Zabou the terrible

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi, janvier 28 2015

Silence et justesse de ton

http://www.liturgiecatholique.fr/local/cache-vignettes/L162xH135/arton876-78f16.jpg

 

Enterrement ce jour,

Deuxième en une semaine :

Il est des temps plus joyeux…

Mais cette fois d’un voisin.

 

Temps des témoignages au début,

Temps privilégié aussi pour connaître, pour prier,

Pour celui qu’on ne connaissait que par des discussions – certes parfois longues et belles – dans l’escalier.

Beaux témoignages justes, nombreux et touchants de la famille, profondément remuée par ce décès brusque, soudain, l’ayant laissée désemparée.

Et puis, à la fin, un témoignage d’un collègue du défunt…

D’un collègue peu habituel dans une église :

Athée, anticlérical, politisé et autres choses ayant de l’affinité.

 

Il ne s’agit pas de critiquer les athées, les anticléricaux, ni les francs-maçons ;

Comme tant d’autres, j’en fréquente au quotidien, j’en ai jusque dans ma propre famille et, en fait, j’ai beau ne partager aucunement leurs opinions, je les aime bien, je les aime tout court même, car je crois foncièrement que la différence est richesse ;

Mais il est question ici d’opportunité, de lieu, de temps.

 

Quand un témoignage se transforme en tribune politique,

Quand un témoignage se transforme en critique virulente de la religion,

Quelque chose de l’ordre d’un malaise s’installe.

Quand un témoignage, lu à l’ambon, clame notamment « ne laissons pas les religions prendre le pouvoir », alors qu’il est ici, devant, le corps d’un homme et devant une famille ayant choisi des funérailles chrétiennes pour l’un des leurs,

Il y a quelque chose qui ne résonne pas juste :

Maladresse ?

Malaise, mal-être.

 

Dans ce discours, le mot « laïcité » cachait un anticléricalisme crasse : c’était le droit de cet homme…

… Mais ce n’était pas le lieu, ni le temps de clamer ceci.

Et à l’heure où la « laïcité » a tendance à être mise à toutes les sauces, il serait bon dans le fond, elle qui dit si souvent aux religions de rester chez elles (c’est un autre débat !), qu’elle apprenne à respecter ces lieux, ces espaces, ces temps qui leur sont propres.

 

Pourquoi vouloir créer du conflit un jour où il est seulement question de prière ?

Pourquoi dire sa haine à peine masquée de la religion chrétienne par des mots que nous entendons déjà si souvent ailleurs dans nos vies ?

Convaincre des adeptes ? Laissez-moi rire !

 

A ce même ambon, ensuite, j’ai proclamé la Parole de Dieu qui parlait d’Espérance ;

Et puis, le prêtre qui célébrait a fait de même avec l’Évangile.

En proclamant ces mots auxquels je crois et que je voulais dire de la part du Seigneur notamment à la pauvre mère du disparu, j’avais le cœur encore plein de ce malaise.

 

Mais je suis restée sur ce mot d’Espérance, sur ce doux mot-là ;

Ce doux mot qui allait plus loin que les silences figés, pétrifiants, glacés d’une assemblée peu habituée à prier,

Ce doux mot qui allait surtout plus loin que la mort,

Ce doux mot qui porte, en germe, tout un monde pacifié en lui. 

En Lui. 

lundi, janvier 26 2015

Ciels hivernaux contemplatifs

 

J’éprouve une fascination sans réserve pour les couchers de soleil hivernaux :

Lumineux et pleins de contraste, ils sont toujours porte ouverte à la contemplation.

 

http://img15.hostingpics.net/pics/564117IMG8328.jpg

 

De ces branches dénudées par le froid,

Ce même froid qui transit notre être,

Qui donne l’impression de mordre…

Et qui pourrait bien ne laisser plus que l’essentiel ?

 

Quand l’hiver casse et dépouille,

La tentation est grande de se racornir,

De se replier sur soi pour protéger ce qui reste.

 

Les grands arbres tendus vers le ciel restent invitation à l'inverse :

Rester debout dans l’hiver, pour affronter la nuit qui vient ;

Tendre, mêmes nues, nos mains vers le ciel pour la louange ;

S’étendre au maximum de ce qui nous est donné, sève des jours ;

Être heureux d’être planté en cette terre, puisque c’est Dieu Lui-même qui nous y invite !

 

Et, comme la lanterne du réverbère,

Apprendre à briller,

Apprendre à rayonner d’une lueur qui ne nous appartient pas et nous traverse avec une permanente douceur. 

 

jeudi, janvier 22 2015

Un grain de sel

Lu sur Facebook ce matin... 

http://img15.hostingpics.net/pics/922068FullSizeRender6.jpg

Parce qu'il est des fautes de frappe qui tombent... si bien ! :) 

 

mardi, janvier 20 2015

Une semaine pas si inutile, pas si dérisoire

 


 

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens,

Elle semble peut-être dérisoire au vu des récents événements.

L’unité entre chrétiens, combat secondaire tant il semble dépassé et bien pacifique, portant sur des éléments que d’aucuns qualifieraient de points de détail ?

Non, parce que ce sont des points importants pour les uns comme pour les autres,

Non parce que la division des chrétiens est et demeure un scandale,

Non, parce que prier pour l’unité des chrétiens est un vibrant appel à prier pour l’unité, à agir pour que l’unité se fasse, en tout et en tous.

 

Mais l’unité reste un vœu pieu, certes beau, si elle ne nous touche pas.

Voir la violence du monde,

Remarquer les divisions,

Déplorer les désunions…

…. Et, dans un unique mouvement de lamentation, oublier de se regarder soi-même comme ferment de violence, de division, de désunion ?

 

Comme chrétienne, l’unité est à bâtir d’abord dans ma vie personnelle.

Autour de quoi ? Ou surtout autour de Qui ?

La réponse est évidente, la réalisation l’est moins :

Ma vie est-elle cohérente avec ma foi, toujours et partout ?

Suis-je vraiment « une » ?

Et est-ce que je cherche à bâtir à partir de là avec mes frères chrétiens et/ou humains fraternité et unité ?

 

L’« unité des chrétiens », elle commence là, dans cette unité intérieure que Lui seul saurait donner ;

Là, où, seuls, nous ne saurions rien faire.

 

Une semaine donc, où, particulièrement  

Demander au Seigneur la grâce de la conversion,

Celle de la cohérence de vie,

Et Lui demander de l’instiller dans tous les cœurs,

Afin qu’ensemble, nous soyons vraiment artisans d’unité, promoteurs de paix par des vies qui respirent et transpirent de Lui.

 

lundi, janvier 12 2015

Si facile ? Charlie vu d’un coin de ZEP

 

 

 

Jeudi midi, dans l’établissement où j’étais en stage, une belle minute de silence, bien dense.

Ce soir, à Malkah, spectacle chrétien où j’étais invitée, une belle minute de silence priant, de la même densité. 

La première devant le drapeau français et la charte de la laïcité ;

La seconde dans une salle de spectacle emplie de croyants avec au fond un décor déjà biblique ;

Contradiction ? Que nenni : consonance, résonnance.

 

Entre les deux, beaucoup de lectures, beaucoup de discussions,

Beaucoup de prière, beaucoup de réflexions,

Comme des mélanges de bruits et de silences,

Et aujourd’hui, la beauté d’un pays, voire d’un monde, uni :

Rare et si beau !

 

Entre les deux, beaucoup de jugements, de préjugés…

Comme si c’était si facile !

Entre les deux, beaucoup de signalements de réactions d’élèves…

Comme si c’était si facile !

Certains se concentrent sur les réactions extrêmes, d’autres sur la profondeur des discussions entre professeurs et élèves à ce sujet…

… comme si c’était si facile !

 

Je l’ai vécu et j’ai vu et entendu les deux, et tout plein d’autres choses…

Car ce n’est pas si facile !

 

Un « ils n’avaient qu’à pas caricaturer Mahomet ! », un « mais on s’en fout madame ! »,

Ces réactions qui te font te sentir mal tant elles sont à l’exact opposé de ce que tu crois, de tout ce que tu tentes, jour après jour, de leur transmettre… Comme un bon gros coup de poing dans l’estomac et qui augmente peut-être encore humainement parlant quand ce sont deux élèves plutôt choupis qui te disent cela. Ouch, tu as beau t’y préparer, le KO n’est pas loin.

Pourtant, ne pas leur en vouloir, savoir que c’est sans doute ce qu’ils ont entendu chez eux, ou qu’ils n’ont pas les éléments nécessaires pour penser : et, patiemment, expliquer, réexpliquer, tant qu’il faudra, le temps qu’il faudra ;

Car ce n’est pas si facile.

 

Un « les musulmans ne sont pas les islamistes », répété tant de fois par une petite musulmane que j’ai eu envie d’en chialer tant cela transpirait sa peur profonde et, en même temps, sa conviction tout aussi profonde. Lui dire que oui, elle a parfaitement raison, que c’est très important, le répéter à la classe : essayer de rassurer, au mieux.

Car ce n’est pas si facile.

 

Des tonnes de questions, de réflexions intéressantes,

Surprenantes presque de la part de nos élèves et en même temps si normales vu le choc de l’événement passé…

J’ai trouvé cela très juste,

J’ai beaucoup écouté, j’ai cherché à leur donner quelques éléments de réflexion,

Car ce n’est pas si facile.

 

Laisser sa place, toute sa place, à la complexité,

Car ce n’est pas si facile.

 

Et surtout, se rendre vraiment compte aussi, dans ce genre d’affaires, que nous ne sommes pas de quelconques chargeurs de clés USB sur les cerveaux de nos élèves,

Mais qu’il y a de jeunes consciences qui ont besoin de nous pour se construire : en composition ou en opposition, mais, dans le fond, peu importe,

Si le crayon est l’arme de l’expression ;

L’arme anti-extrémisme par excellence est l’éducation ;

Et il est bon, particulièrement bon en ces temps, d’y contribuer.

 

mercredi, janvier 7 2015

Je ne suis pas mais suis avec

 

 

 

Ce matin, étudiant le vocabulaire du rire avec mes 5èmes à partir d’un fabliau, je tentais d’élargir l’étude en demandant quels étaient les moyens que nous avions de rire des puissants aujourd’hui. Je ne pensais pas si bien tomber. Mes élèves ne maîtrisaient certes pas tous l’usage du mot « caricaturiste » mais ils voyaient de quoi il s’agissait.

 

 

En rentrant, l’horrible nouvelle.

En rentrant, le choc.

Pas de mots.

 

 

J’ai partagé quelques réactions, ici ou là, abasourdie.

 

 

Que cela soit clair : je ne suis pas Charlie, a contrario du hashtag d’hommage qui fleurit sur twitter. J’ai moi-même en horreur l’outrance et la moquerie de l’autre : je cherche à le respecter, dans son altérité, infiniment ; à l’aimer, comme le Christ en qui je crois m’y invite. Bon, que cela soit clair aussi : j’y échoue bien souvent et c’est peut-être là que je suis le plus « Charlie ».

 

En revanche, je suis infiniment attachée à la possibilité d’être (de) Charlie. Pour la liberté d’expression, d’abord, même si cela semble grandiloquent : avoir cette possibilité de tout dire, sans rien craindre…

J’y suis doublement attachée en fait : parce que c’est dans cette possibilité aussi que moi, j’espérais, je l’avoue, un jour, ta prise de conscience, ô rédaction de Charlie, de ce qui est dit dans la Bible, un livre qui m’est cher et que tu as choisi parfois de conspuer : « Tout (m’)est permis mais tout n’est pas profitable ».

Découvrir, en grandissant ( ?), le sens de cette belle et juste phrase.

Découvrir qu’on peut dénoncer, critiquer, sans manquer au digne respect des uns ou des croyances des autres.

Ceci étant dit, je l’admets, l’outrance, parfois, en grossissant les traits, peut aussi nous aider à prendre conscience de nos propres ridicules, de notre mauvaise communication, de nos travers et nous pousser à nous améliorer.

Et, de plus, j’aime le talent, le panache chez mes « adversaires de pensée », et certains de tes dessinateurs n’en manquaient pas sous leur apparente grossièreté.

 

Enfin, las. De toute façon, ce n’est plus le temps des débats.

Ce n’est plus le temps des mots non plus d’ailleurs.

 

Il n’y a plus qu’un seul mot à dire, en réalité, celui d’une condamnation ferme.

De l’acte.

Et de toute tentative de récupération : présente, comme future.

Les hommes de Charlie hebdo se voulaient libres, quoi qu’ils aient choisi une autre voie que la mienne : leur rendre hommage, c’est continuer à grandir en humanité, un point, où, certainement, eux et nous, chrétiens, nous retrouvions.

 

Pour moi, chrétienne, c’est aussi et avant tout le temps du silence et de la prière.

Pour vous, vos familles, vos proches… temps d’horreur absurde.  

Pour vos agresseurs : hommes, eux aussi,

Hommes à l’humanité comme à retrouver, sous l’horrible écorce d’un acte, d’un endoctrinement.

Temps de silence et de prière pour choisir, sciemment, au plus noir de l’horreur et de la déchéance de l’homme, de laisser poindre l’espérance, même violée, même voilée.

 

mardi, janvier 6 2015

De bon matin, j’ai rencontré le train ?

 

 

Mosaïque de Rupnik, sanctuaire St Jean-Paul II, Cracovie

 

Au lendemain « des » fêtes, j’ai toujours l’impression d’une gueule de bois généralisée. Non pas que tout le monde ait commis des excès alcoolisés, non pas que Noël soit sur le même plan que le 1er janvier mais il semble que tout le côté magiquement doux qui point à l’approche de Noël se soit estompé. Les gens paraissent fatigués, sans envie et avec si peu de joie. Bonne année ? Vraiment ? Et dire qu’il va falloir s’empiffrer ces galettes dont la première réjouit et qui, passée la quatrième, étouffent leur chrétien…

 

Pourtant, chrétiens, nous sommes dans le temps de Noël jusqu’à la fête liturgique du Baptême du Seigneur.

Pourtant, chrétiens, nous devrions vivre de Noël l’ensemble de notre temps afin de toujours chercher à accueillir et à mettre Dieu au centre pour qu’Il soit notre vie.

 

J’y songeais en ce jour qui rappelle l’Épiphanie, cette manifestation de Dieu à tous les hommes, quoique nous l’ayons fêtée en France le week-end dernier.

J’y songeais dans le métro, en fait. Le métro, ce grand lieu de passage où l’humain semble si peu important pourtant.

 

J’ai regardé.

J’ai vu ce doux et tendre abandon d’une jeune femme sur l’épaule de son bien-aimé.

J’ai vu cette étudiante qui lisait, concentrée, un ouvrage à l’aspect abscons.

J’ai vu cet asiatique en train de manger des abricots secs, le nez en l’air, la musique dans les oreilles.

J’ai vu cet homme déjà âgé en train d’expliquer à une femme plus jeune des bribes sur le Paris historique.

J’ai vu ces jeunes gens en train de rire ensemble.

J’ai vu cette femme à l’air si triste, regardant un texto qui la rendait encore plus mélancolique.

J’ai humé la poésie ordinaire de la vie…

J’ai pris le temps de regarder et j’ai vu de l’humanité.

Des hommes et des femmes pour qui le Seigneur est venu,

Des hommes et des femmes infiniment aimés…

Regard qui réchauffe le cœur à la lueur de la Foi !

 

L’Épiphanie, finalement, elle passe peut-être avant tout par la vue, par le regard, le nôtre.

Après tout, les mages « ont vu se lever Son étoile » pour « venir L’adorer » ;

L’Épiphanie, comme un appel à ne pas rester de bois,

L’Epiphanie, comme un appel à lever la tête,

L’Épiphanie, comme un appel à voir ces étincelles de vie où Dieu se dit.

 

vendredi, janvier 2 2015

Pour commencer 2015 sur de bonnes bases...

Un premier voeu à tous, sous forme de prière ! 

"Seigneur, donne-moi une bonne digestion et, naturellement aussi, quelque chose à digérer... Donne-moi une âme qui ne connaisse pas l'ennui, pas les murmures, les soupirs, les lamentations. 

Ne permets pas que je me soucie trop de cette chose envahissante qui s'appelle 'moi'. 

Donne-moi le don de savoir rire d'une plaisanterie, afin que je sache tirer un peu de joie de la vie et que je puisse en faire part aussi aux autres. Seigneur, donne-moi le sens de l'humour." 


St Thomas More

vendredi, décembre 26 2014

Tendre Noël !

 

« Dieu qui nous regarde avec des yeux pleins d’affection, qui accepte notre misère, Dieu amoureux de notre petitesse. En cette sainte nuit, tandis que nous contemplons l’Enfant Jésus qui vient de naître et d’être déposé dans une mangeoire, nous sommes invités à réfléchir. Comment accueillons-nous la tendresse de Dieu ? Est-ce que je me laisse rejoindre par lui, est-ce que je me laisse embrasser, ou bien est-ce que je l’empêche de s’approcher ? ‘‘Mais je cherche le Seigneur’’ – pourrions-nous rétorquer. Toutefois, la chose la plus importante n’est pas de le chercher, mais plutôt de faire en sorte que ce soit lui qui me trouve et qui me caresse avec amour. Voici la question que nous pose l’Enfant par sa seule présence : est-ce que je permets à Dieu de m’aimer ? »

Pape François, homélie de la messe de la Nuit de Noël 2014

 

Comment accueillons-nous la tendresse de Dieu ?

… Très belle, très juste question… !

Quand on regarde des scènes de Nativité, des tableaux, des crèches, on est souvent pris de tendresse : c’est mignon, c’est beau et c’est pour le Christ qu’on ressent cette tendresse.

 

 

 

Mais comment accueillons-nous la tendresse de Dieu ? La question du pape me reste dans le cœur :

Quand je pense à tout ce qu’il y a à préparer avant Noël au lieu de me tourner vers l’immense don que Dieu nous fait,

Quand je me fais ma petite vision personnelle de Dieu, que je l’enferme dans mes limites,

Quand je pense à « moi » en y mettant plein de majuscules, emplie de mes préoccupations,

Quand je regarde les autres, leurs manières de faire ceci et cela en jugeant sans aimer…

… La liste est infinie :

Comment accueillir la tendresse de Dieu si mon cœur est plein de lui-même ?
Comment accueillir la tendresse de Dieu si je ne reconnais pas mon propre péché, ma propre fragilité ?

Comment accueillir la tendresse de Dieu si je ne laisse pas ma vie tout entière s’emplir de simplicité ?

 

Devant la fragilité de l’enfant de la crèche, les beaux propos ne peuvent que se taire, inutiles,

Les mensonges, les remparts bien bâtis pour protéger nos blessures, également : qu’en a à faire un nouveau-né ?

A genoux : non comme posture à se donner mais comme un appel à l’ouverture du cœur, à sa simplicité ;

A genoux : c’est se mettre à la hauteur du Nouveau Né et donc, si curieusement, accepter de se mettre à la hauteur d’un Dieu qui s’abaisse en s’abaissant devant Lui ;

A genoux : c’est, justement, laisser la possibilité de se laisser très tendrement toucher par la petite main de l’être tout fragile, qui vient juste pour te dire « je t’aime »,

Caresse de l’enfant qui ne sait encore que babiller.

 

A vous tous, chers lecteurs, un tendre Noël :

que la venue du Seigneur en notre chair illumine vos jours de Sa clarté !

 

samedi, décembre 20 2014

Prier les psaumes avec, dans les jours comme dans les nuits

"Un des effets de la priere des psaumes, c'est que même le cri de la solitude n'est plus solitaire, puisqu'il fond beaucoup de cris en un seul qui se répète. Pousser ce cri avec notre souffle, dans notre isolement, ou le pousser avec notre compagnon le psalmiste, ce n'est pas la même chose !" 

in Paul Beauchamp, Psaumes nuit et jour, éd. Seuil, p. 16 

jeudi, décembre 18 2014

L'Avent presque malgré moi


C'est drôle, j'ai eu l'impression de vivre un Avent TGV : course, course, course... Sur tous les fronts, sur tous les plans. 

Dur de laisser libre le temps pour Lui, partant dur de laisser se creuser le désir de Sa venue alors même que je trouve si juste cette hymne que propose la liturgie des heures pour l'Avent "voici le temps du long désir". 


Voici le temps du long désir 
Où l'homme apprend son indigence
Chemin creusé pour accueillir
Celui qui vient combler les pauvres. 


Parce que, restant riche de trop de choses, je ne sais être pauvre qu'en temps ? 

Te le laisser, te le donner ce temps, 

Même petit, même infime, 

Même volé, même lutté, 

Te le laisser emplir d'éternité, 

Flammèches d'étincelles, 

Susceptibles d'allumer le reste en Toi. 



Flammèches d'étincelles, oui, 

Et, alors qu'on pensait avoir raté notre Avent en arrivant à la semaine préparatoire à Noël, celle qui se chante en Ô, 

On s'aperçoit d'une profondeur insoupçonnée en soi, 

D'un désir de Dieu qui a appris à se laisser creuser dans les trous d'emploi du temps laissés, donnés, 

Temps offert à Ton action où, justement, en envers, Tu laisses paraître notre pauvreté - que cela à Te donner ? - 

Où Tu creuses ce que nous T'offrons, 

Pauvres riens ou maladroits instruments, pour créer en nous un espace libre pour T'accueillir : 

Il est petit, mais il est à Toi, 

Creuse-le encore et viens Seigneur Jésus ! 

vitrail de Taizé

mardi, décembre 16 2014

Abyssus Deum invocat

 

Il est des jours où, soudain, nous percevons combien l’Évangile est fait pour être pris au sérieux,

Où nous distinguons la profondeur de ces mots qui engagent,

Où nous savons qu’il est impossible de le lire plus longtemps en restant en surface.

 

Il est des jours où, soudain, nous sommes pris de vertige face à l’exigence de l’Évangile, face à sa loi implacable : l’Amour ;

Où nous saisissons l’abime qui existe entre l’Évangile et nos actes,

Où nous nous sentons petits, moches, pécheurs.

 

Il est des jours où, soudain, sans que nous sachions pourquoi, l’Évangile fait entendre la puissance de Sa Parole et nous fait ressentir tout cela :

Clarté dans et sur nos ténèbres,

Inconfort de la vérité sur notre vie,

Taille de ce qui ne va pas : mauvaises herbes et surgeons inutiles.

 

Mais, alors même que la Parole burine le côté disgracieux,

Elle révèle, ranime et ravive à l’intérieur tout le gracieux :

D’une main tendue qui est là, du cœur patient qui toujours nous attend ;

Présence intime venant combler l’abime étendu de notre misère,

Appel à oser y avancer d’un pas ferme pour le combler,

Car tu n’y tomberas pas.

  

vendredi, décembre 12 2014

Ut unum sint… de Paris vers Krakow

 

Comme souvent en décembre, les temps furent chargés, d’où moins de temps passé sur le blogue, moins de temps disponible pour écrire… mais plus de choses à vous y narrer désormais sans doute !

 

C’était samedi dernier, une première réunion pour les JMJ de Cracovie.

Des hommes de toute langue et des femmes de tous les diocèses de France,

Des prêtres, des laïcs, des consacrés, des mariés, des jeunes, des moins jeunes physiquement.

Un évêque pour présider, des tonnes dizaines de prêtres pour célébrer.

En les voyant passer, je me disais que c’était un peu comme une belle grosse messe diocésaine mais en pire, ou plutôt encore en mieux : toute la diversité du clergé, du plus débraillé au plus engoncé s’y disait avec toutes les variantes.

Puis en regardant l’assemblée, j’ai souri, c’était exactement pareil…

De tous nos diocèses, de toutes nos sensibilités,

Mais venus pour un même projet,

Mais surtout venus animés par un même Esprit,

Mais surtout pleins d’une même Foi au Christ.

 

J’aime toujours la diversité quand elle se dit unité,

Mais là, j’ai aussi senti quelque chose qui se disait de l’Église :

On faisait Église.

Et c’était très juste, très beau.

 

 

 

mardi, décembre 2 2014

Adorez-Le, bénissez-Le

 

C’était hier : commencer tôt la journée par un temps d’adoration, la finir par une heure syndicale dans mon établissement.

En mettant en route ma voiture pour rentrer chez moi, complètement explosée de fatigue par la longue journée, je pensais à cela et j’ai souri tant cela pourrait sembler incohérent à simple vue « mondaine ».

 

1h d’adoration, en silence : le cœur qui babille ses multiples cris, ses multiples intentions, ses multiples louanges, ses multiples demandes de pardon, ses multiples « j’essaie de T’aimer » ;

Et puis le cœur qui tente aussi de rester en silence, à écouter, à recevoir.

 

Au milieu : des cours. Enseigner, faire grandir, au mieux.

 

1h d’heure syndicale, « en bruit » : les bouches qui parlent, qui râlent, qui s’exclament, qui murmurent, qui interrogent ;

Temps nécessaire du débat, pour améliorer, ensemble.

 

Du silence à une progressive cacophonie ?

Quelque chose comme une harmonie.

 

Hier, j’ai eu l’impression que quelque chose d’essentiel dans ma vie de chrétienne s’était fait sentir très concrètement ;

Hier, il n’y avait aucune incohérence, mais, au contraire, une profonde cohérence ;

Certes, c’est impossible à réaliser tous les jours sans aménagement d’emploi du temps,

Mais cela permet de toucher, un peu mieux, cette profonde réalité de notre vie chrétienne que, sans Lui, nous ne pouvons rien faire.

S’exposer à Lui pour rester au plus proche des hommes.

Recevoir, se recevoir de Lui, chaque matin,

Pour se donner, Le donner, chaque jour, à nos frères humains.

 

 

 

dimanche, novembre 30 2014

Joseph Roth, sainte Thérèse et la grâce

 

C’est un tout petit opuscule, une nouvelle d’une grosse cinquantaine de pages : rien à voir avec le grand chef d’œuvre de l’auteur qu’est La Marche de Radetzky que j’ai découvert avec tant de délectation cet été.

 

La Légende du saint buveur : d’abord un beau titre, ensuite, l’histoire d’un sans-domicile fixe, d’un buveur qui fait l’expérience de la grâce. Enfin, je positionne tout de suite cela en termes très chrétiens : la réalité est moins claire, moins éclatante que cela car elle est avant tout pleine d’humanité. Disons plutôt que le personnage principal fait l’expérience d’une grâce soudaine : de l’argent, donné par un homme converti grâce à sainte Thérèse.

 

Notre buveur se veut homme d’honneur : il veut rendre cet argent à la petite Thérèse. S’en suit tout un récit, chemin de rencontres, chemin d’un homme entre pauvretés et richesses, entre addictions et grâces immérités pourtant reçues et accueillies, entre zones sombres et coins rayonnants de sa vie. Le regard de l’auteur sur son personnage est aussi tendre que moqueur : c’est celui d’un homme sachant ce qu’il y a dans le cœur de l’homme.

 

L’homme sera sans cesse empêché de rendre l’argent… pourtant, il y a en lui ce désir profond d’être un homme d’honneur qui demeure malgré tout. On dit souvent que l’enfer est pavé de bonnes intentions : est-ce le cas de cet homme, voulant et ne réalisant jamais ? Ou cet homme, ce buveur, aime-t-il à sa mesure, malgré le drame de son existence ? On aimerait le croire tant son ouverture à l’inattendu du jour, aux cadeaux que ce dernier peut faire est forte. Si la fin laisse planer le doute, on aimerait croire à sa rédemption, on oserait même croire à une intervention pas vraiment anonyme qui a nom intercession de sainte Thérèse.

 

Un petit joyau que cette nouvelle dans tous les cas qui sonne comme une invitation à laisser plus chaque jour être don de Dieu qui que nous soyons, quoi que nous fassions.

 

 

 

P.S. : Ah et puis, si vous êtes dans mon coin, il y a actuellement pour lancer l’Avent un grand temps fort paroissial autour des reliques de Ste Thérèse : n’hésitez pas à faire un saut, même si vous ne lui devez rien à la petite Thérèse ! Le programme est par ici >>

 

vendredi, novembre 28 2014

Au-delà des "toi" étendards

 

 

Parce que cela résonne avec tout plein de trucs !

 

 

 

« Aussi, toi, communiste (comme tu me dis : toi, chrétien), toi, communiste, plus tu méprises l’Église, plus, chaque fois, je t’aime parce que je voudrais que tu comprennes que dominant tout ce qu’on dit d’elle, tout ce qu’on lui dit, elle crie, et souvent par le cri énorme de son silence, l’amour que Jésus Christ lui donne sans arrêt pour toi comme pour moi. Si je t’aime, communiste, ce n’est pas malgré elle, c’est grâce à elle, c’est en elle.

 

Tu dis qu’elle est mon Église et tu dis vrai, mais ce que tu ne dis pas et qui est encore plus vrai, c’est que je suis à elle. L’Église de Madeleine ? Oui ; mais Madeleine de l’Église, oui et davantage, mais Jacques, Pierre ou Paul de l’Église, chaque fois qu’un chrétien aime ses frères, son frère, quel qu’il soit, quoi qu’il soit, d’où qu’il soit. »

 

M. Delbrêl, Ville marxiste, terre de mission, réed. t.11 des Œuvres complètes, éd. Nouvelle Cité, p. 38

 

 

lundi, novembre 24 2014

Provoc, où est ta victoire ?

 

 

 

Je me refuse à diffuser toute photo de cette femme nue au torse marqué « pope is not a politician » sur l’autel d’une très belle cathédrale française. Je me refuse aussi à toute comparaison avec le traitement des autres religions, comparaison stérile qui ne saurait aboutir qu’à la discorde par une escalade de jalousie façon « ils ont ça et pas nous ! » : quel intérêt sinon de semer la division ? En revanche, c’est à toi qui as ainsi voulu « parader » ? « claironner » ? « provoquer » ? que je souhaite m’adresser.

 

Je n’ai même pas envie de te parler de profanation, de choc… j’ai envie de te dire que tu es une vraie enfant. Connais-tu l’étymologie du mot « enfant » ? En latin, infans, c’est celui qui ne sait pas parler. Eh bien, toi, tu vois, aujourd’hui, ça a été ton cas : tu n’as pas su t’exprimer.

 

Crois-tu vraiment qu’encore aujourd’hui la nudité puisse choquer ? Tu sais, au-delà du fait qu’on est un peu tous faits pareil, il n’y a plus guère que des metteurs en scène déjà dépassés pour s’amuser à mettre des gens nus sur scène au théâtre aujourd’hui, croyant encore que cela choque. Aujourd’hui, c’est la nudité fragile, comme celle d’une mère qui allaite, d’une personne fragile ou âgée qui provoque les questions, pas celle de la violence, dont nos regards sont complètement saturés.

 

Vouloir faire réagir par le choc ? Tu ne dois pas connaître l’esthétique artistique in-year-face des années 80. Ils faisaient bien mieux… Je ne vois pas en quoi ton acte constitue une quelconque « performance esthétique révolutionnaire » : il est d’un conformisme affligeant. C’est la révolte de l’adolescent contre un parent, parfois violente d’irrespect et pas très intelligente. Je ne vois pas même pas en réalité où est le choc, quel est le message que tu as voulu faire passer.

 

Là où tu as encore plus été une enfant, c’est en brandissant le drapeau de l’Europe… Connais-tu son origine ? Te voir ainsi sous ce drapeau, c’est plutôt cocasse. En fait, quand j’y pense, ça me fait même rire devant mon écran. Les 12 pays du départ ? Oh, pas seulement… Voilà ce qu’on peut lire dans le livre de l’Apocalypse au chapitre 12 : « un grand signe apparut dans le ciel, une femme vêtue de soleil avec la lune sous les pieds et, sur sa tête, une couronne de douze étoiles. » Et c’est juste une représentation classique de la Vierge Marie.

 

Enfin, chère femen, prévenir ainsi les médias, c’est justement le signe de ton échec… Ce n’est pas à leur honneur d’être venus chercher un pseudo-scoop, de ne pas être intervenus pour interrompre ce que tu faisais mais c’est signe que ton action ne se suffit pas à elle-même, qu’elle n’est pas parlante, que tu as besoin d’un public. Le signe que tu ne sais pas parler.

 

Le pape n’est pas un politicien mais il est un chef d’état, même s’il s’agit d’un des plus petits états du monde depuis la dissolution des états pontificaux et les accords du Latran. 

Le pape n’est pas un politicien mais c’est lui qui est aux commandes humaines de la barque de l’Église qui rassemble des millions d’humains à travers les hommes : forcément, ses actes ont des implications politiques.

Le pape n’est pas un politicien mais il est un homme spirituel : comme on écoutera le Dalaï Lama, a-t-on le droit de postuler encore aujourd’hui, en dehors de toute religion, que l’homme peut avoir besoin d’entendre des paroles spirituelles profondes ?

Le pape n’est pas un politicien mais il n’a pas besoin de commander les médias, ils seront là : comme toujours, il sera ou encensé, ou critiqué, mais lui, il aura parlé.

 

 

Et, si tu cessais d’être une enfant, ô femen, si tu acceptais l’immense chance que nous avons d’avoir un esprit critique et une immense liberté - que je reçois pour ma part comme un don de Dieu mais que tu as tout autant que moi ! - , tu l’écouterais ce pape et tu pourrais alors réagir, en bien ou en mal, mais honnêtement. En faisant appel à ce qu’il y a de meilleur en toi.

 

Et, si tu crois que ce gars-là, le pape François, il ne raconte que des carabistouilles, eh bien, quel risque y a-t-il à le laisser parler ?

 

Mademoiselle, laisse ici ta crise d’adolescence, elle n’en vaut pas la peine et tu sèmes gravement la division.

Quant à moi, je ne m’indignerai pas mais je prierai pour toi : c’est aussi ma liberté.

 

 

vendredi, novembre 21 2014

Notes d’au-delà des notes

 

Remettre les bulletins, c’est toujours un peu éprouvant : non seulement parce que cela se termine toujours tard, avec des discussions interminables mais surtout parce que ces discussions ne sont jamais tout à fait légères.

 

L’an dernier, la première fois, j’avais fait le trajet retour avec de grosses larmes qui me roulaient sur les joues : j’avais été émue, j’avais été touchée au plus profond, de toucher moi-même du doigt la vraie pauvreté, celle dont on entend si souvent parler et celle qu’on connaît si peu, si mal, si partiellement.

 

Depuis, j’ai appris, un peu… mais ces rencontres sont déstabilisantes car on ne sait jamais ce qui va se passer : mystère de toute rencontre allez-vous me dire, oui, mais il y a aussi la particularité de travailler en milieu populaire et galère quand on vient soi-même d’un autre milieu.

 

J’apprends à me laisser déstabiliser,

En fait, j’apprends à me laisser rencontrer :

Dans la joie ou la détresse… il y a de tout, rien de programmé.

 

L’autre soir, ils étaient là tous les trois,

Il y avait le fiston et les deux parents, ce qui n’est pas si fréquent,

Le p’tit gars sympa aux résultats faiblards : quelques efforts par ici, d’autres par là, mais c’est encore en deçà.

Des sourires de part et d’autre néanmoins et puis cette voix du papa qui s’éleva : « Il faut qu’il comprenne que c’est maintenant que ça se joue… Pas que son métier ! Il peut découvrir plein de choses ici et c’est cela le plus important ! Moi, je n’ai pas essayé à l’époque… comme je regrette ces portes fermées. »

 

C’était un peu défaitiste mais c’était dit avec tant de justesse et d’humanité que j’ai presque eu envie de les prendre dans mes bras tous les trois, prise de compassion,

Je me suis contentée d’acquiescer, de sourire doucement et de prier en les raccompagnant, puis encore le soir.  

Et dire que certains se demandent encore pourquoi on fait un tel métier… !

  

lundi, novembre 17 2014

Des soirs orants

 

Il faudrait savoir apprivoiser le silence,

Ne plus vouloir jamais l’emplir de bruit,

Du brouhaha incessant de nos vies,

De toutes ces choses qui occupent, qui préoccupent, qui « rassurent ».

Pas besoin de bruit mais de l’habiter pleinement,

Surtout à ces heures auxquelles on lui donne plein droit en nos existences,

Comme un espace réservé, peut-être préservé.

 

Il n’est pas un « avoir »,

On peut le détruire facilement, trop facilement ;

Il ne peut être que surface,

Il faudrait le laisser creuser en profondeur,

Se creuser,

Puis nous creuser, surtout.

 

Silence, affaire d’être,

Silence, qualité d’une attention,

Silence, qualité d’une relation.

 

dimanche, novembre 9 2014

Subversif ? Convers-if

 

En semaine, dès que je le peux, je vais à la messe : le matin tôt, en milieu de journée quand un grand trou me le permet, ou encore le soir, fatiguée, après une bonne journée de travail.

 

A chaque fois, je me dis que c’est le moment que je préfère :

Le matin, pour m’éveiller d’une manière particulière avec le Seigneur et offrir par avance la journée qui s’ouvre ;

En milieu de journée comme pour signifier la place centrale qu’a le Seigneur au cœur et au sommet de celle-ci ;

Le soir, comme une offrande finale de tout ce qui s’est vécu en Celui qui a tout porté.

A chaque fois, je préfère ce moment que je vis mais ce n’est jamais une contradiction avec les autres que le dire : c’est juste que ce sont chacun des moments qui me réjouissent, où l’Eucharistie m’émerveille… à chaque fois.

 

Mais aussi, à chaque fois, en semaine, j’ai l’impression d’y aller un peu en clandestinité… Oh pas pendant les vacances mais en période scolaire car c’est un temps aussi fugace que fugitif, que j’ai l’impression de dérober à l’implacable marche du quotidien.

 

Et puis, la messe, et encore plus la messe de semaine, ça sonne un peu à l’oreille comme une vaste subversion du système quand on passe ses journée dans l’enseignement public… D’autant plus que je pense qu’il n’existe pas grand chose de plus subversif qu’une messe : tout y est toujours retourné par rapport à nos habituelles valeurs humaines et avant tout nous-même : l’ordre qui s’y dit est celui du don, de l’amour fou renversant tout.

C’est bon de se le dire, de se le redire quand, parfois, nous laissons l’automatisme s’installer : la messe, c’est subversif. On pourrait dire subversion, on pourrait dire révolution également.

 

Mais tout cela n’est juste que s’il y a conversion avant tous ces mots : la messe, je la reçois avant tout comme l’instrument de ma propre conversion où unissant nos vies à l’offrande de la Sienne, nous Le recevons pour apprendre à nous tourner mieux vers Lui.

Et, c’est peut-être en cela que c’est le plus subversif la messe, par la conversion même infime qu’elle provoque : je crois que ça rejaillit sur tout le reste de la journée… à chaque fois.

 

 

Avec ces chaussures, tu augmentes le degré de potentielle convers-ion au premier pas que tu poses en direction de l'église… ou pas.

(Photo ? Les chaussures de l’aumônier et de la bergère à l’école de prière le jour du Pardon… cela ne s’invente pas !)

 

- page 1 de 76