qu’il remarque que c’était un peu se la raconter qu’être une « living servant of God »… et je lui aurais donné raison : on Le sert toujours bien mal mais c’est un bel appel à l’être au mieux. Et pas du tout :

- Vous avez peur qu’on vous saute dessus ? C’est un repoussoir à garçons ?

- … … … ! Ah non, pas du tout ! C’est un sweat plutôt amusant je trouve, je ne vois pas en quoi il serait une quelconque barrière pour veiller à ma chasteté !

- Mais arrêtez, keep calm, c’est vraiment un message aux garçons !

- C’est tiré d’une pub anglaise, keep calm and carry on maint fois détournée, tout simplement.

- Moi, j’aime pas.

- Et c’est votre droit ! Mais je vous rassure au moins !”

 

Nous nous sommes quittés en bonne entente, évidemment. Mais, en entendant les lectures d’hier, une semaine plus tard, je me suis dit que Keep Calm, ce n’était pas qu’un détournement de pub, c’était aussi, comme le reste du sweat, bien plus profond :

 

Keep calm quand on t’a offensé et que tu es grave vénère contre ton frère… prie avant tout ;

Keep calm quand tu galères trop à pardonner parce que déjà une fois, c’est difficile, alors 70 fois 7 fois… prie-Le de Te donner la force, prie-Le de pardonner en Toi, pour Toi.

Keep calm parce que de toute façon, toi aussi Tu es un serviteur ayant fait quelques ou beaucoup de dettes côté Amour des autres et sans la patience que Dieu a pour Toi, Tu n’en serais pas là.

Keep calm, en tout, oui… parce qu’Il t’aime, et que cela seul suffit.

 

lundi, septembre 11 2017

Dis-moi ton nom car je le veux savoir

 

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Récemment, un sympathique concours de circonstances m'a fait rencontrer chez des amis quelqu'un qui a eu le même accompagnateur spirituel que moi, décédé aujourd'hui. Evidemment, nous avons échangé de nombreuses anecdotes à propos de cette figure haute en couleurs. Et puis, il y eut celle-ci que j'ai reçue comme un véritable apophtegme en ces temps de rentrée où l'enjeu pour les profs est de retenir sans se tromper une bonne centaine de prénoms. 

 

Un jour, le père cherchait le nom de quelqu'un sans trouver ce qui était rare. Il s'est exclamé : "Je n'arrive pas à m'en souvenir, incroyable ! Bon, c'est simple, je n'ai pas dû assez l'aimer !". 

 

Et bim dans ton petit coeur de prof ! Ou quand un vieux moine fait encore des étincelles outre-tombe dans ta vie... Autre forme de communion des saints ? ;-) 

 

lundi, septembre 4 2017

Aimables !

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Ca y est, aujourd'hui, je les ai revus ou tout au moins croisés tous ces élèves, avec grande joie ! 
Mais il faut bien avouer que le coeur sourit parfois plus à retrouver celui-ci plutôt que celui-là, surtout quand il faut dès à présent commencer à reprendre Untel... 
Et pourtant, qu'ils sont tous aimés semblablement dans le coeur de Dieu, tous préférés chacun dans leur unicité ! 
Alors, prier pour eux en cette rentrée, c'est aussi prier pour rendre mon coeur et mon regard semblables au Tien, c'est prier pour les trouver tous aimables - même celui qui semble avoir oublié la politesse en vacances - c'est vouloir les regarder avec cette certitude qu'en Toi, ils sont tous infiniment aimés, par-delà toutes ces pelures maladroites d'adolescents en croissance, au plus profond de leur être. 

Donne-moi, Seigneur, de tous savoir les voir dans cette amabilité : pour mieux enseigner, pour mieux travailler, pour mieux aider, pour mieux aimer. 

dimanche, septembre 3 2017

Comme une invitation d’invitatoire

 

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Normalement, le premier office de la journée commence par le psaume invitatoire, le ps. 94. Je dis bien « normalement » : dans les faits, c’est quelque chose que j’ai toujours eu du mal à mettre en place.

 

Lors de mon pèlerinage biblique en Terre Sainte, tous les jours s’ouvraient par ce psaume lors de notre prière matinale juste avant le petit-déjeuner. Et pourtant, il ne s’agissait pas d’un office liturgique… alors pourquoi ce psaume repris sempiternellement et sans variation ?

 

J’ai mis quelques matinées à en comprendre la pédagogie. Pour nous qui faisions une session de « Bible sur le Terrain », quoi de plus naturel que de prier notamment avec ces versets : « Aujourd’hui, écouterez-vous sa Parole ? ‘Ne fermez pas votre cœur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi’ ». C’était là l’enjeu de notre pèlerinage.

 

Mais finalement, n’est-ce pas plus largement l’enjeu de notre vie chrétienne, chaque jour, chaque matin : aujourd’hui, écouterons-nous Sa Parole ?

 

Aujourd’hui, écouterons-nous le texte biblique dans la prière mais aussi ce qu’Il nous dit à travers nos frères et à travers les événements ? Aujourd’hui, écouterons-nous à fond, et non en surface, jusqu’à nous laisser changer et convertir ?

 

Alors j’ai découvert combien ils étaient beaux ces mots et combien il était bon de prier ce psaume dès le matin ! L’invitatoire ou une invitation à l’orientation entière de notre journée vers l’écoute profonde, nous ouvrant aussi dès les premiers versets à l’action de grâce qui en résulte.

 

« Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons notre Rocher, notre Salut !

Allons jusqu’à Lui en rendant grâce, par nos hymnes de fête, acclamons-Le ! »

 

mercredi, août 30 2017

Petite prière de rentrée

 

Seigneur, donne-moi la grâce d’un regard neuf.

Ne permets pas que je pose sur ces élèves et sur ces collègues déjà connus un regard qui les enferme dans ce que je sais d’eux :

Donne-moi de savoir les découvrir comme si je les rencontrais pour la première fois,

Fais-moi la grâce d’une oreille écoutante, sachant se laisser surprendre,

Ainsi que le cadeau d’un cœur toujours prompt et prêt à l’émerveillement.

 

Permets, s’Il te plaît que je sache voir dans chaque rencontre, même à travers toutes les difficultés, une icône vivante de Toi,

Et, pour cela, donne-moi cette grâce d’un regard sempiternellement nouveau.

 

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dimanche, août 27 2017

A minima, Tu es le Trésor d'un coeur d'ancienne !

 

            L’ancienne région de Césarée-de-Philippe où Jésus se trouve dans l’épisode évangile de ce dimanche, j’ai eu l’occasion d’y passer récemment avec de belles balades à Dan et, surtout, à Baniyas. C’est magnifique mais ce fut une région marquée par l’idolâtrie. Est-ce un hasard si c’est le lieu que Jésus choisit pour demander « au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » puis le fameux « et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». Les uns et les autres ont des réponses qui divergent… Et ne serait-ce pas encore le cas aujourd’hui ?

 

          Césarée de Philippe, c’est un peu notre monde. Non pas seulement « eux », au loin, mais aussi « nous » avec toutes les idoles que nous nous construisons, toutes ces choses qui nous encombrent et nous détournent de « l’unique nécessaire ». Et les réponses divergent aujourd’hui encore, on pourrait les actualiser, elles seraient probablement un peu moins sympa que dans la Bible : « pour machin, tu n’es qu’une illusion ! », « Pour certains, tu n’es qu’un personnage de l’histoire », « pour d’autres, tu es un bon maître de sagesse ». « Quelques-uns enfin envient ton succès et demandent ta recette pour être un gourou autant suivi ».

 

        Certes, il y a nos croyances qui divergent, nos philosophies et nos histoires personnelles mais il y a aussi, dans nos propres vies de croyants chrétiens appelés à répondre au « pour vous, qui suis-je ? » des obstacles, des « idolâtries » faisant suffisamment écran pour nous empêcher de répondre non pas du bout des lèvres comme une ritournelle apprise mais bien avec tout notre être : « Tu es le Christ ! Le Fils du Dieu vivant ! ». Ou toute autre exclamation prononcée avec amour, avec tout le cœur et tout le corps. J’ai du mal à imaginer Pierre prononçant cette réponse autrement que se levant et s’élançant amoureusement vers Jésus. L’idolâtrie, ce sont tous nos « j’aime » possessifs, mal ajustés au « je T’aime » que nous pouvons dire au Christ.

 

            Ce midi, profitant de quelques derniers jours de vadrouille vacancières, j’ai eu l’occasion d’aller avec un ami récemment ordonné à une messe (très) anticipée du dimanche qu’il célébrait dans un EHPAD. Je suis toujours foncièrement marquée par les messes dans ce genre d’endroits où quelque chose de l’incroyable force de Dieu dans la faiblesse se dit ou, plutôt, se balbutie et s’écrit à travers les rides. J’y vis toujours l’eucharistie très différemment. Là, cela n’a pas raté et j’y ai vu comme un écho de l’Évangile : j’ai contemplé ces anciens après la communion, quelques-uns rudement éprouvés par l’âge. Certains arboraient un beau sourire, d’autres marmonnaient les yeux fermés une prière, celui-là levait les yeux au ciel et puis celle-ci, en fauteuil roulant, bouleversante, avait replié ses bras doucement sur son cœur comme si elle voulait conserver à jamais le trésor qu’elle venait de recevoir.

 

       A les regarder ainsi, j’ai souri, les considérant comme donnant la meilleure réponse qu’on puisse jamais faire à la question du Christ, Bien-Aimé de nos âmes, venu se faire pauvre avec ces plus pauvres afin de leur donner la Vie.

 

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Domaine public, Lien

 

 

 

mercredi, août 23 2017

Mieux qu'une histoire de piécettes

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Aujourd'hui, la liturgie nous proposait l'évangile des ouvriers de la dernière heure (Mt 20, 1-16) comme on aime souvent l'appeler. Moi je l'aime bien cette parabole parce que je suis sûre que j'aurais été un peu du style à murmurer intérieurement alors cela me fait toujours du bien de l'entendre. 

Le pitch ? Des ouvriers viticoles ayant trimé toute la journée se trouvèrent fort dépourvus lorsque le soir fut venu... Euh, enfin presque : ces bosseurs et des ouvriers ayant seulement à peine mouillé le maillot en fin de journée (ils s'y sont mis à 17h uniquement pour une fin de travail à 18h... Tranquilles ! Pires que des profs !) reçoivent à la fin le même salaire, celui qui avait été convenu avec les plus matinaux qui avaient commencé dès l'aube. Cris de ceux-ci de voir les autres recevoir le même salaire ! Injustice ! Mais que font les syndicats de vignerons ? 

Alors on explique souvent que la justice de Dieu n'est pas la nôtre, que Son coeur est plus grand que le nôtre : c'est bien vrai. On en profite aussi pour se rappeler que la jalousie spirituelle, c'est tout de même très malheureux : et si mon frère converti récemment a une vie spirituelle plus dense que la mienne, qui suis-je pour en être aigri ? Et surtout, quel besoin ai-je de comparer ce qui n'est pas comparable ? ... si tant est d'ailleurs qu'on sache vraiment "où" nous en sommes dans notre vie spirituelle. 

Mais si ce denier que chacun reçoit en fin de journée, c'était surtout l'Amour du Bon Dieu ? Le Christ utilise cette parabole pour parler du Royaume des Cieux dont le maître mot est l'amour. Alors, que Dieu pourrait-il donner d'autre - et d'ailleurs, que Dieu peut-il faire d'autre que de donner ? - qu'un Amour plein, entier et vraiment indivisible ? 

Un 1/2 amour, un amour sous conditions, un amour qui dose et hiérarchise est-il amour ? 

Aux croyants de toujours comme aux imprévus de Dieu arrivés à la dernière minute, Dieu se propose de donner le même salaire : Son Amour. Parce qu'il ne peut pas donner plus, tout comme Il ne peut donner moins. Alors, Il traite chacun en égal non pas spécialement parce qu'Il est juste dans Son apparente injustice mais surtout parce qu'Il nous veut non seulement ouvriers à Sa vigne mais surtout commensaux à la table de Sa vie. 

 

mardi, août 22 2017

Vacances, alliance, chance !

Chers amis lecteurs,

 

Comme vous vous en doutez à ne pas avoir lu de messages ici même depuis fin juillet, Zabou se trouvait en vacances en des lieux à la connexion incertaine. Mais ce ne furent pas des vacances « ordinaires » dans un coin simplement un peu perdu : je rentre en effet d’un peu plus de 15 jours en Terre Sainte, d’une session de « Bible sur le terrain » ! (Le titre de cette « retraite biblique itinérante » dit assez ce que nous y faisons).

 

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lundi, juillet 31 2017

Parce que Son pardon transforme tout

... mieux qu'un phenix ! :-) 

« Le cautère de feu matériel, là où on le pose, fait toujours une plaie, et il a cette propriété que s’il s’imprime sur une plaie qui n’était pas causée par le feu, il la rend une plaie de feu. Il en est de même de ce cautère d’amour <de l’Esprit en nous>. Si l’âme qu’il touche porte d’autres plaies, des plaies de misères et de péchés, ou bien si elle est saine, il lui laisse des plaies d’amour, et les plaies qui venaient d’une autre cause deviennent des plaies d’amour ».

 

in Vive Flamme, st Jean de la Croix

 

N.B. : Le cautère est un instrument médical destiné à brûler un tissu.

 

samedi, juillet 29 2017

A Son soleil

 

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Temps estival : autre rythme, autre temps.

Ce qui rythme habituellement nos heures quotidiennes s’envole en rires et simples bons moments partagés : tout semble se faire plus doux, plus léger.

Et pourtant, qu’advient-il de Dieu ? Relégué avec les (pré)occupations habituelles ? Prié avec rapidité façon vite fait mal fait alors même qu’Il pourrait tout irriguer ?

 

Que la légèreté estivale ne devienne jamais simple vernis, simple manière de vivre à la surface de nous-même,

Que la légèreté n’exclut jamais la profondeur de la rencontre personnelle avec le Seigneur,

Que la prière continue de rythmer nos heures, d’être source jaillissante dans nos joies et nos rencontres.

 

Seigneur, donne-moi, en vacances, d’avoir l’esprit de prière jamais en vacances,

Donne-moi Ton Esprit venant « au secours de notre faiblesse car nous ne savons pas prier comme il faut ».

Seigneur, donne-moi d’avancer toujours plus dans cette intimité avec Toi pour, aux jours les plus ensoleillés comme aux plus pluvieux des vacances, rayonner d’une manière constante de Toi.

 

jeudi, juillet 27 2017

Lectures estivales 2017 #1 – Andalousie et Jésus

 

Comme la plupart des étés, je vous présenterai quelques-unes de mes lectures estivales ici, en guise de partage.

 

1/ I. Falcones, Les Révoltés de Cordoue, éd. Pocket, 2012, 1088 p.

 

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L’histoire romancée de l’après Al Andalus : des Maures musulmans, des Espagnols catholiques, ce qu’il faut de méconnaissance et d’intolérance, vous secouez et cela fait malheureusement approximativement ce qui s’est historiquement passé. Un joli roman, offert par ma collègue d’espagnol (salut et merci à toi si tu me lis !) en guise d’écho à notre EPI (= travail interdisciplinaire) réalisé avec nos élèves de 4èmes sur « Peut-on dire l’amour à Al Andalus ? ». (Si vous vous posez la question, venez suivre notre EPI ! ;-)).

 

Entre ce travail, un voyage éblouissant en Andalousie il y a deux ans et mon quotidien se passant entre catholicisme et islam, vous comprendrez que ce roman n’a pu que me plaire. Certes, ce n’est pas de la haute littérature (et je pense que la traduction n’aide pas) mais on suit avec un intérêt toujours soutenu, malgré la longueur de l’histoire, les aventures d’Hernando, le personnage principal, secoué entre deux peuples et deux religions. Seul petit bémol : les tentatives théologiques du personnage principal pour réconcilier les deux religions me semblent bien trop pseudo-théologiques et caricaturales… mais n’en demandons pas trop à un roman ! En revanche, pour le reste, c’est un très chouette roman historique, faisant du bien dans un monde où les murs semblent avoir la préférence sur les ponts.

 

2/ Robin, Les Larmes d’Esther, éd. Bayard, coll. BD Kids, 2016, 205 p.

 

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J’avais apprécié son Poverello, si incarné, montrant réellement un homo viator tant dans le personnage de François d’Assise que dans celui de l’acteur ; j’ai savouré encore différemment les Larmes d’Esther. Il est vrai qu’un catholique n’apprendra rien en lisant cette BD aux traits qui se sont considérablement adoucis : ici, il est question de rencontres et de Rencontre. De cette Rencontre bouleversante avec le Seigneur. Les larmes d’Esther ne sont pas celles de la tristesse, elles sont celles d’une vie changée, bouleversée, qui apprend à lire sa vie puis celle des autres sous le regard de la tendresse de Dieu. Et c’est très beau.

 

A voir les personnages courir ainsi à la suite du Christ jusqu’à Jérusalem, je me suis demandée si moi aussi, j’étais capable d’un tel désir de me faire guérir, appeler, choyer, par Lui. Si, moi aussi, un jour bouleversée, je devenais capable de continuer pour toujours son œuvre aux services des plus petits… Bref, une BD qui narre une histoire d’amour dans laquelle plusieurs autres s’inscrivent.

 

 

samedi, juillet 22 2017

La Madeleine de Jésus

 

22 juillet, sainte Marie-Madeleine, l’apôtre des apôtres…

Pour eux, ce n’était pas gagné côté recrutement incohérent, pour elle non plus.

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Et pourtant, elle nous montre que la sainteté n’est jamais cause perdue ;

Elle nous montre que la sainteté, cette vocation à laquelle nous sommes tous appelés, est à la mesure de notre amour :

D’un amour qui a toujours à se laisser purifier par nos rencontres avec le Christ,

D’un amour qui aime éperdument, à corps perdu ;

D’un amour qui se laisse connaître et reconnaître ;

Pour connaître et faire connaître à son tour ; 

Pour proclamer, partout, à chacun de nos frères, le Christ ressuscité.

 

lundi, juillet 10 2017

Pour être de vrais membres vivants de Son corps

Je suis tombée sur cette prière lors d'une récente journée de "désert" en abbaye. Elle a été composée par Saint Thomas More entre sa condamnation à mort le 1er juillet et son exécution le 6 juillet 1535. Elle m'a semblé simple mais puissante et surtout emplie de cette confiance en Dieu si louée dimanche dernier dans l'Evangile. 

"Dieu tout puissant,
écarte de moi toute préoccupation de vanité,
tout désir d'être loué,
tout sentiment d'envie, de gourmandise,
de paresse et de luxure,
tout mouvement de colère,
tout sentiment de vengeance,
tout penchant à souhaiter du mal à autrui ou à m'en réjouir,
tout plaisir à provoquer la colère,
tout satisfaction que je pourrais éprouver à admonester qui que ce soit dans son affliction et son malheur.

Rends-moi, Seigneur bon, 
humble et effacé, calme et paisible,
charitable et bienveillant, tendre et compatissant.

Qu'il y ait dans toutes mes actions, dans toutes mes paroles et dans toutes mes pensées, un goût de ton Esprit saint et béni. 

Accorde-moi, Seigneur bon, une foi pleine, 
une ferme espérance et une charité fervente ; un amour pour toi, Seigneur bon,
qui dépasse incomparablement mon amour pour moi-même ;
aide-moi à n'aimer rien contre ton gré,
mais toutes choses en fonction de toi...

Chasse de moi, Seigneur bon, 
cette tiédeur que j'éprouve dans la méditation,
et mon manque de goût à te prier.

Accorde-moi d'être rempli de chaleur, joyeux et vibrant, lorsque je pense à Toi. 

Fais-moi la grâce de désirer tes sacrements avec ardeur, et de prendre joie à ta présence dans le Saint Sacrement de l'autel. 

Seigneur bon, fais de nous tous, chaque jour, des membres vivants de ton Corps mystique, ton Eglise." 

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mardi, juillet 4 2017

De l'art de jardiner ensemble plutôt que de cultiver seul son jardin

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Yeux pétillants et complices vendredi dans les ultimes minutes de la dernière épreuve du brevet : Quelques avions en papier en formation, d’autres qui se relisaient avec ardeur et enfin les autres qui regardaient passer les minutes jusqu’à l’heure où, enfin, ils seraient libérés.

 

Sourires mutuels avec beaucoup…. Il faut dire que c’est la première génération de collégiens que j’accompagne d’un bout à l’autre : nous sommes arrivés ensemble dans ce collège, eux en 6ème, moi pour mon année de « néo-tit’ », c’est-à-dire l’année après le stage, parachutée là je ne sais exactement comment.

 

Dans cette salle que je surveille, certains élèves eus en 6èmes, ou à d’autres niveaux, parfois plusieurs années de suite (3 ans sur 4 pour l’un d’entre eux !), ou pour des occasions ponctuelles : rares étaient ceux avec lesquels je n’ai pas eu l’occasion de partager ne serait-ce que quelques heures en 4 ans. On se connaît bien.

 

Et elle, cette bonne élève, qui me dit en me rendant sa copie : « Ah madame, on finit le collège aujourd’hui, là… Et c’était vous notre prof de français en 6ème, et puis notre prof principale en 5ème… ça fait bizarre de vous quitter, là, tout le collège ». Elle mettait des mots sur ce qui m’habitait : c’était bizarre leurs dernières heures au collège ; c’était beau de les voir passer leur brevet.

 

Pour moi, une légère émotion avec une joie teintée d’une certaine fierté : mes petits piou-piou tout perdus – comme leur prof qui arrivait ! – d’il y a 4 ans en arrivant au collège – qui avaient néanmoins pris très/trop rapidement leurs marques – allaient quitter le nid et devenir de (presque) grands lycéens. Oh pas tous avec des ailes fourbies, certes, souvent difficilement, souvent avec beaucoup d’hésitation encore, mais tout de même un chemin fut parcouru, pour et avec chacun et cela me faisait quelque chose. Des liens entre nous se sont créés en quatre ans, presque malgré nous. Et certains de ces anciens 6èmes de me rappeler quelques anecdotes sapides de leurs premiers mois au collège, et d'en sourire ensemble de concert.

 

On entend parfois une méfiance excessive vis-à-vis de l’attachement, dans les milieux catholiques comme professoraux alors que créer des liens humains est aussi tout ce qu’il y a de plus humain. Je me méfie d’un enseignement ou d’une foi sans incarnation qui ne prendrait jamais le risque de la relation.

 

Il me semble que ce n’est pas l’attachement qui est néfaste mais la possession : vouloir enfermer l’autre, en l’occurrence le garder collégien alors qu’il n’a plus désormais besoin que d'un peu d’aide pour s’envoler vers d’autres horizons où il sera confié à d’autres. Enfermer ces élèves dans leurs comportements passés, aussi, et ne plus espérer en eux, et ne plus rêver pour eux. 

 

Le professorat, c’est un lieu tout spécifique où apprendre à vivre la chasteté : on sème, on soigne, on cultive et, puis, la pousse ayant gagné un peu de vivacité, qu’elle soit de piètre ou de fière allure, on laisse vivre sans savoir comment elle fleurira, ni sous quelle forme, simples instruments par ce que l’on tente d’apporter de pédagogie, de connaissances et d’enthousiasme.

 

Quatre ans où nous avons appris à jardiner ensemble, côté prof et côté élèves… Bonne route, chers petits ! 

Et, même si vous ne croyez pas en Celui qui est ma vie et que je ne vous ai jamais parlé de Lui, que le Seigneur vous bénisse et vous garde sur les chemins que vous emprunterez ! 

jeudi, juin 29 2017

Pierre et Paul colonnes pas si colossales

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Saint Pierre était en train de pêcher quand Jésus est venu le rejoindre ;

Saint Paul était en train de persécuter - de pécher si ce n’était qu’une histoire d’accent - quand Jésus est venu le rejoindre...

 

Seigneur, Tu es venu les rejoindre et les appeler dans leurs occupations ordinaires, comme Tu le fais pour chacun de nous :

Est-ce que, moi, je sais toujours T’y reconnaître, même quand il n’y a pas la clarté lumineuse d’évidence d’un chemin de Damas ?

Est-ce que, moi, je suis toujours prête à commencer et à recommencer un chemin de conversion pour Te suivre mieux, dans Tes appels au milieu de mes occupations ordinaires ?

 

J’aime bien l’idée aussi que Tu as fait d’eux deux les « colonnes de l’Église » alors que ce n’était pas franchement gagné vu leur pedigree…

Et Tu sais, c’est bon de se dire qu’avec des colonnes sur lesquelles nous n’aurions pas parié tu as fait tenir debout l’Église : miracle d’architecture jamais dépassé et de loin insurpassable, je crois !

C’est rassurant puisque l’Église, c’est nous aujourd’hui aussi, ce n’est pas juste un « ils » lointain et désincarné.

L’Église, c’est nous et, malgré nos côtés « pierres pas super polies ni ajustées », Tu nous fais quand même confiance pour édifier les uns avec les autres des cathédrales humaines vers, par et pour Toi : communauté de croyants en construction permanente.

 

mardi, juin 27 2017

Raid ? Ready !

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Il y a quelques jours était organisée dans mon collège la journée annuelle de "raid" pour nos 5èmes. Non, il ne s'agissait ni d'une opération de police, ni d'un produit contre les insectes mais bien d'une journée organisée par nos collègues d'EPS dans un beau cadre de verdure où les élèves, répartis en équipes avec un professeur dans chaque, se confrontent lors de diverses épreuves sportives. 

Et alors ? Au-delà d'être une bonne journée pleine de rigolades et de sueur  - y compris du côté des professeurs, invités à participer au mieux de leurs capacités pour donner des points à leur équipe ! - c'est un moment vraiment précieux pour voir et passer du temps avec nos élèves dans un cadre différent de celui des cours et, encore mieux, de vraiment faire quelque chose pleinement avec eux.

Evidemment, nous sommes en plus un certain nombre de profs à être "à fond" et à jouer pleinement le jeu de la compétition sympathique ! Nous courons, nous jouons, nous encourageons... nous nous défions aussi entre nous ce qui amuse bien les élèves. Je garde en tête cet élève assez insupportable en cours qui se trouvait dans mon équipe me dire en rentrant : "Hey m'dame, merci, c'était chouette le raid avec vous !". Ou comment s'entraîner à changer de regard l'un sur l'autre. 

C'est un peu la même idée quand j'ai la joie d'accompagner les élèves des CHAM (Classe à Horaires Aménagés Musique) pour leurs journées de répétition. Passer du temps avec eux mais aussi prendre vraiment le temps de faire des choses avec eux, y compris de discuter simplement sans enjeux spéciaux. J'ai souvent l'impression qu'après ces moments les temps plus formels de cours sont d'une meilleure qualité : on a appris à mieux se connaître, à se faire davantage confiance réciproquement et, assez logiquement, on travaille mieux ensemble. C'est la force de ces journées différentes. 

 

Je me dis que c'est assez pareil avec le Seigneur. Si on Le prie régulièrement (et encore... ?), on peut parfois oublier de Lui proposer d'agir avec nous dans chacune de nos actions, L'omettre de ces instants en apparence plus profanes de nos journées. Oh, bien sûr, Il ne saurait être tout à fait absent... mais pourtant, qu'est-ce qu'on gagnerait en familiarité si nous n'oubliions pas de L'inviter à faire et à être avec nous dans tout ce qui émaille nos jours ! Quelle qualité de relation établirait-on ! Et qu'est-ce qu'on travaillerait bien mieux ensemble au Royaume de Dieu pour la joie du monde ! 

 

mardi, juin 20 2017

Prière pour recevoir l'Esprit

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"Répands en nos coeurs la ferveur de Ta charité. 

Deviens Toi-même pour nous un courant qui coule à flots, car notre propre courant ne nous porte pas jusqu'à Toi.

Sois pluie bienfaisante en notre aridité, sois fleuve à travers notre paysage, afin qu'il trouve en Toi son milieu, et la cause de son abondance et de sa fécondité. 

Et si Ton eau produit en nous fleurs et fruits, nous voulons alors ne pas les considérer comme nos propres "pousses" et nos propres productions, car ils proviennent de Toi. 

Nous voulons les mettre en dépôt près de Toi pour les joindre aux biens invisibles dont Tu peux disposer Toi-même comme Tu le veux. 

Ce sont des fruits de notre sol, mais produits par Toi, et que Tu peux utiliser pour Toi ou pour nous, ou mettre en réserve pour celui qui n'a rien." 

Hans-Urs Von Balthasar

lundi, juin 5 2017

Effet de fête

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Quand, après tant de temps en-dehors de l’ordinaire,

40 jours de Carême, 50 jours de temps pascal,

Arrive le si ordinaire lundi de Pentecôte,

On se dit « zut, finies les festivités ! ».

 

Encore que, « lundi de Pentecôte »,

Cela sonne bien comme le lendemain du jour précédent,

On pense pouvoir poursuivre la fête,

Dans l’ivresse du don de l’Esprit !

 

Mais c’est bien plus fort que cela :

A la Pentecôte est née l’Église,

Et le temps qui suit n’est rien de moins que celui de l’Esprit Saint :

Ivresse permanente, donnée par Celui qui souffle

Aussi imprévisiblement que fortement !

 

Alors, aujourd’hui s’ouvre le temps de l’Écoute du Souffle,

Aujourd’hui, c’est le jour où tendre à fond ses voiles pour en être portés ! 

Direction ? La mission ! 

 

Jamais plus aucun temps ne peut être ordinaire

Car il va s’agir d’être agis, d’aller en effet au faîte de nos vies.

Prise, embrasée et faite de l’Esprit,

C’est bien notre vie tout entière qui est appelée à devenir fête de l’Esprit.

 

dimanche, juin 4 2017

Ftour de Pentecôte

 

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Coïncidence de dates : j’ai passé la Vigile de Pentecôte invitée par une collègue et amie musulmane à un repas de « ftour » qu’elle organisait pour quelques amis.

 

Le ftour est le repas de rupture de jeûne lors du Ramadan dont l’horaire est fixé jour après jour et qui ne peut se poursuivre au-delà d’une certaine heure. Un moment solennel, ritualisé, attendu par les pratiquants tout au long de leur journée de jeûne mais surtout extrêmement convivial qui est l’occasion d’une vraie fête quand il se vit avec des amis.

 

J’ai été touchée, moi la catholique, d’être accueillie si fraternellement par des musulmans si heureux de me faire découvrir la tradition de ce repas nocturne et ses différents plats. Tout cela est si inhabituel pour nous ! De mon côté, j’ai glissé quelques mots sur la fête de Pentecôte qui allait me faire lever le matin suivant au lieu d’enchaîner par une grasse matinée.

 

A la même heure, encore une fois, une fois de trop, un attentat terroriste frappait la ville de Londres.

 

Hier soir, nous n’avons pas fait de prosélytisme en essayant de nous convertir les uns les autres : nous savions qui nous étions, ce que nous croyions. Mais hier soir, on a essayé de mieux se comprendre, de mieux se connaître, de vivre en amitié.

 

Hier soir, musulmans et chrétienne, nous avons partagé un repas.

Moi je crois qu’hier soir, aussi dérisoire cela puisse-t-il sembler, nous avons fait ensemble un anti-attentat.

 

Alors, que l’Esprit Saint souffle fort pour que nous puissions avoir l’audace de créer des liens d’amitié quand d’autres cherchent à tout prix à les briser pour instaurer l’ignorance, le rejet et la peur.

 

Viens Esprit Saint,

Viens en nos cœurs.

Viens Esprit de paix,

Comble-nous de Ta paix.

 

samedi, juin 3 2017

Pourquoi lire et relire la Bible

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"L'Ecriture n'appartient à personne : ni à l'exégète, ni à un magistère quel qu'il soit, ni même à la communauté chrétienne. Elle se donne à chacun de ses lecteurs, à chacune de ses lectrices, comme une parole de liberté, le témoignage d'un peuple de croyants, la proposition d'un chemin de vie. En tout cas, c'est une parole prononcée ou écrite par d'autres que les lecteurs actuels ; d'aucuns ajouteront : à travers elle, nous pouvons entendre la Parole de l'Autre par excellence, de Dieu lui-même.

Pourquoi lire la Bible, pourquoi apprendre à d'autres à faire de même ? Il n'y a qu'une seule réponse possible, si nous voulons respecter le texte que nous lisons : pour nous mettre à son écoute, avec la conviction que cette Parole peut faire vivre." 

 Wermeylen, Jacques, « À quoi servent les exégètes ? La lecture de la Bible, entre servitude et service », Revue des sciences religieuses, 80/3 | 2006, p. 314. 

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